La tyrannie des désirs

Caitlyn Jenner, le célèbre transgenre désire désormais redevenir un homme1.  Après avoir fait la une du Times magazine et avoir été nommé femme de l’année, les complications générées par le changement lui font faire volteface après seulement quelque mois habité dans sa nouvelle identité.

Le troublant dans ce fait divers, n’est pas tant le fait qu’une personne veuille changer de sexe, mais plutôt la capacité que notre société donne maintenant afin de réaliser des désires inatteignables il y a seulement quelques années. La chirurgie et les avancées médicales nous amène dans le monde du « sky is the limit », la consommation va maintenant jusqu’au changement drastique d’identité sexuelle.  Quitte à revenir homme après avoir été femme.

Nez, joue, fesses, seins, menton, yeux, oreilles, même les chirurgies les plus intimes, font désormais partie de la palette sculptante dont chacun peut accéder afin de devenir la personne de ses envies, jusqu’à devenir la Barbie de mes rêves, une réplique de vedette adulée ou encore me mouler en ce que je désire et rêve.

Il y a derrière ces changements quelques fois drastiques, un mal de l’être, un refus du présent et de ce que je suis.  À cela, ajoutons l’obsession de l’immédiat, le refus d‘attendre et de laisser le désir découvrir le besoin.

Ce qui m’inquiète probablement encore plus, c’est que les progrès grandissants de la science risquent fort de nous transporter très bientôt aux confins de la génétique, de l’Eugénisme postpartum et du makeover extrême.  La prochaine étape est le surhomme intellectuel via des implants cérébraux qui décupleront nos capacités cognitives.

Qu’est-ce qu’il y a de si négatif a demeurer ce que nous sommes et apprendre simplement à vivre ?

Comme si le bonheur véritable dépendait de ce qui m’enveloppe plutôt que de ce je suis.

Et quand les années s’accumulent, que l’enveloppe devient flasque, molle, faible et impotente, que reste-t-il de tous ces changements ? Sinon le vague souvenir d’un désir qui n’aura rempli qu’un faux besoin et dont l’essentiel restera encore à découvrir.

L’attitude du leader chrétien

Être leader va au-delà des capacités à diriger.  C’est une façon de vivre qui imprègne celui qui l’exerce et teinte ceux qui l’entourent.  Il influence se pairs et les inspire ou pire, les dissuade de plonger dans le projet de Dieu.  Un leader selon l’Évangile a plus que des compétences, il a le caractère et l’attitude qui donnent au monde ses couleurs.  Il a l’attitude qui attire et nous infuse sa passion pour Jésus.  Un leader chrétien digne de ce nom est inspirant, il est passionné et il est engagé jusqu’à l’âme dans sa mission d’amener les hommes vers l’Évangile de la grâce de Jésus.

Nous prenons souvent 1 Timothée 3 comme balise et guide pour évaluer le leadership chrétien, et c’est très bien, mais, Pierre nous complète, dans la profondeur, ce qu’il faut non seulement faire, mais surtout être pour devenir un leader selon l’Évangile.

« Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec dévouement ; non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau. »  -1 Pierre 5.2, 3 

Un leader chrétien est inspirant

« Non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu ».

Être inspirant, c’est avoir cette capacité d’insuffler la passion.  Il instille dans le cœur des autres le goût de Dieu, une influence spirituelle  qui se vit lorsque l’on est en contact avec le leader qui a développé cette qualité.  Car l’inspiration se développe, elle se construit à la mesure de notre propre foi et notre propre passion.

Un leader inspirant n’oblige pas, mais suggère. Il instruit, exhorte, encourage, montre la voie. Paître PAR contrainte ne s’applique pas nécessairement au sentiment qui l’habite, ni aux obligations qui risqueraient de l’écraser, mais plutôt à la façon dont il exerce son influence. Un leader volontaire, qui compte sur le volontariat, il recherche et désire provoquer chez les autres un esprit bien disposé, de plein gré. Sans manipulations ou manigances pour arriver à ce qu’il croit être les fins de Dieu. Il amène ses camarades à s’élever dans une intimité motivante dans le Seigneur. Il n’est, ni plus ni moins, qu’un pyromane spirituel !

 

Il n’est, ni plus ni moins, qu’un pyromane spirituel !

 

Le leader inspirant pousse les frères et sœurs à vivre pour Jésus par le ministère de la Parole. Il inspire le monde qui l’entoure à rechercher Dieu. Il fait fi de sa vie pour que les autres vivent. L’inspiration d’un leader se ressent dans son exercice : il n’a plus peur de perdre sa valeur, car il sait qu’il l’a pleinement en Christ. Il a appris, par sa relation intime avec le Sauveur, qu’il ne peut atteindre une plus grande valeur que celle qu’il a. Par conséquent, il n’a plus d’attentes envers l’acceptation des autres ou leur amour. Il a la pleine liberté de décider d’inspirer les autres vers Jésus plutôt que vers lui-même. Il décide de garder toutes ses pensées captives en Christ, conscient de l’impact qu’il a sur ses compagnons d’œuvre.

Un leader chrétien est passionné

« Non pour un gain sordide, mais avec dévouement ».

La passion ne s’imite pas, elle se vit et se transmet par inspiration.  La passion est un choix personnel, celui de me concentrer sur l’essentiel.  Elle se reconnaît au travers la transpiration dédiée à la cause de l’Évangile : une folie divine inspirée.

Un leader passionné ne cherche donc pas le gain douteux, que ce soit sonnant, glorifiant ou même résonnant, mais son dévouement trahira la source de sa passion. Il œuvre pour refléter la gloire de Dieu, sans colère ni irritation devant les moins bonnes brebis !  Son champ passionnel est l’Église, celle du quotidien, locale et tangible.

Lorsqu’un leader est passionné, un feu, une passion, un empressement le poussent, en avant, dans ce qui attise l’objet de sa passion : l’Évangile.  Un passionné qui n’abuse pas des brebis, il entretient plutôt le feu en eux et désire le transmettre. Le chemin de la passion fait réaliser qu’il a compris que Dieu l’aime tel qu’il est, rien ne le surprend puisqu’il est intimement lié à lui. Pourtant, il ne s’engage pas dans le compromis tant dans sa vie privée que parmi ceux qu’il dirige.

Un leader chrétien est engagé

« Non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau ».

L’engagement, pour un leader, ce n’est pas de faire des choses ou de belles activités, c’est le don de soi, l’abandon à l’image du Maître, la mort du moi au profit du nous.  Loin de dominer, il décide d’être modèle du troupeau.

Un modèle de transparence et d’honnêteté.  Conscient de sa propre condition humaine, il sait n’être qu’une brebis qui dirige d’autres brebis, il évolue au milieu d’elles et il évalue les autres avec la même balance que Jésus.  Sans dominer, tyranniser, se rendre maître, ou amener sous son pouvoir, le leader engagé se fait un honneur à chercher le plein épanouissement, et la pleine liberté de ses frères et sœurs.

L’engagement est alors teinté de la douceur et de la miséricorde, ayant en tête l’exemple de Jésus, aucune expectative envers les brebis sinon la relation avec le Seigneur. Devant le danger de la crainte des hommes, le leader engagé ne cherche pas l’activisme ou les semblants d’engagement, mais la profondeur d’être avec le Seigneur et investir dans la vie des autres.  Un leader qui décide de donner et d’être engagé dans l’édification et l’épanouissement de l’Église.

Un leader progressif

Ce leader inspirant, passionné et engagé est un reflet puissant de Jésus.  Il est le fruit d’une lente réflexion et d’un désir de servir tout en aimant ceux qui lui sont échus en partage.  Une décision personnelle qui émerge d’une passion pour l’Évangile.  Une attitude qui se développe, s’infuse au quotidien dans la prière, dans la redevabilité surtout dans l’Église.  Un leader que seul l’Évangile peut forger. Une aspiration qui débute le jour où je le désire.

J’aime mon église!

Lorsque j’ai rencontré Jésus, je ne l’avais pas vraiment remarquée.  Il faut dire qu’elle était dissimulée derrière les éclairages et la musique.  Mon œil n’était pas vraiment exercé à la percevoir.  L’exubérance de ceux qui m’ont mis en contact avec Lui criaient plus fort et déplaçait tellement d’émotion qu’elle, discrète et fragile est passée inaperçue.

J’ai alors commencé à la rencontrer sur une base plus régulière, la voir et échanger quelques mots, ne dit-on pas que derrière chaque grand homme, il y a une grande dame ?  Je la trouvais agréable, mais souvent, difficile à saisir.  Plus attiré par ses accents et ses vêtements qu’à elle directement, son enrobage cachait un je ne sais quoi de mystérieux.  Elle m’apportait un certain réconfort et une certaine sécurité, mais au bout du compte, je dois avouer que je ne comprenais pas encore tout le lien qui existait entre elle et Jésus. Quelques fois, je le confesse, je me demandais ce qu’il faisait avec elle!  Elle pouvait être dure, et en même temps si tendre.  Elle pouvait même être blessante, du moins pour ce qui me frappait les yeux, et en même temps, je me sentais attiré par elle.  Une relation amour-amère s’installait progressivement.

Puis la crise inévitable est arrivée, c’était prévisible qu’un jour ou l’autre nous tomberions en confrontation.  Je m’en souviens encore comme si c’était hier. C’est alors que tout a basculé.

J’ai tout simplement décidé de ne plus la revoir.  Me saisir seulement de Christ et laisser de côté sa fiancée.  J’ai cru, bien candidement, que je pourrais l’avoir pour moi tout seul.  C’était ne rien comprendre au projet que Dieu avait pour moi, pour nous, pour tous!  Mon orgueil bien pétri dans mon égoïsme a tenté une révolution.  J’ai cru un instant que j’étais l’église alors que ma réalité était à des lustres de la vérité. Une rébellion qui a duré presque quatre ans.  Jusqu’à ce que le Seigneur, dans toute sa grâce, a attendu, les bras tendus, puis est intervenu.

 

Une voix presque éteinte soufflait à mon esprit : « Mais qu’est-ce que tu fais de mon église ? »

 

C’était un soir, j’écoutais la télévision, j’ai cru faire une attaque cardiaque.  L’ambulance, l’hôpital, le diagnostic : péricardite sévère.  Immobilisé dans un lit j’ai du réviser mes activités. Puis, dans sa bonté, le Seigneur a attiré mon regard vers ce passage de sa Parole :

« Mais, si je tarde, tu sauras comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’Église du Dieu vivant, la colonne et l’appui de la vérité. »  -1 Timothée 3:15

Une voix presque éteinte soufflait à mon esprit : « Mais qu’est-ce que tu fais de mon église ? »

Un raz de marée de lumières et d’émotions m’ont alors envahie, Son église m’est alors apparue non plus comme une bande de croyants tentant de plaire a leur Dieu, mais comme LE précieux de Dieu.  Sa famille, la Seule.  Son assemblée, LA seule qui vaille la peine de s’y arrêter.  L’unique colonne, l’appui d’une vérité fragile et confiée à des imparfaits comme moi afin d’exposer à l’univers en entier toute la grandeur et la sagesse de Dieu… Si elle est encore en vie, c’est un miracle en soi.

Je suis tombé en amour avec elle!

J’ai été lent à comprendre que de la juger en fonction des vêtements qu’elle portait était comme mépriser la chenille en raison du papillon. Oublier que je fais partie de cette imperfection qui expose encore plus la perfection de Dieu. Je suis l’église, et Christ est l’église.   Mépriser, ne serait-ce que légèrement le plus insignifiant membre de son corps équivaut a toucher malignement la prunelle de l’œil du lion.  Ce n’est pas un acte de courage, ou cavalier, mais pure folie que de porter un jugement irréfléchi sur la fiancée de Jésus.

J’ai décidé de l’aimer, car, en fait, aimer l’église, c’est m’aimer moi-même, c’est aimer Jésus et c’est aimer le Père.  Volontairement, je détourne mes pensées des fautes individuelles afin de les diriger vers un point de fuite beaucoup plus glorieux : La nouvelle Jérusalem.  Je sais, maintenant que j’en suis.  Je fais partie prenante de sa fiancée, de son épouse.  Je suis un membre qui participe à la blancheur de l’ensemble.  Cela ne signifie pas la tolérance, mais plutôt la résilience.  Je n’accepte pas le mal ou le péché, mais je décide, de devenir un agent de transformation envers mon frère ou ma sœur afin qu’ensemble nous devenions cette épouse, glorieuses qui se présentera devant son amoureux aux noces qui arrivent.

J’ai décidé de la chérir, d’aligner mes passions et mon obsession avec celle de Jésus.  Son église est ce qui est de plus merveilleux ici et maintenant.  Bien au-delà des erreurs de chacune de ses parties, nous croissons ensemble vers une unité qui s’appelle Christ.  Et l’amour qui nous habite est le gage que nous somme ses disciples.  J’ai décidé de tourner mes regards sur l’église éternelle qui est ici aujourd’hui.

Comme le dit si bien ce chant (Grâce infinie)

Quand nous aurons pendant mille ans,
Célébré ses louanges,

Nous pourrons comme au commencement,

Lui offrir nos hommages.

Pourquoi donc attendre dans l’éternité ce que nous pouvons faire maintenant, et le glorifier au milieu de notre génération afin de présenter aux hommes ce que nous sommes : la fiancée précieuse de Jésus.

Le leadership selon l’Évangile

Jésus les appela et leur dit: « Vous savez que les chefs des nations dominent sur elles et que les grands les tiennent sous leur pouvoir.  Ce ne sera pas le cas au milieu de vous, mais si quelqu’un veut être grand parmi vous, il sera votre serviteur; et si quelqu’un veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave.  C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup. »  – Matthieu 20.25-28 

Dans la danse de la vie, l’aspiration ultime de chacun est de mener le bal.  Diriger la ronde, surtout avec les partenaires qui nous côtoient.  Nous voulons choisir la chanson, décider des pas à faire et déterminer la cadence sur le plancher.  Avec nos affinités et nos tempéraments, soit que nous restions sur les bancs de côté, trop timide pour monter sur les planches, à espérer être choisis ou encore nous donnons du pied afin de mieux diriger.

La définition d’un leader est simple : « Une personne qui, à l’intérieur d’un groupe, prend la plupart des initiatives, mène les autres membres du groupe, détient le commandement ».  Celui qui est le premier, celui qui est le leader… Ceux qui détiennent le commandement sont, dans notre monde, bien souvent ceux qui l’arrachent au détriment des autres.   À force de pression, de manipulation et de tergiversation, ils arrivent à l’ultime destination : diriger leurs pairs afin de les amener là où ils jugent bon vivre. Leurs désirs sont LES désirs, leur air est L’AIR commun, le plancher unique ou tous devraient, selon eux, danser en ligne et avec le moins d’écart possible. Ce n’est pas l’avis de Jésus…

Il veut être grand

L’aspiration à diriger n’est pas un mal en soi.  Cependant, il comporte une énorme responsabilité.  Celui qui désir guider ses pairs doit soigneusement choisir la direction et le chemin à suivre.  Il devient responsable de la direction qu’il propose. Il est garant de ses décisions.  Le leadership débute au-delà des talents naturels.  Plus que le charisme ou l’influence, il y a la conscience : celle de celui qui désir amener dans la danse ceux qui l’entourent.  Pour le leader chrétien, c’est celle de Dieu, l’Évangile.  Le leader est tout d’abord quelqu’un de conscient de sa propre direction.  Il procède à une introspection volontaire et active afin de jauger ses motifs et reconnaître pourquoi il fait ce qu’il fait et comment il le fait, puis, il examine pourquoi il désir diriger.  Un exercice d’humilité qui se danse à genou, devant le Leader des leaders, le Seigneur des Seigneurs.

Le leader chrétien est conscient qu’il aura à rendre compte de ses décisions, ses paroles, ses actions et de son influence (Hébreux 13.17).  Il est un chrétien qui s’avoue être danseur, mais pas chef d’orchestre.  Ce n’est pas lui qui décide de l’air qui joue, mais celui qui dirige les pas en suivant la musique. Il est sensible au rythme et au mouvement, il sait identifier la mélodie que le chef exécute afin d’amener les autres à suivre la danse.

Il donne la cadence

«Mais si quelqu’un veut être grand parmi vous, il sera votre serviteur ».

Le leader chrétien a compris qu’il n’est qu’un serviteur, celui du Seigneur.  Un serviteur au service des autres serviteurs.  Son pas est dirigé vers le service envers les autres. Son désir de diriger n’ est pas une volonté de domination, mais d’amour.  « Je sais que ce pas est le bon pour le bien et le bonheur de l’autre, et je suis prêt à en devenir l’exemple vivant, servir quitte à danser seul peut-être, mais en sachant que je suis toujours avec le Seigneur ».  Servir, c’est être prêt à souffrir.

Le leader serviteur est celui qui connaît la source de sa joie et a appris le contentement en Jésus seul.  Il peut alors être libre de tout désir de contrôle et de la tentation bien humaine de ramener à soi, puis agir dans l’espérance d’être servi.  Il est un leader à l’image de Jésus qui «  (…) s’est dépouillé lui-même en prenant une condition de serviteur, en devenant semblable aux êtres humains. Reconnu comme un simple homme ». – Philippiens 2.7.

 

L’amour et l’humilité sont les deux souliers du danseur-leader.  

 

Esclave volontaire

Peu populaire à notre époque d’individualisme, de plaisirs et de besoins centrés sur le moi, le leader chrétien choisit pourtant la danse la plus difficile : celle de l’esclavage volontaire.  En fait, plus l’ambition est grande, plus l’abaissement est nécessaire.  Si un leader désire la grandeur,  son ambition sera d’être serviteur, et s’il envisage la première place, il devra prévoir l’esclavage !  Aux yeux du Seigneur, dans son Église, plus la position est haute, plus l’humilité doit tenir le pas… jusqu’à suivre ceux du Seigneur sur la croix et être prêt à mourir pour ceux qu’il dirige.

L’amour et l’humilité sont les deux souliers du danseur-leader.  On ne dirige pas l’Église sans désirer l’aimer ni sans savoir que sans Christ nous ne pouvons rien faire.  Tout ce que nous sommes, tout ce que nous faisons et tout ce que nous pouvons, nous l’avons uniquement par grâce.  La dépendance totale et intégrale qui nous force à l’abandon complet afin que Son amour fasse le travail au travers nous.  Sinon, c’est la politicaillerie ou pire, la dictature qui pointe.

Un leader passionné

Au-delà du service, de l’esclavage et de l’aspiration, il y a la passion.  C’est l’essence même qui fait gravir l’échelle du leadership et permet de concilier humilité et direction. Pour obtenir la première place des esclaves volontaires, dans un cœur de leader chrétien, il doit impérativement y avoir une passion profonde pour l’Église de Christ.  Une passion pour l’Évangile qui nous fera dire, comme Paul :

« (…) je ne considère pas ma vie comme précieuse, pourvu que j’accomplisse avec joie ma course et le ministère que le Seigneur Jésus m’a confié: annoncer la bonne nouvelle de la grâce de Dieu ».  – Actes 20.24

Ma St-Valentin

Je n’ai jamais cru au hasard… le seul qui vaille est celui avec un grand « D » comme pour DIEU.    Je crois que nous devenons ce que nous construisons, soit en aval, soit en amont du bien ou du mal.  Peu importe d’où nous partons, nous pouvons faire avec les petits pains et poissons dont Dieu nous pourvoie, soit un amoncellement égoïste qui finira par pourrir notre vie, soit une distribution généreuse qui débordera largement le contexte même de l’histoire.  Je n’ai jamais cru au coup de foudre, ni à l’âme sœur, et encore moins à la compatibilité des caractères.  La vie est une succession de choix que nous faisons et, comme le disait mon pasteur ce matin, la véritable liberté est celle de faire les bons choix dans les alternatives qui se présentent à nous.

J’ai rencontré une fille, il y a maintenant vingt-cinq ans et des poussières.  Une fille qui m’a plu en raison de bien des raisons : son apparence, son caractère, ses qualités et ses couleurs.   J’ai décidé, ce jour de janvier d’arrêter de chercher.  J’ai décidé de l’aimer de tout mon cœur, d’en prendre soin, de tout faire ce qui serait en mon pouvoir afin de la rendre heureuse.  J’ai décidé d’unir ma vie à elle et qu’ensemble nous allions explorer le reste de notre vie.  C’est Julie.

J’ai décidé de l’aimer, j’ai également décidé de me livrer exclusivement à elle et peu importe les tempêtes qui se présenterais à nous, je resterai à bord.  J’ai décidé de me contraindre et me restreindre à une seule et unique personne jusqu’à ce que la mort nous sépare.  La vie nous a apporté notre lot de houle, de tempêtes, certaines semblaient plus intenses dans les autres embarcations…  Difficile de comparer.  Sauter par-dessus bord serait de toute façon un suicide, non seulement moral, mais personnel.  La seule façon de réussir est d’affronter la tempête ensemble.  D’ailleurs, ne dit-on pas que les meilleurs matelots sont formés dans les pires tempêtes ?  Et il y a notre étoile qui nous dirige, Dieu qui est au cœur de notre vie nous amène toujours à bon port.  Nous avons une destination céleste qui rend tout port d’attache bien pâle et terne.

Ma St-Valentin à moi dure 365 jours et est nourrie de petites attentions au quotidien.  Des petits riens qui semblent anodins, mais qui, je le sais, font une différence dans sa vie.  Des petits mots, des petites intentions.  Des petits gestes qui dans le poids d’une balance ne semblent pas bien lourds, mais accumulés au bout de vingt-cinq ans font tout le poids de l’amour qui nous unit.  Des petits sacrifices insignifiants qui expriment pourtant ces mots : « je t’aime ».  Des pardons et des décisions, une intention ferme de mettre ma créativité à son service pour que le bonheur la réchauffe comme le soleil en pleine mer.  Un amalgame de prière, de geste, de merci et de don qui font un tout qui s’appelle notre couple. C’est ce qui solidifie au quotidien les cordages de nos voiles et nous permet de prendre le large sans inquiétude.

Nous avons des matelots, qui sont témoins de notre équipe.  Le fruit de notre amour est en fait doublé et en âge de choisir leur propre équipage.  Nous prions qu’ils tireront le meilleur de ce qu’ils auront vu, à leurs façons.

Et si la tempête faisait rage, comme jamais nous ne l’avons connue ? Je sais que nous ne perdrons jamais de vue Celui qui nous a unis, le Seigneur des petits gestes, celui qui nous ouvre la voie du véritable amour, l’exemple même du « je t’aime », Jésus qui nous indique le nord, notre boussole et notre assurance.

Je t’aime mon amour, j’arrive avec les sushis!

Le poison sucré

« Veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu ; à ce qu’aucune racine d’amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n’en soient infectés » – Hébreux 12.15

J’ai lu l’histoire d’un homme, amateur de champignons, dont la passion l’amena tragiquement à la mort.  Il avait confondu dans sa récolte une espèce commune avec une autre mortellement toxique.  Apparemment qu’en bouche, le délice était complet, mais le résultat fut pourtant fatal.  Dans la forêt des mots, l’amertume est ce genre de poison qui nous amène inévitablement vers la mort…  Et non seulement la nôtre, car lorsqu’elle est laissée à son naturel, elle peut devenir une infection vénéneuse et transmissible, tel un rhume, par simple voie orale.  Le contact avec les paroles d’une personne infectée peut faire basculer les perceptions et la réalité du clair à l’obscur et transformer une forêt enchantée en un cauchemar éveillé.

Le goût sucré

L’amertume est cette disposition du cœur à entretenir du ressentiment, un rappel plus ou moins répétitif d’une offense, d’une injustice ou d’un certain regret.  Je repasse le film de la blessure, puis j’y ajoute mon propre scénario.  J’y greffe ensuite mon adaptation, jusqu’à y repasser un film d’horreur où les victimes deviennent les offenseurs, ou les faits, révisés par ma propre justice, réécrivent la vérité et me plongent dans une réalité virtuelle où je deviens le héros amer de l’histoire sans vainqueur réel, sans fin. Je me rejoue en boucle, et souvent même d’une façon obsessive, les quelques minutes où j’ai été victime du drame.

 

J’y recherche le sucre de l’illusion dans l’espoir d’une justice consommée rapidement.

 

C’est la cueillette empoisonnée et de surcroît, volontaire.  Je crois me délecter aux sources même de la ciguë.  J’y recherche le sucre de l’illusion dans l’espoir d’une justice consommée rapidement. Et pour tout dire, il y a une certaine satisfaction dans l’amertume.  Tel un psychotrope elle déforme la réalité et l’embellit.  Le temps qu’elle passe en bouche laisse des sensations illusoires qui satisfont le désir d’autosatisfaction.  Le temps d’un instant, on est presque ravi d’une joie trompeuse, d’une assurance que la situation, la personne, les événements, souches de mon amertume, tourneront à mon avantage personnel et qu’enfin je connaîtrai la paix de l’autojustification.

Le goût empoisonné

Plutôt que de trouver un délice pour l’âme, l’amertume nous laisse un goût… amer.  Une amertume qui vient d’une source corrompue :  le cœur humain.  Dans ses profondeurs, nous y trouvons une faune agressive et sans merci pour nos semblables.  Les abysses du cœur sont remplis de mauvaises pensées, de mauvaises intentions et de mauvais sentiments.  Malgré toutes les bonnes intentions que nous lui prêtons, et malgré le constat que certains font de sa pureté enfantine, il n’en demeure pas moins un lieu obscur où règnent la rapine et les épines.  C’est du moins ce que la Parole de Dieu en dit.  Le cœur interprète et aveugle, il décolore et rend insipide les meilleures actions.  Il détériore la vérité pour ne faire qu’un semblant de réalité, la mienne, la seule valable.

De cette source qui puise ses pensées à même le péché, chacun est responsable de boire ou non.  Le péché tapi dans le sous-bois de notre être ne demande qu’à détruire tous ceux qui osent s’opposer à notre propre justice et à notre amour propre.  L’amertume répond à notre besoin de protection, de valorisation et d’acceptation.  Mais la source falsifiée par le péché transforme ces besoins justifiés en désirs idolâtres au point de ternir et désirer détruire ceux qui nous entourent.  Nous y arrivons une pensée à la fois, puis la fermentation fait son effet, la pression siffle par une parole qui terni l’autre, et finalement en actions qui éclatent avec plus ou moins de force.

Un cancer de l’âme

Un sage chinois a dit : désirer se venger, c’est prendre un poison en espérant voir l’autre mourir. L’amertume, c’est le cancer de l’âme.  C’est la bactérie qui transforme un aliment sain en un poison mortel.  Tel le botulisme, elle paralyse les sens et finit par atteindre toutes les fonctions vitales, jusqu’à arrêter de respirer. C’est la mort de l’âme.  Pour un régénéré, c’est la zombification d’un vivant se comportant comme un mort.

L’amertume gruge lentement, à petit feu, étape par étape, mot par mot et pensée après pensée, dirigée vers l’obsession du rétablissement de la justice, jusqu’à l’aveuglement spirituel. Et par surcroît, l’amertume se transmet.  Elle se propage au travers des paroles, par le simple fait de déformer la réalité envers une oreille crédule. Nous falsifions par nos propos savoureux, teintés de médisance et saupoudrés d’une pincée de calomnie, nous inoculons notre amertume au fond du cœur d’une tierce personne.  Nous influençons sa réalité pour lui faire accepter la nôtre.  Et nous avons ce sentiment d’avoir un allié, une victoire, un semblant de justice alors que c’est notre propre condamnation que nous signons. L’amertume a ses rejetons, et infecte son entourage, elle a ses racines et brise les fondations souvent solides, par une séduction naturelle qui entraîne tous ses adeptes vers le tréfonds du mensonge.

Un antidote

Le seul antidote efficace pour contrer ce poison est la puissance régénératrice de l’Évangile.  Si je subis un tort ou une injustice quelconque, l’œuvre de Christ me ramène invariablement à la justice véritable. Le miroir de la croix me reflète le visage de mon péché, et la véritable nature de ce que je suis : offenseur et agresseur devant Dieu.

Le regard que j’ai envers les torts que je subis, peu importe leurs justifications, doit passer premièrement au travers de la lunette de ma propre condition.  Puis admirer toute la grâce que Dieu exerce à mon égard. Son amour inconditionnel, et toute la provision d’amour, d’acceptation et de patience qu’il manifeste envers moi.  La grâce nous élève et nous fait passer de vengeur à rédempteur.  Puis  je prendrai une décision qui transformera toutes mes relations : agir envers mon prochain de la même façon que Dieu le fait envers moi.

1er janvier

« Mon fils, si des pécheurs veulent t’entraîner, ne cède pas ! »
-Proverbes 1.10

Qu’est-ce qu’un leader ?

Le dictionnaire nous définit un leader comme étant un meneur.  Celui qui est en avant et donne une direction.  Un leader est tout d’abord une personne qui a fait un choix, celui d’un parcours.  Il sait où il va, et même plus, il choisit où il ira.  Il est passionné par son but et cherche à attirer le plus grand nombre afin de les amener avec lui.  Il est un meneur.

Le leader est une boussole.  Il pointe une direction et trace une route pour ceux qui les entourent. Qu’elle soit bonne ou mauvaise dépendra de ses valeurs et son allégeance. En fait, chacun est leader. Chacun influence quelqu’un.  Lorsque j’invite un ami à écouter une partie de hockey, je l’influence vers mon choix et l’attire banalement dans mon sillage.

Qu’est-ce qu’un leader chrétien ?

C’est tout d’abord un disciple de Jésus.  Il a choisi de suivre le leader des leaders, Jésus-Christ et s’efforce de l’imiter dans tout ce qu’il est.  Sa boussole pointe vers Christ.  Il s’en nourrit, cherche à le connaître, le rencontrer… le suivre.  Sa route est marquée par l’évangile de la grâce de Dieu.  Un chemin étroit et puissant, libérateur et indicateur de l’amour de Dieu. Dans sa passion, le leader chrétien aspire ceux qui l’entourent à devenir des disciples et marcher sur le chemin de l’Évangile. Il désire se laisser influencer par l’Évangile afin d’influencer ceux qui l’entourent.

Quel leader suis-je ?

Nous sommes tous leaders de ce qui nous passionne et chercherons à attirer vers nos passions ceux qui nous entourent.

Seigneur, embrase mon cœur pour l’Évangile, afin que je devienne une boussole pour ceux qui m’entourent.

Ma goutte en 2016

Nous sommes tous une petite goutte dans l’océan du plan de Dieu.  Chacun à notre façon, de bon gré et même malgré nos faiblesses, nous contribuons tous à réaliser le plan du Seigneur en ce monde.  Si insignifiante qu’elle ne paraisse, cette goutte est pourtant partie prenante d’un tout sans laquelle le volume ne serait pas complet.

« et vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, afin d’offrir des victimes spirituelles, agréables à Dieu par Jésus-Christ. »  -1 Pierre 2.5

Pour moi, 2015 a été une année de changement et de transition !  Que de surprises et combien j’ai vu la main de Dieu me diriger vers de nouveaux défis.  J’ai quitté un ministère pastoral de 15 ans et une église que je fréquentais depuis 20 ans.  J’avais une profonde conviction que le Seigneur m’appelait vers une nouvelle œuvre.  En fin d’année j’ai dû ralentir le rythme de Pasteur Blogueur en raison de ce nouveau ministère, et désormais je suis engagé à l’église de Mascouche à relever d’excitants défis au sein d’une équipe dynamique et consacrée profondément à Dieu.  Si l’on m’avait présenté cette goutte de 2015, j’aurais cru être incapable de la boire, et pourtant, elle n’était pas au-dessus de mes capacités.  Le Seigneur a été encore et comme toujours fidèle.

Une goutte semble si insignifiante dans l’immensité de l’océan.  Elle semble se perdre et ne pas faire monter bien haut le niveau.  En regardant à moi, mes capacités et mes erreurs, j’ai souvent l’impression que mon apport à l’église est moins que signifiant, pour ne pas dire vaporeux, contribuant beaucoup plus à une sécheresse qu’à une pluie diluvienne.  La grâce de Dieu me révèle qu’il peut prendre cette goutte imparfaite et si menue pour sa propre gloire, à condition de la lui donner en entier, à l’image de ces pains et poissons de l’Évangile.

En 2016 je plonge donc avec l’assurance que Dieu accomplira son plan avec sa patience et malgré mes imperfections et mes sécheresses. Ma prière est que nous puissions voir un puissant réveil spirituel sur le Québec.  Que le Seigneur utilise nos petites gouttes pour arriver à ses fins et déverser sur notre province une pluie diluvienne.

Côté Blogue, pour l’année qui vient je vais me consacrer è un domaine de réflexion qui m’interpelle profondément.  Un nouveau ministère, de nouvelles responsabilités et un domaine que j’approfondis depuis une vingtaine d’années : Le leadership dans l’église.   Je rédigerai mensuellement des articles avec Gospel Coalition E21 sur ce thème et j’ai également ajouté une rubrique « Leadership » à mon site. J’y ajouterai des articles sporadiques ainsi que d’autres traitants d’actualité et d’enjeux contemporains d’un point de vue chrétien.

Côté rédaction, j’espère terminer mon livre traitant de la foi et le phénomène de la conversion en 2016, et rédiger un guide de réflexion (dévotionnel) quotidien basé sur le leadership au cœur des proverbes.  Depuis une trentaine d’années, je lis chaque jour les proverbes et ceux-ci ont été une source profonde d’inspiration dans mon leadership. À l’occasion, je déverserai une page dans mon blogue.

J’ai toujours en projet l’ajout et l’exploration de vidéoblogue, mais le temps est comme l’océan, si l’on essaie de le boire en entier nous risquons la noyade !  Faut prendre que ce qui nous est présenté.  Si le temps me le permet, je publierai quelque chose en vidéo.

Aucune contribution à l’évangile n’est insignifiante, elle révèle notre engagement et notre passion pour la cause de Christ.  Il s’agit de plonger dans l’océan corps et âme et laisser Dieu nous guider au travers le courant.  Il le fera et nous conduira à bon port.  Je vous encourage en 2016 a plonger, chacun avec votre petite goutte, car c’est ensemble que nous faisons une différence en vivant et en hâtant son avènement. (2 Pi 3:12)

Une merveilleuse année 2016 bénie et enrichissante

Mourir de joie!

« (…) je ne considère pas ma vie comme précieuse, pourvu que j’accomplisse avec joie ma course et le ministère que le Seigneur Jésus m’a confié : annoncer la bonne nouvelle de la grâce de Dieu ».  – Actes 20 :24 

On dit que le bonheur n’est pas une destination, mais une façon de voyager.  L’apôtre Paul nous en fait par ces mots la démonstration avec éclat.  Il sait sans l’ombre d’un doute que des persécutions l’attendent, que la vie ne sera pas de tout repos.  Il est même convaincu qu’il l’exposera et que la rencontre avec la mort sera violente.

L’Histoire lui donne raison : Paul connut la torture, et fut décapité… Si l’on me racontait ma propre histoire et qu’aux dernières pages, à la toute fin de ma vie, l’on me dit qu’elle se terminera dans la douleur, et au terme d’une vile exécution, est-ce que je choisirais la joie ?  Pour l’apôtre, la question ne semble pas se poser.  Tout ce qui compte, pour lui, c’est d’accomplir sa course avec joie.  Plus important que l’issue, la façon de vivre est le présent qui nous relie à l’éternité et expose notre foi véritable.

Joie et plaisirs

La difficulté à discerner la joie véritable est de la confondre et la noyer avec les plaisirs.  Ces derniers apportent une jouissance passagère et instable, qui peut être intense, mais qui connaît invariablement une fin et un déclin. L’explosion des sens, le coup de foudre jettent une poudre effervescente aux yeux spirituels, mais conduisent à un cul-de-sac.  L’essence du plaisir sur la route de la vie équivaudrait à alimenter une automobile avec de la dynamite… intense, peut-être efficace pour un temps, mais totalement destructrice.

Les plaisirs procurent une certaine joie, mais celle-ci se résorbe rapidement et s’ensuit une dépression, un vide qui aspire l’être vers la recherche de nouveaux plaisirs. Ce cycle sans fin se termine à la mort et la satisfaction superficielle qu’il procure nous amène à rechercher soit le déni et l’acceptation de petits riens, comme des touches divines, soit la recherche d’une source de joie durable et profonde.

Ce qui pilote mes plaisirs dévoilera inévitablement le type de joie qui m’enveloppe.

Un choix de vie

De la même façon que John Piper l’expose presque deux mille ans plus tard dans son ouvrage : Prendre plaisir en Dieu, Paul a choisi sa source de joie : Dieu lui-même et Dieu seul.  La mort n’est pour lui qu’une étape de transition obligée pour aller à la rencontre de Celui qui est sa joie.  Une perspective simple, et non simpliste ou Jésus est au centre de toute ma recherche de joie.  Le but et l’aboutissement de celle-ci.  David s’exprimait de même :

« Je ferai de toi le sujet de ma joie et de mon allégresse, Je chanterai ton nom, Dieu Très-Haut ! » -Psaumes 9 :3.

Les chrétiens sont les humains les plus joyeux qui existent.  Du moins, ils devraient l’être, puisqu’ils sont rachetés, sanctifiés, régénérés, adoptés. L’Évangile offre à tous les ingrédients nécessaires à la joie.  Il ne tient qu’à nous de les saisir et de les lier au cœur de notre foi afin qu’ils éblouissent un monde obscur où le désenchantement est bien souvent le lot de chacun.

Ce qui pilote mes plaisirs dévoilera inévitablement le type de joie qui m’enveloppe.

 

La joie est volatile, lorsqu’elle puise sa source en ce monde (1 Jean 2:15, 16), elle devient comme un parfum qui lentement disparaît sitôt vaporisé.  Elle se doit alors d’être constamment rafraîchie par de nouvelles jouissances éphémères.  Si par contre, sa source est Jésus, elle prend une profondeur et une saveur éternelle par l’effet de l’Esprit et des promesses de Dieu (Jean 17:13).  Nous sommes par notre nature pécheresse, des êtres oublieux, dont la tendance intrinsèque est de voir la coupe à demi vide alors qu’en réalité, elle déborde.   Nous cherchons naturellement à combler les désirs de la chair, quitte à subir la déception répétée d’une joie intermittente.

Un regard dirigé en haut

La joie véritable est proportionnelle à ma soif de Dieu et de ma perception spirituelle.  À force d’insatisfaction terrestre et de supplications , il nous révèle nos biens véritables et durables (Eph 1:18. Nous les avons déjà, mais leur présence, enfumée par les désirs humains, devient floue et intangible.  La joie authentique naît du concret qui dépasse toute connaissance, lorsque nous saisissons toute les dimensions de l’amour de Dieu a notre égard.  Une joie, encore une fois, qui tire sa source de la prière, mais également de la communion avec l’Église (Eph 3:18,19).

Saisir Christ, c’est saisir la joie.  C’était le but de la course de Paul.  Il avait été saisi par Jésus, et désormais, il considérait tout comme de la boue afin de gagner la joie profonde et éternelle (Phili 3:7-14). Il avait goûté cette joie, et désormais, il n’acceptait aucuns compromis, aucun succédané, aucune imitation.  Lorsqu’une personne goûte la joie de Christ, celle-ci laisse une telle impression que tous les plaisirs du monde prennent une saveur fade et amère.

Il pouvait ainsi dire, sans hésitation, devant la souffrance à venir, que tout ce qui compte est de poursuivre sa course accompagnée de joie, cette joie trouvée en Jésus seul.

Une mission plus grande que la vision

Il y a une joie par-dessus la joie.  Celle de savoir que nous faisons partie d’une chaîne de joie qui se répercute jusque dans le ciel.  Chaque fois qu’une âme est sauvée, la joie inonde le ciel et se fraie un chemin au milieu des anges devant Dieu (Luc 15:10).  C’est notre motivation d’endurer le monde présent, en vue d’un meilleur.  Nous pouvons, en ce moment même, devenir participants et sources de joie dans le ciel… « pourvu que j’accomplisse avec joie ma course et le ministère que le Seigneur Jésus m’a confié : annoncer la bonne nouvelle de la grâce de Dieu ». 

La source, la motivation et la raison de la joie parfaite ont un même affuent : L’Évangile de Jésus-Christ.

7 facettes d’un mariage qui dure

Je célèbre aujourd’hui mon vingt-sixième anniversaire de mariage.  Honnêtement, ça m’a paru très court.  Nous avons eu des épreuves, des moments intenses, de grandes joies et de profondes déceptions, la vie s’est chargée de quelques rides et cheveux blancs supplémentaires, mais l’amour que nous avons l’un pour l’autre n’a cessé de croître depuis ce jour où nous avons dit OUI.

Je suis personnellement un enfant du divorce.  Je l’ai connu à seize ans, et ma confiance en l’institution était plutôt mitigée.  J’ai plongé dans l’aventure maritale avec des convictions ne provenant pas de mon expérience personnelle, mais de la Parole de Dieu, et jamais je n’ai été déçu.  Lorsque mes amis chrétiens ou non me demandent comment nous avons pu durer et vivre amoureux encore et encore, la réponse et toute simple : C’est grâce à Dieu!

Voici donc quelques principes bibliques pour un mariage qui dure et augmente en intensité!  Sept facettes pour un mariage qui dure.

« Maris, que chacun aime sa femme, comme Christ a aimé l’Église, et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant et en la lavant par l’eau de la parole, pour faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable ».  – Éphésiens 5.25-27

Facette 1 : En Christ

Christ est au centre de notre couple.  Il est la troisième personne de notre trinité conjugale.  Nous nous sommes rencontrés dans une église et avions chacun de notre côté une relation vivante avec Jésus.  Nous avons mis en commun ce que Jésus nous avait donné.  Notre relation personnelle avec Dieu et l’église a été dès le début le foyer et le terreau de notre amour.  Si cela n’avait pas été le cas, nous n’aurions simplement jamais envisagé de relation.

Facette 2 : L’amour

Nous avons décidé volontairement de nous aimer.  Prenant la définition biblique de l’amour (1 Cor 13:1-7) comme un standard, nous avons fait de l’autre l’objet de notre pratique.  Le pardon, le service, les petites attentions, nous traitons l’autre comme si nous avions affaire a Jésus lui-même.  Le respect profond, le langage respectueux et une profonde déférence mutuelle sont à la base d’un amour sincère et profond.

Facette 3 : La continuité

Notre mariage n’est pas un « en attendant ».  La séparation, le divorce ou toute autre allusion à un fossé dans notre relation ont simplement été bannis de notre dictionnaire.  À l’exemple de Christ qui aime une fois pour toutes, nous avons décidé de nous aimer jusqu’à ce que la mort physique nous sépare.

« C’est ainsi que le mari doit aimer sa femme comme son propre corps. Celui qui aime sa femme s’aime lui-même.  Car jamais personne n’a haï sa propre chair, mais il la nourrit et en prend soin, comme Christ le fait pour l’Église,  parce que nous sommes membres de son corps ».  –Éphésiens 5.28-30

Facette 4 : Une seule chaire

Tout ce que je désire, je le fais pour l’autre, c’est la fameuse règle d’or.  Si je fais la vaisselle, j’épargne à mon épouse une tâche.  Ainsi, je tente constamment d’être créatif dans mon amour, non pour espérer recevoir un gain quelconque, mais pour la joie que me procure le plaisir de la voir heureuse.  Lorsque l’intention de chacun est dirigée vers l’autre, les besoins sont comblés dans la joie et une douce harmonie règne au sein de la famille.

Facette 5 : Comme Christ

Nous avons rapidement constaté que notre couple était également un phare de l’amour de Christ, un échantillon que nous présentons au monde, aux amis, aux frères.  Notre famille est un témoignage en soi.  Nous nous affichons comme chrétien et dès ce moment, la lampe est mise au milieu de la pièce.  Les observateurs sont a l’affut et nous sommes remplis de joie chaque fois que nous pouvons exprimer l’amour de Dieu au travers notre couple, nous savons que nous glorifions Christ.

« C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair.  Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport à Christ et à l’Église.  Du reste, que chacun de vous aime sa femme comme lui-même, et que la femme respecte son mari ».  – Éphésiens 5.31-33

Facette 6 : L’attachement

Une autre facette est celle de l’attachement réciproque dans le détachement parental.  À notre mariage, nous sommes devenus une entité distincte de nos parents respectifs et avons toujours agi comme tel. Le cordon a bel et bien été coupé et notre famille est autonome et unique. Nous croyons que désormais Dieu nous donnera notre lot d’épreuves et de défis en proportion de ce que nous pouvons prendre.

Facette 7 : La spiritualité

Christ, sa parole et son église sont au cœur de notre vie de famille.  Nous prions ensemble, nous partageons ce que nous lisons dans sa Parole.  L’église n’est pas un ajout ou une plus-value à notre famille, nous sommes l’église, composée de nombreuse famille comme la nôtre dans une interdépendance, nous mettons au service des autres les dons que Dieu nous a donnés.  Ainsi, chacun de nous servons, et avons notre place dans la famille de Dieu et nous croyons que nous connaissons ainsi, avec tous les saints, toutes les dimensions de l’amour de Christ.  (Eph 3:18)

 

Je n’ai jamais rencontré une femme qui ne fasse confiance à un homme qui est prêt à mourir pour elle!

 

Dans la confusion sociale grandissante entre genres, rôle et responsabilités au sein du couple, nous avons toujours appuyé notre relation sur la Parole de Dieu et pris chacun nos responsabilités réciproques.  La soumission n’est jamais pénible si l’amour règne et Christ est le modèle suprême autant pour l’homme que la femme.  Je n’ai jamais rencontré une femme qui ne fasse confiance à un homme qui est prêt à mourir pour elle! (Eph 5:25)

OUI, il y a un certain mystère, également dans le couple.  Les deux font une seule chair, et pourtant si distincts, l’incompréhension peut facilement détourner les yeux de l’essentiel : Jésus, la croix et l’Évangile.  Lorsqu’ils sont au cœur du couple, ils assurent la gloire de Dieu au coeur de notre génération.

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