Le prospecteur de leader

Dans l’église, plusieurs se proclament leaders et n’en ont finalement pas ni le lustre ni le brillant.  Trouver un leader potentiel est souvent ardu et demande une certaine dose de flair.  En effet, découvrir le diamant brut est excitant et exige un véritable travail de prospection.  Creuser à répétition, quelquefois en vain, ou encore en découvrant un semblant de pierres précieuses est le risque du prospecteur de leader.  C’est un travail d’endurance et qui exige une grande patience.

Depuis une vingtaine d’années, je suis constamment à la recherche de la perle rare.  Le leader potentiel qui quelquefois a été ignoré ou est passé au travers les mailles du filet.  Celui qui est là, prêt à être déterré et taillé vers la stature parfaite de Christ.  Ce qui distingue le leader potentiel; n’est ni le charisme ou la puissance, et ni la capacité à diriger.  Ce n’est pas non plus le verbe facile ou le nombre d’amis Facebook.  Il y a des indices qui ne trompent pas et qui définissent le fondement solide d’un futur leader dans l’église.

Discerner sous le caillou brut le diamant qui reflètera toute la gloire de Dieu est possible.  La Bible nous donne des indices qui forment les bases d’un leader en devenir.   Tout comme le chercheur d’or du Klondike, il s’agit de bien examiner la surface et savoir creuser puis discerner les empreintes qui définissent les fondements du leadership biblique.

Voyons donc ces trois empreintes.

 

Discerner sous le caillou brut le diamant qui reflètera toute la gloire de Dieu est possible. 

 

L’empreinte de l’humilité

« De même, vous qui êtes jeunes, soyez soumis aux anciens. Et tous, dans vos rapports mutuels, revêtez-vous d’humilité ; car Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. » -1 Pierre 5:5

C.J. Mahaney disait : L’humilité est cette vertu que nous perdons lorsque nous disons l’avoir.  Elle se définit principalement par le rapport que j’ai aux autres.   Mais également face à moi-même.  Lorsque je prospecte les futurs leaders, je suis particulièrement attentif à l’estime démesurée qu’une personne peut avoir d’elle-même.  Cette estime peut s’exprimer de plusieurs façons.  Pour les anxieux, elle ira dans la direction du contrôle, du mépris ou d’une condescendance souvent subtile.  Pour d’autres, elle sera exprimée par un apitoiement et une insatisfaction profonde, un esprit critique qui ira quelquefois jusqu’au perfectionnisme.

L’orgueil peut facilement se déguiser en humilité, comme ces fausses pierres qui ne reflètent qu’une pâle imitation de l’originale qu’elles tentent de copier.   On la remarque facilement, elle s’exprime par une tendance à amener les gens à son propre service.  Elle exerce la manipulation, le double langage, le double agenda.  Le temps est mon allié dans ma recherche.  À regarder un potentiel, on y discerne souvent soit l’orgueil, soit l’humilité.

L’empreinte de l’amour

« et marchez dans l’amour, à l’exemple de Christ, qui nous a aimés, et qui s’est livré lui-même à Dieu pour nous comme une offrande et un sacrifice de bonne odeur. » – Éphésiens 5:2

À l’humilité s’ajoute le concret.  L’amorce du lustre.  Ce qui fait la différence entre un vulgaire charbon et un diamant, c’est la pression.  Cette pression nous la discernons dans le contact avec les autres.  En effet, aimer, tout comme l’humilité se mesure à notre rapport avec les autres.  L’orgueil les considèrera inférieurs, et l’amour verra les autres supérieurs.  En fait, celui qui aime démontre en action son humilité.

Je suis particulièrement attentif aux actions spontanées.  Les éclats gratuits, et qui ne brillent que pour Dieu.  L’entraide, le service, la générosité sont autant de moyens d’exprimer l’amour et la preuve du leader serviteur.  Car c’est ce à quoi nous sommes appelés.

« Alors il s’assit, appela les douze, et leur dit : si quelqu’un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous. » – Marc 9:35

Un individu qui est prêt à se rendre serviteur avec humilité a les prémices du leadership biblique.  Il a compris qu’il y a plus de joie à donner qu’à recevoir et exprime son désir de voir l’autre s’épanouir et grandir.  Il ne reste qu’à lui donner une direction et la conviction de diriger ses pairs dans la direction de Jésus.

L’empreinte de la passion

« à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen ! » – Éphésiens 3:21

Pour découvrir le leader potentiel, nous n’avons qu’à suivre les traces.  Des empreintes d’humilité, d’amour et, enfin, celle de la passion.  Une passion double débordante pour l’Église et Sa parole.  Lorsque la Parole et l’Église n’ont pas une place privilégiée dans la vie et le cœur de l’aspirant leader, il vaut mieux attendre que cette passion le rejoigne.

En effet, l’église, c’est LE projet de Dieu pour l’humanité.  Tout ce qui restera pour l’éternité avec Lui.  Tout ce qui mérite de s’y investir y prend une place éternelle.   C’est la lumière au cœur des ténèbres, une mission unique relayée par Jésus lui-même.

Celui qui aspire au leadership dans l’église doit la comprendre, la désirer et l’aimer profondément.  Y être dévoué et consacré.  Comprendre le lien unique qui existe entre celle-ci et Jésus.  Nous ne formons qu’une seule chair! (Éphésiens 5 :23)

C’est alors que nous revenons à la première trace.  L’humilité amène le leader potentiel à désirer apprendre et se plonger dans l’étude de la parole afin de découvrir cette église unique et glorieuse.  Et naturellement, la passion spirituelle passera invariablement par la Parole de Dieu.  Une recherche assoiffée de sa face de Dieu au travers ses mots.  Une nourriture littérale et intégrale qui amène le leader à se languir s’il n’a pas sa portion quotidienne de Parole!

« L’Éternel ne considère pas ce que l’homme considère ; l’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Éternel regarde au cœur. »  -1 Samuel 16:7

Le prospecteur de leader, c’est celui qui sait discerner les empreintes successives d’humilité, d’amour et de passion.  Et pour ce faire, il doit être lui-même au cœur de l’église et avoir l’œil exercé pour voir le potentiel glorieux au travers le pécheur apparent.  

Les dimensions de l’amour

« Pour être capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l’amour de Christ, et de connaître cet amour qui surpasse toute connaissance, afin que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu ».  -Eph 3:18, 19

Comment peut-on aimer véritablement?  Est-ce possible humainement parlant?

À force de réflexion et de lecture biblique, j’arrive à un constat désolant : l’homme ne peut aimer vraiment sans l’intervention de Dieu. Nous sommes fondamentalement égoïstes, aucun ne sait faire le bien (Romain 3:11-18). Nous tentons constamment de ramener tout à nous et toutes nos œuvres ne révèlent que notre désir inaltérable de reconnaissance et d’être adorés (Ps 14:3).  Même le meilleur gars, celui qui a la plus belle réputation d’entraide cache un être assoiffé de retour vers soi. C’est le prix à payer d’une race dont le dieu est devenu soi-même dans un monde déchu.

Devenir chrétien ne règle pas le problème de la chair.  Bien au contraire, il l’expose et le met en relief comme jamais.  Pris au piège entre ce que la Bible nous demande (1 Jean 3:16) et ce que nous avons envie de faire, nous tentons bien des raccourcis et terminons souvent dans un formalisme religieux ou un découragement profond.  Nous rationalisons l’interprétation de ces passages pour nous réconforter dans un christianisme dilué et terne.  Au final, cet amour que nous avons les uns pour les autres pâlit devant les actions faites par les gens et les organismes qui nous entourent. (Luc 16:8)

Le torrent d’amour

J’aime marcher dans les sentiers près de chez moi.  Le contact avec la nature, la forêt et toutes les splendeurs de la création s’exposent et reflètent toute la gloire de Dieu.  J’aime particulièrement le coteau, tout près de mon église. Ce qui me fascine est la profonde gorge créée par un tout petit ruisseau, d’à peine un mètre de large, qui a réussi à se creuser un sillon profond d’une cinquantaine de mètres. Du haut de la colline, le spectacle est impressionnant et majestueux.

L’effet du petit courant d’eau a réussi à façonner tout son environnement en circulant sans arrêt, en érodant la colline pour en faire un spectacle à couper le souffle. Plus bas dans le sentier, il y a le marais. Lorsqu’il fait chaud, une puanteur s’y dégage.  Une eau stagnante, confinée en elle-même, ne peut que devenir insipide et impropre à la consommation.

L’analogie avec l’amour est simple. C’est la différence entre le ruisseau et le marais. Aimer comme Jésus n’est pas un projet ni un but à atteindre. On ne le fixe pas dans un plan de vie ou dans une fenêtre de loisir, lorsque le temps et les éléments sont favorables. Ce n’est rien de moins qu’un miracle qui suit le courant de nos vies. Tenter de mettre l’amour en bouteille pour mieux la distribuer est absolument impossible.

Inévitablement, nous redirigeons tout acte de bonté vers nous. C’est le boomerang naturel de tous les humains.  Nous sommes tous comme des aspirateurs assoiffés d’amour tentant de se connecter les uns sur les autres.  C’est un projet sans fin et impossible qui se termine bien souvent par de la déception et des frustrations. La solution biblique est à la fois simple et violente : devenir le fleuve de l’amour de Dieu.

 

Nous sommes tous comme des aspirateurs assoiffés d’amour tentant de se connecter les uns sur les autres. 

 

Dans l’église

L’amour est un fleuve, fruit de l’esprit qui habite en nous. En effet, Dieu est amour et Christ est en nous.  La source devient donc infinie et d’une puissance inimaginable. La capacité d’amour que nous avons est égale à celle de celui qui nous habite!

Jésus demande de nous aimer les uns les autres afin que le monde sache que nous sommes ses disciples. Aimer les frères et les sœurs, comme Christ nous a aimés, jusqu’à être prêt à mourir les uns pour les autres, c’est le premier acte d’évangélisation. L’exposition ardente que Jésus est véritablement vivant au travers nous, un échantillon à contrecourant envers notre société.

Comprendre avec tous les saints, c’est saisir l’amour de Christ en ouvrant grand le robinet et laissant le courant vivre au travers nous. Laisser cet amour, qui est prêt à être déversé, arroser ceux qui nous entourent. Refuser le courant, c’est fermer la valve et se condamner à la stagnation, un marais spirituel qui rapidement se contamine de lui-même.

Dans la prière

Jamais le Seigneur ne nous demande de faire sans nous équiper. Et comme l’amour est en lui-même, et que cette source est en nous-mêmes, la solution est dans la compréhension de sa personne. Le passage est clair : cet amour surpasse toute connaissance. On peut bien lire sur le sujet, mais la véritable solution pour aimer véritablement commence dans une relation avec Jésus.

Comprendre quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l’amour de Christ, et de connaître cet amour qui surpasse toute connaissance, dans un but incroyable d’être rempli de toute la plénitude de Dieu. Cette connaissance est en fait une osmose, une intimité qui se vit dans le temps, en relation avec Jésus, dans un désir de l’exprimer au travers Sa propre chair, l’église. Voir dans l’église l’aboutissement de l’amour de Christ et désirer l’aimer comme Christ l’aime. Puis puiser à la source dans la relation, dans une satisfaction unique  John Piper appelle cela prendre plaisir en Dieu.

Dans l’humilité

Pour aimer comme Jésus aime, nous devons tout d’abord réaliser que rien en nous ne peut y parvenir.  Seule la présence du Dieu d’amour en nous par la conversion peut amorcer l’amour véritable. Puis, comprendre l’incompréhensible : cet amour n’est pas rationnel, il est relationnel.  Il ne s’apprend pas dans les livres, mais dans la proximité et le désir. Il s’apprend dans le désir d’aimer ceux que Dieu aime : l’Église. Puis, dans le désir en Dieu seul : prendre le temps de puiser en lui, la source de cet amour. Décider d’ouvrir la valve par l’intérieur et le laisser vivre en nous. Cela n’est possible qu’en nous laissant éblouir par sa personne en prenant le temps de le contempler, de l’adorer et nous laisser immerger par les dimensions de son amour.

La péremption du pasteur

Est-ce que le leadership a une date d’expiration?  Comme pour les aliments courants, devrait-on y mettre une date en précisant : meilleur avant?   Est-ce que le temps peut altérer les propriétés fondamentales d’un leader pasteur?

La réponse risque de surprendre.

Il n’y a pas de date fixe ou un âge limite.  En effet, tout dépend de la conservation et des ingrédients.  Nous pouvons avoir des ingrédients fantastiques favorisants un leadership fort, mais mijoté dans une cuisine insalubre ou conservée négligemment, le risque alors de rancir voire faire pourrir l’intérieur du leader est plus que probable.

Voici donc cinq ingrédients de bases pour tout bon leadership qui favorisent, mais n’assurent pas le succès pastoral. Le temps s’occupera de bonifier ou de faire tourner même les meilleurs.

Premier ingrédient : Le caractère

Le caractère est un ingrédient fondamental à tout leader.  Jeune, il est souvent sec ou épicé.  Des arômes vifs et intenses avec un bagage personnel qui créera un caractère unique à chacun.  C’est le point de départ de tous les leaders.  Nous les acceptons, car nous les aimons, leurs qualités de leadership s’expriment au travers leurs manières d’être et de réagir… c’est leur caractère.

Pour tous, l’orgueil est un ingrédient plus ou moins évident, quoique toujours présent, il devrait normalement s’estomper avec le temps.   En effet, ce que chacun fait avec les expériences du quotidien, la façon dont mijote les réactions, donneront de la profondeur, ou de l’amertume, et ce, à un rythme rapide, mais, plus souvent lent, presque imperceptible pour ceux qui les côtoient.  Pour équilibrer ce problème, la sauce doit être brassée avec la croix.  Le miroir des souffrances de Christ estompe l’amertume.  Le leader qui ne revient pas quotidiennement au pied de la croix se condamne au risque de l’aigreur en fin de course.

 

Le temps s’occupera de bonifier ou de faire tourner même les meilleurs.

 

Deuxième ingrédient : La compétence

Chacun a son bagage de réalisations, d’études, de curriculum et d’expérience toujours pertinente j’en suis convaincu.  Jeune, le leader se camoufle souvent derrière elles afin de pallier son manque de vécu et dissimuler son insécurité.  Avec le temps, les réalisations se multiplient, l’assurance grandit, le leader se gonfle.  C’est un combat inévitable : croire que par moi-même je puisse réaliser quoi que ce soit.

De nombreux leaders ont laissé le soufflé se gonfler au point de s’emplir d’air et de rien d’autre.  Un contenu décevant qui ne satisfait que celui qui le regarde.  Je sais tout, j’ai déjà vu et entendu, finissent par boucher les yeux et les oreilles des meilleurs leaders. Les compétences et l’expérience sont de bonnes choses, à condition de laisser Christ travailler au travers nous.  Il n’y a qu’une façon de dégonfler le ballon : la couronne d’épines.  Être prêt à souffrir, même injustement, malgré toute la connaissance et la préparation que me procurent mes compétences.

Troisième ingrédient : La capacité

Jeunes, nous sommes vifs, actifs et vigoureux.  Avec le temps, les réflexes s’estompent, l’oubli nous rejoint et la force s’affaiblit.  Une étude récente révèle que le cerveau change avec les années sans nécessairement se dégrader, il se transforme.  Frétillant et intempestif au départ, il devient plus stable émotionnellement avec le temps, capable de traiter des problèmes complexes moins rapidement, mais avec une plus grande profondeur, avec plus de perspective.   Plusieurs obstinés refusent d’accepter ce fait.

On revient au vieil adage : si jeunesse savait, si vieillesse pouvait!  Malheureusement, plusieurs jeunes leaders se privent de la richesse de vieux cerveaux misant uniquement sur la performance.  En contrepartie, de nombreux leaders en déclins refusent d’admettre leurs limites.  Le résultat est une tendance vers un leadership fade, dont la saveur persistante des ministères devient uniforme, sans ce mélange des générations qui enrichit invariablement le tout.  Un regard honnête est nécessaire afin de réaliser ce que Jésus désire faire au travers nous.  Un travail conjoint où chacun met au service de l’église ses saveurs propres.

Quatrième ingrédient : La compatibilité

Il y a des ingrédients qui se combinent avec tout, comme le sel, et d’autres qui sont pratiquement incompatibles, comme tenter de mélanger de l’huile dans l’eau.  La compatibilité du leader est un autre ingrédient essentiel à tout leadership.  Le travail d’équipe est indispensable pour avancer ensemble.

À force d’embuches pour les plus vieux, ou d’impatience pour les plus jeunes, il résulte un désir de voir des résultats rapides et d’avancer seul.  Souvent terré sous une volonté de faire le bien de la bonne façon… la nôtre!  Au risque de terminer avec une saveur âcre, sec et inconsommable.   Le leader solitaire qui se laisse croire que sa saveur est si exceptionnelle qu’elle ne peut se mêler à aucune autre se condamne à une illusion, et ce, à la portée de tous les âges du leadership.

Tout comme l’huile et l’eau, un émulsifiant est nécessaire pour permettre le mélange.  Un jaune d’œuf, fouetter vigoureusement et nous avons une délicieuse mayonnaise.  Pour ce faire, chacun doit accepter de mourir à sa saveur propre et se laisser transformer vers celle de Christ au travers l’église.

Cinquième ingrédient : le cœur

Qu’est-ce qui fait qu’un leader se bonifie avec l’âge?  Un cœur disposé à laisser le regarde de Dieu le scruter en profondeur.

« Sonde-moi, ô, Dieu, et connais mon cœur ! Éprouve-moi, et connais mes pensées ! Regarde si je suis sur une mauvaise voie, Et conduis-moi sur la voie de l’éternité ! »   -–­Psaumes 139. 23, 24

Une introspection essentielle, avec humilité, dans tout le réalisme de l’acceptation de mes limites propres et de mes capacités présentes.  Le désir non de construire l’église, mais d’être l’Église, dans cette compréhension unique, qu’elle se compose d’une multitude d’ingrédients hétéroclites, dont seul Jésus peut donner la saveur et l’odeur de Christ.

Est-ce que le leadership a une date d’expiration?  Absolument pas!   Si l’agent de conservation est le regard de l’Esprit au travers sa parole et que le leader est prêt à se laisser cuisiner par Christ, aucun âge ne devrait limiter le ministère… Et même si toute nous capacités étaient réduites à néant, cloué comme une crêpe dans le fond d’un lit, il nous restera toujours la prière pour continuer notre service…  Ce qui n’est pas rien!

Reconnaître un Leader «cheap»

Il y a des leaders charismatiques, d’autres qui sont attachants, d’autres enfin qui nous inspirent et nous pousse au dépassement.  Mais de toutes les époques et cultures, il y a toujours eu des leaders antipathiques qui abusent de leurs pouvoirs, des personnes placées sous leur autorité.

Autant dans l’Église que dans le monde, le leadership peut être anémique et ceux qui arrachent le pouvoir, peuvent en fin de compte ne révéler qu’une imitation d’un véritable dirigeant, une qualité de leader douteuse et dont les fruits ne glorifient absolument pas Dieu.  Des mercenaires qui arrachent le pouvoir afin de mener à terme une ambition personnelle et construire un royaume bien charnel.

Les dommages que provoquent ces usurpateurs peuvent être dramatiques.  Des disciples blessés, des personnes abusées spirituellement, des défections de masses et des divisions à profusions sont trop souvent l’héritage de ces mercenaires.

Comment les reconnaître ?  Voici le survol d’une dizaine d’indices d’un leader « cheap »!

Il désire à être servi plutôt que de servir

Les nuances sont subtiles, mais bien présentes.  Sous des apparences de service, il cherche un gain quelconque ou le principal bénéficiaire est l’égo, le confort ou la reconnaissance.  Il accepte des cadeaux, se dilue dans le compromis et cherche à combler son propre réservoir avant celui de l’autre et de l’église.

Il cherche le confort plutôt que la souffrance

Non qu’ils ne souffrent pas vraiment, mais font le choix de leur souffrance, ne cherchant pas a pallier a celui de Jésus, mais de prendre la part qui sera la moins difficile.  On peut souffrir et souffrir en vain.  Puis avoir l’impression même de devenir martyr.  Choisir un fauteuil bancal peut ressembler à de la souffrance, mais ce que Dieu demande à son leadership, ce n’est rien de moins que la croix.  La porter, et la vivre au quotidien.

Il aspire à être aimé plutôt qu’aimer

Être leader, c’est parfois faire le choix difficile de dire la vérité dans l’amour, au prix du risque.  Donner aux brebis tout ce qu’ils demandent n’est pas le leadership comme Jésus le conçoit, parfois, la vérité est difficile à appliquer ou dire, et pourtant salutaire. Faire des compromis au profit d’un éclat personnel et au détriment de la Parole de l’Évangile n’est pas du leadership, c’est de la lâcheté.

Il pointe vers lui plutôt que vers Jésus

Un autre indice d’un leader anémique est sa capacité à pointer vers lui-même et non vers Jésus.  Il s’attribue tout le mérite, se croyant indispensable.  Contrairement au serviteur inutile de l’évangile, notre leadercheap ramène tout constamment à lui.  Il cherche les honneurs et devenir l’étoile du jour. Les conséquences sont pénibles pour ceux qui ont à le subir : il devient en soi une source de démotivation et un tueur d’initiatives.

Il essaie de diriger plutôt que de conduire

Un patron et un leader sont deux choses bien différentes.  Le patron cherche à bonifier une organisation, lors que le leader chrétien amène ses congénères vers le dépassement de soi et dans une vision du monde connectée à l’Évangile. Le leadercheap indiquera le chemin à suivre afin que tous s’y engagent… sans nécessairement s’y aventurer à son tour.  Il lie de lourds fardeaux et ne remue pas le petit doigt.

 

Un patron et un leader sont deux choses bien différentes.  Le patron cherche à bonifier une organisation, lors que le leader chrétien amène ses congénères vers le dépassement de soi et dans une vision du monde connectée à l’Évangile.

 

Il contraint plutôt que de libérer

On a tous notre petite idée de la volonté de Dieu.  Le leadercheap sait ce qui est bien pour chacun au point de contraindre et forcer, voire obéir à sa propre volonté.  Plutôt que de voir l’Évangile comme une puissance libératrice, il l’utilise pour culpabiliser et manipuler les disciples à devenir dociles et obéissant.  Il discipline et oblige sous le prétexte d’une religion de pureté alors que la véritable liberté est dans l’évangile de la grâce.

Il désire le gain plutôt que le don

Diriger c’est se donner.  Une vocation ou le salaire réel est la joie d’être co-ouvrier avec Christ. Si toutes les heures de ministère étaient facturables, peu d’églises pourraient supporter leurs ouvriers.  Le leadercheap de son côté, tentera de monnayer son engagement, cherchant le plus offrant au détriment de la place même que Christ a pour lui.  Le pastorat devient un choix de carrière et les conditions de travail un prérequis pour accepter un ministère.

Il construit son royaume plutôt que celui de Dieu

Un autre indice d’un leadercheap est son aptitude à construire un édifice personnel centré sur sa propre personne.  Son image est plus omniprésente que l’Omniprésent.  C’est SON église, SON troupeau et SON pâturage.  Toute l’église est centrée via un simili culte de la personnalité.  Si la figure emblématique qu’il représente tombe, c’est tout le troupeau qui est en déroute.

Il veut s’élever plutôt que de s’abaisser

On le discerne au travers les petites choses, non par sa présence, mais bien par son absence, par son absence des petites gens, de ce qu’il considère n’avoir aucune importance. Une arrogance méprisante qui se discerne au travers une attitude de Je-Sais-Tout, et de tri instantané ce qu’il considère avoir de l’importance. Un leader véritable s’abaisse, à l’image de Jésus vers nous.

Désire la position plutôt que le service

Les fonctionnaires de Dieu, bien ancrés dans leurs bureaux exerce un pouvoir organisationnel centré sur les programmes, les structures et les organigrammes plutôt que vers les personnes. Les titres et les diplômes prennent le dessus sur le facteur humain, au point qu’aucun des douze n’aurait probablement été à la hauteur de leurs exigences.

Une mise en garde

« Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtement de brebis, mais au-dedans ce sont des loups ravisseurs. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons ? »  – Matthieu 7 : 15, 16

Le leader n’est pas appelé à être Jésus, mais il y tend il y aspire, il vise la communauté et cherche a élever Jésus au travers Son église et ce, par l’Évangile.

Les loups sont inévitables, les leaders « cheap », bon marché et sans saveurs véritables, le Seigneur nous a mis en garde, nous devons être vigilants afin de ne pas nous laisser séduire.  Nous les reconnaissons a l’usage, avec le temps, la fermentation inévitablement nous révèle un vrai leader selon le cœur de Dieu et celui qui cherche a accomplir que ses propres désirs.

Le leader et le temps de Dieu

« Mais Jésus leur répondit : Mon Père agit jusqu’à présent ; moi aussi, j’agis. » – Jean 5.17

Dans son livre « L’église une passion, une vision », Rick Warren parle des vagues de l’Esprit.  Il compare les leaders a des surfeurs qui se doivent de prendre les vagues que Dieu leur amène, et ce, au bon moment.  En regardant des reportages sur l’art du Surf, j’étais fasciné de voir jusqu’à quel point l’instant précis où l’on doit ramer jusqu’à la vague, puis chevaucher la planche au bon moment était important.  Savoir prendre la vague à temps peut qualifier ou disqualifier le surfer.  Pour le leader chrétien, l’art du quand est aussi important que celui du quoi et du comment.

De nombreux leaders se sont empêtrés dans de nombreux tourments en précipitant leurs pas et en prenant des décisions trop hâtives.  D’autre ont passés à côté d’opportunités et manqués la vague en hésitant à outrance.   Ce qui définit un bon leader est celui qui prend les bonnes décisions ; mais ce qui définit un leader exceptionnel sera celui qui prendra ces décisions au bon moment.  Comment arriver à discerner le temps de Dieu dans les décisions que nous devons prendre ?  Voyons quelques pistes dont tout leader doit tenir compte afin de discerner le bon moment de l’action.

La perspective

Si on veut surfer avec Dieu, on doit commencer sur les genoux !  Apprendre à comprendre la perspective éternelle de Dieu.  Les heures en compagnie du Roi éternel ne sont pas des minutes perdues, mais investies dans la seule et unique stratégie qui en vaille la peine.  Le temps de Dieu n’est pas notre temps.  Il n’est pas soumis au stresse de la performance ni des risques inhérents aux mortels.  Pour Dieu, la mort n’est qu’une étape vers une éternité présente.  Le leader charnel sera bousculé par le temps et les échéances en croyant que tout le travail repose sur la petite fenêtre de son vivant.  Le leader spirituel quant à lui prend le recul nécessaire afin de voir les événements et l’histoire comme un plan déroulant où chaque décision est le fruit des décisions individuelles, mais dont l’issue ultime sera l’accomplissement du plan divin.  Cette perspective n’est possible qu’aux pieds du maître.

Le processus

Un mentor m’a donné un précieux conseil il y a plusieurs années : chez les leaders chrétiens, ce n’est pas autant le but qui est un problème, que le processus. Fais attention comment tu te rends à ton but.  En effet, pour la grande majorité des leaders chrétiens, ce n’est pas les intentions, ni même la vision qui fait défaut, mais le chemin pour s’y rendre.  L’enthousiasme et la hâte de voir la volonté de Dieu se réaliser nous font oublier que le plan de Dieu ce sont des individus : son Église.  Le chemin préconisé par le Seigneur pour y arriver est l’Évangile, le moyen utilisé est l’amour au travers la grâce de ce même Évangile.

La tentation peut être grande et même échapper à notre conscience d’utiliser les gens comme des pierres vivantes afin d’accomplir ce que nous croyons être Son plan.  Nous ne jouons pas aux échecs !  Paître le troupeau de Dieu exige du temps, de la compréhension, de la douceur, de la circonspection et beaucoup de délicatesse. D’ailleurs, Jésus n’a-t-il pas dit :

« Et quiconque donnera seulement un verre d’eau froide à l’un de ces petits parce qu’il est mon disciple, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense. » – Matthieu 10.42

Dans notre hâte, soyons prudents, hâte-toi lentement !  Le temps de Dieu passe par son Église et son église ce sont des personnes de la même valeur que Jésus.

 

Dans notre hâte, soyons prudents, hâte-toi lentement ! 

 

Le but ultime

Bien plus que de faire des choses, Dieu désire transformer notre caractère et sanctifier l’église.  Nous sommes souvent embourbés dans les structures et les programmes, et ils sont nécessaires afin d’amener l’église dans la voie de l’évangile, mais ils ne sont pas le but en soi.  Ils sont le squelette utile pour la transformation des croyants en vue de l’œuvre du ministère.  Visiter les malades, prendre soin des brebis faibles, encourager celles qui sont découragées est plus utile au Royaume que de nombreuse réunion d’administration.

Je désire être clair ici : je crois que la structure et l’organisation dans l’église ont une place essentielle, mais pas au prix de la négligence.  Négliger les croyants, c’est négliger l’église et par conséquent le véritable plan et but ultime.  Construire des programmes est relativement rapide et donne une impression d’efficacité.  Prendre le temps de construire dans l’âme exige beaucoup de patience et nous expose à des résultats souvent imprévisibles.

Le temps de Dieu s’étire au travers la croissance des croyants vers la stature parfaite de Christ.  Tout le reste n’est qu’accessoire.  À nous de faire le bon choix dans nos priorités.

Leader n’est pas accomplir

Nous sommes leaders, des outils entre les mains d’un Dieu souverain.  Des serviteurs engagés dans un agenda qui n’est pas le nôtre.  Des esclaves qui ne pourront jamais aller au-delà de ce que le maître demande.  Nous sommes des serviteurs inutiles, car celui qui accomplit, ce n’est pas nous, mais Dieu.  Nous nous inquiétons et sommes rapidement anxieux lorsque les événements ne vont pas dans la direction prévue, nous avons l’impression de perdre notre temps, alors que le temps appartient à Dieu.  En fait, nous ne sommes pas les bâtisseurs de l’église, mais les serviteurs.  Un dicton dit : nous devons porter l’église sur notre cœur et non sur nos épaules.   Le temps de Dieu se déroule au travers le plan de Dieu… non le nôtre !

Et si…

Le temps de Dieu était sur… des milliers d’années.

Nous ne sommes que des surfeurs à relais avec une infime partie de la course à exécuter afin d’avancer vers la nouvelle Jérusalem.  Le temps devient bien relatif dans un agenda éternel !  Lorsque le leader comprend ce principe, il réalise que l’important, ce n’est pas l’activité, ni même le temps qu’il prend, mais ceux qui surfent avec lui, afin que le plus grand nombre traverse la vague !

L’attitude du leader chrétien

Être leader va au-delà des capacités à diriger.  C’est une façon de vivre qui imprègne celui qui l’exerce et teinte ceux qui l’entourent.  Il influence se pairs et les inspire ou pire, les dissuade de plonger dans le projet de Dieu.  Un leader selon l’Évangile a plus que des compétences, il a le caractère et l’attitude qui donnent au monde ses couleurs.  Il a l’attitude qui attire et nous infuse sa passion pour Jésus.  Un leader chrétien digne de ce nom est inspirant, il est passionné et il est engagé jusqu’à l’âme dans sa mission d’amener les hommes vers l’Évangile de la grâce de Jésus.

Nous prenons souvent 1 Timothée 3 comme balise et guide pour évaluer le leadership chrétien, et c’est très bien, mais, Pierre nous complète, dans la profondeur, ce qu’il faut non seulement faire, mais surtout être pour devenir un leader selon l’Évangile.

« Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec dévouement ; non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau. »  -1 Pierre 5.2, 3 

Un leader chrétien est inspirant

« Non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu ».

Être inspirant, c’est avoir cette capacité d’insuffler la passion.  Il instille dans le cœur des autres le goût de Dieu, une influence spirituelle  qui se vit lorsque l’on est en contact avec le leader qui a développé cette qualité.  Car l’inspiration se développe, elle se construit à la mesure de notre propre foi et notre propre passion.

Un leader inspirant n’oblige pas, mais suggère. Il instruit, exhorte, encourage, montre la voie. Paître PAR contrainte ne s’applique pas nécessairement au sentiment qui l’habite, ni aux obligations qui risqueraient de l’écraser, mais plutôt à la façon dont il exerce son influence. Un leader volontaire, qui compte sur le volontariat, il recherche et désire provoquer chez les autres un esprit bien disposé, de plein gré. Sans manipulations ou manigances pour arriver à ce qu’il croit être les fins de Dieu. Il amène ses camarades à s’élever dans une intimité motivante dans le Seigneur. Il n’est, ni plus ni moins, qu’un pyromane spirituel !

 

Il n’est, ni plus ni moins, qu’un pyromane spirituel !

 

Le leader inspirant pousse les frères et sœurs à vivre pour Jésus par le ministère de la Parole. Il inspire le monde qui l’entoure à rechercher Dieu. Il fait fi de sa vie pour que les autres vivent. L’inspiration d’un leader se ressent dans son exercice : il n’a plus peur de perdre sa valeur, car il sait qu’il l’a pleinement en Christ. Il a appris, par sa relation intime avec le Sauveur, qu’il ne peut atteindre une plus grande valeur que celle qu’il a. Par conséquent, il n’a plus d’attentes envers l’acceptation des autres ou leur amour. Il a la pleine liberté de décider d’inspirer les autres vers Jésus plutôt que vers lui-même. Il décide de garder toutes ses pensées captives en Christ, conscient de l’impact qu’il a sur ses compagnons d’œuvre.

Un leader chrétien est passionné

« Non pour un gain sordide, mais avec dévouement ».

La passion ne s’imite pas, elle se vit et se transmet par inspiration.  La passion est un choix personnel, celui de me concentrer sur l’essentiel.  Elle se reconnaît au travers la transpiration dédiée à la cause de l’Évangile : une folie divine inspirée.

Un leader passionné ne cherche donc pas le gain douteux, que ce soit sonnant, glorifiant ou même résonnant, mais son dévouement trahira la source de sa passion. Il œuvre pour refléter la gloire de Dieu, sans colère ni irritation devant les moins bonnes brebis !  Son champ passionnel est l’Église, celle du quotidien, locale et tangible.

Lorsqu’un leader est passionné, un feu, une passion, un empressement le poussent, en avant, dans ce qui attise l’objet de sa passion : l’Évangile.  Un passionné qui n’abuse pas des brebis, il entretient plutôt le feu en eux et désire le transmettre. Le chemin de la passion fait réaliser qu’il a compris que Dieu l’aime tel qu’il est, rien ne le surprend puisqu’il est intimement lié à lui. Pourtant, il ne s’engage pas dans le compromis tant dans sa vie privée que parmi ceux qu’il dirige.

Un leader chrétien est engagé

« Non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau ».

L’engagement, pour un leader, ce n’est pas de faire des choses ou de belles activités, c’est le don de soi, l’abandon à l’image du Maître, la mort du moi au profit du nous.  Loin de dominer, il décide d’être modèle du troupeau.

Un modèle de transparence et d’honnêteté.  Conscient de sa propre condition humaine, il sait n’être qu’une brebis qui dirige d’autres brebis, il évolue au milieu d’elles et il évalue les autres avec la même balance que Jésus.  Sans dominer, tyranniser, se rendre maître, ou amener sous son pouvoir, le leader engagé se fait un honneur à chercher le plein épanouissement, et la pleine liberté de ses frères et sœurs.

L’engagement est alors teinté de la douceur et de la miséricorde, ayant en tête l’exemple de Jésus, aucune expectative envers les brebis sinon la relation avec le Seigneur. Devant le danger de la crainte des hommes, le leader engagé ne cherche pas l’activisme ou les semblants d’engagement, mais la profondeur d’être avec le Seigneur et investir dans la vie des autres.  Un leader qui décide de donner et d’être engagé dans l’édification et l’épanouissement de l’Église.

Un leader progressif

Ce leader inspirant, passionné et engagé est un reflet puissant de Jésus.  Il est le fruit d’une lente réflexion et d’un désir de servir tout en aimant ceux qui lui sont échus en partage.  Une décision personnelle qui émerge d’une passion pour l’Évangile.  Une attitude qui se développe, s’infuse au quotidien dans la prière, dans la redevabilité surtout dans l’Église.  Un leader que seul l’Évangile peut forger. Une aspiration qui débute le jour où je le désire.

Le leadership selon l’Évangile

Jésus les appela et leur dit: « Vous savez que les chefs des nations dominent sur elles et que les grands les tiennent sous leur pouvoir.  Ce ne sera pas le cas au milieu de vous, mais si quelqu’un veut être grand parmi vous, il sera votre serviteur; et si quelqu’un veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave.  C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup. »  – Matthieu 20.25-28 

Dans la danse de la vie, l’aspiration ultime de chacun est de mener le bal.  Diriger la ronde, surtout avec les partenaires qui nous côtoient.  Nous voulons choisir la chanson, décider des pas à faire et déterminer la cadence sur le plancher.  Avec nos affinités et nos tempéraments, soit que nous restions sur les bancs de côté, trop timide pour monter sur les planches, à espérer être choisis ou encore nous donnons du pied afin de mieux diriger.

La définition d’un leader est simple : « Une personne qui, à l’intérieur d’un groupe, prend la plupart des initiatives, mène les autres membres du groupe, détient le commandement ».  Celui qui est le premier, celui qui est le leader… Ceux qui détiennent le commandement sont, dans notre monde, bien souvent ceux qui l’arrachent au détriment des autres.   À force de pression, de manipulation et de tergiversation, ils arrivent à l’ultime destination : diriger leurs pairs afin de les amener là où ils jugent bon vivre. Leurs désirs sont LES désirs, leur air est L’AIR commun, le plancher unique ou tous devraient, selon eux, danser en ligne et avec le moins d’écart possible. Ce n’est pas l’avis de Jésus…

Il veut être grand

L’aspiration à diriger n’est pas un mal en soi.  Cependant, il comporte une énorme responsabilité.  Celui qui désir guider ses pairs doit soigneusement choisir la direction et le chemin à suivre.  Il devient responsable de la direction qu’il propose. Il est garant de ses décisions.  Le leadership débute au-delà des talents naturels.  Plus que le charisme ou l’influence, il y a la conscience : celle de celui qui désir amener dans la danse ceux qui l’entourent.  Pour le leader chrétien, c’est celle de Dieu, l’Évangile.  Le leader est tout d’abord quelqu’un de conscient de sa propre direction.  Il procède à une introspection volontaire et active afin de jauger ses motifs et reconnaître pourquoi il fait ce qu’il fait et comment il le fait, puis, il examine pourquoi il désir diriger.  Un exercice d’humilité qui se danse à genou, devant le Leader des leaders, le Seigneur des Seigneurs.

Le leader chrétien est conscient qu’il aura à rendre compte de ses décisions, ses paroles, ses actions et de son influence (Hébreux 13.17).  Il est un chrétien qui s’avoue être danseur, mais pas chef d’orchestre.  Ce n’est pas lui qui décide de l’air qui joue, mais celui qui dirige les pas en suivant la musique. Il est sensible au rythme et au mouvement, il sait identifier la mélodie que le chef exécute afin d’amener les autres à suivre la danse.

Il donne la cadence

«Mais si quelqu’un veut être grand parmi vous, il sera votre serviteur ».

Le leader chrétien a compris qu’il n’est qu’un serviteur, celui du Seigneur.  Un serviteur au service des autres serviteurs.  Son pas est dirigé vers le service envers les autres. Son désir de diriger n’ est pas une volonté de domination, mais d’amour.  « Je sais que ce pas est le bon pour le bien et le bonheur de l’autre, et je suis prêt à en devenir l’exemple vivant, servir quitte à danser seul peut-être, mais en sachant que je suis toujours avec le Seigneur ».  Servir, c’est être prêt à souffrir.

Le leader serviteur est celui qui connaît la source de sa joie et a appris le contentement en Jésus seul.  Il peut alors être libre de tout désir de contrôle et de la tentation bien humaine de ramener à soi, puis agir dans l’espérance d’être servi.  Il est un leader à l’image de Jésus qui «  (…) s’est dépouillé lui-même en prenant une condition de serviteur, en devenant semblable aux êtres humains. Reconnu comme un simple homme ». – Philippiens 2.7.

 

L’amour et l’humilité sont les deux souliers du danseur-leader.  

 

Esclave volontaire

Peu populaire à notre époque d’individualisme, de plaisirs et de besoins centrés sur le moi, le leader chrétien choisit pourtant la danse la plus difficile : celle de l’esclavage volontaire.  En fait, plus l’ambition est grande, plus l’abaissement est nécessaire.  Si un leader désire la grandeur,  son ambition sera d’être serviteur, et s’il envisage la première place, il devra prévoir l’esclavage !  Aux yeux du Seigneur, dans son Église, plus la position est haute, plus l’humilité doit tenir le pas… jusqu’à suivre ceux du Seigneur sur la croix et être prêt à mourir pour ceux qu’il dirige.

L’amour et l’humilité sont les deux souliers du danseur-leader.  On ne dirige pas l’Église sans désirer l’aimer ni sans savoir que sans Christ nous ne pouvons rien faire.  Tout ce que nous sommes, tout ce que nous faisons et tout ce que nous pouvons, nous l’avons uniquement par grâce.  La dépendance totale et intégrale qui nous force à l’abandon complet afin que Son amour fasse le travail au travers nous.  Sinon, c’est la politicaillerie ou pire, la dictature qui pointe.

Un leader passionné

Au-delà du service, de l’esclavage et de l’aspiration, il y a la passion.  C’est l’essence même qui fait gravir l’échelle du leadership et permet de concilier humilité et direction. Pour obtenir la première place des esclaves volontaires, dans un cœur de leader chrétien, il doit impérativement y avoir une passion profonde pour l’Église de Christ.  Une passion pour l’Évangile qui nous fera dire, comme Paul :

« (…) je ne considère pas ma vie comme précieuse, pourvu que j’accomplisse avec joie ma course et le ministère que le Seigneur Jésus m’a confié: annoncer la bonne nouvelle de la grâce de Dieu ».  – Actes 20.24

1er janvier

« Mon fils, si des pécheurs veulent t’entraîner, ne cède pas ! »
-Proverbes 1.10

Qu’est-ce qu’un leader ?

Le dictionnaire nous définit un leader comme étant un meneur.  Celui qui est en avant et donne une direction.  Un leader est tout d’abord une personne qui a fait un choix, celui d’un parcours.  Il sait où il va, et même plus, il choisit où il ira.  Il est passionné par son but et cherche à attirer le plus grand nombre afin de les amener avec lui.  Il est un meneur.

Le leader est une boussole.  Il pointe une direction et trace une route pour ceux qui les entourent. Qu’elle soit bonne ou mauvaise dépendra de ses valeurs et son allégeance. En fait, chacun est leader. Chacun influence quelqu’un.  Lorsque j’invite un ami à écouter une partie de hockey, je l’influence vers mon choix et l’attire banalement dans mon sillage.

Qu’est-ce qu’un leader chrétien ?

C’est tout d’abord un disciple de Jésus.  Il a choisi de suivre le leader des leaders, Jésus-Christ et s’efforce de l’imiter dans tout ce qu’il est.  Sa boussole pointe vers Christ.  Il s’en nourrit, cherche à le connaître, le rencontrer… le suivre.  Sa route est marquée par l’évangile de la grâce de Dieu.  Un chemin étroit et puissant, libérateur et indicateur de l’amour de Dieu. Dans sa passion, le leader chrétien aspire ceux qui l’entourent à devenir des disciples et marcher sur le chemin de l’Évangile. Il désire se laisser influencer par l’Évangile afin d’influencer ceux qui l’entourent.

Quel leader suis-je ?

Nous sommes tous leaders de ce qui nous passionne et chercherons à attirer vers nos passions ceux qui nous entourent.

Seigneur, embrase mon cœur pour l’Évangile, afin que je devienne une boussole pour ceux qui m’entourent.