Le plan de Dieu?

« Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » – Jean 17:3

Dieu a un plan pour toi.  Dieu a un plan pour moi, pour elle et pour lui.  Il a un plan individualisé, adapté et formaté pour chacun de nous.  Une histoire à la carte où je suis le héros de chacune des pages.  Ou je réalise les exploits de la foi tel un Marvel Chrétien qui serait pratiquement doté de super pouvoir.

Je suis désolé de crever ta bulle, mais croire à ce genre de bobard, c’est un beau rêve, un fantasme, j’irais même jusqu’à dire que c’est l’équivalent de la porno pour chrétien, ou encore, d’un roman Harlequin spiritualisé!

Allons-y par étape…

OUI!  Dieu a un plan. Dieu a un projet de sauvetage et de réconciliation pour l’humanité.  La Bible nous le présente étape par étape, chapitre par chapitre pour en arriver au super héros lui-même en s’incarnant au travers Jésus et en devenant le sauveur du monde.

Le plan de Dieu, comme nous aimons le nommer, est un plan global, un plan intégral pour tous les hommes.  Un plan pour Dieu et par Dieu.  Un plan ou le centre, le cœur, le but et la finalité sont Dieu lui-même.  Uniquement et totalement pour sa gloire à Lui.  Sa gloire individuelle.

C’est simple!  Dieu est au cœur de son propre plan et pour sa propre gloire.

Dans notre société individualiste, égocentriste et narcissique, imaginer qu’autre chose que le moi soit au centre des intentions de Dieu tiens presque de l’outrage!  Imaginer l’idée d’un Dieu qui ramène tout à lui, et uniquement pour que LUI seul brille nous échappe quelquefois.  Nous projetons sur Dieu l’image de notre propre personne, et nous lui attribuons nos propres faiblesses.  Nous l’accusons alors d’être arrogant, prétentieux, et ridiculement narcissique voir même injuste.   Comme ces petits enfants que ne supportent pas d’être contrarié et de se faire dicter quoi que ce soi-même par les parents.

Quand nous pensons de cette façon, nous faisons de Dieu un homme.  Rien de plus. Un simple dieu, petit D, remisé au rang des Thor, Zeus ou autres habitants du Parthénon imaginaire.  Dieu devient une idole de plus.  Rien d’impressionnant.

Mais voilà!

[quote]Dieu a un plan d’amour pour créer une génération de bonheur. [/quote]

Dieu n’était en aucun moment dans l’obligation de créer l’humanité.  Et absolument rien ne l’obligeait à élaborer quelque plan que ce soit pour la sauver par la suite.  Son plan est un plan d’amour, de pur altruisme.  Il est Dieu, il le sait, il sait aussi qu’il nous a créés et que le seul moyen qui existe, dans tout l’univers et au travers tous les âges, pour que nous soyons heureux, est d’être un avec Lui.  La vie éternelle, c’est de LE connaître, LUI, comme un Adam qui connaît Ève et devient une seule chair avec elle.  Cette connaissance qui dépasse l’académique est fusionnelle et relationnelle.  Une connaissance qui exige la volonté de la foi et qui conduit vers une expérience de Dieu.  Dès le jour un de la création il en était ainsi.

Un plan d’amour pour créer une génération de bonheur.  Des hommes et des femmes épanouis et heureux vivant leurs pleins potentiels dans une relation d’intimité fusionnelle avec Dieu.

Du rêve à la réalité.

Le plan de Dieu n’est pas un JE, mais un NOUS.  Le plan, post-Eden est de ramener l’humanité à connaître Dieu. L’amener à réaliser le mur qui le sépare de la source de bonheur.  Le plan de Dieu après la Pentecôte, c’est l’église.  Rien de plus, rien de moins.  La communauté des fusionnés avec Dieu.  Et pour gage, le Saint-Esprit, Dieu lui-même vient en nous, nous connaître!

« Il s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les bonnes œuvres. » – Tite 2:14

Dieu n’a pas un plan spécifiquement pour toi comme le héros d’un temps nouveau.  Le héros, c’est Jésus.  Dieu a un plan dans lequel, chacun s’insère comme des pierres vivantes, douées et équipées par Lui, habitées par son Esprit pour accomplir Sa mission propre.  Être son petit morceau du plan global.  Rien ne gravite autour de moi individuellement, mais tout tourne autour de Lui!

En fait, plus nous disparaissons derrière Lui, plus nous nous accomplissons dans ce plan.  C’est un plan à contre-courant de tout ce qui est véhiculé de nos jours. Il est le fomenteur, l’exécuteur et le véhicule du plan pour que nous puissions en jouir pleinement.  C’est un cadeau, une grâce.

Et le fruit de ce plan?  L’amour, la joie et la paix en fleuve d’eau vive qui coule au travers chacun de nous.

OUI… Dieu a un plan pour toi:  Que tu sautes dans le sien.

Qu’est-ce que tu attends?!

Pelleter ma montagne!

Matthieu 17:20 C’est à cause de votre incrédulité, leur dit Jésus. Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne : transporte-toi d’ici là, et elle se transporterait ; rien ne vous serait impossible.

Ça fait rêver, non?  Rien ne nous serait impossible; rien de rien!

Rêvons l’impossible… Quelles sont les montagnes qui se dressent au travers notre chemin?  La maladie, la perte d’un être cher, un congédiement? Rêvons donc que notre église devienne la plus nombreuse de la région.  Ou encore, la paix dans le monde.  Pourquoi pas?  Mieux!  Le salut de tous les êtres humains.  Je le désire fort, je le veux ardemment, alors ça devrait arriver!

Les fervents du nouvel évangile tentent de nous convaincre que la clé pour relever tous les défis qui se présente devant nous est simplement d’y croire.  Le vouloir assez fort pour le voir, le visualiser et agir comme si c’était déjà exaucé.

Seulement voilà.   Il y a une pierre entre moi et cette montagne. Une condition. Une simple restriction qui met une clé à cette promesse.  Un codage puissant qui en restreint tout usage : La foi.

Il ne s’agit pas seulement de croire que la montagne puisse être transportée.   Même en y pensant intensément ou en y concentrant tous nos désirs, rien ne bougera.   Aussi bien apporter une pelle tout de suite et la transporter bouchée par bouchée.

Il ne s’agit pas non plus de croire que Dieu peut la transporter pour qu’il la catapulte directement dans le Pacifique.  Aussi bien prendre Dieu pour notre valet!

La foi n’est pas comme la potion magique des Gaulois ou il suffit d’en prendre une petite dose pour jeter la montagne à bout de bras.  La foi n’est pas un ajout que l’on se saupoudre dans l’être, car, en fait, croire, c’est être.

La foi véritable ne fait pas seulement influencer notre raisonnement; elle en devient l’essence.

La foi dont Jésus parle ici, celle qui peut transporter les montagnes, en est une intégrale. Une confiance intense qui ne s’exprime que par l’amour.  Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, signifie inévitablement la foi.   L’abandon global du moi pour me laisser emplir par Lui, de tout mon cœur, de toute mon âme, de toute ma force, et de toute ma pensée.  Cette foi n’est pas une foi rationnelle, mais relationnelle.  Ce n’est pas une simple confiance dans les capacités de Dieu, comme lorsque l’on croit que l’ascenseur me portera jusqu’au sommet.  Il s’agit d’une foi de symbiose à l’image de Jésus et du Père, ou tout ce qu’il désire, c’est ce que Dieu désire, tout ce qu’il fait, c’est Dieu qui le fait, et tout ce qu’il pense, c’est Dieu qui le pense.

Pause.

Si je suis honnête avec moi-même, et avec Dieu, le constat ici est simple : cette foi nécessaire à la téléportation des rocheuses, est grosse comme un atome dans ma vie personnelle.  Bien loin du grain de sénevé!

[quote]Avant de transporter des montagnes, je dois savoir en qui je crois, et comment je crois.[/quote]

Et c’est exactement ce que Jésus tente de nous dire ici.  Avant de transporter des montagnes, je dois savoir en qui je crois, et comment je crois.  Je peux bien croire en, mais l’objet de ma foi et la façon dont elle s’exprime est bien plus important que le simple fait de croire.

Pourquoi les montagnes semblent si difficiles à transporter?  Pourquoi les défis de ma vie semblent souvent si élevés?  Parce que je les mesure à mon cœur, mon âme, ma force et ma pensée.  La conséquence devant mon impuissance est inévitablement l’anxiété et les inquiétudes, le constat d’incapacité qui m’écrase, l’incompétence, voire même l’imposture.

J’oublie que la foi en Dieu est relationnelle.

Peut-être que je dois la contourner, passer par-dessus, la pelleter lentement. Ce que nous appelons des montagnes, des obstacles ou des épreuves, dans l’œil de Dieu ne sont que des moments favorables pour moi afin de m’appuyer sur Lui, me rapprocher de Lui et apprendre à l’aimer encore plus.

Plus j’entretiens ma relation avec Dieu, plus ma foi grandit, moins les montagnes prennent de l’ampleur, car j’ai alors l’assurance qu’Il est avec moi…

Pourquoi alors la jeter à la mer?  On réalise que la marche en montagne, c’est fantastique avec Dieu à nos côtés!

Il y a mieux qu’un disciple!

« … La connaissance enfle, mais l’amour édifie. » -1 Corinthiens 8.1 

J’ai toujours aimé cette phrase percutante de l’apôtre Paul.  Il s’agit d’une image remplie de paradoxes.

D’un côté, nous avons les adeptes de la connaissance.  Connaissance des règles établies, de ce que Dieu exige et demande dans sa Parole, la Bible.  Ceux qui ont cette connaissance sont des experts de cette Parole.  La cite, la répètent, la connaissent et s’y imprègnent afin de bien connaître ce que Dieu veut ou non.  L’image que Paul nous donne pour qualifier cette connaissance, c’est qu’elle enfle!  Le mot utilisé originalement est: gonflé.  Comme un ballon qui prend de la place dans une pièce, mais qui, en fait, est vide au-dedans.  Comme un décor de cinéma dont on ne se préoccupe que de la façade pour le plaisir des spectateurs.

À l’autre extrémité, il y a les adhérents de l’amour.  Un amour qui comme le dit l’apôtre ici, édifie. C’est-à-dire, qui construit.  Un amour solide, qui remplit la personne qui le vit.  Un amour dirigé vers Dieu et le prochain, qui sort tout simplement du paradoxe.  Un amour qui ne cherche pas tant la raison, mais simplement l’être!

Dans notre conception du christianisme, et appuyé sur la parole de Jésus qui nous envoie aux extrémités de la terre pour y faire des disciples (Mat 28 :19), nous avons mis le disciple au-dessus de tout ce qui peut se faire dans le moule chrétien.  Un converti arrivé est un disciple accompli.  Point à la ligne!  Un disciple n’est-il pas un élève qui suit un maître?

Mais voilà le hic!  On peut très bien être un disciple, connaître tout le conseil de Dieu et n’avoir de relation avec Lui qu’au travers son enseignement.  Être des diplômés de la foi sans couleurs et sans saveurs.  Déverser des versets à profusions et des réponses à toutes questions, mais avoir un cœur sec et vide à l’intérieur.  Gonflé à bloc par la gratification de la connaissance et du bien paraître.  Celle de bien faire les choses et avoir l’impression, par-dessus le marché, que Dieu nous approuve .

C’est exactement ce que Jésus reproche aux docteurs et scribes de son époque.  Les disciples du courant officielle.  Ces religieux qui connaissaient souvent par cœur les premiers livres de la Bible, qui les récitaient jour et nuit, qui les étampaient sur leur front et qui les gravaient sur les murs de leurs maisons, connaissaient la Parole.  Et pourtant, lorsqu’elle s’est manifestée a eux en chair et en os, cette même parole incarnée leur dit :

« Ce peuple m’honore des lèvres, Mais son cœur est éloigné de moi. » – Matthieu 15.8

Être disciple n’est pas suffisant.   Suivre Jésus n’est pas suffisant.  En effet, Judas n’était-il pas un disciple?

Être disciple peut même devenir un piège de condescendance, une fosse que l’on creuse soi-même en croyant que nous nous protégeons, alors que nous devenons nos propres fossoyeurs.

Il y a plus, et il y a mieux.  Le christianisme n’est pas une religion de la tête, mais du cœur.  Un émerveillement puissant de l’amour de Dieu manifesté au travers Jésus-Christ.  Une réponse corps, âme et esprit a cet amour.  Une reddition inconditionnelle devant la croix et une joie débordante devant la grâce qui nous touche maintenant au travers Lui.

Avant même de parler de disciple, Jésus nous demande d’être des adorateurs.

[quote]En effet, nous pouvons très bien être un disciple et ne jamais adorer celui qui nous enseigne.  Invariablement, tout adorateur deviendra disciple de celui qu’il adore.[/quote]

Il nous demande d’être avec lui, tout simplement.  Il nous réclame le cœur.  Il désire que nous soyons des adorateurs amoureux.  Le mettre sur notre trône intérieur et être en véritable pâmoison devant Lui.  Comme ces amoureux qui se découvrent et dont même les silences expriment la puissance de leur amour.   Jésus n’a rien à faire des simples disciples…

En effet, nous pouvons très bien être un disciple et ne jamais adorer celui qui nous enseigne.  Invariablement, tout adorateur deviendra disciple de celui qu’il adore.

L’adorateur de Jésus, c’est celui qui se délecte à la source de Dieu lui-même.  Celui qui découvre une manne infinie qui le laisse sans cesse affamé.  Être adorateur, c’est un élan du cœur qui fait de Jésus l’unique source de son contentement.  Comme Piper le dit si bien, nous devenons des hédonistes chrétiens.  Nous nous réjouissons en Lui et notre appétit de Lui ne fait que grandir devant son amour infini.  Et c’est là, à la source de cet insatiable faim, que l’on découvre le disciple véritable.  Sa Parole devient un puits, une source, un océan qui me parle avec la voix de celui qui m’aime, et que j’aime.

Être un adorateur avant d’être un disciple, c’est un apprentissage fusionnel.  C’est l’école du cœur.   Il m’aime, je l’aime et je désire le connaître toujours plus.  Sa parole transcende les pages imprimées et chuchote directement à mon cœur.  J’apprends ce qu’il est et j’aime ce qu’il aime.  Mon obéissance n’est plus une bête soumission, mais une joyeuse excursion avec celui qui m’accompagne tous les jours.

Et si je manque à ma résolution?  Plutôt que de me morfondre en contrition et en culpabilité, je saisis la main que j’aime et je me relève.  Je me plonge dans ses bras, me réconforte au son de sa parole et me laisse tout simplement aimer par celui qui est mort pour moi, et dont rien ne pourra jamais me séparer (Ro 8:39).

Il y a mieux qu’un disciple, oh! Que oui!  Un adorateur en esprit et en vérité (Jn 4:23).  Lorsque nous décidons de devenir des adorateurs, tout le christianisme prend son sens et passe du noir et blanc à la couleur!  D’une religion à une relation!  Et toute notre vie de chrétien se teinte de cette révolution d’amour.  C’est dans cet élan du cœur que la louange tire sa source et son sens.  Que les œuvres se transforment an actes de compassions et que l’amour de mon prochain devient un canal de Son amour.

La connaissance est une bonne chose, mais si elle n’est pas poussée par une adoration véritable, elle n’est qu’un métal qui bourdonne, une cymbale fêlée qui dérange, de belles actions, de belles paroles sans la saveur, la couleur et l’odeur de Christ (1 Cor 13:1).   Un gros ballon bien rempli de nous-mêmes.

Devenons des adorateurs, et nous serons des disciples véritables.

Être toujours joyeux

Il arrive que l’envie de baisser les bras et vivre en jetant la serviette me titille l’esprit. Il arrive que les conséquences de la vie m’apporte plus de nuages que de soleil.  Que le temps passe et que j’ai l’impression que le jour de la marmotte se répète sur la pire journée qui soit.  C’est dans ces moment que ma foi est mise à l’épreuve et que je repasse en mon cœur la prescription du médecin qui a l’antidote à la grogne: Le Seigneur du Bonheur.

Nous sommes créés pour être heureux. La joie est ce qui caractérise l’homme. C’est la quête et la recherche ultime. Le seul hic est la distance entre ce que nous savons et ce que nous voyons. Nous aspirons de tout notre être à vivre le bonheur, mais nous vivons une résistance acharnée à ce rêve. Le combat est impitoyable et souvent la reddition est à notre porte. L’envie de tout laisser tomber nous gagne tant le rêve de bonheur semble inatteignable.

« Soyez toujours joyeux. »  —1 Thessaloniciens 5.16

Dieu nous ordonne la joie.

Il nous ordonne de vivre l’état total de plénitude. De contentement, de joie globale. L’entière vison du monde dirigé par la paix. La satisfaction qui emplit mon âme jusqu’à déborder de bonheur. La joie, c’est de vivre l’instant présent dans une plénitude complète et avec une pleine assurance en Dieu. C’est un état et une conséquence. Le résultat d’un état de foi qui se donne en entier à Jésus. Rien de plus apaisant que de faire confiance en Dieu, en sachant qu’il est… Dieu. Rien de plus réjouissant que de mettre sa foi en celui qui m’aime jusqu’à la croix. La conséquence d’un cœur converti et qui a reçu son sauveur par la foi. C’est le fruit d’une réelle conversion, métanoïa, la transformation intérieure que seul l’Esprit de Dieu peut créer.

Dieu nous ordonne d’être joyeux.

Comme si elle était à notre portée, prête à être cueillie et récoltée. Comme si le jardin de notre cœur était une provision sans fin de bonheur et de jubilation. Oui! Elle est là, cette joie sans frontière. Jésus l’a dit lui-même : « Et maintenant je vais à toi, et je dis ces choses dans le monde, afin qu’ils aient en eux ma joie parfaite. » — Jean 17.13. Elle est non seulement là, mais elle est incrustée, régénérée par le renouvellement de la nouvelle naissance. Christ en nous! (Col 1:27) Que dire de plus, sinon que la joie de Christ est maintenant partie intégrante de notre nouvelle nature. Nous n’avons pas à notre disposition que de la joie, nous sommes désormais la joie incarnée par le St-Esprit qui nous habite. Un temple de la joie dédié à Dieu. Il ne s’agit pas de pigments que nous mélangeons pour former une nouvelle couleur. C’est la couleur de Dieu venue dans mon pot charnel. Nous pouvons être toujours joyeux! Et pourtant…

 

 C’est la couleur de Dieu venue dans mon pot charnel.

 

Comme si quelque chose venait obscurcir le ciel bleu et le soleil si nécessaire à l’épanouissement de cette félicité. Comme si la semence était là, mais étouffée par les épines que nous confondons avec la joie. Comme si la volonté était présente, mais noyée par le désir.

Et nous en arrivons au cœur du problème : le cœur. Dis-moi ce qui fait ta joie, je te dirai ce qui encombre ton cœur. La vérité est simple : tout ce qui n’est pas Jésus ne peut emplir et jaillir en joie éternelle. Nous cherchons à combler le vide de bonheur par tout ce qui n’est pas Lui. L’Argent, la satisfaction, le matériel, la gloire, le succès… et nous sombrons dans une spirale de la peur et des inquiétudes. Peur de perdre, inquiétude de ne pas avoir, de ne pas contrôler, anxiété du futur sans l’objet de nos désirs, rêves souvent inavoués, qu’autre chose puisse combler le vide intérieur. Que la joie peut s’obtenir ailleurs qu’en Lui. Nous préférons la jouissance à la joie.

Dieu m’ordonne d’être toujours joyeux.

La seule solution est la reddition. Prendre conscience du cadeau incroyable et pourtant bien réel : j’ai tout pleinement en Lui (Col 2:10), cesser le shopping et le lèche-vitrine, arrêter de chercher ailleurs ce qui me laissera sans fin sur ma faim? Nous sommes si souvent préoccupés par un futur conditionnel que nous oublions le présent bien réel. Mordre à pleine dent dans ce que j’ai maintenant en Lui et jouir de sa présence, de sa provision et de ce que je suis tout simplement. Être chrétien, c’est avoir toutes les raisons d’être joyeux, heureux, rempli de bonheur. Vivons chaque précieuse seconde de joie aujourd’hui maintenant saisissons l’éternité, puisqu’aux yeux même du Seigneur, nous sommes déjà au ciel! (Eph 2:6-7)

Un frère persécuté dont la vie est mise à prix commentait sa condition : « On ne meurt qu’une fois, pourquoi ne pas mourir pour Jésus? »… J’ajouterais que l’on ne vit qu’une fois, pourquoi ne pas le faire à fond, pour Lui?

Quand le gris me submerge, je prend une décision simple.  Je lâche prise et m’abandonne dans ses bras d’amour.  Je fait le deuil d’une solution satisfaisante pour simplement accepter celle du Seigneur, regarder au-dessus des nuages et réaliser l’espoir qui m’appartient au présent.

Les abeilles spirituelles

La vie des abeilles est une leçon en soi pour nous chrétiens contemporains.  Nous sommes devenus de grand consommateur de spiritualité et de plus, avec la proximité des ruches et le miel toujours plus sucré ailleurs, un phénomène inquiétant se répète au vol : le butinage chrétien.

En effet, le phénomène n’est pas nouveau à notre décennie, mais récent par rapport a l’église.  Les croyants, plutôt que de vivre un contentement volontaire, se précipitent à la ruche voisine (lire l’église), pour y retirer un peu de nectar qui, selon eux, manque à la ruche qui les a accueillis.  Il en résulte un exode et un appauvrissement des petites ruches au profit des méga-ruches.   Un autre phénomène, bien pire celui-là, n’est pas un exode littéral, mais plutôt une dilution.  Un délayage de temps et de ressources au profit ni de l’une, ni de l’autre ruche, mais au profit seul de l’abeille solitaire en recherche d’un miel toujours meilleur.

Sortir n’est pas un mal en soi!  Chez les abeilles, la collecte de pollen se fait avec un aller-retour effervescent qui a pour raison la survie de la ruche.  Chaque abeille a son rôle clair, sa place comprise, et l’harmonie qui en résulte donne un modèle d’unité.

Le problème que nous vivons présentement est en fait, une course à l’insatisfaction et une recherche d’épanouissement et d’éclosion basée sur les besoins personnels. La ruche n’a aucune place dans le processus.  Tout ce qui compte est le moi.  Je juge de ce dont j’ai besoin et je décide de voler ailleurs pour le retrouver. Ni la petite, ni la méga ruche n’a d’importance.  Ce qui compte, c’est de combler mon besoin.  Je consomme.

 

Nous sommes à un tournant, ou l’individualisme se transforme lentement en narcissisme. 

 

Nous sommes à un tournant, ou l’individualisme se transforme lentement en narcissisme.  Nous passons d’un individualisme assoiffé de nourrir ce qu’il croit être bon pour lui, a un narcissisme ou la seule raison d’être est la satisfaction de soi.  L’église devient alors un accessoire.  La ruche n’est qu’un mail que je fréquente pour y retirer ce que je désire.  Pas nécessairement ce dont j’ai besoin.

Cette lente déconnexion de la communauté est périlleuse et conduit vers l’extinction des abeilles à proprement parler.  Une lente agonie ou la congrégation tant louée s’effrite et se désunie.  Il ne reste que des individus solitaires, sans mission commune et sans véritable raison d’être.  Tous assemblées autour d’activités toujours plus attirantes, sucrées, mais sans réelle profondeur spirituelle.

Plutôt que de devenir le changement dans ma propre église, je cherche ailleurs ce qui je crois avoir besoin.  Je laisse les frustrations et les insatisfactions avoir raison du courage et de la solidarité, puis je plonge corps et âme dans une recherche sans fin de satisfaction personnelle.

Plutôt que de viser la convergence, je vise la dilution qui rendra inévitablement insipide le christianisme qui s’en reflètera.

Une meilleure musique, un groupe plus attrayant, une atmosphère plus conviviale, des enseignements mieux ciblés, une ruche plus missionnelle… toutes les raisons sont bonnes pour aller et revenir.  Puis ne jamais revenir et recommencer le cycle.    Notre alvéole ne nous satisfait plus et le miel est toujours plus sucré chez le voisin, jusqu’à ce que j’en sois blasé.  En fuyant un problème j’en deviens un encore plus grand : l’appauvrissement de ma propre église.

La solution est des plus simple : la confiance et la loyauté.

La confiance en ce que Dieu a fait en me mettant dans l’église où je suis.  Je crois que j’en fais partie, et que je suis un membre de ce corps local dont chacune des parties s’édifie mutuellement.  J’ai besoin de chacune des abeilles de ma ruche et tous ont besoin de moi pour devenir LA stature de Christ.  J’en tire profit et j’en suis responsable.  Ce n’est qu’en formant un essaim bien serré que nous pouvons construire ce que Dieu nous demande d’être ici, aujourd’hui, maintenant.

La loyauté en mes capacités et en l’innovation du St-Esprit.  Devenir ce changement que je désire tant voir et vivre.  Plutôt que de reluquer la ruche voisine pour un élément qui je convoite, pourquoi ne pas devenir la transformation là où je suis.

Et si je n’en avais pas réellement besoin?  Et si finalement, c’était la paresse qui me pousse à traverser le champ et aller ailleurs?

Et si je commençais par prier lorsque je désire butiner ailleurs?   En faisant l’inventaire des bénédictions que j’ai à même ma propre ruche.  Regarder autour de moi la famille qu’il m’a donnée et décider de m’investir en entier là où je suis.  Je plonge dans ma ruche et la construit comme Jésus veut que je le fasse.  Avec confiance et loyauté.

Devenir la transformation que je désire voir et vivre!  Et si c’était ça que le Seigneur me demande?

Les abeilles ont cette réputation de demeurer fidèles à leurs colonies jusqu’à la mort.  Ils s’y investissent en sachant que la fragmentation de l’engagement ne donnera jamais mieux qu’une satisfaction personnelle éphémère.  Quel genre d’abeille je suis?

La réforme intérieure

Cette semaine nous, célébrions le 500e anniversaire de la réforme, ou plutôt, du moment ou Martin Luther placarda ses 95 thèses, sur la porte de l’église du château de Wittenberg.   Il dénonçait particulièrement le mercantilisme du ciel au travers les indulgences. L’instigateur le fit au terme d’une profonde recherche d’espérance : comment être certain de mon salut?

La réforme est depuis devenue une bannière dans notre vocabulaire, réforme de la santé, réforme scolaire, réforme chez les forces de l’ordre, réforme de l’état… tout y passe et a besoin de réforme! Signe que quelque chose ne va pas et a besoin d’être revisité pour en changer son fonctionnement.

Une réforme individuelle

En fait, nous avons tous besoin d’être réformés.  Il est facile de regarder à l’extérieur et y voir tout ce qui ne fonctionne pas comme il devrait.  Se regarder en face est autre chose.  Y voir ce qui ne va pas et amorcer un plan de changement est courageux, et même parfois téméraire.  Il faut beaucoup d’humilité et de volonté.

La réforme protestante a débuté par la réforme d’un seul homme qui s’est allumé dans son intérieur : j’ai besoin de réformer ma certitude!  Je ne peux pas être sauvé par les œuvres des indulgences, car lorsque je lis la Parole de Dieu j’y vois une voie diamétralement opposée.

« Parce qu’en lui est révélée la justice de Dieu par la foi et pour la foi, selon qu’il est écrit : Le juste vivra par la foi ». – Romains 1:17

Tout a commencé par un individu qui a été touché individuellement.  La véritable réforme commence au cœur, dans l’intimité, avec moi seul en face d’un problème et d’un désir.  Le problème de l’homme pécheur et le désir d’un Dieu sauveur.  Si la réforme protestante ne nous touche pas violemment de l’intérieur premièrement, elle est inutile.  Elle devient une simple rénovation et perd sa puissance de réformation.   Elle n’est qu’une couche de peinture appliquée sur un mur contaminé par la moisissure.

 

  Si la réforme protestante ne nous touche pas violemment de l’intérieur premièrement, elle est inutile.

 

Une réforme spirituelle

Il y a 500 ans, la réforme a touché les royaumes, les structures et la politique de l’époque.  L’Europe s’est scindée en deux, protestants d’un côté et catholiques de l’autre.  Facile de forger des formes à la réforme.  On structure, dicte et politique.  Tout comme dans notre vie.  La réforme peut être personnelle, mais pour y voir toute la puissance restauratrice elle doit tout d’abord être spirituelle.

On ne réforme pas une religion ou une façon de faire.  La réforme n’est pas une reconstruction des institutions, mais un changement en profondeur du cœur.  Non pas dans ses habitudes séculières, mais dans son approche de Dieu.  Sa vision spirituelle va au-delà même du dépoussiérage ou de la simple modernisation.  C’est une nouvelle naissance spirituelle qui fait de la réforme protestante une révolution profonde.

Ce n’est pas qu’une redécouverte, puisque ce que l’on y trouve est totalement nouveau, entièrement réformé et inexploré… Exprimé par les cinq Solas : seule la Parole de Dieu, seule la foi en Dieu, seule la grâce de Dieu, seule la gloire de Dieu et seulement Jésus.  La réforme nous amène au plus profond de notre cœur pour y découvrir la noirceur totale et le besoin total de salut.  Ce constat terrorisait Luther.  La frayeur de se savoir perdu, sans Dieu ni sauveur a excité sa faim de Dieu et c’est au travers la Parole de Dieu qu’il a découvert la grâce de Dieu par la foi en Jésus pour Sa gloire.

Une réforme perpétuelle

Parce que la cause de la réforme est toujours vivante, elle ne se conclut pas avec l’affichage des thèses.  500 ans d’histoire de réforme ne se résument pas à une discussion sur les indulgences.  Ce qui fait la force de la réforme est sa perpétualité.  La réforme a un début, non pas celui de 1517, mais celui de ma rencontre avec Jésus, actuel, présent dans ma vie.  Le jour où il placarde sur mon cœur la vérité de son sacrifice au travers sa parole! La réforme n’a pas de fin ni d’aboutissement, sinon Dieu lui-même.

La réforme est un élan perpétuel de mon cœur.  Un ajustement constant qui pointe vers une direction et non une carte qui me fixe un chemin tout tracé.  Elle est une boussole qui dirige vers le haut.  Parce que mon cœur est continuellement en guerre contre Dieu, je dois le réformer quotidiennement, constamment car je désire naviguer vers Lui.

La réforme se manifeste une fois dans une vie puis s’entretient au quotidien, sans relâche.  C’est l’affaire des cœurs avant les institutions.

500 ans de réforme intérieure

Ce qui éblouit le monde avec la réforme protestante n’est pas tant la discussion à propos des indulgences que le parcours de transformations qu’il a inauguré.  Des millions de personnes ont réformé leurs cœurs au travers la Parole de Dieu et le Salut en Jésus Seul.  C’est 500 ans de réformes intérieures qui marquent l’histoire ce 31 octobre.  Un retour à la véritable bonne nouvelle, le véritable évangile.

Ma St-Valentin

Je n’ai jamais cru au hasard… le seul qui vaille est celui avec un grand « D » comme pour DIEU.    Je crois que nous devenons ce que nous construisons, soit en aval, soit en amont du bien ou du mal.  Peu importe d’où nous partons, nous pouvons faire avec les petits pains et poissons dont Dieu nous pourvoie, soit un amoncellement égoïste qui finira par pourrir notre vie, soit une distribution généreuse qui débordera largement le contexte même de l’histoire.  Je n’ai jamais cru au coup de foudre, ni à l’âme sœur, et encore moins à la compatibilité des caractères.  La vie est une succession de choix que nous faisons et, comme le disait mon pasteur ce matin, la véritable liberté est celle de faire les bons choix dans les alternatives qui se présentent à nous.

J’ai rencontré une fille, il y a maintenant vingt-cinq ans et des poussières.  Une fille qui m’a plu en raison de bien des raisons : son apparence, son caractère, ses qualités et ses couleurs.   J’ai décidé, ce jour de janvier d’arrêter de chercher.  J’ai décidé de l’aimer de tout mon cœur, d’en prendre soin, de tout faire ce qui serait en mon pouvoir afin de la rendre heureuse.  J’ai décidé d’unir ma vie à elle et qu’ensemble nous allions explorer le reste de notre vie.  C’est Julie.

J’ai décidé de l’aimer, j’ai également décidé de me livrer exclusivement à elle et peu importe les tempêtes qui se présenterais à nous, je resterai à bord.  J’ai décidé de me contraindre et me restreindre à une seule et unique personne jusqu’à ce que la mort nous sépare.  La vie nous a apporté notre lot de houle, de tempêtes, certaines semblaient plus intenses dans les autres embarcations…  Difficile de comparer.  Sauter par-dessus bord serait de toute façon un suicide, non seulement moral, mais personnel.  La seule façon de réussir est d’affronter la tempête ensemble.  D’ailleurs, ne dit-on pas que les meilleurs matelots sont formés dans les pires tempêtes ?  Et il y a notre étoile qui nous dirige, Dieu qui est au cœur de notre vie nous amène toujours à bon port.  Nous avons une destination céleste qui rend tout port d’attache bien pâle et terne.

Ma St-Valentin à moi dure 365 jours et est nourrie de petites attentions au quotidien.  Des petits riens qui semblent anodins, mais qui, je le sais, font une différence dans sa vie.  Des petits mots, des petites intentions.  Des petits gestes qui dans le poids d’une balance ne semblent pas bien lourds, mais accumulés au bout de vingt-cinq ans font tout le poids de l’amour qui nous unit.  Des petits sacrifices insignifiants qui expriment pourtant ces mots : « je t’aime ».  Des pardons et des décisions, une intention ferme de mettre ma créativité à son service pour que le bonheur la réchauffe comme le soleil en pleine mer.  Un amalgame de prière, de geste, de merci et de don qui font un tout qui s’appelle notre couple. C’est ce qui solidifie au quotidien les cordages de nos voiles et nous permet de prendre le large sans inquiétude.

Nous avons des matelots, qui sont témoins de notre équipe.  Le fruit de notre amour est en fait doublé et en âge de choisir leur propre équipage.  Nous prions qu’ils tireront le meilleur de ce qu’ils auront vu, à leurs façons.

Et si la tempête faisait rage, comme jamais nous ne l’avons connue ? Je sais que nous ne perdrons jamais de vue Celui qui nous a unis, le Seigneur des petits gestes, celui qui nous ouvre la voie du véritable amour, l’exemple même du « je t’aime », Jésus qui nous indique le nord, notre boussole et notre assurance.

Je t’aime mon amour, j’arrive avec les sushis!

Le poison sucré

« Veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu ; à ce qu’aucune racine d’amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n’en soient infectés » – Hébreux 12.15

J’ai lu l’histoire d’un homme, amateur de champignons, dont la passion l’amena tragiquement à la mort.  Il avait confondu dans sa récolte une espèce commune avec une autre mortellement toxique.  Apparemment qu’en bouche, le délice était complet, mais le résultat fut pourtant fatal.  Dans la forêt des mots, l’amertume est ce genre de poison qui nous amène inévitablement vers la mort…  Et non seulement la nôtre, car lorsqu’elle est laissée à son naturel, elle peut devenir une infection vénéneuse et transmissible, tel un rhume, par simple voie orale.  Le contact avec les paroles d’une personne infectée peut faire basculer les perceptions et la réalité du clair à l’obscur et transformer une forêt enchantée en un cauchemar éveillé.

Le goût sucré

L’amertume est cette disposition du cœur à entretenir du ressentiment, un rappel plus ou moins répétitif d’une offense, d’une injustice ou d’un certain regret.  Je repasse le film de la blessure, puis j’y ajoute mon propre scénario.  J’y greffe ensuite mon adaptation, jusqu’à y repasser un film d’horreur où les victimes deviennent les offenseurs, ou les faits, révisés par ma propre justice, réécrivent la vérité et me plongent dans une réalité virtuelle où je deviens le héros amer de l’histoire sans vainqueur réel, sans fin. Je me rejoue en boucle, et souvent même d’une façon obsessive, les quelques minutes où j’ai été victime du drame.

 

J’y recherche le sucre de l’illusion dans l’espoir d’une justice consommée rapidement.

 

C’est la cueillette empoisonnée et de surcroît, volontaire.  Je crois me délecter aux sources même de la ciguë.  J’y recherche le sucre de l’illusion dans l’espoir d’une justice consommée rapidement. Et pour tout dire, il y a une certaine satisfaction dans l’amertume.  Tel un psychotrope elle déforme la réalité et l’embellit.  Le temps qu’elle passe en bouche laisse des sensations illusoires qui satisfont le désir d’autosatisfaction.  Le temps d’un instant, on est presque ravi d’une joie trompeuse, d’une assurance que la situation, la personne, les événements, souches de mon amertume, tourneront à mon avantage personnel et qu’enfin je connaîtrai la paix de l’autojustification.

Le goût empoisonné

Plutôt que de trouver un délice pour l’âme, l’amertume nous laisse un goût… amer.  Une amertume qui vient d’une source corrompue :  le cœur humain.  Dans ses profondeurs, nous y trouvons une faune agressive et sans merci pour nos semblables.  Les abysses du cœur sont remplis de mauvaises pensées, de mauvaises intentions et de mauvais sentiments.  Malgré toutes les bonnes intentions que nous lui prêtons, et malgré le constat que certains font de sa pureté enfantine, il n’en demeure pas moins un lieu obscur où règnent la rapine et les épines.  C’est du moins ce que la Parole de Dieu en dit.  Le cœur interprète et aveugle, il décolore et rend insipide les meilleures actions.  Il détériore la vérité pour ne faire qu’un semblant de réalité, la mienne, la seule valable.

De cette source qui puise ses pensées à même le péché, chacun est responsable de boire ou non.  Le péché tapi dans le sous-bois de notre être ne demande qu’à détruire tous ceux qui osent s’opposer à notre propre justice et à notre amour propre.  L’amertume répond à notre besoin de protection, de valorisation et d’acceptation.  Mais la source falsifiée par le péché transforme ces besoins justifiés en désirs idolâtres au point de ternir et désirer détruire ceux qui nous entourent.  Nous y arrivons une pensée à la fois, puis la fermentation fait son effet, la pression siffle par une parole qui terni l’autre, et finalement en actions qui éclatent avec plus ou moins de force.

Un cancer de l’âme

Un sage chinois a dit : désirer se venger, c’est prendre un poison en espérant voir l’autre mourir. L’amertume, c’est le cancer de l’âme.  C’est la bactérie qui transforme un aliment sain en un poison mortel.  Tel le botulisme, elle paralyse les sens et finit par atteindre toutes les fonctions vitales, jusqu’à arrêter de respirer. C’est la mort de l’âme.  Pour un régénéré, c’est la zombification d’un vivant se comportant comme un mort.

L’amertume gruge lentement, à petit feu, étape par étape, mot par mot et pensée après pensée, dirigée vers l’obsession du rétablissement de la justice, jusqu’à l’aveuglement spirituel. Et par surcroît, l’amertume se transmet.  Elle se propage au travers des paroles, par le simple fait de déformer la réalité envers une oreille crédule. Nous falsifions par nos propos savoureux, teintés de médisance et saupoudrés d’une pincée de calomnie, nous inoculons notre amertume au fond du cœur d’une tierce personne.  Nous influençons sa réalité pour lui faire accepter la nôtre.  Et nous avons ce sentiment d’avoir un allié, une victoire, un semblant de justice alors que c’est notre propre condamnation que nous signons. L’amertume a ses rejetons, et infecte son entourage, elle a ses racines et brise les fondations souvent solides, par une séduction naturelle qui entraîne tous ses adeptes vers le tréfonds du mensonge.

Un antidote

Le seul antidote efficace pour contrer ce poison est la puissance régénératrice de l’Évangile.  Si je subis un tort ou une injustice quelconque, l’œuvre de Christ me ramène invariablement à la justice véritable. Le miroir de la croix me reflète le visage de mon péché, et la véritable nature de ce que je suis : offenseur et agresseur devant Dieu.

Le regard que j’ai envers les torts que je subis, peu importe leurs justifications, doit passer premièrement au travers de la lunette de ma propre condition.  Puis admirer toute la grâce que Dieu exerce à mon égard. Son amour inconditionnel, et toute la provision d’amour, d’acceptation et de patience qu’il manifeste envers moi.  La grâce nous élève et nous fait passer de vengeur à rédempteur.  Puis  je prendrai une décision qui transformera toutes mes relations : agir envers mon prochain de la même façon que Dieu le fait envers moi.

Ma goutte en 2016

Nous sommes tous une petite goutte dans l’océan du plan de Dieu.  Chacun à notre façon, de bon gré et même malgré nos faiblesses, nous contribuons tous à réaliser le plan du Seigneur en ce monde.  Si insignifiante qu’elle ne paraisse, cette goutte est pourtant partie prenante d’un tout sans laquelle le volume ne serait pas complet.

« et vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, afin d’offrir des victimes spirituelles, agréables à Dieu par Jésus-Christ. »  -1 Pierre 2.5

Pour moi, 2015 a été une année de changement et de transition !  Que de surprises et combien j’ai vu la main de Dieu me diriger vers de nouveaux défis.  J’ai quitté un ministère pastoral de 15 ans et une église que je fréquentais depuis 20 ans.  J’avais une profonde conviction que le Seigneur m’appelait vers une nouvelle œuvre.  En fin d’année j’ai dû ralentir le rythme de Pasteur Blogueur en raison de ce nouveau ministère, et désormais je suis engagé à l’église de Mascouche à relever d’excitants défis au sein d’une équipe dynamique et consacrée profondément à Dieu.  Si l’on m’avait présenté cette goutte de 2015, j’aurais cru être incapable de la boire, et pourtant, elle n’était pas au-dessus de mes capacités.  Le Seigneur a été encore et comme toujours fidèle.

Une goutte semble si insignifiante dans l’immensité de l’océan.  Elle semble se perdre et ne pas faire monter bien haut le niveau.  En regardant à moi, mes capacités et mes erreurs, j’ai souvent l’impression que mon apport à l’église est moins que signifiant, pour ne pas dire vaporeux, contribuant beaucoup plus à une sécheresse qu’à une pluie diluvienne.  La grâce de Dieu me révèle qu’il peut prendre cette goutte imparfaite et si menue pour sa propre gloire, à condition de la lui donner en entier, à l’image de ces pains et poissons de l’Évangile.

En 2016 je plonge donc avec l’assurance que Dieu accomplira son plan avec sa patience et malgré mes imperfections et mes sécheresses. Ma prière est que nous puissions voir un puissant réveil spirituel sur le Québec.  Que le Seigneur utilise nos petites gouttes pour arriver à ses fins et déverser sur notre province une pluie diluvienne.

Côté Blogue, pour l’année qui vient je vais me consacrer è un domaine de réflexion qui m’interpelle profondément.  Un nouveau ministère, de nouvelles responsabilités et un domaine que j’approfondis depuis une vingtaine d’années : Le leadership dans l’église.   Je rédigerai mensuellement des articles avec Gospel Coalition E21 sur ce thème et j’ai également ajouté une rubrique « Leadership » à mon site. J’y ajouterai des articles sporadiques ainsi que d’autres traitants d’actualité et d’enjeux contemporains d’un point de vue chrétien.

Côté rédaction, j’espère terminer mon livre traitant de la foi et le phénomène de la conversion en 2016, et rédiger un guide de réflexion (dévotionnel) quotidien basé sur le leadership au cœur des proverbes.  Depuis une trentaine d’années, je lis chaque jour les proverbes et ceux-ci ont été une source profonde d’inspiration dans mon leadership. À l’occasion, je déverserai une page dans mon blogue.

J’ai toujours en projet l’ajout et l’exploration de vidéoblogue, mais le temps est comme l’océan, si l’on essaie de le boire en entier nous risquons la noyade !  Faut prendre que ce qui nous est présenté.  Si le temps me le permet, je publierai quelque chose en vidéo.

Aucune contribution à l’évangile n’est insignifiante, elle révèle notre engagement et notre passion pour la cause de Christ.  Il s’agit de plonger dans l’océan corps et âme et laisser Dieu nous guider au travers le courant.  Il le fera et nous conduira à bon port.  Je vous encourage en 2016 a plonger, chacun avec votre petite goutte, car c’est ensemble que nous faisons une différence en vivant et en hâtant son avènement. (2 Pi 3:12)

Une merveilleuse année 2016 bénie et enrichissante

Auschwitz : La frontière obscure

Cette semaine nous commémorons le soixante dixième anniversaire de la libération du Camp d’Auschwitz et de son jumeau Birkenau. L’horreur concentrée que nous y avons découverte a été révélée au grand jour et toute la stratégie d’extermination a été dévoilée lors du procès de Nuremberg. La « solution finale » avait la prétention d’exterminer tous les juifs d’Europe, et idéalement, de la planète puis amener sur la terre un règne millénaire ou le Reich d’Adolph Hitler rétablira, sous la croix gammée, l’ordre selon sa vision propre de la paix.

J’entendais hier un témoin raconter comment, à leurs arrivées au camp, les femmes et les enfants étaient d’abord séparés des hommes. Puis, dans un camp adjacent, les enfants en bas âges et les bébés, arrachés des bras de leurs mères. Les petits étaient dénudés, jetés vivants en tas dans des bennes de camion puis transportés à quelques pas du lieu. Un feu à ciel ouvert y était entretenu en permanence. Comme des déchets jetés au dépotoir, ces bébés étaient livrés aux flammes, brulés vifs, dans les pleurs la souffrance et dans l’indifférence complète des travailleurs et des soldats. Ce juif, témoin de ce carnage comparait la géhenne apocalyptique à ce qu’il avait vu.

Ce qui me trouble dans cet épisode de l’histoire humaine, c’est autant l’horreur que la conscience. Qu’est-ce que était différent chez ces nazis, pour en arriver à commettre cet holocauste?

Le bien et le mal?

Est-ce que leur conception du bien et du mal était différente? Les bourreaux de ce crime n’étaient pourtant pas des étrangers aux valeurs judéo-chrétiennes. C’était des gens bien au fait du christianisme, de l’amour de Christ et des commandements divins. Ces Européens, Allemands pour la plupart, savaient que tuer un être humain était mal aux yeux de Dieu. Ils avaient la même référence morale que le reste de l’Europe et de l’Amérique. Luther, le père du protestantisme, était un Allemand! Certains tortionnaires allaient à l’église le dimanche et croyaient sincèrement y rendre un culte à Dieu. La justification la plus souvent apportée au procès fut : « J’obéissais aux ordres… » Ces gens avaient la même notion de bien et de mal que chacun de nous.

Un choc culturel?

Est-ce que les différences culturelles sont suffisantes pour expliquer des drames comparables? Certains croient que le choc des cultures crée tellement de tensions qu’une rupture est inévitable. Il est facile de mettre sur le dos de la différence l’explication du mal. Les juifs assassinés étaient, en fait, européens depuis de nombreuses générations, et pas si différents… La culture ni une certaine forme de racisme seule ne peut expliquer non plus l’intensité de ces crimes.

Une réalité dérangeante

Les nazis croyaient faire le bien. Sachant pourtant qu’ils seraient désapprouvés du reste du monde, ils ont persévéré en croyant profondément rendre un service à l’humanité. Leur conscience a été remodelée, les acteurs ont été convaincus et ont agi selon ce qu’ils croyaient bien. Leur intelligence a été renouvelée vers un mal qu’ils ont accepté volontairement comme bien. Ils se sont donné le permis de tuer et de laisser aller leur nature profonde. Le seul crimes des victimes fut d’être juifs. C’est la seule raison, et c’est horrible à la fois.

Après la guerre, lorsque l’on a démasqué les criminels de guerre enfuis et recherchés pour leurs contributions aux massacres, les témoignages des voisins étaient troublants : des gens ordinaires, polis, gentils.

C’est justement ce qui nous trouble et nous dérange. Le nazi sur les photos d’époque ressemble à mon voisin, à mon cousin, à mes amis… Au reflet de mon miroir. Même si nous ne voulons pas l’admettre, un humain, comme tous les humains, et finalement pas très différent de nous. Et ça nous laisse avec un frisson dans le dos… Le nazi, c’est en fait chacun de nous laissé à lui-même.

L’humain avec la permission de laisser libre cours à sa haine intrinsèque et naturelle. L’humain, autorisé à tuer puis dirigé vers un bouc émissaire. L’humain dont la violence conduite et encouragée par une idéologie puis canalisée par un effet d’entrainement révèle son véritable fond. Le nazi, c’est un humain en tout point de la même nature que chacun de nous.

Aux frontières

Auschwitz nous amène aux frontières obscures de l’être humain. L’humain, avec tout son potentiel de violence et de haine, digne de notre aïeul Caïn. Une violence qui s’est transmise de génération en génération. Un humain sans Dieu en est un avec une conscience malléable et une intelligence manipulable dont seul l’Esprit de Dieu peut véritablement renouveler. L’homme est et sera toujours un potentiel de destruction massive pour ses frères, quelle que soit la race.

La seule issue est Jésus-Christ : Un juif torturé, battu, puis crucifié. La croix de Christ est la seule croix qui puisse apporter la véritable paix, à la fois avec Dieu et entre les hommes. Auschwitz nous rappelle de quoi l’homme est capable et combien il a besoin de Jésus.

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