Un Noël Joyeux!

Chaque année, c’est la même chose.  Sitôt l’Halloween terminée, le lendemain même, les décorations de Noël s’installent sur les tablettes des magasins.  Lumières, boules éclatantes, sapins et toute sorte d’extravagances.  Puis, le temps des fêtes nous rappelle que l’affection s’emballe, se décore et se coiffe d’un gros chou.  On le place sous le sapin puis le jeu est ouvert.  Dissimulé. Sous le papier multicolore, on espère la joie et l’appréciation.  Par souci de culpabilité, on remet la faute au gros bonhomme rouge.

Pendant presque deux mois, chaque fois que nous nous risquons dans un commerce, c’est l’appel de l’amour.  Avec la complicité de la publicité omniprésente, elle s’offre à nos yeux, cherche notre culpabilité et veut surtout se frayer un chemin vers notre portefeuille.  Rien à l’intérieur? Peu importe, des préposés bien postés dans les grands magasins nous offrent une solution facile, à crédit.  Chaque foyer québécois dépensera cette année près de 700$ dans l’espoir de combler bien des boites vides d’amour.  La moitié à crédit.

Le père Noël, tel que nous le connaissons, est en fait une simple projection de ce temps de consommation qui nous égare si loin de la source même de la fête.  Rouge de fausse joie, avec un rire forcé, obèse et ne faisant que passer.  Une malheureuse usurpation, un déguisement qui s’additionne à ceux de l’Halloween.  Cette année, les crèches sont en pénurie.  Non pas en rupture de stock, mais sur commande seulement.  Plus personne ne s’en procure.  Pour dire à quel point nous sommes perdus.

J’oubliais l’esprit festif. Les « partys » de bureau où chacun se doit d’être à son meilleur :  Robes à paillettes, escarpins escarpés, et la nouvelle mode, le nœud papillon porté à-la-barbillon .  Au menu : nourriture à faire pâlir le tiers monde et excès d’alcool qui a fait de l’organisme nez-rouge un succès national.

On nous chante que Noël c’est la famille avant tout.  Du moins à la télé, dans les innombrables films-familles aux scénarios clonés.  Avec les foyers éclatés, le temps des fêtes est plutôt un exercice complexe d’ajustement d’agendas entre trois, quatre et jusqu’à six familles différentes, additionné à la tentative de faire plaisir à tous.  Nombreux sont ceux qui appréhendent cette période de l’année.  Une nausée les envahit dès novembre et soulagée janvier venu.

Je déteste CE Noël.

En fait, Noël est ce que nous en ferons.  Personne ne nous oblige à suivre le courant populaire.

Retour aux sources

J’aime le Noël rempli de mystère, où les couleurs, les sapins et les guirlandes me rappellent que ce moment de l’année est unique.  La crèche les lumières scintillantes me signalent qu’il y a 2000 ans, Jésus est né.  C’est son anniversaire, le moment unique dans l’histoire ou Dieu se fit homme. Une période feutrée qui inspire le respect.  La neige aidant, le blanc omniprésent, les pas qui craquent dehors, tout cela m’amènent à l’intérieur de moi-même : Dieu m’aime tellement qu’il s’est fait homme pour me sauver. Il y a de quoi méditer!

Retour à la simplicité

J’aime le Noël sans le brouhaha et la cohue des magasins, cette aliénation incompréhensible qui emplit l’atmosphère du temps des fêtes.  C’est bien de suivre la tradition et s’échanger des cadeaux, mais c’est mieux si on lui donne un sens! Je m’oblige à demeurer sobre, je n’achète pas l’affection et ne tente pas de soutirer des émerveillements devant ce que j’offrirai.  Fini les innombrables présents, plutôt une parcimonie qui oriente.   Je n’achète pas l’amour, je la donne, je l’emballe et je constate qu’en effet, il y a plus de plaisir à donner qu’à recevoir.  Chez nous, à Noël, nous faisons un gâteau pour souligner l’événement, nous chantons même « Joyeux anniversaire » pour Jésus.  Puis nous discutons sur ce que nous donnerons à Jésus cette année.  Transformer la consommation en sanctification.  Après tout, c’est sa fête, ne pas lui donner la première place ou pire, ne pas l’inviter est une insulte aux bonnes manières!

Retour à la joie

J’aime le Noël sans tristesse et sans déception.  Sans complication, ni gueule de bois.  Un Noël de trêve devant tout ce qui fait la guerre à l’âme, un drapeau blanc en main, une reddition au rythme actuel.  Noël a perdu son ange au sommet du sapin. Les cadeaux ont envahi la crèche, puis l’ont fait disparaître.  Derrière une consommation compulsive  et des excès irrationnels se cache pourtant un vide profond.  Chacun fuit ce qui pourrait le combler, alors qu’en réalité, la véritable fête est celle de l’humanité qui s’évite une condamnation assurée grâce à l’immense amour d’un Dieu qui s’est fait homme. Lorsque l’on dirige nos regards vers le Seigneur, tout reprend son véritable sens, et pour Noël, rien n’empêche de remettre la joie au menu.

Pour Noël, je reçois en cadeau tout l’amour de Dieu, et en retour, je lui dis :

Bonne fête Seigneur, reçois mon cœur, il est à toi.

Les vrais héros

Tellement à la page et combien convoité, le leadership est devenu le nouvel Eldorado du développement personnel.  Des centaines de livres , des sites internet, des vidéos et des conférences s’y consacrent,  c’est « La total »!  Réaction probable au marasme politique, où le piètre exemple que nous donnent nos élus ne font que stimuler le rêve de héros.

Nous voudrions un héros qui nous inspire, qui nous entraîne à nous dépasser.  Qui nous amène là où nous savons devoir être, quelquefois même malgré nous. Quelqu’un qui nous fait rêver de perfection, d’accomplissement et de satisfaction.  Un surhomme qui exulte l’idéal et fait pâlir la gloire des héros passés.  Et l’église ne fait pas exception à la vague.

L’antiquité était pleine de ces demi-dieux : Hercule, Thésée, Persée ont ébloui les anciens récits avec leurs exploits.  De nos jours, nous avons les Avengers, Spiderman et Batman.  Ils combattent tous le mal tout en nous divertissant… Puis on revient du cinéma, avec un vide désagréable qui ne fait qu’assouvir notre faim du héros idéal.

Chez les évangéliques, nous avons aussi nos géants.  Je lisais cet été une série de biographies  et j’étais surpris de voir Charles Spurgeon et Billy Graham sans ride ni défaut. Que des hauts faits sans taches qui ne font que nous reléguer au rang de spectateur.  En les lisant, je me suis dit : « Je ne serai jamais à la hauteur de toute façon ».  La tendance au rêve a pris le dessus.  On a idéalisé le simple homme en l’élevant au rang de dieu.  C’est un piège qui m’oblige une pause.  Sommes-nous si en  attente du héros que nous le sculptons à même nos espoirs? Peu importe l’homme de Dieu, il est avant tout un homme.  L’idéaliser risque seulement de l’abaisser à l’idole.  Je suis certains que ces hommes auraient un certain malaise à se lire d’aussi haut.

« Elie était un homme de la même nature que nous : il pria avec instance pour qu’il ne pleuve point, et il ne tomba point de pluie sur la terre pendant trois ans et six mois. » Jacques 5:17

Un gouffre se creuse de plus en plus entre le modèle espéré et le monde réel : l’idéal chimérique et celui que nous apporte la Bible.  On demande à nos leaders d’être ces héros mythiques qui n’ont rien à voir avec le concret et le réel.

Le pasteur moderne se doit de nos jours d’être un homme instruit, sympathique, charismatique, éloquent, compétent, brillant, confiant et surtout… pas trop dérangeant! Tout le contraire de l’exemple du héros par excellence : Jésus-Christ.

« Car je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait. » Jean 13:15.

Viser petit

Le héros-leader à la sauce du Seigneur est un laveur de pied, un humble serviteur, un amoureux de Christ et de Ses brebis, un homme banal qui n’attire pas le regard, qui ne cherche pas à se faire valoir.  Loin du proactif moderne, il se fait une joie de laisser Dieu faire le travail, car il sait qu’alors seul LUI sera glorifié.  Déconnecté des projecteurs, le leader « à-la-Jésus » cherche la dernière place, écoute avant de parler, parle peu, et même pas du tout. Il a compris, en suivant son modèle, que c’est quand il est petit, faible, pauvre et misérable qui est utilisable pour la mission dont il est appelée. Nous sommes loin d’Ironman!

Pour un pain de vie

Viser petit ne signifie pourtant pas qu’il soit né pour un petit pain.  Le véritable héros chrétien n’est pas un laissé-pour-contre.  Il sait s’affirmer.  Il dénonce et prend la part du faible, il est le porte-parole de ceux qui sont contrits et malheureux.  À l’image de son maître, Jésus, il a le courage de chasser les vendeurs, de réfuter les contradicteurs,  de prendre fermement position pour la vérité parce que son amour pour Dieu le consume.  Contrairement aux Avengers, il ne règle pas ses comptes à grands coups de marteau magique ou en devenant vert de rage… mais avec la douceur de l’amour qui est répandu dans son cœur.  Il ne fait pas dans la politique, dans le BCBG ou la rectitude.  Une seule tunique, pas de cravates extravagantes et surtout, une crainte de Dieu débordant celles des hommes.

Un cœur, non une armure.

Bien souvent, tout comme Israël qui voulait un roi, nous aspirons à ce héros qui nous conduira.  Nous voulons faire comme les autres peuples qui nous entourent. Nous incorporons les modèles inspirés de la société et cherchons ce héros, quitte à diluer et colorer nos propres géants, afin de les teindre pour qu’ils s’harmonisent au courant actuel.

Nous cherchons une armure flamboyante qui en jettera, mais Dieu lui, regarde au cœur.

Nous sommes tous des héros potentiels que le Seigneur veut utiliser. Il nous a équipé entièrement pour cela… avec son Esprit qui agit puissamment en nous.

Mais un homme fidèle, qui le trouvera? C’est peut-être toi?

Revue de livre: Disciple

Qu’est-ce qui fait d’un croyant un disciple? Quels sont les éléments organiques favorables à la croissance dans ce terreau où est plantée la semence de l’évangile?  Comment favoriser la  production d’une récolte généreuse de fruits dignes de la repentance?

Ces questions sont primordiales pour que le christianisme d’une personne ne se transforme pas en une fleur de plastique ou un fruit de cire : semblable au vrai, mais totalement faux!

Le livre « Disciple » de Bill Clem vient nous expliquer dans un langage clair et imagé, quelles sont les bases nécessaires à une terre fertile qui produira chez celui qui donne sa vie au Seigneur, un disciple véritable, à l’image de son maître et dont le fruit sera reconnu comme glorifiant Dieu.

Tout le long du parcours que nous propose l’auteur, nous sommes confrontés à la personne de Dieu. Être chrétien, c’est une affaire de relation.  Telle est la pierre angulaire de ce livre.  De cette relation, le croyant découvrira tout l’amour de Dieu à son égard, tous les impacts de sa nouvelle nature et l’ampleur de cette main tendue vers l’humanité.

Au travers une douzaine de chapitres, nous sommes entraînés à nous examiner en fonction de nos acquis.  En commençant par la personne de Dieu, ses attributs et son histoire, nous sommes confrontés en face du seul vrai Dieu et du sens profond de la vie.  L’œuvre de Christ y est d’abord marquée profondément.  Puis  les thèmes de l’identité, de l’adoration, de la communauté et de la mission y sont systématiquement analysés à la lumière de la vérité.  Chaque chapitre est conclu par un guide de réflexion qui amène le lecteur à s’examiner en face des écritures.

Au fur et à mesure de la lecture, Bill Clem nous partage généreusement son expérience et ses illustrations pertinentes qui sont des atouts majeurs pour une compréhension intime et personnelle de principes qui pourraient facilement devenir arides et indigestes.   L’auteur sait apporter l’essence du disciple d’une façon simple, claire et directe tout en gardant une profondeur  qui dénote une grande expérience de la formation de disciple.

Personnellement, j’ai fortement apprécié les chapitres 5 et 6 qui traitent de l’adoration et de ses distorsions.  La confrontation de notre orgueil et de ses innombrables facettes ne peuvent que nous amener à genoux et reconnaître combien Dieu est bon et sa miséricorde infinie!

« L’idée selon laquelle Dieu nous est redevable pour son comportement, qu’il nous doit des explications pour la façon dont il agit, fausse notre véritable position par rapport à Dieu. Au mieux, nous faisons de lui notre égal et il se doit donc de nous fournir une explication raisonnable. » -p 119

Ce livre est un excellent ouvrage pour tous nouveaux croyants en recherche du véritable sens de la vie chrétienne.  Avec ses guides de réflexions très bien élaborés, il assoit fermement les fondements de la nouvelle vie en Christ et met clairement en perspectives tous les enjeux nécessaires à une vie chrétienne qui portera beaucoup de fruits.  Pour les disciples accomplis, il servira de guide utile pour le mentorat, ou même d’examen personnel afin d’évaluer l’état actuel de son cœur.

Disciple, par Bill Clem, 258 pages,  sera disponible aux éditions cruciformes bientôt.