2. Tous pour un ou un pour tous?
29 octobre 2013  //  By:   //  Théologie  //  No Comment   //   964 Views

Lorsque nous regardons le panthéon des dieux contemporains, l’impression d’un polythéisme effréné nous saisit.  Bouddha, Mahomet, Vishnou, Jésus, Moïse, sans parler des nombreuses variantes du nouvel âge, les Mormons, les groupes sélectes et j’en passe! Est-ce que toutes ces religions se valent?  Y a-t-il réellement un ou des dieux qui dominent cet Olympe?

Après avoir vu dans notre dernier article que la divinité n’est pas une excroissance sortie de l’imagination humaine, nous verrons ici qu’en fait, bien qu’il y ait une multitude de divinités, force sera d’admettre qu’elles se résument toutes à une seul.  Comme une main qui pointe clairement vers un monothéisme universel.

La thèse de l’unicité progressive, ou l’homme aurait institué un polythéisme éclaté puis, se serait dirigé vers un monothéisme projeté ne tiens pas la route.  Tout converge pour dire que les religions ont démarré avec un monothéisme imposé à l’homme et se sont dirigées vers le polythéisme. Croire en plusieurs dieux est plus conséquent avec le malaise et la nature humaine.  Moins menaçant, plus fragmentaire, plus facile à gérer et plus facile à s’identifier.  Plusieurs arguments amènent vers cette conclusion.  Voici en bref quelques indices évidents :

La convergence.

Les récits de création et de catastrophe apocalyptiques se rejoignent sur de nombreux points troublants.  Peu importe la religion ou la région du globe.  Déluge, naissance de l’univers, source du mal, création de l’humanité, fin du monde… pratiquement toutes les croyances partagent de nombreux éléments communs. Juifs, chrétiens et musulman ont effectivement une source unique, mais les religions orientales, les cultes amérindiens, l’hindouisme… et même les croyances tribales exotiques ont une explication cosmique et une mythologie très similaire non seulement entre elles, mais également avec les religions plus « officielles ».

Oui, il y a des nuances. Le récit du déluge biblique, par exemple, est différent de celui des hindous ou des Incas, mais les acteurs principaux sont tous là, les faits sont relatés et souvent dans des termes presque identiques.  C’est impossible qu’il n’y pas une source commune sur autant de récits.  N’oublions pas que les communications il y a cinq mille ans n’étaient pas ce qu’elles sont aujourd’hui.  La seule explication logique est que toutes ces histoires similaires tirent obligatoirement leur origine d’une source commune, adaptée par le temps et la tradition orale.

L’horlogerie cosmique, comme l’appelait Descartes, est encore un indice d’une source divine commune.  Il y a une véritable convergence lorsque l’on considère la nature.  Ses règles universelles, sa cohérence et son désordre ordonné ne peuvent que nous amener à nous poser de sérieuses questions, à l’instar de bien des scientifiques.  De l’infiniment grand à l’infiniment petit, de l’espace intersidéral aux particules élémentaires subatomiques, il y a une signature si cohérente qui gouverne l’univers que l’ignorer est littéralement anti-scientifique!

Les règles morales universelles pointent vers une origine commune. Le simple fait d’établir des règles, des normes, un ordre social tel que: interdire de tuer, de voler, de mentir est unique dans la nature.  L’acte de traduire en justice un fautif est exclusif a l’humain.   La notion de famille, même élargie, sans discuter de la notion de mariage et des rituels funéraires ont une étonnante homogénéité chez l’être humain.  Et ce, partout sur la planète, et à toutes les époques.  Elles expriment la complexité et l’universalité d’un tout, qui laissent paraître une origine commune imposée.

Imposée? Oui.  Car l’humain, historiquement, a la tendance d’agir au contraire des règles.  Il s’interdit de tuer, car il a la fâcheuse habitude de tuer son prochain.  Ce qui, étonnamment, est contre les règles élémentaires de survie et de protection de la race.  Cette confluence révèle avec évidence que les règles morales ne sont pas établies pour incruster une réalité ou exprimer un idéal de la nature humaine, mais pour la contraindre à une norme supérieure.  Un code fixé et universel, préprogrammé même dans les détails.

L’homogénéité des règles morales chez l’homme transcende le genre humain.  Nous ne parlons plus de surmoi ici, mais bien d’autre chose. Un apport commun qui s’exprime instinctivement dans des règles établies.  Tellement semblables au travers le monde et les âges, qu’elles ne peuvent s’expliquer que par une source commune.

Le non-dialogue des dieux est un autre indice de la convergence religieuse.  Chaque système religieux est construit autour de lui-même.  Indépendant et sans tenir compte des autres.  Comme une séquence adaptée et locale issue d’un rejet du monothéisme.  Chaque système agit comme si l’autre n’existait pas…. Malgré ses grandes similitudes morales et mythologiques.

Comme si chaque région planétaire avait adapté à sa réalité, les acquis communs à tous.  Que ce soit par le récit ou la morale.

Si tous ces dieux étaient véritablement des dieux, ils seraient conscients de la présence des autres et coopéreraient entre eux.  Le diffuserait à tout le moins.  Ne sont-ils pas dieux après tout?  L’exigence qu’eux-mêmes établissent quant aux standards devrait s’appliquer à eux-mêmes.  Étrangement, chacun intègre son système avec lui-même sans tenir compte des autres.

La seule explication logique est que ces religions sont des systèmes projetés par l’homme.  Des systèmes issus d’une réalité connue comme véritable, mais évitée afin de l’adapter pour soi-même.  Comme si l’homme en fuite de Dieu d’un côté, ne pouvait se passer de dieux de l’autre. Pour pallier au malaise, il se crée des religions qui le relient.

Un virage vers « l’autothéisme ».

Les indices mythologiques et moraux, ajoutés aux indicateurs cosmiques que sont la nature et l’homme lui-même, sont probants.  Le comportement typiquement humain, au cours de l’histoire, et l’histoire des dieux subséquents exposent un fait : L’homme est passé d’un monothéisme vers un « autothéisme ». L’homme est devenu son propre Dieu.   Le polythéisme n’est qu’une résultante de ce fait.  En fuite de ses origines, il s’est fabriqué autant de dieux qu’il y a de peuples.  Incapable de vivre sans Dieu ni avec, et mal de se savoir sans normes, il tente d’imiter et d’édulcoré ce qu’il fuit. Loin d’une projection, il s’agit d’une fuite du réel, du Véritable.  Un pâle calque moral et mythologique, adapté aux régions locales, mais tirées d’une source commune et unique.

L’homme ne tolère pas la compétition et Dieu est LA compétition par excellence.  Oui, il y a un Dieu.  Un seul.  Malgré leur brièveté, les indices décrits ici sont éloquents.

Reste à savoir : Est-ce que le vrai Dieu veut bien se lever?

C’est ce que j’approfondirai dans un prochain article.

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Pasteur Blogueur, c'est Michel Vincent, pasteur à Mascouche, près de Montréal, "Des questions et une réponse. Je suis convaincu que la vérité est une personne!"

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