1. Croire, sérieusement?
19 septembre 2013  //  By:   //  Théologie  //  No Comment   //   2576 Views

Croire en Dieu, partie 1:  Divin ou pas?

Sur la terre des dieux, tous sont souverains pour eux-mêmes.  De nos jours, il y a presque autant de dieux qu’il y a de personnes.  Chacun conçoit la divinité comme une extension de lui-même.  Avec les mythes populaires et le village global, l’internet et les communications ont rendu Mahomet ou Bouddha aussi présents que Pierre Bruneau au bulletin de nouvelles.  Le monde des religions est devenu un buffet ou chacun y pige ce qu’il lui semble le meilleur pour ses envies, pour ses projections propres.

Dans cette série nous verrons premièrement le problème entre la divinité et son existence. Puis, celle de la forme qu’elle pourrait prendre. Finalement le choix de l’homme et pourquoi devrais-t-on y aboutir.  Certes c’est une démarche philosophique plutôt que théologique, mais l’enjeu en vaut la chandelle dans cette époque obscure de relativisme.  Est-ce que la vérité peut avoir un absolu connecté sur le divin?  À moins que la divinité soit une énergie fondamentale ou le tout est universel, tel que le philosophe Spinoza le concevait.  Peut-être que Nietzsche et Freud avaient raison en disant que la divinité est la projection du surhomme, du surmoi?  Et que dire de Marx disant que « La religion est l’opium du peuple »?

Qu’est-ce que la religion?

Étymologiquement, la religion signifie « ce qui relie ».  Elle relie l’homme, l’attache à son monde.  Le relie entre lui et ses semblables.   Mais surtout, donne un sens.  Un fil horizontal qui joint les hommes, la nature, le cosmos.  Puis vertical, vers le transcendant, jusqu’à l’invisible.

La religion puise des pourquoi et des comment au travers une histoire propre qui donne un sens. Ce sens devient vérité, puis s’élabore en dogmes. Les dogmes invariablement dictent des règles de conduite (horizontales) et relient tous ceux qui partagent la même religion.

Les Hindous, les Juifs, les musulmans, les bouddhistes, les chrétiens voir toutes les religions, ont tous un lien vertical qui les relient horizontalement: cet élément fondamental de la religion qui est la divinité.  Le point d’ancrage fondamental du lien religieux.  De Vishnou à Yahvé, en passant par Jésus et Allah, la divinité devient pour le croyant, LA vérité incarnée.  Celle qui dévoile les véritables couleurs du cosmos, le véritable sens de l’univers, le chemin à suivre pour atteindre la plénitude ultime.  La symbiose avec la divinité devient alors l’espoir.

Universel

Les hommes, peu importe leur origine, du nord au sud et de l’occident à l’orient se rassemblent autour du religieux.  C’est ironiquement ce qui nous unit et nous divise.  L’anthropologie vous le dira : Trouvez un homme, vous trouverez une religion!  Mère de tant de massacre et de guerres, c’est pourtant ce qui plaide le plus fortement en faveur de la divinité.  Tous les êtres humains ont cette pensée de l’éternité, ce désir de transcender la vue et se relier, se rallier autour de valeurs connectées au surnaturel, au divin.

Même les athées invétérés finissent par déifier la science ou un gourou particulier en lui attribuant un sens ultime de porteur de LA vérité.  Certes, la divinité ne prend pas visage humain, mais, ils exposent la tendance naturelle de l’homme d’une façon évidente.  L’humain a besoin d’un dieu.  Il est en constante quête d’une transcendance qui le dépasse et explique le monde qui l’entoure.  Certains athées iront même jusqu’à devenir aussi dogmatiques et intégristes que les religieux qu’ils dénoncent tant.

Descartes disait : « Je pense donc je suis ».  J’ajouterais : je suis donc je crois.  Comme nous ne pouvons dissocier la pensée de l’existence, nous ne pouvons dissocier la religion de l’homme.  Nous avons tous ce besoin viscéral de nous connecter, nous relier les uns les autres autour d’un ancrage commun.

Je suis donc je crois!

Bien que certains pensent que ce désire ne soit que le refus d’accepter nos propres limites, et nous projeter, tel un fantasme, vers le super-héros-dieu qui nous délivre et nous guide.  Il est pourtant évident, lorsque l’on lit les leçons de l’histoire, que nous nous sommes résignés à ce que nous sommes:   mortels, faibles et limités.  Tous les philosophes le constatent, les médecins l’auscultent, les anthropologues le perçoivent.  Croire que la divinité ne soit qu’une projection inassumée est un dédain décevant.

Ce point de vue même engage une question qui nous ramène, pour ne pas dire nous relie au point de départ.  Si l’homme a une telle soif de transcendance, ne serait-ce pas qu’il recherche ce qu’il sait instinctivement exister?  Cette dernière prémice vaut bien la première, d’autant qu’elle rétabli la dignité humain et ne méprise pas un phénomène universel et de toutes les époques.

Est-ce que dieu existe?

Oui!  Six milliards de personnes ne peuvent se tromper!  Sans compter les milliards qui nous ont précédés. La phénoménologie nous le dicte, l’expérience vécue nous y amène sinon nous y obligent.  Même la science qui, de nos jours, occulte le divin et qui veux des chiffres, des mesures, ne peut résister à cette statistique: Le monde humain est 100% religieux.  Il se distingue de l’animal par sa relation amour-haine qu’il attribue à ses dieux.  Même les bouddhistes ont fini par déifier le bouddha!  L’athée le plus endurci finit par déifier l’humanité.  C’est un fait mondial et universel.   La religion est un fait, et ce religieux conduit inévitablement vers la divinité.  Un chemin tracé droit dans le cœur de l’homme.  Un magnétisme spirituel, universel.  L’être humain déifie toujours ce qu’il considère la vérité. Il l’élève et lui donne le repère ultime de ses valeurs.

La divinité n’est pas un mythe.

La question qui se pose en fait est : est-ce que le ou les vrais dieux veulent bien se lever?…

C’est ce que nous verrons dans un prochain article.

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Pasteur Blogueur, c'est Michel Vincent, pasteur à Mascouche, près de Montréal, "Des questions et une réponse. Je suis convaincu que la vérité est une personne!"

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