Pelleter ma montagne!

Matthieu 17:20 C’est à cause de votre incrédulité, leur dit Jésus. Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne : transporte-toi d’ici là, et elle se transporterait ; rien ne vous serait impossible.

Ça fait rêver, non?  Rien ne nous serait impossible; rien de rien!

Rêvons l’impossible… Quelles sont les montagnes qui se dressent au travers notre chemin?  La maladie, la perte d’un être cher, un congédiement? Rêvons donc que notre église devienne la plus nombreuse de la région.  Ou encore, la paix dans le monde.  Pourquoi pas?  Mieux!  Le salut de tous les êtres humains.  Je le désire fort, je le veux ardemment, alors ça devrait arriver!

Les fervents du nouvel évangile tentent de nous convaincre que la clé pour relever tous les défis qui se présente devant nous est simplement d’y croire.  Le vouloir assez fort pour le voir, le visualiser et agir comme si c’était déjà exaucé.

Seulement voilà.   Il y a une pierre entre moi et cette montagne. Une condition. Une simple restriction qui met une clé à cette promesse.  Un codage puissant qui en restreint tout usage : La foi.

Il ne s’agit pas seulement de croire que la montagne puisse être transportée.   Même en y pensant intensément ou en y concentrant tous nos désirs, rien ne bougera.   Aussi bien apporter une pelle tout de suite et la transporter bouchée par bouchée.

Il ne s’agit pas non plus de croire que Dieu peut la transporter pour qu’il la catapulte directement dans le Pacifique.  Aussi bien prendre Dieu pour notre valet!

La foi n’est pas comme la potion magique des Gaulois ou il suffit d’en prendre une petite dose pour jeter la montagne à bout de bras.  La foi n’est pas un ajout que l’on se saupoudre dans l’être, car, en fait, croire, c’est être.

La foi véritable ne fait pas seulement influencer notre raisonnement; elle en devient l’essence.

La foi dont Jésus parle ici, celle qui peut transporter les montagnes, en est une intégrale. Une confiance intense qui ne s’exprime que par l’amour.  Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, signifie inévitablement la foi.   L’abandon global du moi pour me laisser emplir par Lui, de tout mon cœur, de toute mon âme, de toute ma force, et de toute ma pensée.  Cette foi n’est pas une foi rationnelle, mais relationnelle.  Ce n’est pas une simple confiance dans les capacités de Dieu, comme lorsque l’on croit que l’ascenseur me portera jusqu’au sommet.  Il s’agit d’une foi de symbiose à l’image de Jésus et du Père, ou tout ce qu’il désire, c’est ce que Dieu désire, tout ce qu’il fait, c’est Dieu qui le fait, et tout ce qu’il pense, c’est Dieu qui le pense.

Pause.

Si je suis honnête avec moi-même, et avec Dieu, le constat ici est simple : cette foi nécessaire à la téléportation des rocheuses, est grosse comme un atome dans ma vie personnelle.  Bien loin du grain de sénevé!

[quote]Avant de transporter des montagnes, je dois savoir en qui je crois, et comment je crois.[/quote]

Et c’est exactement ce que Jésus tente de nous dire ici.  Avant de transporter des montagnes, je dois savoir en qui je crois, et comment je crois.  Je peux bien croire en, mais l’objet de ma foi et la façon dont elle s’exprime est bien plus important que le simple fait de croire.

Pourquoi les montagnes semblent si difficiles à transporter?  Pourquoi les défis de ma vie semblent souvent si élevés?  Parce que je les mesure à mon cœur, mon âme, ma force et ma pensée.  La conséquence devant mon impuissance est inévitablement l’anxiété et les inquiétudes, le constat d’incapacité qui m’écrase, l’incompétence, voire même l’imposture.

J’oublie que la foi en Dieu est relationnelle.

Peut-être que je dois la contourner, passer par-dessus, la pelleter lentement. Ce que nous appelons des montagnes, des obstacles ou des épreuves, dans l’œil de Dieu ne sont que des moments favorables pour moi afin de m’appuyer sur Lui, me rapprocher de Lui et apprendre à l’aimer encore plus.

Plus j’entretiens ma relation avec Dieu, plus ma foi grandit, moins les montagnes prennent de l’ampleur, car j’ai alors l’assurance qu’Il est avec moi…

Pourquoi alors la jeter à la mer?  On réalise que la marche en montagne, c’est fantastique avec Dieu à nos côtés!

Et si on ralentissait?

« En vain vous levez-vous matin, vous couchez-vous tard, Et mangez-vous le pain de douleur ; Il en donne autant à ses bien-aimés pendant leur sommeil. »  – Psaumes 127:2

Je vous partage une simple réflexion après avoir lu le livre « Éloge de la lenteur » de l’auteur Karl Honoré.

J’étais sur l’autoroute, tranquille à rouler, tout à coups, un bolide me dépasse sur la droite sûrement à 140!  Je le voyais zigzaguer entre les automobiles et se croire au volant d’une formule 1.  L’ironie, c’est que quelques kilomètres plus loin, j’étais juste derrière lui!   Tant de risques pour si peu de résultats!

Nous sommes à une époque où la vitesse est un gage d’efficacité.  Tout le monde est pressé.  Nous nous usons jusqu’au burnout, puis la culpabilité nous lorgne.  J’aurais dû être plus efficace.  La faiblesse moderne est dans celui qui n’est pas capable de suivre le rythme.

L’organisation, l’accumulation des données sont le nerf de la guerre ajoutons à cela une société de performance et de consommation nous avons un cocktail digne des pires films de science-fiction.  Sommes-nous en train de devenir des cyborgs.

Moi-même, lorsque je ne fais rien durant un après-midi, je sens la culpabilité et la dévalorisation.  Comme si mon identité était attachée à ce que je fais et non à ce que je suis.

Depuis l’industrialisation, les machines nous ont inspiré un rythme accéléré et nous avons tenté tant bien que mal de suivre le courant.  L’arrivée des ordinateurs et de l’intelligence artificielle nous met une pression supplémentaire.  Et aujourd’hui, nous sommes arrivés à une bascule ou le seuil de maladies mentales, de névrose et de troubles psychologiques de toute sorte n’a jamais été aussi grand.  Les prescriptions d’antidépresseur sont à leur sommet, et comme si l’aveuglement volontaire n’était pas suffisant, nous allons bientôt passer à la thérapie génique, afin de nous contraindre à l’adaptation.

Pas assez rapides et productif?

Mon amie Marie bouffe à une vitesse que je qualifierais de « tortuesque »… En comparaison avec elle j’engloutis littéralement!   Elle a à peine pris trois bouchées que j’enchaîne avec mon dessert… et je ne blague pas.  Mais au fond, c’est son rythme qui est le bon!  Elle prend le temps de bien savourer chaque bouchée, laisse le temps à son système d’enregistrer la satiété.  Elle profite au maximum du présent qui passe et savoure son repas avec joie.  Elle emmagasine des souvenirs et des plaisirs dans son album secret.

Et si c’était ça la vie.

Chacun démarre avec 1440 minutes par jour.  C’est une justice universelle, personne n’en a plus.  Tout est dans ce que nous en faisons.  Si à cela nous décidons de dormir un peu, le capital baisse considérablement.  On ne peut pas courir après le temps tout comme on ne peut pas revenir dans le passé.  Le temps passe, c’est tout, comme une rivière devant nous.  Tout ce qui compte est ce que l’on fait de ces petites fuites de soixante secondes.

[quote]Nous avons laissé derrière nous une partie de notre âme dans ce départ hâtif vers le succès instantané.[/quote]

Je crois que nous avons dérapé dans notre ivresse de la productivité.  Cet engouement à réaliser des choses utiles et pratiques nous a créé une véritable dépendance, et nous poursuivons frénétiquement notre parcours, sans nous arrêter.  Jusqu’à épuisement.  Et je ne remets pas en question l’utilité ou le bien-fondé des choses que nous faisons.  Plutôt le fait que nous avons laissé derrière nous une partie de notre âme dans ce départ hâtif vers le succès instantané.

Et nous cherchons à combler ce vide existentiel avec tout ce que cette société a à nous offrir.  Réseaux sociaux, divertissement, jeux et film sont tous des moyens que nous nous donnons pour mettre notre « switch a off! »  Nous oublions que la société dans laquelle nous vivions n’est en fait qu’un miroir de nous-mêmes, à notre image de productivité et de consommation.  Elle ne peut que nous enfoncer plus profondément dans la frénésie.

Slow down… you move to fast!

Simon et Garfunkel chantaient ce refrain il y a déjà une cinquantaine d’années, et il résonne encore comme d’actualité. Ralentir le rythme, c’est une question d’hygiène spirituelle et psychologique pas seulement de vitesse ou de productivité.

À l’image des sœurs Marthe et Marie (Luc 10) il y a une prise de conscience à faire.  Réaliser que la vie est plus que ce que nous en faisons, mais plutôt elle devient ce nous sommes.  Le bonheur n’est pas une destination, mais une façon de voyager. (dicton populaire)  Au fond, c’est ce que nous cherchons tous au travers cette frénésie : être heureux.

C’est à ce moment crucial que je me pose la question: à quelle moelle je décide d’extraire mon bonheur?

Ralentir, ce n’est pas arrêter!  Nous devons tous travailler, nous occuper de nos tâches domestiques, de notre hygiène personnelle et dormir.  Ralentir, c’est choisir ce qui passera en premier.  Puis, face à certaines obligations, fixer ma limite de vitesse et à quels carrefours je mettrai mes arrêts obligatoires.

Le verset du départ commence avec : Si l’Éternel ne construit la maison, ceux qui travaillent le font en vain.  Ralentir comme il se doit, serais de remettre Jésus au centre de mon agenda et greffer toute mes activités autour de Lui.  Utopique?  Certainement pas.  Si c’est vrai que sans Lui je ne peux rien faire, qu’en Lui j’ai la vie, le mouvement et l’être, à plus forte raison le fait de prendre du temps avec Lui m’évitera bien des détours douloureux.  Et si c’était réellement lui la source du véritable bonheur, je perdrais mon temps à m’activer et battre l’air pour trouver le bonheur ailleurs qu’à la source…

Je crois que nous avons perdu la notion de contemplation de notre Dieu.  Même nos prières sont productives.  Les silences peu nombreux et le temps compté.  L’arrêt obligatoire est devenu relatif et la notion de sabbat est un concept rétrograde.  Pourtant, pour ma part, les plus grandes décisions et les victoires les plus glorieuses l’ont été dans Sa présence.  Souvent dans ces soupirs inexprimables où, dans les sentiers d’une forêt voisine, j’ai pris le temps d’aller à la rencontre de mon Dieu.  Il est peut-être temps que je reprenne Son rythme.

Tous dans le même bateau!

Une expression que j’aime utiliser est : « nous sommes tous dans le même bateau de pêcheurs ».

J’aimerais voir l’église locale comme un grand bateau, les chrétiens navigants sur les mers du monde tel des explorateurs modernes, allant avec courage et détermination jusqu’aux confins de l’univers connu pour y rescaper des perdus.  Chacun sachant le rôle qui lui est échu et tous uni derrière notre mission commune nous chantons gaiement des hymnes marins et hissons joyeusement les voiles, les pavillons et sans oublier la bannière de Christ…

La réalité est bien différente!

En fait, nous sommes tous confinés dans le même lieu clos, sans portes de sortie, exposés au large, aux tempêtes et aux périls des mers, et où l’unique espoir est d’arriver à bon port en un seul morceau.   Nous nous sentons souvent coincés dans la cale, comme condamnés.  Nos vaisseaux se buttent aux monstres marins, s’échouent dans les récifs, se disloquent sous la puissance des vagues et assaillis sans répit par les éléments, notre nature propre nous rappelle que nous sommes sans contrôle sur ces mêmes éléments.

Nous sommes dans ce bateau unique où les mutineries sont nombreuses.  Les murmures contre le capitaine et ses officiers sont cruels et souvent sans relâches.  Les pêcheurs sont critiques et cyniques, c’est bien connu.  Tout ce qui dérange est matière à exposer ses préférences.  Le tricorne du capitaine, les souliers des moussaillons, la couleur des voiles sans parler de l’itinéraire combien de fois discuté et débâclé.  J’ai vu dans mes vingt ans de mers des marins obligés de faire la planche et être jetés vivants aux requins.  D’autres, pris de paniques, ont bêtement sauté hors du bateau.   Nous ne les avons jamais revus.  Avalé par la mer et son insatiable soif du sang des matelots.

Dans notre traversée de l’océan de la vie, nous sommes confrontés à un équipage souvent disparate et capricieux.  Des capitaines insécures et inexpérimentés, et nous-mêmes, influencés par nos propres compas et boussoles, nous nous croyons connaître LE bon port!  Affolés au moindre craquement venant des tangages ininterrompus du bateau, nous tentons tant bien que mal d’amener le navire vers le phare, sans souvent savoir reconnaître les bonnes étoiles nous avons bien plus souvent l’impression de dériver que de suivre une carte et un itinéraire bien précis.

[quote]Nous sommes tous dans le même bateau de pêcheurs.  Nous sommes tous des pécheurs finis, et dans notre nature profonde, nous allons toujours tenter nos mutineries.[/quote]

OUI!  Nous sommes tous dans le même bateau de pêcheurs.  Nous sommes tous des pécheurs finis, et dans notre nature profonde, nous allons toujours tenter nos mutineries, exécuter notre justice et éliminer à grand coups de sabres tous ceux qui oseraient se mettre au travers notre route.  Même notre instinct de survie n’arrive pas à faire régner la paix entre nous.   En fait, l’histoire de notre monde est l’histoire des guerres, des génocides et de toutes les horreurs dont nous sommes seuls capables.

Prenez une centaine et plus de ces pirates rebelles, confinez-les ensemble dans une coque de noix et dites-leur de conquérir les mers à grands coups d’amour!  C’est tout simplement impossible.  Irréalisable et même utopique, pour ne pas dire farfelu.

Mon ami Louis dit souvent : « L’Église c’est un miracle »!  Rien de moins.  En effet, naturellement, et si cela n’en tenait qu’à nous et nos capacités, nous devrions être au fond de la mer, aux côtés du Titanic, étant nous-mêmes l’Iceberg ET le constructeur.

Mais voilà! Il y a plus et mieux que nous dans ce bateau.

Jésus lui-même construit son navire et les marins qui l’occupent.  Il place les officiers, puis, son Esprit guide et dirige ce navire vers l’étoile du matin.  Une force, une personne, une puissance, notre Dieu, en total contrôle, les deux mains sur le gouvernail, ne l’oublions jamais.

C’est à nous de tout d’abord réaliser quel genre de marins nous sommes.  Puis de nous soumettre aux capitaines que le suprême commandement nous donne.  Trouver notre joie dans le fait même d’être sur le bateau et non à surnager en mer.  Développer la camaraderie avec les pêcheurs qui nous entourent et vivre « Les copains d’abord ».

Devenir matelot sur le vaisseau du grand amiral demande de mourir à soi-même et vivre pour Lui.  Nous l’oublions bien souvent, surtout lorsque la tempête fait rage et que les lames de la mer nous projettent contre les balustrades du bateau.  Abandonnons toute rébellion, et passons de pirates à mathurin du Roi.  D’homme pécheur à pêcheurs d’homme.

Il y a mieux qu’un disciple!

« … La connaissance enfle, mais l’amour édifie. » -1 Corinthiens 8.1 

J’ai toujours aimé cette phrase percutante de l’apôtre Paul.  Il s’agit d’une image remplie de paradoxes.

D’un côté, nous avons les adeptes de la connaissance.  Connaissance des règles établies, de ce que Dieu exige et demande dans sa Parole, la Bible.  Ceux qui ont cette connaissance sont des experts de cette Parole.  La cite, la répètent, la connaissent et s’y imprègnent afin de bien connaître ce que Dieu veut ou non.  L’image que Paul nous donne pour qualifier cette connaissance, c’est qu’elle enfle!  Le mot utilisé originalement est: gonflé.  Comme un ballon qui prend de la place dans une pièce, mais qui, en fait, est vide au-dedans.  Comme un décor de cinéma dont on ne se préoccupe que de la façade pour le plaisir des spectateurs.

À l’autre extrémité, il y a les adhérents de l’amour.  Un amour qui comme le dit l’apôtre ici, édifie. C’est-à-dire, qui construit.  Un amour solide, qui remplit la personne qui le vit.  Un amour dirigé vers Dieu et le prochain, qui sort tout simplement du paradoxe.  Un amour qui ne cherche pas tant la raison, mais simplement l’être!

Dans notre conception du christianisme, et appuyé sur la parole de Jésus qui nous envoie aux extrémités de la terre pour y faire des disciples (Mat 28 :19), nous avons mis le disciple au-dessus de tout ce qui peut se faire dans le moule chrétien.  Un converti arrivé est un disciple accompli.  Point à la ligne!  Un disciple n’est-il pas un élève qui suit un maître?

Mais voilà le hic!  On peut très bien être un disciple, connaître tout le conseil de Dieu et n’avoir de relation avec Lui qu’au travers son enseignement.  Être des diplômés de la foi sans couleurs et sans saveurs.  Déverser des versets à profusions et des réponses à toutes questions, mais avoir un cœur sec et vide à l’intérieur.  Gonflé à bloc par la gratification de la connaissance et du bien paraître.  Celle de bien faire les choses et avoir l’impression, par-dessus le marché, que Dieu nous approuve .

C’est exactement ce que Jésus reproche aux docteurs et scribes de son époque.  Les disciples du courant officielle.  Ces religieux qui connaissaient souvent par cœur les premiers livres de la Bible, qui les récitaient jour et nuit, qui les étampaient sur leur front et qui les gravaient sur les murs de leurs maisons, connaissaient la Parole.  Et pourtant, lorsqu’elle s’est manifestée a eux en chair et en os, cette même parole incarnée leur dit :

« Ce peuple m’honore des lèvres, Mais son cœur est éloigné de moi. » – Matthieu 15.8

Être disciple n’est pas suffisant.   Suivre Jésus n’est pas suffisant.  En effet, Judas n’était-il pas un disciple?

Être disciple peut même devenir un piège de condescendance, une fosse que l’on creuse soi-même en croyant que nous nous protégeons, alors que nous devenons nos propres fossoyeurs.

Il y a plus, et il y a mieux.  Le christianisme n’est pas une religion de la tête, mais du cœur.  Un émerveillement puissant de l’amour de Dieu manifesté au travers Jésus-Christ.  Une réponse corps, âme et esprit a cet amour.  Une reddition inconditionnelle devant la croix et une joie débordante devant la grâce qui nous touche maintenant au travers Lui.

Avant même de parler de disciple, Jésus nous demande d’être des adorateurs.

[quote]En effet, nous pouvons très bien être un disciple et ne jamais adorer celui qui nous enseigne.  Invariablement, tout adorateur deviendra disciple de celui qu’il adore.[/quote]

Il nous demande d’être avec lui, tout simplement.  Il nous réclame le cœur.  Il désire que nous soyons des adorateurs amoureux.  Le mettre sur notre trône intérieur et être en véritable pâmoison devant Lui.  Comme ces amoureux qui se découvrent et dont même les silences expriment la puissance de leur amour.   Jésus n’a rien à faire des simples disciples…

En effet, nous pouvons très bien être un disciple et ne jamais adorer celui qui nous enseigne.  Invariablement, tout adorateur deviendra disciple de celui qu’il adore.

L’adorateur de Jésus, c’est celui qui se délecte à la source de Dieu lui-même.  Celui qui découvre une manne infinie qui le laisse sans cesse affamé.  Être adorateur, c’est un élan du cœur qui fait de Jésus l’unique source de son contentement.  Comme Piper le dit si bien, nous devenons des hédonistes chrétiens.  Nous nous réjouissons en Lui et notre appétit de Lui ne fait que grandir devant son amour infini.  Et c’est là, à la source de cet insatiable faim, que l’on découvre le disciple véritable.  Sa Parole devient un puits, une source, un océan qui me parle avec la voix de celui qui m’aime, et que j’aime.

Être un adorateur avant d’être un disciple, c’est un apprentissage fusionnel.  C’est l’école du cœur.   Il m’aime, je l’aime et je désire le connaître toujours plus.  Sa parole transcende les pages imprimées et chuchote directement à mon cœur.  J’apprends ce qu’il est et j’aime ce qu’il aime.  Mon obéissance n’est plus une bête soumission, mais une joyeuse excursion avec celui qui m’accompagne tous les jours.

Et si je manque à ma résolution?  Plutôt que de me morfondre en contrition et en culpabilité, je saisis la main que j’aime et je me relève.  Je me plonge dans ses bras, me réconforte au son de sa parole et me laisse tout simplement aimer par celui qui est mort pour moi, et dont rien ne pourra jamais me séparer (Ro 8:39).

Il y a mieux qu’un disciple, oh! Que oui!  Un adorateur en esprit et en vérité (Jn 4:23).  Lorsque nous décidons de devenir des adorateurs, tout le christianisme prend son sens et passe du noir et blanc à la couleur!  D’une religion à une relation!  Et toute notre vie de chrétien se teinte de cette révolution d’amour.  C’est dans cet élan du cœur que la louange tire sa source et son sens.  Que les œuvres se transforment an actes de compassions et que l’amour de mon prochain devient un canal de Son amour.

La connaissance est une bonne chose, mais si elle n’est pas poussée par une adoration véritable, elle n’est qu’un métal qui bourdonne, une cymbale fêlée qui dérange, de belles actions, de belles paroles sans la saveur, la couleur et l’odeur de Christ (1 Cor 13:1).   Un gros ballon bien rempli de nous-mêmes.

Devenons des adorateurs, et nous serons des disciples véritables.

Une grande année!

« Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons ».  – Éphésiens 3.20

Pour l’année 2019, je nous souhaite tout le succès, tout l’accomplissement et toute l’ambition inimaginable.  Visons plus haut que haut et plus que vainqueur!

À condition d’y croire et de le vouloir.

Croire et vouloir

En effet, nous avons cette habitude au Québec de traiter tout ce qui nous importe avec la petitesse de nos aspirations.  Une petite vie, un petit quart d’heure, des petits problèmes… tout est petit chez nous.  Comme si tout le Québec avait perdu l’ambition du dépassement.    Au point ou lorsque nous voyons une personne chercher à se dépasser ou pire (!) être le meilleur de sa discipline, un goût désagréable d’orgueil nous laisse la bouche ouverte, comme si nous avions affaire a un prétentieux voulant écraser tout ce que se trouve autour lui.

Pourtant, lorsque nous nous convertissons au christianisme, nous sommes censés sortir du cercle du « mini-me » québécois, aussi édulcoré que le l’édulcorant… mais en plus petit.  Plus diète.  Être chrétien nous amène à des aspirations célestes, par un Dieu tout puissant qui nous exige la grandeur de sa gloire.  Nous sommes non pas destinés, mais fondamentalement des mutants du succès de Dieu.  Des Plus que vainqueurs (Ro 8:37), des réclameurs d’infini (Eph 3:20), des prédestinés d’éternité (Eph 1:11).   Ce n’est pourtant pas ce que nous voyons ni entendons généralement dans l’église québécoise.

Comme si 400 ans de mortifications imposés par une religion d’état, de combats contre les éléments déchaînés, contre les hivers glacials, contre les conquêtes anglaises et américaines et contre vent et marée nous avaient gardé les yeux rivés sur nos propres échecs plutôt que sur notre grande résilience.

Comme si notre identité spécifique en ce domaine est restée collée quelque part sur le crucifix du parlement et n’est pas encore sortie du tombeau pour une résurrection glorieuse.

Cette force qui nous entraîne dans l’abîme, au fond du lac des ambitions résignées, nous amène à voir un succès là ou plusieurs ne verraient qu’une nage en sur-place.  Nous nous contentons de si petit!  J’en suis à me demander si cette distorsion n’est pas la source de notre échec spirituel.  Huit millions et demi de québécois et a peine plus de quarante mille chrétiens.  On ne remplirait même pas un stade de football universitaire chez nos voisins du sud!  Oui!  Le christianisme semble être un échec cuisant au Québec, comparé aux autres pays occidentaux, africains et même asiatiques.  Et nous nous complaisons dans un rôle de victime.

Et comme toutes-bonnes victimes, nous transférons sur l’autre la cause de la difficulté.  Des soupirs tels que : « La terre est aride au Québec », et « Les Québécois ne veulent plus de Jésus », vienne nous conforter en nous disant que ce n’est plus notre problème.  Nous en venons à la conclusion que le Québec est perdu une fois pour toutes, et nous ramenons les hauts faits du passé en ressortant les miettes des héros qui nous ont précédés comme des exploits d’une époque révolue.

Paradoxalement, ce que je vois dans mon quotidien, c’est une nation qui se cherche une raison d’être.  Pris en sandwiche entre plusieurs générations différentes, le québécois est beaucoup plus ouvert que l’on ne semble le croire au phénomène religieux, le point commun a toutes ces générations est cette soif de spiritualité et de profondeur.  Le monde n’est pas stupide et voit le désarroi qui l’habite.  Le problème n’est pas dans la demande, mais dans l’offre!

Nous avons de la compétition.

[quote]Le québécois moyen nous dit : « Bon!  Vous me dites que vous avez LA vérité et que vous êtes sauvés… prouvez-le! »…[/quote]

Compétitifs

J’ai l’impression que nous avons fait ce que nous critiquons… nous avons jeté le bébé avec l’eau du bain!

Le québécois moyen nous dit : « Bon!  Vous me dites que vous avez LA vérité et que vous êtes sauvés… prouvez-le! ».  Montrez-moi Jésus que je le suive.  Nous présentons un Jésus historique, un Jésus académique, décrivons ce qu’il est à grands coups de verset, mais oublions trop souvent d’être celui qu’ils recherchent.  Nous utilisons notre tête pour combler le cœur.   Et lorsque nous sommes poliment remerciés, nous réagissions comme des victimes offensées.  Nous appelons cela des persécutions, de l’aridité.  Nous jetons notre responsabilité avec la difficulté alors que le véritable problème est que nous donnons des bonbons à une société qui demande de la viande.  Ils veulent voir, pas seulement entendre.  Bref, que nos bottines suivent nos babines, comme dit le dicton.

Pendant ce temps, tout un éventail de religions alternatives vient gagner le cœur des Québécois.  Avec des représentants souvent plus convaincus et convaincants.    Offrant des méthodes et imposant même une rigueur plus grande que ce que Jésus ferait.  Pour gagner le Québec, nous aurons à jouer du coude et être excessivement compétitifs!

Des adorateurs

Ce dont nous avons besoin est de redécouvrir Jésus.  Lâcher la tête et viser le cœur.  Chercher à devenir des adorateurs avant d’être des élèves (lire des disciples).  En effet, un adorateur suivra toujours celui qu’il adore, mais un disciple peut très bien se contenter de la médiocrité de la connaissance.  C’est ce que Jésus disait aux disciples du judaïsme de son époque : « Jésus leur répondit : Hypocrites, Esaïe a bien prophétisé sur vous, ainsi qu’il est écrit : Ce peuple m’honore des lèvres, Mais son cœur est éloigné de moi. » – Marc 7.6

J’ai l’impression que le confort nous a fait croire que nous étions arrivés.  Cette sensation de contrôle mêlée à un manque d’opposition nous a laissés penser que tout allait bien.  Jésus est devenu l’accessoire central de nos églises, un prétexte pour présenter notre propre visage.   Au final, les Québécois y voient beaucoup plus clair qu’on n’y pense.  En ne voyant pas une assez grande différence avec leurs quotidiens, ils ne trouvent pas dans ce que nous offrons un morceau pouvant remplir un cœur en recherche.

Ce que je nous souhaite en 2019, c’est d’avoir l’ambition des aspirations de Dieu pour nous : Rien de moins qu’être des adorateurs de Jésus, corps, âme et esprit. Viser haut et viser glorieux.  Viser Jésus.  Bonne année d’adorateur!