Il y a mieux qu’un disciple!

« … La connaissance enfle, mais l’amour édifie. » -1 Corinthiens 8.1 

J’ai toujours aimé cette phrase percutante de l’apôtre Paul.  Il s’agit d’une image remplie de paradoxes.

D’un côté, nous avons les adeptes de la connaissance.  Connaissance des règles établies, de ce que Dieu exige et demande dans sa Parole, la Bible.  Ceux qui ont cette connaissance sont des experts de cette Parole.  La cite, la répètent, la connaissent et s’y imprègnent afin de bien connaître ce que Dieu veut ou non.  L’image que Paul nous donne pour qualifier cette connaissance, c’est qu’elle enfle!  Le mot utilisé originalement est: gonflé.  Comme un ballon qui prend de la place dans une pièce, mais qui, en fait, est vide au-dedans.  Comme un décor de cinéma dont on ne se préoccupe que de la façade pour le plaisir des spectateurs.

À l’autre extrémité, il y a les adhérents de l’amour.  Un amour qui comme le dit l’apôtre ici, édifie. C’est-à-dire, qui construit.  Un amour solide, qui remplit la personne qui le vit.  Un amour dirigé vers Dieu et le prochain, qui sort tout simplement du paradoxe.  Un amour qui ne cherche pas tant la raison, mais simplement l’être!

Dans notre conception du christianisme, et appuyé sur la parole de Jésus qui nous envoie aux extrémités de la terre pour y faire des disciples (Mat 28 :19), nous avons mis le disciple au-dessus de tout ce qui peut se faire dans le moule chrétien.  Un converti arrivé est un disciple accompli.  Point à la ligne!  Un disciple n’est-il pas un élève qui suit un maître?

Mais voilà le hic!  On peut très bien être un disciple, connaître tout le conseil de Dieu et n’avoir de relation avec Lui qu’au travers son enseignement.  Être des diplômés de la foi sans couleurs et sans saveurs.  Déverser des versets à profusions et des réponses à toutes questions, mais avoir un cœur sec et vide à l’intérieur.  Gonflé à bloc par la gratification de la connaissance et du bien paraître.  Celle de bien faire les choses et avoir l’impression, par-dessus le marché, que Dieu nous approuve .

C’est exactement ce que Jésus reproche aux docteurs et scribes de son époque.  Les disciples du courant officielle.  Ces religieux qui connaissaient souvent par cœur les premiers livres de la Bible, qui les récitaient jour et nuit, qui les étampaient sur leur front et qui les gravaient sur les murs de leurs maisons, connaissaient la Parole.  Et pourtant, lorsqu’elle s’est manifestée a eux en chair et en os, cette même parole incarnée leur dit :

« Ce peuple m’honore des lèvres, Mais son cœur est éloigné de moi. » – Matthieu 15.8

Être disciple n’est pas suffisant.   Suivre Jésus n’est pas suffisant.  En effet, Judas n’était-il pas un disciple?

Être disciple peut même devenir un piège de condescendance, une fosse que l’on creuse soi-même en croyant que nous nous protégeons, alors que nous devenons nos propres fossoyeurs.

Il y a plus, et il y a mieux.  Le christianisme n’est pas une religion de la tête, mais du cœur.  Un émerveillement puissant de l’amour de Dieu manifesté au travers Jésus-Christ.  Une réponse corps, âme et esprit a cet amour.  Une reddition inconditionnelle devant la croix et une joie débordante devant la grâce qui nous touche maintenant au travers Lui.

Avant même de parler de disciple, Jésus nous demande d’être des adorateurs.

[quote]En effet, nous pouvons très bien être un disciple et ne jamais adorer celui qui nous enseigne.  Invariablement, tout adorateur deviendra disciple de celui qu’il adore.[/quote]

Il nous demande d’être avec lui, tout simplement.  Il nous réclame le cœur.  Il désire que nous soyons des adorateurs amoureux.  Le mettre sur notre trône intérieur et être en véritable pâmoison devant Lui.  Comme ces amoureux qui se découvrent et dont même les silences expriment la puissance de leur amour.   Jésus n’a rien à faire des simples disciples…

En effet, nous pouvons très bien être un disciple et ne jamais adorer celui qui nous enseigne.  Invariablement, tout adorateur deviendra disciple de celui qu’il adore.

L’adorateur de Jésus, c’est celui qui se délecte à la source de Dieu lui-même.  Celui qui découvre une manne infinie qui le laisse sans cesse affamé.  Être adorateur, c’est un élan du cœur qui fait de Jésus l’unique source de son contentement.  Comme Piper le dit si bien, nous devenons des hédonistes chrétiens.  Nous nous réjouissons en Lui et notre appétit de Lui ne fait que grandir devant son amour infini.  Et c’est là, à la source de cet insatiable faim, que l’on découvre le disciple véritable.  Sa Parole devient un puits, une source, un océan qui me parle avec la voix de celui qui m’aime, et que j’aime.

Être un adorateur avant d’être un disciple, c’est un apprentissage fusionnel.  C’est l’école du cœur.   Il m’aime, je l’aime et je désire le connaître toujours plus.  Sa parole transcende les pages imprimées et chuchote directement à mon cœur.  J’apprends ce qu’il est et j’aime ce qu’il aime.  Mon obéissance n’est plus une bête soumission, mais une joyeuse excursion avec celui qui m’accompagne tous les jours.

Et si je manque à ma résolution?  Plutôt que de me morfondre en contrition et en culpabilité, je saisis la main que j’aime et je me relève.  Je me plonge dans ses bras, me réconforte au son de sa parole et me laisse tout simplement aimer par celui qui est mort pour moi, et dont rien ne pourra jamais me séparer (Ro 8:39).

Il y a mieux qu’un disciple, oh! Que oui!  Un adorateur en esprit et en vérité (Jn 4:23).  Lorsque nous décidons de devenir des adorateurs, tout le christianisme prend son sens et passe du noir et blanc à la couleur!  D’une religion à une relation!  Et toute notre vie de chrétien se teinte de cette révolution d’amour.  C’est dans cet élan du cœur que la louange tire sa source et son sens.  Que les œuvres se transforment an actes de compassions et que l’amour de mon prochain devient un canal de Son amour.

La connaissance est une bonne chose, mais si elle n’est pas poussée par une adoration véritable, elle n’est qu’un métal qui bourdonne, une cymbale fêlée qui dérange, de belles actions, de belles paroles sans la saveur, la couleur et l’odeur de Christ (1 Cor 13:1).   Un gros ballon bien rempli de nous-mêmes.

Devenons des adorateurs, et nous serons des disciples véritables.

Une grande année!

« Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons ».  – Éphésiens 3.20

Pour l’année 2019, je nous souhaite tout le succès, tout l’accomplissement et toute l’ambition inimaginable.  Visons plus haut que haut et plus que vainqueur!

À condition d’y croire et de le vouloir.

Croire et vouloir

En effet, nous avons cette habitude au Québec de traiter tout ce qui nous importe avec la petitesse de nos aspirations.  Une petite vie, un petit quart d’heure, des petits problèmes… tout est petit chez nous.  Comme si tout le Québec avait perdu l’ambition du dépassement.    Au point ou lorsque nous voyons une personne chercher à se dépasser ou pire (!) être le meilleur de sa discipline, un goût désagréable d’orgueil nous laisse la bouche ouverte, comme si nous avions affaire a un prétentieux voulant écraser tout ce que se trouve autour lui.

Pourtant, lorsque nous nous convertissons au christianisme, nous sommes censés sortir du cercle du « mini-me » québécois, aussi édulcoré que le l’édulcorant… mais en plus petit.  Plus diète.  Être chrétien nous amène à des aspirations célestes, par un Dieu tout puissant qui nous exige la grandeur de sa gloire.  Nous sommes non pas destinés, mais fondamentalement des mutants du succès de Dieu.  Des Plus que vainqueurs (Ro 8:37), des réclameurs d’infini (Eph 3:20), des prédestinés d’éternité (Eph 1:11).   Ce n’est pourtant pas ce que nous voyons ni entendons généralement dans l’église québécoise.

Comme si 400 ans de mortifications imposés par une religion d’état, de combats contre les éléments déchaînés, contre les hivers glacials, contre les conquêtes anglaises et américaines et contre vent et marée nous avaient gardé les yeux rivés sur nos propres échecs plutôt que sur notre grande résilience.

Comme si notre identité spécifique en ce domaine est restée collée quelque part sur le crucifix du parlement et n’est pas encore sortie du tombeau pour une résurrection glorieuse.

Cette force qui nous entraîne dans l’abîme, au fond du lac des ambitions résignées, nous amène à voir un succès là ou plusieurs ne verraient qu’une nage en sur-place.  Nous nous contentons de si petit!  J’en suis à me demander si cette distorsion n’est pas la source de notre échec spirituel.  Huit millions et demi de québécois et a peine plus de quarante mille chrétiens.  On ne remplirait même pas un stade de football universitaire chez nos voisins du sud!  Oui!  Le christianisme semble être un échec cuisant au Québec, comparé aux autres pays occidentaux, africains et même asiatiques.  Et nous nous complaisons dans un rôle de victime.

Et comme toutes-bonnes victimes, nous transférons sur l’autre la cause de la difficulté.  Des soupirs tels que : « La terre est aride au Québec », et « Les Québécois ne veulent plus de Jésus », vienne nous conforter en nous disant que ce n’est plus notre problème.  Nous en venons à la conclusion que le Québec est perdu une fois pour toutes, et nous ramenons les hauts faits du passé en ressortant les miettes des héros qui nous ont précédés comme des exploits d’une époque révolue.

Paradoxalement, ce que je vois dans mon quotidien, c’est une nation qui se cherche une raison d’être.  Pris en sandwiche entre plusieurs générations différentes, le québécois est beaucoup plus ouvert que l’on ne semble le croire au phénomène religieux, le point commun a toutes ces générations est cette soif de spiritualité et de profondeur.  Le monde n’est pas stupide et voit le désarroi qui l’habite.  Le problème n’est pas dans la demande, mais dans l’offre!

Nous avons de la compétition.

[quote]Le québécois moyen nous dit : « Bon!  Vous me dites que vous avez LA vérité et que vous êtes sauvés… prouvez-le! »…[/quote]

Compétitifs

J’ai l’impression que nous avons fait ce que nous critiquons… nous avons jeté le bébé avec l’eau du bain!

Le québécois moyen nous dit : « Bon!  Vous me dites que vous avez LA vérité et que vous êtes sauvés… prouvez-le! ».  Montrez-moi Jésus que je le suive.  Nous présentons un Jésus historique, un Jésus académique, décrivons ce qu’il est à grands coups de verset, mais oublions trop souvent d’être celui qu’ils recherchent.  Nous utilisons notre tête pour combler le cœur.   Et lorsque nous sommes poliment remerciés, nous réagissions comme des victimes offensées.  Nous appelons cela des persécutions, de l’aridité.  Nous jetons notre responsabilité avec la difficulté alors que le véritable problème est que nous donnons des bonbons à une société qui demande de la viande.  Ils veulent voir, pas seulement entendre.  Bref, que nos bottines suivent nos babines, comme dit le dicton.

Pendant ce temps, tout un éventail de religions alternatives vient gagner le cœur des Québécois.  Avec des représentants souvent plus convaincus et convaincants.    Offrant des méthodes et imposant même une rigueur plus grande que ce que Jésus ferait.  Pour gagner le Québec, nous aurons à jouer du coude et être excessivement compétitifs!

Des adorateurs

Ce dont nous avons besoin est de redécouvrir Jésus.  Lâcher la tête et viser le cœur.  Chercher à devenir des adorateurs avant d’être des élèves (lire des disciples).  En effet, un adorateur suivra toujours celui qu’il adore, mais un disciple peut très bien se contenter de la médiocrité de la connaissance.  C’est ce que Jésus disait aux disciples du judaïsme de son époque : « Jésus leur répondit : Hypocrites, Esaïe a bien prophétisé sur vous, ainsi qu’il est écrit : Ce peuple m’honore des lèvres, Mais son cœur est éloigné de moi. » – Marc 7.6

J’ai l’impression que le confort nous a fait croire que nous étions arrivés.  Cette sensation de contrôle mêlée à un manque d’opposition nous a laissés penser que tout allait bien.  Jésus est devenu l’accessoire central de nos églises, un prétexte pour présenter notre propre visage.   Au final, les Québécois y voient beaucoup plus clair qu’on n’y pense.  En ne voyant pas une assez grande différence avec leurs quotidiens, ils ne trouvent pas dans ce que nous offrons un morceau pouvant remplir un cœur en recherche.

Ce que je nous souhaite en 2019, c’est d’avoir l’ambition des aspirations de Dieu pour nous : Rien de moins qu’être des adorateurs de Jésus, corps, âme et esprit. Viser haut et viser glorieux.  Viser Jésus.  Bonne année d’adorateur!