La mort tombée du ciel
27 mai 2016  //  By:   //  Actualité, Opinion  //  No Comment   //   575 Views

Durant le sommet du G7, le président Obama en a profité pour visiter le parc mémorial pour la paix d’Hiroshima. 71 ans plus tard, la radioactivité tend à retomber.  Du bout des lèvres le président américain a exprimé que la décision de LA bombe était tragique, mais qu’en temps de guerre, un président a souvent des choix difficiles à faire, en qualifiant l’événement de la « mort qui est tombée du ciel »1.

L’image est saisissante.

À l’instar des chevaliers de l’apocalypse, l’épée à la main, semant la destruction, la mort et le malheur.  Une vision de la fin des temps bien actuelle où nous avons vu ce bombardier reluisant, presque beau, viser la petite ville et retourner le plus rapidement possible à sa piste d’atterrissage, laissant derrière lui la destruction totale et des dizaines de milliers de morts.   Une ville grouillante, rasée en une fraction de seconde, stigmatisant toute une planète et ce, pour toujours.  Hiroshima fait partie de ces événements historiques dont le nom se mêle à la honte.

La mort tombée du ciel, comme si l’événement était sous la gouverne des dieux, Mars en l’occurrence, dieu de la guerre, profitant des faiblesses humaines pour nous tourner les uns contre les autres et faire en sorte que l’on s’entretuent.  Nous, victimes des lubies imprévisibles d’une divinité capricieuse et hargneuse.

Quelques historiens doutent de la pertinence de cette première bombe nucléaire, mais le choix de la seconde, elle, sur Nagasaki quelques jours plus tard, ne laisse aucun doute.  Elle exprime quelque chose de beaucoup plus profond : la victoire durant une guerre se gagne par la pression du sang.  Une pression à froid qui éclate dans une coupe de colère à peine masquée.  La guerre est ainsi, depuis que l’homme est homme, depuis Caïn contre Abel puis tous les autres meurtriers, justifiés par une paix illusoire.

En fait, la mort ne vient pas du ciel, mais du Cœur de l’homme.  C’est la réalité profonde des guerres et Hiroshima n’y fait pas exception.  Remettre la responsabilité a un affreux bombardier, à un président d’état aseptisé ou un coup du destin, c’est dépersonnaliser, presque blanchir des actes effroyables et horribles qui n’expriment au fond que ce qui empli le cœur humain.

L’histoire de l’homme, c’est l’histoire des guerres, disait un autre guerrier, et croire que la mort descend du ciel c’est croire que l’homme peut s’en laver les mains.

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Pasteur Blogueur, c'est Michel Vincent, pasteur à Mascouche, près de Montréal, "Des questions et une réponse. Je suis convaincu que la vérité est une personne!"

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