Ma tente, ce temple
7 janvier 2014  //  By:   //  Pensée de la semaine, Réflexions, Style de vie  //  No Comment   //   900 Views

Nous sommes tous des randonneurs de la vie.  On a souvent cette impression, avec notre corps, qu’il est comme une mince tente.  Il nous est imposé, il n’a pas été conçu pour résister aux aléas de la vie sur terre.  Grippes, virus, bactéries, chocs, traumatismes, maladies … la palette des incidents qui détériorent cet abri fragile est presque infinie.  Et même en ayant la meilleure santé possible, il vieillit et finit invariablement par dépérir jusqu’à en mourir.

En face de l’inévitable, plusieurs angoissent dans le sentier.  Dès le premier malaise, il y a Google. Recherche de symptômes et experts en médecine improvisée.  Tels des Davy Croquette de l’auscultation, on navigue entre troubles et symptômes pour arriver invariablement au rapide de l’inquiétude, puis à la cascade de l’angoisse.  La chute qui conduit à l’hypocondrie est abrupte.

Des heures, des jours, puis le calme revient.  Notre conscience réalise que nous nous sommes improvisés (encore une fois) malades imaginaires.  On peut en rire ou en pleurer, mais ce refus de la souffrance et ce désir du parfait amène toujours un goût âcre dans la bouche.  Comme lorsque l’on retrouve son chemin après avoir refusé de suivre les indications de la piste. Un soulagement tricoté de culpabilité.

Comment passer à travers les bobos et les boubous?  Les chapitres quatre et cinq de la deuxième épître aux Corinthiens contiennent un remède universel.  Un guide dans le sentier de la souffrance.

Mon corps, cette tente

En effet, du camping sous la tente, c’est inconfortable… Mais lorsque tout ce que nous avons pour nous protéger des intempéries est cette mince toile, nous n’avons d’autres choix que de s’y faire.

« Nous savons, en effet, que si notre habitation terrestre, qui n’est qu’une tente, est détruite, nous avons dans le ciel un édifice qui est l’œuvre de Dieu, une habitation éternelle qui n’est pas faite par la main de l’homme. »  -2 Corinthiens 5:1

Cette tente qui est notre corps, ce vase de terre cuite, si fragile et si vulnérable, est tout ce que nous avons pour naviguer durant les quelques années qui nous sont allouées dans ce monde déchu.  David s’exclamait : « Je te loue que je suis une créature si merveilleuse ». La peur est souvent le refus de la réalité et le corps que nous avons, quant à lui, est destiné à dépérir, mourir et pourrir.  Point à la ligne.  Dieu est très à l’aise avec ce concept.  Bien qu’il transformera notre corps à notre résurrection, pour l’instant, toute sa puissance s’exprime dans cette faiblesse et c’est CE qui LE glorifie.  Notre faiblesse devient l’expression de Sa gloire.

Carpe diem!

Comme nous devons faire face à une si grande fragilité, les chrétiens savent plus que tous combien le temps est court.  D’un côté, il y a cette réalité de notre vulnérabilité, puis de l’autre, il y a celle de notre Seigneur qui a promis de revenir d’un instant à l’autre pour nous prendre.  Saisissons donc le jour, l’instant présent à fond. Chaque moment est peut-être le dernier dont nous disposons.

« En effet, nous qui sommes dans cette tente, nous gémissons, accablés, parce que nous voulons non pas nous dévêtir, mais au contraire nous revêtir, afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie. » -2 Corinthiens 5:4

La philosophie populaire a une expression : YOLO,  « You Only Live Once » — On ne vit qu’une fois!  Les existentialistes ont vu ce fait d’un œil plutôt défaitiste… Nous, chrétiens, devrions être les plus heureux des individus. Le secret du bonheur est de jouir avec une pleine suffisance de toute la provision divine, dans un présent continu.  A quoi sert de s’inquiéter si Dieu est avec moi dans cette misérable tente.  Il a souverainement décidé d’en faire un temple à Sa gloire.

Mon corps, ce temple

Rien de pire qu’un randonneur sans carte.  Même avec le meilleur matériel, tente, sac, et toute la panoplie, il n’est qu’un touriste, ou pire, un touriste perdu en forêt.  Sans carte, les dangers constants, les précipices, les animaux sauvages auront tôt ou tard raison de sa ténacité.

« C’est aussi pour cela que nous nous efforçons de lui être agréables, soit que nous vivions dans ce corps, soit que nous le quittions. »  -2 Corinthiens 5:9

Remettre un sens au temps qui passe.  Faisons fi de nos faiblesses, sachant que cette tente cache un temple.

Dieu nous a sauvés, non pour nous-mêmes, mais pour exposer au monde toute la puissance de l’évangile.  Un trésor dans des vases d’argile, un temple dans une tente.  Ne nous laissons donc pas aveugler par les apparences, devant le miroir, nous ne voyons que le reflet de la mort.  Ce voile qui nous cache notre véritable édifice, cette habitation du St-Esprit.

Ainsi nous regardons non pas à ce qui est visible, mais à ce qui est invisible, car les réalités visibles sont passagères et les invisibles sont éternelles.  -2 Corinthiens 4:18

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Pasteur Blogueur, c'est Michel Vincent, pasteur à Mascouche, près de Montréal, "Des questions et une réponse. Je suis convaincu que la vérité est une personne!"

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