10 000 visites en 2014

La meilleure façon de récolter, c’est de semer!

Il y a trente ans, j’ai fait une rencontre qui a bouleversé ma vie : Jésus! Je le poursuivais sans savoir qu’il me laissait lui-même des indices, comme les cailloux semés afin de ne pas s’égarer, un fil d’Ariane bien tendu qui m’a conduit a Lui. Dès ce moment j’ai su que ma raison d’être était de plus en plus et de mieux en mieux le connaître afin de le faire connaître. J’ai plongé dans l’évangélisation, dans la prière, dans l’église.

Dès mon enfance, j’aimais lire, je dévorais tout ce qui était relié. J’en lisais même le dictionnaire et les encyclopédies par plaisir. Lorsque mon père m’enrôla dans une équipe de hockey, je trouvai le judicieux moyen de passer le temps perdu sur le banc en apportant dans mon sac d’équipement… des Tintin. Le premier livre que j’ai lu dès la première année du primaire fut une Bible prise sur le volet dans les rayons de la bibliothèque de l’école. Lire c’est découvrir une liberté de penser et une oasis de réflexion dans un univers intérieur connecté à son auteur.

Lorsque j’ai démarré ce blogue, je revenais à mes premières amours : Dieu et les lettres. J’avais à cœur de partager mon intérêt pour l’écrit et transmettre ma passion pour Jésus. Partager un point de vue chrétien sur les questions de la vie. Questions pratiques et philosophiques, le sens de l’être et le comment vivre aujourd’hui la vie chrétienne. Aucune attente, juste la gloire de Dieu et, s’il le jugeait bon, inviter les yeux à plonger dans ces articles.

Je caresse également un rêve avoué : voir un profond réveil éclater ici, dans ma terre natale du Québec. Je désire contribuer et voir ce lumignon que nous sommes, à peine 35 000 chrétiens québécois, s’embraser et allumer la passion pour le Seigneur, ici tout d’abord, puis s’étendre au travers toute la francophonie. J’ai engagé notre église, à Laval-Est, depuis le début de mon ministère il y a une douzaine d’années, à prier pour l’unité et le réveil.

Je ne peux que louer le Seigneur et admettre que seul Lui fait ce que Lui semble bon. 10 000 visiteurs ont passé par Pasteur Blogueur cette année, c’est beaucoup, et c’est peu à la fois.  Ce qui est important, c’est que Dieu a jugé bon d’utiliser ce moyen pour édifier, informer et, je le souhaite, embraser quelques cœurs. Ad Majorum Gloriam Dei était la marque distinctive de Jean-Sébastien Bach. Tout pour sa gloire ultime. Car, au final, c’est tout ce qui compte : La Gloire de Dieu.

L’année qui vient est déjà bien remplie de projets excitants, des projets qui mijotent dans le cœur de l’homme, autant de cailloux semés, mais sans le Seigneur, ils seront caducs, et ne porteront aucun fruit (Prov 19:21).

Pasteur Blogueur n’est qu’un caillou dans le dédale de la forêt, un simple brin du fil d’Ariane, un petit panneau qui point vers Sa Parole. Car, au final, c’est elle qui est vivante, qui transforme et qui glorifie le nom du Seigneur! Que l’année qui vient nous emplisse de la gloire de Dieu. Qu’il fasse briller sa lumière sur notre pays!

Ad Majorum Gloriam Dei

Les trois lettres de la confiance

« Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s’élève contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée captive à l’obéissance de Christ. » —2 Corinthiens 10.5

Je me souviens d’un samedi après-midi alors que mon garçon était âgé de cinq ans. Il avait grimpé dans un arbre du jardin et se retrouva prisonnier à 3 mètres du sol… il était en bien fâcheuse posture. Arrivé sur les lieux, je voyais bien que la hauteur lui semblait un précipice insurmontable. De ma hauteur, je lui dis simplement « Saute dans mes bras, je vais t’attraper ». Je lu dans ses yeux l’hésitation. « Et s’il m’échappe, si je tombe et que je souffre »… la confiance a finalement eu raison de la peur. Il a sauté, je l’ai attrapé, et nous nous sommes fait un câlin dont je me souviens encore.

Il a démontré ce jour-là qu’il me faisait confiance. Même si ma suggestion de sauter lui semblait extrêmement risquée, il a malgré tout obéi. C’est ici les trois lettres de la confiance : O-B-I. La confiance, pour qu’elle soit véritable et transcende les mots se doit de se transformer en obéissance. Sans obéissance, on peut dire qu’il n’y a pas de confiance tangible. En effet, c’est facile de dire que l’on a confiance en Dieu, tant que nous n’avons pas mis à l’épreuve ces belles résolutions et ces belles paroles, si souvent priées et chantées.

À partir de ces trois lettres, voyons comment transformer notre confiance en obéissance.

 

Sans obéissance, on peut dire qu’il n’y a pas de confiance tangible.

 

O comme Observer

Nous avons tous notre lot d’expérience qui décide la plupart du temps de la façon dont nous interpréterons les événements qui nous entourent. Ces raisonnements sont la plupart du temps des forteresses qui nous empêchent de nous lancer dans les bras du Père.

Pour obéir à Dieu, nous devons souvent oublier ce que nous savions de Lui, et le redécouvrir. Refaire notre lecture de ce qu’il est. La chair et le péché font de nous de bien mauvais analystes célestes. En effet, dans le jardin, la première conséquence de la chute fut une perte de conscience de la grandeur de Dieu (je me suis caché); puis de ma propre condition (car je suis nu). (Gen 3:10)

Dieu est celui qui est digne de confiance, celui dont rien n’est laissé au hasard, celui qui nous aime et nous affectionne plus que tout… nous pouvons lui faire confiance.

La première étape de transformation pour avoir une foi dynamique en Dieu et lui prouver notre confiance est de le connaître. Lire et apprendre qui il est, prier et être attentif a son action. Plus nous le verrons tel qu’il est, moins nous aurons peur de sauter, et même dans la vallée de l’ombre de la mort, nous aurons la certitude qu’Il est avec nous.

B comme Bouger

La foi sans les œuvres est morte, de même, la connaissance sans la pratique n’est qu’un ballon vide. Le pas de la foi met le pied en avant et vois le fleuve se séparer. Il s’agit de faire petits pas au départ, puis de plus grands par la suite. Notre guide est Dieu lui-même qui nous assure qu’aucun précipice ne sera trop profond pour nos capacités (1 Cor 10:13).

Il s’occupe Lui-même de notre perfectionnement et de notre transformation afin que nous grandissions de gloire en gloire, vers la stature parfaite de Jésus-Christ. Le rythme idéal est de bouger sans m’arrêter au fur et à mesure que j’apprends sur Dieu. Être à l’écoute du St-Esprit qui me dirige et m’indique la voie à suivre. Aimer, pardonner, exercer l’hospitalité, témoigner notre foi, s’entraider, tendre l’autre joue… Les œuvres sont là, sur mon chemin quotidien, prêtes à être saisies pour rendre le monde qui m’entoure meilleur.

I comme Insister

La confiance en Dieu, vient petit à petit au fur à mesure où il croît et que je diminue. Notre foi est un peu comme un muscle qui prend du tonus avec l’exercice et l’usage. Arrêter l’entraînement, c’est l’atrophie. Lorsque nous sommes pris sur la branche de nos épreuves, il se peut que nous nous fassions quelques échardes, que quelques égratignures nous surprennent, et même… une blessure!

C’est alors que je dois revenir à la première lettre et m’en remettre à Dieu. Même la blessure a un but d’apprentissage afin de faire croître ma foi. Je dois alors éviter d’interpréter les motifs de Dieu comme étant de la malveillance et voir le tout comme une course dont l’enjeu me dépasse.

« Nous, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour se perdre, mais de ceux qui ont la foi pour sauver leur âme. » — Hébreux 10.39

Avoir la foi en Dieu est synonyme de lui faire confiance, et cette confiance s’exprime dans l’obéissance. Une obéissance en trois lettres simples : O-B-I, en sa parole qui seule peut nous rendre véritablement heureux et bannir la crainte.

La lettre écarlate

Dans ce que l’on nomme « le premier grand classique américain », écrit par Nathaniel Hawthorne, la lettre écarlate expose l’histoire d’une femme adultère, tombée enceinte par le pasteur d’une petite communauté de la Nouvelle-Angleterre. Elle est alors exclue à vie du village et condamnée à arborer au cou une lettre A écarlate partout où elle ira en signe de son adultère. L’auteur expose ainsi ce qu’il appellera la sanction hypocrite d’un adultère dans une société au puritanisme obsessionnel de l’époque coloniale.

Presque trois cents ans plus tard, l’adultère est le lot de presque la moitié des ménages. En fait, la survie même du couple n’est plus que d’une quinzaine d’années en moyenne. Sans qu’il y ait adultère à proprement parler, la résilience n’est plus au rendez-vous. Au-delà de la fidélité, c’est la notion même de complicité qui est remise en question.  Plusieurs se lancent même à corps perdu dans l’adultère virtuel, seul derrière l’écran de fumée, se cachant à soi-même une vérité bien désolante.

En voie d’extinction

Le couple marié pour la vie et jusqu’à ce que la mort nous sépare est maintenant bien révolu et les conséquences en sont désastreuses. Nous en ressentons les contrecoups dans l’église.   La cellule familiale éclatée, l’instabilité et l’insécurité qui en découle ne sont que quelques indices d’un profond malaise qui tire sa source aux montagnes des épreuves qu’une foi chétive n’a su déplacer.

Sous la bannière du droit au bonheur, de la liberté de choisir et d’une grâce divine plus grasse que grâce, nombreux creuses eux-mêmes le piège qui les engouffrent vers la séparation et arrivent jusqu’à se convaincre que Dieu en personne, dans tout son amour, les approuve. Ne veut-il pas, après tout, que nous soyons heureux?

D’autres, plus volontaires, en viennent à déduire que Dieu a fait une erreur; ou pour le moins, dirons que ce mariage n’était finalement pas la volonté du Seigneur. Un divorce légitime et compréhensible devient alors envisageable, si l’adultère n’est pas présent déjà, devant les frustrations et les attentes désillusionnées.

Mais qu’en dit le principal intéressé, l’instigateur du mariage et le créateur du genre humain?

 

Sous la bannière du droit au bonheur, de la liberté de choisir et d’une grâce divine plus grasse que grâce, nombreux creuses eux-mêmes le piège qui les engouffrent…

 

Au commencement

Déjà, de la bouche et du doigt même de Dieu, directement sur les Tables de la loi, il y est inscrit : tu ne commettras point d’adultère. (Ex 20:14) Puis, plus subtile, mais non moins éloquent : Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain. (Ex 20:17)

Dieu a cru bon et nécessaire de nous rappeler directement aux commandements de base que l’adultère et la convoitise ne sont pas une option qu’il approuve dans nos relations de couples. Le caractère définitif et permanent de ces commandements ont été affirmé lorsque Jésus leur donna un sens encore plus dramatique. Il nous ramène alors au tout premier couple de l’humanité et à ce que Dieu planifiait pour chacun de nous en disant a ceux qui tentaient de trouver un passe-droit au divorce que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. (Marc 10:9) Plus éloquent encore, il dit à propos de la loi, qu’il est plus facile que le ciel et la terre passent, qu’il ne l’est qu’un seul trait de lettre de la loi vienne à tomber. (Luc 16:17)

Croire que Dieu approuve ou même tolère ce qu’il a statué comme contraire à sa volonté est une illusion et une ignorance à la fois de Sa volonté et de son amour. Au même titre que le vol, le mensonge, l’idolâtrie et le meurtre, l’adultère et la convoitise sont à la base de l’ordre que Dieu a établi pour les hommes. S’y soustraire, c’est pécher. Et même si Dieu a permis dans certaines situations précises le divorce (Deut 24:1); Jésus remet les pendules à l’heure en rappelant que la dureté du cœur en est la cause. À l’origine il n’en était pas ainsi! (Matt 19:8)

Croire que Dieu approuve ou même tolère l’adultère et la convoitise est une ignorance de son amour. Dieu est le créateur qui sait que notre bonheur véritable, notre croissance profonde et notre maturité dépendent des relations; et le couple est au cœur de ces relations. Quitter et abandonner le bateau au moindre soubresaut ou même lorsque l’épreuve est difficile, c’est oublier que Dieu est le Dieu qui sait et qui peut. Celui qui veille sur ceux qui le craignent.

Le même hier et pour toujours

À notre époque de relativisme narcissique où les droits et les privilèges passent bien au-dessus des obligations et de l’engagement, de nombreux croyants espèrent rallier une pratique chrétienne et une piété de surface à une vie qui entre carrément en contradiction avec la volonté de Dieu. Comme on dit, ils désirent le beurre et l’argent du beurre. Ils croient pouvoir négocier sur la base de la pitié et de certains droits et liberté afin de faire fléchir les exigences divines. Être disciple de Christ, ce n’est pas seulement dire et paraitre, mais également obéir et être.

« Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père, je l’aimerai, et je me ferai connaître à lui. »  — Jean 14.21

L’oubli

« Souviens-toi donc d’où tu es tombé, repens-toi, et pratique tes premières œuvres ; sinon, je viendrai à toi, et j’ôterai ton chandelier de sa place, à moins que tu ne te repentes. »

— Apocalypse 2:5

Une maladie grave contamine le christianisme depuis maintenant près de 2000 ans. Sporadiquement, on la voit éclore dans diverses parties du monde, à différente époque. Une souche virulente d’Alzheimer spirituel dont les symptômes se dévoilent progressivement. Tout commence par une amnésie partielle que l’on tente d’amenuiser par des pense-bêtes que l’on fixe aux lieux stratégiques. « N’oublie pas de prier, de lire ta Bible, d’aimer »… Puis la léthargie emboite le pas rapidement. Semblable à une fibromyalgie, elle touche tout le corps et devient rapidement incontrôlable. La fatigue, la lassitude, voire l’acédie prend le pas sur les règles, et on finit par laisser tomber. On suit le courant par manque d’énergie, de volonté, de passion et de vision. Le feu s’est éteint… du moins en apparence.

L’antibiotique proposé par le médecin divin à cette infection est simple : « Souviens-toi! ». « Puis, pratique tes premières œuvres ». Pas de thérapie ni de justification. Pas de plan ni de recette toute faite. Pas de lecture ni de formation particulière. Les solutions proposées par Dieu sont souvent déroutantes dans leur simplicité.

Si ma relation spirituelle ou ma vie chrétienne n’est plus ce qu’elle était, ou ce qu’elle devrait être, je me souviens alors d’où je viens, de ce que Jésus a fait pour moi. Devant sa grâce infinie et son amour éternel, je n’ai qu’un choix : faire volte-face, je me repends et reprend du service. GO!

La rentrée des classes

Avec la rentrée des classes, les matières telles que les mathématiques, le français, l’histoire et la géographie peuvent rapidement devenir le cauchemar des étudiants. L’assiduité et la discipline sont essentielles à une réussite scolaire et, dans tous les cas, le talent inné et une mémoire d’éléphant ne suffisent malheureusement pas au succès.

Pour l’étude de la Bible, la tendance serait de croire que la même approche fera des miracles… mais il n’en est rien. Connaître toute la Bible, même par cœur, ne garantit pas l’intelligence et encore moins la sagesse spirituelle. L’approche du Livre est différente, délicate et demande une préparation adéquate. Sinon, l’effet bénéfique de la connaissance ne se fera pas sentir, ou pire, l’étudiant oubliera l’amour et la grâce qui sont le cœur même du message biblique.

Comment donc réussir sa rentrée scolaire et biblique? En suivant simplement ces quelques conseils venus tout droit de Samuel, enfant et novice à l‘époque où la Parole de Dieu, vivante et bien réelle, s’adressa à lui :

« L’Éternel vint et se présenta, et il appela comme les autres fois : Samuel, Samuel ! Et Samuel répondit : Parle, car ton serviteur écoute. »   —1 Samuel 3.10

Parle

L’attente en ouvrant ce Livre est différente des livres d’histoire ou de philosophie. On n’y parle pas que de Dieu, c’est Dieu qui nous parle. Une perspective distincte et surtout, une attente claire et draconienne : J’ouvre la Parole vivante de Dieu!

En fait, Dieu ne cesse de communiquer. Que ce soit au travers de la nature, par l’influence du Saint Esprit, par le témoignage de ses enfants, mais dans sa Parole, le sens et l’effet des mots y sont incomparables et directs. Ils touchent le cœur, comme lorsque l’on a le professeur droit devant soi. Ce professeur désire ardemment nous communiquer sa grâce et le témoignage criant, qu’est sa Parole, qui nous interpelle et ne laisse personne indifférent.

« Toute l’Écriture est inspirée de Dieu, utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice » —2 Timothée 3.16.

De la première à la dernière lettres, la source des mots et son essence viennent de Dieu lui-même. Chaque fois que j’ouvre la Bible, je peux être certain d’une chose : Dieu parle… c’est chaque fois la rentrée des classes.

Car

Un mécanisme de cause à effet est nécessaire pour que les paroles du Maître trouvent un terrain propice et puissent y porter le fruit désiré.   Il y a une intention nécessaire lorsque j’ouvre la Bible. Tout comme l’intention d’apprendre lorsque j’entre en classe, je dois avoir la certitude que Dieu parlera et avoir le désir qu’il le fasse.

On peut venir en classe pour les amis ou à contrecœur et sans intention. Les résultats seront proportionnels au désir d’apprendre. La motivation est une clé essentielle dans le processus d’apprentissage.

Lorsque j’ouvre la Parole de Dieu, je m’assois et prépare mon cœur, plus que tout autre chose afin de recevoir l’instruction et rencontrer un Maître au-delà de tous les maîtres qui ont existé. Bien au-delà de Platon, Pasteur, Galilée et tous les autres, je m’exclame : « Parle! » Et me prépare… « Car! ». Car je suis conscient de ce qui se passe ici, maintenant. Dieu va me parler, je le désire, et je prends le risque de découvrir un chemin qui peut-être me surprendra, me corrigera, me convaincra, m’instruira et me conduira dans le sentier de sa justice.

Ton serviteur

L’attitude en ouvrant le Livre est primordiale. Comprendre qui parle est bien, mais je dois également réaliser qui je suis en face de Dieu : un serviteur. C’est le complément, l’annexe nécessaire à l’examen du ministère divin. Le choix volontaire de servir le Maître. Si mon attitude n’est pas profondément teintée d’humilité, l’effet de la Parole pourra être comparable à celle de l’eau sur les plumes d’un canard! L’auditeur retourne alors à son état naturel dont Jacques fait mention dans son épître.

« Car, si quelqu’un écoute la parole et ne la met pas en pratique, il est semblable à un homme qui regarde dans un miroir son visage naturel, » — Jacques 1.23

L’humilité de considérer que la Parole nous pousse à l’action et au changement doit faire partie de notre attitude. Nous l’approchons avec une réalité bien en tête : j’ai besoin d’apprendre, j’ai besoin de savoir, j’ai besoin de vivre, et tout cela de la façon dont seul Dieu peut m’instruire.

Écoute

C’est pourquoi je dois disposer mon cœur à l’écoute, être attentif à la voix de Dieu. Dans notre société du repas rapide, de la communication instantanée et des relations virtuelles, l’écoute est devenue un exercice bien peu naturel. Le luxe de la concentration est devenu difficile.   Téléphone d’une main, conversation d’une oreille et les yeux rivés sur le téléviseur. Ce n’est pas parce que l’on fait partiellement deux ou trois choses que  l’on en réalise une complète!

Pour écouter activement et attentivement, on doit mettre de côté toutes distractions, faire un effort mental pour ouvrir nos oreilles ET notre cœur. Prendre le temps d’arrêter et de réaliser qui me parle, puis écouter. Simplement écouter. L’esprit vagabond et les inattentions auront vite fait de réduire la communication. Le silence peut devenir menaçant de nos jours… Ouvrir la Parole de Dieu exige un effort, celui d’une écoute active et d’un désir d’introspection qui conduiront à des actions.

Parle, car j’écoute!

Le livre de Dieu, c’est également sa Parole : la Bible. C’est le début des classes et pour bien commencer le cours normal du cursus céleste, l’ouvrir, écouter et avoir la bonne attitude est essentiel.

À l’usage, ce n’est pas un A ou un B que l’on obtient. En effet, l’examen quotidien git dans la pratique et dans l’expression du fruit que laissera cette lecture : un fruit de justice qui donnera de la saveur où que nous soyons. Il s’agit d’un travail en profondeur, dans les méandres de notre cœur, où nous laissons l’Esprit de Dieu nous éclairer de l’intérieur. C’est l’école de la vie, celle selon Dieu. Et tout débute avec un seul Livre, une seule attitude, une seule phrase : parle, car ton serviteur écoute!

De membercheap à membership

Les familles éclatées, les politiciens commissionnés, même le clergé est relégué au rang des vendeurs sur l’échelle de la confiance. Maintenant, c’est chacun pour soi. Pourquoi la loyauté si nul n’en est digne? Les relations profondes ont leur lot de blessures et Facebook devient l’endroit idéal pour y avoir la protection d’un clic qui nous donne une sensation de sécurité. Les grandes discussions-fleuves des cafés d’antan ont fait place aux textos et gazouillis de tous acabits.

L’engagement, la loyauté et la résilience disparaissent progressivement du paysage pour faire place à une superficialité dénoncée autant par les sociologues que par les psychologues. Notre société est malade, crouté d’une écorce planétaire dont le cœur se refroidit et devient indifférent au prochain. Notre société est en mutation!

« Et, parce que l’iniquité se sera accrue, l’amour du plus grand nombre se refroidira. » — Matthieu 24:12

Un prix

L’église paie cher ce bouleversement. Fondée sur une génétique de la communauté, l’Ecclesia moderne risque gros. Le prix de la superficialité dans un cadre ou la profondeur est la clé du succès. Les méthodes se multiplient et les recettes abondent pour tenter plus mal que bien d’endiguer l’hémorragie actuelle. Mais rien n’y fait. C’est l’ouragan Katrina, soufflant sur le monde spirituel occidental.   Les barrages lâchent et la mentalité populaire s’engouffre et inonde la famille de Dieu. Les recherches de cellules souches abondent, mais la mutation persiste en une famille qui s’identifie de moins en moins à son sauveur, qui perd sa saveur dans l’indifférence face aux besoins et aux malheurs des frères et sœurs. Le simple regard de ce que nous devenons glacerait le cœur des chrétiens du siècle dernier. Oui mes amis, notre amour local s’est refroidi.

Un phénomène

Les visiteurs le témoignent avec incompréhension. Que ce soit d’Amérique du Sud, Latine, d’Afrique, d’Asie et même du Moyen-Orient : franchir le seuil d’une église est souvent une expérience troublante. Les attentes, ajustées sur ce que l’on vit chez soi, sont rapidement délavées. Un arrière-goût de déception vient après la première bouchée. Puis, il y a l’attente. L’attente de l’amour les uns envers les autres, signifiant qu’ils sont bien dans la même famille, entourée de disciples dont l’ardeur est sensée être la marque distinctive. On me demande : « Ou sont vos réunions de prières matinales? vos réunions du dimanche soir? vos Agapes? votre unité? » —Les gens préfèrent la télé… Comme si la véritable église désormais avait 48 pouces diffusait en HD et trônait fièrement au cœur du foyer.

Une église dure à digérer. Plusieurs retournent avec un souvenir terne, et ceux qui restent, prennent le rythme puis meurent à petit feu. Ils deviennent génétiquement modifiés. Nous pouvons faire l’autruche, ne pas vouloir voir ni entendre la vérité. Le constat d’un malaise est toujours difficile à admettre. Mais l’ignorance ne guérira pas la plaie béante et ne rallumera pas le tison fumant. La mutation que nous vivons n’est certes pas une évolution.

Un fondateur de notre association m’a dit un jour devant ce constat: « J’ai vu naître l’église au Québec, et j’ai peur de la voir mourir ». Dieu lui a accordé de le rejoindre il y a quelque temps.

 

« J’ai vu naître l’église au Québec, et j’ai peur de la voir mourir ».

Membercheap

Une raison de ce constat est une incompréhension de l’église en elle-même. Les enfants du divorce, de la télé et des repas rapides fréquentent l’église et y deviennent membres. Leurs coutumes instantanées sont bien ancrées, certains y ont grandi, d’autres ont été ravis par les promesses de la bonne nouvelle. Ils ont fait profession de foi. Être membre, pour plusieurs, devient une occasion de faire partie d’un groupe de soutien à la foi. L’effet perso de la société ou tout est ramené vers soi et où la performance prend la place de la croissance : « J’ai besoin de grandir et l’église me donne ce qui est nécessaire pour que je me sente bien et m’épanouisse avec Jésus. » De plus, le statut de membre « me donne un droit de véto et de vote afin de m’assurer que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes ».

L’église devient alors tous les autres. Ceux qui sont censés m’appeler quand je souffre, me soutenir quand je chancelle, m’encourager quand mon ciel s’obscurcit. L’église c’est les autres, et moi, j’en suis le bénéficiaire béni de Dieu. Mes droits et privilèges prennent le dessus sur mes responsabilités; et lorsque j’ai épuisé les ressources d’une église locale, je saute à la suivante. Telle une tique qui infecte le porteur et ne fait que profiter d’un corps. Pas d’amour, pas de saveurs, plus d’intérêt sont les jugements courants qui activent le saut. En y ajoutant une relativité de la vérité et des dogmes, puis un rejet en masse des dinosaures musicaux, radicaux et théologiques. L’église dite moderne ressemble plus à Frankenstein qu’au nouvel Adam!

Devant ce syndrome croissant, rien de surprenant que de constater la grande lassitude et la léthargie grandissante au sein de nos assemblées. Beaucoup de bruit, de couleurs, de mouvement, mais peu de différence.

Membership

La source et la solution à ce problème résident au même constat : l’église n’est pas un MOI, mais un NOUS. Utiliser l’église, c’est s’abuser soi-même puisque l’église c’est tout un chacun. C’est en s’y abandonnant que l’on se retrouve.  C’est en y donnant que l’on reçoit. C’est en y demeurant que l’on en est transformé.

L’apôtre Jean va encore plus loin dans son diagnostic :

« Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères. Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. » —1 Jean 3.14

Être sauvé, c’est aimer les frères. C’est aimer l’église, c’est aimer l’assemblée, c’est aimer la famille de Dieu. Le salut s’évalue par un amour concret et constructif qui désire la communion et le bonheur de l’autre dans l’église. Être membre d’une église locale, c’est s’engager dans la voie de l’amour intentionnel envers les frères et sœurs de mon corps locale. Rien de moins! Ne pas avoir cet élan d’amour et être en constante attente de l’ascenseur est inquiétant. C’est un indice d’une mauvaise compréhension de l’évangile, d’une régénération superficielle qui n’a pas transformé toutes les fibres de l’être. Une mutation d’un homme vers un autre homme et par conséquent, ne pas être planté dans la bonne terre. « Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. » —1 Jean 4.8.

C’est à l’amour que nous avons les uns pour les autres que nous indiquons clairement que nous sommes véritablement des chrétiens sauvés. (Jn 13:35). Comme dit le proverbe populaire : «Aller chez McDonald’s ne fait pas de nous des hamburgers ». Être membre d’une église de fait pas nécessairement de nous des chrétiens.

Francis Schaeffer : La recherche de l’intégrité

Francis August Schaeffer, né le 12 janvier 1912, est un théologien et philosophe américain né au cœur des États-Unis, à Germantown, en Pennsylvanie. Il a profondément influencé la pensée évangélique moderne par sa vision clairvoyante du christianisme.

À l’image des prophètes, il s’est opposé toute sa vie au libéralisme moderne et a recherché par sa rhétorique et son apologétique, un retour aux bases scripturaires de la foi. Impliqué activement dans son monde, il s’est efforcé, avec son épouse Edith, de construire une communauté chrétienne authentique qu’il concrétisera avec l’Abri. Il est décédé après un long combat contre le cancer. Son influence parmi ses contemporains fut telle que le président américain témoigna dans une lettre adressée à sa famille : « Il restera dans nos mémoires comme l’un des plus grands penseurs chrétiens de ce siècle ». Billy Graham a dit : « C’est assurément l’une des plus grandes figures du monde évangélique que notre génération ait connues. Loin de s’enfermer dans une tour d’ivoire, cet intellectuel faisait montre d’une grande compassion pour son prochain et d’une entière consécration à l’Évangile. Il possédait, en outre, un sens très aigu des conflits de notre époque en matière de philosophie et de théologie ».

D’humbles débuts

Né de parents ouvriers, il restera fils unique. Ses parents le destinaient à un avenir dans le bâtiment. Ainsi, il travailla jeune comme manœuvre dans le secteur de la construction. Ses parents ne voyaient pas d’un bon œil les bienfaits de l’instruction. La culture, la philosophie ou la théologie n’étaient pas des sujets discutés durant les repas. Chacun vit pour survivre  et est destiné à une vie simple par la force des efforts. Il apprit à travailler avec acharnement et malgré le fait que ses débuts scolaires ne furent pas exceptionnels, il décida de fréquenter le lycée. Jeune, il ne manifesta aucune affinité pour la religion et ne se joignit à une église presbytérienne qu’attiré par le mouvement scout! Cependant, ses talents d’orateurs se révélèrent tôt. Déjà, à 11 ans, lors d’un concours oratoire organisé par les scouts, il remporta le premier prix.

Une rencontre décisive

Au terme de son adolescence, il aide un ami à apprendre l’anglais. Alors qu’il allait acheter une grammaire anglaise, il se procura par erreur, une introduction à la philosophie grecque. Cette lecture providentielle fut un carrefour majeur dans sa vie. La philosophie lui permit de se forger un système de pensée et de s’interroger sur le sens de la vie. Continuant de fréquenter l’église presbytérienne, par souci d’honnêteté, il décida du haut de son agnosticisme avoué de lire la Bible en entier et ainsi laisser à Dieu (s’il existe) la possibilité de parler. « La lecture de la Genèse fut le tournant de ma vie », révéla-t-il plus tard.

C’est à l’été 1930, âgé de 18 ans, que Francis Schaeffer assistant à une croisade d’évangélisation, sous une tente, entend le message de l’Évangile. La prédication perce son cœur et rejoint les vérités qu’il avait découvertes dans la Bible.   À l’appel, il s’avance et accepte le message de la Grâce.

Un combat pour l’intégrité

Il décide alors d’étudier la théologie. Ses parents s’y opposent vivement, et voient d’un mauvais œil les transformations de leur fils. Ce fut le début d’une longue incompréhension. Francis déménage en Virginie pour y amorcer des études en lettres.

Au collège il se fait remarquer pour sa rhétorique et son zèle. Il gagne le respect de ses pairs et devient président du comité des débats. C’est en 1932 qu’il rencontre Edith Seville, sa future épouse, son aide et son vis à vis tout le long de son parcours.

Il exerça le ministère pastoral dans plusieurs Églises des États-Unis et fut impliqué dans l’association des Églises presbytérienne américaines. À plusieurs reprises, il pointa et condamna les attitudes libérales, puis formalistes de ses pairs pour finalement être partie prenante de l’Église Presbytérienne Réformée.

Dès les années 40, son combat contre le néo-modernisme fut clair et précis. Il n’a jamais eu peur de s’exposer et même de souffrir pour la vérité.   Il déplore tôt le christianisme de compromis à la fois doctrinalement et dans les actes. Son intégrité le pousse à dénoncer, réfuter, et ses talents d’orateurs arrivent à convaincre efficacement. Il s’oppose à l’avortement et l’euthanasie. Sa réputation de défenseur de la foi franchit rapidement les frontières américaines.

Une vision simple

Une théologie simple et concrète qui prône que la Bible est inspirée de Dieu, innérante et plénière, l’intouchable vérité. Le christianisme véritable n’est pas fait que de paroles creuses, mais d’actions concrètes d’amour envers le prochain.

Il a écrit une vingtaine d’ouvrages ou il s’efforce d’exprimer avec efficacité et clarté le message de la vérité biblique. L’urgence de convaincre est une trame de fond dans tous ses écrits et bien qu’il s’adresse à la raison, il n’a pas peur de la confrontation et nous laisse face à un choix : La vérité ou le mensonge.

L’Abri

Ses prises de position l’ont transporté en Europe et en Suisse. Il a un rêve : forger une communauté ouverte et accueillante où tous ceux qui cherchent la vérité puissent s’exprimer et se rencontrer dans un lien de paix. Il acquiert une maison à Huémoz (Vd) et y fonde l’Abri. Le but est simple : permettre à quiconque cherche la vérité d’appréhender la véritable nature du christianisme qui englobe absolument tous les domaines, tous les champs de pensée et d’activité. Du coup, la foi chrétienne perd son caractère abstrait, irréel; elle cesse d’apparaître comme une myriade de doctrines sans aucun rapport entre elles.

Un avant-gardiste

Francis Schaeffer a influencé un nombre incalculable d’ouvriers chrétiens. Il était à l’avant-poste de l’effort présent pour un retour aux sources d’un Évangile véritable. Son courage est exemplaire. Devant les contestations et l’opposition, il a toujours su tenir ferme pour la vérité. Un exemple pour notre société où le langage politique et la peur de la contestation diluent trop souvent le message de la Bible.  Très actuelle, l’œuvre de Francis Schaeffer mérite d’être relue et examinée à la lumière de nos combats contemporains.

Le site internet de l’abri : http://www.labri.org/

La croix de chocolat

Pâques est à nos portes! Friandises, chocolats, cocos, chasse au trésor et festival des dentistes! Perdue dans cette profusion de sucreries, notre société a oublié le sens profond de cette fête : une résurrection précédée d’une crucifixion, une libération précédée d’une condamnation, une abondance précédée de souffrances.

La croix précède le tombeau. Elle est inévitable. Sans cette souffrance, il est impossible de connaître la nouvelle naissance. Aujourd’hui, Pâques est enfouie sous les douceurs sucrées et chocolatées, mais la croix, elle, n’est pas faite de chocolat. Elle est faite de bois, de sang et de douleurs. Pourtant elle peut éclater en une effervescence de saveur. La grâce que le Seigneur offre est un fondant pour l’âme! Mais pour y goûter, il y a au préalable la douleur. Pour déguster le chocolat, il faut briser la tablette.

Briser la chair

Notre nature profonde, la chair, est trop souvent pralinée artificiellement et sous-estimée. Nous l’excusons, la justifions et l’adoucissons en deçà de ce qu’elle est véritablement. Nous sommes nés avec elle, normal que nous n’en soupçonnions l’amertume. Cependant, la Parole de Dieu est directe et dure à son propos : aucune saveur ne peut s’en dégager sans émettre une odeur de mort. Elle et l’Esprit de Dieu n’ont rien en commun (Gal 5:17). Lorsque la chair rencontre la croix, les clous sont au rendez-vous. Si la crucifixion n’a pas le dernier mot, aucun espoir n’est possible.

Lorsque l’apôtre Paul dit « Je suis crucifié avec Christ » (Gal 2:20), il ne dit pas que Dieu veut nous dénaturer, mais plutôt nous transformer à l’image de son fils. Il ne veut pas substituer notre tempérament ou notre personnalité, mais nous convertir à la source même. Christ qui vit en nous : l’espérance et la gloire de tout chrétien. Comme pour le chocolat, plusieurs essences, saveurs, additions et recettes en font varier les nuances, mais à la base, il a fallu briser et moudre le cacao, puis le chauffer et le fusionner. Pour qu’un instrument de mort comme la croix gagne en saveur, la chair doit elle-même être brisée, moulue, chauffée et dépouillée.   Chacun désire l’intensité du St-Esprit, mais cette saveur unique n’est possible que dans la mort : celle de la chair crucifiée sur la croix.

« Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. »   — Galates 5 : 24

 

Pour déguster le chocolat, il faut d’abord briser la tablette…

Briser la mort

L’homme a une peur viscérale de la mort. Pour l’homme naturel, c’est la fin de toute chose… pour l’homme spirituel, c’est le renouveau et le moulage de la foi et l’espoir. Si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le Royaume de Dieu (Jn 3:3)! Si le grain de blé ne meurt, il ne porte pas de fruit (Jn 12:24). Pour un chrétien, cette peur irrationnelle lui fait retenir les arômes destinés à être partagés, elle s’accroche à des réflexes encore vivants d’une nature morte que nous avions. Apprivoiser la vie, c’est s’abandonner à la mort, une mort à nous-mêmes (Col 3:20).

Le courage d’être chrétien c’est de réaliser que la mort n’est qu’une escale. Un tournant décisif et obligé afin de porter du fruit. Cette mort ne se produit pas dans le cercueil, mais bien sur la croix. C’est une mort décisionnelle, une crucifixion factuelle (Ro 5:14). La peur de mourir au confort, à la sécurité, et au statu quo sont d’autant d’enrobages qui retiennent hermétique tout le bouquet que Dieu désire émettre au travers nous. Pour donner de la saveur, il faut sortir de l’emballage. Une vie sans enrobage et sans faux semblant, un goût original et sans additifs : celui de l’évangile. Pour libérer toutes les effluences, le seul chemin possible est la croix. La croix, c’est la mort à une vie banale et insipide.

« Celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n’est pas digne de moi. » — Matthieu 10 : 38

Briser la vie

Pour le chocolat, sortir de l’emballage signifie l’inévitable : s’offrir à être croqué, se laisser briser, ingérer et digérer. Il n’existe que pour cela! C’est, en fait, le but de sa vie. Son ultime mission est d’apporter ce goût de douceur à celui qui le prendra. Pour que la croix apporte une saveur de ciel, elle doit passer par la résignation au sacrifice et à la souffrance. Même notre Seigneur n’y a pas échappé, lui qui était pourtant sans péché (2 Tim 3:12).

De nombreux évangiles de paraffine tentent d’imiter la plénitude du véritable, mais une seule saveur est la réelle. Celle d’une vie consacrée entièrement à l’avancement du Royaume de Dieu. Celle d’un abandon complet où celui qui en est habité offre son corps comme un sacrifice saint et agréable (Ro 12:1). D’une apparence contradictoire, c’est dans cet abandon et ce prêt-à-souffrir que se trouve la véritable richesse et la saveur originale. C’est lorsque l’on croque dans la croix que l’on discerne la différence. Lorsque les épines, le soleil et les clous se pointent, la véritable saveur de Christ transcende la souffrance et révèle la richesse de l’Évangile.

« Il a plu à l’Éternel de le briser par la souffrance …  Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, Il verra une postérité et prolongera ses jours ; Et l’œuvre de l’Éternel prospérera entre ses mains. » — Esaïe 53.10

Pâques, c’est la résurrection du Christ, la vie renouvelée, l’espoir d’une vie de plénitude, mais le tombeau vide pointe implacablement vers la croix. L’évangile prêche la souffrance. Une souffrance libératrice et nécessaire pour connaître la véritable vie en Christ.

Une vie chrétienne sans souffrance est un chocolat sans cacao, sans saveur et sans intérêt. Non, la croix n’est pas en chocolat, mais la saveur qu’elle produit, lorsque la chair y est crucifiée, en est une de vie, d’espoir et de douceur au palais de quiconque y croque. Pour Pâques, offrons-nous nous-mêmes comme la saveur que Dieu veut donner à un monde perdu sans Lui.

Mon chien est mort!

Plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien  —Fernand Gravey.

La semaine passée, mon chien est mort et je dois avouer que la peine m’a profondément inondé.  Un sentiment d’impuissance mêlé de pitié devant ce petit compagnon innocent qui subissait ses derniers moments.  Le cancer, l’insuffisance rénale et probablement le chocolat noir ravis à la volée, lorsque nous avions le dos tourné, ont eu raison d’elle.  Dix ans de fidélité et d’affection gratuite, à peine échangés contre quelques croquettes, de l’eau et une porte ouverte dans notre maison.  Nous l’aimions tous.

L’amour

Étranges, cette affection et l’attachement que nous portons envers les animaux que l’on dit « de compagnie ».  Cette affinité que nous avons envers ces petits amis nous démontre bien à quel point « il n’est pas bon que l’homme soit seul ».  L’homme aime s’attacher.  Et pourtant, il a peur de l’attachement.  Le risque de blessures est grand et le trou béant du cœur pourtant demande à être empli.  L’on se lie avec ce que l’on peut! Certains vont même parler de leurs animaux comme de leurs bébés et ont plus d’affection envers eux qu’envers une personne humaine.

Nous avons été créé pour aimer, mais notre peur nous dirige vers le moins menaçant, même s’il est totalement hors du cercle prévu par Dieu à notre égard.

Le risque

« L’homme est un loup pour l’homme » disait Thomas Hobbes.  Nous sommes des menaces potentielles les uns envers les autres, et c’est justement dans ce contexte que l’attachement envers un animal devient intéressant. La peur et l’expérience des blessures se transforment rapidement en leçon de détachement envers notre prochain.  Des relations fonctionnelles ou on en tire que l’essentiel.

« Toi au moins, tu m’écoutes », entend-on souvent en parlant de notre petit compagnon.  « Il ne se plaint jamais ».  Il est mieux qu’un humain est-on tenté de dire.  En effet, pour plusieurs, le péché a transformé l’homme en animal, ou pire : en dieu frustré qui tente par tous les moyens de marquer son territoire sur le compte d’autrui.  Devant ce prédateur, pas étonnant que l’animal devienne plus humain qu’un humain!

À mon image!

Tel chien, tel propriétaire dit-on.  Il n’est pas rare de voir un chien batailleur avec un maître agressif, ou un chien obèse avec un maitre qui mange ses émotions! Il y a un effet de symbiose qui démontre le lien intime qui se crée entre l’homme et la bête. Il faut dire que l’animal, lorsqu’il est domestiqué, devient un compagnon docile qui prend la forme de son maître.

Disney les fait parler, penser et vivre comme nous.  On finit par y croire et penser qu’ils sont à notre image!  On m’a même demandé si je voulais avoir une incinération individuelle pour mon chien décédé, presque des funérailles et le mémorial!  Nous avons cette fâcheuse tendance à ramener ce qui nous entoure et le mouler à notre propre image.  Nous humanisons Dieu et l’abaissons à notre niveau, et élevons chiens et chats à celui de l’homme.  Quelle absurdité!

Victime de notre péché

En fait, l’animal est une victime innocente, comme tout le reste de la nature.  Au départ, nous devions les nommer, les gérer et les entretenir.  Mais la chute a renversé la niche et toute la maison a été bouleversée.  Désormais la violence s’est installée : le lion mange la brebis, le chien déteste le chat et l’homme est un loup!  Tous les animaux craignent l’humain et la main qui devait nourrir est devenue celle qui fait périr.

« Car la création a été soumise à la vanité, non de son gré, mais à cause de celui qui l’y a soumise » — Romains 8.20

Cette élévation de l’animal serait-elle un soupir du cœur afin de rétablir la situation perdue au jardin?  Difficile de le savoir.  Chose certaine, les relations ont été biaisées et brisées.  Autant envers l’animal, notre prochain que notre Dieu.  Le rapport d’affection et d’interdépendance a été brisé et distortionné par la chute.  Désormais, nous devons approcher toutes nos relations à la lumière de SA parole, au risque de s’engager dans des relations bancales.  Que ce soit avec les autres, avec Dieu ou même avec Pitou!

L’image de Dieu

Le danger profond à l’anthropomorphisme de l’animal et de Dieu est l’abaissement de ce que nous sommes réellement.  Élever l’animal à notre niveau, c’est de nous abaisser au statut des « sans âme ».  Abaisser Dieu à notre nature, c’est aussi nous abaisser également vers un échec assuré, tenter de m’attribuer des pouvoirs que je n’ai pas.  Les attentes surréalistes frappent impitoyablement le mur de la déception.

Nous sommes créés dignes, unique et les seuls « à l’image de Dieu ».  N’oublions jamais que  Dieu s’est fait homme, non chien ou chat.  La tentative de réconciliation de Dieu est dirigée vers l’humanité, non pas vers le bestiaire universel.

Les anciens Égyptiens et bien d’autres vouaient un culte aux animaux.  Chats, faucons, chacals devenaient des projections divines.  L’image de Dieu, bien que ternie par le péché, c’est nous, et nous seuls!  Rechercher chez l’animal ce que Dieu seul peut nous apporter, c’est nous diriger vers une vie dysfonctionnelle, emplie de désillusions et de frustrations.  Une vie au final bien triste et solitaire, dont l’épanouissement ultime devient le face à face avec la boule de poil incapable de parler et nous rendre la véritable dignité en nous confrontant avec nous-mêmes.

Entretenir un animal nous fait sentir un poil dieu pour un être qui de toute façon était destiné à être entretenu par nous.  Quelle illusion pathétique!  Ce n’est pas d’un animal domestique dont l’homme a besoin, c’est d’une intimité avec son Dieu!  C’est nous le domestique et non le contraire.

La réconciliation

Entretenir un petit compagnon est une bonne chose, elle nous réconcilie avec la nature.  La zoothérapie en faisant preuve : donner de l’affection envers une autre créature est bénéfique, valorise la personne et nous redonne un sens d’amour que nous avons perdu.  Mais il y a mieux, et plus : se réconcilier et apprivoiser l’homme et son Dieu.  Car c’est à cela que nous avons été fondamentalement créés.  Plus risqué, certes, mais c’est dans l’amour les uns avec les autres que nous pouvons réellement grandir et nous découvrir.  Puis dans notre relation profonde avec Dieu, connaître le véritable bonheur et l’authentique épanouissement.

Et quand ça va mal avec mon prochain, je peux toujours décompresser en caressant mon p’tit chien!

Les sens de C.S. Lewis

Clive Staples Lewis, né à Belfast le 22 novembre 1898,  est un être d’exception.  Un penseur, un philosophe un poète et un théologien influent du monde évangélique protestant rayonnant à travers tout le christianisme mondial.  Il fut un fervent défenseur de la foi, au point d’être surnommé « l’apôtre des sceptiques ».  L’œuvre de cet homme est aussi variée que profonde.  Voyons à travers ses cinq sens l’essence de celui que l’on appelle tout simplement : C.S. Lewis.

Le toucher diversifié

La main variée des œuvres de cet homme démontre toute l’étendue de sa culture et de la profondeur de son art.

Il a enseigné la littérature à la prestigieuse Université d’Oxford, puis à Cambridge, où il s’est spécialisé dans la littérature de la Renaissance et du Moyen-Âge.  Avec plus d’une soixantaine de livres publiés dans des genres aussi diversifiés que la poésie, la nouvelle, la théologie systématique et populaire, la philosophie, la science-fiction, le roman, le conte pour enfants, l’épopée mythologique, la critique littéraire et l’autobiographie, il est devenu rapidement une sommité littéraire.  Il fut animateur d’une chronique théologique sur les ondes de la radio anglaise durant la Seconde Guerre qui le projeta à l’avant-scène et lui conféra une grande popularité à son époque. Ami intime du célèbre J.R.R. Tolkien (Le Seigneur des anneaux, Le Hobbit), ils ont laissé leur empreinte avec les « Inklings », une société littéraire où les membres discutaient de littérature et de philosophie, apportant à tour de rôle des extraits de leurs plus récentes œuvres.  C’est au cours de ces rencontres qu’il partagea entres autres son œuvre la plus connue : « Les chroniques de Narnia » : œuvre de fiction principalement destinée à la jeunesse, publié en sept volumes et reprise au cinéma.

L’ouïe, son appel de Dieu

Né d’une famille protestante pratiquante, C.S. Lewis a grandi avec une fausse assurance et un vide existentiel dont il partage l’ampleur dans son autobiographie « Surprised by Joy ».  Ayant perdu sa mère à l’âge de 10 ans, il est admis à un pensionnat dont la sévérité et la rigueur lui font perdre l’espoir et  la foi.  Il comparera même cette période de sa vie aux camps de concentration! Ce n’est qu’à la suite d’un long et sinueux cheminement, entrecoupé d’une santé fragile, qu’il entendra l’appel de Dieu.

Il prend part à la première Grande Guerre en allant au front, combattant dans l’enfer des tranchées. Il est blessé en 1917 et revient au pays.

En 1931, il est professeur à l’université Oxford.  Nourri par les lectures de G. McDonald et G.K. Chesterton, c’est là, à la suite à de nombreuses conversations avec son ami Tolkien, qui était déjà converti, qu’il se « reconvertit » au christianisme.  Il adhérera à l’Église anglicane jusqu’à la fin de sa vie. Il demeurera cependant défenseur d’une vision élargie du christianisme multidénominationnel et centré sur l’Évangile seul.

Renouvelé, il a défendu dès lors le scepticisme avec une rhétorique unique.  Sa sensibilité et son écoute juste et précise du monde qui l’entoure lui confèrent un style très personnel et direct du christianisme.

L’odorat, un parfum intense

Sa sensibilité, sa prose et sa profondeur théologique sont réputées.  Son humour typique se retrouve dans ses œuvres, particulièrement dans ses romans.  Ses allégories imagées et directement inspirées par sa foi sont réputées et respirent le christianisme.  Il était un apôtre de la joie et de la beauté.  Selon lui, l’intensité du moment présent et l’abandon total dans la provision divine est le seul moyen de sentir l’éternité sur terre et ainsi, ressentir le ciel.

Dans chaque université ou il a enseigné, il a fait partie ou a démarré des groupes de discussion où il débattait d’apologétique et de la véracité de la foi en Jésus-Christ.  Plusieurs sommités scientifiques et littéraires de son temps ont ainsi pu entendre la pertinence du christianisme et de la foi à travers ces discussions.

La vue, sa vision unique

Pour lui, la foi s’éclaire sur un cheminement décisionnel. C’est la succession de choix logiques qui nous amène vers ce qui, selon lui, est la seule religion rationnelle : le christianisme.  D’une façon méthodique, il vise tout d’abord le phénomène religieux comme une palette qui s’offre à tous. Par la suite, le choix logique se réduit entre le polythéisme et le monothéisme.

Selon Lewis, le christianisme de son origine en Jésus pose un problème à l’humanité.  Lorsque Jésus se réclame être Dieu, il nous confine entre trois possibilités : soit Jésus est un illuminé, soit un menteur ou alors ce qu’il prétend être est vrai.

Le récit évangélique, les miracles et la résurrection viennent à bout du scepticisme et nous amènent à un constat : Jésus est celui qu’il prétend être.  Son livre, « Mere Christianity » y fait une synthèse profonde de son développement.

Le goût, la saveur laissée

Éclipsé par l’assassinat de J.F. Kennedy, et d’Aldous Huxley, le décès de CS Lewis tombe dans la fadeur quasi totale.  Atteint d’insuffisance rénale, il rend l’âme le matin du 22 novembre 1963. Il était âgé de 65 ans.

La saveur laissée par cet homme est intense.  Il a défriché une nouvelle direction pour toute une génération de théologiens chrétiens, où le style et la prose deviennent des compléments précieux de la rhétorique.  Par ses œuvres de fiction, il a su démontrer que le roman peut épicer merveilleusement le christianisme.  La profondeur de sa théologie et son développement philosophique a su inspirer les auteurs qui le suivront par la suite.

Depuis 2003, l’Église épiscopalienne le célèbre comme saint, commémoré tous les 22 novembre.  L’Église anglicane souligne chaque année sa mémoire.  Billy Graham en fait l’éloge : « j’ai trouvé en lui non seulement un être intelligent et plein d’esprit, mais aussi doux et gracieux. ». Même le Pape Jean-Paul II a déclaré que l’ouvrage « The Four Loves » était au nombre de ses lectures favorites.  Son écho s’est entendu jusqu’à Hollywood, qui a immortalisé sa mémoire au travers le film « Shadowland ».

Le site officiel de son œuvre est ICI.

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