Auschwitz : La frontière obscure
30 janvier 2015  //  By:   //  Pensée de la semaine  //  No Comment   //   784 Views

Cette semaine nous commémorons le soixante dixième anniversaire de la libération du Camp d’Auschwitz et de son jumeau Birkenau. L’horreur concentrée que nous y avons découverte a été révélée au grand jour et toute la stratégie d’extermination a été dévoilée lors du procès de Nuremberg. La « solution finale » avait la prétention d’exterminer tous les juifs d’Europe, et idéalement, de la planète puis amener sur la terre un règne millénaire ou le Reich d’Adolph Hitler rétablira, sous la croix gammée, l’ordre selon sa vision propre de la paix.

J’entendais hier un témoin raconter comment, à leurs arrivées au camp, les femmes et les enfants étaient d’abord séparés des hommes. Puis, dans un camp adjacent, les enfants en bas âges et les bébés, arrachés des bras de leurs mères. Les petits étaient dénudés, jetés vivants en tas dans des bennes de camion puis transportés à quelques pas du lieu. Un feu à ciel ouvert y était entretenu en permanence. Comme des déchets jetés au dépotoir, ces bébés étaient livrés aux flammes, brulés vifs, dans les pleurs la souffrance et dans l’indifférence complète des travailleurs et des soldats. Ce juif, témoin de ce carnage comparait la géhenne apocalyptique à ce qu’il avait vu.

Ce qui me trouble dans cet épisode de l’histoire humaine, c’est autant l’horreur que la conscience. Qu’est-ce que était différent chez ces nazis, pour en arriver à commettre cet holocauste?

Le bien et le mal?

Est-ce que leur conception du bien et du mal était différente? Les bourreaux de ce crime n’étaient pourtant pas des étrangers aux valeurs judéo-chrétiennes. C’était des gens bien au fait du christianisme, de l’amour de Christ et des commandements divins. Ces Européens, Allemands pour la plupart, savaient que tuer un être humain était mal aux yeux de Dieu. Ils avaient la même référence morale que le reste de l’Europe et de l’Amérique. Luther, le père du protestantisme, était un Allemand! Certains tortionnaires allaient à l’église le dimanche et croyaient sincèrement y rendre un culte à Dieu. La justification la plus souvent apportée au procès fut : « J’obéissais aux ordres… » Ces gens avaient la même notion de bien et de mal que chacun de nous.

Un choc culturel?

Est-ce que les différences culturelles sont suffisantes pour expliquer des drames comparables? Certains croient que le choc des cultures crée tellement de tensions qu’une rupture est inévitable. Il est facile de mettre sur le dos de la différence l’explication du mal. Les juifs assassinés étaient, en fait, européens depuis de nombreuses générations, et pas si différents… La culture ni une certaine forme de racisme seule ne peut expliquer non plus l’intensité de ces crimes.

Une réalité dérangeante

Les nazis croyaient faire le bien. Sachant pourtant qu’ils seraient désapprouvés du reste du monde, ils ont persévéré en croyant profondément rendre un service à l’humanité. Leur conscience a été remodelée, les acteurs ont été convaincus et ont agi selon ce qu’ils croyaient bien. Leur intelligence a été renouvelée vers un mal qu’ils ont accepté volontairement comme bien. Ils se sont donné le permis de tuer et de laisser aller leur nature profonde. Le seul crimes des victimes fut d’être juifs. C’est la seule raison, et c’est horrible à la fois.

Après la guerre, lorsque l’on a démasqué les criminels de guerre enfuis et recherchés pour leurs contributions aux massacres, les témoignages des voisins étaient troublants : des gens ordinaires, polis, gentils.

C’est justement ce qui nous trouble et nous dérange. Le nazi sur les photos d’époque ressemble à mon voisin, à mon cousin, à mes amis… Au reflet de mon miroir. Même si nous ne voulons pas l’admettre, un humain, comme tous les humains, et finalement pas très différent de nous. Et ça nous laisse avec un frisson dans le dos… Le nazi, c’est en fait chacun de nous laissé à lui-même.

L’humain avec la permission de laisser libre cours à sa haine intrinsèque et naturelle. L’humain, autorisé à tuer puis dirigé vers un bouc émissaire. L’humain dont la violence conduite et encouragée par une idéologie puis canalisée par un effet d’entrainement révèle son véritable fond. Le nazi, c’est un humain en tout point de la même nature que chacun de nous.

Aux frontières

Auschwitz nous amène aux frontières obscures de l’être humain. L’humain, avec tout son potentiel de violence et de haine, digne de notre aïeul Caïn. Une violence qui s’est transmise de génération en génération. Un humain sans Dieu en est un avec une conscience malléable et une intelligence manipulable dont seul l’Esprit de Dieu peut véritablement renouveler. L’homme est et sera toujours un potentiel de destruction massive pour ses frères, quelle que soit la race.

La seule issue est Jésus-Christ : Un juif torturé, battu, puis crucifié. La croix de Christ est la seule croix qui puisse apporter la véritable paix, à la fois avec Dieu et entre les hommes. Auschwitz nous rappelle de quoi l’homme est capable et combien il a besoin de Jésus.

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Pasteur Blogueur, c'est Michel Vincent, pasteur à Mascouche, près de Montréal, "Des questions et une réponse. Je suis convaincu que la vérité est une personne!"

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