Naître et mourir au Québec
20 février 2014  //  By:   //  Opinion, Pensée de la semaine  //  No Comment   //   1313 Views

Si tu projettes faire partie des âmes aventureuses qui tenteront cette année de voir le jour au Québec, j’aimerais t’exposer ce qui t’attend : ton séjour ne sera probablement pas de tout repos.

Avant même d’arriver à bon port, les risques d’accident sont énormes.  Chez nous, pour plusieurs, concevoir est un loisir éphémère riche en émotions fortes d’un soir.  Peu importe le partenaire, l’important est l’attirance et la connexion sexuelles.  Rencontre fortuite avec une saveur d’amour, refusant l’engagement à la fois par ignorance, par manque d’expérience et d’exemples probants.   Un refus global enfanté de parents narcissiques qui croyaient que tout donner sauf du temps pouvait combler le cœur.  Ils ont légué un héritage boiteux à toute une génération dysfonctionnelle et au relationnel douteux. La dernière chose désirée dans le présent est un enfant.  Ils y penseront plus tard.

Si par chance tu réussis à t’implanter et à survivre au premier test, c’est pour la plupart du temps en raison de la volonté. Rendu à un certain âge, la nostalgie gagne le terrain de la solitude et la perspective devient insoutenable.  D’ailleurs, à l’aurore de la quarantaine, plusieurs désirent un enfant.  Si par malheur un défaut de conception, une maladie génétique ou peu importe le désagrément ressenti, une fois sur quatre, la décision sera implacable : le verdict abortif et définitif mettra fin à tes jours.  Console-toi, tu ne seras pas seul du voyage, puisque 30 000 âmes québécoises t’accompagneront cette année.    Toute une génération jetable qui n’aura jamais vu le jour.  Depuis sa légalisation, c’est presque 500 000 enfants qui ont pris le chemin du dépotoir humain.

Neuf mois d’attente et te voici au poste hospitalier, rien à déclarer, nu comme un ver. Rapidement, papa et maman devront travailler et te reléguer au centre de la petite enfance.  Tu t’y feras de bons amis.  Peut-être que tu auras un peu de nostalgie lorsque tu entreverras tes parents, tu t’habitueras.  Généralement, tu ne les verras que deux heures par jour; travail oblige. Chaque année, à ton anniversaire et à Noël, attends-toi à devenir la vedette.  Des tonnes de présents subtilement emballés, puis le retrait aussi violent qu’à l’arrivée.  C’est leur façon de se déculpabiliser.  Puis la routine quotidienne exposera un chemin pavé de bonnes intentions.

Ici, au moins, on n’a pas de guerre ni de tremblements de terre!

Ton parcours se poursuivra à l’école primaire, secondaire, puis chez les grands, au collège.  Peut-être iras-tu à l’université?  Le but est de t’instruire et de t’éduquer.  Notre État te prendra en charge dès tes premiers jours, t’enseignera les chiffres, les lettres, l’éthique, la culture et la religion.  J’oubliais le sexe également.  Tes parents?  Pas le temps, pas l’énergie et pas la volonté.  On préférera reléguer ton éducation aux professionnels.

J’espère que tu aimes les voyages.  Car pour la grande majorité des enfants, c’est pendant ton secondaire qu’une rupture majeure se produira.  Tes parents vont se laisser.  L’incompatibilité diront-ils.  Comme tu ne les connaîtras pas beaucoup, le choc sera limité, mais le désagrément énorme.  Tu seras pris dans un étau entre eux deux.  Une semaine chez lui, une autre chez elle.  Ça t’amènera à devenir cynique et détaché.  La désillusion des relations sera subtile et tu te réfugieras probablement derrière un écran à espérer l’inconnu.  Pour plusieurs de ta génération, les antidépresseurs étoufferont tes pleurs, si ce n’est les compulsions et les dépendances à outrance qui te guideront dans un sentier sans lueurs d’espoir.

La vie est une grande roue qui tourne où il est difficile d’innover lorsque les outils fournis sont inadéquats.  Maintenant que tu as l’âge et la liberté, tu vas rencontrer le sexe opposé, t’y sentir attiré.  Ton vide intérieur sera béant.  Tu auras tenté tant bien que mal de le combler, mais la nausée existentielle sera toujours présente.  « Peut-être que l’autre me comblera? ».  Les hormones et la nature feront le reste.  Au final c’est l’attirance qui compte, c’est l’exemple que l’on te léguera.  Et si un accident arrivait, il y a la clinique gratuite pour tous où tu pourras alors engrosser les statistiques de la génération invisible et sacrifiée.  T’inquiète, dès tes 14 ans, tes parents n’en sauront rien. Ou peut-être t’aura-t-on convaincu que le genre n’a aucune importance.  Les bis-gais ont la cote ces temps-ci.  Liberté, fraternité et égalité, disait la révolution.

Dans ton parcours adulte, tu te découvriras des passions, y travailleras et apporteras à notre société le meilleur de toi-même.  Plus des deux tiers de tes gains retourneront à l’État pour des services où les principaux bénéficiaires seront des fonctionnaires.  Tu te diras alors, sarcastiquement, mais quand même avec déception : « Au moins on n’a pas de guerres, ni de tremblements de terre ».   A ce rythme la retraite sonnera sans que tu n’aies eu le temps de crier gare!  Le temps passe vite sur terre, lorsque la destination est inconnue.

La dernière étape de ton voyage risque fort de t’étonner : on t’offrira de mourir dans la dignité.  Façon rectifiée de libérer l’état d’un fardeau financier.  En fin de vie, on t’offrira de quitter le pays, de retourner d’où tu viens… du moins c’est ce que l’on tentera de te faire croire afin de rendre digeste le rejet.  Si tu souffres, tu pourras être assisté, et si tu es inapte ou impotent, on le fera pour toi.  Billet retour gratuit et sans obligation, l’eugénisme aseptisé : un nouveau genre de sélection naturelle.  La roue tourne, c’est probablement ce que l’on appelle le cycle de la vie!

Oui je sais, je suis cynique et à la limite du sarcasme, c’est parce que mon Québec est malade. Depuis qu’il a rejeté ses valeurs et les a remplacées par des chartes et des principes, il nage dans le marasme intellectuel du fonctionnariat.  Je te recommande de chercher plus haut, plus grand et plus profond que la poussière que l’on te lancera aux yeux.  Dès la conscience, recherche un livre : La Bible.  Puis une personne : Jésus.  A eux deux, ils pourront t’apporter l’espoir, le sens et le réconfort dont tu auras besoin tout le long de ton voyage.

Oui!  Le Québec est un lieu où il fait bon vivre… Ici, au moins, on n’a pas de guerre ni de tremblements de terre!

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Pasteur Blogueur, c'est Michel Vincent, pasteur à Mascouche, près de Montréal, "Des questions et une réponse. Je suis convaincu que la vérité est une personne!"

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