Tous dans le même bateau!

Une expression que j’aime utiliser est : « nous sommes tous dans le même bateau de pêcheurs ».

J’aimerais voir l’église locale comme un grand bateau, les chrétiens navigants sur les mers du monde tel des explorateurs modernes, allant avec courage et détermination jusqu’aux confins de l’univers connu pour y rescaper des perdus.  Chacun sachant le rôle qui lui est échu et tous uni derrière notre mission commune nous chantons gaiement des hymnes marins et hissons joyeusement les voiles, les pavillons et sans oublier la bannière de Christ…

La réalité est bien différente!

En fait, nous sommes tous confinés dans le même lieu clos, sans portes de sortie, exposés au large, aux tempêtes et aux périls des mers, et où l’unique espoir est d’arriver à bon port en un seul morceau.   Nous nous sentons souvent coincés dans la cale, comme condamnés.  Nos vaisseaux se buttent aux monstres marins, s’échouent dans les récifs, se disloquent sous la puissance des vagues et assaillis sans répit par les éléments, notre nature propre nous rappelle que nous sommes sans contrôle sur ces mêmes éléments.

Nous sommes dans ce bateau unique où les mutineries sont nombreuses.  Les murmures contre le capitaine et ses officiers sont cruels et souvent sans relâches.  Les pêcheurs sont critiques et cyniques, c’est bien connu.  Tout ce qui dérange est matière à exposer ses préférences.  Le tricorne du capitaine, les souliers des moussaillons, la couleur des voiles sans parler de l’itinéraire combien de fois discuté et débâclé.  J’ai vu dans mes vingt ans de mers des marins obligés de faire la planche et être jetés vivants aux requins.  D’autres, pris de paniques, ont bêtement sauté hors du bateau.   Nous ne les avons jamais revus.  Avalé par la mer et son insatiable soif du sang des matelots.

Dans notre traversée de l’océan de la vie, nous sommes confrontés à un équipage souvent disparate et capricieux.  Des capitaines insécures et inexpérimentés, et nous-mêmes, influencés par nos propres compas et boussoles, nous nous croyons connaître LE bon port!  Affolés au moindre craquement venant des tangages ininterrompus du bateau, nous tentons tant bien que mal d’amener le navire vers le phare, sans souvent savoir reconnaître les bonnes étoiles nous avons bien plus souvent l’impression de dériver que de suivre une carte et un itinéraire bien précis.

[quote]Nous sommes tous dans le même bateau de pêcheurs.  Nous sommes tous des pécheurs finis, et dans notre nature profonde, nous allons toujours tenter nos mutineries.[/quote]

OUI!  Nous sommes tous dans le même bateau de pêcheurs.  Nous sommes tous des pécheurs finis, et dans notre nature profonde, nous allons toujours tenter nos mutineries, exécuter notre justice et éliminer à grand coups de sabres tous ceux qui oseraient se mettre au travers notre route.  Même notre instinct de survie n’arrive pas à faire régner la paix entre nous.   En fait, l’histoire de notre monde est l’histoire des guerres, des génocides et de toutes les horreurs dont nous sommes seuls capables.

Prenez une centaine et plus de ces pirates rebelles, confinez-les ensemble dans une coque de noix et dites-leur de conquérir les mers à grands coups d’amour!  C’est tout simplement impossible.  Irréalisable et même utopique, pour ne pas dire farfelu.

Mon ami Louis dit souvent : « L’Église c’est un miracle »!  Rien de moins.  En effet, naturellement, et si cela n’en tenait qu’à nous et nos capacités, nous devrions être au fond de la mer, aux côtés du Titanic, étant nous-mêmes l’Iceberg ET le constructeur.

Mais voilà! Il y a plus et mieux que nous dans ce bateau.

Jésus lui-même construit son navire et les marins qui l’occupent.  Il place les officiers, puis, son Esprit guide et dirige ce navire vers l’étoile du matin.  Une force, une personne, une puissance, notre Dieu, en total contrôle, les deux mains sur le gouvernail, ne l’oublions jamais.

C’est à nous de tout d’abord réaliser quel genre de marins nous sommes.  Puis de nous soumettre aux capitaines que le suprême commandement nous donne.  Trouver notre joie dans le fait même d’être sur le bateau et non à surnager en mer.  Développer la camaraderie avec les pêcheurs qui nous entourent et vivre « Les copains d’abord ».

Devenir matelot sur le vaisseau du grand amiral demande de mourir à soi-même et vivre pour Lui.  Nous l’oublions bien souvent, surtout lorsque la tempête fait rage et que les lames de la mer nous projettent contre les balustrades du bateau.  Abandonnons toute rébellion, et passons de pirates à mathurin du Roi.  D’homme pécheur à pêcheurs d’homme.

L’Écho du ciel!

La semaine passée, je suis allé au concert.  Comme des centaines de personnes ce soir-là.  Comme des milliers de personnes, voir des millions cette année.  Rien de surprenant, c’est le quotidien banal de la plupart d’entre nous.   Et pourtant, quelle soirée!  Ce n’était pas tant les notes de musique, la technique des instrumentistes, ou encore le chef exceptionnel.  C’est la musique, juste la musique!

La musique, c’est le propre de l’humain, personne d’autre sur la terre ne joue de musique.  Certains singes tapotent au hasard, des oiseaux gazouillent pour avertir, mas rien ne se compare à la musique.  C’est un élan de l’intérieur dont personne ne se lasse.  C’est l’expression de nos émotions transformées en son, et distribuées à tous dans un langage compris de tous.  L’art, c’est l’alphabet des sens.  Un langage universel qui se comprend entre nous au travers le monde entier.  La musique, c’est l’air de nos sentiments.  Nous respirons par elle.

 

L’art, c’est l’alphabet des sens.

 

La musique inonde nos sens, elle nous envahit et nous enrobe, nous transporte dans un monde parallèle. Écoutez un film sans musique et vous comprendrez combien la musique ajoute et précise, combien elle enveloppe avec une texture unique impossible à reproduire même avec les meilleurs acteurs.

La musique envoûte et nous fait décrocher de la réalité et du présent.  Un instant d’éternité que nous vivons et qui nous transporte a la source même des intentions de Dieu :  Sa gloire!  Dieu brille au travers la musique, pourvu que nous le percevions.  La musique est un écho du ciel, un écho lointain que nous recherchons sans cesse.  Un Graal et une quête sans relâche on notre cœur intérieur cherche une connexion perdue et dont la musique tend la main.

La musique est un souvenir, un résidu d’un lointain passé ou corps, âme et Esprit étaient en harmonie avec le créateur.  Ou la musique exprimait le débordement de joie de Le connaître. D’être un avec Lui.  Un écho lointain.  Une pâle reproduction que nous nous acharnons à recréer dans l’espoir d’y retrouver une goutte d’éternité.

La musique enivre et nous fait perdre pied.  Elle fait tourner la tête et accompagne dans la joie et la tristesse, révélant tour à tour nos états d’âme.  Chacun a sa chanson qui lui rappelle un moment joyeux ou triste.  Elle nous accroche en bas alors qu’elle devait nous transporter plus haut.  Elle accroche, et nous en sommes dépendants.   Plus on nous en donne, plus nous en voulons.  Nous sommes tous des accros!  Dépendant de musique.  Une musique pourtant déconnectée de sa source, une pâle copie de l’œuvre originale.

Lorsque j’écoutais l’oratorio Elijah de Mendelssohn, mardi passé, je vivais l’interprétation de sa vie, les sentiments, le désespoir et les victoires telles que l’auteur les a imaginés. Et c’était magnifique, majestueux.  Tout le chœur St-Laurent et l’orchestre de chambre de McGill, ont accompli leur travail avec brio.  J’ai oublié qu’ils étaient là!  Pourtant si nombreux, la musique jouée sans anicroche transcendait ce qui se passait sur scène et m’amenait dans l’univers de l’œuvre.

Souvent je me demande ce qu’aurait l’air la musique de l’auteur des auteurs, l’Artiste divin, le Seigneur!  Être en connexion directe avec ses émotions, avec ses pensées puis les ressentir comme l’œuvre que j’ai entendue.  Une musique en direct, sans l’interprétation de notre chair.   La seule façon d’y arriver, c’est de diriger la musique.  La diriger vers le haut et l’offrir à Dieu comme un sacrifice.  Révélant toutes nos limites, et tout notre désir de découvrir la partition en entier.

« Ne vous enivrez pas de vin, c’est de la débauche. Soyez, au contraire, remplis de l’Esprit ; entretenez-vous par des psaumes, par des hymnes, et par des cantiques spirituels, chantant et célébrant de tout votre cœur les louanges du Seigneur »  – Éphésiens 5 : 18, 19

Et je chante alors à Dieu, vers Dieu, des cantiques que je connais, je prends ma guitare et je loue.  Peu importe la qualité ou l’interprétation, je ne fais pas un spectacle, je connecte, mon âme, mes émotions et me laisse immerger par la présence de Dieu.

Et lorsque j’écoute un oratorio, ou toute autre musique, je recherche l’écho de la voix divine.

La mort tombée du ciel

Durant le sommet du G7, le président Obama en a profité pour visiter le parc mémorial pour la paix d’Hiroshima. 71 ans plus tard, la radioactivité tend à retomber.  Du bout des lèvres le président américain a exprimé que la décision de LA bombe était tragique, mais qu’en temps de guerre, un président a souvent des choix difficiles à faire, en qualifiant l’événement de la « mort qui est tombée du ciel »1.

L’image est saisissante.

À l’instar des chevaliers de l’apocalypse, l’épée à la main, semant la destruction, la mort et le malheur.  Une vision de la fin des temps bien actuelle où nous avons vu ce bombardier reluisant, presque beau, viser la petite ville et retourner le plus rapidement possible à sa piste d’atterrissage, laissant derrière lui la destruction totale et des dizaines de milliers de morts.   Une ville grouillante, rasée en une fraction de seconde, stigmatisant toute une planète et ce, pour toujours.  Hiroshima fait partie de ces événements historiques dont le nom se mêle à la honte.

La mort tombée du ciel, comme si l’événement était sous la gouverne des dieux, Mars en l’occurrence, dieu de la guerre, profitant des faiblesses humaines pour nous tourner les uns contre les autres et faire en sorte que l’on s’entretuent.  Nous, victimes des lubies imprévisibles d’une divinité capricieuse et hargneuse.

Quelques historiens doutent de la pertinence de cette première bombe nucléaire, mais le choix de la seconde, elle, sur Nagasaki quelques jours plus tard, ne laisse aucun doute.  Elle exprime quelque chose de beaucoup plus profond : la victoire durant une guerre se gagne par la pression du sang.  Une pression à froid qui éclate dans une coupe de colère à peine masquée.  La guerre est ainsi, depuis que l’homme est homme, depuis Caïn contre Abel puis tous les autres meurtriers, justifiés par une paix illusoire.

En fait, la mort ne vient pas du ciel, mais du Cœur de l’homme.  C’est la réalité profonde des guerres et Hiroshima n’y fait pas exception.  Remettre la responsabilité a un affreux bombardier, à un président d’état aseptisé ou un coup du destin, c’est dépersonnaliser, presque blanchir des actes effroyables et horribles qui n’expriment au fond que ce qui empli le cœur humain.

L’histoire de l’homme, c’est l’histoire des guerres, disait un autre guerrier, et croire que la mort descend du ciel c’est croire que l’homme peut s’en laver les mains.

La censure, c’est sûr

La nouvelle de la semaine, c’est l’indignation de Mike Ward devant la censure que lui a fait subir les avocats de la compagnie d’assurance du gala des Oliviers, où il devait présenter un numéro1. Jusqu’aux collègues humoristes qui s’en sont mêlés, avec les masques ornés du X digne des victimes d’états totalitaires.  C’était une belle solidarité.  Maintenant, Mike Ward songe à boycotter la compagnie persécutrice2.

Je vous avoue sincèrement que je comprends profondément ces sentiments d’indignation devant une injustice si flagrante.  Se faire rabrouer et interdire de dire ce que l’on croit juste, se faire rabaisser, et même humilier en raison de ses opinions, je l’ai vécu plus d’une fois comme chrétien. Parfois en famille, d’autre fois à l’école. Pointé du doigt, mis à l’index, ridiculisé et injurié.  Je sais que je ne suis pas le seul, et je ne parle pas d’un obscur christianisme intégriste des extrémités de la terre.  Je suis un chrétien assez timide, qui pourtant n’a pas honte de ses opinions.  Un chrétien au Québec, terre de l’acceptation des opinions, de la liberté de religion et des humoristes persécutés.

Je comprends ce goût amer et suret de la censure qui nous éclabousse subitement, souvent lorsque l’on croit vraiment bien faire.  Mais nous, nous n’avons pas l’espace médiatique pour faire valoir nos droits.  En fait, les médias sont plutôt une source de sure qu’une plateforme d’expression pour les quelques milliers de chrétiens qui habitent le Québec.  Mais je ne veux surtout pas transférer le martyre, chacun son combat.

Lorsque j’ai vu par la suite tous ces humoristes masqués s’indigner cette fois-ci contre un des leurs, Martin Matte qui a osé faire une remarque acerbe sur la vie privée d’Éric Savail3, a un autre collègue humoriste à ses heures, j’ai alors senti une réelle confusion.  Deux poids, deux mesures. L’arroseur arrosé tolère mal le goût suret de la douche froide. Oubliant la veille, ils en appelaient… à la censure !

Il y a une incohérence…

Il faut dire que le Seigneur des humoristes n’a pas été la victime d’une censure, jusqu’à en être crucifié pour le faire taire.

Lorsque ton modèle est lui-même une victime de la censure, ça aide à supporter celle-ci avec dignité, prier pour ceux qui nous ridiculisent et tendre l’autre joue en sachant qu’il y a bel et bien une justice en ce monde.  Et la vie continue.  Nous n’arrêterons pas de parler, et ils n’arrêteront pas de blaguer…  Et c’est sûr !

Mon sabbatique pastoral

Après une douzaine d’années de services, J’avais l’impression que j’avais atteint le maximum de mes capacités, que je ne pouvais rien apporter de plus au ministère, que ma prédication tournait en rond et n’apportait plus de transformation efficace dans la vie des croyants. Je me demandais même si ma place était toujours au service de l’Église.

En plein trouble, j’ai consulté des collègues pasteurs et lus des biographies de grands hommes de Dieu pour constater que le malaise était… normal! C’est normal après une dizaine d’années au service de l’église, à force de service, d’en arriver à ce point. C’est un cycle normal chez les pasteurs. En effet, la tâche pastorale n’est pas un métier, mais une vocation. Nous ne sommes pas engagés, mais appelés.   La prise de décisions variées, leurs impacts dans la vie des autres, le combat spirituel et la grande diversité de tâches exigés ajoutent à cet appel une usure lente, progressive et impitoyable.

Telle une goutte d’eau s’écoulant sur une longue période de temps, et frappant toujours le même point, l’usure vint à bout même des plus grands, à l’instar d’Élie ( 1 R 19:4 ) ! C’est le signe qu’il est temps de prendre un recul, de prendre un sabbatique.

Qu’est-ce que c’est?

Prendre un sabbatique, pour un pasteur, c’est se retirer du ministère pastoral et de toutes ses obligations pour un laps de temps. Certains ont besoin de six mois, d’autre trois, d’autres encore d’un an. Tout dépend des circonstances, des enjeux, du niveau de fatigue et de la faisabilité. L’urgence, l’importance et notre culture nord-américaine axée sur la performance nous donnent une fausse impression du travail et nous fait rebuter un recul. Pourtant, tous les intervenants consultés sont unanimes : pour certains métiers, c’est une question de survie.

Dans mon cas, j’ai choisi de le faire durant l’été, en y amalgamant mes vacances personnelles. Mon sabbatique se déroule en trois phases. Deux « semi-sabbatiques », du 29 juin au 20 juillet, puis du 1er au 28 septembre. Durant ces périodes, je me chargerai de la prédication du dimanche et prendrai un recul des autres tâches. Durant cinq semaines, du 21 juillet au 30 août, je serai en sabbatique complet. Bien que la plupart des intervenants que j’ai consultés m’ont recommandé un minimum de trois mois de recul, compte tenu les ressources dont dispose notre église et surtout, mon moral qui est quand même toujours bon, je crois et j’espère que ce sera suffisant pour un ressourcement efficace.

Qu’est-ce que l’on y fait?

Tout d’abord, je me repose! L’usure est le propre de l’être humain, nous avons besoin de repos et le bien vouloir ne remplacera jamais des capacités renouvelés. C’est une recharge des batteries. À la fois corporelle, émotives, mentales et spirituelles. (Mc 6:31)

Sabbatique ne signifie pas ne rien faire! C’est le moment charnière de ma « mi-vie ». Arrivée a cinquante ans, après trente ans de pèlerinage avec Dieu, j’ai besoin e faire le point sur ce que Dieu a fait de moi, ce que crois qu’il désire accomplir à l’avenir. S’il le désire, et que je me conforme à l’espérance de vie, je devrais avoir encore une vingtaine d’années actives devant moi. En me basant sur mes années passées, je réaligne mes priorités et les projettent dans l’avenir. Un sabbatique est le temps propice pour une profonde réflexion. J’en profite pour faire table rase et réécrire mes objectifs personnels, ma vision du ministère et mon plan de vie. Redéfinir mes activités afin d’être le plus efficace possible au cours des quelques années qui me restent. (Ps 84:6)

Évidemment, la source principale du ministère est Dieu lui-même. Il est au centre de mes activités. La prière, la lecture, le jeûne, la méditation de sa Parole sont au cœur de ce ressourcement. Je recherche sa face et sa direction pour ma vie personnelle et mon ministère. Je profite de cette oasis pour me restaurer aux eaux vives. Je crucifie certaines mauvaises habitudes qui se sont révélées au cours des années, et penses certaines blessures qui n’ont tout simplement pas eu le temps de guérir. C’est le temps du travail en profondeur au sein même de mon propre cœur.

C’est également le temps pour moi de réviser notre vision et notre mission quant à notre église. La renouveler et la réajuster en fonction de l’église et du pasteur que nous sommes devenus ensemble depuis presque quinze ans.

Le tout bien nourri de lecture choisie et sélectionnée soigneusement. Je dois avouer que Dieu a été gracieux avec moi et m’a dirigé vers des livres fantastiques concernant le propre d’un sabbatique, l’orientation en milieu de vie, mes craintes, mon leadership et mon ministère. En tout, une quarantaine de livres seront dévorés durant cette période.

Qu’est-ce que ça donne?

Tous ceux qui y ont été plongés ont témoigné d’une vision renouvelée, d’un enthousiasme et d’une énergie toute rafraichie et puisée à la source même du St-Esprit.

Vous aurez une version 2.0 d’un ouvrier rétabli spirituellement, émotivement et dont les batteries auront été chargées à bloc! Et en prime une vison et une mission remises à neuf et adaptée de notre église.

Comment coopérer?

Tous peuvent facilement coopérer à mon sabbatique. Simplement combattre avec moi dans la prière pour que ce temps soit aussi récupérateur qu’il se doit. Afin également que le Seigneur m’accord la grâce d’une direction claire.

Le propre d’un sabbatique est de se retirer pour un temps des pressions et des enjeux reliés au ministère pastoral. Comme toutes piles rechargeables, on doit la charger a plein avant l’utilisation.  Évidemment la collaboration de toutes les brebis est essentielle pour que les effets bénéfiques du sabbatique se fassent sentir : pas de messages, de courriel, d’appel ou de requêtes qui concernent le ministère durant cette période. S’en remettre à Dieu, aux responsables ou simplement attendre mon retour. Les brebis de l’église sont également mes amis. Lorsque nous nous voyons, faisons l’effort de ne pas mêler problèmes pastoraux et rencontres amicales.

Plusieurs passages de la bible encouragent de prendre un soin particulier de nos ouvriers. C’est le moment idéal de les mettre en pratique.

Loin d’être un signe de faiblesse, un sabbatique pastorale est le moment idéal de reconnaitre que nous ne sommes que des hommes, et que tout ce que nous faisons, nous le faisons pour glorifier Dieu. Car sans Lui, nous ne pouvons absolument rien faire.

J’aime l’église de Dieu, particulièrement celle où Il m’a placé. Je prie le Seigneur de m’accorder encore de belles années à son service. Joignez-vous à mes prières afin que ce sabbatique de quelques semaines soit un tremplin de ressourcement et nous projettes tous vers le sentier que Dieu a préparé pour nous.

Notre religion nationale

C’est la finale de l’Est et les Canadiens de Montréal y sont! Le fil de presse est totalement occulté par cette nouvelle. Peu importe ce qui se passe au Nigéria ou en Ukraine, l’important, c’est de savoir où et quand viendra la victoire. Les superstitions abondent : on fait brûler des lampions, Ginette la nouvelle prophétesse et sa voix miraculeuse soufflent l’espoir, la sainte flanelle tatouée sur le cœur et en fanion emplit la ville! Même le sauveur prend des titres de « Jesus-Price ». Plusieurs millions d’adeptes sur le Net, et des centaines de milliers rassemblés autour du téléviseur, à faire déborder le centre Bell même lorsque nos héros jouent à Boston ou à New York… Même la plus méga des mégas Church ne pourrait rêver à mieux!

La quête d’identité

Chaque fois que je regarde une joute de hockey, et que le Canadien gagne, un sentiment de fierté m’envahit. Même si je suis à des milliers d’années lumière de la réalité des gars qui jouent sur la glace, et même si je n’ai jamais joué, sauf dans le peewee M (Médiocre), je dois constater que la victoire est enivrante. Nous avons tous besoin de fierté, car, en fait, nous associer à des vainqueurs nous fait paraître plus grands. Je me souviens des centaines de cartes de hockey que mon garçon a collectionnées, les noms, les surnoms, les statistiques et les exploits. Nous transcendons la glace et celui qui joue, c’est moi, projeté en Subban, Price ou Gallagher!

La quête de héros

Les athlètes professionnels sont les nouveaux héros. Les demi-dieux de l’Olympe qui nourrissaient les espoirs de la Grèce antique. Adieu Hercules, bienvenue PK ou Carey. On porte leurs chandails, arbore leur numéro, collectionne leurs effigies sur carte. Certains vont même jusqu’à appeler leurs petits du nom inspirant de Toe-Blake. Certaines tribus cannibales consomment le cerveau de leur victime afin de s’approprier leurs vertus courageuses. De nos jours, nous consommons leur image afin que, s’il est possible, nous en soyons inspirés.

La transcendance est un besoin et non un luxe, et si nous ne le trouvons pas dans la famille, dans la politique ou dans la religion, nous nous rabattons dans ce qui est à portée de rêve. Nous retirons le chandail des plus valeureux, puis nous les canonisons en bannière. Le mythe naît et chacun se l’arrache. Lorsque nous nous arrêtons, à l’entracte et réalisons la distance qui existe entre la glace et les gradins, il est triste de constater les valeurs populaires réduites à un fantasme.

La quête de victoire

Nous l’appelons la sainte flanelle! Les bannières de victoires arborées bien haut au centre Bell nous rappellent les hauts lieux de nos glorieux. Chacun espère un jour au pèlerinage vers le temple. Les plus aisés dans le rouge, et les ordinaires dans la zone Molson! Le destin m’a choyé, et mon fils a gagné, il y a quelques années, une paire de billets zone Famille… dans le « pit » en haut, presque au ciel!

L’ambiance y est presque indescriptible. 21 273 fidèles rassemblés au cœur du plus grand lieu de culte au hockey du monde! Tous les joueurs de la LNH sont d’accord, certains même refusent de venir jouer ici : l’atmosphère y est intransigeante. Le niveau, l’intensité et l’adoration y sont si élevés que, lorsque nos héros répondent à nos prières, les chants, les cris et les olé fusent de toute part et coupent l’air.   Malheur à eux si l’espoir s’envole. Dès le retrait de l’ange gardien, un silence de mort envahit le temple. Les prières montent et descendent, puis la déception brutale. Ils ont perdu, nous avons perdu la foi!… Jusqu’au prochain match.

La quête de communauté

Les familles éclatées, les jobs incertains, les couples dispersés, les amitiés facebookées. Le Canadien nous rassemble, le temps de trois périodes, nous sommes unis autour d’un seul but : gagner. L’ennemi, le mal, est en face, armure jaune et noir, rouge et bleu. Peu importe. Nous analysons les performances, devenons coachs d’une clameur. Nous vivons au diapason de quelques millions de Québécois qui aspirent et désirent tous la même chose.

La grande messe, comme on l’appelle, se répète semaine après semaine, puis l’été, c’est le vide. La saison estivale devient pour plusieurs une retraite. Chacun y va de ses prophéties, puis la saison recommence et l’espoir renaît. Le hockey est rassembleur. On en parle, on le regarde, on en profite pour renouer, et même se réconcilier autour de la télé.

Et la foi?

L’espoir, la confiance, le combat implacable entre le bien et le mal, les modèles vivants, les buts de dernières minutes, les mentors inspirants, les victoires spectaculaires, les défaites qui transforment, les prolongations enlevantes… Nous avons tous ces exploits et bien plus dans un livre stimulant : La Bible.

Jouer pour une équipe gagnante, marquer des buts victorieux, faire partie d’une joute plus grande que nous-mêmes, devenir la première étoile, jouer aux côtés de légendes, poursuivre la tradition des plus grands, et non seulement marquer dans le but, mais poursuivre le véritable! Le but de la vie. L’église victorieuse, plus qu’un club, et mieux qu’une organisation. Elle est un organisme vivant ou chaque joueur est un membre essentiel. Aimé par son coach et inspiré par son Esprit.

« Tous ceux qui combattent s’imposent toute espèce d’abstinences, et ils le font pour obtenir une couronne corruptible ; mais nous, faisons-le pour une couronne incorruptible. » —1Co 9.25

Le hockey dans tout cela? Tout est une question de priorités. Si un match, une équipe ou un joueur prend le dessus sur Dieu, il devient une idole. Elle peut être subtile : Absence des réunions, détournement de fonds, perte de temps et vol d’intensité. Tout ce qui taxe mon engagement et mon engouement ne peut que m’affaiblir comme chrétien. C’est une question d’équilibre.

Au risque d’être injurié d’anathème, « C’est juste du hockey »! Un bon spectacle, rien de plus, rien de moins. Rien pour me faire déroger de mes priorités profondes.

Je suis Chrétien, Jésus tatoué dans le cœur, Go Christ Go!!

Le pasteur pasteurisé

Comment stériliser un pasteur et l’éteindre au ministère de l’Évangile? Simple, tout comme on fait pour pasteuriser le fromage, il s’agit simplement d’augmenter la chaleur et la pression puis laisser mijoter lentement… jusqu’à la pasteurisation totale. Au terme du procédé, soit le lait aura viré au sûr, soit le résultat deviendra un produit uniformisé, aseptisé, au goût sans surprise. Une saveur politisée qui plaît à tous, mais qui ne transforme rien. Le pasteur pasteurisé deviendra plus blanc que blanc. Plus Jésus que Jésus lui-même. Il s’uniformisera au goût de tous et prendra la couleur de chacun. Un pain blanc enrichi et bien gonflé qui ne prend la saveur que de ce que l’on y met.

Est-ce le pasteur que nous recherchons? La rectitude et la langue de bois bien taillée n’ont jamais été le propre des prophètes du passé, encore moins des pasteurs d’aujourd’hui.

Voici sept façons efficaces de pasteuriser un fromage pastoral.

Confondre le fromage et le lait

Une bonne façon de faire tourner un pasteur est de l’élever continuellement au rang de divin berger. Soit en ayant envers lui des attentes inatteignables dignes de Jésus seul, ou pire, l’aduler comme si ses pas laissaient la trace du Seigneur lui-même. D’un côté, chacun doit reconnaître que le pasteur n’est qu’une brebis parmi les brebis avec une fonction et des dons différents, un berger qui a besoin du Berger et de la direction de celui-ci comme toutes les brebis. Occulter un pasteur sous des espoirs irréalistes risque de provoquer son découragement. De l’autre côté, l’idolâtrer amène abruptement sur le terrain à pâte molle de l’orgueil, et on finit réellement par se croire investi de superpouvoirs!

Nous ne sommes rien de moins et rien de plus que des humains, des chrétiens, des disciples du Seigneur des compagnons d’œuvres qui sont doués et appelés par le St-Esprit à paître l’église de Christ.

Les bactéries sont essentielles

En tant que pasteurs, nous sommes des leaders qui avons souvent besoin de latitude, de réflexion et même d’essai-erreurs. Pour faire un bon fromage, les bactéries sont essentielles. Dieu a prévu nous former tous par la souffrance et les échecs. Empêcher un pasteur à l’erreur, c’est lui refuser la sanctification. Ici, je ne parle pas de péchés, mais bien d’erreurs humaines souvent relayées, malheureusement, au rang des mauvaises intentions.

La relation dans la prière, l’introspection et l’humilité sont essentielles pour fermenter un bon pasteur. De l’autre côté de l’emballage, l’église devient le terroir de prédilection qui donnera au berger une saveur locale de plus en plus recherchée. Empêcher le pasteur à la croissance, c’est décider que sa maturation est définitive… Plusieurs églises sont devenues avec les années des « cimetières » pastoraux en raison de l’intransigeance devant ceux qui y sont appelés.

Contester constamment sa nature

On oublie facilement que nos pasteurs sont réellement appelés par le St-Esprit (Act 20:28), et qu’ils auront même à rendre compte des âmes qui leurs sont échus en partage (Heb 13:17) L’irrévérence risque de conduire le troupeau à la négligence et banaliser l’appel précieux. Au final, le pasteur s’éteint, cesse de contester et s’homogénéise avec les contestataires, ou plus simplement, il quitte le terroir pour une autre église. Plusieurs boucs bien intentionnés contestent sans arrêt l’autorité que Dieu a donnée aux pasteurs, et de nombreux cris, de nombreuses larmes et de nombreux épuisements sont dus aux controverses souvent gratuites de quelques personnes.

Prendre le cheddar pour du brie

Dans notre ère de communication instantanée, une belle façon d’arracher la saveur à votre pasteur est de constamment le comparer aux prédicateurs de l’heure : Driscoll, Piper, MacArthur… Tous d’excellents ouvriers, mais placés par la tête dans des troupeaux spécifiques : ailleurs. Celui que Dieu met dans mon troupeau est celui qu’il me faut! Constamment le déconstruire pour qu’il ressemble à tel ou tel autre plus vert de la chaire du voisin n’est qu’un effet pervers de la consommation qui atteint maintenant le niveau de l’église.

Le syndrome de l’imposteur et le sentiment de ne jamais être à la hauteur conduisent invariablement vers l’insécurité ou, pire, le similiclonage puis un goût déformé, inadapté au troupeau… laissons-les donc être ce que Dieu leur demande d’être, et si tu crois sincèrement que ton pasteur devrait être comme Mark Driscoll, rien ne t’empêche de partir pour Seattle!

Me nourrir que de fromage!

Une façon subtile de se pasteuriser, c’est de s’appuyer seulement sur le pasteur pour toute sa croissance. Le pasteur est un élément de la direction de Dieu pour ma vie, mais la principale, c’est le St-Esprit. Dieu utilise les pasteurs, mais toujours en fonction de ma réceptivité. L’élément central de transformation, c’est ma volonté. Malheureusement, des brebis assoiffées de fromage ne se contentent que d’une source de transformation et se tarissent rapidement. Rien ne peut remplacer ton culte personnel, ta méditation personnelle et ta relation personnelle avec les autres brebis. La pasteurisation inversée qui est alors exercée te rend toi-même caduque et empêche le Seigneur de faire un travail global et en profondeur sur ta vie. La pression qu’exercent ces sangsues spirituelles a vidé plus d’un pasteur par le passé.

Ne chercher que le petit lait

La médiocrité et les compromis nous affectent beaucoup plus que vous ne pouvez le croire. Nous sommes impliqués émotivement et spirituellement dans votre vie et avons vraiment à cœur votre santé et vos progrès. Lorsqu’un pasteur voit le manque d’engagement et de consécration dans le troupeau, il risque de sombrer dans le négativisme et le découragement. Avec l’usure et le temps, il se détache et perd sa fougue. Voir le verre de lait à moitié vide est le piège irréaliste des attentes fondé sur les ambitions et tous les pasteurs y sont à risque. Il n’y a rien de plus encourageant que de diriger une église engagée.

Ne pas prier pour lui et sa famille

Finalement, prier pour le pasteur que Dieu a mis sur ma route afin de paître le troupeau dont je fais partie, est un indice du rang qu’il a dans mes priorités.

Rien de tel qu’un pasteur au lait cru, frais sorti du terroir divin. Ayant une base de lait de brebis, il se mélange au troupeau. Sans perdre sa saveur, bien au contraire, il transmet une bonne odeur de Christ autour de lui.

« Aux uns, une odeur de mort, donnant la mort ; aux autres, une odeur de vie, donnant la vie. » —2 Corinthiens 2.16

Mon chien est mort!

Plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien  —Fernand Gravey.

La semaine passée, mon chien est mort et je dois avouer que la peine m’a profondément inondé.  Un sentiment d’impuissance mêlé de pitié devant ce petit compagnon innocent qui subissait ses derniers moments.  Le cancer, l’insuffisance rénale et probablement le chocolat noir ravis à la volée, lorsque nous avions le dos tourné, ont eu raison d’elle.  Dix ans de fidélité et d’affection gratuite, à peine échangés contre quelques croquettes, de l’eau et une porte ouverte dans notre maison.  Nous l’aimions tous.

L’amour

Étranges, cette affection et l’attachement que nous portons envers les animaux que l’on dit « de compagnie ».  Cette affinité que nous avons envers ces petits amis nous démontre bien à quel point « il n’est pas bon que l’homme soit seul ».  L’homme aime s’attacher.  Et pourtant, il a peur de l’attachement.  Le risque de blessures est grand et le trou béant du cœur pourtant demande à être empli.  L’on se lie avec ce que l’on peut! Certains vont même parler de leurs animaux comme de leurs bébés et ont plus d’affection envers eux qu’envers une personne humaine.

Nous avons été créé pour aimer, mais notre peur nous dirige vers le moins menaçant, même s’il est totalement hors du cercle prévu par Dieu à notre égard.

Le risque

« L’homme est un loup pour l’homme » disait Thomas Hobbes.  Nous sommes des menaces potentielles les uns envers les autres, et c’est justement dans ce contexte que l’attachement envers un animal devient intéressant. La peur et l’expérience des blessures se transforment rapidement en leçon de détachement envers notre prochain.  Des relations fonctionnelles ou on en tire que l’essentiel.

« Toi au moins, tu m’écoutes », entend-on souvent en parlant de notre petit compagnon.  « Il ne se plaint jamais ».  Il est mieux qu’un humain est-on tenté de dire.  En effet, pour plusieurs, le péché a transformé l’homme en animal, ou pire : en dieu frustré qui tente par tous les moyens de marquer son territoire sur le compte d’autrui.  Devant ce prédateur, pas étonnant que l’animal devienne plus humain qu’un humain!

À mon image!

Tel chien, tel propriétaire dit-on.  Il n’est pas rare de voir un chien batailleur avec un maître agressif, ou un chien obèse avec un maitre qui mange ses émotions! Il y a un effet de symbiose qui démontre le lien intime qui se crée entre l’homme et la bête. Il faut dire que l’animal, lorsqu’il est domestiqué, devient un compagnon docile qui prend la forme de son maître.

Disney les fait parler, penser et vivre comme nous.  On finit par y croire et penser qu’ils sont à notre image!  On m’a même demandé si je voulais avoir une incinération individuelle pour mon chien décédé, presque des funérailles et le mémorial!  Nous avons cette fâcheuse tendance à ramener ce qui nous entoure et le mouler à notre propre image.  Nous humanisons Dieu et l’abaissons à notre niveau, et élevons chiens et chats à celui de l’homme.  Quelle absurdité!

Victime de notre péché

En fait, l’animal est une victime innocente, comme tout le reste de la nature.  Au départ, nous devions les nommer, les gérer et les entretenir.  Mais la chute a renversé la niche et toute la maison a été bouleversée.  Désormais la violence s’est installée : le lion mange la brebis, le chien déteste le chat et l’homme est un loup!  Tous les animaux craignent l’humain et la main qui devait nourrir est devenue celle qui fait périr.

« Car la création a été soumise à la vanité, non de son gré, mais à cause de celui qui l’y a soumise » — Romains 8.20

Cette élévation de l’animal serait-elle un soupir du cœur afin de rétablir la situation perdue au jardin?  Difficile de le savoir.  Chose certaine, les relations ont été biaisées et brisées.  Autant envers l’animal, notre prochain que notre Dieu.  Le rapport d’affection et d’interdépendance a été brisé et distortionné par la chute.  Désormais, nous devons approcher toutes nos relations à la lumière de SA parole, au risque de s’engager dans des relations bancales.  Que ce soit avec les autres, avec Dieu ou même avec Pitou!

L’image de Dieu

Le danger profond à l’anthropomorphisme de l’animal et de Dieu est l’abaissement de ce que nous sommes réellement.  Élever l’animal à notre niveau, c’est de nous abaisser au statut des « sans âme ».  Abaisser Dieu à notre nature, c’est aussi nous abaisser également vers un échec assuré, tenter de m’attribuer des pouvoirs que je n’ai pas.  Les attentes surréalistes frappent impitoyablement le mur de la déception.

Nous sommes créés dignes, unique et les seuls « à l’image de Dieu ».  N’oublions jamais que  Dieu s’est fait homme, non chien ou chat.  La tentative de réconciliation de Dieu est dirigée vers l’humanité, non pas vers le bestiaire universel.

Les anciens Égyptiens et bien d’autres vouaient un culte aux animaux.  Chats, faucons, chacals devenaient des projections divines.  L’image de Dieu, bien que ternie par le péché, c’est nous, et nous seuls!  Rechercher chez l’animal ce que Dieu seul peut nous apporter, c’est nous diriger vers une vie dysfonctionnelle, emplie de désillusions et de frustrations.  Une vie au final bien triste et solitaire, dont l’épanouissement ultime devient le face à face avec la boule de poil incapable de parler et nous rendre la véritable dignité en nous confrontant avec nous-mêmes.

Entretenir un animal nous fait sentir un poil dieu pour un être qui de toute façon était destiné à être entretenu par nous.  Quelle illusion pathétique!  Ce n’est pas d’un animal domestique dont l’homme a besoin, c’est d’une intimité avec son Dieu!  C’est nous le domestique et non le contraire.

La réconciliation

Entretenir un petit compagnon est une bonne chose, elle nous réconcilie avec la nature.  La zoothérapie en faisant preuve : donner de l’affection envers une autre créature est bénéfique, valorise la personne et nous redonne un sens d’amour que nous avons perdu.  Mais il y a mieux, et plus : se réconcilier et apprivoiser l’homme et son Dieu.  Car c’est à cela que nous avons été fondamentalement créés.  Plus risqué, certes, mais c’est dans l’amour les uns avec les autres que nous pouvons réellement grandir et nous découvrir.  Puis dans notre relation profonde avec Dieu, connaître le véritable bonheur et l’authentique épanouissement.

Et quand ça va mal avec mon prochain, je peux toujours décompresser en caressant mon p’tit chien!

Citoyen et chrétien

En ce temps d’élections au Québec, de nombreuses machines à rumeur se sont mises en marche et les opinions divergent quant à  la position qu’un chrétien devrait avoir face à la société.

D’une part, il y a les interventionnistes, qui croient  que nous devons dénoncer le mal et pratiquement exiger que notre gouvernement adhère à toutes les valeurs chrétiennes.  Dieu n’est-il pas au-dessus de ces gouvernements?  Il y a ceux qui croient que nous ne sommes que des étrangers et  voyageurs sur la terre : toutes ces politicailleries ne nous concernent pas nous n’avons pas à nous en mêler, même jusqu’à ne pas aller voter.  Puis il y a ceux qui ne savent pas… pas d’opinions, pas de conviction et pas de position.  Reflet chrétien du marasme et de la désillusion qu’ont laissés les erreurs et les déceptions du passé.

Quelle position adopter lorsque nous sommes chrétiens, citoyens des cieux, mais encore greffés ici-bas dans un pays bien en terre et en chair?

Mon droit

En tant que chrétiens, nous devons nous soumettre aux autorités en place. C’est clairement établi dans la Parole de Dieu (Ro 13:1-2).  Non seulement cette soumission est prescrite, mais elle est suivie d’une promesse : celle d’une condamnation envers ceux qui ne s’y soumettent pas!  De plus, ce commandement a été donné alors que le gouvernement en place était extrêmement hostile à la cause chrétienne.  Derrière cette pensée, il y a celle où Dieu est en contrôle sur tous les événements.  Son plan est parfait et se poursuivra inexorablement, peu importe le gouvernement en place.  De Néron à Bush en passant par Marois, ces gouvernements sont le résultat de la volonté divine (Ro 13:4), ne l’oublions pas.

Notre société québécoise n’est heureusement pas totalitaire et accorde des droits à ses citoyens.  Par exemple, elle encadre le processus de décision par le droit de voter selon le jugement individuel pour quiconque se présente comme député ou représentant.  C’est un bénéfice dont nous jouissons et comme tout est sous le regard de Dieu, ce droit nous est accordé par le Seigneur.  Le mépriser, c’est mépriser la liberté que le Seigneur nous accorde au Québec.

Nous avons également le droit d’expression.  Le droit d’émettre notre opinion, en fonction de nos valeurs et de nos opinions – dans la mesure où elle ne diffame pas la réputation d’un quelconque individu.  C’est la démocratie! Ce droit d’expression est important pour nous chrétiens.  Elle nous assure de pouvoir émettre et exprimer la pensée de Dieu dans ce monde embrouillé par son prince, l’individualisme et le matérialisme.  Ce droit d’expression nous est donné par Dieu et nous avons malgré tout le choix de l’utiliser ou non, toujours à condition de le faire en glorifiant notre Seigneur dans ce monde et ne pas ternir sa réputation.

Nous avons le droit ET le devoir de parler…

Mon devoir

Pour bien saisir notre devoir citoyen, en tant que chrétiens, nous devons comprendre que notre raison d’être ici, là où Dieu nous a plantés, c’est de porter du fruit (Jn 15:16), de briller (Phil 2:15), d’annoncer Dieu et l’Évangile dans ce monde (1 Pi 2:9), et même de mettre le mal en lumière par notre bonne conduite (1 Pi 2:12), ou encore par notre dénonciation emplie de douceur et de respect (Prov 24:11-12; 1 Pi 3:15).

De plus, rappelons-nous que nous sommes ici-bas en terre hostile et ennemie à la parole de Dieu : le train de ce monde, le prince de ce monde et les ténèbres de ce monde où le Dieu de ce siècle obscurcit l’intelligence nous démontrent bien que nous sommes derrière les lignes spirituelles, et que le monde entier est sous l’influence du malin… (Eph 2:2-3; Col 1:21; 1 Jn 5:19; 2 Cor 4:4).

Dans ce contexte, Dieu nous parachute dans un Québec laïcisé, dont les valeurs éloignent de plus en plus la société de son créateur.  Notre devoir est-il de laisser passer le train et ne rien faire?  Bien au contraire!  Nous sommes ici pour une raison précise : annoncer l’évangile, la bonne nouvelle, nous sommes des ambassadeurs comme si Dieu parlait au travers nous (2 Cor 5:20).

Nous avons le droit ET le devoir de parler… Notre société moderne nous offre une tribune et des moyens inégalés par le passé, et comme tout pouvoir est la volonté de Dieu, cette tribune n’est pas le cadeau du gouvernement comme tel, mais bien un micro, une caméra et un clavier offerts par le Seigneur afin que nous exprimions au monde qui nous entoure les voies de Dieu.

« Et comme nous avons le même esprit de foi qui est exprimée dans cette parole de l’Écriture : J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé ! Nous aussi nous croyons, et c’est pour cela que nous parlons »  — 2 Corinthiens 4.13

Mon action

En tant qu’étrangers avisés dont la citoyenneté canadienne est un privilège que Dieu nous a confié, informons-nous avec circonspection de toutes les options dont nous bénéficions.  En ce temps d’élections, allons voir les programmes des partis en lice, afin d’exercer individuellement notre droit et notre devoir de vote avec intelligence.

Ensuite, voir si un parti plus qu’un autre rencontre nos valeurs et notre christianisme.  Quel parti contribuera le mieux à notre cause s’il est élu : celle de la propagation de l’Évangile de Jésus-Christ.  Dans ce domaine, ne nous illusionnons pas.  Nous aurons probablement à voter, non pour le meilleur, mais le « moins pire », mais en terrain ennemi, chaque petit pas est une victoire vers le retour de Jésus.

Puis, me soumettre au gouvernement qui sera élu, peu importe lequel.  Afin que nous vivions une vie honnête et juste devant Dieu. Ne laissons pas de prise et d’occasion de médire sur notre compte à ceux qui désirent ternir le christianisme.  Et si j’ai des désaccords, la beauté de notre société est que j’ai toujours le droit de l’exprimer, pourvu que cela se fasse avec respect.

Revendiquer légalement et civilement mes divergences est un droit et un devoir en tant que phare dans ce monde, mais si peu prisé par nombre de chrétiens.  Les tribunes qui nous sont offertes sont innombrables : Médias sociaux, pétitions, lettres ouvertes, communiqués, écrits, vidéo, blogues et j’en passe.  Faire feu de tout bois afin d’en gagner le plus grand nombre à la cause de Jésus (1 Cor 9:22).  Plusieurs groupes divergents au nôtre l’ont compris et influencent jusqu’à avoir leur étendard sur le Parlement.  Qu’attendons-nous pour nous unir et parler, puisque nous avons cru?

Et avant même d’avoir une relation publique, nous avons par-dessus tout le devoir de prier pour nos élus… toujours en vue d’une propagation universelle et le plus puissamment possible du message de l’évangile (1 Tim 2:1-4).  Nous n’avons qu’une fenêtre de temps restreinte dans l’histoire de l’humanité qui nous est allouée.

Aux urnes! Le Seigneur revient bientôt : hâtons le son de la trompette.

Naître et mourir au Québec

Si tu projettes faire partie des âmes aventureuses qui tenteront cette année de voir le jour au Québec, j’aimerais t’exposer ce qui t’attend : ton séjour ne sera probablement pas de tout repos.

Avant même d’arriver à bon port, les risques d’accident sont énormes.  Chez nous, pour plusieurs, concevoir est un loisir éphémère riche en émotions fortes d’un soir.  Peu importe le partenaire, l’important est l’attirance et la connexion sexuelles.  Rencontre fortuite avec une saveur d’amour, refusant l’engagement à la fois par ignorance, par manque d’expérience et d’exemples probants.   Un refus global enfanté de parents narcissiques qui croyaient que tout donner sauf du temps pouvait combler le cœur.  Ils ont légué un héritage boiteux à toute une génération dysfonctionnelle et au relationnel douteux. La dernière chose désirée dans le présent est un enfant.  Ils y penseront plus tard.

Si par chance tu réussis à t’implanter et à survivre au premier test, c’est pour la plupart du temps en raison de la volonté. Rendu à un certain âge, la nostalgie gagne le terrain de la solitude et la perspective devient insoutenable.  D’ailleurs, à l’aurore de la quarantaine, plusieurs désirent un enfant.  Si par malheur un défaut de conception, une maladie génétique ou peu importe le désagrément ressenti, une fois sur quatre, la décision sera implacable : le verdict abortif et définitif mettra fin à tes jours.  Console-toi, tu ne seras pas seul du voyage, puisque 30 000 âmes québécoises t’accompagneront cette année.    Toute une génération jetable qui n’aura jamais vu le jour.  Depuis sa légalisation, c’est presque 500 000 enfants qui ont pris le chemin du dépotoir humain.

Neuf mois d’attente et te voici au poste hospitalier, rien à déclarer, nu comme un ver. Rapidement, papa et maman devront travailler et te reléguer au centre de la petite enfance.  Tu t’y feras de bons amis.  Peut-être que tu auras un peu de nostalgie lorsque tu entreverras tes parents, tu t’habitueras.  Généralement, tu ne les verras que deux heures par jour; travail oblige. Chaque année, à ton anniversaire et à Noël, attends-toi à devenir la vedette.  Des tonnes de présents subtilement emballés, puis le retrait aussi violent qu’à l’arrivée.  C’est leur façon de se déculpabiliser.  Puis la routine quotidienne exposera un chemin pavé de bonnes intentions.

Ici, au moins, on n’a pas de guerre ni de tremblements de terre!

Ton parcours se poursuivra à l’école primaire, secondaire, puis chez les grands, au collège.  Peut-être iras-tu à l’université?  Le but est de t’instruire et de t’éduquer.  Notre État te prendra en charge dès tes premiers jours, t’enseignera les chiffres, les lettres, l’éthique, la culture et la religion.  J’oubliais le sexe également.  Tes parents?  Pas le temps, pas l’énergie et pas la volonté.  On préférera reléguer ton éducation aux professionnels.

J’espère que tu aimes les voyages.  Car pour la grande majorité des enfants, c’est pendant ton secondaire qu’une rupture majeure se produira.  Tes parents vont se laisser.  L’incompatibilité diront-ils.  Comme tu ne les connaîtras pas beaucoup, le choc sera limité, mais le désagrément énorme.  Tu seras pris dans un étau entre eux deux.  Une semaine chez lui, une autre chez elle.  Ça t’amènera à devenir cynique et détaché.  La désillusion des relations sera subtile et tu te réfugieras probablement derrière un écran à espérer l’inconnu.  Pour plusieurs de ta génération, les antidépresseurs étoufferont tes pleurs, si ce n’est les compulsions et les dépendances à outrance qui te guideront dans un sentier sans lueurs d’espoir.

La vie est une grande roue qui tourne où il est difficile d’innover lorsque les outils fournis sont inadéquats.  Maintenant que tu as l’âge et la liberté, tu vas rencontrer le sexe opposé, t’y sentir attiré.  Ton vide intérieur sera béant.  Tu auras tenté tant bien que mal de le combler, mais la nausée existentielle sera toujours présente.  « Peut-être que l’autre me comblera? ».  Les hormones et la nature feront le reste.  Au final c’est l’attirance qui compte, c’est l’exemple que l’on te léguera.  Et si un accident arrivait, il y a la clinique gratuite pour tous où tu pourras alors engrosser les statistiques de la génération invisible et sacrifiée.  T’inquiète, dès tes 14 ans, tes parents n’en sauront rien. Ou peut-être t’aura-t-on convaincu que le genre n’a aucune importance.  Les bis-gais ont la cote ces temps-ci.  Liberté, fraternité et égalité, disait la révolution.

Dans ton parcours adulte, tu te découvriras des passions, y travailleras et apporteras à notre société le meilleur de toi-même.  Plus des deux tiers de tes gains retourneront à l’État pour des services où les principaux bénéficiaires seront des fonctionnaires.  Tu te diras alors, sarcastiquement, mais quand même avec déception : « Au moins on n’a pas de guerres, ni de tremblements de terre ».   A ce rythme la retraite sonnera sans que tu n’aies eu le temps de crier gare!  Le temps passe vite sur terre, lorsque la destination est inconnue.

La dernière étape de ton voyage risque fort de t’étonner : on t’offrira de mourir dans la dignité.  Façon rectifiée de libérer l’état d’un fardeau financier.  En fin de vie, on t’offrira de quitter le pays, de retourner d’où tu viens… du moins c’est ce que l’on tentera de te faire croire afin de rendre digeste le rejet.  Si tu souffres, tu pourras être assisté, et si tu es inapte ou impotent, on le fera pour toi.  Billet retour gratuit et sans obligation, l’eugénisme aseptisé : un nouveau genre de sélection naturelle.  La roue tourne, c’est probablement ce que l’on appelle le cycle de la vie!

Oui je sais, je suis cynique et à la limite du sarcasme, c’est parce que mon Québec est malade. Depuis qu’il a rejeté ses valeurs et les a remplacées par des chartes et des principes, il nage dans le marasme intellectuel du fonctionnariat.  Je te recommande de chercher plus haut, plus grand et plus profond que la poussière que l’on te lancera aux yeux.  Dès la conscience, recherche un livre : La Bible.  Puis une personne : Jésus.  A eux deux, ils pourront t’apporter l’espoir, le sens et le réconfort dont tu auras besoin tout le long de ton voyage.

Oui!  Le Québec est un lieu où il fait bon vivre… Ici, au moins, on n’a pas de guerre ni de tremblements de terre!

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