2. Tous pour un ou un pour tous?

Lorsque nous regardons le panthéon des dieux contemporains, l’impression d’un polythéisme effréné nous saisit.  Bouddha, Mahomet, Vishnou, Jésus, Moïse, sans parler des nombreuses variantes du nouvel âge, les Mormons, les groupes sélectes et j’en passe! Est-ce que toutes ces religions se valent?  Y a-t-il réellement un ou des dieux qui dominent cet Olympe?

Après avoir vu dans notre dernier article que la divinité n’est pas une excroissance sortie de l’imagination humaine, nous verrons ici qu’en fait, bien qu’il y ait une multitude de divinités, force sera d’admettre qu’elles se résument toutes à une seul.  Comme une main qui pointe clairement vers un monothéisme universel.

La thèse de l’unicité progressive, ou l’homme aurait institué un polythéisme éclaté puis, se serait dirigé vers un monothéisme projeté ne tiens pas la route.  Tout converge pour dire que les religions ont démarré avec un monothéisme imposé à l’homme et se sont dirigées vers le polythéisme. Croire en plusieurs dieux est plus conséquent avec le malaise et la nature humaine.  Moins menaçant, plus fragmentaire, plus facile à gérer et plus facile à s’identifier.  Plusieurs arguments amènent vers cette conclusion.  Voici en bref quelques indices évidents :

La convergence.

Les récits de création et de catastrophe apocalyptiques se rejoignent sur de nombreux points troublants.  Peu importe la religion ou la région du globe.  Déluge, naissance de l’univers, source du mal, création de l’humanité, fin du monde… pratiquement toutes les croyances partagent de nombreux éléments communs. Juifs, chrétiens et musulman ont effectivement une source unique, mais les religions orientales, les cultes amérindiens, l’hindouisme… et même les croyances tribales exotiques ont une explication cosmique et une mythologie très similaire non seulement entre elles, mais également avec les religions plus « officielles ».

Oui, il y a des nuances. Le récit du déluge biblique, par exemple, est différent de celui des hindous ou des Incas, mais les acteurs principaux sont tous là, les faits sont relatés et souvent dans des termes presque identiques.  C’est impossible qu’il n’y pas une source commune sur autant de récits.  N’oublions pas que les communications il y a cinq mille ans n’étaient pas ce qu’elles sont aujourd’hui.  La seule explication logique est que toutes ces histoires similaires tirent obligatoirement leur origine d’une source commune, adaptée par le temps et la tradition orale.

L’horlogerie cosmique, comme l’appelait Descartes, est encore un indice d’une source divine commune.  Il y a une véritable convergence lorsque l’on considère la nature.  Ses règles universelles, sa cohérence et son désordre ordonné ne peuvent que nous amener à nous poser de sérieuses questions, à l’instar de bien des scientifiques.  De l’infiniment grand à l’infiniment petit, de l’espace intersidéral aux particules élémentaires subatomiques, il y a une signature si cohérente qui gouverne l’univers que l’ignorer est littéralement anti-scientifique!

Les règles morales universelles pointent vers une origine commune. Le simple fait d’établir des règles, des normes, un ordre social tel que: interdire de tuer, de voler, de mentir est unique dans la nature.  L’acte de traduire en justice un fautif est exclusif a l’humain.   La notion de famille, même élargie, sans discuter de la notion de mariage et des rituels funéraires ont une étonnante homogénéité chez l’être humain.  Et ce, partout sur la planète, et à toutes les époques.  Elles expriment la complexité et l’universalité d’un tout, qui laissent paraître une origine commune imposée.

Imposée? Oui.  Car l’humain, historiquement, a la tendance d’agir au contraire des règles.  Il s’interdit de tuer, car il a la fâcheuse habitude de tuer son prochain.  Ce qui, étonnamment, est contre les règles élémentaires de survie et de protection de la race.  Cette confluence révèle avec évidence que les règles morales ne sont pas établies pour incruster une réalité ou exprimer un idéal de la nature humaine, mais pour la contraindre à une norme supérieure.  Un code fixé et universel, préprogrammé même dans les détails.

L’homogénéité des règles morales chez l’homme transcende le genre humain.  Nous ne parlons plus de surmoi ici, mais bien d’autre chose. Un apport commun qui s’exprime instinctivement dans des règles établies.  Tellement semblables au travers le monde et les âges, qu’elles ne peuvent s’expliquer que par une source commune.

Le non-dialogue des dieux est un autre indice de la convergence religieuse.  Chaque système religieux est construit autour de lui-même.  Indépendant et sans tenir compte des autres.  Comme une séquence adaptée et locale issue d’un rejet du monothéisme.  Chaque système agit comme si l’autre n’existait pas…. Malgré ses grandes similitudes morales et mythologiques.

Comme si chaque région planétaire avait adapté à sa réalité, les acquis communs à tous.  Que ce soit par le récit ou la morale.

Si tous ces dieux étaient véritablement des dieux, ils seraient conscients de la présence des autres et coopéreraient entre eux.  Le diffuserait à tout le moins.  Ne sont-ils pas dieux après tout?  L’exigence qu’eux-mêmes établissent quant aux standards devrait s’appliquer à eux-mêmes.  Étrangement, chacun intègre son système avec lui-même sans tenir compte des autres.

La seule explication logique est que ces religions sont des systèmes projetés par l’homme.  Des systèmes issus d’une réalité connue comme véritable, mais évitée afin de l’adapter pour soi-même.  Comme si l’homme en fuite de Dieu d’un côté, ne pouvait se passer de dieux de l’autre. Pour pallier au malaise, il se crée des religions qui le relient.

Un virage vers « l’autothéisme ».

Les indices mythologiques et moraux, ajoutés aux indicateurs cosmiques que sont la nature et l’homme lui-même, sont probants.  Le comportement typiquement humain, au cours de l’histoire, et l’histoire des dieux subséquents exposent un fait : L’homme est passé d’un monothéisme vers un « autothéisme ». L’homme est devenu son propre Dieu.   Le polythéisme n’est qu’une résultante de ce fait.  En fuite de ses origines, il s’est fabriqué autant de dieux qu’il y a de peuples.  Incapable de vivre sans Dieu ni avec, et mal de se savoir sans normes, il tente d’imiter et d’édulcoré ce qu’il fuit. Loin d’une projection, il s’agit d’une fuite du réel, du Véritable.  Un pâle calque moral et mythologique, adapté aux régions locales, mais tirées d’une source commune et unique.

L’homme ne tolère pas la compétition et Dieu est LA compétition par excellence.  Oui, il y a un Dieu.  Un seul.  Malgré leur brièveté, les indices décrits ici sont éloquents.

Reste à savoir : Est-ce que le vrai Dieu veut bien se lever?

C’est ce que j’approfondirai dans un prochain article.

Les accomodements charitables

Nous sommes un château en ruines! On discerne la gloire et la dorure, mais de grands pans de murs, manquants et croulants, nous ramènent à la triste réalité. Nous bâtissons en hauteur, mais pas en largeur.

Évangéliques de toutes les confessions, nous sommes morcelés, divisés, éclatés.  Ici et là, nous entrevoyons des morceaux de croyances.  Des dénominations qui se  fissurent et ne font qu’affaiblir l’édifice dans sa structure.  Et je ne parle pas des indépendants, qui croient qu’un seul clou peut remplacer toute la maison!  Diviser pour mieux régner disait un certain Machiavel, inspiré par notre ennemi juré!  Le démolisseur par excellence. 

Lorsque je me suis converti, mon premier contact au mouvement évangélique l’a été via les pentecôtistes, puis j’ai appris qu’il y avait des baptistes « plus straight » comme le disait celle qui m’a amené au Seigneur.  Ma première impression fut de trouver enrichissante la diversité dans cette construction d’églises qu’est celle de Christ. Des charismatiques, des baptistes, des frères de divers acabits, luthériens, presbytériens, libres ou plus serrés, ils étaient des dizaines de dénominations telles des pierres de diverses essences ou origines.  « Il y en a pour tous les goûts, pour toutes les personnalités »  me dis-je.  Serait-ce cette sagesse infiniment variée de Christ telle que décrite dans la Bible?  J’ai choisi l’Église Baptiste, plus en accord avec mon tempérament et ma personnalité. C’est là que Dieu m’appelait, c’est là qu’il m’appelle toujours. 

J’ai rapidement déchanté.

Le dialogue était quasi inexistant entre les chrétiens évangéliques.  Malgré des différences, somme toute assez minimes sinon banales, chaque groupe se proclame comme LA porte. Et les choses n’ont guère changée.  J’étais probablement un jeune fou, idéaliste, issu d’une culture hippie d’amour superficiel à bon marché, illusionné par les paradis artificiels et la musique psychédélique.  Cependant, j’étais au fait des paroles de Jésus qui disait qu’un seul verre d’eau tendu au plus petit des siens ne perdrait pas sa récompense.  J’étais en face d’une vérité qui me faisait mal : le verre d’eau était bien souvent jeté à la figure par des accusations, par du mépris, par du dédain.  On s’ignore, on se fait de longs exposés qui se vautrent de versets bien assaisonnés d’amour artificiel.  Beaucoup de paroles.  Beaucoup! 

Un jour, j’ai demandé à un leader réputé d’alors, si « eux, les autres » étaient ou pas des frères.  Il ne put le nier : nous sommes frères! J’en conclus que nous sommes unis, sauvés, de la même famille, nous serons à la même table aux noces futures,  issues du même sang versé à la croix! 

Depuis trente ans, je regarde mon Québec, et « j’ai mal à mon église », comme le disait si bien un ami.

La semaine passée, lors de la conférence « Strange Fire », J. MacArthur a renchéri en disant que les charismatiques forment une fausse église.  Pas la peine de dire qu’il a allumé un feu…  Tout pour arranger les choses!  Frères ou pas frères?  Telle est la question!  Pour moi, la réponse est claire.  Lorsque j’entends de pareils propos, je me dis : « Pourquoi se mordre, s’entre-déchirer et s’exposer ainsi sur la place publique ».  Telle une rouille subtile, nous sommes en train de nous affaiblir, nous gruger de l’intérieur, nous autodétruire et au final, ternir la réputation de Christ.  Et tout ceci au profit du démolisseur.

Notre société est à une époque de cynisme extrême face à la religion, et s’exposer ainsi, c’est donner un élan et un prétexte pour un rejet global envers tout ce qui est chrétien. Il est temps de considérer nous aussi l’adoption d’accommodements raisonnables, charitables… ENTRE NOUS.

Je ne suis pas un œcuméniste, mais je crois en un seul corps, un seul baptême et un seul Esprit. J’espère un jour en un mouvement d’unité des évangéliques.  Je n’ai pas perdu mon idéalisme, ni le rêve de rassembler ceux qui croient au salut par la grâce seulement, ceux qui croient à l’inspiration de la bible.  Tel le crédo d’origine : Sola fidès, sola scriptura!   Ceux qui se distinguent à l’amour qu’ils ont les uns pour les autres!  Unis autour d’une mission claire et conquérante. Priant, partageant, mettant en commun, et ce, dans le respect des différences.  L’unité dans la diversité.

Je suis encouragé, il y a des efforts timides: la conférence SOLA, l’association chrétienne pour la francophonie, certains petits groupes de prières interdénominationnels.  Chacun se bute à l’érosion.  À force de ne pas se parler, on a l’impression de ne plus se comprendre.

Dieu a fait les choses simples, c’est nous qui les avons compliquées.

Tant que nous ne réaliserons pas que c’est ensemble que nous gagnerons cette guerre, chacun tentera de construire son propre clocher.  Mais si nous unissons toutes ces tours, nous obtiendrons une forteresse imprenable.  Tout est une question de volonté et d’humilité, et cela devra obligatoirement commencer par le leadership.  Prier ensemble serait un bon début!

Je sais, il y a des couleurs différentes, des doctrines différentes, des styles d’adoration différente, des formes différentes, des leaderships différents… bien des différences!  Et c’est bien.  C’est notre diversité, notre unicité.  Il y a un culte pour tous les goûts! Mais ce qui nous unit devrait être plus fort, plus puissant que ce qui nous distingue.  Le salut de 7 millions de personnes au Québec devrait nous pousser à regarder plus haut que nous-mêmes puisque c’est à l’unité que nous aurons les uns envers les autres que le monde saura que le Père nous envoie.

Quand tendrons-nous le verre d’eau?

Les actions de la grâce

Nietzsche, en disant que Dieu était mort, reprochait aux chrétiens de se vanter d’être sauvés et de ne pas en avoir l’air.  La gratitude, c’est le cœur de la joie et les chrétiens devraient être les gens les plus joyeux, les plus reconnaissants de la planète!  En cette journée de l’Action de grâce, voyons comment, en trois exercices simples, exprimer notre reconnaissance à Dieu et avoir l’attitude du sauvé, et pas seulement les paroles.

 Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; je le répète, réjouissez-vous. -Philippiens 4:4

 

Dès le matin
Des études ont révélé que la première pensée qui occupe notre cœur, au réveil, va donner le ton à toute la suite quotidienne.  L’expression « se lever du mauvais pied » prend alors tout son sens.  Commencer la journée en me morfondant dans la déprime, dans l’apitoiement et dans le rappel des moments difficiles équivaut à mettre un nuage au-dessus de ma tête dès le lever.  Difficile de voir le soleil par la suite!

Premier exercice d’Action de grâce : Au coup du réveil matin, me conditionner à dire : Merci Seigneur pour cette journée qui commence.  C’est la plus belle journée du reste de ma vie.  Après tout, si je suis encore en vie, c’est que j’ai encore quelque chose à faire ici-bas pour glorifier mon Dieu! Une question d’attitude.

 

Dans mes temps libres
Le renouvellement de l’intelligence (Romain 12.1) commence par les pensées.  Pour les renouveler, rien de telle que la Parole même de Dieu, cette parole qui divise âme et pensées (Hébreux 4.12).  Les promesses de Dieu à travers sa parole ont de quoi revigorer les plus moribonds.  Pour toutes situations, il y a un encouragement prêt à être cueilli pour notre édification. Une estime de soi défaillante, un besoin d’être compris, d’être aimé, d’être apprécié, d’être utile… La parole de Dieu a tout ce qu’il faut pour emplir notre cœur de reconnaissance et de joie.

Deuxième exercice d’Action de grâce : Prendre le temps, quotidiennement, de me plonger dans Sa parole et me laisser imbiber par ses promesses.  Renverser les forteresses et renouveler mon intelligence.  Sa parole est LA référence en ce domaine.  Il y a également sur les tablettes des libraires, d’excellents livres de compilation de Ses promesses.  Pour hommes, pour femmes, pour ados, pour couples, le choix ne manque pas. Découvrir qui je suis, maintenant, en Jésus-Christ. Puisque rien ne pourra me séparer de son amour (Romain 8.39)  effectivement, lorsque nous comptons les bienfaits de Dieu, nous devrions être les humains les plus joyeux de la planète!

 

Au cours du jour
Au fur et à mesure que la journée avance, dans le brouhaha quotidien, les incidents peuvent facilement me faire perdre le soleil de vue et ennuager ma perspective de la vie.  C’est dans ces moments que nous avons besoin de réagir rapidement.  On dit qu’il faut quatre fois plus d’effort pour rétablir une situation négative en positif si on ne réagit pas immédiatement à la source.  Avant que mon cerveau ait teinté mon cœur de rancune, d’amertume et de colère, je dois agir rapidement.  C’est dans ces moments que la parole apprise, celle qui a été incrustée par cœur, peut être utilisée comme une épée ou comme un bouclier pour repousser et pour arrêter les rabat-joie.

Troisième exercice d’Action de grâce :
M’imprégner de sa parole.  Graver par cœur certains passages qui pourront être utilisés au bon moment, quand le découragement et les événements risquent de me ravir mon entrain.  Apprendre par cœur dit bien de quoi il s’agit, puisque c’est du cœur que viennent les sources de la vie (Proverbe 4.23). Commencer par quelques versets forts de la Bible.  Puis, dans ma lecture quotidienne, noter ceux qui m’encouragent profondément.  Les répéter en moi-même.  Certaines méthodes, tel le système des Navigateurs, sont des outils efficaces pour nous aider à mémoriser la Parole de vie.

Personnellement, je profite souvent du moment du coucher, avant de glisser dans le sommeil pour me répéter ces versets.  Ils m’accompagnent alors que je m’endors… puis sont bien souvent encore présents à mon réveil alors que je me redis: Merci Seigneur!

Les pieux secrets

Doit-on tout dire à tout le monde sur tout ce que l’on sait à propos de tout?…  Certains croient qu’entre frères, la transparence la plus limpide est de mise.  Sinon il y a hypocrisie, camouflage et mensonge.  On ne doit pas confondre secret et mensonge, discrétion et dissimulation.

Des secrets?

Est-ce mal d’avoir des secrets?  Est-ce un péché que de garder des informations sur notre vie privée, des choses que l’on ne désire pas dévoiler?

Lorsque nous regardons dans la bible, plusieurs secrets sont gardés bien cadenassés.  Il y a d’abord David qui avait un conseil secret (2 Samuel 23:23).  Puis Jésus a eu ses secrets (Jean 16.12; Jean 7.10).  Notre prière devrait se faire dans un lieu secret (Mathieu 6.6).  Nos aumônes devraient rester secrètes (Mathieu 6.4).  Quand je jeûne, cela devrait se faire secrètement (Mathieu 6.18).  Certaines paroles que Jean a entendues sur l’île de Patmos sont restées secrètes (Apocalypse 10.4).  L’explication des paraboles a été tenue secrète par Jésus (Marc 4.24). Le sort de Jean a été gardé secret face à Pierre (Jean 21.22).  La bible regorge de mystères.  Même le plan ultime en Jésus-Christ fut tenu secret envers les prophètes et les anges (Colossiens 1.26).

La Bible dénonce ce qui se fait en secret (Éphésiens 5.12).  Non pas que nous devions exposer toute notre intimité au vu et au su de tous!  Elle invalide plutôt l’intention qu’une personne ait de faire le mal en cachant ses intentions et ses actions, même à Dieu, s’il était possible.

C’est vrai que dans un monde idyllique, où tous se comprennent et s’aiment d’un amour parfait,  là où nul ne se juge sans appuis sur la vérité et l’amour, et cela avec un cœur sincère d’encouragement…  Nous pourrions probablement nous exposer à nu, tel Adam devant Ève.  Mais nous sommes sur la planète terre!  Peut-être que ce rêve ait existé dans le Jardin avant la chute, mais aujourd’hui, nos propres jugements ne sont plus si propres!  Tachés par notre jalousie, notre quête de pouvoir et nos propres insécurités.  La seule personne devant qui nous pouvons réellement être nus, corps et âme, sans aucune crainte, c’est devant Dieu lui-même.

Question de perception

Le problème qui freine les secrets,  c’est l’imperfection de nos perceptions.  Jésus disait : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les supporter maintenant. » Jean 16:12. 

Ce ne sont pas toutes les oreilles qui sont au même niveau de compréhension, de maturité et de discernement pour bien comprendre ce que je dis.

Par exemple : une personne qui boit un verre de vin occasionnel pourrait se voir recevoir les foudres et le tonnerre d’un autre qui croit que la tolérance doit être à zéro en ce domaine.  « Cette foi que tu as, garde-la pour toi devant Dieu. Heureux celui qui ne se condamne pas lui-même dans ce qu’il approuve ! » Romains 14:22.  Il ne s’agit pas de mentir ou de cacher, mais de respecter l’autre.  L’amour va alors aller jusqu’à se priver de son droit pour ne pas faire tomber l’autre.

Un autre qui aura par exemple, un combat avec la pornographie, risquerait bien d’être un scandale pour plusieurs en révélant publiquement, un dimanche matin, devant toute l’assemblée, les détails de ses luttes.  Il y a un discernement mutuel qui est nécessaire.  Toutes choses ne sont pas nécessairement bonnes à dire même si elles sont vraies… Est-ce utile?  Est-ce édifiant? (1 Corinthiens 10.23).

La frontière du privé

Le droit à la vie privée n’est cependant pas un sauf conduit pour dissimuler le mal.  À l’exemple d’Ananias et Saphira (Actes 5), couple bien intentionné qui ont malgré tout menti.  Les conséquences de leur petit secret fut dramatiques.  Ils désiraient bien faire, mais l’on fait dans le mensonge.  De la même manière, notre jardin secret n’est pas un lieu où nous nous permettons de cultiver les mauvaises habitudes, les gestes disgracieux ou répréhensibles.  Il ne s’agit alors pas de discrétion, mais de dissimulation.  Le but de les retenir n’est pas de protéger l’autre, mais de se protéger soi-même.

« Examinez ce qui est agréable au Seigneur ; et ne prenez point part aux œuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt condamnez-les.  Car il est honteux de dire ce qu’ils font en secret »  Éphésiens 5.11-12

De l’autre côté

Si je suis scandalisé en apprenant le secret ou la dissimulation d’un autre, la Bible nous donne un modèle (Mathieu 18) simple pour que la paix soit au milieu de nous.  SI ton frère a péché, va et reprend-le toi seul.

La recommandation commence par un gros SI.  Est-ce vraiment un péché?  Est-ce le fruit de mes perceptions ou interprétations erronées qui me jouent des tours?  Je me suis peut-être trompé.  Le mieux est de rencontrer seul à seul la personne concernée.  Ne pas ébruiter la chose et faire preuve de tact est un signe d’amour et de désir d’unité profond qui reflète le caractère de Christ.

Mise en garde

Un piège fréquent est la gazette du secret.   En effet, révéler le secret de l’un à d’autres, conduit vers un problème aussi grand que la dissimulation : la calomnie, voire la médisance.

En discutant avec quelqu’un, j’expose des faits concernant une troisième personne (absente).  Celle-ci risque fort d’en parler à une autre.  Et le deuxième qui en parle à une quatrième, ajoute quelques détails anodins, puis saupoudre de suppositions.  Une cinquième oreille épice le tout et fait chauffer à feu doux!  Tous les éléments d’un conflit se trouvent alors réunis.  Jusqu’à ce que le vent retourne vers le principal concerné…   « L’homme pervers excite des querelles, et le rapporteur divise les amis. » Proverbes 16:28.

Si je révèle une information concernant une tierce personne, je dois m’assurer que la personne concernée soit d’accord que je partagerai l’information.  Puis, si c’est vraiment utile, transmettre que l’information pertinente pour la bonne compréhension.  Je dois également discerner si la personne à qui je parle a la maturité nécessaire pour négocier l’information que je lui donnerai.  À ceci s’ajoute la règle universelle : « Qu’il ne sorte de votre bouche aucune parole mauvaise, mais, s’il y a lieu, quelque bonne parole, qui serve à l’édification et communique une grâce à ceux qui l’entendent. » Éphésiens 4:29.  C’est-à-dire, de mon côté, vérifier que mes motifs sont purs.  Est-ce que les paroles qui sortiront de ma bouche sont bonnes?  Sont-elles édifiantes? (dans le but de construire les relations plutôt que de les détruire).  Est-ce que ces paroles serviront de cadeau, de grâce aux oreilles qui les entendront?

La ligne est bien mince entre informer et calomnier.  Presque toujours, la meilleure chose est de se taire… ou dire « s’il y a lieu, quelques bonnes paroles ».  Car le véritable piège, nous le dressons alors pour nous-mêmes.

L’influence des mots

Le silence comme la parole peuvent être mauvais!  Si mon silence est pour la dissimulation, il cache un orgueil et un refus de croissance.  Une complaisance dans mon égo.

De l’autre côté, la parole peut être pire que le silence.  Répandre le secret et même la faute d’un autre devient alors de la calomnie et de la médisance.  Et les médisants sont au même pied que les meurtriers dans SA parole (Romain 1.28).

Nos mots et nos silences sont très éloquents.  Il en tient à chacun de parler selon la vérité, avec amour, en vue de l’édification de tous.  La parole est d’argent, mais le silence est d’or… tout dépend de ce que l’on en fait.

Sincèrement perdu

Même avec le meilleur des GPS on peut se perdre!  Il s’agit que les cartes ne soient pas à jour, ou que l’on ne sache pas l’utiliser… même pire : le laisser à la maison!

En fait, la Bible foisonne d’exemple de gens sincères qui étaient sincèrement dans l’erreur.  En partant d’Ève qui était sincère dans son doute, puis Adam en laissant le volant.  Caïn se sentait d’une sincérité frappante lorsqu’il s’est mis en colère contre son frère.  Puis, Abraham, qui alla vers Agar le fit d’une sincérité partagée.  La femme de Lot, qui se retourna était sincère… Sans compter Saul, qui sacrifia sincèrement. Puis David, qui coucha très sincèrement avec Bath-Scheba.  Que dire de Pierre, qui dans toute sa sincérité renia Jésus, ou le jeune homme riche, qui refusa sincèrement de Le suivre… Même Judas fut sincère jusqu’à la corde!

Le problème avec la sincérité, c’est qu’elle est fondée sur les intentions.  Celles-ci ne comptent que sur nos perceptions et expériences personnelles pour tirer des conclusions qui nous feront faire un choix que nous qualifierons de sincère.  On dira alors que l’on a de bonnes intentions. Je me protège derrière des réactions légitimes, je dis un pieux mensonge, je dilue la réalité.  En fait, les  sentiers qui conduisent aux bonnes intentions viennent du désir de bien faire.  Ce désir est construit bien souvent autour des besoins illusoires de bien-être, de justice personnelle ou de recherche de valorisation.  Mais lorsque la convoitise, la tentation, le monde et le diable s’en mêlent, la route peut rapidement prendre une voie tortueuse.  Les panneaux de signalisation deviennent confus.  On avance, en étant certains et en désirant sincèrement faire bonne route, parce que notre cœur désire, mais l’arrivée risque fort de nous surprendre!

 « Celui qui a confiance dans son propre cœur est un insensé, mais celui qui marche dans la sagesse sera sauvé. » Proverbes 28:26

Comment être certain de faire bonne route?

Peut-on faire des choix de vie qui nous mèneront assurément à bon port?

Certainement!  Dieu ne nous laisse pas seuls sur la route de la vie.

 

La parole de Dieu

« Ta parole est une lampe à mes pieds, et une lumière sur mon sentier. », Psaumes 119:105  Première carte essentielle.  Elle permet de voir clair à propos de la volonté de Dieu pour nos vies.  La consulter, l’apprendre, la méditer est l’essence pour se diriger.  C’est la base pour connaître la topographie de la vie ici-bas ET de celle qui suit.

La prière

 « Il conduit les humbles dans la justice, Il enseigne aux humbles sa voie » Psaumes 25:9.  L’humilité de se présenter devant Dieu et lui demander de sonder notre cœur est l’équivalent d’une boussole spirituelle.  Avec un cœur honnête, lui demander de nous indiquer si nous nous sommes engagés dans une mauvaise voie et nous diriger sur le chemin de l’éternité.  Prier, c’est simplement parler avec celui qui connait mieux que nous même l’issue des sorties et des entrées que nous prenons.

L’église

« Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité…» Jean 16:13

Trop souvent le négligé du voyage. Voyager sans l’église c’est voyager sans souliers, sans véhicule… juste nous-mêmes.   Bien souvent, le Seigneur parle au travers ses enfants : l’église.  Prier mutuellement, demander conseil aux frères, s’exhorter, s’encourager les uns les autres.  Parce que le voyage est tellement plus agréable ensemble!  Comme on dit : le bonheur n’est pas une destination, mais une façon de voyager.  L’église, c’est voyager avec le moyen que Dieu a pourvu.  Et parce que je ne peux pas vraiment compter que sur moi-même, pourquoi ne pas embarquer dans le corps  que Dieu nous donne sur terre : son église?

Et au bout du chemin, nous irons tous à sa rencontre pour l’éternité.  Quel trajet fantastique!