Un chrétien en vacances

Sur l’autoroute de la vie, le travail est une valeur essentielle pour certains. Les proverbes ne font pas bonne presse aux paresseux. J’entends souvent dire : Dieu et le diable ne prennent pas de vacances… alors nous aussi, nous ne devrions pas en prendre non plus. Nous roulons à fond de train et souvent, avant même d’arriver à une aire de repos, nous nous retrouvons en panne sèche ou avec un véhicule en bien piètre état.

Dieu s’est bien reposé le septième jour! (Gen 2:2) Au retour de leurs ministères, les disciples ont bien été contraints d’aller à l’écart après leurs succès d’évangélisation (Marc 6:31). Le repos n’est pas une malédiction destinée exclusivement pour les fainéants et les lâches. C’est un état voulu par Dieu et dont il est même le précurseur.

Pour une grande partie d’entre nous, l’été est synonyme de vacances. Nous allons prendre quelques jours, voire quelques semaines de congés, partir au loin pour certains et même dans le sud, là où la température et les plages sont plus clémentes.

Comment donc amorcer notre itinéraire estival et préparer des vacances qui nous seront bénéfiques : corps, âme et esprit?

Le véhicule (le corps)

Nous avons tendance à surévaluer notre moyen de transport. Notre corps est un véhicule résistant, mais pourtant fragile et complexe. La pression constante, les remorquages à répétition et le kilométrage émotif réduisent nos performances. Un arrêt n’est certainement pas un luxe, mais plutôt une nécessité. Il nous amène gentiment à réaliser que nous ne sommes que des hommes! Rien de plus.

Lorsque nous sommes chrétiens, nous avons la gloire de voyager avec Dieu. Christ en nous! (Eph 2:22) Quelle gloire immense de savoir que notre créateur-concepteur est au volant! Si du moins nous avons l’humilité de le laisser conduire… D’ailleurs, lui-même devait se reposer lorsqu’il était sur terre, bien en chair. Les millions de cellules qui composent notre bolide ont besoin de carburant et de repos. Surtout de repos. Nombreux utilisent leurs vacances pour surmultiplier leurs activités. Pourquoi ne pas appliquer la suggestion du fabricant? Un jour semaine de congé, ne rien faire sinon se reposer. Difficile lorsque l’on carbure au super! Commençons donc cette semaine de vacances en étant en… vacances. Prendre une journée à ne rien faire! Et honnêtement, rien ne sert de courir! Comme le disait un grand sage :

« Pour tous ceux qui vivent il y a de l’espérance ; et même un chien vivant vaut mieux qu’un lion mort. » — Ecclésiaste 9.4

Le GPS (l’âme)

Pour espérer se rendre quelque part, on doit avoir une carte fiable et une boussole précise. Le God Posisionning System (GPS) est ce qui se fait de mieux en fait de transport céleste sur la terre! Les vacances sont un temps d’arrêt pour se recentrer sur notre guide, et ce dernier ne peut que nous donner une étoile de plus au répertoire divin. S’arrêter, considérer et contempler le Seigneur de l’univers sont un essentiel lors de vacances dignes de ce nom (Ps 46:10). Le quotidien tumultueux et le rythme effréné que nous vivons nous font bien souvent oublier les réalités spirituelles qui nous entourent.

Prendre le temps de prendre le temps. Expérimenter la contemplation en allant faire une promenade en nature et disposer notre cœur à la reconnaissance de toute la grandeur de Dieu. En profiter pour se donner le défi de lire un livre dans la Bible, le Nouveau Testament en entier ou encore toute la Bible. Exercer mon écoute spirituelle à travers la prière. Utiliser une partie de ces vacances pour reprogrammer mon GPS interne et se poser les véritables questions : Qui siège sur le côté conducteur de ma vie? Quel genre d’automobiliste de la vie suis-je? : Chauffard? Ayant la rage au volant? N’utilisant mon automobile que pour mes besoins personnels? Qu’est-ce qui m’empêche de tout donner à mon Sauveur?

Prendre le temps de prendre le temps!

 

La mise au point (l’esprit)

Il est bon, avant de partir en voyage, de faire faire une bonne révision. Pour ce faire, habituellement, nous devons enlever la clé du contact, le temps de faire les révisions nécessaires! Pour tout voyage, le moment des décisions se prend avant le départ. Où allons-nous loger? Qui allons-nous voir? Qu’est-ce que nous allons visiter? L’arrêt devient alors nécessaire afin de décider des véritables enjeux. Sinon, nous risquons fort de ne transformer nos vacances qu’en continuum de la vie quotidienne, ou encore, en une spirale qui nous ramène indéfiniment a notre point de départ. Des vacances qui n’ont que le nom et dont la force de repos est vide.

Pourquoi ne pas profiter de ce vent d’air frais pour se déconnecter des réseaux sociaux, de la télévision et de l’internet? Plus intime : utiliser mon congé pour amorcer un programme d’entraînement de la langue! Fini les pensées négatives et destructrices, des paroles qui ne procurent aucune grâce. Plus familiale : Décider de m’oublier et passer du temps pour découvrir mes enfants ou pour conquérir mon épouse! Il s’agit simplement d’être créatif et d’examiner où sont les véritables besoins… Une préparation qui peut devenir un préambule et transformer nos vacances en véritables oasis rafraîchissantes.

Un retour sans détour

Prendre des vacances est un privilège et un moment idéal pour recharger nos batteries spirituelles, émotives et donner du repos à notre être tout entier. Dans un environnement axé sur la performance et le bien-être individuel, chacun a besoin de ce temps de ressourcement avec lui-même, avec sa famille et avec et son Dieu.

Lorsque nous passerons la douane de l’été et que l’on nous demandera « Qu’avez-vous à déclarer? », nous pourrons dire avec conviction : La joie, la paix et une année renouvelée en Lui.

Et pourquoi ne pas en faire une routine?

Pourquoi ne pas revenir à la base des commandements du créateur et prendre une journée par semaine pour nous recentrer sur notre Seigneur, notre communauté, notre famille et déconnecter du brouhaha quotidien. Réapprendre à respirer en profondeur et goûter le moment présent. Le seul moment qui nous lie vraiment à l’éternité.

Bonnes vacances!

Mon sabbatique pastoral

Après une douzaine d’années de services, J’avais l’impression que j’avais atteint le maximum de mes capacités, que je ne pouvais rien apporter de plus au ministère, que ma prédication tournait en rond et n’apportait plus de transformation efficace dans la vie des croyants. Je me demandais même si ma place était toujours au service de l’Église.

En plein trouble, j’ai consulté des collègues pasteurs et lus des biographies de grands hommes de Dieu pour constater que le malaise était… normal! C’est normal après une dizaine d’années au service de l’église, à force de service, d’en arriver à ce point. C’est un cycle normal chez les pasteurs. En effet, la tâche pastorale n’est pas un métier, mais une vocation. Nous ne sommes pas engagés, mais appelés.   La prise de décisions variées, leurs impacts dans la vie des autres, le combat spirituel et la grande diversité de tâches exigés ajoutent à cet appel une usure lente, progressive et impitoyable.

Telle une goutte d’eau s’écoulant sur une longue période de temps, et frappant toujours le même point, l’usure vint à bout même des plus grands, à l’instar d’Élie ( 1 R 19:4 ) ! C’est le signe qu’il est temps de prendre un recul, de prendre un sabbatique.

Qu’est-ce que c’est?

Prendre un sabbatique, pour un pasteur, c’est se retirer du ministère pastoral et de toutes ses obligations pour un laps de temps. Certains ont besoin de six mois, d’autre trois, d’autres encore d’un an. Tout dépend des circonstances, des enjeux, du niveau de fatigue et de la faisabilité. L’urgence, l’importance et notre culture nord-américaine axée sur la performance nous donnent une fausse impression du travail et nous fait rebuter un recul. Pourtant, tous les intervenants consultés sont unanimes : pour certains métiers, c’est une question de survie.

Dans mon cas, j’ai choisi de le faire durant l’été, en y amalgamant mes vacances personnelles. Mon sabbatique se déroule en trois phases. Deux « semi-sabbatiques », du 29 juin au 20 juillet, puis du 1er au 28 septembre. Durant ces périodes, je me chargerai de la prédication du dimanche et prendrai un recul des autres tâches. Durant cinq semaines, du 21 juillet au 30 août, je serai en sabbatique complet. Bien que la plupart des intervenants que j’ai consultés m’ont recommandé un minimum de trois mois de recul, compte tenu les ressources dont dispose notre église et surtout, mon moral qui est quand même toujours bon, je crois et j’espère que ce sera suffisant pour un ressourcement efficace.

Qu’est-ce que l’on y fait?

Tout d’abord, je me repose! L’usure est le propre de l’être humain, nous avons besoin de repos et le bien vouloir ne remplacera jamais des capacités renouvelés. C’est une recharge des batteries. À la fois corporelle, émotives, mentales et spirituelles. (Mc 6:31)

Sabbatique ne signifie pas ne rien faire! C’est le moment charnière de ma « mi-vie ». Arrivée a cinquante ans, après trente ans de pèlerinage avec Dieu, j’ai besoin e faire le point sur ce que Dieu a fait de moi, ce que crois qu’il désire accomplir à l’avenir. S’il le désire, et que je me conforme à l’espérance de vie, je devrais avoir encore une vingtaine d’années actives devant moi. En me basant sur mes années passées, je réaligne mes priorités et les projettent dans l’avenir. Un sabbatique est le temps propice pour une profonde réflexion. J’en profite pour faire table rase et réécrire mes objectifs personnels, ma vision du ministère et mon plan de vie. Redéfinir mes activités afin d’être le plus efficace possible au cours des quelques années qui me restent. (Ps 84:6)

Évidemment, la source principale du ministère est Dieu lui-même. Il est au centre de mes activités. La prière, la lecture, le jeûne, la méditation de sa Parole sont au cœur de ce ressourcement. Je recherche sa face et sa direction pour ma vie personnelle et mon ministère. Je profite de cette oasis pour me restaurer aux eaux vives. Je crucifie certaines mauvaises habitudes qui se sont révélées au cours des années, et penses certaines blessures qui n’ont tout simplement pas eu le temps de guérir. C’est le temps du travail en profondeur au sein même de mon propre cœur.

C’est également le temps pour moi de réviser notre vision et notre mission quant à notre église. La renouveler et la réajuster en fonction de l’église et du pasteur que nous sommes devenus ensemble depuis presque quinze ans.

Le tout bien nourri de lecture choisie et sélectionnée soigneusement. Je dois avouer que Dieu a été gracieux avec moi et m’a dirigé vers des livres fantastiques concernant le propre d’un sabbatique, l’orientation en milieu de vie, mes craintes, mon leadership et mon ministère. En tout, une quarantaine de livres seront dévorés durant cette période.

Qu’est-ce que ça donne?

Tous ceux qui y ont été plongés ont témoigné d’une vision renouvelée, d’un enthousiasme et d’une énergie toute rafraichie et puisée à la source même du St-Esprit.

Vous aurez une version 2.0 d’un ouvrier rétabli spirituellement, émotivement et dont les batteries auront été chargées à bloc! Et en prime une vison et une mission remises à neuf et adaptée de notre église.

Comment coopérer?

Tous peuvent facilement coopérer à mon sabbatique. Simplement combattre avec moi dans la prière pour que ce temps soit aussi récupérateur qu’il se doit. Afin également que le Seigneur m’accord la grâce d’une direction claire.

Le propre d’un sabbatique est de se retirer pour un temps des pressions et des enjeux reliés au ministère pastoral. Comme toutes piles rechargeables, on doit la charger a plein avant l’utilisation.  Évidemment la collaboration de toutes les brebis est essentielle pour que les effets bénéfiques du sabbatique se fassent sentir : pas de messages, de courriel, d’appel ou de requêtes qui concernent le ministère durant cette période. S’en remettre à Dieu, aux responsables ou simplement attendre mon retour. Les brebis de l’église sont également mes amis. Lorsque nous nous voyons, faisons l’effort de ne pas mêler problèmes pastoraux et rencontres amicales.

Plusieurs passages de la bible encouragent de prendre un soin particulier de nos ouvriers. C’est le moment idéal de les mettre en pratique.

Loin d’être un signe de faiblesse, un sabbatique pastorale est le moment idéal de reconnaitre que nous ne sommes que des hommes, et que tout ce que nous faisons, nous le faisons pour glorifier Dieu. Car sans Lui, nous ne pouvons absolument rien faire.

J’aime l’église de Dieu, particulièrement celle où Il m’a placé. Je prie le Seigneur de m’accorder encore de belles années à son service. Joignez-vous à mes prières afin que ce sabbatique de quelques semaines soit un tremplin de ressourcement et nous projettes tous vers le sentier que Dieu a préparé pour nous.