Les sens de C.S. Lewis
20 mars 2014  //  By:   //  Pensée de la semaine, Ressources  //  No Comment   //   870 Views

Clive Staples Lewis, né à Belfast le 22 novembre 1898,  est un être d’exception.  Un penseur, un philosophe un poète et un théologien influent du monde évangélique protestant rayonnant à travers tout le christianisme mondial.  Il fut un fervent défenseur de la foi, au point d’être surnommé « l’apôtre des sceptiques ».  L’œuvre de cet homme est aussi variée que profonde.  Voyons à travers ses cinq sens l’essence de celui que l’on appelle tout simplement : C.S. Lewis.

Le toucher diversifié

La main variée des œuvres de cet homme démontre toute l’étendue de sa culture et de la profondeur de son art.

Il a enseigné la littérature à la prestigieuse Université d’Oxford, puis à Cambridge, où il s’est spécialisé dans la littérature de la Renaissance et du Moyen-Âge.  Avec plus d’une soixantaine de livres publiés dans des genres aussi diversifiés que la poésie, la nouvelle, la théologie systématique et populaire, la philosophie, la science-fiction, le roman, le conte pour enfants, l’épopée mythologique, la critique littéraire et l’autobiographie, il est devenu rapidement une sommité littéraire.  Il fut animateur d’une chronique théologique sur les ondes de la radio anglaise durant la Seconde Guerre qui le projeta à l’avant-scène et lui conféra une grande popularité à son époque. Ami intime du célèbre J.R.R. Tolkien (Le Seigneur des anneaux, Le Hobbit), ils ont laissé leur empreinte avec les « Inklings », une société littéraire où les membres discutaient de littérature et de philosophie, apportant à tour de rôle des extraits de leurs plus récentes œuvres.  C’est au cours de ces rencontres qu’il partagea entres autres son œuvre la plus connue : « Les chroniques de Narnia » : œuvre de fiction principalement destinée à la jeunesse, publié en sept volumes et reprise au cinéma.

L’ouïe, son appel de Dieu

Né d’une famille protestante pratiquante, C.S. Lewis a grandi avec une fausse assurance et un vide existentiel dont il partage l’ampleur dans son autobiographie « Surprised by Joy ».  Ayant perdu sa mère à l’âge de 10 ans, il est admis à un pensionnat dont la sévérité et la rigueur lui font perdre l’espoir et  la foi.  Il comparera même cette période de sa vie aux camps de concentration! Ce n’est qu’à la suite d’un long et sinueux cheminement, entrecoupé d’une santé fragile, qu’il entendra l’appel de Dieu.

Il prend part à la première Grande Guerre en allant au front, combattant dans l’enfer des tranchées. Il est blessé en 1917 et revient au pays.

En 1931, il est professeur à l’université Oxford.  Nourri par les lectures de G. McDonald et G.K. Chesterton, c’est là, à la suite à de nombreuses conversations avec son ami Tolkien, qui était déjà converti, qu’il se « reconvertit » au christianisme.  Il adhérera à l’Église anglicane jusqu’à la fin de sa vie. Il demeurera cependant défenseur d’une vision élargie du christianisme multidénominationnel et centré sur l’Évangile seul.

Renouvelé, il a défendu dès lors le scepticisme avec une rhétorique unique.  Sa sensibilité et son écoute juste et précise du monde qui l’entoure lui confèrent un style très personnel et direct du christianisme.

L’odorat, un parfum intense

Sa sensibilité, sa prose et sa profondeur théologique sont réputées.  Son humour typique se retrouve dans ses œuvres, particulièrement dans ses romans.  Ses allégories imagées et directement inspirées par sa foi sont réputées et respirent le christianisme.  Il était un apôtre de la joie et de la beauté.  Selon lui, l’intensité du moment présent et l’abandon total dans la provision divine est le seul moyen de sentir l’éternité sur terre et ainsi, ressentir le ciel.

Dans chaque université ou il a enseigné, il a fait partie ou a démarré des groupes de discussion où il débattait d’apologétique et de la véracité de la foi en Jésus-Christ.  Plusieurs sommités scientifiques et littéraires de son temps ont ainsi pu entendre la pertinence du christianisme et de la foi à travers ces discussions.

La vue, sa vision unique

Pour lui, la foi s’éclaire sur un cheminement décisionnel. C’est la succession de choix logiques qui nous amène vers ce qui, selon lui, est la seule religion rationnelle : le christianisme.  D’une façon méthodique, il vise tout d’abord le phénomène religieux comme une palette qui s’offre à tous. Par la suite, le choix logique se réduit entre le polythéisme et le monothéisme.

Selon Lewis, le christianisme de son origine en Jésus pose un problème à l’humanité.  Lorsque Jésus se réclame être Dieu, il nous confine entre trois possibilités : soit Jésus est un illuminé, soit un menteur ou alors ce qu’il prétend être est vrai.

Le récit évangélique, les miracles et la résurrection viennent à bout du scepticisme et nous amènent à un constat : Jésus est celui qu’il prétend être.  Son livre, « Mere Christianity » y fait une synthèse profonde de son développement.

Le goût, la saveur laissée

Éclipsé par l’assassinat de J.F. Kennedy, et d’Aldous Huxley, le décès de CS Lewis tombe dans la fadeur quasi totale.  Atteint d’insuffisance rénale, il rend l’âme le matin du 22 novembre 1963. Il était âgé de 65 ans.

La saveur laissée par cet homme est intense.  Il a défriché une nouvelle direction pour toute une génération de théologiens chrétiens, où le style et la prose deviennent des compléments précieux de la rhétorique.  Par ses œuvres de fiction, il a su démontrer que le roman peut épicer merveilleusement le christianisme.  La profondeur de sa théologie et son développement philosophique a su inspirer les auteurs qui le suivront par la suite.

Depuis 2003, l’Église épiscopalienne le célèbre comme saint, commémoré tous les 22 novembre.  L’Église anglicane souligne chaque année sa mémoire.  Billy Graham en fait l’éloge : « j’ai trouvé en lui non seulement un être intelligent et plein d’esprit, mais aussi doux et gracieux. ». Même le Pape Jean-Paul II a déclaré que l’ouvrage « The Four Loves » était au nombre de ses lectures favorites.  Son écho s’est entendu jusqu’à Hollywood, qui a immortalisé sa mémoire au travers le film « Shadowland ».

Le site officiel de son œuvre est ICI.

About the Author :

Pasteur Blogueur, c'est Michel Vincent, pasteur à Mascouche, près de Montréal, "Des questions et une réponse. Je suis convaincu que la vérité est une personne!"

Related News