Reconnaître un Leader «cheap»

Il y a des leaders charismatiques, d’autres qui sont attachants, d’autres enfin qui nous inspirent et nous pousse au dépassement.  Mais de toutes les époques et cultures, il y a toujours eu des leaders antipathiques qui abusent de leurs pouvoirs, des personnes placées sous leur autorité.

Autant dans l’Église que dans le monde, le leadership peut être anémique et ceux qui arrachent le pouvoir, peuvent en fin de compte ne révéler qu’une imitation d’un véritable dirigeant, une qualité de leader douteuse et dont les fruits ne glorifient absolument pas Dieu.  Des mercenaires qui arrachent le pouvoir afin de mener à terme une ambition personnelle et construire un royaume bien charnel.

Les dommages que provoquent ces usurpateurs peuvent être dramatiques.  Des disciples blessés, des personnes abusées spirituellement, des défections de masses et des divisions à profusions sont trop souvent l’héritage de ces mercenaires.

Comment les reconnaître ?  Voici le survol d’une dizaine d’indices d’un leader « cheap »!

Il désire à être servi plutôt que de servir

Les nuances sont subtiles, mais bien présentes.  Sous des apparences de service, il cherche un gain quelconque ou le principal bénéficiaire est l’égo, le confort ou la reconnaissance.  Il accepte des cadeaux, se dilue dans le compromis et cherche à combler son propre réservoir avant celui de l’autre et de l’église.

Il cherche le confort plutôt que la souffrance

Non qu’ils ne souffrent pas vraiment, mais font le choix de leur souffrance, ne cherchant pas a pallier a celui de Jésus, mais de prendre la part qui sera la moins difficile.  On peut souffrir et souffrir en vain.  Puis avoir l’impression même de devenir martyr.  Choisir un fauteuil bancal peut ressembler à de la souffrance, mais ce que Dieu demande à son leadership, ce n’est rien de moins que la croix.  La porter, et la vivre au quotidien.

Il aspire à être aimé plutôt qu’aimer

Être leader, c’est parfois faire le choix difficile de dire la vérité dans l’amour, au prix du risque.  Donner aux brebis tout ce qu’ils demandent n’est pas le leadership comme Jésus le conçoit, parfois, la vérité est difficile à appliquer ou dire, et pourtant salutaire. Faire des compromis au profit d’un éclat personnel et au détriment de la Parole de l’Évangile n’est pas du leadership, c’est de la lâcheté.

Il pointe vers lui plutôt que vers Jésus

Un autre indice d’un leader anémique est sa capacité à pointer vers lui-même et non vers Jésus.  Il s’attribue tout le mérite, se croyant indispensable.  Contrairement au serviteur inutile de l’évangile, notre leadercheap ramène tout constamment à lui.  Il cherche les honneurs et devenir l’étoile du jour. Les conséquences sont pénibles pour ceux qui ont à le subir : il devient en soi une source de démotivation et un tueur d’initiatives.

Il essaie de diriger plutôt que de conduire

Un patron et un leader sont deux choses bien différentes.  Le patron cherche à bonifier une organisation, lors que le leader chrétien amène ses congénères vers le dépassement de soi et dans une vision du monde connectée à l’Évangile. Le leadercheap indiquera le chemin à suivre afin que tous s’y engagent… sans nécessairement s’y aventurer à son tour.  Il lie de lourds fardeaux et ne remue pas le petit doigt.

 

Un patron et un leader sont deux choses bien différentes.  Le patron cherche à bonifier une organisation, lors que le leader chrétien amène ses congénères vers le dépassement de soi et dans une vision du monde connectée à l’Évangile.

 

Il contraint plutôt que de libérer

On a tous notre petite idée de la volonté de Dieu.  Le leadercheap sait ce qui est bien pour chacun au point de contraindre et forcer, voire obéir à sa propre volonté.  Plutôt que de voir l’Évangile comme une puissance libératrice, il l’utilise pour culpabiliser et manipuler les disciples à devenir dociles et obéissant.  Il discipline et oblige sous le prétexte d’une religion de pureté alors que la véritable liberté est dans l’évangile de la grâce.

Il désire le gain plutôt que le don

Diriger c’est se donner.  Une vocation ou le salaire réel est la joie d’être co-ouvrier avec Christ. Si toutes les heures de ministère étaient facturables, peu d’églises pourraient supporter leurs ouvriers.  Le leadercheap de son côté, tentera de monnayer son engagement, cherchant le plus offrant au détriment de la place même que Christ a pour lui.  Le pastorat devient un choix de carrière et les conditions de travail un prérequis pour accepter un ministère.

Il construit son royaume plutôt que celui de Dieu

Un autre indice d’un leadercheap est son aptitude à construire un édifice personnel centré sur sa propre personne.  Son image est plus omniprésente que l’Omniprésent.  C’est SON église, SON troupeau et SON pâturage.  Toute l’église est centrée via un simili culte de la personnalité.  Si la figure emblématique qu’il représente tombe, c’est tout le troupeau qui est en déroute.

Il veut s’élever plutôt que de s’abaisser

On le discerne au travers les petites choses, non par sa présence, mais bien par son absence, par son absence des petites gens, de ce qu’il considère n’avoir aucune importance. Une arrogance méprisante qui se discerne au travers une attitude de Je-Sais-Tout, et de tri instantané ce qu’il considère avoir de l’importance. Un leader véritable s’abaisse, à l’image de Jésus vers nous.

Désire la position plutôt que le service

Les fonctionnaires de Dieu, bien ancrés dans leurs bureaux exerce un pouvoir organisationnel centré sur les programmes, les structures et les organigrammes plutôt que vers les personnes. Les titres et les diplômes prennent le dessus sur le facteur humain, au point qu’aucun des douze n’aurait probablement été à la hauteur de leurs exigences.

Une mise en garde

« Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtement de brebis, mais au-dedans ce sont des loups ravisseurs. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons ? »  – Matthieu 7 : 15, 16

Le leader n’est pas appelé à être Jésus, mais il y tend il y aspire, il vise la communauté et cherche a élever Jésus au travers Son église et ce, par l’Évangile.

Les loups sont inévitables, les leaders « cheap », bon marché et sans saveurs véritables, le Seigneur nous a mis en garde, nous devons être vigilants afin de ne pas nous laisser séduire.  Nous les reconnaissons a l’usage, avec le temps, la fermentation inévitablement nous révèle un vrai leader selon le cœur de Dieu et celui qui cherche a accomplir que ses propres désirs.

La mort tombée du ciel

Durant le sommet du G7, le président Obama en a profité pour visiter le parc mémorial pour la paix d’Hiroshima. 71 ans plus tard, la radioactivité tend à retomber.  Du bout des lèvres le président américain a exprimé que la décision de LA bombe était tragique, mais qu’en temps de guerre, un président a souvent des choix difficiles à faire, en qualifiant l’événement de la « mort qui est tombée du ciel »1.

L’image est saisissante.

À l’instar des chevaliers de l’apocalypse, l’épée à la main, semant la destruction, la mort et le malheur.  Une vision de la fin des temps bien actuelle où nous avons vu ce bombardier reluisant, presque beau, viser la petite ville et retourner le plus rapidement possible à sa piste d’atterrissage, laissant derrière lui la destruction totale et des dizaines de milliers de morts.   Une ville grouillante, rasée en une fraction de seconde, stigmatisant toute une planète et ce, pour toujours.  Hiroshima fait partie de ces événements historiques dont le nom se mêle à la honte.

La mort tombée du ciel, comme si l’événement était sous la gouverne des dieux, Mars en l’occurrence, dieu de la guerre, profitant des faiblesses humaines pour nous tourner les uns contre les autres et faire en sorte que l’on s’entretuent.  Nous, victimes des lubies imprévisibles d’une divinité capricieuse et hargneuse.

Quelques historiens doutent de la pertinence de cette première bombe nucléaire, mais le choix de la seconde, elle, sur Nagasaki quelques jours plus tard, ne laisse aucun doute.  Elle exprime quelque chose de beaucoup plus profond : la victoire durant une guerre se gagne par la pression du sang.  Une pression à froid qui éclate dans une coupe de colère à peine masquée.  La guerre est ainsi, depuis que l’homme est homme, depuis Caïn contre Abel puis tous les autres meurtriers, justifiés par une paix illusoire.

En fait, la mort ne vient pas du ciel, mais du Cœur de l’homme.  C’est la réalité profonde des guerres et Hiroshima n’y fait pas exception.  Remettre la responsabilité a un affreux bombardier, à un président d’état aseptisé ou un coup du destin, c’est dépersonnaliser, presque blanchir des actes effroyables et horribles qui n’expriment au fond que ce qui empli le cœur humain.

L’histoire de l’homme, c’est l’histoire des guerres, disait un autre guerrier, et croire que la mort descend du ciel c’est croire que l’homme peut s’en laver les mains.

Le leader et le temps de Dieu

« Mais Jésus leur répondit : Mon Père agit jusqu’à présent ; moi aussi, j’agis. » – Jean 5.17

Dans son livre « L’église une passion, une vision », Rick Warren parle des vagues de l’Esprit.  Il compare les leaders a des surfeurs qui se doivent de prendre les vagues que Dieu leur amène, et ce, au bon moment.  En regardant des reportages sur l’art du Surf, j’étais fasciné de voir jusqu’à quel point l’instant précis où l’on doit ramer jusqu’à la vague, puis chevaucher la planche au bon moment était important.  Savoir prendre la vague à temps peut qualifier ou disqualifier le surfer.  Pour le leader chrétien, l’art du quand est aussi important que celui du quoi et du comment.

De nombreux leaders se sont empêtrés dans de nombreux tourments en précipitant leurs pas et en prenant des décisions trop hâtives.  D’autre ont passés à côté d’opportunités et manqués la vague en hésitant à outrance.   Ce qui définit un bon leader est celui qui prend les bonnes décisions ; mais ce qui définit un leader exceptionnel sera celui qui prendra ces décisions au bon moment.  Comment arriver à discerner le temps de Dieu dans les décisions que nous devons prendre ?  Voyons quelques pistes dont tout leader doit tenir compte afin de discerner le bon moment de l’action.

La perspective

Si on veut surfer avec Dieu, on doit commencer sur les genoux !  Apprendre à comprendre la perspective éternelle de Dieu.  Les heures en compagnie du Roi éternel ne sont pas des minutes perdues, mais investies dans la seule et unique stratégie qui en vaille la peine.  Le temps de Dieu n’est pas notre temps.  Il n’est pas soumis au stresse de la performance ni des risques inhérents aux mortels.  Pour Dieu, la mort n’est qu’une étape vers une éternité présente.  Le leader charnel sera bousculé par le temps et les échéances en croyant que tout le travail repose sur la petite fenêtre de son vivant.  Le leader spirituel quant à lui prend le recul nécessaire afin de voir les événements et l’histoire comme un plan déroulant où chaque décision est le fruit des décisions individuelles, mais dont l’issue ultime sera l’accomplissement du plan divin.  Cette perspective n’est possible qu’aux pieds du maître.

Le processus

Un mentor m’a donné un précieux conseil il y a plusieurs années : chez les leaders chrétiens, ce n’est pas autant le but qui est un problème, que le processus. Fais attention comment tu te rends à ton but.  En effet, pour la grande majorité des leaders chrétiens, ce n’est pas les intentions, ni même la vision qui fait défaut, mais le chemin pour s’y rendre.  L’enthousiasme et la hâte de voir la volonté de Dieu se réaliser nous font oublier que le plan de Dieu ce sont des individus : son Église.  Le chemin préconisé par le Seigneur pour y arriver est l’Évangile, le moyen utilisé est l’amour au travers la grâce de ce même Évangile.

La tentation peut être grande et même échapper à notre conscience d’utiliser les gens comme des pierres vivantes afin d’accomplir ce que nous croyons être Son plan.  Nous ne jouons pas aux échecs !  Paître le troupeau de Dieu exige du temps, de la compréhension, de la douceur, de la circonspection et beaucoup de délicatesse. D’ailleurs, Jésus n’a-t-il pas dit :

« Et quiconque donnera seulement un verre d’eau froide à l’un de ces petits parce qu’il est mon disciple, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense. » – Matthieu 10.42

Dans notre hâte, soyons prudents, hâte-toi lentement !  Le temps de Dieu passe par son Église et son église ce sont des personnes de la même valeur que Jésus.

 

Dans notre hâte, soyons prudents, hâte-toi lentement ! 

 

Le but ultime

Bien plus que de faire des choses, Dieu désire transformer notre caractère et sanctifier l’église.  Nous sommes souvent embourbés dans les structures et les programmes, et ils sont nécessaires afin d’amener l’église dans la voie de l’évangile, mais ils ne sont pas le but en soi.  Ils sont le squelette utile pour la transformation des croyants en vue de l’œuvre du ministère.  Visiter les malades, prendre soin des brebis faibles, encourager celles qui sont découragées est plus utile au Royaume que de nombreuse réunion d’administration.

Je désire être clair ici : je crois que la structure et l’organisation dans l’église ont une place essentielle, mais pas au prix de la négligence.  Négliger les croyants, c’est négliger l’église et par conséquent le véritable plan et but ultime.  Construire des programmes est relativement rapide et donne une impression d’efficacité.  Prendre le temps de construire dans l’âme exige beaucoup de patience et nous expose à des résultats souvent imprévisibles.

Le temps de Dieu s’étire au travers la croissance des croyants vers la stature parfaite de Christ.  Tout le reste n’est qu’accessoire.  À nous de faire le bon choix dans nos priorités.

Leader n’est pas accomplir

Nous sommes leaders, des outils entre les mains d’un Dieu souverain.  Des serviteurs engagés dans un agenda qui n’est pas le nôtre.  Des esclaves qui ne pourront jamais aller au-delà de ce que le maître demande.  Nous sommes des serviteurs inutiles, car celui qui accomplit, ce n’est pas nous, mais Dieu.  Nous nous inquiétons et sommes rapidement anxieux lorsque les événements ne vont pas dans la direction prévue, nous avons l’impression de perdre notre temps, alors que le temps appartient à Dieu.  En fait, nous ne sommes pas les bâtisseurs de l’église, mais les serviteurs.  Un dicton dit : nous devons porter l’église sur notre cœur et non sur nos épaules.   Le temps de Dieu se déroule au travers le plan de Dieu… non le nôtre !

Et si…

Le temps de Dieu était sur… des milliers d’années.

Nous ne sommes que des surfeurs à relais avec une infime partie de la course à exécuter afin d’avancer vers la nouvelle Jérusalem.  Le temps devient bien relatif dans un agenda éternel !  Lorsque le leader comprend ce principe, il réalise que l’important, ce n’est pas l’activité, ni même le temps qu’il prend, mais ceux qui surfent avec lui, afin que le plus grand nombre traverse la vague !

La censure, c’est sûr

La nouvelle de la semaine, c’est l’indignation de Mike Ward devant la censure que lui a fait subir les avocats de la compagnie d’assurance du gala des Oliviers, où il devait présenter un numéro1. Jusqu’aux collègues humoristes qui s’en sont mêlés, avec les masques ornés du X digne des victimes d’états totalitaires.  C’était une belle solidarité.  Maintenant, Mike Ward songe à boycotter la compagnie persécutrice2.

Je vous avoue sincèrement que je comprends profondément ces sentiments d’indignation devant une injustice si flagrante.  Se faire rabrouer et interdire de dire ce que l’on croit juste, se faire rabaisser, et même humilier en raison de ses opinions, je l’ai vécu plus d’une fois comme chrétien. Parfois en famille, d’autre fois à l’école. Pointé du doigt, mis à l’index, ridiculisé et injurié.  Je sais que je ne suis pas le seul, et je ne parle pas d’un obscur christianisme intégriste des extrémités de la terre.  Je suis un chrétien assez timide, qui pourtant n’a pas honte de ses opinions.  Un chrétien au Québec, terre de l’acceptation des opinions, de la liberté de religion et des humoristes persécutés.

Je comprends ce goût amer et suret de la censure qui nous éclabousse subitement, souvent lorsque l’on croit vraiment bien faire.  Mais nous, nous n’avons pas l’espace médiatique pour faire valoir nos droits.  En fait, les médias sont plutôt une source de sure qu’une plateforme d’expression pour les quelques milliers de chrétiens qui habitent le Québec.  Mais je ne veux surtout pas transférer le martyre, chacun son combat.

Lorsque j’ai vu par la suite tous ces humoristes masqués s’indigner cette fois-ci contre un des leurs, Martin Matte qui a osé faire une remarque acerbe sur la vie privée d’Éric Savail3, a un autre collègue humoriste à ses heures, j’ai alors senti une réelle confusion.  Deux poids, deux mesures. L’arroseur arrosé tolère mal le goût suret de la douche froide. Oubliant la veille, ils en appelaient… à la censure !

Il y a une incohérence…

Il faut dire que le Seigneur des humoristes n’a pas été la victime d’une censure, jusqu’à en être crucifié pour le faire taire.

Lorsque ton modèle est lui-même une victime de la censure, ça aide à supporter celle-ci avec dignité, prier pour ceux qui nous ridiculisent et tendre l’autre joue en sachant qu’il y a bel et bien une justice en ce monde.  Et la vie continue.  Nous n’arrêterons pas de parler, et ils n’arrêteront pas de blaguer…  Et c’est sûr !

La tyrannie des désirs

Caitlyn Jenner, le célèbre transgenre désire désormais redevenir un homme1.  Après avoir fait la une du Times magazine et avoir été nommé femme de l’année, les complications générées par le changement lui font faire volteface après seulement quelque mois habité dans sa nouvelle identité.

Le troublant dans ce fait divers, n’est pas tant le fait qu’une personne veuille changer de sexe, mais plutôt la capacité que notre société donne maintenant afin de réaliser des désires inatteignables il y a seulement quelques années. La chirurgie et les avancées médicales nous amène dans le monde du « sky is the limit », la consommation va maintenant jusqu’au changement drastique d’identité sexuelle.  Quitte à revenir homme après avoir été femme.

Nez, joue, fesses, seins, menton, yeux, oreilles, même les chirurgies les plus intimes, font désormais partie de la palette sculptante dont chacun peut accéder afin de devenir la personne de ses envies, jusqu’à devenir la Barbie de mes rêves, une réplique de vedette adulée ou encore me mouler en ce que je désire et rêve.

Il y a derrière ces changements quelques fois drastiques, un mal de l’être, un refus du présent et de ce que je suis.  À cela, ajoutons l’obsession de l’immédiat, le refus d‘attendre et de laisser le désir découvrir le besoin.

Ce qui m’inquiète probablement encore plus, c’est que les progrès grandissants de la science risquent fort de nous transporter très bientôt aux confins de la génétique, de l’Eugénisme postpartum et du makeover extrême.  La prochaine étape est le surhomme intellectuel via des implants cérébraux qui décupleront nos capacités cognitives.

Qu’est-ce qu’il y a de si négatif a demeurer ce que nous sommes et apprendre simplement à vivre ?

Comme si le bonheur véritable dépendait de ce qui m’enveloppe plutôt que de ce je suis.

Et quand les années s’accumulent, que l’enveloppe devient flasque, molle, faible et impotente, que reste-t-il de tous ces changements ? Sinon le vague souvenir d’un désir qui n’aura rempli qu’un faux besoin et dont l’essentiel restera encore à découvrir.

L’attitude du leader chrétien

Être leader va au-delà des capacités à diriger.  C’est une façon de vivre qui imprègne celui qui l’exerce et teinte ceux qui l’entourent.  Il influence se pairs et les inspire ou pire, les dissuade de plonger dans le projet de Dieu.  Un leader selon l’Évangile a plus que des compétences, il a le caractère et l’attitude qui donnent au monde ses couleurs.  Il a l’attitude qui attire et nous infuse sa passion pour Jésus.  Un leader chrétien digne de ce nom est inspirant, il est passionné et il est engagé jusqu’à l’âme dans sa mission d’amener les hommes vers l’Évangile de la grâce de Jésus.

Nous prenons souvent 1 Timothée 3 comme balise et guide pour évaluer le leadership chrétien, et c’est très bien, mais, Pierre nous complète, dans la profondeur, ce qu’il faut non seulement faire, mais surtout être pour devenir un leader selon l’Évangile.

« Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec dévouement ; non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau. »  -1 Pierre 5.2, 3 

Un leader chrétien est inspirant

« Non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu ».

Être inspirant, c’est avoir cette capacité d’insuffler la passion.  Il instille dans le cœur des autres le goût de Dieu, une influence spirituelle  qui se vit lorsque l’on est en contact avec le leader qui a développé cette qualité.  Car l’inspiration se développe, elle se construit à la mesure de notre propre foi et notre propre passion.

Un leader inspirant n’oblige pas, mais suggère. Il instruit, exhorte, encourage, montre la voie. Paître PAR contrainte ne s’applique pas nécessairement au sentiment qui l’habite, ni aux obligations qui risqueraient de l’écraser, mais plutôt à la façon dont il exerce son influence. Un leader volontaire, qui compte sur le volontariat, il recherche et désire provoquer chez les autres un esprit bien disposé, de plein gré. Sans manipulations ou manigances pour arriver à ce qu’il croit être les fins de Dieu. Il amène ses camarades à s’élever dans une intimité motivante dans le Seigneur. Il n’est, ni plus ni moins, qu’un pyromane spirituel !

 

Il n’est, ni plus ni moins, qu’un pyromane spirituel !

 

Le leader inspirant pousse les frères et sœurs à vivre pour Jésus par le ministère de la Parole. Il inspire le monde qui l’entoure à rechercher Dieu. Il fait fi de sa vie pour que les autres vivent. L’inspiration d’un leader se ressent dans son exercice : il n’a plus peur de perdre sa valeur, car il sait qu’il l’a pleinement en Christ. Il a appris, par sa relation intime avec le Sauveur, qu’il ne peut atteindre une plus grande valeur que celle qu’il a. Par conséquent, il n’a plus d’attentes envers l’acceptation des autres ou leur amour. Il a la pleine liberté de décider d’inspirer les autres vers Jésus plutôt que vers lui-même. Il décide de garder toutes ses pensées captives en Christ, conscient de l’impact qu’il a sur ses compagnons d’œuvre.

Un leader chrétien est passionné

« Non pour un gain sordide, mais avec dévouement ».

La passion ne s’imite pas, elle se vit et se transmet par inspiration.  La passion est un choix personnel, celui de me concentrer sur l’essentiel.  Elle se reconnaît au travers la transpiration dédiée à la cause de l’Évangile : une folie divine inspirée.

Un leader passionné ne cherche donc pas le gain douteux, que ce soit sonnant, glorifiant ou même résonnant, mais son dévouement trahira la source de sa passion. Il œuvre pour refléter la gloire de Dieu, sans colère ni irritation devant les moins bonnes brebis !  Son champ passionnel est l’Église, celle du quotidien, locale et tangible.

Lorsqu’un leader est passionné, un feu, une passion, un empressement le poussent, en avant, dans ce qui attise l’objet de sa passion : l’Évangile.  Un passionné qui n’abuse pas des brebis, il entretient plutôt le feu en eux et désire le transmettre. Le chemin de la passion fait réaliser qu’il a compris que Dieu l’aime tel qu’il est, rien ne le surprend puisqu’il est intimement lié à lui. Pourtant, il ne s’engage pas dans le compromis tant dans sa vie privée que parmi ceux qu’il dirige.

Un leader chrétien est engagé

« Non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau ».

L’engagement, pour un leader, ce n’est pas de faire des choses ou de belles activités, c’est le don de soi, l’abandon à l’image du Maître, la mort du moi au profit du nous.  Loin de dominer, il décide d’être modèle du troupeau.

Un modèle de transparence et d’honnêteté.  Conscient de sa propre condition humaine, il sait n’être qu’une brebis qui dirige d’autres brebis, il évolue au milieu d’elles et il évalue les autres avec la même balance que Jésus.  Sans dominer, tyranniser, se rendre maître, ou amener sous son pouvoir, le leader engagé se fait un honneur à chercher le plein épanouissement, et la pleine liberté de ses frères et sœurs.

L’engagement est alors teinté de la douceur et de la miséricorde, ayant en tête l’exemple de Jésus, aucune expectative envers les brebis sinon la relation avec le Seigneur. Devant le danger de la crainte des hommes, le leader engagé ne cherche pas l’activisme ou les semblants d’engagement, mais la profondeur d’être avec le Seigneur et investir dans la vie des autres.  Un leader qui décide de donner et d’être engagé dans l’édification et l’épanouissement de l’Église.

Un leader progressif

Ce leader inspirant, passionné et engagé est un reflet puissant de Jésus.  Il est le fruit d’une lente réflexion et d’un désir de servir tout en aimant ceux qui lui sont échus en partage.  Une décision personnelle qui émerge d’une passion pour l’Évangile.  Une attitude qui se développe, s’infuse au quotidien dans la prière, dans la redevabilité surtout dans l’Église.  Un leader que seul l’Évangile peut forger. Une aspiration qui débute le jour où je le désire.

J’aime mon église!

Lorsque j’ai rencontré Jésus, je ne l’avais pas vraiment remarquée.  Il faut dire qu’elle était dissimulée derrière les éclairages et la musique.  Mon œil n’était pas vraiment exercé à la percevoir.  L’exubérance de ceux qui m’ont mis en contact avec Lui criaient plus fort et déplaçait tellement d’émotion qu’elle, discrète et fragile est passée inaperçue.

J’ai alors commencé à la rencontrer sur une base plus régulière, la voir et échanger quelques mots, ne dit-on pas que derrière chaque grand homme, il y a une grande dame ?  Je la trouvais agréable, mais souvent, difficile à saisir.  Plus attiré par ses accents et ses vêtements qu’à elle directement, son enrobage cachait un je ne sais quoi de mystérieux.  Elle m’apportait un certain réconfort et une certaine sécurité, mais au bout du compte, je dois avouer que je ne comprenais pas encore tout le lien qui existait entre elle et Jésus. Quelques fois, je le confesse, je me demandais ce qu’il faisait avec elle!  Elle pouvait être dure, et en même temps si tendre.  Elle pouvait même être blessante, du moins pour ce qui me frappait les yeux, et en même temps, je me sentais attiré par elle.  Une relation amour-amère s’installait progressivement.

Puis la crise inévitable est arrivée, c’était prévisible qu’un jour ou l’autre nous tomberions en confrontation.  Je m’en souviens encore comme si c’était hier. C’est alors que tout a basculé.

J’ai tout simplement décidé de ne plus la revoir.  Me saisir seulement de Christ et laisser de côté sa fiancée.  J’ai cru, bien candidement, que je pourrais l’avoir pour moi tout seul.  C’était ne rien comprendre au projet que Dieu avait pour moi, pour nous, pour tous!  Mon orgueil bien pétri dans mon égoïsme a tenté une révolution.  J’ai cru un instant que j’étais l’église alors que ma réalité était à des lustres de la vérité. Une rébellion qui a duré presque quatre ans.  Jusqu’à ce que le Seigneur, dans toute sa grâce, a attendu, les bras tendus, puis est intervenu.

 

Une voix presque éteinte soufflait à mon esprit : « Mais qu’est-ce que tu fais de mon église ? »

 

C’était un soir, j’écoutais la télévision, j’ai cru faire une attaque cardiaque.  L’ambulance, l’hôpital, le diagnostic : péricardite sévère.  Immobilisé dans un lit j’ai du réviser mes activités. Puis, dans sa bonté, le Seigneur a attiré mon regard vers ce passage de sa Parole :

« Mais, si je tarde, tu sauras comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’Église du Dieu vivant, la colonne et l’appui de la vérité. »  -1 Timothée 3:15

Une voix presque éteinte soufflait à mon esprit : « Mais qu’est-ce que tu fais de mon église ? »

Un raz de marée de lumières et d’émotions m’ont alors envahie, Son église m’est alors apparue non plus comme une bande de croyants tentant de plaire a leur Dieu, mais comme LE précieux de Dieu.  Sa famille, la Seule.  Son assemblée, LA seule qui vaille la peine de s’y arrêter.  L’unique colonne, l’appui d’une vérité fragile et confiée à des imparfaits comme moi afin d’exposer à l’univers en entier toute la grandeur et la sagesse de Dieu… Si elle est encore en vie, c’est un miracle en soi.

Je suis tombé en amour avec elle!

J’ai été lent à comprendre que de la juger en fonction des vêtements qu’elle portait était comme mépriser la chenille en raison du papillon. Oublier que je fais partie de cette imperfection qui expose encore plus la perfection de Dieu. Je suis l’église, et Christ est l’église.   Mépriser, ne serait-ce que légèrement le plus insignifiant membre de son corps équivaut a toucher malignement la prunelle de l’œil du lion.  Ce n’est pas un acte de courage, ou cavalier, mais pure folie que de porter un jugement irréfléchi sur la fiancée de Jésus.

J’ai décidé de l’aimer, car, en fait, aimer l’église, c’est m’aimer moi-même, c’est aimer Jésus et c’est aimer le Père.  Volontairement, je détourne mes pensées des fautes individuelles afin de les diriger vers un point de fuite beaucoup plus glorieux : La nouvelle Jérusalem.  Je sais, maintenant que j’en suis.  Je fais partie prenante de sa fiancée, de son épouse.  Je suis un membre qui participe à la blancheur de l’ensemble.  Cela ne signifie pas la tolérance, mais plutôt la résilience.  Je n’accepte pas le mal ou le péché, mais je décide, de devenir un agent de transformation envers mon frère ou ma sœur afin qu’ensemble nous devenions cette épouse, glorieuses qui se présentera devant son amoureux aux noces qui arrivent.

J’ai décidé de la chérir, d’aligner mes passions et mon obsession avec celle de Jésus.  Son église est ce qui est de plus merveilleux ici et maintenant.  Bien au-delà des erreurs de chacune de ses parties, nous croissons ensemble vers une unité qui s’appelle Christ.  Et l’amour qui nous habite est le gage que nous somme ses disciples.  J’ai décidé de tourner mes regards sur l’église éternelle qui est ici aujourd’hui.

Comme le dit si bien ce chant (Grâce infinie)

Quand nous aurons pendant mille ans,
Célébré ses louanges,

Nous pourrons comme au commencement,

Lui offrir nos hommages.

Pourquoi donc attendre dans l’éternité ce que nous pouvons faire maintenant, et le glorifier au milieu de notre génération afin de présenter aux hommes ce que nous sommes : la fiancée précieuse de Jésus.

Le leadership selon l’Évangile

Jésus les appela et leur dit: « Vous savez que les chefs des nations dominent sur elles et que les grands les tiennent sous leur pouvoir.  Ce ne sera pas le cas au milieu de vous, mais si quelqu’un veut être grand parmi vous, il sera votre serviteur; et si quelqu’un veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave.  C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup. »  – Matthieu 20.25-28 

Dans la danse de la vie, l’aspiration ultime de chacun est de mener le bal.  Diriger la ronde, surtout avec les partenaires qui nous côtoient.  Nous voulons choisir la chanson, décider des pas à faire et déterminer la cadence sur le plancher.  Avec nos affinités et nos tempéraments, soit que nous restions sur les bancs de côté, trop timide pour monter sur les planches, à espérer être choisis ou encore nous donnons du pied afin de mieux diriger.

La définition d’un leader est simple : « Une personne qui, à l’intérieur d’un groupe, prend la plupart des initiatives, mène les autres membres du groupe, détient le commandement ».  Celui qui est le premier, celui qui est le leader… Ceux qui détiennent le commandement sont, dans notre monde, bien souvent ceux qui l’arrachent au détriment des autres.   À force de pression, de manipulation et de tergiversation, ils arrivent à l’ultime destination : diriger leurs pairs afin de les amener là où ils jugent bon vivre. Leurs désirs sont LES désirs, leur air est L’AIR commun, le plancher unique ou tous devraient, selon eux, danser en ligne et avec le moins d’écart possible. Ce n’est pas l’avis de Jésus…

Il veut être grand

L’aspiration à diriger n’est pas un mal en soi.  Cependant, il comporte une énorme responsabilité.  Celui qui désir guider ses pairs doit soigneusement choisir la direction et le chemin à suivre.  Il devient responsable de la direction qu’il propose. Il est garant de ses décisions.  Le leadership débute au-delà des talents naturels.  Plus que le charisme ou l’influence, il y a la conscience : celle de celui qui désir amener dans la danse ceux qui l’entourent.  Pour le leader chrétien, c’est celle de Dieu, l’Évangile.  Le leader est tout d’abord quelqu’un de conscient de sa propre direction.  Il procède à une introspection volontaire et active afin de jauger ses motifs et reconnaître pourquoi il fait ce qu’il fait et comment il le fait, puis, il examine pourquoi il désir diriger.  Un exercice d’humilité qui se danse à genou, devant le Leader des leaders, le Seigneur des Seigneurs.

Le leader chrétien est conscient qu’il aura à rendre compte de ses décisions, ses paroles, ses actions et de son influence (Hébreux 13.17).  Il est un chrétien qui s’avoue être danseur, mais pas chef d’orchestre.  Ce n’est pas lui qui décide de l’air qui joue, mais celui qui dirige les pas en suivant la musique. Il est sensible au rythme et au mouvement, il sait identifier la mélodie que le chef exécute afin d’amener les autres à suivre la danse.

Il donne la cadence

«Mais si quelqu’un veut être grand parmi vous, il sera votre serviteur ».

Le leader chrétien a compris qu’il n’est qu’un serviteur, celui du Seigneur.  Un serviteur au service des autres serviteurs.  Son pas est dirigé vers le service envers les autres. Son désir de diriger n’ est pas une volonté de domination, mais d’amour.  « Je sais que ce pas est le bon pour le bien et le bonheur de l’autre, et je suis prêt à en devenir l’exemple vivant, servir quitte à danser seul peut-être, mais en sachant que je suis toujours avec le Seigneur ».  Servir, c’est être prêt à souffrir.

Le leader serviteur est celui qui connaît la source de sa joie et a appris le contentement en Jésus seul.  Il peut alors être libre de tout désir de contrôle et de la tentation bien humaine de ramener à soi, puis agir dans l’espérance d’être servi.  Il est un leader à l’image de Jésus qui «  (…) s’est dépouillé lui-même en prenant une condition de serviteur, en devenant semblable aux êtres humains. Reconnu comme un simple homme ». – Philippiens 2.7.

 

L’amour et l’humilité sont les deux souliers du danseur-leader.  

 

Esclave volontaire

Peu populaire à notre époque d’individualisme, de plaisirs et de besoins centrés sur le moi, le leader chrétien choisit pourtant la danse la plus difficile : celle de l’esclavage volontaire.  En fait, plus l’ambition est grande, plus l’abaissement est nécessaire.  Si un leader désire la grandeur,  son ambition sera d’être serviteur, et s’il envisage la première place, il devra prévoir l’esclavage !  Aux yeux du Seigneur, dans son Église, plus la position est haute, plus l’humilité doit tenir le pas… jusqu’à suivre ceux du Seigneur sur la croix et être prêt à mourir pour ceux qu’il dirige.

L’amour et l’humilité sont les deux souliers du danseur-leader.  On ne dirige pas l’Église sans désirer l’aimer ni sans savoir que sans Christ nous ne pouvons rien faire.  Tout ce que nous sommes, tout ce que nous faisons et tout ce que nous pouvons, nous l’avons uniquement par grâce.  La dépendance totale et intégrale qui nous force à l’abandon complet afin que Son amour fasse le travail au travers nous.  Sinon, c’est la politicaillerie ou pire, la dictature qui pointe.

Un leader passionné

Au-delà du service, de l’esclavage et de l’aspiration, il y a la passion.  C’est l’essence même qui fait gravir l’échelle du leadership et permet de concilier humilité et direction. Pour obtenir la première place des esclaves volontaires, dans un cœur de leader chrétien, il doit impérativement y avoir une passion profonde pour l’Église de Christ.  Une passion pour l’Évangile qui nous fera dire, comme Paul :

« (…) je ne considère pas ma vie comme précieuse, pourvu que j’accomplisse avec joie ma course et le ministère que le Seigneur Jésus m’a confié: annoncer la bonne nouvelle de la grâce de Dieu ».  – Actes 20.24

Ma St-Valentin

Je n’ai jamais cru au hasard… le seul qui vaille est celui avec un grand « D » comme pour DIEU.    Je crois que nous devenons ce que nous construisons, soit en aval, soit en amont du bien ou du mal.  Peu importe d’où nous partons, nous pouvons faire avec les petits pains et poissons dont Dieu nous pourvoie, soit un amoncellement égoïste qui finira par pourrir notre vie, soit une distribution généreuse qui débordera largement le contexte même de l’histoire.  Je n’ai jamais cru au coup de foudre, ni à l’âme sœur, et encore moins à la compatibilité des caractères.  La vie est une succession de choix que nous faisons et, comme le disait mon pasteur ce matin, la véritable liberté est celle de faire les bons choix dans les alternatives qui se présentent à nous.

J’ai rencontré une fille, il y a maintenant vingt-cinq ans et des poussières.  Une fille qui m’a plu en raison de bien des raisons : son apparence, son caractère, ses qualités et ses couleurs.   J’ai décidé, ce jour de janvier d’arrêter de chercher.  J’ai décidé de l’aimer de tout mon cœur, d’en prendre soin, de tout faire ce qui serait en mon pouvoir afin de la rendre heureuse.  J’ai décidé d’unir ma vie à elle et qu’ensemble nous allions explorer le reste de notre vie.  C’est Julie.

J’ai décidé de l’aimer, j’ai également décidé de me livrer exclusivement à elle et peu importe les tempêtes qui se présenterais à nous, je resterai à bord.  J’ai décidé de me contraindre et me restreindre à une seule et unique personne jusqu’à ce que la mort nous sépare.  La vie nous a apporté notre lot de houle, de tempêtes, certaines semblaient plus intenses dans les autres embarcations…  Difficile de comparer.  Sauter par-dessus bord serait de toute façon un suicide, non seulement moral, mais personnel.  La seule façon de réussir est d’affronter la tempête ensemble.  D’ailleurs, ne dit-on pas que les meilleurs matelots sont formés dans les pires tempêtes ?  Et il y a notre étoile qui nous dirige, Dieu qui est au cœur de notre vie nous amène toujours à bon port.  Nous avons une destination céleste qui rend tout port d’attache bien pâle et terne.

Ma St-Valentin à moi dure 365 jours et est nourrie de petites attentions au quotidien.  Des petits riens qui semblent anodins, mais qui, je le sais, font une différence dans sa vie.  Des petits mots, des petites intentions.  Des petits gestes qui dans le poids d’une balance ne semblent pas bien lourds, mais accumulés au bout de vingt-cinq ans font tout le poids de l’amour qui nous unit.  Des petits sacrifices insignifiants qui expriment pourtant ces mots : « je t’aime ».  Des pardons et des décisions, une intention ferme de mettre ma créativité à son service pour que le bonheur la réchauffe comme le soleil en pleine mer.  Un amalgame de prière, de geste, de merci et de don qui font un tout qui s’appelle notre couple. C’est ce qui solidifie au quotidien les cordages de nos voiles et nous permet de prendre le large sans inquiétude.

Nous avons des matelots, qui sont témoins de notre équipe.  Le fruit de notre amour est en fait doublé et en âge de choisir leur propre équipage.  Nous prions qu’ils tireront le meilleur de ce qu’ils auront vu, à leurs façons.

Et si la tempête faisait rage, comme jamais nous ne l’avons connue ? Je sais que nous ne perdrons jamais de vue Celui qui nous a unis, le Seigneur des petits gestes, celui qui nous ouvre la voie du véritable amour, l’exemple même du « je t’aime », Jésus qui nous indique le nord, notre boussole et notre assurance.

Je t’aime mon amour, j’arrive avec les sushis!

Le poison sucré

« Veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu ; à ce qu’aucune racine d’amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n’en soient infectés » – Hébreux 12.15

J’ai lu l’histoire d’un homme, amateur de champignons, dont la passion l’amena tragiquement à la mort.  Il avait confondu dans sa récolte une espèce commune avec une autre mortellement toxique.  Apparemment qu’en bouche, le délice était complet, mais le résultat fut pourtant fatal.  Dans la forêt des mots, l’amertume est ce genre de poison qui nous amène inévitablement vers la mort…  Et non seulement la nôtre, car lorsqu’elle est laissée à son naturel, elle peut devenir une infection vénéneuse et transmissible, tel un rhume, par simple voie orale.  Le contact avec les paroles d’une personne infectée peut faire basculer les perceptions et la réalité du clair à l’obscur et transformer une forêt enchantée en un cauchemar éveillé.

Le goût sucré

L’amertume est cette disposition du cœur à entretenir du ressentiment, un rappel plus ou moins répétitif d’une offense, d’une injustice ou d’un certain regret.  Je repasse le film de la blessure, puis j’y ajoute mon propre scénario.  J’y greffe ensuite mon adaptation, jusqu’à y repasser un film d’horreur où les victimes deviennent les offenseurs, ou les faits, révisés par ma propre justice, réécrivent la vérité et me plongent dans une réalité virtuelle où je deviens le héros amer de l’histoire sans vainqueur réel, sans fin. Je me rejoue en boucle, et souvent même d’une façon obsessive, les quelques minutes où j’ai été victime du drame.

 

J’y recherche le sucre de l’illusion dans l’espoir d’une justice consommée rapidement.

 

C’est la cueillette empoisonnée et de surcroît, volontaire.  Je crois me délecter aux sources même de la ciguë.  J’y recherche le sucre de l’illusion dans l’espoir d’une justice consommée rapidement. Et pour tout dire, il y a une certaine satisfaction dans l’amertume.  Tel un psychotrope elle déforme la réalité et l’embellit.  Le temps qu’elle passe en bouche laisse des sensations illusoires qui satisfont le désir d’autosatisfaction.  Le temps d’un instant, on est presque ravi d’une joie trompeuse, d’une assurance que la situation, la personne, les événements, souches de mon amertume, tourneront à mon avantage personnel et qu’enfin je connaîtrai la paix de l’autojustification.

Le goût empoisonné

Plutôt que de trouver un délice pour l’âme, l’amertume nous laisse un goût… amer.  Une amertume qui vient d’une source corrompue :  le cœur humain.  Dans ses profondeurs, nous y trouvons une faune agressive et sans merci pour nos semblables.  Les abysses du cœur sont remplis de mauvaises pensées, de mauvaises intentions et de mauvais sentiments.  Malgré toutes les bonnes intentions que nous lui prêtons, et malgré le constat que certains font de sa pureté enfantine, il n’en demeure pas moins un lieu obscur où règnent la rapine et les épines.  C’est du moins ce que la Parole de Dieu en dit.  Le cœur interprète et aveugle, il décolore et rend insipide les meilleures actions.  Il détériore la vérité pour ne faire qu’un semblant de réalité, la mienne, la seule valable.

De cette source qui puise ses pensées à même le péché, chacun est responsable de boire ou non.  Le péché tapi dans le sous-bois de notre être ne demande qu’à détruire tous ceux qui osent s’opposer à notre propre justice et à notre amour propre.  L’amertume répond à notre besoin de protection, de valorisation et d’acceptation.  Mais la source falsifiée par le péché transforme ces besoins justifiés en désirs idolâtres au point de ternir et désirer détruire ceux qui nous entourent.  Nous y arrivons une pensée à la fois, puis la fermentation fait son effet, la pression siffle par une parole qui terni l’autre, et finalement en actions qui éclatent avec plus ou moins de force.

Un cancer de l’âme

Un sage chinois a dit : désirer se venger, c’est prendre un poison en espérant voir l’autre mourir. L’amertume, c’est le cancer de l’âme.  C’est la bactérie qui transforme un aliment sain en un poison mortel.  Tel le botulisme, elle paralyse les sens et finit par atteindre toutes les fonctions vitales, jusqu’à arrêter de respirer. C’est la mort de l’âme.  Pour un régénéré, c’est la zombification d’un vivant se comportant comme un mort.

L’amertume gruge lentement, à petit feu, étape par étape, mot par mot et pensée après pensée, dirigée vers l’obsession du rétablissement de la justice, jusqu’à l’aveuglement spirituel. Et par surcroît, l’amertume se transmet.  Elle se propage au travers des paroles, par le simple fait de déformer la réalité envers une oreille crédule. Nous falsifions par nos propos savoureux, teintés de médisance et saupoudrés d’une pincée de calomnie, nous inoculons notre amertume au fond du cœur d’une tierce personne.  Nous influençons sa réalité pour lui faire accepter la nôtre.  Et nous avons ce sentiment d’avoir un allié, une victoire, un semblant de justice alors que c’est notre propre condamnation que nous signons. L’amertume a ses rejetons, et infecte son entourage, elle a ses racines et brise les fondations souvent solides, par une séduction naturelle qui entraîne tous ses adeptes vers le tréfonds du mensonge.

Un antidote

Le seul antidote efficace pour contrer ce poison est la puissance régénératrice de l’Évangile.  Si je subis un tort ou une injustice quelconque, l’œuvre de Christ me ramène invariablement à la justice véritable. Le miroir de la croix me reflète le visage de mon péché, et la véritable nature de ce que je suis : offenseur et agresseur devant Dieu.

Le regard que j’ai envers les torts que je subis, peu importe leurs justifications, doit passer premièrement au travers de la lunette de ma propre condition.  Puis admirer toute la grâce que Dieu exerce à mon égard. Son amour inconditionnel, et toute la provision d’amour, d’acceptation et de patience qu’il manifeste envers moi.  La grâce nous élève et nous fait passer de vengeur à rédempteur.  Puis  je prendrai une décision qui transformera toutes mes relations : agir envers mon prochain de la même façon que Dieu le fait envers moi.

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