La Parole vivante

Au premier abord d’une bible, le commun des mortels se sent immédiatement intimidé. LE livre énigmatique parmi tous. Le livre interdit par certains, et dont tous les yeux désirent y plonger les regards une fois dans une vie. Une aura de mystère plane au-dessus de ces pages qui débutent avec un récit étonnant de la création et se termine dans le fracas étourdissant de la fin de l’univers. Certains plus mystiques croient qu’un code secret y est inséré et qu’un système compliqué et pyramidal de connaissance progressive est la seule issue pour craquer les mystères du livre sacré.

En fait, l’encre et le papier ne peuvent rendre justice à toute sa profondeur. Nous avions recensé en 2006 que la bible était traduite en plus de 2400 langues dans le monde. Dans chacune de ces langues, la Parole de Dieu arrive à s’exprimer et transformer ceux qui y plongent les regards, et ce, dans leurs propres langages! Moins compliqué qu’une gnose et plus engageant qu’un journal, la Bible exprime effectivement une voix, celle de Dieu. Ne dit-on pas qu’elle est « La Parole de Dieu ».  Comment la bible peut passer d’un livre populaire à la Parole de Dieu?

La conversion enlève le voile

Lorsqu’un cœur se convertit au Seigneur, la lumière est rétablie et le texte prend un tout nouveau jour. Il s’illumine pour le lecteur (2 Cor 3:16). C’est dire que pour le même texte, la même traduction, les mêmes pages imprimées, une part de ses lecteurs restera dans l’obscurité et lira les mots, mais ne les comprendra pas. Seule la conversion enrichit le texte au-delà de l’imprimée visible.

La Bible en tant que livre est un support au plus profond des mystères : Dieu désire parler aux hommes. Sa parole écrite est un message clair pour tous ceux qui désirent y rencontrer l’auteur. Celui qui tente d’y trouver la gloire, la puissance ou simplement la connaissance se butera au créateur lui-même. Une herméneutique hermétique qui se dévoilera uniquement sur la confession d’un cœur qui désire véritablement rencontre Dieu.

Le St-Esprit éclaire le texte

Le texte biblique est différent de tout ce qui a été écrit dans l’histoire de l’humanité. Il est inspiré (2 Tim 3:16) Dieu lui-même l’anime indépendamment de la traduction et du papier. Plus qu’une simple influence, l’Auteur (Dieu) s’exprime réellement au travers les humains qui l’ont mis sur papier.

Ouvrir la Bible c’est plonger dans une lecture à deux niveaux. Celle des yeux, où je me penche sur un texte écrit et traduit. Puis celle du cœur, ou je m’épanche dans une parole spirituelle, mais non moins tangible. Avec les yeux, nous comprenons le sens des mots, la direction des idées, la boussole de l’instruction. Avec le cœur, je saisis les paroles et pensées de Dieu. (Act 16:14) La Bible est un livre sous influence, comme si j’ouvrais les pages de Narnia et que CS Lewis lui-même me parlait, m’influençait, dans le secret de mon âme. Dieu, par son Esprit, illumine les yeux de mon cœur afin que je saisisse la vérité et que j’entende sa voix. Une vérité incompréhensible pour le cœur qui ne s’est pas donné au Seigneur, mais quotidienne pour celui qui a accepté la grâce de Dieu pour sa vie.

 

Ouvrir la Bible c’est plonger dans une lecture à deux niveaux.

 

Mon attitude teinte la lumière

Quand j’ouvre ce livre, j’amorce une conversation. Je laisse mon créateur me parler, me révéler un peu plus de sa personne, et par le fait même, de la mienne. Sa Parole éclaire, révèle et divise. « Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur. » —. Hébreux 4.12

Elle est indépendante, elle s’autoproclame inspirée et vivante, elle se dit elle-même juge et lumière. Elle est unique non seulement par sa hardiesse, mais également par ses prétentions. La lumière qui y émane sera invariablement teintée par mon attitude. Si je remets en doute constamment ce que j’y vois, ou encore, si je l’éteins sitôt lue, cette lumière risque fort d’être bien ténébreuses (Luc 11:35). L’attitude et la déférence sont de mises lorsque je tourne ce couvert, ce n’est pas un banal journal. Je l’ouvre, car je sais que Dieu désire me parler et éclairer mon cœur, mon sentier, ma vie (Luc 8:18).

Mon obéissance donne la puissance

Le plus merveilleux est que cette Parole vivante exprime sa puissance dans notre propre obéissance. Elle éclaire et va même éblouir l’observateur. Par notre témoignage, nous confirmons tout ce qu’elle affirme. Nous exprimons ce qu’elle révèle, nous reflétons l’éclairage qu’elle donne et allumons la lampe que nous sommes afin d’éclairer ce monde.

Par notre obéissance en cette Parole, nous devenons des pyromanes spirituels par lequel Dieu désire embraser l’univers qui nous entoure. Un Phare dans l’obscurité ou nous vivons (Phil 2:15). Nous devenons la bougie vivant qui démontre au monde la véracité de cette parole transformatrice. Nous sommes, l’Église, la sagesse infiniment variée de Dieu.

D’un couvert

Dès qu’il est ouvert, ce livre a la capacité d’illuminer le cœur et la vie du lecteur. Loin d’être à mot couvert, la Parole de Dieu désire se faire entendre, mais pour se faire, le cœur du lecteur doit se transformer en auditeur et passer des yeux au cœur afin de laisser Dieu non seulement l’instruire, mais l’élever et révéler son âme.

Nous devons tenir compte de cette réalité lorsque nous ouvrons la Parole en compagnie d’un ami ou d’un frère. Elle ne laisse personne indifférent et elle a la capacité d’éclairer quiconque désire la lumière. Voilée pour certains, obscure pour d’autres, transformatrice pour ceux qui veulent y rencontrer l’auteur de l’Univers qui s’y révèle au-delà de l’encre et du papier.

« Ainsi en est-il de ma parole, qui sort de ma bouche : elle ne retourne point à moi sans effet, sans avoir exécuté ma volonté et accompli mes desseins. » — Esaïe 55.11

La lettre écarlate

Dans ce que l’on nomme « le premier grand classique américain », écrit par Nathaniel Hawthorne, la lettre écarlate expose l’histoire d’une femme adultère, tombée enceinte par le pasteur d’une petite communauté de la Nouvelle-Angleterre. Elle est alors exclue à vie du village et condamnée à arborer au cou une lettre A écarlate partout où elle ira en signe de son adultère. L’auteur expose ainsi ce qu’il appellera la sanction hypocrite d’un adultère dans une société au puritanisme obsessionnel de l’époque coloniale.

Presque trois cents ans plus tard, l’adultère est le lot de presque la moitié des ménages. En fait, la survie même du couple n’est plus que d’une quinzaine d’années en moyenne. Sans qu’il y ait adultère à proprement parler, la résilience n’est plus au rendez-vous. Au-delà de la fidélité, c’est la notion même de complicité qui est remise en question.  Plusieurs se lancent même à corps perdu dans l’adultère virtuel, seul derrière l’écran de fumée, se cachant à soi-même une vérité bien désolante.

En voie d’extinction

Le couple marié pour la vie et jusqu’à ce que la mort nous sépare est maintenant bien révolu et les conséquences en sont désastreuses. Nous en ressentons les contrecoups dans l’église.   La cellule familiale éclatée, l’instabilité et l’insécurité qui en découle ne sont que quelques indices d’un profond malaise qui tire sa source aux montagnes des épreuves qu’une foi chétive n’a su déplacer.

Sous la bannière du droit au bonheur, de la liberté de choisir et d’une grâce divine plus grasse que grâce, nombreux creuses eux-mêmes le piège qui les engouffrent vers la séparation et arrivent jusqu’à se convaincre que Dieu en personne, dans tout son amour, les approuve. Ne veut-il pas, après tout, que nous soyons heureux?

D’autres, plus volontaires, en viennent à déduire que Dieu a fait une erreur; ou pour le moins, dirons que ce mariage n’était finalement pas la volonté du Seigneur. Un divorce légitime et compréhensible devient alors envisageable, si l’adultère n’est pas présent déjà, devant les frustrations et les attentes désillusionnées.

Mais qu’en dit le principal intéressé, l’instigateur du mariage et le créateur du genre humain?

 

Sous la bannière du droit au bonheur, de la liberté de choisir et d’une grâce divine plus grasse que grâce, nombreux creuses eux-mêmes le piège qui les engouffrent…

 

Au commencement

Déjà, de la bouche et du doigt même de Dieu, directement sur les Tables de la loi, il y est inscrit : tu ne commettras point d’adultère. (Ex 20:14) Puis, plus subtile, mais non moins éloquent : Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain. (Ex 20:17)

Dieu a cru bon et nécessaire de nous rappeler directement aux commandements de base que l’adultère et la convoitise ne sont pas une option qu’il approuve dans nos relations de couples. Le caractère définitif et permanent de ces commandements ont été affirmé lorsque Jésus leur donna un sens encore plus dramatique. Il nous ramène alors au tout premier couple de l’humanité et à ce que Dieu planifiait pour chacun de nous en disant a ceux qui tentaient de trouver un passe-droit au divorce que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. (Marc 10:9) Plus éloquent encore, il dit à propos de la loi, qu’il est plus facile que le ciel et la terre passent, qu’il ne l’est qu’un seul trait de lettre de la loi vienne à tomber. (Luc 16:17)

Croire que Dieu approuve ou même tolère ce qu’il a statué comme contraire à sa volonté est une illusion et une ignorance à la fois de Sa volonté et de son amour. Au même titre que le vol, le mensonge, l’idolâtrie et le meurtre, l’adultère et la convoitise sont à la base de l’ordre que Dieu a établi pour les hommes. S’y soustraire, c’est pécher. Et même si Dieu a permis dans certaines situations précises le divorce (Deut 24:1); Jésus remet les pendules à l’heure en rappelant que la dureté du cœur en est la cause. À l’origine il n’en était pas ainsi! (Matt 19:8)

Croire que Dieu approuve ou même tolère l’adultère et la convoitise est une ignorance de son amour. Dieu est le créateur qui sait que notre bonheur véritable, notre croissance profonde et notre maturité dépendent des relations; et le couple est au cœur de ces relations. Quitter et abandonner le bateau au moindre soubresaut ou même lorsque l’épreuve est difficile, c’est oublier que Dieu est le Dieu qui sait et qui peut. Celui qui veille sur ceux qui le craignent.

Le même hier et pour toujours

À notre époque de relativisme narcissique où les droits et les privilèges passent bien au-dessus des obligations et de l’engagement, de nombreux croyants espèrent rallier une pratique chrétienne et une piété de surface à une vie qui entre carrément en contradiction avec la volonté de Dieu. Comme on dit, ils désirent le beurre et l’argent du beurre. Ils croient pouvoir négocier sur la base de la pitié et de certains droits et liberté afin de faire fléchir les exigences divines. Être disciple de Christ, ce n’est pas seulement dire et paraitre, mais également obéir et être.

« Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père, je l’aimerai, et je me ferai connaître à lui. »  — Jean 14.21

J’ai peur!

« Il répondit : J’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu peur, parce que je suis nu, et je me suis caché. » — Genèse 3 : 10

Plus de 600 fois les hommes ont peur dans la bible. Probablement autant à chaque jour pour le commun des mortels. Peur d’arriver en retard, peur de ne pas recevoir une promotion, peur, car un automobiliste a failli nous emboutir, peur de ne pas avoir de quoi payer, peur de ne pas être à la hauteur, peur d’avoir peur… Et le Seigneur répond à la peur par la douceur, par des mots tels que : prend courage, ne t’effraie point, ne craint point, fortifie-toi, je suis avec toi. Dieu est bien conscient de nos peurs et nos frayeurs. Ici-bas, c’est la zone! Les menaces et les incidents peuvent devenir rapidement des sources d’inquiétude, d’anxiété et de stress intense. Comment se sortir de la spirale de la peur?

Un problème universel

La peur est le propre de l’univers qui nous entoure. C’est presque le moteur de la nature. C’est ce qui fait avancer et ce qui fait reculer. Tout comme la loi de l’apesanteur, elle est là, invisible, sans éblouir et pourtant bien réelle. Nous la ressentons, nous la vivons chaque jour. Elle nous influence, elle teinte nos choix et est l’assise nécessaire pour maintenir l’ordre. Les tribunaux sont d’ailleurs fondés sur la peur du châtiment, même le courage est perçu comme la victoire sur la peur. C’est elle qui paralyse ou donne l’élan nécessaire.

Certes, les peurs ne sont pas toutes égales. Il y a les petites peurs, les frousses banales qui peuvent même exciter, comme dans un manège. Elles stimulent et animent. Il y a les peurs, plus sérieuses, qui menacent notre vie : réflexes, protection et instinct de survie pourtant nécessaires au maintien du quotidien. Il y a la peur incontrôlée, celle qui peut se muter en anxiété et sombrer dans la panique, une peur irrationnelle devant une perspective que nous jugeons menaçante. Elle peut même se généraliser et devenir un style de vie par des obsessions et des compulsions. Une vie de peur qui peut conduire même au suicide. Que dire des dépressions ou tout l’être tombe dans le néant et dont les portes de l’espoir ne sont fermées qu’en raison d’une peur fondée sur l’expérience personnelle ternie par l’effroi.

L’origine de la peur

« J’ai eu peur, parce que je suis nu » lança Adam (Gen 3:10).  La Bible nous expose clairement la source universelle de toutes les peurs, la mère des frayeurs : l’homme a dramatiquement décidé de s’appuyer sur ses propres capacités pour gérer une vie hors du plan que Dieu avait prévu pour lui. Devenir comme Dieu (Gen 3:5) n’a rien à voir avec le rêve de devenir Dieu. C’est une ambition impossible ou les capacités n’arrivent pas à la hauteur des prétentions.

La peur est née de ce constat d’impuissance entre ce que je suis et ce que je désire être. Elle est un refus d’accepter la réalité et dévoile la tentative de vivre un rêve utopique : celui d’être comme Dieu. (Eze 28:2). La chute a créé la peur et la peur s’est installée comme une règle, un premier sentiment qui est devenu un mode de vie. La peur, c’est l’homme qui fuit sa véritable identité et qui refuse celle que Dieu a pour lui. Avoir peur, c’est se voir tel que nous sommes: Nu. Sans ressources, sans forces, sans espoir et sans justice. J’ai peur, car je réaliser que je suis impuissant devant mon projet d’être comme Dieu et de contrôler tant bien que mal ma propre vie à ma façon et selon ma propre volonté.

Avoir peur, c’est se voir tel que nous sommes!


Créé pour craindre

Nous ne sommes pourtant pas si loin d’une résolution de la peur. En fait, le problème est à même la ressource, car Dieu nous a créés pour craindre.

Il nous a créés pour craindre son nom. La peur est une bonne chose lorsqu’elle est dirigée vers les bonnes ressources. Elle inspire alors le respect et la prudence, empêche de trébucher et encourage le dépassement. Lorsque la crainte prend sa source en Dieu, elle devient le début de la sagesse (Prov 9:10), la véritable vie pratique selon Dieu.

La crainte n’a rien de négatif. Contrairement à la peur qui révèle l’impuissance, la crainte inspire le respect. Crainte et peur se rejoignent au carrefour de l’inconnue et provoquent un même sentiment d’incertitude. Nous pouvons craindre Dieu et en avoir peur, mais lorsque nous le connaissons véritablement, cette peur se transforme en amour et la crainte devient alors une profonde déférence.

À la chute de l’homme, la peur s’est imposée, et a remplacé la crainte de Dieu. Désormais, nous vivons dans une confusion ou la peur a usurpé la crainte.

Un choix courageux

Le véritable courage n’est pas d’annihiler la peur, ni même de la surmonter. Le courage est un constat, celui d’admettre mon incapacité à contrôler quoi que ce soit malgré mes aspirations. Celui d’admettre mes faiblesses et mes limites. Le courage c’est de m’en remettre à celui qui était, à l’origine, le pourvoyeur, le protecteur et le Seigneur. Une reddition complète et totale envers celui en qui nous avons toutes les raisons de faire confiance.

L’amour parfait bannit la peur (1 Jn 4:18), un amour dirigé vers celui que nous devons craindre. L’amour rend aveugle dit-on. En effet, l’amour confiant en Dieu ramène la confiance absolue en celui qui peut absolument nous aimer, et il l’a prouvé d’une façon totale sur la croix.

Dans le jardin, les yeux de l’un et de l’autre s’ouvrirent pour aveugler un cœur qui désormais s’est renfermé dans la peur. J’ai peur lorsque j’ouvre les yeux et vois un monde plus grand que nature, désormais menaçant et hostile. Ma peur s’estompe lorsque les yeux de mon cœur s’éclairent (Eph 1:18) et que j’entends la voie du Seigneur:

« C’est moi ; n’ayez pas peur ! » — Jean 6 : 20