Un dimanche ordinaire

Venir à l’église pour plusieurs fait partie d’une habitude comme faire de l’exercice, bien manger et vivre sainement.  Tous ces dimanches se ressemblent et se suivent invariablement dans une routine sécurisante.  Dimanche dernier ne faisait aucune exception.

La célébration débute à onze heures le matin, et les premiers arrivés, vers dix heures, sont là pour prier afin que le service soit à la hauteur de notre Sauveur.  Les placeurs arrivent un peu plus tard et s’assurent que tout est en place afin que rien ne vienne déranger le déroulement, que tous soient à l’aise avec le chauffage, la climatisation, le confort des chaises.  Les techniciens et musiciens sont déjà là, peaufinant les derniers morceaux qui feront de ce service un élan d’adoration.  Comme à tout les dimanches, nous désirons de tout notre cœur accompagner la congrégation vers le ciel.

Onze heures tapantes, le diacre préposé aux annonces monte sur la scène : « Bienvenue à votre église, une belle famille vivante pour Dieu!  Notre équipe de louange va nous accompagner maintenant dans l’adoration ».

La musique nous élève, le dirigeant est particulièrement en forme ce matin.  Très inspirant.  Les musiciens sont excellents, ils ont bien pratiqué, ça parait!  C’est tellement édifiant de pouvoir commencer notre célébration dans la louange.  Nous avons presque l’impression de toucher le ciel.

Onze heures trente, des voyous à l’extérieur font probablement éclater des pétards.  En grappe, les fidèles tournent les regards vers la porte, derrière eux.  Les claquements répétitifs se rapprochent rapidement.  Quelque chose semble frapper la porte mi-close.  Plusieurs coups en fait.  Comme si on lançait des cailloux sur le bâtiment.  Brutalement, la porte s’ouvre et un jeune homme apparait.  Un fusil à la main, tout vêtu de noir, il est seul et commence à arroser les fidèles d’une pluie de projectiles.  La musique se tait. Des cris, de la frayeur et une paralysie totale, le tout noyée dans l’horreur.

Après avoir visé le groupe, l’homme passe systématiquement les rangées en commençant par la dernière et s’avançant vers la chair.  Il exécute méthodiquement d’une balle dans la tête chaque personne.  Hommes, femmes, enfants.  Aucune distinction.  La scène est filmée.  Vingt-six de la cinquantaine de personnes présentent vont mourir ce matin.

Puis l’homme repart comme il est arrivé, en coup de vent, dérangé par les sirènes retentissantes.  On le retrouvera un peu plus tard décédé dans son automobile.

Rien d’ordinaire

Cet homme n’avait rien à voir avec l’état islamique, c’est ce que plusieurs auraient espéré.  Le méchant aurait été plus facilement identifiable et condamnable, mais en fait, nous ne savons que peu de chose sur l’homme en noir, sinon qu’il est athée en avait lourd contre Dieu et l’église.  Un jeune homme blanc qui avait un compte Facebook comme tout le monde.  Ce gars était le voisin d’en face, le gars dans la ville d’à côté.  Rien ne laissait présager ce qui allait se passer dans cette petite église anonyme du Texas dimanche passé, un groupe de croyants tranquilles, sans importance et presque insignifiant, mis sur la sellette et sur le fil de presse bien malgré eux.

Un retour

Une chose troublante est de voir l’événement banalisé même par plusieurs chrétiens.  Nous sommes tellement saturés d’actes violents.  Notre conscience est engourdie et détachée de l’horreur.  Nous la créons, la regardons, comme un spectacle, comme un nouvel épisode d’une série sanglante dont les acteurs ne sont pas vraiment réels.  Jusqu’à ce que l’homme en noir fasse irruption dans notre univers.

Cette réalité était pourtant celle des chrétiens des premiers siècles.  C’est la réalité présente des pays où le christianisme est persécuté.  C’est la réalité de près de la moitié des états de la planète.  Chaque fois que des chrétiens s’y rassemblent, la possibilité est bien réelle qu’un homme ou une troupe débarque pour une exécution de masse.

Ça peut aussi arriver de notre côté de l’Atlantique, à l’occasion, sans prévenir, sans raison.

Que penser?

Je ne risquerai pas de pourquoi.  Dieu seul sait, et je ne créerai pas de polémique sociale non plus.  les leçons valent mieux que les raisons.

Le chef de police de la localité a exprimé une grande vérité : devant l’absurdité et le drame de voir des gens que l’on aime mourir aussi brutalement, profitons de l’instant présent pour exprimer à ceux qui nous entourent combien nous les aimons.

Jésus ne nous a jamais promis la sécurité ni le confort.  Nous l’avons créé et nous nous y sommes habitués.  Nous mortifier dans la culpabilité de notre insensibilité et notre amour de la facilité ne règlera rien, sinon peut-être une petite prise de conscience.  Une conscience influençable, et qui s’engourdit si facilement.

 

Devant l’absurdité et le drame de voir des gens que l’on aime mourir aussi brutalement, profitons de l’instant présent pour exprimer a ceux qui nous entourent combien nous les aimons.

 

Dimanche prochain

Ce dimanche qui vient est un autre dimanche ordinaire.  Le seul moment de la semaine, pour plusieurs, où notre foi est partagée dans un même lieu.  Prenons conscience que tout cet environnement, la musique, la prédication, les chaises confortables, le chauffage et toute la boîte bien fabriquée n’ont qu’un seul but : nous faciliter la tâche afin que nous exprimions ce que Christ a fait pour nous.  N’oublions pas que la première exécution du christianisme, c’est Lui qui l’a subi par amour pour nous, afin qu’à l’amour que nous avons les uns pour les autres, le monde sache que nous sommes ses disciples.

La véritable épreuve, le véritable test d’une église, n’est pas quand l’homme en noir apparait.  C’est dans cette myriade de dimanches ordinaires où nous avons l’occasion de vivre la foi comme Jésus sur la croix, en exprimant le pardon et en étant prêts à donner notre vie pour nos frères et sœurs.

Dimanche prochain est un autre dimanche ordinaire.  Il nous appartient d’en faire un dimanche extraordinaire.

La réforme intérieure

Cette semaine nous, célébrions le 500e anniversaire de la réforme, ou plutôt, du moment ou Martin Luther placarda ses 95 thèses, sur la porte de l’église du château de Wittenberg.   Il dénonçait particulièrement le mercantilisme du ciel au travers les indulgences. L’instigateur le fit au terme d’une profonde recherche d’espérance : comment être certain de mon salut?

La réforme est depuis devenue une bannière dans notre vocabulaire, réforme de la santé, réforme scolaire, réforme chez les forces de l’ordre, réforme de l’état… tout y passe et a besoin de réforme! Signe que quelque chose ne va pas et a besoin d’être revisité pour en changer son fonctionnement.

Une réforme individuelle

En fait, nous avons tous besoin d’être réformés.  Il est facile de regarder à l’extérieur et y voir tout ce qui ne fonctionne pas comme il devrait.  Se regarder en face est autre chose.  Y voir ce qui ne va pas et amorcer un plan de changement est courageux, et même parfois téméraire.  Il faut beaucoup d’humilité et de volonté.

La réforme protestante a débuté par la réforme d’un seul homme qui s’est allumé dans son intérieur : j’ai besoin de réformer ma certitude!  Je ne peux pas être sauvé par les œuvres des indulgences, car lorsque je lis la Parole de Dieu j’y vois une voie diamétralement opposée.

« Parce qu’en lui est révélée la justice de Dieu par la foi et pour la foi, selon qu’il est écrit : Le juste vivra par la foi ». – Romains 1:17

Tout a commencé par un individu qui a été touché individuellement.  La véritable réforme commence au cœur, dans l’intimité, avec moi seul en face d’un problème et d’un désir.  Le problème de l’homme pécheur et le désir d’un Dieu sauveur.  Si la réforme protestante ne nous touche pas violemment de l’intérieur premièrement, elle est inutile.  Elle devient une simple rénovation et perd sa puissance de réformation.   Elle n’est qu’une couche de peinture appliquée sur un mur contaminé par la moisissure.

 

  Si la réforme protestante ne nous touche pas violemment de l’intérieur premièrement, elle est inutile.

 

Une réforme spirituelle

Il y a 500 ans, la réforme a touché les royaumes, les structures et la politique de l’époque.  L’Europe s’est scindée en deux, protestants d’un côté et catholiques de l’autre.  Facile de forger des formes à la réforme.  On structure, dicte et politique.  Tout comme dans notre vie.  La réforme peut être personnelle, mais pour y voir toute la puissance restauratrice elle doit tout d’abord être spirituelle.

On ne réforme pas une religion ou une façon de faire.  La réforme n’est pas une reconstruction des institutions, mais un changement en profondeur du cœur.  Non pas dans ses habitudes séculières, mais dans son approche de Dieu.  Sa vision spirituelle va au-delà même du dépoussiérage ou de la simple modernisation.  C’est une nouvelle naissance spirituelle qui fait de la réforme protestante une révolution profonde.

Ce n’est pas qu’une redécouverte, puisque ce que l’on y trouve est totalement nouveau, entièrement réformé et inexploré… Exprimé par les cinq Solas : seule la Parole de Dieu, seule la foi en Dieu, seule la grâce de Dieu, seule la gloire de Dieu et seulement Jésus.  La réforme nous amène au plus profond de notre cœur pour y découvrir la noirceur totale et le besoin total de salut.  Ce constat terrorisait Luther.  La frayeur de se savoir perdu, sans Dieu ni sauveur a excité sa faim de Dieu et c’est au travers la Parole de Dieu qu’il a découvert la grâce de Dieu par la foi en Jésus pour Sa gloire.

Une réforme perpétuelle

Parce que la cause de la réforme est toujours vivante, elle ne se conclut pas avec l’affichage des thèses.  500 ans d’histoire de réforme ne se résument pas à une discussion sur les indulgences.  Ce qui fait la force de la réforme est sa perpétualité.  La réforme a un début, non pas celui de 1517, mais celui de ma rencontre avec Jésus, actuel, présent dans ma vie.  Le jour où il placarde sur mon cœur la vérité de son sacrifice au travers sa parole! La réforme n’a pas de fin ni d’aboutissement, sinon Dieu lui-même.

La réforme est un élan perpétuel de mon cœur.  Un ajustement constant qui pointe vers une direction et non une carte qui me fixe un chemin tout tracé.  Elle est une boussole qui dirige vers le haut.  Parce que mon cœur est continuellement en guerre contre Dieu, je dois le réformer quotidiennement, constamment car je désire naviguer vers Lui.

La réforme se manifeste une fois dans une vie puis s’entretient au quotidien, sans relâche.  C’est l’affaire des cœurs avant les institutions.

500 ans de réforme intérieure

Ce qui éblouit le monde avec la réforme protestante n’est pas tant la discussion à propos des indulgences que le parcours de transformations qu’il a inauguré.  Des millions de personnes ont réformé leurs cœurs au travers la Parole de Dieu et le Salut en Jésus Seul.  C’est 500 ans de réformes intérieures qui marquent l’histoire ce 31 octobre.  Un retour à la véritable bonne nouvelle, le véritable évangile.

La fin du monde!

Depuis quelques mois, les événements internationaux semblent captiver l’attention voir entretenir la peur et la paranoïa.  Guerre en Syrie, menaces nucléaires en Corée du Nord, regain des hostilités en Ukraine, attentat en Allemagne, chez mes amis chrétiens, plusieurs y vont allègrement sur les réseaux sociaux pour exhiber jusqu’aux sites conspirationnistes les plus virulents.

C’est la fin du monde, et le décompte est lancé!

Mais de quoi a-t-on peur?  D’autant plus que cette panique subite n’est pas digne de l’espérance qui nous habite.   Jésus nous avait averti que la vie ici-bas ne serait pas de tout repos.  Même au point que tout n’irait pas en s’améliorant.  (Luc 21:9) L’histoire de l’humanité c’est l’histoire des conflits et des guerres, depuis Caïn qui tua son frère, et ce, jusqu’au dernier conflit illustré à la une du journal.  La fin du monde, nous l’avons vécue à la chute.  Le monde tel qu’il était destiné est mort cette journée-là!  Nous attendons maintenant le rétablissement et le retour de Jésus.  Nous devrions être les personnes les plus joyeusement en paix sur cette planète. La manière dont nous réagissons et même inondons les réseaux sociaux, reflètera ce qui habite notre cœur.  Non que nous nous réjouissions du malheur.  Non que nous sommes insensibles à la misère qui nous entoure, mais parce que nous avons rencontré celui qui donne la vie.

Certains répondront qu’ils sont un nouveau genre de sentinelle, avertissant le monde du danger imminent.  Les sentinelles de l’ère Facebook, utilisant les moyens électroniques pour diffuser un sérieux avertissement au monde virtuel.  Cependant, noyés dans un océan d’information, où presque la moitié du verre s’avère être des canulars ou des histoires douteuses, nous devons être prudents quant à nos sources, et surtout au message que nous désirons laisser derrière nous. Je préfère être calomnié pour une histoire vraie que pour une fabulation bien ficelée.  Le monde n’a pas besoin d’épouvantails supplémentaires, d’autres s’en chargent déjà avec brio.  Le monde a besoin d’espoir et de réconfort.  Dieu nous l’a confirmé il y a deux mille ans lorsqu’il est venu lui-même nous montrer la voie.

Gardons notre calme, Dieu est en contrôle et notre paix peut être contagieuse.  Plutôt que de lancer des cris d’alarme, lançons des cris d’espoirs.  Regardons autour de nous et soyons attentifs aux victimes de la fin.  Un enfant qui se meurt, une famille qui perd tout, un couple qui divorce, et nous, témoins de ces malheurs nous pouvons apporter un peu de joie et de bonheur au cœur d’un monde qui se détruit perpétuellement.  Une main tendue aux démunis, aux malheureux.  Un mot de réconfort et d’encouragement à celui qui est rejeté ou mis de côté.  Tous ces gestes ont beaucoup plus d’impact éternel et s’accordent parfaitement avec notre raison d’être ici.

Nous sommes des porteurs de bonne nouvelle, pas de mauvaises!

« L’herbe sèche, la fleur tombe ; mais la parole de notre Dieu subsiste éternellement. »

 – Esaïe 40:8

La mort tombée du ciel

Durant le sommet du G7, le président Obama en a profité pour visiter le parc mémorial pour la paix d’Hiroshima. 71 ans plus tard, la radioactivité tend à retomber.  Du bout des lèvres le président américain a exprimé que la décision de LA bombe était tragique, mais qu’en temps de guerre, un président a souvent des choix difficiles à faire, en qualifiant l’événement de la « mort qui est tombée du ciel »1.

L’image est saisissante.

À l’instar des chevaliers de l’apocalypse, l’épée à la main, semant la destruction, la mort et le malheur.  Une vision de la fin des temps bien actuelle où nous avons vu ce bombardier reluisant, presque beau, viser la petite ville et retourner le plus rapidement possible à sa piste d’atterrissage, laissant derrière lui la destruction totale et des dizaines de milliers de morts.   Une ville grouillante, rasée en une fraction de seconde, stigmatisant toute une planète et ce, pour toujours.  Hiroshima fait partie de ces événements historiques dont le nom se mêle à la honte.

La mort tombée du ciel, comme si l’événement était sous la gouverne des dieux, Mars en l’occurrence, dieu de la guerre, profitant des faiblesses humaines pour nous tourner les uns contre les autres et faire en sorte que l’on s’entretuent.  Nous, victimes des lubies imprévisibles d’une divinité capricieuse et hargneuse.

Quelques historiens doutent de la pertinence de cette première bombe nucléaire, mais le choix de la seconde, elle, sur Nagasaki quelques jours plus tard, ne laisse aucun doute.  Elle exprime quelque chose de beaucoup plus profond : la victoire durant une guerre se gagne par la pression du sang.  Une pression à froid qui éclate dans une coupe de colère à peine masquée.  La guerre est ainsi, depuis que l’homme est homme, depuis Caïn contre Abel puis tous les autres meurtriers, justifiés par une paix illusoire.

En fait, la mort ne vient pas du ciel, mais du Cœur de l’homme.  C’est la réalité profonde des guerres et Hiroshima n’y fait pas exception.  Remettre la responsabilité a un affreux bombardier, à un président d’état aseptisé ou un coup du destin, c’est dépersonnaliser, presque blanchir des actes effroyables et horribles qui n’expriment au fond que ce qui empli le cœur humain.

L’histoire de l’homme, c’est l’histoire des guerres, disait un autre guerrier, et croire que la mort descend du ciel c’est croire que l’homme peut s’en laver les mains.

La censure, c’est sûr

La nouvelle de la semaine, c’est l’indignation de Mike Ward devant la censure que lui a fait subir les avocats de la compagnie d’assurance du gala des Oliviers, où il devait présenter un numéro1. Jusqu’aux collègues humoristes qui s’en sont mêlés, avec les masques ornés du X digne des victimes d’états totalitaires.  C’était une belle solidarité.  Maintenant, Mike Ward songe à boycotter la compagnie persécutrice2.

Je vous avoue sincèrement que je comprends profondément ces sentiments d’indignation devant une injustice si flagrante.  Se faire rabrouer et interdire de dire ce que l’on croit juste, se faire rabaisser, et même humilier en raison de ses opinions, je l’ai vécu plus d’une fois comme chrétien. Parfois en famille, d’autre fois à l’école. Pointé du doigt, mis à l’index, ridiculisé et injurié.  Je sais que je ne suis pas le seul, et je ne parle pas d’un obscur christianisme intégriste des extrémités de la terre.  Je suis un chrétien assez timide, qui pourtant n’a pas honte de ses opinions.  Un chrétien au Québec, terre de l’acceptation des opinions, de la liberté de religion et des humoristes persécutés.

Je comprends ce goût amer et suret de la censure qui nous éclabousse subitement, souvent lorsque l’on croit vraiment bien faire.  Mais nous, nous n’avons pas l’espace médiatique pour faire valoir nos droits.  En fait, les médias sont plutôt une source de sure qu’une plateforme d’expression pour les quelques milliers de chrétiens qui habitent le Québec.  Mais je ne veux surtout pas transférer le martyre, chacun son combat.

Lorsque j’ai vu par la suite tous ces humoristes masqués s’indigner cette fois-ci contre un des leurs, Martin Matte qui a osé faire une remarque acerbe sur la vie privée d’Éric Savail3, a un autre collègue humoriste à ses heures, j’ai alors senti une réelle confusion.  Deux poids, deux mesures. L’arroseur arrosé tolère mal le goût suret de la douche froide. Oubliant la veille, ils en appelaient… à la censure !

Il y a une incohérence…

Il faut dire que le Seigneur des humoristes n’a pas été la victime d’une censure, jusqu’à en être crucifié pour le faire taire.

Lorsque ton modèle est lui-même une victime de la censure, ça aide à supporter celle-ci avec dignité, prier pour ceux qui nous ridiculisent et tendre l’autre joue en sachant qu’il y a bel et bien une justice en ce monde.  Et la vie continue.  Nous n’arrêterons pas de parler, et ils n’arrêteront pas de blaguer…  Et c’est sûr !

La tyrannie des désirs

Caitlyn Jenner, le célèbre transgenre désire désormais redevenir un homme1.  Après avoir fait la une du Times magazine et avoir été nommé femme de l’année, les complications générées par le changement lui font faire volteface après seulement quelque mois habité dans sa nouvelle identité.

Le troublant dans ce fait divers, n’est pas tant le fait qu’une personne veuille changer de sexe, mais plutôt la capacité que notre société donne maintenant afin de réaliser des désires inatteignables il y a seulement quelques années. La chirurgie et les avancées médicales nous amène dans le monde du « sky is the limit », la consommation va maintenant jusqu’au changement drastique d’identité sexuelle.  Quitte à revenir homme après avoir été femme.

Nez, joue, fesses, seins, menton, yeux, oreilles, même les chirurgies les plus intimes, font désormais partie de la palette sculptante dont chacun peut accéder afin de devenir la personne de ses envies, jusqu’à devenir la Barbie de mes rêves, une réplique de vedette adulée ou encore me mouler en ce que je désire et rêve.

Il y a derrière ces changements quelques fois drastiques, un mal de l’être, un refus du présent et de ce que je suis.  À cela, ajoutons l’obsession de l’immédiat, le refus d‘attendre et de laisser le désir découvrir le besoin.

Ce qui m’inquiète probablement encore plus, c’est que les progrès grandissants de la science risquent fort de nous transporter très bientôt aux confins de la génétique, de l’Eugénisme postpartum et du makeover extrême.  La prochaine étape est le surhomme intellectuel via des implants cérébraux qui décupleront nos capacités cognitives.

Qu’est-ce qu’il y a de si négatif a demeurer ce que nous sommes et apprendre simplement à vivre ?

Comme si le bonheur véritable dépendait de ce qui m’enveloppe plutôt que de ce je suis.

Et quand les années s’accumulent, que l’enveloppe devient flasque, molle, faible et impotente, que reste-t-il de tous ces changements ? Sinon le vague souvenir d’un désir qui n’aura rempli qu’un faux besoin et dont l’essentiel restera encore à découvrir.

L’horreur dans l’erreur

Non! Je ne peux accepter l’horreur que j’ai vue hier.

Ces hommes aveuglés par leurs convictions qui prennent les armes, s’organisent et planifient minutieusement le meurtre d’une douzaine de journalistes, d’artistes, qui n’avaient même pas de quoi se défendre, tirés dans le dos. Un geste d’une lâcheté indescriptible et qui démontre bien toute l’horreur des extrémistes de ce monde. L’extrémisme aveugle l’humanité et ne tourne le regard que vers soi… Jusqu’aux armes, au meurtre, à l’horreur : Mes opinions, ma justice, ma vengeance doivent s’exécuter à tout prix.

Le danger dans ces moments, c’est de perdre la perspective et de stigmatiser dans un événement une réalité encore plus troublante. Le danger est de se transformer nous-mêmes en ce que nous rebutons. Saisir les armes que nous avons sous la main, clavier et crayons, et tirer à boulets rouges sur les auteurs du crime. Et nous nous abaissons à leur niveau. Nous perdons alors notre objectivité et même notre humanité.

La liberté ou le respect

Nous avons entendu à de nombreuses reprises que ce n’est pas seulement l’occident qui est attaqué, mais toute la liberté d’expression. J’ai un malaise profond avec cette sacro-sainte liberté. Où s’arrête-t-elle? Doit-on lui mettre une frontière? Sans la museler, lorsque la liberté bafoue le respect elle devient arrogance et insulte. C’est une façon immature et antisociale de régler ses comptes. On peut être outré, l’exprimer, mais la façon dont on s’y prend révèle la maturité. Charlie a poussé fort sur le crayon de l’irrévérence et le respect était le moindre de ses soucis. « Il fallait que le monde sache ce que j’en pense » au risque de froisser, blesser ou même trainer dans la boue des valeurs profondes pour le plaisir de faire rire ou à peine réfléchir.

Lorsque la liberté d’expression écrase le respect de l’autre, nous devenons anarchiques, nous bafouons tout ce qui fait une société démocratique un lieu où l’expression est sanitaire. Rabaisser l’autre par l’intellectualisme, la caricature ou un propos humoristique qui masque à peine le mépris n’est pas plus évolué que le radical qui règle ses frustrations à coups de Kalachnikov. Ce n’est qu’une façon différente et immature de s’exprimer, indigne d’une société qui se réclame civilisée. Non, je ne suis pas Charlie, je suis chrétien et en tant que chrétien je ne peux entrer ni dans le camp du sarcasme et encore moins dans celui de la violence.

Provoquer et assumer

Un commentaire récurant entendu au travers les médias est « C’était inévitable ». Il y a une tendance de plus en plus évidente de notre côté de la planète. Nous crachons au hasard et croyons que jamais nous ne serons aspergés. Nous surexploitons la planète et nous mettons la tête dans le sable en croyant que cela ne nous affectera jamais. Nous vivons un rêve de confort et de liberté inatteignable pour plus de 80% de la population et nous trouvons étrange la révolte des pauvres. Notre société, à bien des égards, ressemble à cette monarchie que le peuple a délogée lors de la Révolution française. Inatteignable, méprisante et surtout aveuglée par sa propre splendeur.

Nous croyons du haut de notre tour occidentale que nous pouvons provoquer sans vergogne, et nous sommes surpris par la réaction (injustifiable ici, c’est évident). Comme si nous n’étions tout simplement pas prêts à assumer les conséquences de nos actes. Comme si nous étions inatteignables et que notre liberté nous donnait des droits que nous refusons au reste du monde. « C’était inévitable », disent-ils tous. Notre société aseptisée vient de se buter au mur du reste du monde. Tout comme le 11 septembre, c’est un mur dur, intransigeant et dont la démarche est à des années-lumière de la nôtre. Charlie a provoqué la rage de ces fanatiques, et je le répète, pour être certain d’être clair, ce qu’ils ont fait est absolument atroce. À chaque provocation, nous devons nous attendre à une réaction. Non, je ne suis pas Charlie. Je suis chrétien, et chez nous, nous ne provoquons pas nos ennemis ni ceux qui nous sont différents. Battus, nous tendons l’autre joue, torturée, nous prions pour eux.

Stigmatiser des martyres

Au même moment où cette atrocité était commise, à quelques kilomètres à peine, l’organisme Portes-Ouvertes, dévoilait le bilan des persécutions chrétiennes pour 2014 commises par ces mêmes extrémistes. La pire année depuis des siècles! Plusieurs milliers de mes frères et sœurs ont été tués, torturés, violés dans le plus grand silence. Plusieurs centaines de milliers d’autre ont vu leurs droits bafoués, ne pouvant travailler ni même se déplacer pour la simple raison qu’ils sont chrétiens. Ils n’ont pas insulté le prophète ni même dévoilé un regard défiant. Ils n’ont même pas sorti la plume contre l’épée. Ils existent, c’est tout ce qu’on leurs reprochent, et c’est déjà assez pour les exterminer.

Chaque drame est unique et l’intensité ne peut se mesurer dans la douleur. Chaque famille qui a perdu un cher est endeuillée et la blessure est vive pour tous les proches. Tous les journalistes sont aux barricades présentement, car leur communauté est attaquée de front. Je comprends, la compassion sélective, moi-même je suis vivement et directement touché au cœur lorsque j’apprends ce que ces terroristes font à mes frères.

Un confrère français, proche ami de Charlie, comparait les victimes de cette tuerie à des martyres morts pour une cause juste. La douleur tue l’objectivité. Et ma crainte est que cette douleur arrose tout ce qui est différent. Une quête de vengeance plutôt que de justice qui risque d’intensifier les conséquences irrationnelles de ces groupes intégristes et passer la facture a ceux qui n’ont rien à y voir.

Je ne suis pas Charlie, je suis Chrétien. Et parce que mon peuple subit chaque jour ce que ces douze ont vécu, je peux compatir et prier. J’entendais à la radio d’état que le problème était « les religions »… Difficile d’imaginer Jésus en terroristes. Le problème n’est pas la religion, mais ce que les hommes en font. Le danger est de généraliser et faire porter le chapeau de la vengeance à tout ce qui est différent et dérangeant… Et que les médias deviennent arroseurs à leur tour. Profitant du quatrième pouvoir pour opprimer par le sarcasme et la rumeur. Une guerre de maux ne vaudrait pas mieux.

Je ne suis pas Charlie, je suis un chrétien qui s’exprime, et qui assume sa liberté d’expression!

Notre religion nationale

C’est la finale de l’Est et les Canadiens de Montréal y sont! Le fil de presse est totalement occulté par cette nouvelle. Peu importe ce qui se passe au Nigéria ou en Ukraine, l’important, c’est de savoir où et quand viendra la victoire. Les superstitions abondent : on fait brûler des lampions, Ginette la nouvelle prophétesse et sa voix miraculeuse soufflent l’espoir, la sainte flanelle tatouée sur le cœur et en fanion emplit la ville! Même le sauveur prend des titres de « Jesus-Price ». Plusieurs millions d’adeptes sur le Net, et des centaines de milliers rassemblés autour du téléviseur, à faire déborder le centre Bell même lorsque nos héros jouent à Boston ou à New York… Même la plus méga des mégas Church ne pourrait rêver à mieux!

La quête d’identité

Chaque fois que je regarde une joute de hockey, et que le Canadien gagne, un sentiment de fierté m’envahit. Même si je suis à des milliers d’années lumière de la réalité des gars qui jouent sur la glace, et même si je n’ai jamais joué, sauf dans le peewee M (Médiocre), je dois constater que la victoire est enivrante. Nous avons tous besoin de fierté, car, en fait, nous associer à des vainqueurs nous fait paraître plus grands. Je me souviens des centaines de cartes de hockey que mon garçon a collectionnées, les noms, les surnoms, les statistiques et les exploits. Nous transcendons la glace et celui qui joue, c’est moi, projeté en Subban, Price ou Gallagher!

La quête de héros

Les athlètes professionnels sont les nouveaux héros. Les demi-dieux de l’Olympe qui nourrissaient les espoirs de la Grèce antique. Adieu Hercules, bienvenue PK ou Carey. On porte leurs chandails, arbore leur numéro, collectionne leurs effigies sur carte. Certains vont même jusqu’à appeler leurs petits du nom inspirant de Toe-Blake. Certaines tribus cannibales consomment le cerveau de leur victime afin de s’approprier leurs vertus courageuses. De nos jours, nous consommons leur image afin que, s’il est possible, nous en soyons inspirés.

La transcendance est un besoin et non un luxe, et si nous ne le trouvons pas dans la famille, dans la politique ou dans la religion, nous nous rabattons dans ce qui est à portée de rêve. Nous retirons le chandail des plus valeureux, puis nous les canonisons en bannière. Le mythe naît et chacun se l’arrache. Lorsque nous nous arrêtons, à l’entracte et réalisons la distance qui existe entre la glace et les gradins, il est triste de constater les valeurs populaires réduites à un fantasme.

La quête de victoire

Nous l’appelons la sainte flanelle! Les bannières de victoires arborées bien haut au centre Bell nous rappellent les hauts lieux de nos glorieux. Chacun espère un jour au pèlerinage vers le temple. Les plus aisés dans le rouge, et les ordinaires dans la zone Molson! Le destin m’a choyé, et mon fils a gagné, il y a quelques années, une paire de billets zone Famille… dans le « pit » en haut, presque au ciel!

L’ambiance y est presque indescriptible. 21 273 fidèles rassemblés au cœur du plus grand lieu de culte au hockey du monde! Tous les joueurs de la LNH sont d’accord, certains même refusent de venir jouer ici : l’atmosphère y est intransigeante. Le niveau, l’intensité et l’adoration y sont si élevés que, lorsque nos héros répondent à nos prières, les chants, les cris et les olé fusent de toute part et coupent l’air.   Malheur à eux si l’espoir s’envole. Dès le retrait de l’ange gardien, un silence de mort envahit le temple. Les prières montent et descendent, puis la déception brutale. Ils ont perdu, nous avons perdu la foi!… Jusqu’au prochain match.

La quête de communauté

Les familles éclatées, les jobs incertains, les couples dispersés, les amitiés facebookées. Le Canadien nous rassemble, le temps de trois périodes, nous sommes unis autour d’un seul but : gagner. L’ennemi, le mal, est en face, armure jaune et noir, rouge et bleu. Peu importe. Nous analysons les performances, devenons coachs d’une clameur. Nous vivons au diapason de quelques millions de Québécois qui aspirent et désirent tous la même chose.

La grande messe, comme on l’appelle, se répète semaine après semaine, puis l’été, c’est le vide. La saison estivale devient pour plusieurs une retraite. Chacun y va de ses prophéties, puis la saison recommence et l’espoir renaît. Le hockey est rassembleur. On en parle, on le regarde, on en profite pour renouer, et même se réconcilier autour de la télé.

Et la foi?

L’espoir, la confiance, le combat implacable entre le bien et le mal, les modèles vivants, les buts de dernières minutes, les mentors inspirants, les victoires spectaculaires, les défaites qui transforment, les prolongations enlevantes… Nous avons tous ces exploits et bien plus dans un livre stimulant : La Bible.

Jouer pour une équipe gagnante, marquer des buts victorieux, faire partie d’une joute plus grande que nous-mêmes, devenir la première étoile, jouer aux côtés de légendes, poursuivre la tradition des plus grands, et non seulement marquer dans le but, mais poursuivre le véritable! Le but de la vie. L’église victorieuse, plus qu’un club, et mieux qu’une organisation. Elle est un organisme vivant ou chaque joueur est un membre essentiel. Aimé par son coach et inspiré par son Esprit.

« Tous ceux qui combattent s’imposent toute espèce d’abstinences, et ils le font pour obtenir une couronne corruptible ; mais nous, faisons-le pour une couronne incorruptible. » —1Co 9.25

Le hockey dans tout cela? Tout est une question de priorités. Si un match, une équipe ou un joueur prend le dessus sur Dieu, il devient une idole. Elle peut être subtile : Absence des réunions, détournement de fonds, perte de temps et vol d’intensité. Tout ce qui taxe mon engagement et mon engouement ne peut que m’affaiblir comme chrétien. C’est une question d’équilibre.

Au risque d’être injurié d’anathème, « C’est juste du hockey »! Un bon spectacle, rien de plus, rien de moins. Rien pour me faire déroger de mes priorités profondes.

Je suis Chrétien, Jésus tatoué dans le cœur, Go Christ Go!!

Citoyen et chrétien

En ce temps d’élections au Québec, de nombreuses machines à rumeur se sont mises en marche et les opinions divergent quant à  la position qu’un chrétien devrait avoir face à la société.

D’une part, il y a les interventionnistes, qui croient  que nous devons dénoncer le mal et pratiquement exiger que notre gouvernement adhère à toutes les valeurs chrétiennes.  Dieu n’est-il pas au-dessus de ces gouvernements?  Il y a ceux qui croient que nous ne sommes que des étrangers et  voyageurs sur la terre : toutes ces politicailleries ne nous concernent pas nous n’avons pas à nous en mêler, même jusqu’à ne pas aller voter.  Puis il y a ceux qui ne savent pas… pas d’opinions, pas de conviction et pas de position.  Reflet chrétien du marasme et de la désillusion qu’ont laissés les erreurs et les déceptions du passé.

Quelle position adopter lorsque nous sommes chrétiens, citoyens des cieux, mais encore greffés ici-bas dans un pays bien en terre et en chair?

Mon droit

En tant que chrétiens, nous devons nous soumettre aux autorités en place. C’est clairement établi dans la Parole de Dieu (Ro 13:1-2).  Non seulement cette soumission est prescrite, mais elle est suivie d’une promesse : celle d’une condamnation envers ceux qui ne s’y soumettent pas!  De plus, ce commandement a été donné alors que le gouvernement en place était extrêmement hostile à la cause chrétienne.  Derrière cette pensée, il y a celle où Dieu est en contrôle sur tous les événements.  Son plan est parfait et se poursuivra inexorablement, peu importe le gouvernement en place.  De Néron à Bush en passant par Marois, ces gouvernements sont le résultat de la volonté divine (Ro 13:4), ne l’oublions pas.

Notre société québécoise n’est heureusement pas totalitaire et accorde des droits à ses citoyens.  Par exemple, elle encadre le processus de décision par le droit de voter selon le jugement individuel pour quiconque se présente comme député ou représentant.  C’est un bénéfice dont nous jouissons et comme tout est sous le regard de Dieu, ce droit nous est accordé par le Seigneur.  Le mépriser, c’est mépriser la liberté que le Seigneur nous accorde au Québec.

Nous avons également le droit d’expression.  Le droit d’émettre notre opinion, en fonction de nos valeurs et de nos opinions – dans la mesure où elle ne diffame pas la réputation d’un quelconque individu.  C’est la démocratie! Ce droit d’expression est important pour nous chrétiens.  Elle nous assure de pouvoir émettre et exprimer la pensée de Dieu dans ce monde embrouillé par son prince, l’individualisme et le matérialisme.  Ce droit d’expression nous est donné par Dieu et nous avons malgré tout le choix de l’utiliser ou non, toujours à condition de le faire en glorifiant notre Seigneur dans ce monde et ne pas ternir sa réputation.

Nous avons le droit ET le devoir de parler…

Mon devoir

Pour bien saisir notre devoir citoyen, en tant que chrétiens, nous devons comprendre que notre raison d’être ici, là où Dieu nous a plantés, c’est de porter du fruit (Jn 15:16), de briller (Phil 2:15), d’annoncer Dieu et l’Évangile dans ce monde (1 Pi 2:9), et même de mettre le mal en lumière par notre bonne conduite (1 Pi 2:12), ou encore par notre dénonciation emplie de douceur et de respect (Prov 24:11-12; 1 Pi 3:15).

De plus, rappelons-nous que nous sommes ici-bas en terre hostile et ennemie à la parole de Dieu : le train de ce monde, le prince de ce monde et les ténèbres de ce monde où le Dieu de ce siècle obscurcit l’intelligence nous démontrent bien que nous sommes derrière les lignes spirituelles, et que le monde entier est sous l’influence du malin… (Eph 2:2-3; Col 1:21; 1 Jn 5:19; 2 Cor 4:4).

Dans ce contexte, Dieu nous parachute dans un Québec laïcisé, dont les valeurs éloignent de plus en plus la société de son créateur.  Notre devoir est-il de laisser passer le train et ne rien faire?  Bien au contraire!  Nous sommes ici pour une raison précise : annoncer l’évangile, la bonne nouvelle, nous sommes des ambassadeurs comme si Dieu parlait au travers nous (2 Cor 5:20).

Nous avons le droit ET le devoir de parler… Notre société moderne nous offre une tribune et des moyens inégalés par le passé, et comme tout pouvoir est la volonté de Dieu, cette tribune n’est pas le cadeau du gouvernement comme tel, mais bien un micro, une caméra et un clavier offerts par le Seigneur afin que nous exprimions au monde qui nous entoure les voies de Dieu.

« Et comme nous avons le même esprit de foi qui est exprimée dans cette parole de l’Écriture : J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé ! Nous aussi nous croyons, et c’est pour cela que nous parlons »  — 2 Corinthiens 4.13

Mon action

En tant qu’étrangers avisés dont la citoyenneté canadienne est un privilège que Dieu nous a confié, informons-nous avec circonspection de toutes les options dont nous bénéficions.  En ce temps d’élections, allons voir les programmes des partis en lice, afin d’exercer individuellement notre droit et notre devoir de vote avec intelligence.

Ensuite, voir si un parti plus qu’un autre rencontre nos valeurs et notre christianisme.  Quel parti contribuera le mieux à notre cause s’il est élu : celle de la propagation de l’Évangile de Jésus-Christ.  Dans ce domaine, ne nous illusionnons pas.  Nous aurons probablement à voter, non pour le meilleur, mais le « moins pire », mais en terrain ennemi, chaque petit pas est une victoire vers le retour de Jésus.

Puis, me soumettre au gouvernement qui sera élu, peu importe lequel.  Afin que nous vivions une vie honnête et juste devant Dieu. Ne laissons pas de prise et d’occasion de médire sur notre compte à ceux qui désirent ternir le christianisme.  Et si j’ai des désaccords, la beauté de notre société est que j’ai toujours le droit de l’exprimer, pourvu que cela se fasse avec respect.

Revendiquer légalement et civilement mes divergences est un droit et un devoir en tant que phare dans ce monde, mais si peu prisé par nombre de chrétiens.  Les tribunes qui nous sont offertes sont innombrables : Médias sociaux, pétitions, lettres ouvertes, communiqués, écrits, vidéo, blogues et j’en passe.  Faire feu de tout bois afin d’en gagner le plus grand nombre à la cause de Jésus (1 Cor 9:22).  Plusieurs groupes divergents au nôtre l’ont compris et influencent jusqu’à avoir leur étendard sur le Parlement.  Qu’attendons-nous pour nous unir et parler, puisque nous avons cru?

Et avant même d’avoir une relation publique, nous avons par-dessus tout le devoir de prier pour nos élus… toujours en vue d’une propagation universelle et le plus puissamment possible du message de l’évangile (1 Tim 2:1-4).  Nous n’avons qu’une fenêtre de temps restreinte dans l’histoire de l’humanité qui nous est allouée.

Aux urnes! Le Seigneur revient bientôt : hâtons le son de la trompette.

Les 10 commandements de Facebook

Facebook fêtera son dixième anniversaire début février.  Digne d’une réelle communauté, elle englobe maintenant presque 500 millions d’usagers,  dont la moitié y flâneront au moins une heure aujourd’hui!   Une multitude de chrétiens y sont inscrits et, au cours des années, j’y ai remarqué plusieurs hauts faits glorifiant Dieu, comme des dérapages légendaires.  Comment se comporter sur un réseau social?

Voici donc les dix commandements afin de vivre un Facebook chrétien sans heurt ni douleur.

1- Un seul Dieu tu auras

L’homme a été créé pour adorer.  Si ce n’est pas Dieu, ce sera autre chose.  Certains se laissent prendre au jeu et s’emmêlent dans les dépendances.  La ligne qui définit la source de notre joie et de notre paix est très mince.  Si je recherche sur le réseau l’approbation, la reconnaissance et être aimé, c’est un indice que Dieu est sur la voie de service dans ma recherche du bonheur.  Certains attendent plus l’approbation des pairs et des like de Facebook que celles de Dieu.  Celui-ci se fait alors remplacer par les amis virtuels.  Que se passerait-il si je déconnectais de Facebook durant un jour, une semaine… un mois?

2-  Tu ne te feras point d’image taillée

L’idolâtrie peut souvent commencer par soi-même.  Désirer avoir raison à tout prix est une forme d’adoration désagréable qui brise les relations même virtuelles.  Facebook n’est pas une salle de débat où l’on se gonfle l’ego, mais un réseau social.  Tenter d’avoir raison à tout prix et envenimer certaines discussions est synonyme de se tailler soi-même dans la pierre pour dominer la discussion.  Lorsqu’un ami n’aime pas une remarque, une publication ou une photo, tournons-nous vers le privé et invitons le face à face.  Les batailles de coq n’ont pas leur place sur l’espace public, pas plus que les apitoiements, les recherches d’approbation où les survaloir de l’ego.

3-  Tu ne prendras point le nom de l’Éternel, ton Dieu, en vain

Le langage et les habitudes sont vus et entendus par tous sur Facebook.  Tout ce que l’on dit est l’équivalent de prendre un mégaphone et le crier dans un centre commercial.  De légendaires dérapages ont terni les témoignages de chrétiens sur le réseau.  Et si tout ce que j’écris, publie ou exprime était regardé le dimanche devant mes frères et sœurs… ou encore, devant mon patron, mes enfants… et c’est souvent ce qui arrive.  On oublie que Facebook est un réseau public, même si je suis seul derrière mon ordinateur.

4-  Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier

Une heure de Facebook par jour c’est trop! Faut avoir une vie en dehors de l’ordi!  Sortez, prenez une marche, lisez un bon livre.  Personnellement, si le temps que je passe sur Facebook dépasse celui que j’ai avec le Seigneur (prière et lecture), j’ai un symptôme. Et c’est vrai pour tout cyberflânage.  Et pourquoi ne pas prendre une journée de congé internet par semaine?

5- Honore ton père et ta mère

Attention à la famille!  600 amis c’est bien beau, mais combien sont de réelles connaissances?  Plusieurs personnes se font régulièrement harponner et pirater leurs comptes Facebook, restons donc sobres dans notre soif d’élargir notre patrimoine Facebook.  La prudence est de mise, et si je ne connais pas, je n’ajoute pas.   De même, vérifier vos critères de sécurité afin que ce qui doit être privé ne se retrouve pas sur la place publique.  Gardons la famille dans l’intimité.

6-  Tu ne tueras point

Avoir des copains c’est bien, mais de grâce, ayons la gentillesse et le respect de les aviser lorsque nous avons l’intention de les retirer de notre liste d’amis.  Si c’est en raison d’un conflit, il y a d’autres façons de régler le différend que de faire disparaître la personne en question. Dans pratiquement tous les cas, cette pratique envenime la situation, et lorsqu’il s’agit de frères ou de sœurs, elle ne glorifie certainement pas Dieu.  Et pourquoi ne pas passer de l’écran au café et rencontrer la personne face à face pour en discuter?

7-  Tu ne commettras point d’adultère

Aller flâner dans les photos de personnes connues ou non peut être une forme de convoitise.  D’ailleurs, le phénomène des divorces Facebook n’est plus une nouveauté.  Lorsque je convoite une personne dans un but fantasmatique, c’est déjà un adultère aux yeux de notre Seigneur.  La question que je dois alors me poser, honnêtement, c’est : pourquoi je regarde ces photos?  Franchement, qu’est-ce que j’y recherche? Y aurait-il un motif, une soif souterraine qui risque de m’amener sur le terrain glissant de l’adultère, même virtuelle?

8-  Tu ne déroberas point

Voler peut avoir bien des visages.  On peut voler du temps même sur Facebook.  Rappelez-vous que Facebook est un réseau social, pas un journal intime.  Se plaindre constamment, étaler ses états d’âme, faire subir son intimité sans l’approbation de nos lecteurs équivaut à voler de leurs temps.  La même norme que nos paroles s’applique ici : « Qu’il ne sorte de votre clavier aucune parole mauvaise, mais, s’il y a lieu, quelque bonne parole, qui serve à l’édification et communique une grâce à ceux qui le lis. »  — Éphésiens 4:29 

Ah! J’oubliais : SVP lorsque vous jouez à des jeux via Facebook, évitez de publier la multitude de vos progressions.  Ça peut devenir très irritant pour les autres qui n’ont rien demandé de la sorte.

9-  Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain

Ah! Les sources.  Ne devenons pas les auteurs de rumeurs et de canulars sur Internet.  Assurons-nous que ce que nous disons est la vérité.  Et si cela concerne une tierce personne, soyons certains que celle-ci approuve AVANT que ce soit publié.  Facebook n’est pas une machine à laver son linge sale.  Mêmes choses lorsque nous publions des photos.  Nous devrions aviser les personnes concernées avant la publication.  C’est une question de respect.  Tournons nos pouces sept fois avant de taper.

10-  Tu ne convoiteras point

Une récente étude révélait que Facebook était une source de dépression pour certains.  Devant les succès, les voyages, les belles maisons et les nombreux amis, nous sommes remis en question et tentés de comparer notre situation avec celles de nos amis.  Apprenons plutôt le contentement et pourquoi ne pas se réjouir pour les succès des autres.  Évitons d’embellir notre situation en réaction à notre convoitise.

Facebook est une mine d’information utile pour se garder connecté avec nos amis proches ou éloignés. Tout est dans le discernement, car comme toute société, Facebook est constitué d’humains, et les mêmes règles prévalent : Respect, douceur et courtoisie.  Pourquoi ne pas utiliser le réseau comme prétexte pour encourager les autres, donner de bonnes nouvelles, de bons mots.  Des mots qui édifient et communiquent une grâce à ceux qui les liront.

Bon Facebook!

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