Novembre: Le mois des morts
5 novembre 2013  //  By:   //  Réflexions, Style de vie  //  2 Comments   //   1587 Views

Le mois de novembre a de toujours été associé à la mort.  Il s’ouvre avec l’Halloween, débute avec la Toussaint, est farci de légendes et de résidus de cultes en faveur des morts et même le jour du Souvenir y est inclus!

De toutes les époques, la mort a été un moment central de remise en question sur le sens de la vie.  On se questionne sur ce qui se passe après, sur la justice, sur notre propre brièveté puis soudain, un sentiment nous envahit.  Une impuissance, mêlée de peur.  Une crainte viscérale.  Pas de deuil possible pour la mort elle-même.  Elle est universelle, nous y passerons tous un jour.

Devant elle, même les chrétiens garnis de tous les espoirs l’abordent avec appréhension. Elle angoisse malgré le fait que nous sommes nés programmés pour lui résister.  Et ce n’est pas seulement un simple instinct de survie, c’est la pensée de l’éternité décrite dans l’Ecclésiaste (3.15).  C’est irrationnel!  Nous savons que nous irons avec Dieu, et même dans la plus grande assurance, la mort demeure une menace.  C’est l’ennemi ultime, le dernier à plier l’échine, l’aiguillon qui nous laboure l’imaginaire, comme le disait Paul :

O mort, où est ta victoire ? O mort, où est ton aiguillon ? -1 Corinthiens 15.55.

En général, devant elle, nous avons trois options : l’ignorer, l’apprivoiser ou encore l’affronter.

L’ignorer.

Ignorer la mort équivaut à ignorer un éléphant dans une salle de bain placardée de miroirs!   La peur nous fait souvent tourner le regard.  Mais, peu importe où il se pose, je ne peux l’éviter.  Si je ferme les yeux, c’est alors toute ma vie qui en est affectée. La mort fait désormais partie de la vie!  Même Jésus dut la subir!  Ne reste plus que le fameux « mangeons et buvons, car demain nous mourrons ».

Pascal disait : « La seule chose qui nous console de nos misères est le divertissement, et cependant c’est la plus grande de nos misères. Car c’est cela qui nous empêche principalement de penser à nous… Le divertissement nous amuse et nous fait arriver insensiblement à la mort » (Pensées).

Notre société fuit la mort pour mieux jouir de la vie.  Un engourdissement, un étourdissement afin de ne pas voir et tenter d’éviter l’inévitable.  Même le mort est embaumé, ciré comme s’il ne faisait que dormir. On en a fait une industrie. On se réconforte alors en se disant qu’il est mieux maintenant, ou encore qu’il reviendra bien un jour… autant de théories que chacun sait ne tenir qu’a un fil.

Ignorer la mort est un acte suicidaire. C’est le suicide de la raison.  Occulter la réalité afin de tenter le confort et le bien-être. C’est un bien malheureux manque de jugement.

L’apprivoiser.

Peut-on négocier avec la mort?  La mort n’est pas un animal de compagnie!  Peu importe qui je suis et où je me trouve, elle m’attend implacablement et, à moins que Jésus ne revienne, la tendance est que tous devraient inévitablement y passer.  On ne peut la mettre en laisse…

On a humanisé la mort, lui a donné un squelette comme corps, habillé d’une cape noir, parodiant le cavalier de l’apocalypse. La faux à la main, prête à trancher tout ce qui dépasse le temps! Mais en fait, elle n’a aucune personnalité.  La mort n’est simplement que le constat d’un fait : les conséquences du péché qui dégénèrent notre corps jusqu’à ce que cessent ses fonctions vitales.  Les circonstances qui l’entourent peuvent nous effrayer.  Souffrance, agonie, tourment, personne ne veut souffrir.  Mourir n’a rien de sympathique.   Loin de s’en faire une amie, tout ce que l’on peut faire, c’est de comprendre sa source et en tirer des leçons.

Tenter de l’apprivoiser est l’équivalent anthropomorphique d’un Dieu barbu perché sur un trône dans les nuages.  Presque sympathique, mais complètement chimérique. Un rêve éveillé dont le réveil sera plus que brutal.

L’affronter

C’est probablement la meilleure chose à faire devant elle.  Non pas comme un héros qui sort l’épée tentant de l’éliminer.  Cela, Jésus l’a déjà fait!  Mais comme une occasion.

La mort est l’occasion de juger et d’apprécier de la vie à sa réelle valeur.  Fragile, éphémère, unique et précieuse.  La seule fenêtre dont dispose l’homme pour se réconcilier avec son créateur, puis le glorifier parmi ses semblables. Savoir mourir c’est savoir que la vie est précieuse et unique pour y inclure ce pourquoi j’existe.  Notre angoisse devant la mort devient une balance pour faire le tri entre l’utile et le superflu, les désirs et les besoins.  La mort est un stimulant incroyable d’accomplir l’impossible malgré le « deadline » inévitable.

La mort rend heureux!  Elle nous permet d’apprécier chaque seconde, chaque individu, chaque objet, chaque opportunité comme le potentiel dernier avant de rejoindre Dieu.  Elle nous arrête que pour mieux avancer comme le disait le philosophe Henry David Thoreau :

« Je veux vivre intensément et sucer la moelle de la vie.  Et ne pas, quand je viendrai à mourir, découvrir que je n’aurai pas vécu. »

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Pasteur Blogueur, c'est Michel Vincent, pasteur à Mascouche, près de Montréal, "Des questions et une réponse. Je suis convaincu que la vérité est une personne!"

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2 Comments to “Novembre: Le mois des morts”
  • chantal boucher
    12 novembre 2013 -

    Super intéressant et bien écrit. Toutefois, j’ai toujours ce petit point d’interrogation lorsque tu écris: « La mort n’est simplement que le constat d’un fait : les conséquences du péché qui dégénèrent notre corps jusqu’à ce que cessent ses fonctions vitales. Les circonstances qui l’entourent peuvent nous effrayer. Souffrance, agonie, tourment, personne ne veut souffrir. Mourir n’a rien de sympathique. Loin de s’en faire une amie, tout ce que l’on peut faire, c’est de comprendre sa source et en tirer des leçons. » Qu’est-ce que tu réponds à un enfant d’une dizaine d’année qui est à l’agonie… Que c’est le fruit de ses péchés? Je sais que c’est le fruit du péché de l’humain de façon générale, mais si on veut le personnaliser, tu réponds quoi? Merci
    PS C’est trop pâle l’écriture du mémo, j’ai peine à me relire.

    • pasteurblogueur
      13 novembre 2013 -

      Un enfant de dix ans ne peut concevoir plusieurs concepts abstraits, car son développement cognitif n’est pas complété. Des notions comme la mort, l’éternité et le péché sont floues pour un individu de cet âge.
      À mon avis, il s’agit de lui dire que son corps est comme un véhicule fragile. Comme une automobile vulnérable aux accidents, la rouille, l’usure du temps et qui finira un jour par littéralement « rendre l’âme ». Mais celui qui conduit le véhicule, lui-même, est en partie responsable de son entretien, bien qu’il ne puisse contrôler tous les autres conducteurs et nid-de-poules qu’il rencontrera!
      En amenant l’idée de conducteur-véhicule, on peut alors amener l’enfant à prendre conscience de sa responsabilité et sa conscience intérieure, puis l’introduire à la notion d’âme…
      Et pourquoi pas, ensuite, lui suggérer de laisser le volant à Jésus-Christ pour voir ou Lui le conduira?