Il y a mieux qu’un disciple!
7 janvier 2019  //  By:   //  Église, Non classé, Pensée de la semaine, Style de vie  //  No Comment   //   410 Views

« … La connaissance enfle, mais l’amour édifie. » -1 Corinthiens 8.1 

J’ai toujours aimé cette phrase percutante de l’apôtre Paul.  Il s’agit d’une image remplie de paradoxes.

D’un côté, nous avons les adeptes de la connaissance.  Connaissance des règles établies, de ce que Dieu exige et demande dans sa Parole, la Bible.  Ceux qui ont cette connaissance sont des experts de cette Parole.  La cite, la répètent, la connaissent et s’y imprègnent afin de bien connaître ce que Dieu veut ou non.  L’image que Paul nous donne pour qualifier cette connaissance, c’est qu’elle enfle!  Le mot utilisé originalement est: gonflé.  Comme un ballon qui prend de la place dans une pièce, mais qui, en fait, est vide au-dedans.  Comme un décor de cinéma dont on ne se préoccupe que de la façade pour le plaisir des spectateurs.

À l’autre extrémité, il y a les adhérents de l’amour.  Un amour qui comme le dit l’apôtre ici, édifie. C’est-à-dire, qui construit.  Un amour solide, qui remplit la personne qui le vit.  Un amour dirigé vers Dieu et le prochain, qui sort tout simplement du paradoxe.  Un amour qui ne cherche pas tant la raison, mais simplement l’être!

Dans notre conception du christianisme, et appuyé sur la parole de Jésus qui nous envoie aux extrémités de la terre pour y faire des disciples (Mat 28 :19), nous avons mis le disciple au-dessus de tout ce qui peut se faire dans le moule chrétien.  Un converti arrivé est un disciple accompli.  Point à la ligne!  Un disciple n’est-il pas un élève qui suit un maître?

Mais voilà le hic!  On peut très bien être un disciple, connaître tout le conseil de Dieu et n’avoir de relation avec Lui qu’au travers son enseignement.  Être des diplômés de la foi sans couleurs et sans saveurs.  Déverser des versets à profusions et des réponses à toutes questions, mais avoir un cœur sec et vide à l’intérieur.  Gonflé à bloc par la gratification de la connaissance et du bien paraître.  Celle de bien faire les choses et avoir l’impression, par-dessus le marché, que Dieu nous approuve .

C’est exactement ce que Jésus reproche aux docteurs et scribes de son époque.  Les disciples du courant officielle.  Ces religieux qui connaissaient souvent par cœur les premiers livres de la Bible, qui les récitaient jour et nuit, qui les étampaient sur leur front et qui les gravaient sur les murs de leurs maisons, connaissaient la Parole.  Et pourtant, lorsqu’elle s’est manifestée a eux en chair et en os, cette même parole incarnée leur dit :

« Ce peuple m’honore des lèvres, Mais son cœur est éloigné de moi. » – Matthieu 15.8

Être disciple n’est pas suffisant.   Suivre Jésus n’est pas suffisant.  En effet, Judas n’était-il pas un disciple?

Être disciple peut même devenir un piège de condescendance, une fosse que l’on creuse soi-même en croyant que nous nous protégeons, alors que nous devenons nos propres fossoyeurs.

Il y a plus, et il y a mieux.  Le christianisme n’est pas une religion de la tête, mais du cœur.  Un émerveillement puissant de l’amour de Dieu manifesté au travers Jésus-Christ.  Une réponse corps, âme et esprit a cet amour.  Une reddition inconditionnelle devant la croix et une joie débordante devant la grâce qui nous touche maintenant au travers Lui.

Avant même de parler de disciple, Jésus nous demande d’être des adorateurs.

En effet, nous pouvons très bien être un disciple et ne jamais adorer celui qui nous enseigne.  Invariablement, tout adorateur deviendra disciple de celui qu’il adore.

Il nous demande d’être avec lui, tout simplement.  Il nous réclame le cœur.  Il désire que nous soyons des adorateurs amoureux.  Le mettre sur notre trône intérieur et être en véritable pâmoison devant Lui.  Comme ces amoureux qui se découvrent et dont même les silences expriment la puissance de leur amour.   Jésus n’a rien à faire des simples disciples…

En effet, nous pouvons très bien être un disciple et ne jamais adorer celui qui nous enseigne.  Invariablement, tout adorateur deviendra disciple de celui qu’il adore.

L’adorateur de Jésus, c’est celui qui se délecte à la source de Dieu lui-même.  Celui qui découvre une manne infinie qui le laisse sans cesse affamé.  Être adorateur, c’est un élan du cœur qui fait de Jésus l’unique source de son contentement.  Comme Piper le dit si bien, nous devenons des hédonistes chrétiens.  Nous nous réjouissons en Lui et notre appétit de Lui ne fait que grandir devant son amour infini.  Et c’est là, à la source de cet insatiable faim, que l’on découvre le disciple véritable.  Sa Parole devient un puits, une source, un océan qui me parle avec la voix de celui qui m’aime, et que j’aime.

Être un adorateur avant d’être un disciple, c’est un apprentissage fusionnel.  C’est l’école du cœur.   Il m’aime, je l’aime et je désire le connaître toujours plus.  Sa parole transcende les pages imprimées et chuchote directement à mon cœur.  J’apprends ce qu’il est et j’aime ce qu’il aime.  Mon obéissance n’est plus une bête soumission, mais une joyeuse excursion avec celui qui m’accompagne tous les jours.

Et si je manque à ma résolution?  Plutôt que de me morfondre en contrition et en culpabilité, je saisis la main que j’aime et je me relève.  Je me plonge dans ses bras, me réconforte au son de sa parole et me laisse tout simplement aimer par celui qui est mort pour moi, et dont rien ne pourra jamais me séparer (Ro 8:39).

Il y a mieux qu’un disciple, oh! Que oui!  Un adorateur en esprit et en vérité (Jn 4:23).  Lorsque nous décidons de devenir des adorateurs, tout le christianisme prend son sens et passe du noir et blanc à la couleur!  D’une religion à une relation!  Et toute notre vie de chrétien se teinte de cette révolution d’amour.  C’est dans cet élan du cœur que la louange tire sa source et son sens.  Que les œuvres se transforment an actes de compassions et que l’amour de mon prochain devient un canal de Son amour.

La connaissance est une bonne chose, mais si elle n’est pas poussée par une adoration véritable, elle n’est qu’un métal qui bourdonne, une cymbale fêlée qui dérange, de belles actions, de belles paroles sans la saveur, la couleur et l’odeur de Christ (1 Cor 13:1).   Un gros ballon bien rempli de nous-mêmes.

Devenons des adorateurs, et nous serons des disciples véritables.

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Pasteur Blogueur, c'est Michel Vincent, pasteur à Mascouche, près de Montréal, "Des questions et une réponse. Je suis convaincu que la vérité est une personne!"

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