10 000 visites en 2014

La meilleure façon de récolter, c’est de semer!

Il y a trente ans, j’ai fait une rencontre qui a bouleversé ma vie : Jésus! Je le poursuivais sans savoir qu’il me laissait lui-même des indices, comme les cailloux semés afin de ne pas s’égarer, un fil d’Ariane bien tendu qui m’a conduit a Lui. Dès ce moment j’ai su que ma raison d’être était de plus en plus et de mieux en mieux le connaître afin de le faire connaître. J’ai plongé dans l’évangélisation, dans la prière, dans l’église.

Dès mon enfance, j’aimais lire, je dévorais tout ce qui était relié. J’en lisais même le dictionnaire et les encyclopédies par plaisir. Lorsque mon père m’enrôla dans une équipe de hockey, je trouvai le judicieux moyen de passer le temps perdu sur le banc en apportant dans mon sac d’équipement… des Tintin. Le premier livre que j’ai lu dès la première année du primaire fut une Bible prise sur le volet dans les rayons de la bibliothèque de l’école. Lire c’est découvrir une liberté de penser et une oasis de réflexion dans un univers intérieur connecté à son auteur.

Lorsque j’ai démarré ce blogue, je revenais à mes premières amours : Dieu et les lettres. J’avais à cœur de partager mon intérêt pour l’écrit et transmettre ma passion pour Jésus. Partager un point de vue chrétien sur les questions de la vie. Questions pratiques et philosophiques, le sens de l’être et le comment vivre aujourd’hui la vie chrétienne. Aucune attente, juste la gloire de Dieu et, s’il le jugeait bon, inviter les yeux à plonger dans ces articles.

Je caresse également un rêve avoué : voir un profond réveil éclater ici, dans ma terre natale du Québec. Je désire contribuer et voir ce lumignon que nous sommes, à peine 35 000 chrétiens québécois, s’embraser et allumer la passion pour le Seigneur, ici tout d’abord, puis s’étendre au travers toute la francophonie. J’ai engagé notre église, à Laval-Est, depuis le début de mon ministère il y a une douzaine d’années, à prier pour l’unité et le réveil.

Je ne peux que louer le Seigneur et admettre que seul Lui fait ce que Lui semble bon. 10 000 visiteurs ont passé par Pasteur Blogueur cette année, c’est beaucoup, et c’est peu à la fois.  Ce qui est important, c’est que Dieu a jugé bon d’utiliser ce moyen pour édifier, informer et, je le souhaite, embraser quelques cœurs. Ad Majorum Gloriam Dei était la marque distinctive de Jean-Sébastien Bach. Tout pour sa gloire ultime. Car, au final, c’est tout ce qui compte : La Gloire de Dieu.

L’année qui vient est déjà bien remplie de projets excitants, des projets qui mijotent dans le cœur de l’homme, autant de cailloux semés, mais sans le Seigneur, ils seront caducs, et ne porteront aucun fruit (Prov 19:21).

Pasteur Blogueur n’est qu’un caillou dans le dédale de la forêt, un simple brin du fil d’Ariane, un petit panneau qui point vers Sa Parole. Car, au final, c’est elle qui est vivante, qui transforme et qui glorifie le nom du Seigneur! Que l’année qui vient nous emplisse de la gloire de Dieu. Qu’il fasse briller sa lumière sur notre pays!

Ad Majorum Gloriam Dei

Les trois lettres de la confiance

« Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s’élève contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée captive à l’obéissance de Christ. » —2 Corinthiens 10.5

Je me souviens d’un samedi après-midi alors que mon garçon était âgé de cinq ans. Il avait grimpé dans un arbre du jardin et se retrouva prisonnier à 3 mètres du sol… il était en bien fâcheuse posture. Arrivé sur les lieux, je voyais bien que la hauteur lui semblait un précipice insurmontable. De ma hauteur, je lui dis simplement « Saute dans mes bras, je vais t’attraper ». Je lu dans ses yeux l’hésitation. « Et s’il m’échappe, si je tombe et que je souffre »… la confiance a finalement eu raison de la peur. Il a sauté, je l’ai attrapé, et nous nous sommes fait un câlin dont je me souviens encore.

Il a démontré ce jour-là qu’il me faisait confiance. Même si ma suggestion de sauter lui semblait extrêmement risquée, il a malgré tout obéi. C’est ici les trois lettres de la confiance : O-B-I. La confiance, pour qu’elle soit véritable et transcende les mots se doit de se transformer en obéissance. Sans obéissance, on peut dire qu’il n’y a pas de confiance tangible. En effet, c’est facile de dire que l’on a confiance en Dieu, tant que nous n’avons pas mis à l’épreuve ces belles résolutions et ces belles paroles, si souvent priées et chantées.

À partir de ces trois lettres, voyons comment transformer notre confiance en obéissance.

 

Sans obéissance, on peut dire qu’il n’y a pas de confiance tangible.

 

O comme Observer

Nous avons tous notre lot d’expérience qui décide la plupart du temps de la façon dont nous interpréterons les événements qui nous entourent. Ces raisonnements sont la plupart du temps des forteresses qui nous empêchent de nous lancer dans les bras du Père.

Pour obéir à Dieu, nous devons souvent oublier ce que nous savions de Lui, et le redécouvrir. Refaire notre lecture de ce qu’il est. La chair et le péché font de nous de bien mauvais analystes célestes. En effet, dans le jardin, la première conséquence de la chute fut une perte de conscience de la grandeur de Dieu (je me suis caché); puis de ma propre condition (car je suis nu). (Gen 3:10)

Dieu est celui qui est digne de confiance, celui dont rien n’est laissé au hasard, celui qui nous aime et nous affectionne plus que tout… nous pouvons lui faire confiance.

La première étape de transformation pour avoir une foi dynamique en Dieu et lui prouver notre confiance est de le connaître. Lire et apprendre qui il est, prier et être attentif a son action. Plus nous le verrons tel qu’il est, moins nous aurons peur de sauter, et même dans la vallée de l’ombre de la mort, nous aurons la certitude qu’Il est avec nous.

B comme Bouger

La foi sans les œuvres est morte, de même, la connaissance sans la pratique n’est qu’un ballon vide. Le pas de la foi met le pied en avant et vois le fleuve se séparer. Il s’agit de faire petits pas au départ, puis de plus grands par la suite. Notre guide est Dieu lui-même qui nous assure qu’aucun précipice ne sera trop profond pour nos capacités (1 Cor 10:13).

Il s’occupe Lui-même de notre perfectionnement et de notre transformation afin que nous grandissions de gloire en gloire, vers la stature parfaite de Jésus-Christ. Le rythme idéal est de bouger sans m’arrêter au fur et à mesure que j’apprends sur Dieu. Être à l’écoute du St-Esprit qui me dirige et m’indique la voie à suivre. Aimer, pardonner, exercer l’hospitalité, témoigner notre foi, s’entraider, tendre l’autre joue… Les œuvres sont là, sur mon chemin quotidien, prêtes à être saisies pour rendre le monde qui m’entoure meilleur.

I comme Insister

La confiance en Dieu, vient petit à petit au fur à mesure où il croît et que je diminue. Notre foi est un peu comme un muscle qui prend du tonus avec l’exercice et l’usage. Arrêter l’entraînement, c’est l’atrophie. Lorsque nous sommes pris sur la branche de nos épreuves, il se peut que nous nous fassions quelques échardes, que quelques égratignures nous surprennent, et même… une blessure!

C’est alors que je dois revenir à la première lettre et m’en remettre à Dieu. Même la blessure a un but d’apprentissage afin de faire croître ma foi. Je dois alors éviter d’interpréter les motifs de Dieu comme étant de la malveillance et voir le tout comme une course dont l’enjeu me dépasse.

« Nous, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour se perdre, mais de ceux qui ont la foi pour sauver leur âme. » — Hébreux 10.39

Avoir la foi en Dieu est synonyme de lui faire confiance, et cette confiance s’exprime dans l’obéissance. Une obéissance en trois lettres simples : O-B-I, en sa parole qui seule peut nous rendre véritablement heureux et bannir la crainte.

La Parole vivante

Au premier abord d’une bible, le commun des mortels se sent immédiatement intimidé. LE livre énigmatique parmi tous. Le livre interdit par certains, et dont tous les yeux désirent y plonger les regards une fois dans une vie. Une aura de mystère plane au-dessus de ces pages qui débutent avec un récit étonnant de la création et se termine dans le fracas étourdissant de la fin de l’univers. Certains plus mystiques croient qu’un code secret y est inséré et qu’un système compliqué et pyramidal de connaissance progressive est la seule issue pour craquer les mystères du livre sacré.

En fait, l’encre et le papier ne peuvent rendre justice à toute sa profondeur. Nous avions recensé en 2006 que la bible était traduite en plus de 2400 langues dans le monde. Dans chacune de ces langues, la Parole de Dieu arrive à s’exprimer et transformer ceux qui y plongent les regards, et ce, dans leurs propres langages! Moins compliqué qu’une gnose et plus engageant qu’un journal, la Bible exprime effectivement une voix, celle de Dieu. Ne dit-on pas qu’elle est « La Parole de Dieu ».  Comment la bible peut passer d’un livre populaire à la Parole de Dieu?

La conversion enlève le voile

Lorsqu’un cœur se convertit au Seigneur, la lumière est rétablie et le texte prend un tout nouveau jour. Il s’illumine pour le lecteur (2 Cor 3:16). C’est dire que pour le même texte, la même traduction, les mêmes pages imprimées, une part de ses lecteurs restera dans l’obscurité et lira les mots, mais ne les comprendra pas. Seule la conversion enrichit le texte au-delà de l’imprimée visible.

La Bible en tant que livre est un support au plus profond des mystères : Dieu désire parler aux hommes. Sa parole écrite est un message clair pour tous ceux qui désirent y rencontrer l’auteur. Celui qui tente d’y trouver la gloire, la puissance ou simplement la connaissance se butera au créateur lui-même. Une herméneutique hermétique qui se dévoilera uniquement sur la confession d’un cœur qui désire véritablement rencontre Dieu.

Le St-Esprit éclaire le texte

Le texte biblique est différent de tout ce qui a été écrit dans l’histoire de l’humanité. Il est inspiré (2 Tim 3:16) Dieu lui-même l’anime indépendamment de la traduction et du papier. Plus qu’une simple influence, l’Auteur (Dieu) s’exprime réellement au travers les humains qui l’ont mis sur papier.

Ouvrir la Bible c’est plonger dans une lecture à deux niveaux. Celle des yeux, où je me penche sur un texte écrit et traduit. Puis celle du cœur, ou je m’épanche dans une parole spirituelle, mais non moins tangible. Avec les yeux, nous comprenons le sens des mots, la direction des idées, la boussole de l’instruction. Avec le cœur, je saisis les paroles et pensées de Dieu. (Act 16:14) La Bible est un livre sous influence, comme si j’ouvrais les pages de Narnia et que CS Lewis lui-même me parlait, m’influençait, dans le secret de mon âme. Dieu, par son Esprit, illumine les yeux de mon cœur afin que je saisisse la vérité et que j’entende sa voix. Une vérité incompréhensible pour le cœur qui ne s’est pas donné au Seigneur, mais quotidienne pour celui qui a accepté la grâce de Dieu pour sa vie.

 

Ouvrir la Bible c’est plonger dans une lecture à deux niveaux.

 

Mon attitude teinte la lumière

Quand j’ouvre ce livre, j’amorce une conversation. Je laisse mon créateur me parler, me révéler un peu plus de sa personne, et par le fait même, de la mienne. Sa Parole éclaire, révèle et divise. « Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur. » —. Hébreux 4.12

Elle est indépendante, elle s’autoproclame inspirée et vivante, elle se dit elle-même juge et lumière. Elle est unique non seulement par sa hardiesse, mais également par ses prétentions. La lumière qui y émane sera invariablement teintée par mon attitude. Si je remets en doute constamment ce que j’y vois, ou encore, si je l’éteins sitôt lue, cette lumière risque fort d’être bien ténébreuses (Luc 11:35). L’attitude et la déférence sont de mises lorsque je tourne ce couvert, ce n’est pas un banal journal. Je l’ouvre, car je sais que Dieu désire me parler et éclairer mon cœur, mon sentier, ma vie (Luc 8:18).

Mon obéissance donne la puissance

Le plus merveilleux est que cette Parole vivante exprime sa puissance dans notre propre obéissance. Elle éclaire et va même éblouir l’observateur. Par notre témoignage, nous confirmons tout ce qu’elle affirme. Nous exprimons ce qu’elle révèle, nous reflétons l’éclairage qu’elle donne et allumons la lampe que nous sommes afin d’éclairer ce monde.

Par notre obéissance en cette Parole, nous devenons des pyromanes spirituels par lequel Dieu désire embraser l’univers qui nous entoure. Un Phare dans l’obscurité ou nous vivons (Phil 2:15). Nous devenons la bougie vivant qui démontre au monde la véracité de cette parole transformatrice. Nous sommes, l’Église, la sagesse infiniment variée de Dieu.

D’un couvert

Dès qu’il est ouvert, ce livre a la capacité d’illuminer le cœur et la vie du lecteur. Loin d’être à mot couvert, la Parole de Dieu désire se faire entendre, mais pour se faire, le cœur du lecteur doit se transformer en auditeur et passer des yeux au cœur afin de laisser Dieu non seulement l’instruire, mais l’élever et révéler son âme.

Nous devons tenir compte de cette réalité lorsque nous ouvrons la Parole en compagnie d’un ami ou d’un frère. Elle ne laisse personne indifférent et elle a la capacité d’éclairer quiconque désire la lumière. Voilée pour certains, obscure pour d’autres, transformatrice pour ceux qui veulent y rencontrer l’auteur de l’Univers qui s’y révèle au-delà de l’encre et du papier.

« Ainsi en est-il de ma parole, qui sort de ma bouche : elle ne retourne point à moi sans effet, sans avoir exécuté ma volonté et accompli mes desseins. » — Esaïe 55.11

La lettre écarlate

Dans ce que l’on nomme « le premier grand classique américain », écrit par Nathaniel Hawthorne, la lettre écarlate expose l’histoire d’une femme adultère, tombée enceinte par le pasteur d’une petite communauté de la Nouvelle-Angleterre. Elle est alors exclue à vie du village et condamnée à arborer au cou une lettre A écarlate partout où elle ira en signe de son adultère. L’auteur expose ainsi ce qu’il appellera la sanction hypocrite d’un adultère dans une société au puritanisme obsessionnel de l’époque coloniale.

Presque trois cents ans plus tard, l’adultère est le lot de presque la moitié des ménages. En fait, la survie même du couple n’est plus que d’une quinzaine d’années en moyenne. Sans qu’il y ait adultère à proprement parler, la résilience n’est plus au rendez-vous. Au-delà de la fidélité, c’est la notion même de complicité qui est remise en question.  Plusieurs se lancent même à corps perdu dans l’adultère virtuel, seul derrière l’écran de fumée, se cachant à soi-même une vérité bien désolante.

En voie d’extinction

Le couple marié pour la vie et jusqu’à ce que la mort nous sépare est maintenant bien révolu et les conséquences en sont désastreuses. Nous en ressentons les contrecoups dans l’église.   La cellule familiale éclatée, l’instabilité et l’insécurité qui en découle ne sont que quelques indices d’un profond malaise qui tire sa source aux montagnes des épreuves qu’une foi chétive n’a su déplacer.

Sous la bannière du droit au bonheur, de la liberté de choisir et d’une grâce divine plus grasse que grâce, nombreux creuses eux-mêmes le piège qui les engouffrent vers la séparation et arrivent jusqu’à se convaincre que Dieu en personne, dans tout son amour, les approuve. Ne veut-il pas, après tout, que nous soyons heureux?

D’autres, plus volontaires, en viennent à déduire que Dieu a fait une erreur; ou pour le moins, dirons que ce mariage n’était finalement pas la volonté du Seigneur. Un divorce légitime et compréhensible devient alors envisageable, si l’adultère n’est pas présent déjà, devant les frustrations et les attentes désillusionnées.

Mais qu’en dit le principal intéressé, l’instigateur du mariage et le créateur du genre humain?

 

Sous la bannière du droit au bonheur, de la liberté de choisir et d’une grâce divine plus grasse que grâce, nombreux creuses eux-mêmes le piège qui les engouffrent…

 

Au commencement

Déjà, de la bouche et du doigt même de Dieu, directement sur les Tables de la loi, il y est inscrit : tu ne commettras point d’adultère. (Ex 20:14) Puis, plus subtile, mais non moins éloquent : Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain. (Ex 20:17)

Dieu a cru bon et nécessaire de nous rappeler directement aux commandements de base que l’adultère et la convoitise ne sont pas une option qu’il approuve dans nos relations de couples. Le caractère définitif et permanent de ces commandements ont été affirmé lorsque Jésus leur donna un sens encore plus dramatique. Il nous ramène alors au tout premier couple de l’humanité et à ce que Dieu planifiait pour chacun de nous en disant a ceux qui tentaient de trouver un passe-droit au divorce que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. (Marc 10:9) Plus éloquent encore, il dit à propos de la loi, qu’il est plus facile que le ciel et la terre passent, qu’il ne l’est qu’un seul trait de lettre de la loi vienne à tomber. (Luc 16:17)

Croire que Dieu approuve ou même tolère ce qu’il a statué comme contraire à sa volonté est une illusion et une ignorance à la fois de Sa volonté et de son amour. Au même titre que le vol, le mensonge, l’idolâtrie et le meurtre, l’adultère et la convoitise sont à la base de l’ordre que Dieu a établi pour les hommes. S’y soustraire, c’est pécher. Et même si Dieu a permis dans certaines situations précises le divorce (Deut 24:1); Jésus remet les pendules à l’heure en rappelant que la dureté du cœur en est la cause. À l’origine il n’en était pas ainsi! (Matt 19:8)

Croire que Dieu approuve ou même tolère l’adultère et la convoitise est une ignorance de son amour. Dieu est le créateur qui sait que notre bonheur véritable, notre croissance profonde et notre maturité dépendent des relations; et le couple est au cœur de ces relations. Quitter et abandonner le bateau au moindre soubresaut ou même lorsque l’épreuve est difficile, c’est oublier que Dieu est le Dieu qui sait et qui peut. Celui qui veille sur ceux qui le craignent.

Le même hier et pour toujours

À notre époque de relativisme narcissique où les droits et les privilèges passent bien au-dessus des obligations et de l’engagement, de nombreux croyants espèrent rallier une pratique chrétienne et une piété de surface à une vie qui entre carrément en contradiction avec la volonté de Dieu. Comme on dit, ils désirent le beurre et l’argent du beurre. Ils croient pouvoir négocier sur la base de la pitié et de certains droits et liberté afin de faire fléchir les exigences divines. Être disciple de Christ, ce n’est pas seulement dire et paraitre, mais également obéir et être.

« Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père, je l’aimerai, et je me ferai connaître à lui. »  — Jean 14.21

J’ai peur!

« Il répondit : J’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu peur, parce que je suis nu, et je me suis caché. » — Genèse 3 : 10

Plus de 600 fois les hommes ont peur dans la bible. Probablement autant à chaque jour pour le commun des mortels. Peur d’arriver en retard, peur de ne pas recevoir une promotion, peur, car un automobiliste a failli nous emboutir, peur de ne pas avoir de quoi payer, peur de ne pas être à la hauteur, peur d’avoir peur… Et le Seigneur répond à la peur par la douceur, par des mots tels que : prend courage, ne t’effraie point, ne craint point, fortifie-toi, je suis avec toi. Dieu est bien conscient de nos peurs et nos frayeurs. Ici-bas, c’est la zone! Les menaces et les incidents peuvent devenir rapidement des sources d’inquiétude, d’anxiété et de stress intense. Comment se sortir de la spirale de la peur?

Un problème universel

La peur est le propre de l’univers qui nous entoure. C’est presque le moteur de la nature. C’est ce qui fait avancer et ce qui fait reculer. Tout comme la loi de l’apesanteur, elle est là, invisible, sans éblouir et pourtant bien réelle. Nous la ressentons, nous la vivons chaque jour. Elle nous influence, elle teinte nos choix et est l’assise nécessaire pour maintenir l’ordre. Les tribunaux sont d’ailleurs fondés sur la peur du châtiment, même le courage est perçu comme la victoire sur la peur. C’est elle qui paralyse ou donne l’élan nécessaire.

Certes, les peurs ne sont pas toutes égales. Il y a les petites peurs, les frousses banales qui peuvent même exciter, comme dans un manège. Elles stimulent et animent. Il y a les peurs, plus sérieuses, qui menacent notre vie : réflexes, protection et instinct de survie pourtant nécessaires au maintien du quotidien. Il y a la peur incontrôlée, celle qui peut se muter en anxiété et sombrer dans la panique, une peur irrationnelle devant une perspective que nous jugeons menaçante. Elle peut même se généraliser et devenir un style de vie par des obsessions et des compulsions. Une vie de peur qui peut conduire même au suicide. Que dire des dépressions ou tout l’être tombe dans le néant et dont les portes de l’espoir ne sont fermées qu’en raison d’une peur fondée sur l’expérience personnelle ternie par l’effroi.

L’origine de la peur

« J’ai eu peur, parce que je suis nu » lança Adam (Gen 3:10).  La Bible nous expose clairement la source universelle de toutes les peurs, la mère des frayeurs : l’homme a dramatiquement décidé de s’appuyer sur ses propres capacités pour gérer une vie hors du plan que Dieu avait prévu pour lui. Devenir comme Dieu (Gen 3:5) n’a rien à voir avec le rêve de devenir Dieu. C’est une ambition impossible ou les capacités n’arrivent pas à la hauteur des prétentions.

La peur est née de ce constat d’impuissance entre ce que je suis et ce que je désire être. Elle est un refus d’accepter la réalité et dévoile la tentative de vivre un rêve utopique : celui d’être comme Dieu. (Eze 28:2). La chute a créé la peur et la peur s’est installée comme une règle, un premier sentiment qui est devenu un mode de vie. La peur, c’est l’homme qui fuit sa véritable identité et qui refuse celle que Dieu a pour lui. Avoir peur, c’est se voir tel que nous sommes: Nu. Sans ressources, sans forces, sans espoir et sans justice. J’ai peur, car je réaliser que je suis impuissant devant mon projet d’être comme Dieu et de contrôler tant bien que mal ma propre vie à ma façon et selon ma propre volonté.

Avoir peur, c’est se voir tel que nous sommes!


Créé pour craindre

Nous ne sommes pourtant pas si loin d’une résolution de la peur. En fait, le problème est à même la ressource, car Dieu nous a créés pour craindre.

Il nous a créés pour craindre son nom. La peur est une bonne chose lorsqu’elle est dirigée vers les bonnes ressources. Elle inspire alors le respect et la prudence, empêche de trébucher et encourage le dépassement. Lorsque la crainte prend sa source en Dieu, elle devient le début de la sagesse (Prov 9:10), la véritable vie pratique selon Dieu.

La crainte n’a rien de négatif. Contrairement à la peur qui révèle l’impuissance, la crainte inspire le respect. Crainte et peur se rejoignent au carrefour de l’inconnue et provoquent un même sentiment d’incertitude. Nous pouvons craindre Dieu et en avoir peur, mais lorsque nous le connaissons véritablement, cette peur se transforme en amour et la crainte devient alors une profonde déférence.

À la chute de l’homme, la peur s’est imposée, et a remplacé la crainte de Dieu. Désormais, nous vivons dans une confusion ou la peur a usurpé la crainte.

Un choix courageux

Le véritable courage n’est pas d’annihiler la peur, ni même de la surmonter. Le courage est un constat, celui d’admettre mon incapacité à contrôler quoi que ce soit malgré mes aspirations. Celui d’admettre mes faiblesses et mes limites. Le courage c’est de m’en remettre à celui qui était, à l’origine, le pourvoyeur, le protecteur et le Seigneur. Une reddition complète et totale envers celui en qui nous avons toutes les raisons de faire confiance.

L’amour parfait bannit la peur (1 Jn 4:18), un amour dirigé vers celui que nous devons craindre. L’amour rend aveugle dit-on. En effet, l’amour confiant en Dieu ramène la confiance absolue en celui qui peut absolument nous aimer, et il l’a prouvé d’une façon totale sur la croix.

Dans le jardin, les yeux de l’un et de l’autre s’ouvrirent pour aveugler un cœur qui désormais s’est renfermé dans la peur. J’ai peur lorsque j’ouvre les yeux et vois un monde plus grand que nature, désormais menaçant et hostile. Ma peur s’estompe lorsque les yeux de mon cœur s’éclairent (Eph 1:18) et que j’entends la voie du Seigneur:

« C’est moi ; n’ayez pas peur ! » — Jean 6 : 20

L’oubli

« Souviens-toi donc d’où tu es tombé, repens-toi, et pratique tes premières œuvres ; sinon, je viendrai à toi, et j’ôterai ton chandelier de sa place, à moins que tu ne te repentes. »

— Apocalypse 2:5

Une maladie grave contamine le christianisme depuis maintenant près de 2000 ans. Sporadiquement, on la voit éclore dans diverses parties du monde, à différente époque. Une souche virulente d’Alzheimer spirituel dont les symptômes se dévoilent progressivement. Tout commence par une amnésie partielle que l’on tente d’amenuiser par des pense-bêtes que l’on fixe aux lieux stratégiques. « N’oublie pas de prier, de lire ta Bible, d’aimer »… Puis la léthargie emboite le pas rapidement. Semblable à une fibromyalgie, elle touche tout le corps et devient rapidement incontrôlable. La fatigue, la lassitude, voire l’acédie prend le pas sur les règles, et on finit par laisser tomber. On suit le courant par manque d’énergie, de volonté, de passion et de vision. Le feu s’est éteint… du moins en apparence.

L’antibiotique proposé par le médecin divin à cette infection est simple : « Souviens-toi! ». « Puis, pratique tes premières œuvres ». Pas de thérapie ni de justification. Pas de plan ni de recette toute faite. Pas de lecture ni de formation particulière. Les solutions proposées par Dieu sont souvent déroutantes dans leur simplicité.

Si ma relation spirituelle ou ma vie chrétienne n’est plus ce qu’elle était, ou ce qu’elle devrait être, je me souviens alors d’où je viens, de ce que Jésus a fait pour moi. Devant sa grâce infinie et son amour éternel, je n’ai qu’un choix : faire volte-face, je me repends et reprend du service. GO!

La rentrée des classes

Avec la rentrée des classes, les matières telles que les mathématiques, le français, l’histoire et la géographie peuvent rapidement devenir le cauchemar des étudiants. L’assiduité et la discipline sont essentielles à une réussite scolaire et, dans tous les cas, le talent inné et une mémoire d’éléphant ne suffisent malheureusement pas au succès.

Pour l’étude de la Bible, la tendance serait de croire que la même approche fera des miracles… mais il n’en est rien. Connaître toute la Bible, même par cœur, ne garantit pas l’intelligence et encore moins la sagesse spirituelle. L’approche du Livre est différente, délicate et demande une préparation adéquate. Sinon, l’effet bénéfique de la connaissance ne se fera pas sentir, ou pire, l’étudiant oubliera l’amour et la grâce qui sont le cœur même du message biblique.

Comment donc réussir sa rentrée scolaire et biblique? En suivant simplement ces quelques conseils venus tout droit de Samuel, enfant et novice à l‘époque où la Parole de Dieu, vivante et bien réelle, s’adressa à lui :

« L’Éternel vint et se présenta, et il appela comme les autres fois : Samuel, Samuel ! Et Samuel répondit : Parle, car ton serviteur écoute. »   —1 Samuel 3.10

Parle

L’attente en ouvrant ce Livre est différente des livres d’histoire ou de philosophie. On n’y parle pas que de Dieu, c’est Dieu qui nous parle. Une perspective distincte et surtout, une attente claire et draconienne : J’ouvre la Parole vivante de Dieu!

En fait, Dieu ne cesse de communiquer. Que ce soit au travers de la nature, par l’influence du Saint Esprit, par le témoignage de ses enfants, mais dans sa Parole, le sens et l’effet des mots y sont incomparables et directs. Ils touchent le cœur, comme lorsque l’on a le professeur droit devant soi. Ce professeur désire ardemment nous communiquer sa grâce et le témoignage criant, qu’est sa Parole, qui nous interpelle et ne laisse personne indifférent.

« Toute l’Écriture est inspirée de Dieu, utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice » —2 Timothée 3.16.

De la première à la dernière lettres, la source des mots et son essence viennent de Dieu lui-même. Chaque fois que j’ouvre la Bible, je peux être certain d’une chose : Dieu parle… c’est chaque fois la rentrée des classes.

Car

Un mécanisme de cause à effet est nécessaire pour que les paroles du Maître trouvent un terrain propice et puissent y porter le fruit désiré.   Il y a une intention nécessaire lorsque j’ouvre la Bible. Tout comme l’intention d’apprendre lorsque j’entre en classe, je dois avoir la certitude que Dieu parlera et avoir le désir qu’il le fasse.

On peut venir en classe pour les amis ou à contrecœur et sans intention. Les résultats seront proportionnels au désir d’apprendre. La motivation est une clé essentielle dans le processus d’apprentissage.

Lorsque j’ouvre la Parole de Dieu, je m’assois et prépare mon cœur, plus que tout autre chose afin de recevoir l’instruction et rencontrer un Maître au-delà de tous les maîtres qui ont existé. Bien au-delà de Platon, Pasteur, Galilée et tous les autres, je m’exclame : « Parle! » Et me prépare… « Car! ». Car je suis conscient de ce qui se passe ici, maintenant. Dieu va me parler, je le désire, et je prends le risque de découvrir un chemin qui peut-être me surprendra, me corrigera, me convaincra, m’instruira et me conduira dans le sentier de sa justice.

Ton serviteur

L’attitude en ouvrant le Livre est primordiale. Comprendre qui parle est bien, mais je dois également réaliser qui je suis en face de Dieu : un serviteur. C’est le complément, l’annexe nécessaire à l’examen du ministère divin. Le choix volontaire de servir le Maître. Si mon attitude n’est pas profondément teintée d’humilité, l’effet de la Parole pourra être comparable à celle de l’eau sur les plumes d’un canard! L’auditeur retourne alors à son état naturel dont Jacques fait mention dans son épître.

« Car, si quelqu’un écoute la parole et ne la met pas en pratique, il est semblable à un homme qui regarde dans un miroir son visage naturel, » — Jacques 1.23

L’humilité de considérer que la Parole nous pousse à l’action et au changement doit faire partie de notre attitude. Nous l’approchons avec une réalité bien en tête : j’ai besoin d’apprendre, j’ai besoin de savoir, j’ai besoin de vivre, et tout cela de la façon dont seul Dieu peut m’instruire.

Écoute

C’est pourquoi je dois disposer mon cœur à l’écoute, être attentif à la voix de Dieu. Dans notre société du repas rapide, de la communication instantanée et des relations virtuelles, l’écoute est devenue un exercice bien peu naturel. Le luxe de la concentration est devenu difficile.   Téléphone d’une main, conversation d’une oreille et les yeux rivés sur le téléviseur. Ce n’est pas parce que l’on fait partiellement deux ou trois choses que  l’on en réalise une complète!

Pour écouter activement et attentivement, on doit mettre de côté toutes distractions, faire un effort mental pour ouvrir nos oreilles ET notre cœur. Prendre le temps d’arrêter et de réaliser qui me parle, puis écouter. Simplement écouter. L’esprit vagabond et les inattentions auront vite fait de réduire la communication. Le silence peut devenir menaçant de nos jours… Ouvrir la Parole de Dieu exige un effort, celui d’une écoute active et d’un désir d’introspection qui conduiront à des actions.

Parle, car j’écoute!

Le livre de Dieu, c’est également sa Parole : la Bible. C’est le début des classes et pour bien commencer le cours normal du cursus céleste, l’ouvrir, écouter et avoir la bonne attitude est essentiel.

À l’usage, ce n’est pas un A ou un B que l’on obtient. En effet, l’examen quotidien git dans la pratique et dans l’expression du fruit que laissera cette lecture : un fruit de justice qui donnera de la saveur où que nous soyons. Il s’agit d’un travail en profondeur, dans les méandres de notre cœur, où nous laissons l’Esprit de Dieu nous éclairer de l’intérieur. C’est l’école de la vie, celle selon Dieu. Et tout débute avec un seul Livre, une seule attitude, une seule phrase : parle, car ton serviteur écoute!

De membercheap à membership

Les familles éclatées, les politiciens commissionnés, même le clergé est relégué au rang des vendeurs sur l’échelle de la confiance. Maintenant, c’est chacun pour soi. Pourquoi la loyauté si nul n’en est digne? Les relations profondes ont leur lot de blessures et Facebook devient l’endroit idéal pour y avoir la protection d’un clic qui nous donne une sensation de sécurité. Les grandes discussions-fleuves des cafés d’antan ont fait place aux textos et gazouillis de tous acabits.

L’engagement, la loyauté et la résilience disparaissent progressivement du paysage pour faire place à une superficialité dénoncée autant par les sociologues que par les psychologues. Notre société est malade, crouté d’une écorce planétaire dont le cœur se refroidit et devient indifférent au prochain. Notre société est en mutation!

« Et, parce que l’iniquité se sera accrue, l’amour du plus grand nombre se refroidira. » — Matthieu 24:12

Un prix

L’église paie cher ce bouleversement. Fondée sur une génétique de la communauté, l’Ecclesia moderne risque gros. Le prix de la superficialité dans un cadre ou la profondeur est la clé du succès. Les méthodes se multiplient et les recettes abondent pour tenter plus mal que bien d’endiguer l’hémorragie actuelle. Mais rien n’y fait. C’est l’ouragan Katrina, soufflant sur le monde spirituel occidental.   Les barrages lâchent et la mentalité populaire s’engouffre et inonde la famille de Dieu. Les recherches de cellules souches abondent, mais la mutation persiste en une famille qui s’identifie de moins en moins à son sauveur, qui perd sa saveur dans l’indifférence face aux besoins et aux malheurs des frères et sœurs. Le simple regard de ce que nous devenons glacerait le cœur des chrétiens du siècle dernier. Oui mes amis, notre amour local s’est refroidi.

Un phénomène

Les visiteurs le témoignent avec incompréhension. Que ce soit d’Amérique du Sud, Latine, d’Afrique, d’Asie et même du Moyen-Orient : franchir le seuil d’une église est souvent une expérience troublante. Les attentes, ajustées sur ce que l’on vit chez soi, sont rapidement délavées. Un arrière-goût de déception vient après la première bouchée. Puis, il y a l’attente. L’attente de l’amour les uns envers les autres, signifiant qu’ils sont bien dans la même famille, entourée de disciples dont l’ardeur est sensée être la marque distinctive. On me demande : « Ou sont vos réunions de prières matinales? vos réunions du dimanche soir? vos Agapes? votre unité? » —Les gens préfèrent la télé… Comme si la véritable église désormais avait 48 pouces diffusait en HD et trônait fièrement au cœur du foyer.

Une église dure à digérer. Plusieurs retournent avec un souvenir terne, et ceux qui restent, prennent le rythme puis meurent à petit feu. Ils deviennent génétiquement modifiés. Nous pouvons faire l’autruche, ne pas vouloir voir ni entendre la vérité. Le constat d’un malaise est toujours difficile à admettre. Mais l’ignorance ne guérira pas la plaie béante et ne rallumera pas le tison fumant. La mutation que nous vivons n’est certes pas une évolution.

Un fondateur de notre association m’a dit un jour devant ce constat: « J’ai vu naître l’église au Québec, et j’ai peur de la voir mourir ». Dieu lui a accordé de le rejoindre il y a quelque temps.

 

« J’ai vu naître l’église au Québec, et j’ai peur de la voir mourir ».

Membercheap

Une raison de ce constat est une incompréhension de l’église en elle-même. Les enfants du divorce, de la télé et des repas rapides fréquentent l’église et y deviennent membres. Leurs coutumes instantanées sont bien ancrées, certains y ont grandi, d’autres ont été ravis par les promesses de la bonne nouvelle. Ils ont fait profession de foi. Être membre, pour plusieurs, devient une occasion de faire partie d’un groupe de soutien à la foi. L’effet perso de la société ou tout est ramené vers soi et où la performance prend la place de la croissance : « J’ai besoin de grandir et l’église me donne ce qui est nécessaire pour que je me sente bien et m’épanouisse avec Jésus. » De plus, le statut de membre « me donne un droit de véto et de vote afin de m’assurer que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes ».

L’église devient alors tous les autres. Ceux qui sont censés m’appeler quand je souffre, me soutenir quand je chancelle, m’encourager quand mon ciel s’obscurcit. L’église c’est les autres, et moi, j’en suis le bénéficiaire béni de Dieu. Mes droits et privilèges prennent le dessus sur mes responsabilités; et lorsque j’ai épuisé les ressources d’une église locale, je saute à la suivante. Telle une tique qui infecte le porteur et ne fait que profiter d’un corps. Pas d’amour, pas de saveurs, plus d’intérêt sont les jugements courants qui activent le saut. En y ajoutant une relativité de la vérité et des dogmes, puis un rejet en masse des dinosaures musicaux, radicaux et théologiques. L’église dite moderne ressemble plus à Frankenstein qu’au nouvel Adam!

Devant ce syndrome croissant, rien de surprenant que de constater la grande lassitude et la léthargie grandissante au sein de nos assemblées. Beaucoup de bruit, de couleurs, de mouvement, mais peu de différence.

Membership

La source et la solution à ce problème résident au même constat : l’église n’est pas un MOI, mais un NOUS. Utiliser l’église, c’est s’abuser soi-même puisque l’église c’est tout un chacun. C’est en s’y abandonnant que l’on se retrouve.  C’est en y donnant que l’on reçoit. C’est en y demeurant que l’on en est transformé.

L’apôtre Jean va encore plus loin dans son diagnostic :

« Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères. Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. » —1 Jean 3.14

Être sauvé, c’est aimer les frères. C’est aimer l’église, c’est aimer l’assemblée, c’est aimer la famille de Dieu. Le salut s’évalue par un amour concret et constructif qui désire la communion et le bonheur de l’autre dans l’église. Être membre d’une église locale, c’est s’engager dans la voie de l’amour intentionnel envers les frères et sœurs de mon corps locale. Rien de moins! Ne pas avoir cet élan d’amour et être en constante attente de l’ascenseur est inquiétant. C’est un indice d’une mauvaise compréhension de l’évangile, d’une régénération superficielle qui n’a pas transformé toutes les fibres de l’être. Une mutation d’un homme vers un autre homme et par conséquent, ne pas être planté dans la bonne terre. « Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. » —1 Jean 4.8.

C’est à l’amour que nous avons les uns pour les autres que nous indiquons clairement que nous sommes véritablement des chrétiens sauvés. (Jn 13:35). Comme dit le proverbe populaire : «Aller chez McDonald’s ne fait pas de nous des hamburgers ». Être membre d’une église de fait pas nécessairement de nous des chrétiens.

Francis Schaeffer : La recherche de l’intégrité

Francis August Schaeffer, né le 12 janvier 1912, est un théologien et philosophe américain né au cœur des États-Unis, à Germantown, en Pennsylvanie. Il a profondément influencé la pensée évangélique moderne par sa vision clairvoyante du christianisme.

À l’image des prophètes, il s’est opposé toute sa vie au libéralisme moderne et a recherché par sa rhétorique et son apologétique, un retour aux bases scripturaires de la foi. Impliqué activement dans son monde, il s’est efforcé, avec son épouse Edith, de construire une communauté chrétienne authentique qu’il concrétisera avec l’Abri. Il est décédé après un long combat contre le cancer. Son influence parmi ses contemporains fut telle que le président américain témoigna dans une lettre adressée à sa famille : « Il restera dans nos mémoires comme l’un des plus grands penseurs chrétiens de ce siècle ». Billy Graham a dit : « C’est assurément l’une des plus grandes figures du monde évangélique que notre génération ait connues. Loin de s’enfermer dans une tour d’ivoire, cet intellectuel faisait montre d’une grande compassion pour son prochain et d’une entière consécration à l’Évangile. Il possédait, en outre, un sens très aigu des conflits de notre époque en matière de philosophie et de théologie ».

D’humbles débuts

Né de parents ouvriers, il restera fils unique. Ses parents le destinaient à un avenir dans le bâtiment. Ainsi, il travailla jeune comme manœuvre dans le secteur de la construction. Ses parents ne voyaient pas d’un bon œil les bienfaits de l’instruction. La culture, la philosophie ou la théologie n’étaient pas des sujets discutés durant les repas. Chacun vit pour survivre  et est destiné à une vie simple par la force des efforts. Il apprit à travailler avec acharnement et malgré le fait que ses débuts scolaires ne furent pas exceptionnels, il décida de fréquenter le lycée. Jeune, il ne manifesta aucune affinité pour la religion et ne se joignit à une église presbytérienne qu’attiré par le mouvement scout! Cependant, ses talents d’orateurs se révélèrent tôt. Déjà, à 11 ans, lors d’un concours oratoire organisé par les scouts, il remporta le premier prix.

Une rencontre décisive

Au terme de son adolescence, il aide un ami à apprendre l’anglais. Alors qu’il allait acheter une grammaire anglaise, il se procura par erreur, une introduction à la philosophie grecque. Cette lecture providentielle fut un carrefour majeur dans sa vie. La philosophie lui permit de se forger un système de pensée et de s’interroger sur le sens de la vie. Continuant de fréquenter l’église presbytérienne, par souci d’honnêteté, il décida du haut de son agnosticisme avoué de lire la Bible en entier et ainsi laisser à Dieu (s’il existe) la possibilité de parler. « La lecture de la Genèse fut le tournant de ma vie », révéla-t-il plus tard.

C’est à l’été 1930, âgé de 18 ans, que Francis Schaeffer assistant à une croisade d’évangélisation, sous une tente, entend le message de l’Évangile. La prédication perce son cœur et rejoint les vérités qu’il avait découvertes dans la Bible.   À l’appel, il s’avance et accepte le message de la Grâce.

Un combat pour l’intégrité

Il décide alors d’étudier la théologie. Ses parents s’y opposent vivement, et voient d’un mauvais œil les transformations de leur fils. Ce fut le début d’une longue incompréhension. Francis déménage en Virginie pour y amorcer des études en lettres.

Au collège il se fait remarquer pour sa rhétorique et son zèle. Il gagne le respect de ses pairs et devient président du comité des débats. C’est en 1932 qu’il rencontre Edith Seville, sa future épouse, son aide et son vis à vis tout le long de son parcours.

Il exerça le ministère pastoral dans plusieurs Églises des États-Unis et fut impliqué dans l’association des Églises presbytérienne américaines. À plusieurs reprises, il pointa et condamna les attitudes libérales, puis formalistes de ses pairs pour finalement être partie prenante de l’Église Presbytérienne Réformée.

Dès les années 40, son combat contre le néo-modernisme fut clair et précis. Il n’a jamais eu peur de s’exposer et même de souffrir pour la vérité.   Il déplore tôt le christianisme de compromis à la fois doctrinalement et dans les actes. Son intégrité le pousse à dénoncer, réfuter, et ses talents d’orateurs arrivent à convaincre efficacement. Il s’oppose à l’avortement et l’euthanasie. Sa réputation de défenseur de la foi franchit rapidement les frontières américaines.

Une vision simple

Une théologie simple et concrète qui prône que la Bible est inspirée de Dieu, innérante et plénière, l’intouchable vérité. Le christianisme véritable n’est pas fait que de paroles creuses, mais d’actions concrètes d’amour envers le prochain.

Il a écrit une vingtaine d’ouvrages ou il s’efforce d’exprimer avec efficacité et clarté le message de la vérité biblique. L’urgence de convaincre est une trame de fond dans tous ses écrits et bien qu’il s’adresse à la raison, il n’a pas peur de la confrontation et nous laisse face à un choix : La vérité ou le mensonge.

L’Abri

Ses prises de position l’ont transporté en Europe et en Suisse. Il a un rêve : forger une communauté ouverte et accueillante où tous ceux qui cherchent la vérité puissent s’exprimer et se rencontrer dans un lien de paix. Il acquiert une maison à Huémoz (Vd) et y fonde l’Abri. Le but est simple : permettre à quiconque cherche la vérité d’appréhender la véritable nature du christianisme qui englobe absolument tous les domaines, tous les champs de pensée et d’activité. Du coup, la foi chrétienne perd son caractère abstrait, irréel; elle cesse d’apparaître comme une myriade de doctrines sans aucun rapport entre elles.

Un avant-gardiste

Francis Schaeffer a influencé un nombre incalculable d’ouvriers chrétiens. Il était à l’avant-poste de l’effort présent pour un retour aux sources d’un Évangile véritable. Son courage est exemplaire. Devant les contestations et l’opposition, il a toujours su tenir ferme pour la vérité. Un exemple pour notre société où le langage politique et la peur de la contestation diluent trop souvent le message de la Bible.  Très actuelle, l’œuvre de Francis Schaeffer mérite d’être relue et examinée à la lumière de nos combats contemporains.

Le site internet de l’abri : http://www.labri.org/

Notre fierté nationale

Les mois d’été sont chargés de fêtes nationales. Le Canada, La France, la Suisse et les États-Unis, pour ne nommer que ceux-ci, ont inspiré de nombreux peuples contemporains à vivre la liberté, la fraternité et l’égalité entre les hommes. Il existe cependant une nationalité de loin supérieure et qui transcende toutes les frontières et le temps.

« Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers, ni des gens du dehors ; mais vous êtes concitoyens des saints, gens de la maison de Dieu. » – Éphésiens 2: 19

Un gouvernement fort!

La nationalité chrétienne, sous l’étendard de la croix, est l’ultime appartenance. Notre chef n’est pas un élu banal tiré d’un peuple imparfait, il n’est pas non plus mêlé à des malversations politiques qui viennent ternir une gloire en devenir. Notre chef est le Seigneur des Seigneurs, le roi des rois. Celui qui domine sur tous les puissants dont le trône est au ciel. Il fait tout ce qu’il veut. C’est Lui, c’est Jésus-Christ.

Notre société est en quête de politiciens intègres qui tiennent leurs promesses, qui sont honnêtes au parlement comme dans la vie. Le nôtre nous a prouvé sa passion et sa puissance en ressuscitant d’entre les morts. Il nous prouve son amour en mourant pour nous sur la croix. Il nous annonce sa justice en venant juger les vivants et les morts. Plusieurs groupes d’extrémistes sont prêts à souffrir pour leurs convictions ou leurs gouvernements. Pour nous, nous le suivons et l’aimons, car c’est LUI qui nous a aimés le premier.

Le triumvirat

Nous ne sommes pas dirigés par un dictateur solitaire et assoiffé de pouvoir. Même si notre gouvernement domine la terre! En fait, ce n’est que justice, puisque c’est lui le créateur de l’univers. Loin de la dictature : Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu l’Esprit, unis, indéfectibles, incorruptibles, dignes d’honneur et de louanges, gouverne et sauve le monde. Par un plan habilement mené du Père, loin des promesses politiques habituelles, il est venu en ce monde comme un vrai homme pour se faire un peuple : L’Église, la maison de Dieu, l’appui et la colonne de la vérité unie dans l’Esprit. Être chrétien, c’est acquérir une citoyenneté céleste. Pas seulement sur papier, mais dans notre essence, dans tout notre être. Notre Prince ne se contente pas de nous inclure dans sa constitution, il nous amène dans les lieux célestes et nous transforme en une nouvelle création. Celle de notre nature céleste.

« Vous, au contraire, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière » -1 Pierre 2: 9

Un nouveau départ

Comme pour tous ces immigrants qui franchissaient le port de New York en ayant la vision de la     statue qui promet la liberté. La croix, bien haut dressée, attire nos regards vers une nouvelle vie, une liberté et une raison d’être révolutionnaire. Tu peux repartir à zéro. Pardonnés, rachetés, extirpés à notre ancienne citoyenneté et notre ancien roi, nous avons la liberté véritable. La liberté de choisir le bien et de vivre pleinement heureux. A notre naturalisation, il ne nous donne pas seulement 2 $ et deux billets de tramway et nous disant « Que Dieu vous bénisse ». Il vient lui-même habiter en nous pour nous aimer et nous montrer le chemin. Nous sommes plus que des ressortissants, nous sommes devenus ses enfants pour lequel nous crions « Papa! ». Aucun pays n’offre cette joie, Dieu nous bénit au-delà de toute espérance.

La Bastille intérieure

Les Français ont acquis leur révolution par la chute du roi, l’abolition de l’asservissement et en scandant la liberté, l’égalité et la fraternité. Pour nous, le sang précieux de Jésus nous assure la délivrance. Nous avons désormais le choix d’offrir notre être en entier pour la cause. « J’ai été crucifié avec Christ ».

Le roi est mort. L’imposteur qui régnait en amateur sur mon cœur et qui m’éloignait du véritable bonheur est crucifié sur la croix avec Jésus. Vive le Roi! Devant l’amour déployé, je tiens désormais toutes pensées captives et offre à mon Seigneur ma vie… Nous avons l’égalité, car devant Dieu, tous ont péché, mais tous également sont gratuitement justifiés en Jésus. L’Église est désormais notre véritable nation. Notre fraternité profonde c’est l’Église, où notre Roi, notre Seigneur, est également notre Père.

« Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. » – Galates 3: 28

Le cri de la citoyenneté

La terre n’est plus qu’un lieu temporaire ou notre véritable cité nous fait soupirer. Cette maison n’est qu’une misérable tente en comparaison de la glorieuse espérance qui s’attache à notre appel. Désormais, nous lançons l’invitation à tous les peuples : se tourner vers le ciel et devenir citoyen. Au Moyen-Âge, il suffisait d’entrer dans une église et crier l’asile pour être à l’abri du vengeur. L’église, la véritable, est l’avant-poste, la lumière, le phare qui invite les hommes de toutes nations à se tourner vers la croix et se laisser attirer.

«Nous faisons donc les fonctions d’ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous ; nous vous en supplions au nom de Christ : Soyez réconciliés avec Dieu ! » -2 Corinthiens 5: 20

Les fêtes nationales nous rappellent que bien que les cartes soient tracées par des hommes, que les nations soient en paix ou en guerre, le véritable enjeu est bien au-delà de la politique. Chaque être humain, peu importe sa nationalité, sa langue ou sa religion, est égale devant Dieu : pêcheur, perdu, et en besoin d’un sauveur.

Nous sommes des citoyens des cieux en terre étrangère. Des ambassadeurs en mission de paix. Des représentants de l’amour de Dieu dans un monde déchu.

« afin que vous soyez irréprochables et purs, des enfants de Dieu irréprochables au milieu d’une génération perverse et corrompue, parmi laquelle vous brillez comme des flambeaux dans le monde » – Philippiens 2: 15

Debout citoyens, annonçons le Royaume!

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