Un seul Dieu, mais lequel?

La divinité existe, il y a bel et bien un dieu et il est unique!  C’est que nous avons démontré dans les précédents articles.  Mais lequel donc est le bon?  Notre planète est le théâtre d’une compétition féroce pour le monopole de la religion.  Dans cette série sur l’existence de Dieu, je vous amène dans une enquête sur la vérité.  Pourquoi je crois que le christianisme est la seule religion valable?  C’est ce que je développe au cours de cette suite d’articles.

Sortons donc loupes et calepins et enquêtons!

Pour découvrir la véritable religion, les indices sont nombreux et subtils.  Traces et empreintes foisonnent, mais doivent être prises une à une, puis analysés avec un recul suffisant pour ne pas nuire aux conclusions.  Sur quelles bases évaluer la divinité?  Comment la dénicher et la confirmer?  Dans cette recherche, nous sommes comme des explorateurs qui tentent de prouver que la terre existe.  Nous la voyons a quelques centimètres de nous, ce qui nous l’occulte et nous la révèle à la fois.

Il y a  d’abord la documentation.  Les écrits qui rassemblent l’être et le savoir du dieu en question.  Puis, à même ses propres propos, comparer ce qu’il est avec ce qu’il dit être.  Sur la base de ce que nous avons vu dans nos précédents articles, si nous ignorons les grandes philosophies, qui ne sont pas de témoignages divins en soi, il nous reste à comparer l’hindouisme, l’islam, le judaïsme et le christianisme.   Sur ce lot, trois se réclament du même Dieu monothéiste!  C’est en soi une piste à prendre en considération et comme le livre de base qu’est l’Ancien Testament reste le même pour les trois, cela simplifie les recherches.

Mono ou Poly?

Pour l’Hindouisme, le monde est un amalgame de divinités.  Près de 330 millions pour être exact.  Nous savons déjà que le divin s’exprime d’une manière unique.

Malgré sa complexité et son histoire, force est d’admettre que l’Hindouisme n’est qu’un animisme organisé et structuré. Lorsque nous lisons les textes sacrés (Les Upanishad), nous y voyons une cosmogonie et une organisation du monde, mais rien qui pourrait appuyer et prouver hors de tout doute que Brahma, Vishnou, Shiva, Krishna ou les autres ne soient réels, sinon dans la foi de ses pratiquants. Il ne nous reste que le Judaïsme, Le christianisme et l’islam.  Nous progressons par élimination.  Les suspects ne sont plus qu’au nombre de trois.

Mais qui dit vrai!

Le commun de ces trois grandes religions est qu’elles sont justement monothéistes et révélées à même une source commune : les écrits que l’on retrouve dans l’Ancien Testament de la Bible. Chacune proclame la paternité exclusive, ou plutôt se réclament toutes du même Dieu révélé à Abraham il y a près de 4000 ans.  Puis, les témoins se contredisent.

Le christianisme se proclame l’accomplissement du judaïsme.  Jésus, juif, annoncé par Dieu au travers des intermédiaires choisis (les prophètes) serait ce Dieu qui, se faisant homme, vient délivrer l’humanité de la condamnation qui pèse sur elle.  Le livre sacré des chrétiens sont les écrits retrouvés dans ce que l’on appelle le Nouveau Testament, qui sont à leurs yeux, complémentaires à ceux des Juifs.

Ces derniers nient ce fait, et les musulmans en rejettent les fondements.  L’Islam, au travers son livre sacré qu’est le Coran, 600 ans plus tard, réclame une rectification majeure de l’histoire des deux autres, en donnant à Mahomet le statut de révélation finale et absolue.  Selon eux, des erreurs volontaires auraient été insérées dans les livres sacrés des deux autres afin de mettre le peuple arabe (les musulmans) sur la voie des prévenus.  Les juifs et les chrétiens de leurs côtés rejettent évidemment cette version des faits.  L’impasse dure et semble hermétique.  Le polygraphe sera nécessaire, j’en ai bien peur!

Ainsi, le monothéisme est exclusivement Juif jusqu’à Jésus, complété par celui-ci, puis corrigé par Mahomet.   Qui a raison entre les trois?  Comme chacune diverge majoritairement dans leurs témoignages, l’interrogatoire sera serré.

Un enjeu éternel

L’enjeu est important, et fondamental : la vérité et le salut.  Nous avons vu que Dieu existe, qu’il n’y en a qu’un seul.  C’est la vérité.

Toutes trois se réclament de ce Dieu individuel.  Dont la personnalité propre est réelle et accessible.  Toutes les trois se disent être la révélation exclusive de Dieu pour les hommes.  Toutes les trois disposent ce Dieu de créateur comme celui qui jugera tous les êtres humains et s’attribuent une révélation unique.  Les trois concordent donc vers ce point : L’humanité est perdue et séparée de Dieu.  Il y aura un jugement, une fin des temps et une condamnation éternelle.  Et chacune dispose d’un moyen exclusif d’éviter cette condamnation.  C’est le Salut.

Pour y parvenir, le judaïsme propose une série d’actions ciblées en conformité avec les règles que Dieu donna à Moïse.  Par nos actions et notre obéissance, chacun tente de contrebalancer le mal qu’il fait et annuler ainsi le jugement divin.  L’Islam, par l’obéissance stricte au Coran et une soumission totale à Dieu (Allah) propose une initiative potentielle de salut.  Au jugement, les œuvres des musulmans seront mises dans une balance et ceux qui auront fait plus de bien que de mal iront au paradis.  Ni l’une ni l’autre n’a d’assurance absolue quant au sort éternel de l’humanité.  Autant pour le judaïsme que pour l’Islam, le jugement à venir est un inconnu qui dépend presque du hasard et des bonnes grâces de Dieu.  Le christianisme est, pour sa part, différent des deux autres.  Il se démarque en proposant une solution unique, permanente et définitive au problème de la justice divine.  Il introduit une notion personnelle de Dieu, et une assurance devant ce jugement.  Il engage chaque individu à une liberté personnelle face à ce fait.

Qui dit vrai entre ces trois religions?  Est-il possible d’y voir clair?

Nous verrons dans un prochain article que le christianisme affirme et confirme le monothéisme par des preuves historiques et archéologiques.

Un bon témoignage

Les apparences sont souvent trompeuses.  Du moins dit-on.  Dès l’enfance, nous apprenons à cacher qui nous sommes vraiment et laissons apparaître au travers la fenêtre qui nous voulons être perçu.  Dès la chute, ce fut la cachette avec Dieu, puis entre Adam et Ève, et depuis, la comédie tragique se poursuit.  Le théâtre de la vie comprend maintenant près de 6 milliards d’acteurs. Avoir un bon témoignage sur cette scène, est-ce ajouter un masque à ceux qui y sont déjà superposés?

Face à Dieu : L’obéissance

Désirer plaire à Dieu n’est pas une hypocrisie en face du monde.  Ce n’est que l’expression de sentiments légitimes envers un Dieu que l’on aime.  Lorsque l’on aime, on ne cherche surtout pas à déplaire.  On ajuste ses goûts, ses choix, ses aspirations avec l’être aimé.

Nombreux sont les cyniques modernes qui ne peuvent concevoir qu’une personne puisse avoir de l’amour pour Dieu.  Pourtant, elle existe. Ils croient que pour ces amoureux de Dieu, l’obligation et la dévotion sont supérieures à l’affection.  L’obéissance devient un masque à l’oppression et la religion un nuage de fumée d’opium pour les faibles.  Pourtant, nombre de folies ont été faites au nom de l’amour.  Les poètes le chantent, les artistes le sculptent, le peignent, le photographient.  J’aime ma femme, et lui plaire n’est certainement pas de l’obéissance. C’est le fruit de ma volonté, le désir de mon cœur.

« Mais, puisque celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite » —1 Pierre 1.15

Garder un bon témoignage face à Dieu n’est en fait que l’expression de l’amour que je lui porte. Mon comportement s’ajuste naturellement avec ses désirs, car je l’aime.  Rien d’hypocrite ou de sournois.  Je ne modifie pas mon comportement pour qu’il m’aime, mais bien parce qu’il m’aime.  Toute la nuance de l’amour.  Puisqu’il m’a aimé le premier et me l’a si grandement démontré sur la croix, je me suis laissé séduire et gagné par Lui.  Maintenant, mon désir est de le connaître et le faire connaître afin de le partager.

Face aux autres : L’amour

D’autres voient dans la quête d’un bon comportement social une preuve de l’hypocrisie humaine.  Une perte de liberté individuelle, un caillou dans la botte de l’émancipation.  La tombée du supposé masque de la complaisance devient un moyen de faire tout ce que l’on veut, peu importe les conséquences.  Mes droits, mes privilèges et mes envies deviennent la priorité.

« Ne nous jugeons donc plus les uns les autres mais pensez plutôt à ne rien faire, qui soit pour votre frère une pierre d’achoppement ou une occasion de chute. » — Romains 14.13

Dans une vie en société, la liberté individuelle se termine là où commence celle de l’autre.

Dans une vie en société, la liberté individuelle se termine là où commence celle de l’autre.  Sans le respect de cette règle, il y a inévitablement usure des relations, conflits et rupture, et, sur une grande échelle, on y retrouve guerres et violence.  La paix entre les hommes n’est rien d’autre que l’équilibre fragile entre le pouvoir de chacun, négociants dans le couloir du compromis.   Il y a alors toute l’apparence d’un perdant en celui qui garde le masque de la tolérance.   Une reddition volontaire dont la justification silencieuse est la peur des répercussions.  C’est cette perception de paix imposée qui donne le ton amer à ce que l’on appelle « Le bon témoignage ».    Sauf si…

Sauf si l’amour est la motivation qui me pousse à ne pas offenser l’autre.  Si mon désir de bonheur déborde de moi et m’oublie un instant.  Si je choisis de restreindre volontairement ma liberté, et décide de ne pas dire, faire ou même prétendre à ce qui pourrait blesser ou écorcher l’autre.  Avoir l’intention avouée de créer un environnement qui exprimera le bonheur de mon prochain. Et, sublime action : Oublier un instant mon amour propre, et trouver ma joie à rendre l’autre heureux… c’est l’amour.

Lorsque j’aime mon prochain, je deviens sensible.  Je ne cherche pas mon intérêt personnel, mais plutôt le sien.  Si je sais que telle parole, telle action ou telle attitude sera perçue ou vécue négativement,  et même si j’anticipe qu’elle le sera, je choisis de restreindre ma liberté, par amour.  Est-ce du théâtre, de l’hypocrisie? Réduire tous les amoureux à des acteurs de vaudeville est assez simpliste. Ce n’est ni tragique ni comique, c’est la vie avec la dimension de l’amour.  Le témoignage ne devient alors plus une restriction, mais une occasion.  Celle du bonheur, et l’occasion de la paix, de l’unité dans la communauté.

Face à moi : La conscience

J’entends la foule qui s’exclame : mais alors, c’est impossible!  On ne peut faire plaisir à tout le monde!  C’est l’équivalent de porter autant de masques qu’il y a de gens sur la planète!

C’est vrai que nous ne pouvons agir en fonction des qu’en-dira-t-on.  C’est ici que l’amour sincère venant d’une conscience pure me dictera la ligne à tracer.  Ne pas laisser la crainte des hommes me dicter mes actions ou mes paroles, mais seulement celle de Dieu qui s’exprimera dans un amour pour ceux qui m’entourent.

« C’est pourquoi je m’efforce d’avoir constamment une conscience sans reproche devant Dieu et devant les hommes. » — Actes 24.16

La vérité dans l’amour

Le bon témoignage, c’est des actions et des paroles qui ne terniront pas la gloire de Dieu, parce que je l’aime.  J’éviterai d’agir de telle sorte que le monde puisse croire que Dieu soit moins saint que saint. Et parce que j’aime Dieu, j’aimerai également ceux pour qui il est mort.    Je dirai et ferai en sorte de ne pas devenir une source de chute, de médisance ou de calomnie à l’égard de ma vocation.   « Car le royaume de Dieu, ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit. » Romains 14.17

Es-tu un bon témoignage?

Les petits commencements

Bienvenue en 2014!  Cette année va peut-être vous surprendre!  Elle sera composée de 365 jours de défis inattendus, le tout consommé en bouchées de 24 heures… pas une minute de moins ni de plus.  Certains diront que l’année a passé vite, d’autres que le temps semblait élastique et visqueux.  Tout est une question de perception, personne ne peut avaler plus d’une seconde à la fois.

Nous sommes à une époque de restauration rapide, de services éclair, où nous avons tout ce que nous désirons à l’instant même.  Les télé-réalités nous exposent des vedettes instantanées, telles des étoiles filantes qui nous éblouissent le temps d’une première page.  Même l’amour ne dure plus que le temps d’un coup de foudre.  Nous ne voulons plus attendre.  Nous voulons des résultats rapides, nous voulons le top, et nous le voulons tout de suite.  Une insatisfaction permanente est ce qui caractérise notre génération.  Un chrétien demandait même à Dieu de forger sa patience… et tout de suite!  Comment s’assurer d’avancer efficacement avec Dieu?

Le top du top

Il y a un fossé entre le top de Dieu et le nôtre.  Nous désirons la notoriété, la reconnaissance, même la célébrité sans oser se l’avouer.  Pour d’autres, ce sera le rang social, le salaire élevé, la réalisation approuvée par les pairs.  Pour atteindre les sommets de la réalisation humaine, nous escaladerons la montagne jusqu’à en manquer d’oxygène.  Notre monde est caractérisé par une ambition centrée sur le faire… alors que Dieu, lui, vise l’humilité et l’être. Le sommet pour Dieu est d’arriver à la stature de Jésus-Christ.  Rien à voir avec la première page du Times.  L’homme de l’année, voté par Dieu, c’est l’inconnu invisible qui s’est donné à tous sans rien recevoir. Celui qui ne cherche qu’à faire briller Jésus-Christ.

« Et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous. »  -Marc 10.44

Un monde sépare nos aspirations charnelles à celles de Dieu.  LE monde.  Ce monde est ennemi de l’Évangile de Christ et il est la source même des aspirations de notre chair, une montagne plus haute que l’Everest que seule la foi peut déplacer.  Nous devons être vigilants et cibler encore plus haut, ne pas nous contenter des succès illusoires qui ne dureront qu’un souffle sur terre.  Nous nous rassasions avec peu, alors que nous sommes destinés à la gloire, une gloire accessible ici et aujourd’hui.  À force de viser aussi bas, nous devenons comme des nobles qui se nourriraient au dépotoir, on s’y habitue, on finit même par se délecter de l’infect.

Pour avancer efficacement, réalisons que nous sommes destinés à beaucoup plus, beaucoup mieux, bien plus haut.  Viser l’Évangile de la grâce, c’est viser le ciel par l’humilité, viser la perfection par la stature de Jésus-Christ et laisser Dieu nous élever au temps convenable.

De la surface au cœur

Dans un monde centré sur la performance, ce qui compte, ce sont les apparences.  La surface peut facilement prendre les couleurs de la piété, alors que le cœur renie ce qui en fait la force.

« Car j’aime la miséricorde et non les sacrifices, et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes ». – Osée 6.6

L’illusion du faussaire est de faire croire que son tableau est le véritable.  Après avoir examiné la Joconde en profondeur, les experts nous ont dévoilé une succession de couches, de retouches et de coups de pinceau invisibles au premier cou d’oeil.  Un réseau complexe de corrections quelques fois majeures, mais également subtiles.  À l’image de la croissance chrétienne.  Il ne s’agit pas simplement de reproduire l’image de Christ, mais sa stature.  Cette stature qui s’applique sur cette toile rebelle qu’est notre chair.  Il désire la conquérir, l’enrober, la revêtir.

Pour atteindre les sommets et avancer efficacement, creusons dans les profondeurs tortueuses de notre cœur. Un apprêt est nécessaire : la conversion, puis c’est le travail de l’artiste divin qui prend le temps pour colorer, former, effacer, corriger : La profondeur prend du temps, le temps de l’abandon et de la foi.  Il n’y a pas de raccourcis.

Donne-moi

« Prudence est mère de sûreté » dit le proverbe.  Nous mettons de côté, accumulons pour les mauvais jours, tentons de prévoir et souscrivons à toute sorte de plans protecteurs.  Assurances, régimes de retraite, garanties prolongées.  Mais franchement, que peut-on véritablement contrôler?

« Mais Dieu lui dit : Insensé ! Cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ce que tu as préparé, pour qui sera-ce ? » – Luc 12.20

Par prudence, nous refusons de donner.  Nous croyons être de bons économes, nous calculons et tentons tant bien que mal de cerner les prévisions, de les exécuter et même de les forcer.  Mais, en fait, pour que le Seigneur fasse le travail, il exige que nous lui donnions tout, absolument tout, y compris nos cinq pains et deux poissons. Par notre entêtement à retenir, contrôler et manœuvrer, nous devenons notre propre frein.  La ligne est ténue entre la prudence et la confiance.  Par excès de prudence nous risquons de ne plus faire confiance, et alors c’est nous qui en payons le prix de la croissance.

La vie chrétienne n’est pas un sprint effréné, mais un marathon.

La vie chrétienne n’est pas un sprint effréné, mais un marathon.  Une course de fond qui dure toute la vie et se termine dans l’éternité.  Plusieurs font de faux départs, d’autres abandonnent en plein parcours, certains encore terminent sur les genoux.  Pour avancer efficacement, offrons-lui tout ce que nous avons, et même nos espadrilles, car c’est Lui qui marche au travers nous.

En ce début d’année, courons sur le chemin étroit : vers la stature de Christ.  Viser haut avec Dieu, c’est chercher la profondeur qui résulte du temps passé avec le potier et sa parole. Tout lui donner pour que LUI  fasse fructifier nos efforts.  Moins spectaculaire peut-être, mais chaque pas est alors assuré par le Seigneur, et Dieu ne méprise pas ces petits commencements, lorsqu’ils sont amorcés en Lui.

Ma tente, ce temple

Nous sommes tous des randonneurs de la vie.  On a souvent cette impression, avec notre corps, qu’il est comme une mince tente.  Il nous est imposé, il n’a pas été conçu pour résister aux aléas de la vie sur terre.  Grippes, virus, bactéries, chocs, traumatismes, maladies … la palette des incidents qui détériorent cet abri fragile est presque infinie.  Et même en ayant la meilleure santé possible, il vieillit et finit invariablement par dépérir jusqu’à en mourir.

En face de l’inévitable, plusieurs angoissent dans le sentier.  Dès le premier malaise, il y a Google. Recherche de symptômes et experts en médecine improvisée.  Tels des Davy Croquette de l’auscultation, on navigue entre troubles et symptômes pour arriver invariablement au rapide de l’inquiétude, puis à la cascade de l’angoisse.  La chute qui conduit à l’hypocondrie est abrupte.

Des heures, des jours, puis le calme revient.  Notre conscience réalise que nous nous sommes improvisés (encore une fois) malades imaginaires.  On peut en rire ou en pleurer, mais ce refus de la souffrance et ce désir du parfait amène toujours un goût âcre dans la bouche.  Comme lorsque l’on retrouve son chemin après avoir refusé de suivre les indications de la piste. Un soulagement tricoté de culpabilité.

Comment passer à travers les bobos et les boubous?  Les chapitres quatre et cinq de la deuxième épître aux Corinthiens contiennent un remède universel.  Un guide dans le sentier de la souffrance.

Mon corps, cette tente

En effet, du camping sous la tente, c’est inconfortable… Mais lorsque tout ce que nous avons pour nous protéger des intempéries est cette mince toile, nous n’avons d’autres choix que de s’y faire.

« Nous savons, en effet, que si notre habitation terrestre, qui n’est qu’une tente, est détruite, nous avons dans le ciel un édifice qui est l’œuvre de Dieu, une habitation éternelle qui n’est pas faite par la main de l’homme. »  -2 Corinthiens 5:1

Cette tente qui est notre corps, ce vase de terre cuite, si fragile et si vulnérable, est tout ce que nous avons pour naviguer durant les quelques années qui nous sont allouées dans ce monde déchu.  David s’exclamait : « Je te loue que je suis une créature si merveilleuse ». La peur est souvent le refus de la réalité et le corps que nous avons, quant à lui, est destiné à dépérir, mourir et pourrir.  Point à la ligne.  Dieu est très à l’aise avec ce concept.  Bien qu’il transformera notre corps à notre résurrection, pour l’instant, toute sa puissance s’exprime dans cette faiblesse et c’est CE qui LE glorifie.  Notre faiblesse devient l’expression de Sa gloire.

Carpe diem!

Comme nous devons faire face à une si grande fragilité, les chrétiens savent plus que tous combien le temps est court.  D’un côté, il y a cette réalité de notre vulnérabilité, puis de l’autre, il y a celle de notre Seigneur qui a promis de revenir d’un instant à l’autre pour nous prendre.  Saisissons donc le jour, l’instant présent à fond. Chaque moment est peut-être le dernier dont nous disposons.

« En effet, nous qui sommes dans cette tente, nous gémissons, accablés, parce que nous voulons non pas nous dévêtir, mais au contraire nous revêtir, afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie. » -2 Corinthiens 5:4

La philosophie populaire a une expression : YOLO,  « You Only Live Once » — On ne vit qu’une fois!  Les existentialistes ont vu ce fait d’un œil plutôt défaitiste… Nous, chrétiens, devrions être les plus heureux des individus. Le secret du bonheur est de jouir avec une pleine suffisance de toute la provision divine, dans un présent continu.  A quoi sert de s’inquiéter si Dieu est avec moi dans cette misérable tente.  Il a souverainement décidé d’en faire un temple à Sa gloire.

Mon corps, ce temple

Rien de pire qu’un randonneur sans carte.  Même avec le meilleur matériel, tente, sac, et toute la panoplie, il n’est qu’un touriste, ou pire, un touriste perdu en forêt.  Sans carte, les dangers constants, les précipices, les animaux sauvages auront tôt ou tard raison de sa ténacité.

« C’est aussi pour cela que nous nous efforçons de lui être agréables, soit que nous vivions dans ce corps, soit que nous le quittions. »  -2 Corinthiens 5:9

Remettre un sens au temps qui passe.  Faisons fi de nos faiblesses, sachant que cette tente cache un temple.

Dieu nous a sauvés, non pour nous-mêmes, mais pour exposer au monde toute la puissance de l’évangile.  Un trésor dans des vases d’argile, un temple dans une tente.  Ne nous laissons donc pas aveugler par les apparences, devant le miroir, nous ne voyons que le reflet de la mort.  Ce voile qui nous cache notre véritable édifice, cette habitation du St-Esprit.

Ainsi nous regardons non pas à ce qui est visible, mais à ce qui est invisible, car les réalités visibles sont passagères et les invisibles sont éternelles.  -2 Corinthiens 4:18

Quoi de neuf pasteur?

Que du vieux!  Dis-je par automatisme, oui par manque de temps.  Parfois par dépit ou encore par découragement.  Comment résumer notre vie ou seulement l’année qui vient de passer en quelques virgules?  J’aimerais vous partager ce qu’il y a de neuf dans le vieux et ce que l’année a apporté en préparation de celle qui vient : de nombreux défis à l’horizon.

« Et, sans parler d’autre chose, je suis assiégé chaque jour par les soucis que me donnent toutes les Églises. »
-2 Corinthiens 11:28

Le Roi c’est moi!

Un premier défi est celui de l’individualisme en pleine ascension, gonflant les égos jusqu’à un mépris presque généralisé de toute autorité.  Pas facile pour la tâche pastorale.  La conséquence est éloquente : « c’est ton opinion! », « Dieu n’a pas d’affaire dans ma vie privée », ou encore le direct « ce n’est pas de tes affaires »… pas toujours aussi hardie, mais toujours claire.  Puis la menace et l’exécution : Le transfert d’église, ou pire, la défection.  Plusieurs chrétiens désirent une assemblée, mais peu acceptent le berger qui vient avec.

Docteur Web.

Il y a ensuite la montée des moyens massifs de communication qui ont créé une classe de pseudo-docteurs.  S’improvisant comme des spécialistes de la Parole à partir de miettes théologiques recyclées, ils s’en font un pain très goûteux, mais sans réelle substance nutritive.  Sans méthode, sans herméneutique, sans pédagogie et sans théologie, ils débattent de questions bibliques en restant sourds à tout ce qui n’est pas de leurs avis.  La vérité devient relative.

Je négocie régulièrement, si ce n’est quotidiennement, avec des chrétiens troublés d’articles ramassés à la volée sur YouTube ou un site douteux, lorsque ce n’est pas carrément de faux docteurs qui, comme j’aime le dire, sont des « travailleurs autonomes ».    Le Seigneur les a appelés personnellement (et  unilatéralement), puis, sur cette conviction, ils ont démarré leurs propres églises.  Ces faux ouvriers viennent ajouter à la confusion grandissante, et perdent les esprits bien intentionnés.  Des années peuvent être nécessaires pour ramener un cœur égaré vers la saine doctrine.  Devant ces croyants qui arrivent à l’église presque effondrés, les pasteurs deviennent comme le contacteur Mike Holmes*, tentant de construire à partir de matériaux inadéquats, et sur des fondations toutes justes bonnes à être démolies.  Quel défi chirurgical!  Et chaque année, il s’approfondit.

Plusieurs chrétiens désirent une assemblée, mais peu acceptent le berger qui vient avec.

L’église pantoufle.

Probablement le plus grand défi que j’ai observé en 2013.  L’église migre vers l’internet et les réseaux sociaux, diluant la communion fraternelle.  Il y a déjà plusieurs assemblées web.  Chant karaoké, sermons diffusés, offrandes PayPal et le croyant en pyjama sous la couette!  Alors que la force de l’église est la proximité et les relations serrées, cette séduction est un défi grandissant dès aujourd’hui et dans les prochaines années.  Ajouté aux problèmes d’individualisme, de relation avec l’autorité et de quête du moi intégral, cette tendance fait la joie des cœurs brisés, des blessés et des écorchés qui ne veulent plus que l’apparence de l’église.

Nous perdons alors le sens profond de la communauté chrétienne, celui d’être un élément de transformation individuelle.  La proximité les uns avec les autres, non sans accroc il faut l’admettre, nous enseigne comment aimer véritablement. « Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi aiment ceux qui les aiment. » – Luc 6:32.  Le résultat est inévitable : Le monde ne saura plus reconnaître qui est SON disciple.  Il perdra le seul repère qui pointe véritablement vers le ciel.

La classe des SS

Quand j’étais plus jeune, on parlait des SS comme des « Super-Spirituels ».  Il y avait une joie mêlée d’honneur à désirer la sanctification, l’église et Dieu lui-même.  Toute une génération de pasteurs québécois est issue de cette cuvée des années soixante-dix.  Un nouveau défi guette maintenant ceux qui ont faim et soif de justice : le mépris.  Plutôt que d’être considérés comme des héros de la foi nouveau genre, ils sont maintenant dérangeants, ils créent des malaises, ils confrontent. Ils sont à toutes les réunions de l’église, proactifs, dénoncent l’acédie et passent pour des activistes.

C’est une classe en perte de vitesse et dont le parcours buissonnier est de plus en plus visible.  La sainteté n’est plus à la mode, ce qui fait la force de l’évangile n’a plus la cote.  Il y a une recherche de piété, mais un refus de ce qui en fait la force.  Un christianisme d’apparence dont les symptômes sont une frontière de plus en plus diffuse avec le monde et des chrétiens de moins en moins dérangeants.

Est-ce que ça va bien Pasteur?

Absolument!  Christ a promis qu’il bâtirait son église, et je suis pleinement convaincu qu’il le fait.  Cette année, nous avons été témoins d’efforts sans précédent d’unité interdénominationnelle, d’appels à la prière généralisée et de chrétiens assoiffés recherchant la sainteté.  C’est encourageant mais pas suffisant, compte tenu d’une laïcité conquérante.  Espérons un grand réveil au Québec, car nous pouvons discerner que notre ennemi tente de démolir ce que Christ construit : Son Église.

Pour cette nouvelle année qui débute, prions que l’amour les uns pour les autres augmente.  Un amour plus profond, plus sincère, dirigé vers l’autre et sans trébucher dans les fleurs du tapis.  Que chacun connecte à fond dans une église fondée sur l’Évangile de la grâce et s’y donne à plein,  que l’on fasse confiance aux pasteurs que le St-Esprit y a établis et que l’on ait une reconnaissance de l’église pour ce qu’elle est :

« … la famille de Dieu, qui est l’Église du Dieu vivant, la colonne et l’appui de la vérité. »  -1 Timothée 3:15

Bonne année 2014!

 

*Mike Holmes est la vedette d’une émission télévisée de rénovation de maison.