Tous dans le même bateau!

Une expression que j’aime utiliser est : « nous sommes tous dans le même bateau de pêcheurs ».

J’aimerais voir l’église locale comme un grand bateau, les chrétiens navigants sur les mers du monde tel des explorateurs modernes, allant avec courage et détermination jusqu’aux confins de l’univers connu pour y rescaper des perdus.  Chacun sachant le rôle qui lui est échu et tous uni derrière notre mission commune nous chantons gaiement des hymnes marins et hissons joyeusement les voiles, les pavillons et sans oublier la bannière de Christ…

La réalité est bien différente!

En fait, nous sommes tous confinés dans le même lieu clos, sans portes de sortie, exposés au large, aux tempêtes et aux périls des mers, et où l’unique espoir est d’arriver à bon port en un seul morceau.   Nous nous sentons souvent coincés dans la cale, comme condamnés.  Nos vaisseaux se buttent aux monstres marins, s’échouent dans les récifs, se disloquent sous la puissance des vagues et assaillis sans répit par les éléments, notre nature propre nous rappelle que nous sommes sans contrôle sur ces mêmes éléments.

Nous sommes dans ce bateau unique où les mutineries sont nombreuses.  Les murmures contre le capitaine et ses officiers sont cruels et souvent sans relâches.  Les pêcheurs sont critiques et cyniques, c’est bien connu.  Tout ce qui dérange est matière à exposer ses préférences.  Le tricorne du capitaine, les souliers des moussaillons, la couleur des voiles sans parler de l’itinéraire combien de fois discuté et débâclé.  J’ai vu dans mes vingt ans de mers des marins obligés de faire la planche et être jetés vivants aux requins.  D’autres, pris de paniques, ont bêtement sauté hors du bateau.   Nous ne les avons jamais revus.  Avalé par la mer et son insatiable soif du sang des matelots.

Dans notre traversée de l’océan de la vie, nous sommes confrontés à un équipage souvent disparate et capricieux.  Des capitaines insécures et inexpérimentés, et nous-mêmes, influencés par nos propres compas et boussoles, nous nous croyons connaître LE bon port!  Affolés au moindre craquement venant des tangages ininterrompus du bateau, nous tentons tant bien que mal d’amener le navire vers le phare, sans souvent savoir reconnaître les bonnes étoiles nous avons bien plus souvent l’impression de dériver que de suivre une carte et un itinéraire bien précis.

[quote]Nous sommes tous dans le même bateau de pêcheurs.  Nous sommes tous des pécheurs finis, et dans notre nature profonde, nous allons toujours tenter nos mutineries.[/quote]

OUI!  Nous sommes tous dans le même bateau de pêcheurs.  Nous sommes tous des pécheurs finis, et dans notre nature profonde, nous allons toujours tenter nos mutineries, exécuter notre justice et éliminer à grand coups de sabres tous ceux qui oseraient se mettre au travers notre route.  Même notre instinct de survie n’arrive pas à faire régner la paix entre nous.   En fait, l’histoire de notre monde est l’histoire des guerres, des génocides et de toutes les horreurs dont nous sommes seuls capables.

Prenez une centaine et plus de ces pirates rebelles, confinez-les ensemble dans une coque de noix et dites-leur de conquérir les mers à grands coups d’amour!  C’est tout simplement impossible.  Irréalisable et même utopique, pour ne pas dire farfelu.

Mon ami Louis dit souvent : « L’Église c’est un miracle »!  Rien de moins.  En effet, naturellement, et si cela n’en tenait qu’à nous et nos capacités, nous devrions être au fond de la mer, aux côtés du Titanic, étant nous-mêmes l’Iceberg ET le constructeur.

Mais voilà! Il y a plus et mieux que nous dans ce bateau.

Jésus lui-même construit son navire et les marins qui l’occupent.  Il place les officiers, puis, son Esprit guide et dirige ce navire vers l’étoile du matin.  Une force, une personne, une puissance, notre Dieu, en total contrôle, les deux mains sur le gouvernail, ne l’oublions jamais.

C’est à nous de tout d’abord réaliser quel genre de marins nous sommes.  Puis de nous soumettre aux capitaines que le suprême commandement nous donne.  Trouver notre joie dans le fait même d’être sur le bateau et non à surnager en mer.  Développer la camaraderie avec les pêcheurs qui nous entourent et vivre « Les copains d’abord ».

Devenir matelot sur le vaisseau du grand amiral demande de mourir à soi-même et vivre pour Lui.  Nous l’oublions bien souvent, surtout lorsque la tempête fait rage et que les lames de la mer nous projettent contre les balustrades du bateau.  Abandonnons toute rébellion, et passons de pirates à mathurin du Roi.  D’homme pécheur à pêcheurs d’homme.

Il y a mieux qu’un disciple!

« … La connaissance enfle, mais l’amour édifie. » -1 Corinthiens 8.1 

J’ai toujours aimé cette phrase percutante de l’apôtre Paul.  Il s’agit d’une image remplie de paradoxes.

D’un côté, nous avons les adeptes de la connaissance.  Connaissance des règles établies, de ce que Dieu exige et demande dans sa Parole, la Bible.  Ceux qui ont cette connaissance sont des experts de cette Parole.  La cite, la répètent, la connaissent et s’y imprègnent afin de bien connaître ce que Dieu veut ou non.  L’image que Paul nous donne pour qualifier cette connaissance, c’est qu’elle enfle!  Le mot utilisé originalement est: gonflé.  Comme un ballon qui prend de la place dans une pièce, mais qui, en fait, est vide au-dedans.  Comme un décor de cinéma dont on ne se préoccupe que de la façade pour le plaisir des spectateurs.

À l’autre extrémité, il y a les adhérents de l’amour.  Un amour qui comme le dit l’apôtre ici, édifie. C’est-à-dire, qui construit.  Un amour solide, qui remplit la personne qui le vit.  Un amour dirigé vers Dieu et le prochain, qui sort tout simplement du paradoxe.  Un amour qui ne cherche pas tant la raison, mais simplement l’être!

Dans notre conception du christianisme, et appuyé sur la parole de Jésus qui nous envoie aux extrémités de la terre pour y faire des disciples (Mat 28 :19), nous avons mis le disciple au-dessus de tout ce qui peut se faire dans le moule chrétien.  Un converti arrivé est un disciple accompli.  Point à la ligne!  Un disciple n’est-il pas un élève qui suit un maître?

Mais voilà le hic!  On peut très bien être un disciple, connaître tout le conseil de Dieu et n’avoir de relation avec Lui qu’au travers son enseignement.  Être des diplômés de la foi sans couleurs et sans saveurs.  Déverser des versets à profusions et des réponses à toutes questions, mais avoir un cœur sec et vide à l’intérieur.  Gonflé à bloc par la gratification de la connaissance et du bien paraître.  Celle de bien faire les choses et avoir l’impression, par-dessus le marché, que Dieu nous approuve .

C’est exactement ce que Jésus reproche aux docteurs et scribes de son époque.  Les disciples du courant officielle.  Ces religieux qui connaissaient souvent par cœur les premiers livres de la Bible, qui les récitaient jour et nuit, qui les étampaient sur leur front et qui les gravaient sur les murs de leurs maisons, connaissaient la Parole.  Et pourtant, lorsqu’elle s’est manifestée a eux en chair et en os, cette même parole incarnée leur dit :

« Ce peuple m’honore des lèvres, Mais son cœur est éloigné de moi. » – Matthieu 15.8

Être disciple n’est pas suffisant.   Suivre Jésus n’est pas suffisant.  En effet, Judas n’était-il pas un disciple?

Être disciple peut même devenir un piège de condescendance, une fosse que l’on creuse soi-même en croyant que nous nous protégeons, alors que nous devenons nos propres fossoyeurs.

Il y a plus, et il y a mieux.  Le christianisme n’est pas une religion de la tête, mais du cœur.  Un émerveillement puissant de l’amour de Dieu manifesté au travers Jésus-Christ.  Une réponse corps, âme et esprit a cet amour.  Une reddition inconditionnelle devant la croix et une joie débordante devant la grâce qui nous touche maintenant au travers Lui.

Avant même de parler de disciple, Jésus nous demande d’être des adorateurs.

[quote]En effet, nous pouvons très bien être un disciple et ne jamais adorer celui qui nous enseigne.  Invariablement, tout adorateur deviendra disciple de celui qu’il adore.[/quote]

Il nous demande d’être avec lui, tout simplement.  Il nous réclame le cœur.  Il désire que nous soyons des adorateurs amoureux.  Le mettre sur notre trône intérieur et être en véritable pâmoison devant Lui.  Comme ces amoureux qui se découvrent et dont même les silences expriment la puissance de leur amour.   Jésus n’a rien à faire des simples disciples…

En effet, nous pouvons très bien être un disciple et ne jamais adorer celui qui nous enseigne.  Invariablement, tout adorateur deviendra disciple de celui qu’il adore.

L’adorateur de Jésus, c’est celui qui se délecte à la source de Dieu lui-même.  Celui qui découvre une manne infinie qui le laisse sans cesse affamé.  Être adorateur, c’est un élan du cœur qui fait de Jésus l’unique source de son contentement.  Comme Piper le dit si bien, nous devenons des hédonistes chrétiens.  Nous nous réjouissons en Lui et notre appétit de Lui ne fait que grandir devant son amour infini.  Et c’est là, à la source de cet insatiable faim, que l’on découvre le disciple véritable.  Sa Parole devient un puits, une source, un océan qui me parle avec la voix de celui qui m’aime, et que j’aime.

Être un adorateur avant d’être un disciple, c’est un apprentissage fusionnel.  C’est l’école du cœur.   Il m’aime, je l’aime et je désire le connaître toujours plus.  Sa parole transcende les pages imprimées et chuchote directement à mon cœur.  J’apprends ce qu’il est et j’aime ce qu’il aime.  Mon obéissance n’est plus une bête soumission, mais une joyeuse excursion avec celui qui m’accompagne tous les jours.

Et si je manque à ma résolution?  Plutôt que de me morfondre en contrition et en culpabilité, je saisis la main que j’aime et je me relève.  Je me plonge dans ses bras, me réconforte au son de sa parole et me laisse tout simplement aimer par celui qui est mort pour moi, et dont rien ne pourra jamais me séparer (Ro 8:39).

Il y a mieux qu’un disciple, oh! Que oui!  Un adorateur en esprit et en vérité (Jn 4:23).  Lorsque nous décidons de devenir des adorateurs, tout le christianisme prend son sens et passe du noir et blanc à la couleur!  D’une religion à une relation!  Et toute notre vie de chrétien se teinte de cette révolution d’amour.  C’est dans cet élan du cœur que la louange tire sa source et son sens.  Que les œuvres se transforment an actes de compassions et que l’amour de mon prochain devient un canal de Son amour.

La connaissance est une bonne chose, mais si elle n’est pas poussée par une adoration véritable, elle n’est qu’un métal qui bourdonne, une cymbale fêlée qui dérange, de belles actions, de belles paroles sans la saveur, la couleur et l’odeur de Christ (1 Cor 13:1).   Un gros ballon bien rempli de nous-mêmes.

Devenons des adorateurs, et nous serons des disciples véritables.

Les abeilles spirituelles

La vie des abeilles est une leçon en soi pour nous chrétiens contemporains.  Nous sommes devenus de grand consommateur de spiritualité et de plus, avec la proximité des ruches et le miel toujours plus sucré ailleurs, un phénomène inquiétant se répète au vol : le butinage chrétien.

En effet, le phénomène n’est pas nouveau à notre décennie, mais récent par rapport a l’église.  Les croyants, plutôt que de vivre un contentement volontaire, se précipitent à la ruche voisine (lire l’église), pour y retirer un peu de nectar qui, selon eux, manque à la ruche qui les a accueillis.  Il en résulte un exode et un appauvrissement des petites ruches au profit des méga-ruches.   Un autre phénomène, bien pire celui-là, n’est pas un exode littéral, mais plutôt une dilution.  Un délayage de temps et de ressources au profit ni de l’une, ni de l’autre ruche, mais au profit seul de l’abeille solitaire en recherche d’un miel toujours meilleur.

Sortir n’est pas un mal en soi!  Chez les abeilles, la collecte de pollen se fait avec un aller-retour effervescent qui a pour raison la survie de la ruche.  Chaque abeille a son rôle clair, sa place comprise, et l’harmonie qui en résulte donne un modèle d’unité.

Le problème que nous vivons présentement est en fait, une course à l’insatisfaction et une recherche d’épanouissement et d’éclosion basée sur les besoins personnels. La ruche n’a aucune place dans le processus.  Tout ce qui compte est le moi.  Je juge de ce dont j’ai besoin et je décide de voler ailleurs pour le retrouver. Ni la petite, ni la méga ruche n’a d’importance.  Ce qui compte, c’est de combler mon besoin.  Je consomme.

 

Nous sommes à un tournant, ou l’individualisme se transforme lentement en narcissisme. 

 

Nous sommes à un tournant, ou l’individualisme se transforme lentement en narcissisme.  Nous passons d’un individualisme assoiffé de nourrir ce qu’il croit être bon pour lui, a un narcissisme ou la seule raison d’être est la satisfaction de soi.  L’église devient alors un accessoire.  La ruche n’est qu’un mail que je fréquente pour y retirer ce que je désire.  Pas nécessairement ce dont j’ai besoin.

Cette lente déconnexion de la communauté est périlleuse et conduit vers l’extinction des abeilles à proprement parler.  Une lente agonie ou la congrégation tant louée s’effrite et se désunie.  Il ne reste que des individus solitaires, sans mission commune et sans véritable raison d’être.  Tous assemblées autour d’activités toujours plus attirantes, sucrées, mais sans réelle profondeur spirituelle.

Plutôt que de devenir le changement dans ma propre église, je cherche ailleurs ce qui je crois avoir besoin.  Je laisse les frustrations et les insatisfactions avoir raison du courage et de la solidarité, puis je plonge corps et âme dans une recherche sans fin de satisfaction personnelle.

Plutôt que de viser la convergence, je vise la dilution qui rendra inévitablement insipide le christianisme qui s’en reflètera.

Une meilleure musique, un groupe plus attrayant, une atmosphère plus conviviale, des enseignements mieux ciblés, une ruche plus missionnelle… toutes les raisons sont bonnes pour aller et revenir.  Puis ne jamais revenir et recommencer le cycle.    Notre alvéole ne nous satisfait plus et le miel est toujours plus sucré chez le voisin, jusqu’à ce que j’en sois blasé.  En fuyant un problème j’en deviens un encore plus grand : l’appauvrissement de ma propre église.

La solution est des plus simple : la confiance et la loyauté.

La confiance en ce que Dieu a fait en me mettant dans l’église où je suis.  Je crois que j’en fais partie, et que je suis un membre de ce corps local dont chacune des parties s’édifie mutuellement.  J’ai besoin de chacune des abeilles de ma ruche et tous ont besoin de moi pour devenir LA stature de Christ.  J’en tire profit et j’en suis responsable.  Ce n’est qu’en formant un essaim bien serré que nous pouvons construire ce que Dieu nous demande d’être ici, aujourd’hui, maintenant.

La loyauté en mes capacités et en l’innovation du St-Esprit.  Devenir ce changement que je désire tant voir et vivre.  Plutôt que de reluquer la ruche voisine pour un élément qui je convoite, pourquoi ne pas devenir la transformation là où je suis.

Et si je n’en avais pas réellement besoin?  Et si finalement, c’était la paresse qui me pousse à traverser le champ et aller ailleurs?

Et si je commençais par prier lorsque je désire butiner ailleurs?   En faisant l’inventaire des bénédictions que j’ai à même ma propre ruche.  Regarder autour de moi la famille qu’il m’a donnée et décider de m’investir en entier là où je suis.  Je plonge dans ma ruche et la construit comme Jésus veut que je le fasse.  Avec confiance et loyauté.

Devenir la transformation que je désire voir et vivre!  Et si c’était ça que le Seigneur me demande?

Les abeilles ont cette réputation de demeurer fidèles à leurs colonies jusqu’à la mort.  Ils s’y investissent en sachant que la fragmentation de l’engagement ne donnera jamais mieux qu’une satisfaction personnelle éphémère.  Quel genre d’abeille je suis?

Un dimanche ordinaire

Venir à l’église pour plusieurs fait partie d’une habitude comme faire de l’exercice, bien manger et vivre sainement.  Tous ces dimanches se ressemblent et se suivent invariablement dans une routine sécurisante.  Dimanche dernier ne faisait aucune exception.

La célébration débute à onze heures le matin, et les premiers arrivés, vers dix heures, sont là pour prier afin que le service soit à la hauteur de notre Sauveur.  Les placeurs arrivent un peu plus tard et s’assurent que tout est en place afin que rien ne vienne déranger le déroulement, que tous soient à l’aise avec le chauffage, la climatisation, le confort des chaises.  Les techniciens et musiciens sont déjà là, peaufinant les derniers morceaux qui feront de ce service un élan d’adoration.  Comme à tout les dimanches, nous désirons de tout notre cœur accompagner la congrégation vers le ciel.

Onze heures tapantes, le diacre préposé aux annonces monte sur la scène : « Bienvenue à votre église, une belle famille vivante pour Dieu!  Notre équipe de louange va nous accompagner maintenant dans l’adoration ».

La musique nous élève, le dirigeant est particulièrement en forme ce matin.  Très inspirant.  Les musiciens sont excellents, ils ont bien pratiqué, ça parait!  C’est tellement édifiant de pouvoir commencer notre célébration dans la louange.  Nous avons presque l’impression de toucher le ciel.

Onze heures trente, des voyous à l’extérieur font probablement éclater des pétards.  En grappe, les fidèles tournent les regards vers la porte, derrière eux.  Les claquements répétitifs se rapprochent rapidement.  Quelque chose semble frapper la porte mi-close.  Plusieurs coups en fait.  Comme si on lançait des cailloux sur le bâtiment.  Brutalement, la porte s’ouvre et un jeune homme apparait.  Un fusil à la main, tout vêtu de noir, il est seul et commence à arroser les fidèles d’une pluie de projectiles.  La musique se tait. Des cris, de la frayeur et une paralysie totale, le tout noyée dans l’horreur.

Après avoir visé le groupe, l’homme passe systématiquement les rangées en commençant par la dernière et s’avançant vers la chair.  Il exécute méthodiquement d’une balle dans la tête chaque personne.  Hommes, femmes, enfants.  Aucune distinction.  La scène est filmée.  Vingt-six de la cinquantaine de personnes présentent vont mourir ce matin.

Puis l’homme repart comme il est arrivé, en coup de vent, dérangé par les sirènes retentissantes.  On le retrouvera un peu plus tard décédé dans son automobile.

Rien d’ordinaire

Cet homme n’avait rien à voir avec l’état islamique, c’est ce que plusieurs auraient espéré.  Le méchant aurait été plus facilement identifiable et condamnable, mais en fait, nous ne savons que peu de chose sur l’homme en noir, sinon qu’il est athée en avait lourd contre Dieu et l’église.  Un jeune homme blanc qui avait un compte Facebook comme tout le monde.  Ce gars était le voisin d’en face, le gars dans la ville d’à côté.  Rien ne laissait présager ce qui allait se passer dans cette petite église anonyme du Texas dimanche passé, un groupe de croyants tranquilles, sans importance et presque insignifiant, mis sur la sellette et sur le fil de presse bien malgré eux.

Un retour

Une chose troublante est de voir l’événement banalisé même par plusieurs chrétiens.  Nous sommes tellement saturés d’actes violents.  Notre conscience est engourdie et détachée de l’horreur.  Nous la créons, la regardons, comme un spectacle, comme un nouvel épisode d’une série sanglante dont les acteurs ne sont pas vraiment réels.  Jusqu’à ce que l’homme en noir fasse irruption dans notre univers.

Cette réalité était pourtant celle des chrétiens des premiers siècles.  C’est la réalité présente des pays où le christianisme est persécuté.  C’est la réalité de près de la moitié des états de la planète.  Chaque fois que des chrétiens s’y rassemblent, la possibilité est bien réelle qu’un homme ou une troupe débarque pour une exécution de masse.

Ça peut aussi arriver de notre côté de l’Atlantique, à l’occasion, sans prévenir, sans raison.

Que penser?

Je ne risquerai pas de pourquoi.  Dieu seul sait, et je ne créerai pas de polémique sociale non plus.  les leçons valent mieux que les raisons.

Le chef de police de la localité a exprimé une grande vérité : devant l’absurdité et le drame de voir des gens que l’on aime mourir aussi brutalement, profitons de l’instant présent pour exprimer à ceux qui nous entourent combien nous les aimons.

Jésus ne nous a jamais promis la sécurité ni le confort.  Nous l’avons créé et nous nous y sommes habitués.  Nous mortifier dans la culpabilité de notre insensibilité et notre amour de la facilité ne règlera rien, sinon peut-être une petite prise de conscience.  Une conscience influençable, et qui s’engourdit si facilement.

 

Devant l’absurdité et le drame de voir des gens que l’on aime mourir aussi brutalement, profitons de l’instant présent pour exprimer a ceux qui nous entourent combien nous les aimons.

 

Dimanche prochain

Ce dimanche qui vient est un autre dimanche ordinaire.  Le seul moment de la semaine, pour plusieurs, où notre foi est partagée dans un même lieu.  Prenons conscience que tout cet environnement, la musique, la prédication, les chaises confortables, le chauffage et toute la boîte bien fabriquée n’ont qu’un seul but : nous faciliter la tâche afin que nous exprimions ce que Christ a fait pour nous.  N’oublions pas que la première exécution du christianisme, c’est Lui qui l’a subi par amour pour nous, afin qu’à l’amour que nous avons les uns pour les autres, le monde sache que nous sommes ses disciples.

La véritable épreuve, le véritable test d’une église, n’est pas quand l’homme en noir apparait.  C’est dans cette myriade de dimanches ordinaires où nous avons l’occasion de vivre la foi comme Jésus sur la croix, en exprimant le pardon et en étant prêts à donner notre vie pour nos frères et sœurs.

Dimanche prochain est un autre dimanche ordinaire.  Il nous appartient d’en faire un dimanche extraordinaire.

J’aime mon église!

Lorsque j’ai rencontré Jésus, je ne l’avais pas vraiment remarquée.  Il faut dire qu’elle était dissimulée derrière les éclairages et la musique.  Mon œil n’était pas vraiment exercé à la percevoir.  L’exubérance de ceux qui m’ont mis en contact avec Lui criaient plus fort et déplaçait tellement d’émotion qu’elle, discrète et fragile est passée inaperçue.

J’ai alors commencé à la rencontrer sur une base plus régulière, la voir et échanger quelques mots, ne dit-on pas que derrière chaque grand homme, il y a une grande dame ?  Je la trouvais agréable, mais souvent, difficile à saisir.  Plus attiré par ses accents et ses vêtements qu’à elle directement, son enrobage cachait un je ne sais quoi de mystérieux.  Elle m’apportait un certain réconfort et une certaine sécurité, mais au bout du compte, je dois avouer que je ne comprenais pas encore tout le lien qui existait entre elle et Jésus. Quelques fois, je le confesse, je me demandais ce qu’il faisait avec elle!  Elle pouvait être dure, et en même temps si tendre.  Elle pouvait même être blessante, du moins pour ce qui me frappait les yeux, et en même temps, je me sentais attiré par elle.  Une relation amour-amère s’installait progressivement.

Puis la crise inévitable est arrivée, c’était prévisible qu’un jour ou l’autre nous tomberions en confrontation.  Je m’en souviens encore comme si c’était hier. C’est alors que tout a basculé.

J’ai tout simplement décidé de ne plus la revoir.  Me saisir seulement de Christ et laisser de côté sa fiancée.  J’ai cru, bien candidement, que je pourrais l’avoir pour moi tout seul.  C’était ne rien comprendre au projet que Dieu avait pour moi, pour nous, pour tous!  Mon orgueil bien pétri dans mon égoïsme a tenté une révolution.  J’ai cru un instant que j’étais l’église alors que ma réalité était à des lustres de la vérité. Une rébellion qui a duré presque quatre ans.  Jusqu’à ce que le Seigneur, dans toute sa grâce, a attendu, les bras tendus, puis est intervenu.

 

Une voix presque éteinte soufflait à mon esprit : « Mais qu’est-ce que tu fais de mon église ? »

 

C’était un soir, j’écoutais la télévision, j’ai cru faire une attaque cardiaque.  L’ambulance, l’hôpital, le diagnostic : péricardite sévère.  Immobilisé dans un lit j’ai du réviser mes activités. Puis, dans sa bonté, le Seigneur a attiré mon regard vers ce passage de sa Parole :

« Mais, si je tarde, tu sauras comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’Église du Dieu vivant, la colonne et l’appui de la vérité. »  -1 Timothée 3:15

Une voix presque éteinte soufflait à mon esprit : « Mais qu’est-ce que tu fais de mon église ? »

Un raz de marée de lumières et d’émotions m’ont alors envahie, Son église m’est alors apparue non plus comme une bande de croyants tentant de plaire a leur Dieu, mais comme LE précieux de Dieu.  Sa famille, la Seule.  Son assemblée, LA seule qui vaille la peine de s’y arrêter.  L’unique colonne, l’appui d’une vérité fragile et confiée à des imparfaits comme moi afin d’exposer à l’univers en entier toute la grandeur et la sagesse de Dieu… Si elle est encore en vie, c’est un miracle en soi.

Je suis tombé en amour avec elle!

J’ai été lent à comprendre que de la juger en fonction des vêtements qu’elle portait était comme mépriser la chenille en raison du papillon. Oublier que je fais partie de cette imperfection qui expose encore plus la perfection de Dieu. Je suis l’église, et Christ est l’église.   Mépriser, ne serait-ce que légèrement le plus insignifiant membre de son corps équivaut a toucher malignement la prunelle de l’œil du lion.  Ce n’est pas un acte de courage, ou cavalier, mais pure folie que de porter un jugement irréfléchi sur la fiancée de Jésus.

J’ai décidé de l’aimer, car, en fait, aimer l’église, c’est m’aimer moi-même, c’est aimer Jésus et c’est aimer le Père.  Volontairement, je détourne mes pensées des fautes individuelles afin de les diriger vers un point de fuite beaucoup plus glorieux : La nouvelle Jérusalem.  Je sais, maintenant que j’en suis.  Je fais partie prenante de sa fiancée, de son épouse.  Je suis un membre qui participe à la blancheur de l’ensemble.  Cela ne signifie pas la tolérance, mais plutôt la résilience.  Je n’accepte pas le mal ou le péché, mais je décide, de devenir un agent de transformation envers mon frère ou ma sœur afin qu’ensemble nous devenions cette épouse, glorieuses qui se présentera devant son amoureux aux noces qui arrivent.

J’ai décidé de la chérir, d’aligner mes passions et mon obsession avec celle de Jésus.  Son église est ce qui est de plus merveilleux ici et maintenant.  Bien au-delà des erreurs de chacune de ses parties, nous croissons ensemble vers une unité qui s’appelle Christ.  Et l’amour qui nous habite est le gage que nous somme ses disciples.  J’ai décidé de tourner mes regards sur l’église éternelle qui est ici aujourd’hui.

Comme le dit si bien ce chant (Grâce infinie)

Quand nous aurons pendant mille ans,
Célébré ses louanges,

Nous pourrons comme au commencement,

Lui offrir nos hommages.

Pourquoi donc attendre dans l’éternité ce que nous pouvons faire maintenant, et le glorifier au milieu de notre génération afin de présenter aux hommes ce que nous sommes : la fiancée précieuse de Jésus.

De membercheap à membership

Les familles éclatées, les politiciens commissionnés, même le clergé est relégué au rang des vendeurs sur l’échelle de la confiance. Maintenant, c’est chacun pour soi. Pourquoi la loyauté si nul n’en est digne? Les relations profondes ont leur lot de blessures et Facebook devient l’endroit idéal pour y avoir la protection d’un clic qui nous donne une sensation de sécurité. Les grandes discussions-fleuves des cafés d’antan ont fait place aux textos et gazouillis de tous acabits.

L’engagement, la loyauté et la résilience disparaissent progressivement du paysage pour faire place à une superficialité dénoncée autant par les sociologues que par les psychologues. Notre société est malade, crouté d’une écorce planétaire dont le cœur se refroidit et devient indifférent au prochain. Notre société est en mutation!

« Et, parce que l’iniquité se sera accrue, l’amour du plus grand nombre se refroidira. » — Matthieu 24:12

Un prix

L’église paie cher ce bouleversement. Fondée sur une génétique de la communauté, l’Ecclesia moderne risque gros. Le prix de la superficialité dans un cadre ou la profondeur est la clé du succès. Les méthodes se multiplient et les recettes abondent pour tenter plus mal que bien d’endiguer l’hémorragie actuelle. Mais rien n’y fait. C’est l’ouragan Katrina, soufflant sur le monde spirituel occidental.   Les barrages lâchent et la mentalité populaire s’engouffre et inonde la famille de Dieu. Les recherches de cellules souches abondent, mais la mutation persiste en une famille qui s’identifie de moins en moins à son sauveur, qui perd sa saveur dans l’indifférence face aux besoins et aux malheurs des frères et sœurs. Le simple regard de ce que nous devenons glacerait le cœur des chrétiens du siècle dernier. Oui mes amis, notre amour local s’est refroidi.

Un phénomène

Les visiteurs le témoignent avec incompréhension. Que ce soit d’Amérique du Sud, Latine, d’Afrique, d’Asie et même du Moyen-Orient : franchir le seuil d’une église est souvent une expérience troublante. Les attentes, ajustées sur ce que l’on vit chez soi, sont rapidement délavées. Un arrière-goût de déception vient après la première bouchée. Puis, il y a l’attente. L’attente de l’amour les uns envers les autres, signifiant qu’ils sont bien dans la même famille, entourée de disciples dont l’ardeur est sensée être la marque distinctive. On me demande : « Ou sont vos réunions de prières matinales? vos réunions du dimanche soir? vos Agapes? votre unité? » —Les gens préfèrent la télé… Comme si la véritable église désormais avait 48 pouces diffusait en HD et trônait fièrement au cœur du foyer.

Une église dure à digérer. Plusieurs retournent avec un souvenir terne, et ceux qui restent, prennent le rythme puis meurent à petit feu. Ils deviennent génétiquement modifiés. Nous pouvons faire l’autruche, ne pas vouloir voir ni entendre la vérité. Le constat d’un malaise est toujours difficile à admettre. Mais l’ignorance ne guérira pas la plaie béante et ne rallumera pas le tison fumant. La mutation que nous vivons n’est certes pas une évolution.

Un fondateur de notre association m’a dit un jour devant ce constat: « J’ai vu naître l’église au Québec, et j’ai peur de la voir mourir ». Dieu lui a accordé de le rejoindre il y a quelque temps.

 

« J’ai vu naître l’église au Québec, et j’ai peur de la voir mourir ».

Membercheap

Une raison de ce constat est une incompréhension de l’église en elle-même. Les enfants du divorce, de la télé et des repas rapides fréquentent l’église et y deviennent membres. Leurs coutumes instantanées sont bien ancrées, certains y ont grandi, d’autres ont été ravis par les promesses de la bonne nouvelle. Ils ont fait profession de foi. Être membre, pour plusieurs, devient une occasion de faire partie d’un groupe de soutien à la foi. L’effet perso de la société ou tout est ramené vers soi et où la performance prend la place de la croissance : « J’ai besoin de grandir et l’église me donne ce qui est nécessaire pour que je me sente bien et m’épanouisse avec Jésus. » De plus, le statut de membre « me donne un droit de véto et de vote afin de m’assurer que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes ».

L’église devient alors tous les autres. Ceux qui sont censés m’appeler quand je souffre, me soutenir quand je chancelle, m’encourager quand mon ciel s’obscurcit. L’église c’est les autres, et moi, j’en suis le bénéficiaire béni de Dieu. Mes droits et privilèges prennent le dessus sur mes responsabilités; et lorsque j’ai épuisé les ressources d’une église locale, je saute à la suivante. Telle une tique qui infecte le porteur et ne fait que profiter d’un corps. Pas d’amour, pas de saveurs, plus d’intérêt sont les jugements courants qui activent le saut. En y ajoutant une relativité de la vérité et des dogmes, puis un rejet en masse des dinosaures musicaux, radicaux et théologiques. L’église dite moderne ressemble plus à Frankenstein qu’au nouvel Adam!

Devant ce syndrome croissant, rien de surprenant que de constater la grande lassitude et la léthargie grandissante au sein de nos assemblées. Beaucoup de bruit, de couleurs, de mouvement, mais peu de différence.

Membership

La source et la solution à ce problème résident au même constat : l’église n’est pas un MOI, mais un NOUS. Utiliser l’église, c’est s’abuser soi-même puisque l’église c’est tout un chacun. C’est en s’y abandonnant que l’on se retrouve.  C’est en y donnant que l’on reçoit. C’est en y demeurant que l’on en est transformé.

L’apôtre Jean va encore plus loin dans son diagnostic :

« Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères. Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. » —1 Jean 3.14

Être sauvé, c’est aimer les frères. C’est aimer l’église, c’est aimer l’assemblée, c’est aimer la famille de Dieu. Le salut s’évalue par un amour concret et constructif qui désire la communion et le bonheur de l’autre dans l’église. Être membre d’une église locale, c’est s’engager dans la voie de l’amour intentionnel envers les frères et sœurs de mon corps locale. Rien de moins! Ne pas avoir cet élan d’amour et être en constante attente de l’ascenseur est inquiétant. C’est un indice d’une mauvaise compréhension de l’évangile, d’une régénération superficielle qui n’a pas transformé toutes les fibres de l’être. Une mutation d’un homme vers un autre homme et par conséquent, ne pas être planté dans la bonne terre. « Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. » —1 Jean 4.8.

C’est à l’amour que nous avons les uns pour les autres que nous indiquons clairement que nous sommes véritablement des chrétiens sauvés. (Jn 13:35). Comme dit le proverbe populaire : «Aller chez McDonald’s ne fait pas de nous des hamburgers ». Être membre d’une église de fait pas nécessairement de nous des chrétiens.

Le pasteur pasteurisé

Comment stériliser un pasteur et l’éteindre au ministère de l’Évangile? Simple, tout comme on fait pour pasteuriser le fromage, il s’agit simplement d’augmenter la chaleur et la pression puis laisser mijoter lentement… jusqu’à la pasteurisation totale. Au terme du procédé, soit le lait aura viré au sûr, soit le résultat deviendra un produit uniformisé, aseptisé, au goût sans surprise. Une saveur politisée qui plaît à tous, mais qui ne transforme rien. Le pasteur pasteurisé deviendra plus blanc que blanc. Plus Jésus que Jésus lui-même. Il s’uniformisera au goût de tous et prendra la couleur de chacun. Un pain blanc enrichi et bien gonflé qui ne prend la saveur que de ce que l’on y met.

Est-ce le pasteur que nous recherchons? La rectitude et la langue de bois bien taillée n’ont jamais été le propre des prophètes du passé, encore moins des pasteurs d’aujourd’hui.

Voici sept façons efficaces de pasteuriser un fromage pastoral.

Confondre le fromage et le lait

Une bonne façon de faire tourner un pasteur est de l’élever continuellement au rang de divin berger. Soit en ayant envers lui des attentes inatteignables dignes de Jésus seul, ou pire, l’aduler comme si ses pas laissaient la trace du Seigneur lui-même. D’un côté, chacun doit reconnaître que le pasteur n’est qu’une brebis parmi les brebis avec une fonction et des dons différents, un berger qui a besoin du Berger et de la direction de celui-ci comme toutes les brebis. Occulter un pasteur sous des espoirs irréalistes risque de provoquer son découragement. De l’autre côté, l’idolâtrer amène abruptement sur le terrain à pâte molle de l’orgueil, et on finit réellement par se croire investi de superpouvoirs!

Nous ne sommes rien de moins et rien de plus que des humains, des chrétiens, des disciples du Seigneur des compagnons d’œuvres qui sont doués et appelés par le St-Esprit à paître l’église de Christ.

Les bactéries sont essentielles

En tant que pasteurs, nous sommes des leaders qui avons souvent besoin de latitude, de réflexion et même d’essai-erreurs. Pour faire un bon fromage, les bactéries sont essentielles. Dieu a prévu nous former tous par la souffrance et les échecs. Empêcher un pasteur à l’erreur, c’est lui refuser la sanctification. Ici, je ne parle pas de péchés, mais bien d’erreurs humaines souvent relayées, malheureusement, au rang des mauvaises intentions.

La relation dans la prière, l’introspection et l’humilité sont essentielles pour fermenter un bon pasteur. De l’autre côté de l’emballage, l’église devient le terroir de prédilection qui donnera au berger une saveur locale de plus en plus recherchée. Empêcher le pasteur à la croissance, c’est décider que sa maturation est définitive… Plusieurs églises sont devenues avec les années des « cimetières » pastoraux en raison de l’intransigeance devant ceux qui y sont appelés.

Contester constamment sa nature

On oublie facilement que nos pasteurs sont réellement appelés par le St-Esprit (Act 20:28), et qu’ils auront même à rendre compte des âmes qui leurs sont échus en partage (Heb 13:17) L’irrévérence risque de conduire le troupeau à la négligence et banaliser l’appel précieux. Au final, le pasteur s’éteint, cesse de contester et s’homogénéise avec les contestataires, ou plus simplement, il quitte le terroir pour une autre église. Plusieurs boucs bien intentionnés contestent sans arrêt l’autorité que Dieu a donnée aux pasteurs, et de nombreux cris, de nombreuses larmes et de nombreux épuisements sont dus aux controverses souvent gratuites de quelques personnes.

Prendre le cheddar pour du brie

Dans notre ère de communication instantanée, une belle façon d’arracher la saveur à votre pasteur est de constamment le comparer aux prédicateurs de l’heure : Driscoll, Piper, MacArthur… Tous d’excellents ouvriers, mais placés par la tête dans des troupeaux spécifiques : ailleurs. Celui que Dieu met dans mon troupeau est celui qu’il me faut! Constamment le déconstruire pour qu’il ressemble à tel ou tel autre plus vert de la chaire du voisin n’est qu’un effet pervers de la consommation qui atteint maintenant le niveau de l’église.

Le syndrome de l’imposteur et le sentiment de ne jamais être à la hauteur conduisent invariablement vers l’insécurité ou, pire, le similiclonage puis un goût déformé, inadapté au troupeau… laissons-les donc être ce que Dieu leur demande d’être, et si tu crois sincèrement que ton pasteur devrait être comme Mark Driscoll, rien ne t’empêche de partir pour Seattle!

Me nourrir que de fromage!

Une façon subtile de se pasteuriser, c’est de s’appuyer seulement sur le pasteur pour toute sa croissance. Le pasteur est un élément de la direction de Dieu pour ma vie, mais la principale, c’est le St-Esprit. Dieu utilise les pasteurs, mais toujours en fonction de ma réceptivité. L’élément central de transformation, c’est ma volonté. Malheureusement, des brebis assoiffées de fromage ne se contentent que d’une source de transformation et se tarissent rapidement. Rien ne peut remplacer ton culte personnel, ta méditation personnelle et ta relation personnelle avec les autres brebis. La pasteurisation inversée qui est alors exercée te rend toi-même caduque et empêche le Seigneur de faire un travail global et en profondeur sur ta vie. La pression qu’exercent ces sangsues spirituelles a vidé plus d’un pasteur par le passé.

Ne chercher que le petit lait

La médiocrité et les compromis nous affectent beaucoup plus que vous ne pouvez le croire. Nous sommes impliqués émotivement et spirituellement dans votre vie et avons vraiment à cœur votre santé et vos progrès. Lorsqu’un pasteur voit le manque d’engagement et de consécration dans le troupeau, il risque de sombrer dans le négativisme et le découragement. Avec l’usure et le temps, il se détache et perd sa fougue. Voir le verre de lait à moitié vide est le piège irréaliste des attentes fondé sur les ambitions et tous les pasteurs y sont à risque. Il n’y a rien de plus encourageant que de diriger une église engagée.

Ne pas prier pour lui et sa famille

Finalement, prier pour le pasteur que Dieu a mis sur ma route afin de paître le troupeau dont je fais partie, est un indice du rang qu’il a dans mes priorités.

Rien de tel qu’un pasteur au lait cru, frais sorti du terroir divin. Ayant une base de lait de brebis, il se mélange au troupeau. Sans perdre sa saveur, bien au contraire, il transmet une bonne odeur de Christ autour de lui.

« Aux uns, une odeur de mort, donnant la mort ; aux autres, une odeur de vie, donnant la vie. » —2 Corinthiens 2.16

Quoi de neuf pasteur?

Que du vieux!  Dis-je par automatisme, oui par manque de temps.  Parfois par dépit ou encore par découragement.  Comment résumer notre vie ou seulement l’année qui vient de passer en quelques virgules?  J’aimerais vous partager ce qu’il y a de neuf dans le vieux et ce que l’année a apporté en préparation de celle qui vient : de nombreux défis à l’horizon.

« Et, sans parler d’autre chose, je suis assiégé chaque jour par les soucis que me donnent toutes les Églises. »
-2 Corinthiens 11:28

Le Roi c’est moi!

Un premier défi est celui de l’individualisme en pleine ascension, gonflant les égos jusqu’à un mépris presque généralisé de toute autorité.  Pas facile pour la tâche pastorale.  La conséquence est éloquente : « c’est ton opinion! », « Dieu n’a pas d’affaire dans ma vie privée », ou encore le direct « ce n’est pas de tes affaires »… pas toujours aussi hardie, mais toujours claire.  Puis la menace et l’exécution : Le transfert d’église, ou pire, la défection.  Plusieurs chrétiens désirent une assemblée, mais peu acceptent le berger qui vient avec.

Docteur Web.

Il y a ensuite la montée des moyens massifs de communication qui ont créé une classe de pseudo-docteurs.  S’improvisant comme des spécialistes de la Parole à partir de miettes théologiques recyclées, ils s’en font un pain très goûteux, mais sans réelle substance nutritive.  Sans méthode, sans herméneutique, sans pédagogie et sans théologie, ils débattent de questions bibliques en restant sourds à tout ce qui n’est pas de leurs avis.  La vérité devient relative.

Je négocie régulièrement, si ce n’est quotidiennement, avec des chrétiens troublés d’articles ramassés à la volée sur YouTube ou un site douteux, lorsque ce n’est pas carrément de faux docteurs qui, comme j’aime le dire, sont des « travailleurs autonomes ».    Le Seigneur les a appelés personnellement (et  unilatéralement), puis, sur cette conviction, ils ont démarré leurs propres églises.  Ces faux ouvriers viennent ajouter à la confusion grandissante, et perdent les esprits bien intentionnés.  Des années peuvent être nécessaires pour ramener un cœur égaré vers la saine doctrine.  Devant ces croyants qui arrivent à l’église presque effondrés, les pasteurs deviennent comme le contacteur Mike Holmes*, tentant de construire à partir de matériaux inadéquats, et sur des fondations toutes justes bonnes à être démolies.  Quel défi chirurgical!  Et chaque année, il s’approfondit.

Plusieurs chrétiens désirent une assemblée, mais peu acceptent le berger qui vient avec.

L’église pantoufle.

Probablement le plus grand défi que j’ai observé en 2013.  L’église migre vers l’internet et les réseaux sociaux, diluant la communion fraternelle.  Il y a déjà plusieurs assemblées web.  Chant karaoké, sermons diffusés, offrandes PayPal et le croyant en pyjama sous la couette!  Alors que la force de l’église est la proximité et les relations serrées, cette séduction est un défi grandissant dès aujourd’hui et dans les prochaines années.  Ajouté aux problèmes d’individualisme, de relation avec l’autorité et de quête du moi intégral, cette tendance fait la joie des cœurs brisés, des blessés et des écorchés qui ne veulent plus que l’apparence de l’église.

Nous perdons alors le sens profond de la communauté chrétienne, celui d’être un élément de transformation individuelle.  La proximité les uns avec les autres, non sans accroc il faut l’admettre, nous enseigne comment aimer véritablement. « Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi aiment ceux qui les aiment. » – Luc 6:32.  Le résultat est inévitable : Le monde ne saura plus reconnaître qui est SON disciple.  Il perdra le seul repère qui pointe véritablement vers le ciel.

La classe des SS

Quand j’étais plus jeune, on parlait des SS comme des « Super-Spirituels ».  Il y avait une joie mêlée d’honneur à désirer la sanctification, l’église et Dieu lui-même.  Toute une génération de pasteurs québécois est issue de cette cuvée des années soixante-dix.  Un nouveau défi guette maintenant ceux qui ont faim et soif de justice : le mépris.  Plutôt que d’être considérés comme des héros de la foi nouveau genre, ils sont maintenant dérangeants, ils créent des malaises, ils confrontent. Ils sont à toutes les réunions de l’église, proactifs, dénoncent l’acédie et passent pour des activistes.

C’est une classe en perte de vitesse et dont le parcours buissonnier est de plus en plus visible.  La sainteté n’est plus à la mode, ce qui fait la force de l’évangile n’a plus la cote.  Il y a une recherche de piété, mais un refus de ce qui en fait la force.  Un christianisme d’apparence dont les symptômes sont une frontière de plus en plus diffuse avec le monde et des chrétiens de moins en moins dérangeants.

Est-ce que ça va bien Pasteur?

Absolument!  Christ a promis qu’il bâtirait son église, et je suis pleinement convaincu qu’il le fait.  Cette année, nous avons été témoins d’efforts sans précédent d’unité interdénominationnelle, d’appels à la prière généralisée et de chrétiens assoiffés recherchant la sainteté.  C’est encourageant mais pas suffisant, compte tenu d’une laïcité conquérante.  Espérons un grand réveil au Québec, car nous pouvons discerner que notre ennemi tente de démolir ce que Christ construit : Son Église.

Pour cette nouvelle année qui débute, prions que l’amour les uns pour les autres augmente.  Un amour plus profond, plus sincère, dirigé vers l’autre et sans trébucher dans les fleurs du tapis.  Que chacun connecte à fond dans une église fondée sur l’Évangile de la grâce et s’y donne à plein,  que l’on fasse confiance aux pasteurs que le St-Esprit y a établis et que l’on ait une reconnaissance de l’église pour ce qu’elle est :

« … la famille de Dieu, qui est l’Église du Dieu vivant, la colonne et l’appui de la vérité. »  -1 Timothée 3:15

Bonne année 2014!

 

*Mike Holmes est la vedette d’une émission télévisée de rénovation de maison.

Le suicide du pasteur

Le 10 novembre dernier, tout était normal à l’Église Baptiste Mont Sion, dans la ville de Macon en Géorgie aux États-Unis.  Les croyants et leurs invités se préparaient à célébrer la résurrection, comme tous les dimanches.  Le foyer était empli de discussion et de distribution diverses, autour de photos des hauts faits de l’église.  Chaque dimanche, il y a une certaine effervescence : qu’est-ce que Dieu a en réserve pour nous ce matin?   Dix heures, la plupart des personnes sont assises, dans l’attente.  Le groupe d’adoration commence le service, comme d’habitude, 800 âmes sont réunies.  Cependant, un détail cloche.  Le pasteur, le révérend Teddy Parker Jr, n’est pas à sa place habituelle.  Sa femme est là, ses deux jeunes adolescentes également.  Son épouse quitte le service pour retourner à la maison, inquiète.  Puis c’est la commotion.

Le pasteur Parker est retrouvé mort dans son automobile, à la maison.  Quarante-deux ans, un pistolet à la main. Il n’a pu endurer l’idée d’un service supplémentaire.

La détresse

Il exerçait le ministère pastoral depuis déjà 20 ans.  L’appel l’a saisi à l’âge de 22 ans, après des études de théologie.  On dit de lui qu’il était toujours prêt à aider son prochain, qu’il était un modèle de serviteur et un prédicateur de talent.  On aurait pu dire qu’il était béni et rempli du St-Esprit.  Mais depuis quelques années, des fissures ébréchaient la solidité de cet homme.  Il voulait prendre un recul, un repos sabbatique, mais la pression, l’urgence, les exigences et même l’intransigeance, lui faisaient voir ce choix comme impossible.

« Tourne tes regards vers Dieu et tout ira bien ! ».  « Un chrétien dépressif est un chrétien qui manque de foi ! ».  Tous ces refrains d’une même chanson insensible lui revenaient à l’esprit, lorsque ce n’était pas un « bien intentionné » qui l’exhortait généreusement.   L’inévitable arriva.  Il dut se résigner à rencontrer un psychiatre et prendre des médicaments pour lutter contre la dépression.  Évidemment, il n’osa pas en parler.  Le burnout était là, présent, subtil, comme un cancer silencieux.  Puis le drame!  Après une dizaine d’années de combat contre les perceptions, les intentions et la pression constante, il y a eu ce dimanche matin.  LE dimanche matin.  La vue même du stationnement, du bâtiment, devenait intolérable.  Le simple fait de s’imaginer une fois de plus en compagnie de ses brebis lui était impossible.

Un muet qui crie aux sourds

En finir de cette façon n’est pas un acte de lâcheté.  Ce n’est pas une fuite non plus.  C’est un hurlement de détresse envers tous ceux qui refusent d’écouter.  C’est souvent le drame qui guette le ministère pastoral.  Nous prenons une image du pasteur biaisée et déformée.  Puis nous ajoutons des attentes élevées, irréalistes, fondées sur des désirs et non sur l’appel de Dieu.  Le tout vécu par un pasteur qui évalue mal sa résilience et sa capacité à gérer les pressions morales, spirituelles et  psychiques.  Des pressions qui arrivent de tout côtés, à la fois de lui-même, de la société et de ses brebis.  Puis finalement, mélangeons le tout dans une communauté teintée du syndrome de la réussite.  La recette est parfaite pour un drame.

Le problème est que l’on évalue les pasteurs avec la mauvaise grille.  On utilise celle de l’entreprise tellement louangée par le monde séculier.  On dit alors que la qualité d’un homme de Dieu est fondée sur les résultats.  Le nombre de conversions, l’assistance le dimanche, un budget équilibré, les dents blanches, la courtoisie, le taux de satisfaction!  Les tâches sont alors multipliées.  Le pasteur moderne, toutes confessions ou dimensions incluses, se doit d’être gestionnaire, conseiller, chef de file, relationniste, psychologue, travailleur social, prédicateur, professeur, administrateur, savoir à tous les instants la volonté de Dieu pour sa communauté.  Connaître tout sur tout!  Être tout en tout… Sinon on le compare avec la compétition.  On le démembre :    Il ne prêche pas aussi bien que Driscoll, pas aussi passionné que Piper, pas aussi fondamentaliste que Macarthur, sans parler de l’organisation de Warren… Loin de la simple et pourtant efficace description de tâche biblique décrite dans les Actes :

 « Et nous, nous continuerons à nous appliquer à la prière et au ministère de la parole. » Actes 6:4

À quelques reprises, il a tenté timidement de lancer un faible cri de détresse.  Mais devant des attentes aussi élevées, pas étonnant que le pasteur devienne muet.  On finit par croire que ce modèle de super pasteur est le bon.  Et si je ne peux y arriver, plutôt que de remettre le modèle en question, c’est moi qui vais ajouter, travailler, bûcher et y parvenir… jusqu’à mourir. On ne quitte pas le ministère quand c’est une vocation.  À l’image des kamikazes, il ne reste que le geste du désespoir devant une défaite illusoire.

Un cas unique?

NON! Ce n’est pas normal qu’un soldat du Christ tombe au combat ainsi. Si c’était un cas unique, nous pourrions accuser un phénomène isolé, mais ce n’est pas qu’un incident banal.  Des centaines d’ouvriers souffrent aujourd’hui de dépression, de surmenage, de burnout.  La plupart en silence.  Les assureurs exigent même une surprime pour la vocation pastorale à cause des risques accrus.

D’autres, pour s’en sortir, vont transformer leurs vocations en ministère et deviennent des fonctionnaires du Seigneur.  Ils se détachent du troupeau, se refroidissent et deviennent distants.  Ce n’est pas une solution. Un sondage récent révélait qu’une grande majorité de pasteurs n’ont aucun ami à qui se confier.  A force de se faire rabrouer de saines exhortations, ont finit par se blinder.  Croire que c’est un combat solitaire.

Y a-t-il une voie d’évitement?

D’un côté, il y a, entre autres, la perception que nous avons d’un pasteur.  Bien souvent calqué sur les performances séculières et les désirs qui ont remplacé les besoins.  Nous avons à réviser notre modèle pastoral.  Les attentes sont irréalistes et plusieurs membres banalisent la tâche.  Ils croient qu’elle est simple, facile et presque inutile, qu’elle se résume à un jour de travail par semaine : le dimanche.  La déférence n’est plus au rendez-vous et il s’installe un quasi mépris où plusieurs consomment l’église sans discerner leurs responsabilité dans l’église, la notion locale du corps de christ.  On attend du pasteur qu’il accomplisse les œuvres à notre place.  Le pasteur n’est plus établi par le St-Esprit, mais relégué au rang d’employé interchangeable selon l’humeur du moment.

Les pasteurs quant à eux, se doivent de se connecter dans un processus honnête et transparent de redevabilité.  Que ce soit en compagnie d’autres pasteurs ou quelques membres de leur conseil, la pression de performer doit absolument être annihilée et faire place à une franche compréhension mutuelle afin d’éviter la gangrène du découragement.  Après tout, c’est Christ qui fait le travail, pas nous!

L’église n’est pas une usine à conversion ni la compagnie de Jésus.  C’est un corps victorieux, mais fragile où la santé de tous ses membres est essentielle. Nous ne pouvons être plus fort que le plus faible de nos maillons, et cela inclut les pasteurs.  C’est à chacun de considérer les ouvriers comme faisant parti intégrante des uns les autres. C’est ainsi que nous pourrons éviter le drame de voir des serviteurs tomber au combat.

Église locale ou bocal?

Plusieurs voient en l’église un groupe contraignant qui tente le contrôle des âmes et la conquête du monde. Une clique hermétique qui asservit plutôt que de servir.  Un bocal renfrogné, tourné vers lui-même et avec une seule ouverture sur le dessus!

Pour être comme un poisson dans l’eau avec l’église, et bien y respirer, il y  a trois bulles à saisir!

Bulle 1
L’église est l’initiative de Dieu.  Comme pour le mariage, ou la raison d’être est « qu’il n’est pas bon que l’homme soit seul », l’église tire son origine de cette phrase toute simple prononcée par Jésus : « Je bâtirai mon Église ».  Penser vivre la vie chrétienne hors de l’église est comparable à un poisson qui voudrait vivre hors de l’eau.  Être chrétien et être l’église sont, dans la pensée de Dieu, la même et unique chose.  Il promet d’y être présent, et a créé l’église pour que ses enfants en fassent partie.  Tenter de vivre la vie chrétienne hors de l’église est une erreur fatale.  On arrive à survivre un temps, mais à la longue, on se dessèche, puis on brûle.

Bulle 2
L’église répond à une réalité toute simple : nous n’avons pas été créés pour être seuls.  Ce n’est pas bon!  Même Karl Marx, qui était athée, constate que l’homme est un animal social.  L’origine du mot « Église » ecclésia, nous ramène en fait, à une assemblée, un groupe de personnes.  Comme pour un banc de poissons, son efficacité vient de la proximité de ses membres.   Si une personne réellement née de nouveau sort du banc, il devient rapidement une proie facile.  Les requins, les pêcheurs, les courants subtils sont autant de danger qui guette le chrétien solitaire.  Les déplacements et l’effet d’entraînement sont de loin plus stimulants ensemble.  L’encouragement, l’entraide, la protection et la direction sont l’adage qui permet à tous les poissons de nager avec liberté.

Bulle 3
Le bocal est local.  Changer constamment de groupe, chaque semaine où selon mes préférences va contre le courant du banc.  Pour nager dans les profondeurs de relations concrètes, on doit avoir des frottements constants.  Certes, il y a les arêtes qui quelques fois piquent et nous sortent de notre récif confortable; mais n’oublions pas que le but au final, est d’exposer ensemble Christ au reste de l’océan.  Et la seule manière efficace de se laisser transformer volontairement, c’est de construire des rapports qui nous confronterons à nous-mêmes et provoquerons les transformations intérieures que le Seigneur veut faire.

L’église est loin d’un bocal contraignant!  Malgré ce que certains ont tenté d’en faire, c’est un banc dynamique qui favorise la transformation vers Jésus-Christ.  C’est un bocal aux dimensions locales, qui navigue là où Dieu l’a ensemencée. C’est la puissance même de la profondeur des relations horizontales, entre nous et verticales, avec Dieu.

Reste plus qu’à y plonger sans réserve!