Être ou ne pas être aimé
13 février 2014  //  By:   //  Réflexions, Style de vie  //  No Comment   //   1001 Views

Cupidon et la St-Valentin sont dans l’air en février.  Chocolats en forme de cœurs, restos, bonbons roses, la pub nous le met en rouge et en doré : l’amour est là!  C’est du moins ce que l’on nous fait croire.  On nous le provoque et tente de nous le faire avaler avec un grand A.

Loin de l’image du bébé ailé que nous inocule la publicité, le phénomène amoureux se construit et se détruit à la fois.  Nous sommes engagés dans un cycle de mort qui nous fait croire à l’amour.  On ne peut s’en passer, mais l’avoir, nous fait souvent tant souffrir.  Il est la source de guerres, de meurtres, mais également d’exploits et de manifestations de courage légendaire.

L’amour a été tellement galvaudé de son sens que désormais, elle ne compte plus que sur elle-même pour exister.  L’amour centré sur soi!  Un amour bien chétif, dont les attentes, fondées sur sa propre réputation, ne cessent de décevoir.  En fait, on cherche à le subir alors que la réalité est tout autre.

La Bible nous affirme que « Dieu est amour » —1 Jean 4.8.   Allons donc à la source et voyons ce que nous dit Sa parole à ce propos?

L’expérience amoureuse

Aimer n’est pas une force intérieure qui nous saisit et nous transporte telle la vision romantique inoculée au siècle dernier.  Ce n’est pas non plus une flèche au cœur, une inclinaison hors de nous-mêmes, dont nous sommes les victimes et qui nous contraint furieusement à l’attirance et à la folie.

L’amour ne se définit pas par ses effets.  Ce que nous appelons amour est souvent associé aux impressions physiologiques que nous avons devant un phénomène.  Cœur qui bat, chaleur, papillons dans la poitrine, un peu gaga, un peu confus.  Un phénomène qui s’estompe généralement assez rapidement, et tout est alors à recommencer.  On devient accroc à l’émotion, on recherche l’expérience à répétition.  Dans cette confusion, plusieurs iront d’expérience en expérience, d’une conquête à l’autre, en alternant jusqu’à épuisement puis jusqu’au désespoir.  Aimer n’est pas une émotion, sujette aux aléas des stimulations.  Passion, désir et amour ne font pas bon ménage.  Nous ne pouvons pas être atteints par l’amour pas plus qu’être frappés par Cupidon.

Une volonté de la pensée

Selon Dieu, aimer, c’est vouloir aimer.  Loin d’être passif, aimer est une action.  Un élan du cœur qui se traduit en gestes, en paroles. L’amour est toujours un impératif dans la Parole de Dieu.  Aime Dieu, aime ton prochain, aimez-vous les uns les autres.

« Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. » — Deutéronome 6.5

Nous n’avons pas à attendre d’y être enclin ou d’y avoir le goût et l’envie.  L’amour selon Dieu est un acte décisionnel et non émotionnel.  Une pleine bouchée que je croque dans l’action.  Loin d’un sentiment qui se teinte par osmose au contact d’un autre, la responsabilité d’aimer me revient.  Je n’ai pas à attendre que l’on m’aime pour passer à l’action.

Il n’y a pas de moments favorables ni de conjonctures convenables pour aimer.  Tout commence dans ma solitude, avec la volonté d’aimer Dieu. Puis,  par extension, voire par révélation, je décide d’aimer mon prochain.

Aimer est un fantasme, un rêve éveillé.

Le rêve éveillé 

Aimer est un fantasme, un rêve éveillé.  À la source de notre nature profonde, nous espérons tous être aimés, de notre rupture de la chute, chacun désire viscéralement l’amour.  Aussi profond que le trou béant qu’a laissé la séparation d’avec Dieu, le bonheur est devenu une quête permanente et l’autre – celui ou celle qui se trouve à côté de moi, devient la source la plus accessible pour y puiser.  Cette soif devient dépendance de l’autre, de son amour, et l’on s’y accroche avec l’espoir de combler le vide.  Les conséquences sont funestes : nous devenons peu à peu de véritables vampires recherchant la vie au travers ce qui est déjà mort.

La recette d’amour de Dieu commence par nous-mêmes.  Puiser à même cette soif que nous avons d’être aimé, et inverser la flèche!  Lorsque nous aimons, nous appliquons autour de nous ce que l’on aimerait subir.  Plutôt que de ramener à moi, je vise l’autre.  Chacun aime être victime de l’amour.  Nous avons tous rêvé et soupiré à être aimé.  Aimer, c’est transformer le narcisse en parfum de bonne odeur.  Aimer comme j’aimerais être aimé, aimer comme moi-même, et faire subir aux autres ce que j’aimerais obtenir.  Paroles encourageantes, service opportun, présence chaleureuse.  Le vrai visage de l’amour va au-delà des chocolats!

« Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes. »  — Matthieu 7.12

Un acte divin

D’un angle purement humain, la chair est incapable d’aimer.  Morte et desséchée, elle ne peut donner la vie.  Les stigmates de la chute nous handicapent au point qu’il est totalement impossible pour un humain d’aimer jusqu’à y être comblé par le bonheur.  Nous sommes condamnés à errer d’une flaque corrompue à une autre pour tenter d’y puiser l’espoir.  Nous sommes tous des citernes crevassées qui cherchent à se combler au travers d’autres citernes aussi mal en point que nous.

Seule la source même de l’amour (Dieu EST amour), peut m’amener à aimer.  Pour ce faire, nous devons tous revivre et naître de nouveau.  Ce n’est pas l’obligation ni la nécessité qui m’amènera alors à aimer, mais Dieu lui-même.  La métanoïa intérieure. Lorsque je sais qu’il m’aime, et réalise que Son amour est suffisant pour étancher ma propre soif, je n’ai plus alors à aspirer celle de l’autre.  Je n’ai plus à puiser horizontalement ma soif d’amour, mais, connecté à la source d’eau vive, je deviens l’arroseur arrosé, la citerne percée qui se transforme en pomme d’arrosoir pour rafraîchir le monde.

« Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres ; car l’amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. »
—1 Jean 4.7

About the Author :

Pasteur Blogueur, c'est Michel Vincent, pasteur à Mascouche, près de Montréal, "Des questions et une réponse. Je suis convaincu que la vérité est une personne!"

Related News