Auschwitz : La frontière obscure

Cette semaine nous commémorons le soixante dixième anniversaire de la libération du Camp d’Auschwitz et de son jumeau Birkenau. L’horreur concentrée que nous y avons découverte a été révélée au grand jour et toute la stratégie d’extermination a été dévoilée lors du procès de Nuremberg. La « solution finale » avait la prétention d’exterminer tous les juifs d’Europe, et idéalement, de la planète puis amener sur la terre un règne millénaire ou le Reich d’Adolph Hitler rétablira, sous la croix gammée, l’ordre selon sa vision propre de la paix.

J’entendais hier un témoin raconter comment, à leurs arrivées au camp, les femmes et les enfants étaient d’abord séparés des hommes. Puis, dans un camp adjacent, les enfants en bas âges et les bébés, arrachés des bras de leurs mères. Les petits étaient dénudés, jetés vivants en tas dans des bennes de camion puis transportés à quelques pas du lieu. Un feu à ciel ouvert y était entretenu en permanence. Comme des déchets jetés au dépotoir, ces bébés étaient livrés aux flammes, brulés vifs, dans les pleurs la souffrance et dans l’indifférence complète des travailleurs et des soldats. Ce juif, témoin de ce carnage comparait la géhenne apocalyptique à ce qu’il avait vu.

Ce qui me trouble dans cet épisode de l’histoire humaine, c’est autant l’horreur que la conscience. Qu’est-ce que était différent chez ces nazis, pour en arriver à commettre cet holocauste?

Le bien et le mal?

Est-ce que leur conception du bien et du mal était différente? Les bourreaux de ce crime n’étaient pourtant pas des étrangers aux valeurs judéo-chrétiennes. C’était des gens bien au fait du christianisme, de l’amour de Christ et des commandements divins. Ces Européens, Allemands pour la plupart, savaient que tuer un être humain était mal aux yeux de Dieu. Ils avaient la même référence morale que le reste de l’Europe et de l’Amérique. Luther, le père du protestantisme, était un Allemand! Certains tortionnaires allaient à l’église le dimanche et croyaient sincèrement y rendre un culte à Dieu. La justification la plus souvent apportée au procès fut : « J’obéissais aux ordres… » Ces gens avaient la même notion de bien et de mal que chacun de nous.

Un choc culturel?

Est-ce que les différences culturelles sont suffisantes pour expliquer des drames comparables? Certains croient que le choc des cultures crée tellement de tensions qu’une rupture est inévitable. Il est facile de mettre sur le dos de la différence l’explication du mal. Les juifs assassinés étaient, en fait, européens depuis de nombreuses générations, et pas si différents… La culture ni une certaine forme de racisme seule ne peut expliquer non plus l’intensité de ces crimes.

Une réalité dérangeante

Les nazis croyaient faire le bien. Sachant pourtant qu’ils seraient désapprouvés du reste du monde, ils ont persévéré en croyant profondément rendre un service à l’humanité. Leur conscience a été remodelée, les acteurs ont été convaincus et ont agi selon ce qu’ils croyaient bien. Leur intelligence a été renouvelée vers un mal qu’ils ont accepté volontairement comme bien. Ils se sont donné le permis de tuer et de laisser aller leur nature profonde. Le seul crimes des victimes fut d’être juifs. C’est la seule raison, et c’est horrible à la fois.

Après la guerre, lorsque l’on a démasqué les criminels de guerre enfuis et recherchés pour leurs contributions aux massacres, les témoignages des voisins étaient troublants : des gens ordinaires, polis, gentils.

C’est justement ce qui nous trouble et nous dérange. Le nazi sur les photos d’époque ressemble à mon voisin, à mon cousin, à mes amis… Au reflet de mon miroir. Même si nous ne voulons pas l’admettre, un humain, comme tous les humains, et finalement pas très différent de nous. Et ça nous laisse avec un frisson dans le dos… Le nazi, c’est en fait chacun de nous laissé à lui-même.

L’humain avec la permission de laisser libre cours à sa haine intrinsèque et naturelle. L’humain, autorisé à tuer puis dirigé vers un bouc émissaire. L’humain dont la violence conduite et encouragée par une idéologie puis canalisée par un effet d’entrainement révèle son véritable fond. Le nazi, c’est un humain en tout point de la même nature que chacun de nous.

Aux frontières

Auschwitz nous amène aux frontières obscures de l’être humain. L’humain, avec tout son potentiel de violence et de haine, digne de notre aïeul Caïn. Une violence qui s’est transmise de génération en génération. Un humain sans Dieu en est un avec une conscience malléable et une intelligence manipulable dont seul l’Esprit de Dieu peut véritablement renouveler. L’homme est et sera toujours un potentiel de destruction massive pour ses frères, quelle que soit la race.

La seule issue est Jésus-Christ : Un juif torturé, battu, puis crucifié. La croix de Christ est la seule croix qui puisse apporter la véritable paix, à la fois avec Dieu et entre les hommes. Auschwitz nous rappelle de quoi l’homme est capable et combien il a besoin de Jésus.

Les pattes d’oie

Me voici quinquagénaire! Le demi-siècle bien sonné. Les années commencent a tracer leurs sillons dans mon visage et la neige éternelle transparaitre au sommet. Je vieillis. J’entends des amis du même âge soupirer, déprimés, s’exprimer comme une fatalité devant l’inévitable décrépitude du véhicule. On ne fait plus tout ce que l’on désire! Certes, je commence à ressentir la tente s’user. Les morceaux s’ajustent moins bien. Les bobos sont souvent plus rigoureux.

Pourtant j’aime vieillir. J’aime m’aventurer dans les dédales de la vie, ne sachant ce que le prochain corridor me réservera. J’aime savoir que je n’ai pas les réponses à tout, et que j’ai encore tout à apprendre. J’aime aussi constater que j’ai avancé, réalisé le chemin parcouru. Il y a une fierté mêlée d’accomplissements à savoir que je me suis rendu maintenant.

J’aime me voir dans le miroir, les pattes d’oies et les cheveux blancs témoignant le passage du temps et me rappelant ce que je suis… mortel, de passage et un simple accessoire dans le calendrier éternel. J’aime me savoir vulnérable, sans les ressources, sans les réponses. Ça me rappelle que j’existe et que je vis encore sur terre.

J’aime exister ici-bas, avec ma foi fragile et mon Dieu, mon rocher sur lequel je peux m’appuyer. Le sol du présent est si marécageux que je peux comprendre mes amis, en désarrois, sentir leur vie s’enfoncer dans le sable mouvant du sablier. Un aller simple vers la terre, vers la poussière d’on nous avons été créés. Il y a de quoi déprimer! Je les comprends, et je partage souvent ce sentiment d’incertitude, lorsque la lumière s’obscurcit et que le labyrinthe m’aspire dans ses dédales. C’est à ce moment précis que je réalise toute la chance que j’ai d’être accompagné.

La vie est une aventure plus grande que l’homme.  Les zones d’ombres, les carrefours obscurs, les embuches et les sombres vallées peuvent facilement nous faire voir la vieillesse comme une fatalité néfaste conduisant vers une décomposition prématurée. Une attente inévitable vers le point de non-retour ou les vers nous boufferons six pied sous terre, et dont on a souvent l’impression… qu’ils prennent de l’avance!

J’aime ma vie avec Dieu inclus. La vie n’a qu’un sens d’entretien si Dieu n’en fait pas partie. L’on entretient son corps pour masquer les effets du temps, on entretient ses proches pour tenter de semer un peu de bonheur, on entretient la planète en croyant laisser un héritage après notre propre mort. Mais au bout, le sens que nous lui donnons n’est que de faire un beau ménage afin que quoi? Que la vie soit plus belle? C’est de se contenter que de la surface, masquer les rides en espérant que le temps arrangera les choses. Le temps sur terre est implacable, et ne fait qu’obéir à ceux qui en font partie. NOUS, imparfait, égoïstes et trop occupé à vieillir. Le temps prend la couleur de ceux qui le marquent.

J’aime savoir que j’ai cinquante ans, qu’aujourd’hui est la première journée du reste de ma vie. Que toutes ces années (peu nombreuse) auront servi, je l’espère, à m’orienter et aider les autres dans le labyrinthe. Il y a une trentaine d’années, j’y ai rencontré LE guide. Avec lui, les vallées ne sont pas nécessairement plus faciles, mais elles sont plus agréables. Le chemin n’est pas toujours clair, mais je suis en sécurité. Je n’ai pas toujours une vision limpide de l’arrivée, mais je sais qu’à chaque pas, il est là, avec moi.

J’aime vieillir, car chaque jour j’apprends à connaître de plus en plus et de mieux en mieux mon guide : Jésus.   Sans lui, vieillir serait insoutenable. Vieillir seul, c’est de ressentir l’effet du temps qui nous bouscule et nous fait trébucher.  C’est négocier seul avec ses angoisses et amorcer un décompte fatal dont la tombe, inévitable, ne laisse que le souvenir d’une belle pierre ou il est inscrit : « A un père aimant ». Mais avec Lui, la vie devient une aventure dont l’issue n’est certainement pas une ultime fin, mais un éternel commencement.

Malgré les peurs, les nuages, les peines, il y a la joie et la paix.  Savoir qu’aujourd’hui est une croquée additionnelle d’éternité.  Savoir que demain, si je me réveille, j’aurai devant moi une nouvelle journée ou je pourrai encore refléter une lumière, une lueur dans ce monde trop sombre pour ne pas désirer y vieillir.

Qu’ai-je à craindre puisque je survivrai à ma mort.

L’horreur dans l’erreur

Non! Je ne peux accepter l’horreur que j’ai vue hier.

Ces hommes aveuglés par leurs convictions qui prennent les armes, s’organisent et planifient minutieusement le meurtre d’une douzaine de journalistes, d’artistes, qui n’avaient même pas de quoi se défendre, tirés dans le dos. Un geste d’une lâcheté indescriptible et qui démontre bien toute l’horreur des extrémistes de ce monde. L’extrémisme aveugle l’humanité et ne tourne le regard que vers soi… Jusqu’aux armes, au meurtre, à l’horreur : Mes opinions, ma justice, ma vengeance doivent s’exécuter à tout prix.

Le danger dans ces moments, c’est de perdre la perspective et de stigmatiser dans un événement une réalité encore plus troublante. Le danger est de se transformer nous-mêmes en ce que nous rebutons. Saisir les armes que nous avons sous la main, clavier et crayons, et tirer à boulets rouges sur les auteurs du crime. Et nous nous abaissons à leur niveau. Nous perdons alors notre objectivité et même notre humanité.

La liberté ou le respect

Nous avons entendu à de nombreuses reprises que ce n’est pas seulement l’occident qui est attaqué, mais toute la liberté d’expression. J’ai un malaise profond avec cette sacro-sainte liberté. Où s’arrête-t-elle? Doit-on lui mettre une frontière? Sans la museler, lorsque la liberté bafoue le respect elle devient arrogance et insulte. C’est une façon immature et antisociale de régler ses comptes. On peut être outré, l’exprimer, mais la façon dont on s’y prend révèle la maturité. Charlie a poussé fort sur le crayon de l’irrévérence et le respect était le moindre de ses soucis. « Il fallait que le monde sache ce que j’en pense » au risque de froisser, blesser ou même trainer dans la boue des valeurs profondes pour le plaisir de faire rire ou à peine réfléchir.

Lorsque la liberté d’expression écrase le respect de l’autre, nous devenons anarchiques, nous bafouons tout ce qui fait une société démocratique un lieu où l’expression est sanitaire. Rabaisser l’autre par l’intellectualisme, la caricature ou un propos humoristique qui masque à peine le mépris n’est pas plus évolué que le radical qui règle ses frustrations à coups de Kalachnikov. Ce n’est qu’une façon différente et immature de s’exprimer, indigne d’une société qui se réclame civilisée. Non, je ne suis pas Charlie, je suis chrétien et en tant que chrétien je ne peux entrer ni dans le camp du sarcasme et encore moins dans celui de la violence.

Provoquer et assumer

Un commentaire récurant entendu au travers les médias est « C’était inévitable ». Il y a une tendance de plus en plus évidente de notre côté de la planète. Nous crachons au hasard et croyons que jamais nous ne serons aspergés. Nous surexploitons la planète et nous mettons la tête dans le sable en croyant que cela ne nous affectera jamais. Nous vivons un rêve de confort et de liberté inatteignable pour plus de 80% de la population et nous trouvons étrange la révolte des pauvres. Notre société, à bien des égards, ressemble à cette monarchie que le peuple a délogée lors de la Révolution française. Inatteignable, méprisante et surtout aveuglée par sa propre splendeur.

Nous croyons du haut de notre tour occidentale que nous pouvons provoquer sans vergogne, et nous sommes surpris par la réaction (injustifiable ici, c’est évident). Comme si nous n’étions tout simplement pas prêts à assumer les conséquences de nos actes. Comme si nous étions inatteignables et que notre liberté nous donnait des droits que nous refusons au reste du monde. « C’était inévitable », disent-ils tous. Notre société aseptisée vient de se buter au mur du reste du monde. Tout comme le 11 septembre, c’est un mur dur, intransigeant et dont la démarche est à des années-lumière de la nôtre. Charlie a provoqué la rage de ces fanatiques, et je le répète, pour être certain d’être clair, ce qu’ils ont fait est absolument atroce. À chaque provocation, nous devons nous attendre à une réaction. Non, je ne suis pas Charlie. Je suis chrétien, et chez nous, nous ne provoquons pas nos ennemis ni ceux qui nous sont différents. Battus, nous tendons l’autre joue, torturée, nous prions pour eux.

Stigmatiser des martyres

Au même moment où cette atrocité était commise, à quelques kilomètres à peine, l’organisme Portes-Ouvertes, dévoilait le bilan des persécutions chrétiennes pour 2014 commises par ces mêmes extrémistes. La pire année depuis des siècles! Plusieurs milliers de mes frères et sœurs ont été tués, torturés, violés dans le plus grand silence. Plusieurs centaines de milliers d’autre ont vu leurs droits bafoués, ne pouvant travailler ni même se déplacer pour la simple raison qu’ils sont chrétiens. Ils n’ont pas insulté le prophète ni même dévoilé un regard défiant. Ils n’ont même pas sorti la plume contre l’épée. Ils existent, c’est tout ce qu’on leurs reprochent, et c’est déjà assez pour les exterminer.

Chaque drame est unique et l’intensité ne peut se mesurer dans la douleur. Chaque famille qui a perdu un cher est endeuillée et la blessure est vive pour tous les proches. Tous les journalistes sont aux barricades présentement, car leur communauté est attaquée de front. Je comprends, la compassion sélective, moi-même je suis vivement et directement touché au cœur lorsque j’apprends ce que ces terroristes font à mes frères.

Un confrère français, proche ami de Charlie, comparait les victimes de cette tuerie à des martyres morts pour une cause juste. La douleur tue l’objectivité. Et ma crainte est que cette douleur arrose tout ce qui est différent. Une quête de vengeance plutôt que de justice qui risque d’intensifier les conséquences irrationnelles de ces groupes intégristes et passer la facture a ceux qui n’ont rien à y voir.

Je ne suis pas Charlie, je suis Chrétien. Et parce que mon peuple subit chaque jour ce que ces douze ont vécu, je peux compatir et prier. J’entendais à la radio d’état que le problème était « les religions »… Difficile d’imaginer Jésus en terroristes. Le problème n’est pas la religion, mais ce que les hommes en font. Le danger est de généraliser et faire porter le chapeau de la vengeance à tout ce qui est différent et dérangeant… Et que les médias deviennent arroseurs à leur tour. Profitant du quatrième pouvoir pour opprimer par le sarcasme et la rumeur. Une guerre de maux ne vaudrait pas mieux.

Je ne suis pas Charlie, je suis un chrétien qui s’exprime, et qui assume sa liberté d’expression!

Le consommateur de la foi

C’est le temps de Noël et comme toutes les années, plusieurs d’entre nous se laisseront entraîner par l’effervescence et le raz de marée de la consommation. Noël est le temps des présents bien intentionnés. Le désir d’emballer le plaisir se répercute même dans notre façon d’être chrétien.

Depuis la fin du siècle dernier nous sommes habitués à un rythme de vie qui déteint sur nos traditions, même les traditions spirituelles. La foi est souvent perçue comme un article que l’on déballe et que l’on consomme. Le prix chèrement payé par Jésus-Christ en est réduit à un solde, voire à un christianisme bien emballé. Certains en arrivent même à consommer l’Église, la Bible, les relations et même la foi.

« Ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi, qui, en vue de la joie qui lui était réservée, a souffert la croix, méprisé l’ignominie, et s’est assis à la droite du trône de Dieu. » — Hébreux 12.2

Comment donc reconnaître lorsque nous abandonnons le consommateur de la foi? Quelle est la différence entre consommer la foi et faire confiance au consommateur de la foi?

La grosseur du cadeau

Un premier indice d’un cœur qui consomme la foi, est la recherche de grandeur. Enfants, nous étions impressionnés par les dimensions de la boîte emballée sous le sapin.   Nous sommes souvent comme ces gamins, le soir de Noël, l’œil frappé par cette montagne emballée et souvent reluisante. Chacun, à tour de rôle, s’approche et tente de voir si son nom y est inscrit… s’il a reçu la bénédiction du jour! Une déception à peine masquée nous envahit lorsque nous ne sommes pas « l’élu ». Puis c’est la recherche de notre cadeau et la comparaison : plus ou moins gros, plus ou moins lourd, plus ou moins brillant.

Lorsque nous consommons la foi, nous agissons de la même façon. Nous associons ce que nous avons et obtenons puis transformons la bénédiction en consommation. Nous confondons l’avoir et l’être. Dès que notre foi est en compétition, la joie disparaît et fait place à une déception, puis à la convoitise et finalement à la jalousie et aux déchirements. La bénédiction du voisin devient plus attrayante que la mienne. Nous oublions que le cadeau n’est pas ce que nous recevons, mais bien celui qui nous le donne. Christ est le don de Dieu pour nous. Tout le reste n’est qu’accessoire.

Celui qui consomme la foi a tendance à croire que l’amour de Dieu envers lui se mesure et peut se mettre en boîte. Et plus cette « boîte » est grosse, plus il se croit aimé et apprécié. Le consommateur de la foi quant à lui nous dit : je t’aime! Et ce que tu as est suffisant pour être heureux aujourd’hui.

La grâce à crédit

Profiter maintenant et payer plus tard! Un second indice de la consommation est cet engouement à désirer la grâce sans en payer le prix. La foi bon marché n’existe tout simplement pas.

Nous regardons la nuée de témoins et aimerions être immédiatement comme eux. Vivre la patience sans connaître la souffrance, goûter l’intimité de Dieu sans passer par le lieu secret, être imbibé de la Parole sans y plonger. S’il a plu à Dieu de briser son Fils par la souffrance, combien nous, si imparfaits et en constant besoin de perfectionnement, devons-nous nous attendre à payer le prix d’un si grand cadeau. (Es 53:10)

La foi consommée cherchera le chemin de la facilité, mais le consommateur de la foi nous dit : Voici le chemin étroit.

Un shopping compulsif

J’ai souvent remarqué cette compulsion à désirer tout le lot et la panoplie sans même en avoir besoin. Cette sécurité que nous procure l’impression d’être bien entourés par la technologie, les accessoires de toute sorte, nous amène à acheter même ce dont nous n’ avons pas réellement besoin… et nous nous retrouvons avec un lot d’articles souvent inutiles qui terminent leurs vies dans la remise avant même d’avoir été déballés.

La grâce de Dieu s’offre à l’usage et au besoin. « Ma grâce te suffit », disait le Seigneur à Paul. Désirer augmenter notre courage, notre foi et même notre compassion simplement pour les posséder et sans les utiliser ne sert qu’à mesurer notre insécurité et révèle une mauvaise compréhension de ce que nous sommes. Nous avons tout pleinement en Lui! Christ en nous, la gloire en action au travers nos actions. Sa grâce et ses dons suffisent pour accomplir ce que le Seigneur me demande ici et aujourd’hui, sans rien ajouter.

La foi consommée désire ce qu’elle possède déjà sans même l’utiliser, mais le consommateur de la foi nous appel : Viens, sort de la barque (Matt 14:29).

Attiré par l’emballage

L’homme regarde ce qui frappe les yeux (1 Sam 16:7). Le chou gigantesque, le bel emballage, le bling-bling, les paillettes, la carte musicale par-dessus l’empilage des ornements, le tout pour tenter de faire paraître et apprécier un article que nous savons bien éphémère.

Nous nous laissons si facilement berner par l’apparence! Le faux semblant, les belles paroles spirituelles, les bonnes actions sans fondement, la piété sans la puissance (2 Tim 3:5), bref un emballage religieux et tout ce qu’il y a de brillant, afin de laisser croire que l’intérieur est étincelant et surtout qu’il n’est pas vide.

La foi consommée se concentre sur un emballage éclectique qui en jette! Le consommateur de la foi quant à lui vise le cœur.

Le chef et consommateur de notre foi EST le cadeau de Dieu pour chacun de nous. Pour Noël, offrons-nous donc la simplicité volontaire d’un présent actuel : Christ en nous désirant que nous nous offrions nous-mêmes a ceux qui nous entourent. Sans faux semblants, et en gardant la foi d’un enfant satisfait d’être l’objet don le plus grand .

« Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, Et la domination reposera sur son épaule ; On l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. » — Esaïe 9.5