Un Noël Joyeux!

Chaque année, c’est la même chose.  Sitôt l’Halloween terminée, le lendemain même, les décorations de Noël s’installent sur les tablettes des magasins.  Lumières, boules éclatantes, sapins et toute sorte d’extravagances.  Puis, le temps des fêtes nous rappelle que l’affection s’emballe, se décore et se coiffe d’un gros chou.  On le place sous le sapin puis le jeu est ouvert.  Dissimulé. Sous le papier multicolore, on espère la joie et l’appréciation.  Par souci de culpabilité, on remet la faute au gros bonhomme rouge.

Pendant presque deux mois, chaque fois que nous nous risquons dans un commerce, c’est l’appel de l’amour.  Avec la complicité de la publicité omniprésente, elle s’offre à nos yeux, cherche notre culpabilité et veut surtout se frayer un chemin vers notre portefeuille.  Rien à l’intérieur? Peu importe, des préposés bien postés dans les grands magasins nous offrent une solution facile, à crédit.  Chaque foyer québécois dépensera cette année près de 700$ dans l’espoir de combler bien des boites vides d’amour.  La moitié à crédit.

Le père Noël, tel que nous le connaissons, est en fait une simple projection de ce temps de consommation qui nous égare si loin de la source même de la fête.  Rouge de fausse joie, avec un rire forcé, obèse et ne faisant que passer.  Une malheureuse usurpation, un déguisement qui s’additionne à ceux de l’Halloween.  Cette année, les crèches sont en pénurie.  Non pas en rupture de stock, mais sur commande seulement.  Plus personne ne s’en procure.  Pour dire à quel point nous sommes perdus.

J’oubliais l’esprit festif. Les « partys » de bureau où chacun se doit d’être à son meilleur :  Robes à paillettes, escarpins escarpés, et la nouvelle mode, le nœud papillon porté à-la-barbillon .  Au menu : nourriture à faire pâlir le tiers monde et excès d’alcool qui a fait de l’organisme nez-rouge un succès national.

On nous chante que Noël c’est la famille avant tout.  Du moins à la télé, dans les innombrables films-familles aux scénarios clonés.  Avec les foyers éclatés, le temps des fêtes est plutôt un exercice complexe d’ajustement d’agendas entre trois, quatre et jusqu’à six familles différentes, additionné à la tentative de faire plaisir à tous.  Nombreux sont ceux qui appréhendent cette période de l’année.  Une nausée les envahit dès novembre et soulagée janvier venu.

Je déteste CE Noël.

En fait, Noël est ce que nous en ferons.  Personne ne nous oblige à suivre le courant populaire.

Retour aux sources

J’aime le Noël rempli de mystère, où les couleurs, les sapins et les guirlandes me rappellent que ce moment de l’année est unique.  La crèche les lumières scintillantes me signalent qu’il y a 2000 ans, Jésus est né.  C’est son anniversaire, le moment unique dans l’histoire ou Dieu se fit homme. Une période feutrée qui inspire le respect.  La neige aidant, le blanc omniprésent, les pas qui craquent dehors, tout cela m’amènent à l’intérieur de moi-même : Dieu m’aime tellement qu’il s’est fait homme pour me sauver. Il y a de quoi méditer!

Retour à la simplicité

J’aime le Noël sans le brouhaha et la cohue des magasins, cette aliénation incompréhensible qui emplit l’atmosphère du temps des fêtes.  C’est bien de suivre la tradition et s’échanger des cadeaux, mais c’est mieux si on lui donne un sens! Je m’oblige à demeurer sobre, je n’achète pas l’affection et ne tente pas de soutirer des émerveillements devant ce que j’offrirai.  Fini les innombrables présents, plutôt une parcimonie qui oriente.   Je n’achète pas l’amour, je la donne, je l’emballe et je constate qu’en effet, il y a plus de plaisir à donner qu’à recevoir.  Chez nous, à Noël, nous faisons un gâteau pour souligner l’événement, nous chantons même « Joyeux anniversaire » pour Jésus.  Puis nous discutons sur ce que nous donnerons à Jésus cette année.  Transformer la consommation en sanctification.  Après tout, c’est sa fête, ne pas lui donner la première place ou pire, ne pas l’inviter est une insulte aux bonnes manières!

Retour à la joie

J’aime le Noël sans tristesse et sans déception.  Sans complication, ni gueule de bois.  Un Noël de trêve devant tout ce qui fait la guerre à l’âme, un drapeau blanc en main, une reddition au rythme actuel.  Noël a perdu son ange au sommet du sapin. Les cadeaux ont envahi la crèche, puis l’ont fait disparaître.  Derrière une consommation compulsive  et des excès irrationnels se cache pourtant un vide profond.  Chacun fuit ce qui pourrait le combler, alors qu’en réalité, la véritable fête est celle de l’humanité qui s’évite une condamnation assurée grâce à l’immense amour d’un Dieu qui s’est fait homme. Lorsque l’on dirige nos regards vers le Seigneur, tout reprend son véritable sens, et pour Noël, rien n’empêche de remettre la joie au menu.

Pour Noël, je reçois en cadeau tout l’amour de Dieu, et en retour, je lui dis :

Bonne fête Seigneur, reçois mon cœur, il est à toi.

Les vrais héros

Tellement à la page et combien convoité, le leadership est devenu le nouvel Eldorado du développement personnel.  Des centaines de livres , des sites internet, des vidéos et des conférences s’y consacrent,  c’est « La total »!  Réaction probable au marasme politique, où le piètre exemple que nous donnent nos élus ne font que stimuler le rêve de héros.

Nous voudrions un héros qui nous inspire, qui nous entraîne à nous dépasser.  Qui nous amène là où nous savons devoir être, quelquefois même malgré nous. Quelqu’un qui nous fait rêver de perfection, d’accomplissement et de satisfaction.  Un surhomme qui exulte l’idéal et fait pâlir la gloire des héros passés.  Et l’église ne fait pas exception à la vague.

L’antiquité était pleine de ces demi-dieux : Hercule, Thésée, Persée ont ébloui les anciens récits avec leurs exploits.  De nos jours, nous avons les Avengers, Spiderman et Batman.  Ils combattent tous le mal tout en nous divertissant… Puis on revient du cinéma, avec un vide désagréable qui ne fait qu’assouvir notre faim du héros idéal.

Chez les évangéliques, nous avons aussi nos géants.  Je lisais cet été une série de biographies  et j’étais surpris de voir Charles Spurgeon et Billy Graham sans ride ni défaut. Que des hauts faits sans taches qui ne font que nous reléguer au rang de spectateur.  En les lisant, je me suis dit : « Je ne serai jamais à la hauteur de toute façon ».  La tendance au rêve a pris le dessus.  On a idéalisé le simple homme en l’élevant au rang de dieu.  C’est un piège qui m’oblige une pause.  Sommes-nous si en  attente du héros que nous le sculptons à même nos espoirs? Peu importe l’homme de Dieu, il est avant tout un homme.  L’idéaliser risque seulement de l’abaisser à l’idole.  Je suis certains que ces hommes auraient un certain malaise à se lire d’aussi haut.

« Elie était un homme de la même nature que nous : il pria avec instance pour qu’il ne pleuve point, et il ne tomba point de pluie sur la terre pendant trois ans et six mois. » Jacques 5:17

Un gouffre se creuse de plus en plus entre le modèle espéré et le monde réel : l’idéal chimérique et celui que nous apporte la Bible.  On demande à nos leaders d’être ces héros mythiques qui n’ont rien à voir avec le concret et le réel.

Le pasteur moderne se doit de nos jours d’être un homme instruit, sympathique, charismatique, éloquent, compétent, brillant, confiant et surtout… pas trop dérangeant! Tout le contraire de l’exemple du héros par excellence : Jésus-Christ.

« Car je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait. » Jean 13:15.

Viser petit

Le héros-leader à la sauce du Seigneur est un laveur de pied, un humble serviteur, un amoureux de Christ et de Ses brebis, un homme banal qui n’attire pas le regard, qui ne cherche pas à se faire valoir.  Loin du proactif moderne, il se fait une joie de laisser Dieu faire le travail, car il sait qu’alors seul LUI sera glorifié.  Déconnecté des projecteurs, le leader « à-la-Jésus » cherche la dernière place, écoute avant de parler, parle peu, et même pas du tout. Il a compris, en suivant son modèle, que c’est quand il est petit, faible, pauvre et misérable qui est utilisable pour la mission dont il est appelée. Nous sommes loin d’Ironman!

Pour un pain de vie

Viser petit ne signifie pourtant pas qu’il soit né pour un petit pain.  Le véritable héros chrétien n’est pas un laissé-pour-contre.  Il sait s’affirmer.  Il dénonce et prend la part du faible, il est le porte-parole de ceux qui sont contrits et malheureux.  À l’image de son maître, Jésus, il a le courage de chasser les vendeurs, de réfuter les contradicteurs,  de prendre fermement position pour la vérité parce que son amour pour Dieu le consume.  Contrairement aux Avengers, il ne règle pas ses comptes à grands coups de marteau magique ou en devenant vert de rage… mais avec la douceur de l’amour qui est répandu dans son cœur.  Il ne fait pas dans la politique, dans le BCBG ou la rectitude.  Une seule tunique, pas de cravates extravagantes et surtout, une crainte de Dieu débordant celles des hommes.

Un cœur, non une armure.

Bien souvent, tout comme Israël qui voulait un roi, nous aspirons à ce héros qui nous conduira.  Nous voulons faire comme les autres peuples qui nous entourent. Nous incorporons les modèles inspirés de la société et cherchons ce héros, quitte à diluer et colorer nos propres géants, afin de les teindre pour qu’ils s’harmonisent au courant actuel.

Nous cherchons une armure flamboyante qui en jettera, mais Dieu lui, regarde au cœur.

Nous sommes tous des héros potentiels que le Seigneur veut utiliser. Il nous a équipé entièrement pour cela… avec son Esprit qui agit puissamment en nous.

Mais un homme fidèle, qui le trouvera? C’est peut-être toi?

Revue de livre: Disciple

Qu’est-ce qui fait d’un croyant un disciple? Quels sont les éléments organiques favorables à la croissance dans ce terreau où est plantée la semence de l’évangile?  Comment favoriser la  production d’une récolte généreuse de fruits dignes de la repentance?

Ces questions sont primordiales pour que le christianisme d’une personne ne se transforme pas en une fleur de plastique ou un fruit de cire : semblable au vrai, mais totalement faux!

Le livre « Disciple » de Bill Clem vient nous expliquer dans un langage clair et imagé, quelles sont les bases nécessaires à une terre fertile qui produira chez celui qui donne sa vie au Seigneur, un disciple véritable, à l’image de son maître et dont le fruit sera reconnu comme glorifiant Dieu.

Tout le long du parcours que nous propose l’auteur, nous sommes confrontés à la personne de Dieu. Être chrétien, c’est une affaire de relation.  Telle est la pierre angulaire de ce livre.  De cette relation, le croyant découvrira tout l’amour de Dieu à son égard, tous les impacts de sa nouvelle nature et l’ampleur de cette main tendue vers l’humanité.

Au travers une douzaine de chapitres, nous sommes entraînés à nous examiner en fonction de nos acquis.  En commençant par la personne de Dieu, ses attributs et son histoire, nous sommes confrontés en face du seul vrai Dieu et du sens profond de la vie.  L’œuvre de Christ y est d’abord marquée profondément.  Puis  les thèmes de l’identité, de l’adoration, de la communauté et de la mission y sont systématiquement analysés à la lumière de la vérité.  Chaque chapitre est conclu par un guide de réflexion qui amène le lecteur à s’examiner en face des écritures.

Au fur et à mesure de la lecture, Bill Clem nous partage généreusement son expérience et ses illustrations pertinentes qui sont des atouts majeurs pour une compréhension intime et personnelle de principes qui pourraient facilement devenir arides et indigestes.   L’auteur sait apporter l’essence du disciple d’une façon simple, claire et directe tout en gardant une profondeur  qui dénote une grande expérience de la formation de disciple.

Personnellement, j’ai fortement apprécié les chapitres 5 et 6 qui traitent de l’adoration et de ses distorsions.  La confrontation de notre orgueil et de ses innombrables facettes ne peuvent que nous amener à genoux et reconnaître combien Dieu est bon et sa miséricorde infinie!

« L’idée selon laquelle Dieu nous est redevable pour son comportement, qu’il nous doit des explications pour la façon dont il agit, fausse notre véritable position par rapport à Dieu. Au mieux, nous faisons de lui notre égal et il se doit donc de nous fournir une explication raisonnable. » -p 119

Ce livre est un excellent ouvrage pour tous nouveaux croyants en recherche du véritable sens de la vie chrétienne.  Avec ses guides de réflexions très bien élaborés, il assoit fermement les fondements de la nouvelle vie en Christ et met clairement en perspectives tous les enjeux nécessaires à une vie chrétienne qui portera beaucoup de fruits.  Pour les disciples accomplis, il servira de guide utile pour le mentorat, ou même d’examen personnel afin d’évaluer l’état actuel de son cœur.

Disciple, par Bill Clem, 258 pages,  sera disponible aux éditions cruciformes bientôt.

Un plan de retraite?

Chacun prépare sa retraite, investit dans des REER, planifie l’après-travail.  Les loisirs, les voyages ont une prépondérance lorsque ce n’est pas une deuxième vie à la maison. Tout ce temps qui dort dans le futur est là, prêt à être utilisé dès maintenant.  De nos jours, l’espérance moyenne de vie est de 81 ans au Canada… et la retraite à 65.  Dix ans plus tôt pour les chanceux qui ont un plan liberté 55!  Cela donne une pause de plus de vingt ans!

Dès la quarantaine, le fameux démon du midi attrape bien des hommes.  La prise de conscience d’une demi-vie est lourde.  Les bobos arrivent au galop, « On a plus vingt ans », dit-on avec un peu de dépit. L’urgence s’installe: qu’est-ce que j’ai fait de ma vie?  Le retour des rêves d’ados, l’achat d’une grosse moto, certains vont même s’amouracher d’une petite jeunesse.  Le taux de divorce est roi à cette période.  Une crise existentielle et réelle fauche les quarantenaires.

Quand nous étions jeunes, les moyens nous manquaient.  Maintenant, c’est le temps qui fuit comme l’eau dans un panier percé. C’est le moment d’un arrêt sur image.  Je constate les dommages du temps, l’érosion physique, les sillons laissés par les blessures, le moral quelquefois en charpie.  On se retrouve souvent bien seul face à nous-mêmes.  Comme si nous étions devant un vide creusé à même notre passé.

Avez-vous songé préparer votre retraite spirituelle?

Je vois toute cette génération de baby-boomers dans l’église arriver à la retraite, et je constate que peu d’entre eux considèrent un ministère, même partiel, comme une alternative à leurs fins de vie.  Ils n’ont pas planifié leur retraite spirituelle.   Eux qui souvent devraient être des colonnes, des anciens, des références et des modèles dans l’église, ont été tellement pris par le travail et la course du temps perdu qu’ils en ont oublié l’essentiel : ce qui est éternel.

On a tous cette fâcheuse tendance à vivre dans un présent absolu.  Chaque seconde, chaque minute, puis chaque heure à la fois.  Les enfants, les paiements, les engagements nous submergent et nous font oublier, oublier le véritable sens de la vie, la vraie raison de notre présence sur la terre.

Pourquoi une retraite spirituelle?

Étranger et voyageurs.
Parce que notre véritable demeure est avec le Seigneur.  Peu importe ce que je deviens, ce que je possède, le succès que j’obtiens… tout finira devant Dieu qui mettra en lumière l’utile de l’agréable.  Aussi bien me préparer maintenant et viser plus haut que ce que je vois.

Investir là où ça compte.
Parce qu’au bout du compte, tout ce qui reste est ce qui a une portée éternelle.  C’est-à-dire l’âme humaine et par le fait même, son église. Les seuls endroits où je puisse investir et voir mes dividendes immédiatement sont dans ma vie spirituelle et dans l’église de Jésus-Christ.  Tout le reste est temporaire, accessoire et illusoire.

Que Dieu les envoie.
Parce que la moisson est grande, véritablement grande.  Quelques milliards de  personnes qui ne connaissent pas le Seigneur, et nous, ici, au cœur de l’action.  Le Seigneur nous a exhortés de prier le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson (Luc 10.2)… chacun peut en faire partie.  Ce rôle d’ouvrier n’est pas réservé qu’à une poignée de professionnel ou d’élus.

Quand devrais-je commencer à investir?

Maintenant! 

Peu importe l’âge, chacun peut considérer une vie excitante, remplie de défis trépidants et dont les bénéfices sont éternels… et de surcroit, en coopération avec ce que Dieu a de plus précieux sur la terre : son Église.

Par où commencer?
Où puis-je être utile pour le Seigneur?
Comment puis-je contribuer à l’avancement du Royaume de Dieu?

Le premier pas est de plonger là ou Dieu lui-même travaille.  Au travers mon église locale.  Simple!  Demander aux pasteurs en poste de nous  diriger dans ce projet de vie qui fera une différence énorme pour notre avenir, et celui de ceux qui nous entourent.

C’est de loin le meilleur projet de retraite que l’on puisse imaginer.

Le suicide du pasteur

Le 10 novembre dernier, tout était normal à l’Église Baptiste Mont Sion, dans la ville de Macon en Géorgie aux États-Unis.  Les croyants et leurs invités se préparaient à célébrer la résurrection, comme tous les dimanches.  Le foyer était empli de discussion et de distribution diverses, autour de photos des hauts faits de l’église.  Chaque dimanche, il y a une certaine effervescence : qu’est-ce que Dieu a en réserve pour nous ce matin?   Dix heures, la plupart des personnes sont assises, dans l’attente.  Le groupe d’adoration commence le service, comme d’habitude, 800 âmes sont réunies.  Cependant, un détail cloche.  Le pasteur, le révérend Teddy Parker Jr, n’est pas à sa place habituelle.  Sa femme est là, ses deux jeunes adolescentes également.  Son épouse quitte le service pour retourner à la maison, inquiète.  Puis c’est la commotion.

Le pasteur Parker est retrouvé mort dans son automobile, à la maison.  Quarante-deux ans, un pistolet à la main. Il n’a pu endurer l’idée d’un service supplémentaire.

La détresse

Il exerçait le ministère pastoral depuis déjà 20 ans.  L’appel l’a saisi à l’âge de 22 ans, après des études de théologie.  On dit de lui qu’il était toujours prêt à aider son prochain, qu’il était un modèle de serviteur et un prédicateur de talent.  On aurait pu dire qu’il était béni et rempli du St-Esprit.  Mais depuis quelques années, des fissures ébréchaient la solidité de cet homme.  Il voulait prendre un recul, un repos sabbatique, mais la pression, l’urgence, les exigences et même l’intransigeance, lui faisaient voir ce choix comme impossible.

« Tourne tes regards vers Dieu et tout ira bien ! ».  « Un chrétien dépressif est un chrétien qui manque de foi ! ».  Tous ces refrains d’une même chanson insensible lui revenaient à l’esprit, lorsque ce n’était pas un « bien intentionné » qui l’exhortait généreusement.   L’inévitable arriva.  Il dut se résigner à rencontrer un psychiatre et prendre des médicaments pour lutter contre la dépression.  Évidemment, il n’osa pas en parler.  Le burnout était là, présent, subtil, comme un cancer silencieux.  Puis le drame!  Après une dizaine d’années de combat contre les perceptions, les intentions et la pression constante, il y a eu ce dimanche matin.  LE dimanche matin.  La vue même du stationnement, du bâtiment, devenait intolérable.  Le simple fait de s’imaginer une fois de plus en compagnie de ses brebis lui était impossible.

Un muet qui crie aux sourds

En finir de cette façon n’est pas un acte de lâcheté.  Ce n’est pas une fuite non plus.  C’est un hurlement de détresse envers tous ceux qui refusent d’écouter.  C’est souvent le drame qui guette le ministère pastoral.  Nous prenons une image du pasteur biaisée et déformée.  Puis nous ajoutons des attentes élevées, irréalistes, fondées sur des désirs et non sur l’appel de Dieu.  Le tout vécu par un pasteur qui évalue mal sa résilience et sa capacité à gérer les pressions morales, spirituelles et  psychiques.  Des pressions qui arrivent de tout côtés, à la fois de lui-même, de la société et de ses brebis.  Puis finalement, mélangeons le tout dans une communauté teintée du syndrome de la réussite.  La recette est parfaite pour un drame.

Le problème est que l’on évalue les pasteurs avec la mauvaise grille.  On utilise celle de l’entreprise tellement louangée par le monde séculier.  On dit alors que la qualité d’un homme de Dieu est fondée sur les résultats.  Le nombre de conversions, l’assistance le dimanche, un budget équilibré, les dents blanches, la courtoisie, le taux de satisfaction!  Les tâches sont alors multipliées.  Le pasteur moderne, toutes confessions ou dimensions incluses, se doit d’être gestionnaire, conseiller, chef de file, relationniste, psychologue, travailleur social, prédicateur, professeur, administrateur, savoir à tous les instants la volonté de Dieu pour sa communauté.  Connaître tout sur tout!  Être tout en tout… Sinon on le compare avec la compétition.  On le démembre :    Il ne prêche pas aussi bien que Driscoll, pas aussi passionné que Piper, pas aussi fondamentaliste que Macarthur, sans parler de l’organisation de Warren… Loin de la simple et pourtant efficace description de tâche biblique décrite dans les Actes :

 « Et nous, nous continuerons à nous appliquer à la prière et au ministère de la parole. » Actes 6:4

À quelques reprises, il a tenté timidement de lancer un faible cri de détresse.  Mais devant des attentes aussi élevées, pas étonnant que le pasteur devienne muet.  On finit par croire que ce modèle de super pasteur est le bon.  Et si je ne peux y arriver, plutôt que de remettre le modèle en question, c’est moi qui vais ajouter, travailler, bûcher et y parvenir… jusqu’à mourir. On ne quitte pas le ministère quand c’est une vocation.  À l’image des kamikazes, il ne reste que le geste du désespoir devant une défaite illusoire.

Un cas unique?

NON! Ce n’est pas normal qu’un soldat du Christ tombe au combat ainsi. Si c’était un cas unique, nous pourrions accuser un phénomène isolé, mais ce n’est pas qu’un incident banal.  Des centaines d’ouvriers souffrent aujourd’hui de dépression, de surmenage, de burnout.  La plupart en silence.  Les assureurs exigent même une surprime pour la vocation pastorale à cause des risques accrus.

D’autres, pour s’en sortir, vont transformer leurs vocations en ministère et deviennent des fonctionnaires du Seigneur.  Ils se détachent du troupeau, se refroidissent et deviennent distants.  Ce n’est pas une solution. Un sondage récent révélait qu’une grande majorité de pasteurs n’ont aucun ami à qui se confier.  A force de se faire rabrouer de saines exhortations, ont finit par se blinder.  Croire que c’est un combat solitaire.

Y a-t-il une voie d’évitement?

D’un côté, il y a, entre autres, la perception que nous avons d’un pasteur.  Bien souvent calqué sur les performances séculières et les désirs qui ont remplacé les besoins.  Nous avons à réviser notre modèle pastoral.  Les attentes sont irréalistes et plusieurs membres banalisent la tâche.  Ils croient qu’elle est simple, facile et presque inutile, qu’elle se résume à un jour de travail par semaine : le dimanche.  La déférence n’est plus au rendez-vous et il s’installe un quasi mépris où plusieurs consomment l’église sans discerner leurs responsabilité dans l’église, la notion locale du corps de christ.  On attend du pasteur qu’il accomplisse les œuvres à notre place.  Le pasteur n’est plus établi par le St-Esprit, mais relégué au rang d’employé interchangeable selon l’humeur du moment.

Les pasteurs quant à eux, se doivent de se connecter dans un processus honnête et transparent de redevabilité.  Que ce soit en compagnie d’autres pasteurs ou quelques membres de leur conseil, la pression de performer doit absolument être annihilée et faire place à une franche compréhension mutuelle afin d’éviter la gangrène du découragement.  Après tout, c’est Christ qui fait le travail, pas nous!

L’église n’est pas une usine à conversion ni la compagnie de Jésus.  C’est un corps victorieux, mais fragile où la santé de tous ses membres est essentielle. Nous ne pouvons être plus fort que le plus faible de nos maillons, et cela inclut les pasteurs.  C’est à chacun de considérer les ouvriers comme faisant parti intégrante des uns les autres. C’est ainsi que nous pourrons éviter le drame de voir des serviteurs tomber au combat.

De Twitter à Twit!

Notre société nord-américaine est en déficit d’attention! Et ce n’est pas le Ritalin qui va nous aider…  La télé nous a habitués à nous concentrer pas plus de trente minutes à la fois. Le tout clairsemé de pauses publicitaires.  Twitter nous amène à élaborer nos communications à coups de 140 caractères.  Facebook nous habitue à un contenu relationnel simpliste et parfois totalement aliénant. Presque du voyeurisme. Le tout noyé dans un monde de divertissement sans précédent dans l’histoire.  Au delà de 900 chaînes de télé, jeux vidéo, musique continue… tout est en place pour que la pensée soit asséchée et vidée de son essence.

Les longues soirées passées devant les multiples écrans sont loin des cafés de discussion, des réunions autour de la table de la cuisine, des sorties culturelles.  Nous sommes ancrés dans la facilité.  Une facilité qui nous fait dériver vers la médiocrité.  En Europe, plusieurs croient que Sartre est le dernier grand penseur philosophe, dans le monde chrétien, on parle de Schaeffer ou CS Lewis.

Un vide de 50 ans, où la pensée est en souffrance.  Beaucoup d’analyses, des formules et des recettes.  Des réflexions plus ou moins légères et superficielles.  Beaucoup de polémiques sociales, ou les humoristes sont devenus les nouveaux philosophes.  Cyniques modernes, mais rien à voir avec Kierkegaard, Descartes, Pascal et les autres.

Nos chrétiens ne lisent plus, ou à peine la Bible.  Presque 85% des évangéliques n’ont pas lu la bible d’un couvert à l’autre.  Quoique chacun sait à quel point sa foi devrait y être basée, et combien vital et essentiel est LE livre.  La prière est reléguée après les temps libres et peu nombreux, car tout est empli de vide télévisuel et de contenu internet insipide. La communion fraternelle est réduite à quelques réunions formelles où les masques cachent le malaise du manque d’habitude.  Plus facile de texter que de converser.

50 ans, c’est plus qu’une génération!  Une génération qui mise sur la facilité pour accomplir un mandat exigeant et une sanctification qui l’est encore plus.  Abrutir une société est le meilleur moyen de l’asservir.  L’église actuelle en Amérique du Nord ne passerait pas le test devant Spurgeon, Luther, Calvin ou Edward.  S’ils revenaient et visitaient nos églises, ils auraient probablement la nausée, à force de voir le compromis et la médiocrité qui y règnent.  Certes, il y a eu des moments difficiles par le passé, l’église a eu à faire face à des vagues de libéralisme, de fausses doctrines et même d’alcoolisme!  Mais de nos jours, la nuance est si subtile, a été si progressive, et est si globale qu’elle ne se fait pratiquement pas sentir même parmi le clergé évangélique.  Et lorsqu’un désagréable prédicateur ose mettre l’éclairage sur la couleur actuelle, il ne fait pas long feu.  Il est aussitôt mis au rang des casse-pieds.

« Prenez garde à vous-mêmes, de crainte que vos cœurs ne s’appesantissent par les excès du manger et du boire, et par les soucis de la vie, et que ce jour ne vienne sur vous à l’improviste » – Luc 21:34

Je ne suis pas un nostalgique ni ce genre de pasteur qui exhorte sa communauté à mettre les téléviseurs aux vidanges!  Mais, toutes ces minutes grugées par les divertissements électroniques finissent par former des heures puis des semaines… Qui comme le pain blanc est vide de contenu réel.  Bien qu’additionné de vitamines, il reste essentiellement composé d’air, de vent et il demeure totalement inutile.

Imaginons un instant une vie sans télé à la carte et multichaine, sans internet, sans cellulaire, sans texto, sans iPod, iPad et iPhone.  Certains ressentent l’angoisse simplement en y pensant!  Tous ces médias, qui devaient en théorie nous rapprocher, nous informer et nous divertir ont fini par nous éloigner, nous endormir et nous asservir.  Finalement, c’est l’intelligence même qui est en péril.

Passer de Twitter à Twit est simple, il suffit de se laisser enfumer par l’écran.  Il est temps de se réveiller avant que ce sommeil ne se transforme en coma!

Novembre: Le mois des morts

Le mois de novembre a de toujours été associé à la mort.  Il s’ouvre avec l’Halloween, débute avec la Toussaint, est farci de légendes et de résidus de cultes en faveur des morts et même le jour du Souvenir y est inclus!

De toutes les époques, la mort a été un moment central de remise en question sur le sens de la vie.  On se questionne sur ce qui se passe après, sur la justice, sur notre propre brièveté puis soudain, un sentiment nous envahit.  Une impuissance, mêlée de peur.  Une crainte viscérale.  Pas de deuil possible pour la mort elle-même.  Elle est universelle, nous y passerons tous un jour.

Devant elle, même les chrétiens garnis de tous les espoirs l’abordent avec appréhension. Elle angoisse malgré le fait que nous sommes nés programmés pour lui résister.  Et ce n’est pas seulement un simple instinct de survie, c’est la pensée de l’éternité décrite dans l’Ecclésiaste (3.15).  C’est irrationnel!  Nous savons que nous irons avec Dieu, et même dans la plus grande assurance, la mort demeure une menace.  C’est l’ennemi ultime, le dernier à plier l’échine, l’aiguillon qui nous laboure l’imaginaire, comme le disait Paul :

O mort, où est ta victoire ? O mort, où est ton aiguillon ? -1 Corinthiens 15.55.

En général, devant elle, nous avons trois options : l’ignorer, l’apprivoiser ou encore l’affronter.

L’ignorer.

Ignorer la mort équivaut à ignorer un éléphant dans une salle de bain placardée de miroirs!   La peur nous fait souvent tourner le regard.  Mais, peu importe où il se pose, je ne peux l’éviter.  Si je ferme les yeux, c’est alors toute ma vie qui en est affectée. La mort fait désormais partie de la vie!  Même Jésus dut la subir!  Ne reste plus que le fameux « mangeons et buvons, car demain nous mourrons ».

Pascal disait : « La seule chose qui nous console de nos misères est le divertissement, et cependant c’est la plus grande de nos misères. Car c’est cela qui nous empêche principalement de penser à nous… Le divertissement nous amuse et nous fait arriver insensiblement à la mort » (Pensées).

Notre société fuit la mort pour mieux jouir de la vie.  Un engourdissement, un étourdissement afin de ne pas voir et tenter d’éviter l’inévitable.  Même le mort est embaumé, ciré comme s’il ne faisait que dormir. On en a fait une industrie. On se réconforte alors en se disant qu’il est mieux maintenant, ou encore qu’il reviendra bien un jour… autant de théories que chacun sait ne tenir qu’a un fil.

Ignorer la mort est un acte suicidaire. C’est le suicide de la raison.  Occulter la réalité afin de tenter le confort et le bien-être. C’est un bien malheureux manque de jugement.

L’apprivoiser.

Peut-on négocier avec la mort?  La mort n’est pas un animal de compagnie!  Peu importe qui je suis et où je me trouve, elle m’attend implacablement et, à moins que Jésus ne revienne, la tendance est que tous devraient inévitablement y passer.  On ne peut la mettre en laisse…

On a humanisé la mort, lui a donné un squelette comme corps, habillé d’une cape noir, parodiant le cavalier de l’apocalypse. La faux à la main, prête à trancher tout ce qui dépasse le temps! Mais en fait, elle n’a aucune personnalité.  La mort n’est simplement que le constat d’un fait : les conséquences du péché qui dégénèrent notre corps jusqu’à ce que cessent ses fonctions vitales.  Les circonstances qui l’entourent peuvent nous effrayer.  Souffrance, agonie, tourment, personne ne veut souffrir.  Mourir n’a rien de sympathique.   Loin de s’en faire une amie, tout ce que l’on peut faire, c’est de comprendre sa source et en tirer des leçons.

Tenter de l’apprivoiser est l’équivalent anthropomorphique d’un Dieu barbu perché sur un trône dans les nuages.  Presque sympathique, mais complètement chimérique. Un rêve éveillé dont le réveil sera plus que brutal.

L’affronter

C’est probablement la meilleure chose à faire devant elle.  Non pas comme un héros qui sort l’épée tentant de l’éliminer.  Cela, Jésus l’a déjà fait!  Mais comme une occasion.

La mort est l’occasion de juger et d’apprécier de la vie à sa réelle valeur.  Fragile, éphémère, unique et précieuse.  La seule fenêtre dont dispose l’homme pour se réconcilier avec son créateur, puis le glorifier parmi ses semblables. Savoir mourir c’est savoir que la vie est précieuse et unique pour y inclure ce pourquoi j’existe.  Notre angoisse devant la mort devient une balance pour faire le tri entre l’utile et le superflu, les désirs et les besoins.  La mort est un stimulant incroyable d’accomplir l’impossible malgré le « deadline » inévitable.

La mort rend heureux!  Elle nous permet d’apprécier chaque seconde, chaque individu, chaque objet, chaque opportunité comme le potentiel dernier avant de rejoindre Dieu.  Elle nous arrête que pour mieux avancer comme le disait le philosophe Henry David Thoreau :

« Je veux vivre intensément et sucer la moelle de la vie.  Et ne pas, quand je viendrai à mourir, découvrir que je n’aurai pas vécu. »

2. Tous pour un ou un pour tous?

Lorsque nous regardons le panthéon des dieux contemporains, l’impression d’un polythéisme effréné nous saisit.  Bouddha, Mahomet, Vishnou, Jésus, Moïse, sans parler des nombreuses variantes du nouvel âge, les Mormons, les groupes sélectes et j’en passe! Est-ce que toutes ces religions se valent?  Y a-t-il réellement un ou des dieux qui dominent cet Olympe?

Après avoir vu dans notre dernier article que la divinité n’est pas une excroissance sortie de l’imagination humaine, nous verrons ici qu’en fait, bien qu’il y ait une multitude de divinités, force sera d’admettre qu’elles se résument toutes à une seul.  Comme une main qui pointe clairement vers un monothéisme universel.

La thèse de l’unicité progressive, ou l’homme aurait institué un polythéisme éclaté puis, se serait dirigé vers un monothéisme projeté ne tiens pas la route.  Tout converge pour dire que les religions ont démarré avec un monothéisme imposé à l’homme et se sont dirigées vers le polythéisme. Croire en plusieurs dieux est plus conséquent avec le malaise et la nature humaine.  Moins menaçant, plus fragmentaire, plus facile à gérer et plus facile à s’identifier.  Plusieurs arguments amènent vers cette conclusion.  Voici en bref quelques indices évidents :

La convergence.

Les récits de création et de catastrophe apocalyptiques se rejoignent sur de nombreux points troublants.  Peu importe la religion ou la région du globe.  Déluge, naissance de l’univers, source du mal, création de l’humanité, fin du monde… pratiquement toutes les croyances partagent de nombreux éléments communs. Juifs, chrétiens et musulman ont effectivement une source unique, mais les religions orientales, les cultes amérindiens, l’hindouisme… et même les croyances tribales exotiques ont une explication cosmique et une mythologie très similaire non seulement entre elles, mais également avec les religions plus « officielles ».

Oui, il y a des nuances. Le récit du déluge biblique, par exemple, est différent de celui des hindous ou des Incas, mais les acteurs principaux sont tous là, les faits sont relatés et souvent dans des termes presque identiques.  C’est impossible qu’il n’y pas une source commune sur autant de récits.  N’oublions pas que les communications il y a cinq mille ans n’étaient pas ce qu’elles sont aujourd’hui.  La seule explication logique est que toutes ces histoires similaires tirent obligatoirement leur origine d’une source commune, adaptée par le temps et la tradition orale.

L’horlogerie cosmique, comme l’appelait Descartes, est encore un indice d’une source divine commune.  Il y a une véritable convergence lorsque l’on considère la nature.  Ses règles universelles, sa cohérence et son désordre ordonné ne peuvent que nous amener à nous poser de sérieuses questions, à l’instar de bien des scientifiques.  De l’infiniment grand à l’infiniment petit, de l’espace intersidéral aux particules élémentaires subatomiques, il y a une signature si cohérente qui gouverne l’univers que l’ignorer est littéralement anti-scientifique!

Les règles morales universelles pointent vers une origine commune. Le simple fait d’établir des règles, des normes, un ordre social tel que: interdire de tuer, de voler, de mentir est unique dans la nature.  L’acte de traduire en justice un fautif est exclusif a l’humain.   La notion de famille, même élargie, sans discuter de la notion de mariage et des rituels funéraires ont une étonnante homogénéité chez l’être humain.  Et ce, partout sur la planète, et à toutes les époques.  Elles expriment la complexité et l’universalité d’un tout, qui laissent paraître une origine commune imposée.

Imposée? Oui.  Car l’humain, historiquement, a la tendance d’agir au contraire des règles.  Il s’interdit de tuer, car il a la fâcheuse habitude de tuer son prochain.  Ce qui, étonnamment, est contre les règles élémentaires de survie et de protection de la race.  Cette confluence révèle avec évidence que les règles morales ne sont pas établies pour incruster une réalité ou exprimer un idéal de la nature humaine, mais pour la contraindre à une norme supérieure.  Un code fixé et universel, préprogrammé même dans les détails.

L’homogénéité des règles morales chez l’homme transcende le genre humain.  Nous ne parlons plus de surmoi ici, mais bien d’autre chose. Un apport commun qui s’exprime instinctivement dans des règles établies.  Tellement semblables au travers le monde et les âges, qu’elles ne peuvent s’expliquer que par une source commune.

Le non-dialogue des dieux est un autre indice de la convergence religieuse.  Chaque système religieux est construit autour de lui-même.  Indépendant et sans tenir compte des autres.  Comme une séquence adaptée et locale issue d’un rejet du monothéisme.  Chaque système agit comme si l’autre n’existait pas…. Malgré ses grandes similitudes morales et mythologiques.

Comme si chaque région planétaire avait adapté à sa réalité, les acquis communs à tous.  Que ce soit par le récit ou la morale.

Si tous ces dieux étaient véritablement des dieux, ils seraient conscients de la présence des autres et coopéreraient entre eux.  Le diffuserait à tout le moins.  Ne sont-ils pas dieux après tout?  L’exigence qu’eux-mêmes établissent quant aux standards devrait s’appliquer à eux-mêmes.  Étrangement, chacun intègre son système avec lui-même sans tenir compte des autres.

La seule explication logique est que ces religions sont des systèmes projetés par l’homme.  Des systèmes issus d’une réalité connue comme véritable, mais évitée afin de l’adapter pour soi-même.  Comme si l’homme en fuite de Dieu d’un côté, ne pouvait se passer de dieux de l’autre. Pour pallier au malaise, il se crée des religions qui le relient.

Un virage vers « l’autothéisme ».

Les indices mythologiques et moraux, ajoutés aux indicateurs cosmiques que sont la nature et l’homme lui-même, sont probants.  Le comportement typiquement humain, au cours de l’histoire, et l’histoire des dieux subséquents exposent un fait : L’homme est passé d’un monothéisme vers un « autothéisme ». L’homme est devenu son propre Dieu.   Le polythéisme n’est qu’une résultante de ce fait.  En fuite de ses origines, il s’est fabriqué autant de dieux qu’il y a de peuples.  Incapable de vivre sans Dieu ni avec, et mal de se savoir sans normes, il tente d’imiter et d’édulcoré ce qu’il fuit. Loin d’une projection, il s’agit d’une fuite du réel, du Véritable.  Un pâle calque moral et mythologique, adapté aux régions locales, mais tirées d’une source commune et unique.

L’homme ne tolère pas la compétition et Dieu est LA compétition par excellence.  Oui, il y a un Dieu.  Un seul.  Malgré leur brièveté, les indices décrits ici sont éloquents.

Reste à savoir : Est-ce que le vrai Dieu veut bien se lever?

C’est ce que j’approfondirai dans un prochain article.

Les accomodements charitables

Nous sommes un château en ruines! On discerne la gloire et la dorure, mais de grands pans de murs, manquants et croulants, nous ramènent à la triste réalité. Nous bâtissons en hauteur, mais pas en largeur.

Évangéliques de toutes les confessions, nous sommes morcelés, divisés, éclatés.  Ici et là, nous entrevoyons des morceaux de croyances.  Des dénominations qui se  fissurent et ne font qu’affaiblir l’édifice dans sa structure.  Et je ne parle pas des indépendants, qui croient qu’un seul clou peut remplacer toute la maison!  Diviser pour mieux régner disait un certain Machiavel, inspiré par notre ennemi juré!  Le démolisseur par excellence. 

Lorsque je me suis converti, mon premier contact au mouvement évangélique l’a été via les pentecôtistes, puis j’ai appris qu’il y avait des baptistes « plus straight » comme le disait celle qui m’a amené au Seigneur.  Ma première impression fut de trouver enrichissante la diversité dans cette construction d’églises qu’est celle de Christ. Des charismatiques, des baptistes, des frères de divers acabits, luthériens, presbytériens, libres ou plus serrés, ils étaient des dizaines de dénominations telles des pierres de diverses essences ou origines.  « Il y en a pour tous les goûts, pour toutes les personnalités »  me dis-je.  Serait-ce cette sagesse infiniment variée de Christ telle que décrite dans la Bible?  J’ai choisi l’Église Baptiste, plus en accord avec mon tempérament et ma personnalité. C’est là que Dieu m’appelait, c’est là qu’il m’appelle toujours. 

J’ai rapidement déchanté.

Le dialogue était quasi inexistant entre les chrétiens évangéliques.  Malgré des différences, somme toute assez minimes sinon banales, chaque groupe se proclame comme LA porte. Et les choses n’ont guère changée.  J’étais probablement un jeune fou, idéaliste, issu d’une culture hippie d’amour superficiel à bon marché, illusionné par les paradis artificiels et la musique psychédélique.  Cependant, j’étais au fait des paroles de Jésus qui disait qu’un seul verre d’eau tendu au plus petit des siens ne perdrait pas sa récompense.  J’étais en face d’une vérité qui me faisait mal : le verre d’eau était bien souvent jeté à la figure par des accusations, par du mépris, par du dédain.  On s’ignore, on se fait de longs exposés qui se vautrent de versets bien assaisonnés d’amour artificiel.  Beaucoup de paroles.  Beaucoup! 

Un jour, j’ai demandé à un leader réputé d’alors, si « eux, les autres » étaient ou pas des frères.  Il ne put le nier : nous sommes frères! J’en conclus que nous sommes unis, sauvés, de la même famille, nous serons à la même table aux noces futures,  issues du même sang versé à la croix! 

Depuis trente ans, je regarde mon Québec, et « j’ai mal à mon église », comme le disait si bien un ami.

La semaine passée, lors de la conférence « Strange Fire », J. MacArthur a renchéri en disant que les charismatiques forment une fausse église.  Pas la peine de dire qu’il a allumé un feu…  Tout pour arranger les choses!  Frères ou pas frères?  Telle est la question!  Pour moi, la réponse est claire.  Lorsque j’entends de pareils propos, je me dis : « Pourquoi se mordre, s’entre-déchirer et s’exposer ainsi sur la place publique ».  Telle une rouille subtile, nous sommes en train de nous affaiblir, nous gruger de l’intérieur, nous autodétruire et au final, ternir la réputation de Christ.  Et tout ceci au profit du démolisseur.

Notre société est à une époque de cynisme extrême face à la religion, et s’exposer ainsi, c’est donner un élan et un prétexte pour un rejet global envers tout ce qui est chrétien. Il est temps de considérer nous aussi l’adoption d’accommodements raisonnables, charitables… ENTRE NOUS.

Je ne suis pas un œcuméniste, mais je crois en un seul corps, un seul baptême et un seul Esprit. J’espère un jour en un mouvement d’unité des évangéliques.  Je n’ai pas perdu mon idéalisme, ni le rêve de rassembler ceux qui croient au salut par la grâce seulement, ceux qui croient à l’inspiration de la bible.  Tel le crédo d’origine : Sola fidès, sola scriptura!   Ceux qui se distinguent à l’amour qu’ils ont les uns pour les autres!  Unis autour d’une mission claire et conquérante. Priant, partageant, mettant en commun, et ce, dans le respect des différences.  L’unité dans la diversité.

Je suis encouragé, il y a des efforts timides: la conférence SOLA, l’association chrétienne pour la francophonie, certains petits groupes de prières interdénominationnels.  Chacun se bute à l’érosion.  À force de ne pas se parler, on a l’impression de ne plus se comprendre.

Dieu a fait les choses simples, c’est nous qui les avons compliquées.

Tant que nous ne réaliserons pas que c’est ensemble que nous gagnerons cette guerre, chacun tentera de construire son propre clocher.  Mais si nous unissons toutes ces tours, nous obtiendrons une forteresse imprenable.  Tout est une question de volonté et d’humilité, et cela devra obligatoirement commencer par le leadership.  Prier ensemble serait un bon début!

Je sais, il y a des couleurs différentes, des doctrines différentes, des styles d’adoration différente, des formes différentes, des leaderships différents… bien des différences!  Et c’est bien.  C’est notre diversité, notre unicité.  Il y a un culte pour tous les goûts! Mais ce qui nous unit devrait être plus fort, plus puissant que ce qui nous distingue.  Le salut de 7 millions de personnes au Québec devrait nous pousser à regarder plus haut que nous-mêmes puisque c’est à l’unité que nous aurons les uns envers les autres que le monde saura que le Père nous envoie.

Quand tendrons-nous le verre d’eau?

Les actions de la grâce

Nietzsche, en disant que Dieu était mort, reprochait aux chrétiens de se vanter d’être sauvés et de ne pas en avoir l’air.  La gratitude, c’est le cœur de la joie et les chrétiens devraient être les gens les plus joyeux, les plus reconnaissants de la planète!  En cette journée de l’Action de grâce, voyons comment, en trois exercices simples, exprimer notre reconnaissance à Dieu et avoir l’attitude du sauvé, et pas seulement les paroles.

 Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; je le répète, réjouissez-vous. -Philippiens 4:4

 

Dès le matin
Des études ont révélé que la première pensée qui occupe notre cœur, au réveil, va donner le ton à toute la suite quotidienne.  L’expression « se lever du mauvais pied » prend alors tout son sens.  Commencer la journée en me morfondant dans la déprime, dans l’apitoiement et dans le rappel des moments difficiles équivaut à mettre un nuage au-dessus de ma tête dès le lever.  Difficile de voir le soleil par la suite!

Premier exercice d’Action de grâce : Au coup du réveil matin, me conditionner à dire : Merci Seigneur pour cette journée qui commence.  C’est la plus belle journée du reste de ma vie.  Après tout, si je suis encore en vie, c’est que j’ai encore quelque chose à faire ici-bas pour glorifier mon Dieu! Une question d’attitude.

 

Dans mes temps libres
Le renouvellement de l’intelligence (Romain 12.1) commence par les pensées.  Pour les renouveler, rien de telle que la Parole même de Dieu, cette parole qui divise âme et pensées (Hébreux 4.12).  Les promesses de Dieu à travers sa parole ont de quoi revigorer les plus moribonds.  Pour toutes situations, il y a un encouragement prêt à être cueilli pour notre édification. Une estime de soi défaillante, un besoin d’être compris, d’être aimé, d’être apprécié, d’être utile… La parole de Dieu a tout ce qu’il faut pour emplir notre cœur de reconnaissance et de joie.

Deuxième exercice d’Action de grâce : Prendre le temps, quotidiennement, de me plonger dans Sa parole et me laisser imbiber par ses promesses.  Renverser les forteresses et renouveler mon intelligence.  Sa parole est LA référence en ce domaine.  Il y a également sur les tablettes des libraires, d’excellents livres de compilation de Ses promesses.  Pour hommes, pour femmes, pour ados, pour couples, le choix ne manque pas. Découvrir qui je suis, maintenant, en Jésus-Christ. Puisque rien ne pourra me séparer de son amour (Romain 8.39)  effectivement, lorsque nous comptons les bienfaits de Dieu, nous devrions être les humains les plus joyeux de la planète!

 

Au cours du jour
Au fur et à mesure que la journée avance, dans le brouhaha quotidien, les incidents peuvent facilement me faire perdre le soleil de vue et ennuager ma perspective de la vie.  C’est dans ces moments que nous avons besoin de réagir rapidement.  On dit qu’il faut quatre fois plus d’effort pour rétablir une situation négative en positif si on ne réagit pas immédiatement à la source.  Avant que mon cerveau ait teinté mon cœur de rancune, d’amertume et de colère, je dois agir rapidement.  C’est dans ces moments que la parole apprise, celle qui a été incrustée par cœur, peut être utilisée comme une épée ou comme un bouclier pour repousser et pour arrêter les rabat-joie.

Troisième exercice d’Action de grâce :
M’imprégner de sa parole.  Graver par cœur certains passages qui pourront être utilisés au bon moment, quand le découragement et les événements risquent de me ravir mon entrain.  Apprendre par cœur dit bien de quoi il s’agit, puisque c’est du cœur que viennent les sources de la vie (Proverbe 4.23). Commencer par quelques versets forts de la Bible.  Puis, dans ma lecture quotidienne, noter ceux qui m’encouragent profondément.  Les répéter en moi-même.  Certaines méthodes, tel le système des Navigateurs, sont des outils efficaces pour nous aider à mémoriser la Parole de vie.

Personnellement, je profite souvent du moment du coucher, avant de glisser dans le sommeil pour me répéter ces versets.  Ils m’accompagnent alors que je m’endors… puis sont bien souvent encore présents à mon réveil alors que je me redis: Merci Seigneur!

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