Quand j’ai le Spleen

« Aie pitié de moi, Eternel, je suis dans la détresse, le chagrin me ronge les yeux, l’âme et le corps entier.»  -Psaumes 31 :10

Baudelaire en parlait comme un esprit qui le hantait sporadiquement.  Une plaie qui frappe sans prévenir.  Une sorte d’hypocondrie de l’âme qui se manifeste dans une déprime, un ennuie sans cause et quelquefois même, jusqu’à un dégoût de la vie.

L’anxiété, le découragement, la dépression ont souvent ceci en commun.  Elle nous enlève le goût.  Le goût de tout, et même de Dieu.  Nous le sentons éloigné, distant.  La joie s’assombrit et nous avons l’impression qu’une sangsue spirituelle nous vide de toute notre essence.  Intuitivement, nous avons cette étrange impression que nous sommes fautifs de notre état, et comme au jardin, notre réflexe est de nous cacher.

C’est ici que tout se joue!

J’expérimente moi-même ce Spleen sporadique depuis ma jeunesse.  Quelque chose de génétique de mère à grand-père jusqu’à Adam probablement!   Mettre un nom sur un bobo n’explique pas tout et responsabiliser qui que ce soit ne ferait de moi qu’une victime et me paralyserait.  Au travers les attaques de paniques, les nuits blanches et la culpabilité incessante d’un chrétien combattant contre son ombre, je me désespérais de ne pas avoir la victoire.  Après tout, je suis pasteur.   Je devrais vaincre et être un surhomme!   Sans parler des regards inquisiteurs.

Les années ont finalement eu la victoire et mon entêtement à résister à l’envahisseur dans toute la grâce divine a eu un effet majestueux sur ma vie.  Il arrive encore, à l’occasion, qu’il se terre, tapi sous les découragements, les épreuves et les pourquoi de la vie.  Mais désormais, j’ai un rendez-vous avec la joie!

Mon anti-Spleen peut se résumer à six pratiques que j’ai expérimentées.  C’est la piste d’un chrétien partageant sa vie avec le spleen, une piste qui me sort à tout coup du marais du découragement, de la déprime, de l’anxiété et des inquiétudes submersives.

Première pratique : Qui suis-je?

Découvrir, redécouvrir ou prendre conscience de mon identité en Jésus.  Explorer cette nouvelle créature que je suis en Lui, et croquer à plein dans l’Évangile véritable a été une libération qui a enchainé toute une série de réflexion jusqu’à briser ces chaînes que je m’étais créées.  Des auteurs comme John Piper, Neil Anderson et JD Greear m’on donné le cap de ma véritable identité et l’arrêt des mensonges sur ce que Dieu me perçoit.

Deuxième pratique : Sa parole

Lire, relire jusqu’à ce que l’éponge de mon âme en soit saturée.  Particulièrement lorsque l’envie n’y est pas.  Comme un gym spirituel, pour renforcir les muscles je dois tout simplement y aller et m’y mettre.  Ça semble sec et banal… mais la clé ici est dans l’attente de ses promesses.  Chaque fois que j’ouvre le Livre, je me répète une simple phrase : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute ».  C’est un rendez-vous avec mon papa d’amour qui a toujours les bras grands ouverts vers moi. Peu importe mes envies, ma culpabilité ou mon appétit, je me gave.

Troisième pratique :  Apprivoiser le silence

« Il est bon d’attendre en silence Le secours de l’Éternel. » – Lamentations 3:26 

Notre vie trépidante nous fait redouter le néant.  La voix et le souffle de Dieu se révèlent pourtant dans la douceur du silence.  Dans le lieu secret.  Notre âme régénérée est souvent intoxiquée de nos désirs et nos attentes.  La voix de Dieu même au travers de sa Parole peut sembler lointaine et son secours hors d’atteinte.  C’est à ce moment que je me dis… Attends.  Combien de temps?  Le temps qu’il faudra.  Une heure, une journée, une semaine. Peut-être plus.   J’ai eu personnellement de nombreux déserts spirituels.  Les sentiers du coteau et les expéditions dans le bois me chatouillent alors le silence.  Ce n’est qu’avec le recul que je réalise tout le travail que Dieu fait dans mon cœur.  À mon insu, ou plutôt, derrière la croûte marécageuse de mon cœur.   Notre foi est mise à l’épreuve dans le terreau de la patience.

[quote]Notre foi est mise à l’épreuve dans le terreau de la patience.[/quote]

Quatrième pratique : La gratitude

Les bénédictions de Dieu sont comme les minutes dans une journée, elles passent souvent sans même que l’on s’en rende compte. Prendre le temps d’écrire un journal des bénédictions, un recueil des actions de grâce, une liste des mercis!  Certains prennent un pot Masson et les empilent en boulettes à l’intérieur.  Le simple regard d’un pot bien rempli de ces témoins de la grâce divine est parfois suffisant pour ramener l’arc-en-ciel dans un ciel orageux.

Cinquième pratique : Louer!

Oui, louer par nos chants, avec ou sans talent!  La louange est cet élan d’un cœur d’adorateur qui désire exprimer à son papa les cris de son fond. La louange, tout comme la prière et le jeûne ont une facette mystérieuse, spirituelle et expérientielle. On le vit plus qu’on le dit, et louer mon Seigneur a quelque chose à la fois de libérateur et qui me donne une plénitude spirituelle.  D’ailleurs c’est ce qui est dit dans la bible: être rempli de l’Esprit s’exprime par le chant!  (Eph. 5 :18-19) Quand j’ai le blues, je chante, que ça me tente ou pas.  Et l’effet bénéfique se fait sentir à tout coup!

Sixième pratique : Lâcher-prises

Plus un style de vie qu’une pratique, laisser à Dieu ce qui appartient à Dieu, et accomplir ce qui me revient avec sa grâce.  Briser les inquiétudes à grands coups de prière et faire taire l’anxiété avec sa Parole.  Une vie ne suffira pas pour y parvenir parfaitement, mais chaque cheveu que j’abandonne à Dieu en est un que je n’ai plus besoin de compter.

Certes il y a des maladies profondes qui nécessitent des médications particulières, et la santé mentale et psychiatrique n’est pas à banaliser.  Mais notre Seigneur désire notre joie.  Une joie qui vient d’une paix profonde et qui tire sa source de lui-même.  Une joie au-delà de toute connaissance.  Une joie qui s’expérimente et qui libère de nos chaines!

« L’Esprit du Seigneur, l’Éternel, est sur moi, Car l’Éternel m’a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux ; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, Pour proclamer aux captifs la liberté, Et aux prisonniers la délivrance » – Esaïe 61:1

Le plan de Dieu?

« Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » – Jean 17:3

Dieu a un plan pour toi.  Dieu a un plan pour moi, pour elle et pour lui.  Il a un plan individualisé, adapté et formaté pour chacun de nous.  Une histoire à la carte où je suis le héros de chacune des pages.  Ou je réalise les exploits de la foi tel un Marvel Chrétien qui serait pratiquement doté de super pouvoir.

Je suis désolé de crever ta bulle, mais croire à ce genre de bobard, c’est un beau rêve, un fantasme, j’irais même jusqu’à dire que c’est l’équivalent de la porno pour chrétien, ou encore, d’un roman Harlequin spiritualisé!

Allons-y par étape…

OUI!  Dieu a un plan. Dieu a un projet de sauvetage et de réconciliation pour l’humanité.  La Bible nous le présente étape par étape, chapitre par chapitre pour en arriver au super héros lui-même en s’incarnant au travers Jésus et en devenant le sauveur du monde.

Le plan de Dieu, comme nous aimons le nommer, est un plan global, un plan intégral pour tous les hommes.  Un plan pour Dieu et par Dieu.  Un plan ou le centre, le cœur, le but et la finalité sont Dieu lui-même.  Uniquement et totalement pour sa gloire à Lui.  Sa gloire individuelle.

C’est simple!  Dieu est au cœur de son propre plan et pour sa propre gloire.

Dans notre société individualiste, égocentriste et narcissique, imaginer qu’autre chose que le moi soit au centre des intentions de Dieu tiens presque de l’outrage!  Imaginer l’idée d’un Dieu qui ramène tout à lui, et uniquement pour que LUI seul brille nous échappe quelquefois.  Nous projetons sur Dieu l’image de notre propre personne, et nous lui attribuons nos propres faiblesses.  Nous l’accusons alors d’être arrogant, prétentieux, et ridiculement narcissique voir même injuste.   Comme ces petits enfants que ne supportent pas d’être contrarié et de se faire dicter quoi que ce soi-même par les parents.

Quand nous pensons de cette façon, nous faisons de Dieu un homme.  Rien de plus. Un simple dieu, petit D, remisé au rang des Thor, Zeus ou autres habitants du Parthénon imaginaire.  Dieu devient une idole de plus.  Rien d’impressionnant.

Mais voilà!

[quote]Dieu a un plan d’amour pour créer une génération de bonheur. [/quote]

Dieu n’était en aucun moment dans l’obligation de créer l’humanité.  Et absolument rien ne l’obligeait à élaborer quelque plan que ce soit pour la sauver par la suite.  Son plan est un plan d’amour, de pur altruisme.  Il est Dieu, il le sait, il sait aussi qu’il nous a créés et que le seul moyen qui existe, dans tout l’univers et au travers tous les âges, pour que nous soyons heureux, est d’être un avec Lui.  La vie éternelle, c’est de LE connaître, LUI, comme un Adam qui connaît Ève et devient une seule chair avec elle.  Cette connaissance qui dépasse l’académique est fusionnelle et relationnelle.  Une connaissance qui exige la volonté de la foi et qui conduit vers une expérience de Dieu.  Dès le jour un de la création il en était ainsi.

Un plan d’amour pour créer une génération de bonheur.  Des hommes et des femmes épanouis et heureux vivant leurs pleins potentiels dans une relation d’intimité fusionnelle avec Dieu.

Du rêve à la réalité.

Le plan de Dieu n’est pas un JE, mais un NOUS.  Le plan, post-Eden est de ramener l’humanité à connaître Dieu. L’amener à réaliser le mur qui le sépare de la source de bonheur.  Le plan de Dieu après la Pentecôte, c’est l’église.  Rien de plus, rien de moins.  La communauté des fusionnés avec Dieu.  Et pour gage, le Saint-Esprit, Dieu lui-même vient en nous, nous connaître!

« Il s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les bonnes œuvres. » – Tite 2:14

Dieu n’a pas un plan spécifiquement pour toi comme le héros d’un temps nouveau.  Le héros, c’est Jésus.  Dieu a un plan dans lequel, chacun s’insère comme des pierres vivantes, douées et équipées par Lui, habitées par son Esprit pour accomplir Sa mission propre.  Être son petit morceau du plan global.  Rien ne gravite autour de moi individuellement, mais tout tourne autour de Lui!

En fait, plus nous disparaissons derrière Lui, plus nous nous accomplissons dans ce plan.  C’est un plan à contre-courant de tout ce qui est véhiculé de nos jours. Il est le fomenteur, l’exécuteur et le véhicule du plan pour que nous puissions en jouir pleinement.  C’est un cadeau, une grâce.

Et le fruit de ce plan?  L’amour, la joie et la paix en fleuve d’eau vive qui coule au travers chacun de nous.

OUI… Dieu a un plan pour toi:  Que tu sautes dans le sien.

Qu’est-ce que tu attends?!

Pelleter ma montagne!

Matthieu 17:20 C’est à cause de votre incrédulité, leur dit Jésus. Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne : transporte-toi d’ici là, et elle se transporterait ; rien ne vous serait impossible.

Ça fait rêver, non?  Rien ne nous serait impossible; rien de rien!

Rêvons l’impossible… Quelles sont les montagnes qui se dressent au travers notre chemin?  La maladie, la perte d’un être cher, un congédiement? Rêvons donc que notre église devienne la plus nombreuse de la région.  Ou encore, la paix dans le monde.  Pourquoi pas?  Mieux!  Le salut de tous les êtres humains.  Je le désire fort, je le veux ardemment, alors ça devrait arriver!

Les fervents du nouvel évangile tentent de nous convaincre que la clé pour relever tous les défis qui se présente devant nous est simplement d’y croire.  Le vouloir assez fort pour le voir, le visualiser et agir comme si c’était déjà exaucé.

Seulement voilà.   Il y a une pierre entre moi et cette montagne. Une condition. Une simple restriction qui met une clé à cette promesse.  Un codage puissant qui en restreint tout usage : La foi.

Il ne s’agit pas seulement de croire que la montagne puisse être transportée.   Même en y pensant intensément ou en y concentrant tous nos désirs, rien ne bougera.   Aussi bien apporter une pelle tout de suite et la transporter bouchée par bouchée.

Il ne s’agit pas non plus de croire que Dieu peut la transporter pour qu’il la catapulte directement dans le Pacifique.  Aussi bien prendre Dieu pour notre valet!

La foi n’est pas comme la potion magique des Gaulois ou il suffit d’en prendre une petite dose pour jeter la montagne à bout de bras.  La foi n’est pas un ajout que l’on se saupoudre dans l’être, car, en fait, croire, c’est être.

La foi véritable ne fait pas seulement influencer notre raisonnement; elle en devient l’essence.

La foi dont Jésus parle ici, celle qui peut transporter les montagnes, en est une intégrale. Une confiance intense qui ne s’exprime que par l’amour.  Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, signifie inévitablement la foi.   L’abandon global du moi pour me laisser emplir par Lui, de tout mon cœur, de toute mon âme, de toute ma force, et de toute ma pensée.  Cette foi n’est pas une foi rationnelle, mais relationnelle.  Ce n’est pas une simple confiance dans les capacités de Dieu, comme lorsque l’on croit que l’ascenseur me portera jusqu’au sommet.  Il s’agit d’une foi de symbiose à l’image de Jésus et du Père, ou tout ce qu’il désire, c’est ce que Dieu désire, tout ce qu’il fait, c’est Dieu qui le fait, et tout ce qu’il pense, c’est Dieu qui le pense.

Pause.

Si je suis honnête avec moi-même, et avec Dieu, le constat ici est simple : cette foi nécessaire à la téléportation des rocheuses, est grosse comme un atome dans ma vie personnelle.  Bien loin du grain de sénevé!

[quote]Avant de transporter des montagnes, je dois savoir en qui je crois, et comment je crois.[/quote]

Et c’est exactement ce que Jésus tente de nous dire ici.  Avant de transporter des montagnes, je dois savoir en qui je crois, et comment je crois.  Je peux bien croire en, mais l’objet de ma foi et la façon dont elle s’exprime est bien plus important que le simple fait de croire.

Pourquoi les montagnes semblent si difficiles à transporter?  Pourquoi les défis de ma vie semblent souvent si élevés?  Parce que je les mesure à mon cœur, mon âme, ma force et ma pensée.  La conséquence devant mon impuissance est inévitablement l’anxiété et les inquiétudes, le constat d’incapacité qui m’écrase, l’incompétence, voire même l’imposture.

J’oublie que la foi en Dieu est relationnelle.

Peut-être que je dois la contourner, passer par-dessus, la pelleter lentement. Ce que nous appelons des montagnes, des obstacles ou des épreuves, dans l’œil de Dieu ne sont que des moments favorables pour moi afin de m’appuyer sur Lui, me rapprocher de Lui et apprendre à l’aimer encore plus.

Plus j’entretiens ma relation avec Dieu, plus ma foi grandit, moins les montagnes prennent de l’ampleur, car j’ai alors l’assurance qu’Il est avec moi…

Pourquoi alors la jeter à la mer?  On réalise que la marche en montagne, c’est fantastique avec Dieu à nos côtés!

Et si on ralentissait?

« En vain vous levez-vous matin, vous couchez-vous tard, Et mangez-vous le pain de douleur ; Il en donne autant à ses bien-aimés pendant leur sommeil. »  – Psaumes 127:2

Je vous partage une simple réflexion après avoir lu le livre « Éloge de la lenteur » de l’auteur Karl Honoré.

J’étais sur l’autoroute, tranquille à rouler, tout à coups, un bolide me dépasse sur la droite sûrement à 140!  Je le voyais zigzaguer entre les automobiles et se croire au volant d’une formule 1.  L’ironie, c’est que quelques kilomètres plus loin, j’étais juste derrière lui!   Tant de risques pour si peu de résultats!

Nous sommes à une époque où la vitesse est un gage d’efficacité.  Tout le monde est pressé.  Nous nous usons jusqu’au burnout, puis la culpabilité nous lorgne.  J’aurais dû être plus efficace.  La faiblesse moderne est dans celui qui n’est pas capable de suivre le rythme.

L’organisation, l’accumulation des données sont le nerf de la guerre ajoutons à cela une société de performance et de consommation nous avons un cocktail digne des pires films de science-fiction.  Sommes-nous en train de devenir des cyborgs.

Moi-même, lorsque je ne fais rien durant un après-midi, je sens la culpabilité et la dévalorisation.  Comme si mon identité était attachée à ce que je fais et non à ce que je suis.

Depuis l’industrialisation, les machines nous ont inspiré un rythme accéléré et nous avons tenté tant bien que mal de suivre le courant.  L’arrivée des ordinateurs et de l’intelligence artificielle nous met une pression supplémentaire.  Et aujourd’hui, nous sommes arrivés à une bascule ou le seuil de maladies mentales, de névrose et de troubles psychologiques de toute sorte n’a jamais été aussi grand.  Les prescriptions d’antidépresseur sont à leur sommet, et comme si l’aveuglement volontaire n’était pas suffisant, nous allons bientôt passer à la thérapie génique, afin de nous contraindre à l’adaptation.

Pas assez rapides et productif?

Mon amie Marie bouffe à une vitesse que je qualifierais de « tortuesque »… En comparaison avec elle j’engloutis littéralement!   Elle a à peine pris trois bouchées que j’enchaîne avec mon dessert… et je ne blague pas.  Mais au fond, c’est son rythme qui est le bon!  Elle prend le temps de bien savourer chaque bouchée, laisse le temps à son système d’enregistrer la satiété.  Elle profite au maximum du présent qui passe et savoure son repas avec joie.  Elle emmagasine des souvenirs et des plaisirs dans son album secret.

Et si c’était ça la vie.

Chacun démarre avec 1440 minutes par jour.  C’est une justice universelle, personne n’en a plus.  Tout est dans ce que nous en faisons.  Si à cela nous décidons de dormir un peu, le capital baisse considérablement.  On ne peut pas courir après le temps tout comme on ne peut pas revenir dans le passé.  Le temps passe, c’est tout, comme une rivière devant nous.  Tout ce qui compte est ce que l’on fait de ces petites fuites de soixante secondes.

[quote]Nous avons laissé derrière nous une partie de notre âme dans ce départ hâtif vers le succès instantané.[/quote]

Je crois que nous avons dérapé dans notre ivresse de la productivité.  Cet engouement à réaliser des choses utiles et pratiques nous a créé une véritable dépendance, et nous poursuivons frénétiquement notre parcours, sans nous arrêter.  Jusqu’à épuisement.  Et je ne remets pas en question l’utilité ou le bien-fondé des choses que nous faisons.  Plutôt le fait que nous avons laissé derrière nous une partie de notre âme dans ce départ hâtif vers le succès instantané.

Et nous cherchons à combler ce vide existentiel avec tout ce que cette société a à nous offrir.  Réseaux sociaux, divertissement, jeux et film sont tous des moyens que nous nous donnons pour mettre notre « switch a off! »  Nous oublions que la société dans laquelle nous vivions n’est en fait qu’un miroir de nous-mêmes, à notre image de productivité et de consommation.  Elle ne peut que nous enfoncer plus profondément dans la frénésie.

Slow down… you move to fast!

Simon et Garfunkel chantaient ce refrain il y a déjà une cinquantaine d’années, et il résonne encore comme d’actualité. Ralentir le rythme, c’est une question d’hygiène spirituelle et psychologique pas seulement de vitesse ou de productivité.

À l’image des sœurs Marthe et Marie (Luc 10) il y a une prise de conscience à faire.  Réaliser que la vie est plus que ce que nous en faisons, mais plutôt elle devient ce nous sommes.  Le bonheur n’est pas une destination, mais une façon de voyager. (dicton populaire)  Au fond, c’est ce que nous cherchons tous au travers cette frénésie : être heureux.

C’est à ce moment crucial que je me pose la question: à quelle moelle je décide d’extraire mon bonheur?

Ralentir, ce n’est pas arrêter!  Nous devons tous travailler, nous occuper de nos tâches domestiques, de notre hygiène personnelle et dormir.  Ralentir, c’est choisir ce qui passera en premier.  Puis, face à certaines obligations, fixer ma limite de vitesse et à quels carrefours je mettrai mes arrêts obligatoires.

Le verset du départ commence avec : Si l’Éternel ne construit la maison, ceux qui travaillent le font en vain.  Ralentir comme il se doit, serais de remettre Jésus au centre de mon agenda et greffer toute mes activités autour de Lui.  Utopique?  Certainement pas.  Si c’est vrai que sans Lui je ne peux rien faire, qu’en Lui j’ai la vie, le mouvement et l’être, à plus forte raison le fait de prendre du temps avec Lui m’évitera bien des détours douloureux.  Et si c’était réellement lui la source du véritable bonheur, je perdrais mon temps à m’activer et battre l’air pour trouver le bonheur ailleurs qu’à la source…

Je crois que nous avons perdu la notion de contemplation de notre Dieu.  Même nos prières sont productives.  Les silences peu nombreux et le temps compté.  L’arrêt obligatoire est devenu relatif et la notion de sabbat est un concept rétrograde.  Pourtant, pour ma part, les plus grandes décisions et les victoires les plus glorieuses l’ont été dans Sa présence.  Souvent dans ces soupirs inexprimables où, dans les sentiers d’une forêt voisine, j’ai pris le temps d’aller à la rencontre de mon Dieu.  Il est peut-être temps que je reprenne Son rythme.

Tous dans le même bateau!

Une expression que j’aime utiliser est : « nous sommes tous dans le même bateau de pêcheurs ».

J’aimerais voir l’église locale comme un grand bateau, les chrétiens navigants sur les mers du monde tel des explorateurs modernes, allant avec courage et détermination jusqu’aux confins de l’univers connu pour y rescaper des perdus.  Chacun sachant le rôle qui lui est échu et tous uni derrière notre mission commune nous chantons gaiement des hymnes marins et hissons joyeusement les voiles, les pavillons et sans oublier la bannière de Christ…

La réalité est bien différente!

En fait, nous sommes tous confinés dans le même lieu clos, sans portes de sortie, exposés au large, aux tempêtes et aux périls des mers, et où l’unique espoir est d’arriver à bon port en un seul morceau.   Nous nous sentons souvent coincés dans la cale, comme condamnés.  Nos vaisseaux se buttent aux monstres marins, s’échouent dans les récifs, se disloquent sous la puissance des vagues et assaillis sans répit par les éléments, notre nature propre nous rappelle que nous sommes sans contrôle sur ces mêmes éléments.

Nous sommes dans ce bateau unique où les mutineries sont nombreuses.  Les murmures contre le capitaine et ses officiers sont cruels et souvent sans relâches.  Les pêcheurs sont critiques et cyniques, c’est bien connu.  Tout ce qui dérange est matière à exposer ses préférences.  Le tricorne du capitaine, les souliers des moussaillons, la couleur des voiles sans parler de l’itinéraire combien de fois discuté et débâclé.  J’ai vu dans mes vingt ans de mers des marins obligés de faire la planche et être jetés vivants aux requins.  D’autres, pris de paniques, ont bêtement sauté hors du bateau.   Nous ne les avons jamais revus.  Avalé par la mer et son insatiable soif du sang des matelots.

Dans notre traversée de l’océan de la vie, nous sommes confrontés à un équipage souvent disparate et capricieux.  Des capitaines insécures et inexpérimentés, et nous-mêmes, influencés par nos propres compas et boussoles, nous nous croyons connaître LE bon port!  Affolés au moindre craquement venant des tangages ininterrompus du bateau, nous tentons tant bien que mal d’amener le navire vers le phare, sans souvent savoir reconnaître les bonnes étoiles nous avons bien plus souvent l’impression de dériver que de suivre une carte et un itinéraire bien précis.

[quote]Nous sommes tous dans le même bateau de pêcheurs.  Nous sommes tous des pécheurs finis, et dans notre nature profonde, nous allons toujours tenter nos mutineries.[/quote]

OUI!  Nous sommes tous dans le même bateau de pêcheurs.  Nous sommes tous des pécheurs finis, et dans notre nature profonde, nous allons toujours tenter nos mutineries, exécuter notre justice et éliminer à grand coups de sabres tous ceux qui oseraient se mettre au travers notre route.  Même notre instinct de survie n’arrive pas à faire régner la paix entre nous.   En fait, l’histoire de notre monde est l’histoire des guerres, des génocides et de toutes les horreurs dont nous sommes seuls capables.

Prenez une centaine et plus de ces pirates rebelles, confinez-les ensemble dans une coque de noix et dites-leur de conquérir les mers à grands coups d’amour!  C’est tout simplement impossible.  Irréalisable et même utopique, pour ne pas dire farfelu.

Mon ami Louis dit souvent : « L’Église c’est un miracle »!  Rien de moins.  En effet, naturellement, et si cela n’en tenait qu’à nous et nos capacités, nous devrions être au fond de la mer, aux côtés du Titanic, étant nous-mêmes l’Iceberg ET le constructeur.

Mais voilà! Il y a plus et mieux que nous dans ce bateau.

Jésus lui-même construit son navire et les marins qui l’occupent.  Il place les officiers, puis, son Esprit guide et dirige ce navire vers l’étoile du matin.  Une force, une personne, une puissance, notre Dieu, en total contrôle, les deux mains sur le gouvernail, ne l’oublions jamais.

C’est à nous de tout d’abord réaliser quel genre de marins nous sommes.  Puis de nous soumettre aux capitaines que le suprême commandement nous donne.  Trouver notre joie dans le fait même d’être sur le bateau et non à surnager en mer.  Développer la camaraderie avec les pêcheurs qui nous entourent et vivre « Les copains d’abord ».

Devenir matelot sur le vaisseau du grand amiral demande de mourir à soi-même et vivre pour Lui.  Nous l’oublions bien souvent, surtout lorsque la tempête fait rage et que les lames de la mer nous projettent contre les balustrades du bateau.  Abandonnons toute rébellion, et passons de pirates à mathurin du Roi.  D’homme pécheur à pêcheurs d’homme.

Il y a mieux qu’un disciple!

« … La connaissance enfle, mais l’amour édifie. » -1 Corinthiens 8.1 

J’ai toujours aimé cette phrase percutante de l’apôtre Paul.  Il s’agit d’une image remplie de paradoxes.

D’un côté, nous avons les adeptes de la connaissance.  Connaissance des règles établies, de ce que Dieu exige et demande dans sa Parole, la Bible.  Ceux qui ont cette connaissance sont des experts de cette Parole.  La cite, la répètent, la connaissent et s’y imprègnent afin de bien connaître ce que Dieu veut ou non.  L’image que Paul nous donne pour qualifier cette connaissance, c’est qu’elle enfle!  Le mot utilisé originalement est: gonflé.  Comme un ballon qui prend de la place dans une pièce, mais qui, en fait, est vide au-dedans.  Comme un décor de cinéma dont on ne se préoccupe que de la façade pour le plaisir des spectateurs.

À l’autre extrémité, il y a les adhérents de l’amour.  Un amour qui comme le dit l’apôtre ici, édifie. C’est-à-dire, qui construit.  Un amour solide, qui remplit la personne qui le vit.  Un amour dirigé vers Dieu et le prochain, qui sort tout simplement du paradoxe.  Un amour qui ne cherche pas tant la raison, mais simplement l’être!

Dans notre conception du christianisme, et appuyé sur la parole de Jésus qui nous envoie aux extrémités de la terre pour y faire des disciples (Mat 28 :19), nous avons mis le disciple au-dessus de tout ce qui peut se faire dans le moule chrétien.  Un converti arrivé est un disciple accompli.  Point à la ligne!  Un disciple n’est-il pas un élève qui suit un maître?

Mais voilà le hic!  On peut très bien être un disciple, connaître tout le conseil de Dieu et n’avoir de relation avec Lui qu’au travers son enseignement.  Être des diplômés de la foi sans couleurs et sans saveurs.  Déverser des versets à profusions et des réponses à toutes questions, mais avoir un cœur sec et vide à l’intérieur.  Gonflé à bloc par la gratification de la connaissance et du bien paraître.  Celle de bien faire les choses et avoir l’impression, par-dessus le marché, que Dieu nous approuve .

C’est exactement ce que Jésus reproche aux docteurs et scribes de son époque.  Les disciples du courant officielle.  Ces religieux qui connaissaient souvent par cœur les premiers livres de la Bible, qui les récitaient jour et nuit, qui les étampaient sur leur front et qui les gravaient sur les murs de leurs maisons, connaissaient la Parole.  Et pourtant, lorsqu’elle s’est manifestée a eux en chair et en os, cette même parole incarnée leur dit :

« Ce peuple m’honore des lèvres, Mais son cœur est éloigné de moi. » – Matthieu 15.8

Être disciple n’est pas suffisant.   Suivre Jésus n’est pas suffisant.  En effet, Judas n’était-il pas un disciple?

Être disciple peut même devenir un piège de condescendance, une fosse que l’on creuse soi-même en croyant que nous nous protégeons, alors que nous devenons nos propres fossoyeurs.

Il y a plus, et il y a mieux.  Le christianisme n’est pas une religion de la tête, mais du cœur.  Un émerveillement puissant de l’amour de Dieu manifesté au travers Jésus-Christ.  Une réponse corps, âme et esprit a cet amour.  Une reddition inconditionnelle devant la croix et une joie débordante devant la grâce qui nous touche maintenant au travers Lui.

Avant même de parler de disciple, Jésus nous demande d’être des adorateurs.

[quote]En effet, nous pouvons très bien être un disciple et ne jamais adorer celui qui nous enseigne.  Invariablement, tout adorateur deviendra disciple de celui qu’il adore.[/quote]

Il nous demande d’être avec lui, tout simplement.  Il nous réclame le cœur.  Il désire que nous soyons des adorateurs amoureux.  Le mettre sur notre trône intérieur et être en véritable pâmoison devant Lui.  Comme ces amoureux qui se découvrent et dont même les silences expriment la puissance de leur amour.   Jésus n’a rien à faire des simples disciples…

En effet, nous pouvons très bien être un disciple et ne jamais adorer celui qui nous enseigne.  Invariablement, tout adorateur deviendra disciple de celui qu’il adore.

L’adorateur de Jésus, c’est celui qui se délecte à la source de Dieu lui-même.  Celui qui découvre une manne infinie qui le laisse sans cesse affamé.  Être adorateur, c’est un élan du cœur qui fait de Jésus l’unique source de son contentement.  Comme Piper le dit si bien, nous devenons des hédonistes chrétiens.  Nous nous réjouissons en Lui et notre appétit de Lui ne fait que grandir devant son amour infini.  Et c’est là, à la source de cet insatiable faim, que l’on découvre le disciple véritable.  Sa Parole devient un puits, une source, un océan qui me parle avec la voix de celui qui m’aime, et que j’aime.

Être un adorateur avant d’être un disciple, c’est un apprentissage fusionnel.  C’est l’école du cœur.   Il m’aime, je l’aime et je désire le connaître toujours plus.  Sa parole transcende les pages imprimées et chuchote directement à mon cœur.  J’apprends ce qu’il est et j’aime ce qu’il aime.  Mon obéissance n’est plus une bête soumission, mais une joyeuse excursion avec celui qui m’accompagne tous les jours.

Et si je manque à ma résolution?  Plutôt que de me morfondre en contrition et en culpabilité, je saisis la main que j’aime et je me relève.  Je me plonge dans ses bras, me réconforte au son de sa parole et me laisse tout simplement aimer par celui qui est mort pour moi, et dont rien ne pourra jamais me séparer (Ro 8:39).

Il y a mieux qu’un disciple, oh! Que oui!  Un adorateur en esprit et en vérité (Jn 4:23).  Lorsque nous décidons de devenir des adorateurs, tout le christianisme prend son sens et passe du noir et blanc à la couleur!  D’une religion à une relation!  Et toute notre vie de chrétien se teinte de cette révolution d’amour.  C’est dans cet élan du cœur que la louange tire sa source et son sens.  Que les œuvres se transforment an actes de compassions et que l’amour de mon prochain devient un canal de Son amour.

La connaissance est une bonne chose, mais si elle n’est pas poussée par une adoration véritable, elle n’est qu’un métal qui bourdonne, une cymbale fêlée qui dérange, de belles actions, de belles paroles sans la saveur, la couleur et l’odeur de Christ (1 Cor 13:1).   Un gros ballon bien rempli de nous-mêmes.

Devenons des adorateurs, et nous serons des disciples véritables.

Une grande année!

« Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons ».  – Éphésiens 3.20

Pour l’année 2019, je nous souhaite tout le succès, tout l’accomplissement et toute l’ambition inimaginable.  Visons plus haut que haut et plus que vainqueur!

À condition d’y croire et de le vouloir.

Croire et vouloir

En effet, nous avons cette habitude au Québec de traiter tout ce qui nous importe avec la petitesse de nos aspirations.  Une petite vie, un petit quart d’heure, des petits problèmes… tout est petit chez nous.  Comme si tout le Québec avait perdu l’ambition du dépassement.    Au point ou lorsque nous voyons une personne chercher à se dépasser ou pire (!) être le meilleur de sa discipline, un goût désagréable d’orgueil nous laisse la bouche ouverte, comme si nous avions affaire a un prétentieux voulant écraser tout ce que se trouve autour lui.

Pourtant, lorsque nous nous convertissons au christianisme, nous sommes censés sortir du cercle du « mini-me » québécois, aussi édulcoré que le l’édulcorant… mais en plus petit.  Plus diète.  Être chrétien nous amène à des aspirations célestes, par un Dieu tout puissant qui nous exige la grandeur de sa gloire.  Nous sommes non pas destinés, mais fondamentalement des mutants du succès de Dieu.  Des Plus que vainqueurs (Ro 8:37), des réclameurs d’infini (Eph 3:20), des prédestinés d’éternité (Eph 1:11).   Ce n’est pourtant pas ce que nous voyons ni entendons généralement dans l’église québécoise.

Comme si 400 ans de mortifications imposés par une religion d’état, de combats contre les éléments déchaînés, contre les hivers glacials, contre les conquêtes anglaises et américaines et contre vent et marée nous avaient gardé les yeux rivés sur nos propres échecs plutôt que sur notre grande résilience.

Comme si notre identité spécifique en ce domaine est restée collée quelque part sur le crucifix du parlement et n’est pas encore sortie du tombeau pour une résurrection glorieuse.

Cette force qui nous entraîne dans l’abîme, au fond du lac des ambitions résignées, nous amène à voir un succès là ou plusieurs ne verraient qu’une nage en sur-place.  Nous nous contentons de si petit!  J’en suis à me demander si cette distorsion n’est pas la source de notre échec spirituel.  Huit millions et demi de québécois et a peine plus de quarante mille chrétiens.  On ne remplirait même pas un stade de football universitaire chez nos voisins du sud!  Oui!  Le christianisme semble être un échec cuisant au Québec, comparé aux autres pays occidentaux, africains et même asiatiques.  Et nous nous complaisons dans un rôle de victime.

Et comme toutes-bonnes victimes, nous transférons sur l’autre la cause de la difficulté.  Des soupirs tels que : « La terre est aride au Québec », et « Les Québécois ne veulent plus de Jésus », vienne nous conforter en nous disant que ce n’est plus notre problème.  Nous en venons à la conclusion que le Québec est perdu une fois pour toutes, et nous ramenons les hauts faits du passé en ressortant les miettes des héros qui nous ont précédés comme des exploits d’une époque révolue.

Paradoxalement, ce que je vois dans mon quotidien, c’est une nation qui se cherche une raison d’être.  Pris en sandwiche entre plusieurs générations différentes, le québécois est beaucoup plus ouvert que l’on ne semble le croire au phénomène religieux, le point commun a toutes ces générations est cette soif de spiritualité et de profondeur.  Le monde n’est pas stupide et voit le désarroi qui l’habite.  Le problème n’est pas dans la demande, mais dans l’offre!

Nous avons de la compétition.

[quote]Le québécois moyen nous dit : « Bon!  Vous me dites que vous avez LA vérité et que vous êtes sauvés… prouvez-le! »…[/quote]

Compétitifs

J’ai l’impression que nous avons fait ce que nous critiquons… nous avons jeté le bébé avec l’eau du bain!

Le québécois moyen nous dit : « Bon!  Vous me dites que vous avez LA vérité et que vous êtes sauvés… prouvez-le! ».  Montrez-moi Jésus que je le suive.  Nous présentons un Jésus historique, un Jésus académique, décrivons ce qu’il est à grands coups de verset, mais oublions trop souvent d’être celui qu’ils recherchent.  Nous utilisons notre tête pour combler le cœur.   Et lorsque nous sommes poliment remerciés, nous réagissions comme des victimes offensées.  Nous appelons cela des persécutions, de l’aridité.  Nous jetons notre responsabilité avec la difficulté alors que le véritable problème est que nous donnons des bonbons à une société qui demande de la viande.  Ils veulent voir, pas seulement entendre.  Bref, que nos bottines suivent nos babines, comme dit le dicton.

Pendant ce temps, tout un éventail de religions alternatives vient gagner le cœur des Québécois.  Avec des représentants souvent plus convaincus et convaincants.    Offrant des méthodes et imposant même une rigueur plus grande que ce que Jésus ferait.  Pour gagner le Québec, nous aurons à jouer du coude et être excessivement compétitifs!

Des adorateurs

Ce dont nous avons besoin est de redécouvrir Jésus.  Lâcher la tête et viser le cœur.  Chercher à devenir des adorateurs avant d’être des élèves (lire des disciples).  En effet, un adorateur suivra toujours celui qu’il adore, mais un disciple peut très bien se contenter de la médiocrité de la connaissance.  C’est ce que Jésus disait aux disciples du judaïsme de son époque : « Jésus leur répondit : Hypocrites, Esaïe a bien prophétisé sur vous, ainsi qu’il est écrit : Ce peuple m’honore des lèvres, Mais son cœur est éloigné de moi. » – Marc 7.6

J’ai l’impression que le confort nous a fait croire que nous étions arrivés.  Cette sensation de contrôle mêlée à un manque d’opposition nous a laissés penser que tout allait bien.  Jésus est devenu l’accessoire central de nos églises, un prétexte pour présenter notre propre visage.   Au final, les Québécois y voient beaucoup plus clair qu’on n’y pense.  En ne voyant pas une assez grande différence avec leurs quotidiens, ils ne trouvent pas dans ce que nous offrons un morceau pouvant remplir un cœur en recherche.

Ce que je nous souhaite en 2019, c’est d’avoir l’ambition des aspirations de Dieu pour nous : Rien de moins qu’être des adorateurs de Jésus, corps, âme et esprit. Viser haut et viser glorieux.  Viser Jésus.  Bonne année d’adorateur!

Être toujours joyeux

Il arrive que l’envie de baisser les bras et vivre en jetant la serviette me titille l’esprit. Il arrive que les conséquences de la vie m’apporte plus de nuages que de soleil.  Que le temps passe et que j’ai l’impression que le jour de la marmotte se répète sur la pire journée qui soit.  C’est dans ces moment que ma foi est mise à l’épreuve et que je repasse en mon cœur la prescription du médecin qui a l’antidote à la grogne: Le Seigneur du Bonheur.

Nous sommes créés pour être heureux. La joie est ce qui caractérise l’homme. C’est la quête et la recherche ultime. Le seul hic est la distance entre ce que nous savons et ce que nous voyons. Nous aspirons de tout notre être à vivre le bonheur, mais nous vivons une résistance acharnée à ce rêve. Le combat est impitoyable et souvent la reddition est à notre porte. L’envie de tout laisser tomber nous gagne tant le rêve de bonheur semble inatteignable.

« Soyez toujours joyeux. »  —1 Thessaloniciens 5.16

Dieu nous ordonne la joie.

Il nous ordonne de vivre l’état total de plénitude. De contentement, de joie globale. L’entière vison du monde dirigé par la paix. La satisfaction qui emplit mon âme jusqu’à déborder de bonheur. La joie, c’est de vivre l’instant présent dans une plénitude complète et avec une pleine assurance en Dieu. C’est un état et une conséquence. Le résultat d’un état de foi qui se donne en entier à Jésus. Rien de plus apaisant que de faire confiance en Dieu, en sachant qu’il est… Dieu. Rien de plus réjouissant que de mettre sa foi en celui qui m’aime jusqu’à la croix. La conséquence d’un cœur converti et qui a reçu son sauveur par la foi. C’est le fruit d’une réelle conversion, métanoïa, la transformation intérieure que seul l’Esprit de Dieu peut créer.

Dieu nous ordonne d’être joyeux.

Comme si elle était à notre portée, prête à être cueillie et récoltée. Comme si le jardin de notre cœur était une provision sans fin de bonheur et de jubilation. Oui! Elle est là, cette joie sans frontière. Jésus l’a dit lui-même : « Et maintenant je vais à toi, et je dis ces choses dans le monde, afin qu’ils aient en eux ma joie parfaite. » — Jean 17.13. Elle est non seulement là, mais elle est incrustée, régénérée par le renouvellement de la nouvelle naissance. Christ en nous! (Col 1:27) Que dire de plus, sinon que la joie de Christ est maintenant partie intégrante de notre nouvelle nature. Nous n’avons pas à notre disposition que de la joie, nous sommes désormais la joie incarnée par le St-Esprit qui nous habite. Un temple de la joie dédié à Dieu. Il ne s’agit pas de pigments que nous mélangeons pour former une nouvelle couleur. C’est la couleur de Dieu venue dans mon pot charnel. Nous pouvons être toujours joyeux! Et pourtant…

 

 C’est la couleur de Dieu venue dans mon pot charnel.

 

Comme si quelque chose venait obscurcir le ciel bleu et le soleil si nécessaire à l’épanouissement de cette félicité. Comme si la semence était là, mais étouffée par les épines que nous confondons avec la joie. Comme si la volonté était présente, mais noyée par le désir.

Et nous en arrivons au cœur du problème : le cœur. Dis-moi ce qui fait ta joie, je te dirai ce qui encombre ton cœur. La vérité est simple : tout ce qui n’est pas Jésus ne peut emplir et jaillir en joie éternelle. Nous cherchons à combler le vide de bonheur par tout ce qui n’est pas Lui. L’Argent, la satisfaction, le matériel, la gloire, le succès… et nous sombrons dans une spirale de la peur et des inquiétudes. Peur de perdre, inquiétude de ne pas avoir, de ne pas contrôler, anxiété du futur sans l’objet de nos désirs, rêves souvent inavoués, qu’autre chose puisse combler le vide intérieur. Que la joie peut s’obtenir ailleurs qu’en Lui. Nous préférons la jouissance à la joie.

Dieu m’ordonne d’être toujours joyeux.

La seule solution est la reddition. Prendre conscience du cadeau incroyable et pourtant bien réel : j’ai tout pleinement en Lui (Col 2:10), cesser le shopping et le lèche-vitrine, arrêter de chercher ailleurs ce qui me laissera sans fin sur ma faim? Nous sommes si souvent préoccupés par un futur conditionnel que nous oublions le présent bien réel. Mordre à pleine dent dans ce que j’ai maintenant en Lui et jouir de sa présence, de sa provision et de ce que je suis tout simplement. Être chrétien, c’est avoir toutes les raisons d’être joyeux, heureux, rempli de bonheur. Vivons chaque précieuse seconde de joie aujourd’hui maintenant saisissons l’éternité, puisqu’aux yeux même du Seigneur, nous sommes déjà au ciel! (Eph 2:6-7)

Un frère persécuté dont la vie est mise à prix commentait sa condition : « On ne meurt qu’une fois, pourquoi ne pas mourir pour Jésus? »… J’ajouterais que l’on ne vit qu’une fois, pourquoi ne pas le faire à fond, pour Lui?

Quand le gris me submerge, je prend une décision simple.  Je lâche prise et m’abandonne dans ses bras d’amour.  Je fait le deuil d’une solution satisfaisante pour simplement accepter celle du Seigneur, regarder au-dessus des nuages et réaliser l’espoir qui m’appartient au présent.

Les abeilles spirituelles

La vie des abeilles est une leçon en soi pour nous chrétiens contemporains.  Nous sommes devenus de grand consommateur de spiritualité et de plus, avec la proximité des ruches et le miel toujours plus sucré ailleurs, un phénomène inquiétant se répète au vol : le butinage chrétien.

En effet, le phénomène n’est pas nouveau à notre décennie, mais récent par rapport a l’église.  Les croyants, plutôt que de vivre un contentement volontaire, se précipitent à la ruche voisine (lire l’église), pour y retirer un peu de nectar qui, selon eux, manque à la ruche qui les a accueillis.  Il en résulte un exode et un appauvrissement des petites ruches au profit des méga-ruches.   Un autre phénomène, bien pire celui-là, n’est pas un exode littéral, mais plutôt une dilution.  Un délayage de temps et de ressources au profit ni de l’une, ni de l’autre ruche, mais au profit seul de l’abeille solitaire en recherche d’un miel toujours meilleur.

Sortir n’est pas un mal en soi!  Chez les abeilles, la collecte de pollen se fait avec un aller-retour effervescent qui a pour raison la survie de la ruche.  Chaque abeille a son rôle clair, sa place comprise, et l’harmonie qui en résulte donne un modèle d’unité.

Le problème que nous vivons présentement est en fait, une course à l’insatisfaction et une recherche d’épanouissement et d’éclosion basée sur les besoins personnels. La ruche n’a aucune place dans le processus.  Tout ce qui compte est le moi.  Je juge de ce dont j’ai besoin et je décide de voler ailleurs pour le retrouver. Ni la petite, ni la méga ruche n’a d’importance.  Ce qui compte, c’est de combler mon besoin.  Je consomme.

 

Nous sommes à un tournant, ou l’individualisme se transforme lentement en narcissisme. 

 

Nous sommes à un tournant, ou l’individualisme se transforme lentement en narcissisme.  Nous passons d’un individualisme assoiffé de nourrir ce qu’il croit être bon pour lui, a un narcissisme ou la seule raison d’être est la satisfaction de soi.  L’église devient alors un accessoire.  La ruche n’est qu’un mail que je fréquente pour y retirer ce que je désire.  Pas nécessairement ce dont j’ai besoin.

Cette lente déconnexion de la communauté est périlleuse et conduit vers l’extinction des abeilles à proprement parler.  Une lente agonie ou la congrégation tant louée s’effrite et se désunie.  Il ne reste que des individus solitaires, sans mission commune et sans véritable raison d’être.  Tous assemblées autour d’activités toujours plus attirantes, sucrées, mais sans réelle profondeur spirituelle.

Plutôt que de devenir le changement dans ma propre église, je cherche ailleurs ce qui je crois avoir besoin.  Je laisse les frustrations et les insatisfactions avoir raison du courage et de la solidarité, puis je plonge corps et âme dans une recherche sans fin de satisfaction personnelle.

Plutôt que de viser la convergence, je vise la dilution qui rendra inévitablement insipide le christianisme qui s’en reflètera.

Une meilleure musique, un groupe plus attrayant, une atmosphère plus conviviale, des enseignements mieux ciblés, une ruche plus missionnelle… toutes les raisons sont bonnes pour aller et revenir.  Puis ne jamais revenir et recommencer le cycle.    Notre alvéole ne nous satisfait plus et le miel est toujours plus sucré chez le voisin, jusqu’à ce que j’en sois blasé.  En fuyant un problème j’en deviens un encore plus grand : l’appauvrissement de ma propre église.

La solution est des plus simple : la confiance et la loyauté.

La confiance en ce que Dieu a fait en me mettant dans l’église où je suis.  Je crois que j’en fais partie, et que je suis un membre de ce corps local dont chacune des parties s’édifie mutuellement.  J’ai besoin de chacune des abeilles de ma ruche et tous ont besoin de moi pour devenir LA stature de Christ.  J’en tire profit et j’en suis responsable.  Ce n’est qu’en formant un essaim bien serré que nous pouvons construire ce que Dieu nous demande d’être ici, aujourd’hui, maintenant.

La loyauté en mes capacités et en l’innovation du St-Esprit.  Devenir ce changement que je désire tant voir et vivre.  Plutôt que de reluquer la ruche voisine pour un élément qui je convoite, pourquoi ne pas devenir la transformation là où je suis.

Et si je n’en avais pas réellement besoin?  Et si finalement, c’était la paresse qui me pousse à traverser le champ et aller ailleurs?

Et si je commençais par prier lorsque je désire butiner ailleurs?   En faisant l’inventaire des bénédictions que j’ai à même ma propre ruche.  Regarder autour de moi la famille qu’il m’a donnée et décider de m’investir en entier là où je suis.  Je plonge dans ma ruche et la construit comme Jésus veut que je le fasse.  Avec confiance et loyauté.

Devenir la transformation que je désire voir et vivre!  Et si c’était ça que le Seigneur me demande?

Les abeilles ont cette réputation de demeurer fidèles à leurs colonies jusqu’à la mort.  Ils s’y investissent en sachant que la fragmentation de l’engagement ne donnera jamais mieux qu’une satisfaction personnelle éphémère.  Quel genre d’abeille je suis?

Le prospecteur de leader

Dans l’église, plusieurs se proclament leaders et n’en ont finalement pas ni le lustre ni le brillant.  Trouver un leader potentiel est souvent ardu et demande une certaine dose de flair.  En effet, découvrir le diamant brut est excitant et exige un véritable travail de prospection.  Creuser à répétition, quelquefois en vain, ou encore en découvrant un semblant de pierres précieuses est le risque du prospecteur de leader.  C’est un travail d’endurance et qui exige une grande patience.

Depuis une vingtaine d’années, je suis constamment à la recherche de la perle rare.  Le leader potentiel qui quelquefois a été ignoré ou est passé au travers les mailles du filet.  Celui qui est là, prêt à être déterré et taillé vers la stature parfaite de Christ.  Ce qui distingue le leader potentiel; n’est ni le charisme ou la puissance, et ni la capacité à diriger.  Ce n’est pas non plus le verbe facile ou le nombre d’amis Facebook.  Il y a des indices qui ne trompent pas et qui définissent le fondement solide d’un futur leader dans l’église.

Discerner sous le caillou brut le diamant qui reflètera toute la gloire de Dieu est possible.  La Bible nous donne des indices qui forment les bases d’un leader en devenir.   Tout comme le chercheur d’or du Klondike, il s’agit de bien examiner la surface et savoir creuser puis discerner les empreintes qui définissent les fondements du leadership biblique.

Voyons donc ces trois empreintes.

 

Discerner sous le caillou brut le diamant qui reflètera toute la gloire de Dieu est possible. 

 

L’empreinte de l’humilité

« De même, vous qui êtes jeunes, soyez soumis aux anciens. Et tous, dans vos rapports mutuels, revêtez-vous d’humilité ; car Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. » -1 Pierre 5:5

C.J. Mahaney disait : L’humilité est cette vertu que nous perdons lorsque nous disons l’avoir.  Elle se définit principalement par le rapport que j’ai aux autres.   Mais également face à moi-même.  Lorsque je prospecte les futurs leaders, je suis particulièrement attentif à l’estime démesurée qu’une personne peut avoir d’elle-même.  Cette estime peut s’exprimer de plusieurs façons.  Pour les anxieux, elle ira dans la direction du contrôle, du mépris ou d’une condescendance souvent subtile.  Pour d’autres, elle sera exprimée par un apitoiement et une insatisfaction profonde, un esprit critique qui ira quelquefois jusqu’au perfectionnisme.

L’orgueil peut facilement se déguiser en humilité, comme ces fausses pierres qui ne reflètent qu’une pâle imitation de l’originale qu’elles tentent de copier.   On la remarque facilement, elle s’exprime par une tendance à amener les gens à son propre service.  Elle exerce la manipulation, le double langage, le double agenda.  Le temps est mon allié dans ma recherche.  À regarder un potentiel, on y discerne souvent soit l’orgueil, soit l’humilité.

L’empreinte de l’amour

« et marchez dans l’amour, à l’exemple de Christ, qui nous a aimés, et qui s’est livré lui-même à Dieu pour nous comme une offrande et un sacrifice de bonne odeur. » – Éphésiens 5:2

À l’humilité s’ajoute le concret.  L’amorce du lustre.  Ce qui fait la différence entre un vulgaire charbon et un diamant, c’est la pression.  Cette pression nous la discernons dans le contact avec les autres.  En effet, aimer, tout comme l’humilité se mesure à notre rapport avec les autres.  L’orgueil les considèrera inférieurs, et l’amour verra les autres supérieurs.  En fait, celui qui aime démontre en action son humilité.

Je suis particulièrement attentif aux actions spontanées.  Les éclats gratuits, et qui ne brillent que pour Dieu.  L’entraide, le service, la générosité sont autant de moyens d’exprimer l’amour et la preuve du leader serviteur.  Car c’est ce à quoi nous sommes appelés.

« Alors il s’assit, appela les douze, et leur dit : si quelqu’un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous. » – Marc 9:35

Un individu qui est prêt à se rendre serviteur avec humilité a les prémices du leadership biblique.  Il a compris qu’il y a plus de joie à donner qu’à recevoir et exprime son désir de voir l’autre s’épanouir et grandir.  Il ne reste qu’à lui donner une direction et la conviction de diriger ses pairs dans la direction de Jésus.

L’empreinte de la passion

« à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen ! » – Éphésiens 3:21

Pour découvrir le leader potentiel, nous n’avons qu’à suivre les traces.  Des empreintes d’humilité, d’amour et, enfin, celle de la passion.  Une passion double débordante pour l’Église et Sa parole.  Lorsque la Parole et l’Église n’ont pas une place privilégiée dans la vie et le cœur de l’aspirant leader, il vaut mieux attendre que cette passion le rejoigne.

En effet, l’église, c’est LE projet de Dieu pour l’humanité.  Tout ce qui restera pour l’éternité avec Lui.  Tout ce qui mérite de s’y investir y prend une place éternelle.   C’est la lumière au cœur des ténèbres, une mission unique relayée par Jésus lui-même.

Celui qui aspire au leadership dans l’église doit la comprendre, la désirer et l’aimer profondément.  Y être dévoué et consacré.  Comprendre le lien unique qui existe entre celle-ci et Jésus.  Nous ne formons qu’une seule chair! (Éphésiens 5 :23)

C’est alors que nous revenons à la première trace.  L’humilité amène le leader potentiel à désirer apprendre et se plonger dans l’étude de la parole afin de découvrir cette église unique et glorieuse.  Et naturellement, la passion spirituelle passera invariablement par la Parole de Dieu.  Une recherche assoiffée de sa face de Dieu au travers ses mots.  Une nourriture littérale et intégrale qui amène le leader à se languir s’il n’a pas sa portion quotidienne de Parole!

« L’Éternel ne considère pas ce que l’homme considère ; l’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Éternel regarde au cœur. »  -1 Samuel 16:7

Le prospecteur de leader, c’est celui qui sait discerner les empreintes successives d’humilité, d’amour et de passion.  Et pour ce faire, il doit être lui-même au cœur de l’église et avoir l’œil exercé pour voir le potentiel glorieux au travers le pécheur apparent.  

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