Tous dans le même bateau!
16 janvier 2019  //  By:   //  Église, Opinion  //  No Comment   //   587 Views

Une expression que j’aime utiliser est : « nous sommes tous dans le même bateau de pêcheurs ».

J’aimerais voir l’église locale comme un grand bateau, les chrétiens navigants sur les mers du monde tel des explorateurs modernes, allant avec courage et détermination jusqu’aux confins de l’univers connu pour y rescaper des perdus.  Chacun sachant le rôle qui lui est échu et tous uni derrière notre mission commune nous chantons gaiement des hymnes marins et hissons joyeusement les voiles, les pavillons et sans oublier la bannière de Christ…

La réalité est bien différente!

En fait, nous sommes tous confinés dans le même lieu clos, sans portes de sortie, exposés au large, aux tempêtes et aux périls des mers, et où l’unique espoir est d’arriver à bon port en un seul morceau.   Nous nous sentons souvent coincés dans la cale, comme condamnés.  Nos vaisseaux se buttent aux monstres marins, s’échouent dans les récifs, se disloquent sous la puissance des vagues et assaillis sans répit par les éléments, notre nature propre nous rappelle que nous sommes sans contrôle sur ces mêmes éléments.

Nous sommes dans ce bateau unique où les mutineries sont nombreuses.  Les murmures contre le capitaine et ses officiers sont cruels et souvent sans relâches.  Les pêcheurs sont critiques et cyniques, c’est bien connu.  Tout ce qui dérange est matière à exposer ses préférences.  Le tricorne du capitaine, les souliers des moussaillons, la couleur des voiles sans parler de l’itinéraire combien de fois discuté et débâclé.  J’ai vu dans mes vingt ans de mers des marins obligés de faire la planche et être jetés vivants aux requins.  D’autres, pris de paniques, ont bêtement sauté hors du bateau.   Nous ne les avons jamais revus.  Avalé par la mer et son insatiable soif du sang des matelots.

Dans notre traversée de l’océan de la vie, nous sommes confrontés à un équipage souvent disparate et capricieux.  Des capitaines insécures et inexpérimentés, et nous-mêmes, influencés par nos propres compas et boussoles, nous nous croyons connaître LE bon port!  Affolés au moindre craquement venant des tangages ininterrompus du bateau, nous tentons tant bien que mal d’amener le navire vers le phare, sans souvent savoir reconnaître les bonnes étoiles nous avons bien plus souvent l’impression de dériver que de suivre une carte et un itinéraire bien précis.

Nous sommes tous dans le même bateau de pêcheurs.  Nous sommes tous des pécheurs finis, et dans notre nature profonde, nous allons toujours tenter nos mutineries.

OUI!  Nous sommes tous dans le même bateau de pêcheurs.  Nous sommes tous des pécheurs finis, et dans notre nature profonde, nous allons toujours tenter nos mutineries, exécuter notre justice et éliminer à grand coups de sabres tous ceux qui oseraient se mettre au travers notre route.  Même notre instinct de survie n’arrive pas à faire régner la paix entre nous.   En fait, l’histoire de notre monde est l’histoire des guerres, des génocides et de toutes les horreurs dont nous sommes seuls capables.

Prenez une centaine et plus de ces pirates rebelles, confinez-les ensemble dans une coque de noix et dites-leur de conquérir les mers à grands coups d’amour!  C’est tout simplement impossible.  Irréalisable et même utopique, pour ne pas dire farfelu.

Mon ami Louis dit souvent : « L’Église c’est un miracle »!  Rien de moins.  En effet, naturellement, et si cela n’en tenait qu’à nous et nos capacités, nous devrions être au fond de la mer, aux côtés du Titanic, étant nous-mêmes l’Iceberg ET le constructeur.

Mais voilà! Il y a plus et mieux que nous dans ce bateau.

Jésus lui-même construit son navire et les marins qui l’occupent.  Il place les officiers, puis, son Esprit guide et dirige ce navire vers l’étoile du matin.  Une force, une personne, une puissance, notre Dieu, en total contrôle, les deux mains sur le gouvernail, ne l’oublions jamais.

C’est à nous de tout d’abord réaliser quel genre de marins nous sommes.  Puis de nous soumettre aux capitaines que le suprême commandement nous donne.  Trouver notre joie dans le fait même d’être sur le bateau et non à surnager en mer.  Développer la camaraderie avec les pêcheurs qui nous entourent et vivre « Les copains d’abord ».

Devenir matelot sur le vaisseau du grand amiral demande de mourir à soi-même et vivre pour Lui.  Nous l’oublions bien souvent, surtout lorsque la tempête fait rage et que les lames de la mer nous projettent contre les balustrades du bateau.  Abandonnons toute rébellion, et passons de pirates à mathurin du Roi.  D’homme pécheur à pêcheurs d’homme.

About the Author :

Pasteur Blogueur, c'est Michel Vincent, pasteur à Mascouche, près de Montréal, "Des questions et une réponse. Je suis convaincu que la vérité est une personne!"

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