Mourir de joie!
23 novembre 2015  //  By:   //  Réflexions, Style de vie  //  No Comment   //   1275 Views

« (…) je ne considère pas ma vie comme précieuse, pourvu que j’accomplisse avec joie ma course et le ministère que le Seigneur Jésus m’a confié : annoncer la bonne nouvelle de la grâce de Dieu ».  – Actes 20 :24 

On dit que le bonheur n’est pas une destination, mais une façon de voyager.  L’apôtre Paul nous en fait par ces mots la démonstration avec éclat.  Il sait sans l’ombre d’un doute que des persécutions l’attendent, que la vie ne sera pas de tout repos.  Il est même convaincu qu’il l’exposera et que la rencontre avec la mort sera violente.

L’Histoire lui donne raison : Paul connut la torture, et fut décapité… Si l’on me racontait ma propre histoire et qu’aux dernières pages, à la toute fin de ma vie, l’on me dit qu’elle se terminera dans la douleur, et au terme d’une vile exécution, est-ce que je choisirais la joie ?  Pour l’apôtre, la question ne semble pas se poser.  Tout ce qui compte, pour lui, c’est d’accomplir sa course avec joie.  Plus important que l’issue, la façon de vivre est le présent qui nous relie à l’éternité et expose notre foi véritable.

Joie et plaisirs

La difficulté à discerner la joie véritable est de la confondre et la noyer avec les plaisirs.  Ces derniers apportent une jouissance passagère et instable, qui peut être intense, mais qui connaît invariablement une fin et un déclin. L’explosion des sens, le coup de foudre jettent une poudre effervescente aux yeux spirituels, mais conduisent à un cul-de-sac.  L’essence du plaisir sur la route de la vie équivaudrait à alimenter une automobile avec de la dynamite… intense, peut-être efficace pour un temps, mais totalement destructrice.

Les plaisirs procurent une certaine joie, mais celle-ci se résorbe rapidement et s’ensuit une dépression, un vide qui aspire l’être vers la recherche de nouveaux plaisirs. Ce cycle sans fin se termine à la mort et la satisfaction superficielle qu’il procure nous amène à rechercher soit le déni et l’acceptation de petits riens, comme des touches divines, soit la recherche d’une source de joie durable et profonde.

Ce qui pilote mes plaisirs dévoilera inévitablement le type de joie qui m’enveloppe.

Un choix de vie

De la même façon que John Piper l’expose presque deux mille ans plus tard dans son ouvrage : Prendre plaisir en Dieu, Paul a choisi sa source de joie : Dieu lui-même et Dieu seul.  La mort n’est pour lui qu’une étape de transition obligée pour aller à la rencontre de Celui qui est sa joie.  Une perspective simple, et non simpliste ou Jésus est au centre de toute ma recherche de joie.  Le but et l’aboutissement de celle-ci.  David s’exprimait de même :

« Je ferai de toi le sujet de ma joie et de mon allégresse, Je chanterai ton nom, Dieu Très-Haut ! » -Psaumes 9 :3.

Les chrétiens sont les humains les plus joyeux qui existent.  Du moins, ils devraient l’être, puisqu’ils sont rachetés, sanctifiés, régénérés, adoptés. L’Évangile offre à tous les ingrédients nécessaires à la joie.  Il ne tient qu’à nous de les saisir et de les lier au cœur de notre foi afin qu’ils éblouissent un monde obscur où le désenchantement est bien souvent le lot de chacun.

Ce qui pilote mes plaisirs dévoilera inévitablement le type de joie qui m’enveloppe.

 

La joie est volatile, lorsqu’elle puise sa source en ce monde (1 Jean 2:15, 16), elle devient comme un parfum qui lentement disparaît sitôt vaporisé.  Elle se doit alors d’être constamment rafraîchie par de nouvelles jouissances éphémères.  Si par contre, sa source est Jésus, elle prend une profondeur et une saveur éternelle par l’effet de l’Esprit et des promesses de Dieu (Jean 17:13).  Nous sommes par notre nature pécheresse, des êtres oublieux, dont la tendance intrinsèque est de voir la coupe à demi vide alors qu’en réalité, elle déborde.   Nous cherchons naturellement à combler les désirs de la chair, quitte à subir la déception répétée d’une joie intermittente.

Un regard dirigé en haut

La joie véritable est proportionnelle à ma soif de Dieu et de ma perception spirituelle.  À force d’insatisfaction terrestre et de supplications , il nous révèle nos biens véritables et durables (Eph 1:18. Nous les avons déjà, mais leur présence, enfumée par les désirs humains, devient floue et intangible.  La joie authentique naît du concret qui dépasse toute connaissance, lorsque nous saisissons toute les dimensions de l’amour de Dieu a notre égard.  Une joie, encore une fois, qui tire sa source de la prière, mais également de la communion avec l’Église (Eph 3:18,19).

Saisir Christ, c’est saisir la joie.  C’était le but de la course de Paul.  Il avait été saisi par Jésus, et désormais, il considérait tout comme de la boue afin de gagner la joie profonde et éternelle (Phili 3:7-14). Il avait goûté cette joie, et désormais, il n’acceptait aucuns compromis, aucun succédané, aucune imitation.  Lorsqu’une personne goûte la joie de Christ, celle-ci laisse une telle impression que tous les plaisirs du monde prennent une saveur fade et amère.

Il pouvait ainsi dire, sans hésitation, devant la souffrance à venir, que tout ce qui compte est de poursuivre sa course accompagnée de joie, cette joie trouvée en Jésus seul.

Une mission plus grande que la vision

Il y a une joie par-dessus la joie.  Celle de savoir que nous faisons partie d’une chaîne de joie qui se répercute jusque dans le ciel.  Chaque fois qu’une âme est sauvée, la joie inonde le ciel et se fraie un chemin au milieu des anges devant Dieu (Luc 15:10).  C’est notre motivation d’endurer le monde présent, en vue d’un meilleur.  Nous pouvons, en ce moment même, devenir participants et sources de joie dans le ciel… « pourvu que j’accomplisse avec joie ma course et le ministère que le Seigneur Jésus m’a confié : annoncer la bonne nouvelle de la grâce de Dieu ». 

La source, la motivation et la raison de la joie parfaite ont un même affuent : L’Évangile de Jésus-Christ.

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Pasteur Blogueur, c'est Michel Vincent, pasteur à Mascouche, près de Montréal, "Des questions et une réponse. Je suis convaincu que la vérité est une personne!"

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