Citoyen et chrétien

En ce temps d’élections au Québec, de nombreuses machines à rumeur se sont mises en marche et les opinions divergent quant à  la position qu’un chrétien devrait avoir face à la société.

D’une part, il y a les interventionnistes, qui croient  que nous devons dénoncer le mal et pratiquement exiger que notre gouvernement adhère à toutes les valeurs chrétiennes.  Dieu n’est-il pas au-dessus de ces gouvernements?  Il y a ceux qui croient que nous ne sommes que des étrangers et  voyageurs sur la terre : toutes ces politicailleries ne nous concernent pas nous n’avons pas à nous en mêler, même jusqu’à ne pas aller voter.  Puis il y a ceux qui ne savent pas… pas d’opinions, pas de conviction et pas de position.  Reflet chrétien du marasme et de la désillusion qu’ont laissés les erreurs et les déceptions du passé.

Quelle position adopter lorsque nous sommes chrétiens, citoyens des cieux, mais encore greffés ici-bas dans un pays bien en terre et en chair?

Mon droit

En tant que chrétiens, nous devons nous soumettre aux autorités en place. C’est clairement établi dans la Parole de Dieu (Ro 13:1-2).  Non seulement cette soumission est prescrite, mais elle est suivie d’une promesse : celle d’une condamnation envers ceux qui ne s’y soumettent pas!  De plus, ce commandement a été donné alors que le gouvernement en place était extrêmement hostile à la cause chrétienne.  Derrière cette pensée, il y a celle où Dieu est en contrôle sur tous les événements.  Son plan est parfait et se poursuivra inexorablement, peu importe le gouvernement en place.  De Néron à Bush en passant par Marois, ces gouvernements sont le résultat de la volonté divine (Ro 13:4), ne l’oublions pas.

Notre société québécoise n’est heureusement pas totalitaire et accorde des droits à ses citoyens.  Par exemple, elle encadre le processus de décision par le droit de voter selon le jugement individuel pour quiconque se présente comme député ou représentant.  C’est un bénéfice dont nous jouissons et comme tout est sous le regard de Dieu, ce droit nous est accordé par le Seigneur.  Le mépriser, c’est mépriser la liberté que le Seigneur nous accorde au Québec.

Nous avons également le droit d’expression.  Le droit d’émettre notre opinion, en fonction de nos valeurs et de nos opinions – dans la mesure où elle ne diffame pas la réputation d’un quelconque individu.  C’est la démocratie! Ce droit d’expression est important pour nous chrétiens.  Elle nous assure de pouvoir émettre et exprimer la pensée de Dieu dans ce monde embrouillé par son prince, l’individualisme et le matérialisme.  Ce droit d’expression nous est donné par Dieu et nous avons malgré tout le choix de l’utiliser ou non, toujours à condition de le faire en glorifiant notre Seigneur dans ce monde et ne pas ternir sa réputation.

Nous avons le droit ET le devoir de parler…

Mon devoir

Pour bien saisir notre devoir citoyen, en tant que chrétiens, nous devons comprendre que notre raison d’être ici, là où Dieu nous a plantés, c’est de porter du fruit (Jn 15:16), de briller (Phil 2:15), d’annoncer Dieu et l’Évangile dans ce monde (1 Pi 2:9), et même de mettre le mal en lumière par notre bonne conduite (1 Pi 2:12), ou encore par notre dénonciation emplie de douceur et de respect (Prov 24:11-12; 1 Pi 3:15).

De plus, rappelons-nous que nous sommes ici-bas en terre hostile et ennemie à la parole de Dieu : le train de ce monde, le prince de ce monde et les ténèbres de ce monde où le Dieu de ce siècle obscurcit l’intelligence nous démontrent bien que nous sommes derrière les lignes spirituelles, et que le monde entier est sous l’influence du malin… (Eph 2:2-3; Col 1:21; 1 Jn 5:19; 2 Cor 4:4).

Dans ce contexte, Dieu nous parachute dans un Québec laïcisé, dont les valeurs éloignent de plus en plus la société de son créateur.  Notre devoir est-il de laisser passer le train et ne rien faire?  Bien au contraire!  Nous sommes ici pour une raison précise : annoncer l’évangile, la bonne nouvelle, nous sommes des ambassadeurs comme si Dieu parlait au travers nous (2 Cor 5:20).

Nous avons le droit ET le devoir de parler… Notre société moderne nous offre une tribune et des moyens inégalés par le passé, et comme tout pouvoir est la volonté de Dieu, cette tribune n’est pas le cadeau du gouvernement comme tel, mais bien un micro, une caméra et un clavier offerts par le Seigneur afin que nous exprimions au monde qui nous entoure les voies de Dieu.

« Et comme nous avons le même esprit de foi qui est exprimée dans cette parole de l’Écriture : J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé ! Nous aussi nous croyons, et c’est pour cela que nous parlons »  — 2 Corinthiens 4.13

Mon action

En tant qu’étrangers avisés dont la citoyenneté canadienne est un privilège que Dieu nous a confié, informons-nous avec circonspection de toutes les options dont nous bénéficions.  En ce temps d’élections, allons voir les programmes des partis en lice, afin d’exercer individuellement notre droit et notre devoir de vote avec intelligence.

Ensuite, voir si un parti plus qu’un autre rencontre nos valeurs et notre christianisme.  Quel parti contribuera le mieux à notre cause s’il est élu : celle de la propagation de l’Évangile de Jésus-Christ.  Dans ce domaine, ne nous illusionnons pas.  Nous aurons probablement à voter, non pour le meilleur, mais le « moins pire », mais en terrain ennemi, chaque petit pas est une victoire vers le retour de Jésus.

Puis, me soumettre au gouvernement qui sera élu, peu importe lequel.  Afin que nous vivions une vie honnête et juste devant Dieu. Ne laissons pas de prise et d’occasion de médire sur notre compte à ceux qui désirent ternir le christianisme.  Et si j’ai des désaccords, la beauté de notre société est que j’ai toujours le droit de l’exprimer, pourvu que cela se fasse avec respect.

Revendiquer légalement et civilement mes divergences est un droit et un devoir en tant que phare dans ce monde, mais si peu prisé par nombre de chrétiens.  Les tribunes qui nous sont offertes sont innombrables : Médias sociaux, pétitions, lettres ouvertes, communiqués, écrits, vidéo, blogues et j’en passe.  Faire feu de tout bois afin d’en gagner le plus grand nombre à la cause de Jésus (1 Cor 9:22).  Plusieurs groupes divergents au nôtre l’ont compris et influencent jusqu’à avoir leur étendard sur le Parlement.  Qu’attendons-nous pour nous unir et parler, puisque nous avons cru?

Et avant même d’avoir une relation publique, nous avons par-dessus tout le devoir de prier pour nos élus… toujours en vue d’une propagation universelle et le plus puissamment possible du message de l’évangile (1 Tim 2:1-4).  Nous n’avons qu’une fenêtre de temps restreinte dans l’histoire de l’humanité qui nous est allouée.

Aux urnes! Le Seigneur revient bientôt : hâtons le son de la trompette.

Du lait ou du steak?

Pour notre chronique culinaire, nous allons cocoter aujourd’hui le plat le plus nourrissant qui soit!  À base de lait spirituel, nous allons mijoter un steak nutritif agrémenté de tous les nutriments pour que notre âme croisse pour le salut.

La base de notre recette est le lait, mais pas n’importe lequel.

« Désirez, comme des enfants nouveau-nés, le lait spirituel et pur, afin que par lui vous croissiez pour le salut, »
-1 Pierre 2.2 

 Les ingrédients

Ce lait particulier est constitué essentiellement de Parole de Dieu.  Elle se retrouve dans toutes les bonnes Bibles, est gratuite et abordable.  Elle a un gout de miel, doux et à la foi amère.  (Ez 3:3, Ps 119:103, Apoc 10:9).  Afin de tirer toutes les nuances et saveurs de cette Parole, elle doit préalablement être infusée généreusement dans la prière. En effet, seul le chef en personne peut faire ressortir le goût et les effluves particuliers de cet ingrédient spirituel. (Jn 6:63).

Nous avons également besoin d’un cœur.  Pour que la recette soit réussie, il doit nécessairement être honnête et bon.  (Luc 8:15)  C’est celui qui est le plus tendre et surtout assoiffé prêt à boire le lait  et se laisser imbiber dans toutes ses fibres jusqu’à prendre la saveur de celui-ci.

Les étapes

Pour préparer le cœur, il s’agit simplement de le saupoudrer de graine.  Celle de l’évangile base de la Parole.  Lorsque le cœur est prêt, ouvrir la Parole au passage approprié puis laisser agir lentement, à la mijoteuse idéalement.  Cette étape est cruciale.  Attendre trop risque de faire tourner le lait en acédie.  De l’autre côté, précipiter la cuisson annulera toute la profondeur et les nuances subtiles des saveurs de sagesse et surtout ce goût de fruit de l’Esprit si caractéristique d’un cœur bien apprêté.  C’est ici l’expérience et le doigté du chef.  Lorsqu’il y a une odeur d’humilité qui émane de la marmite, c’est signe que la recette est sur la bonne voie.

Dépendant du cœur utilisé, le braisé peut prendre de quelques semaines à plusieurs mois.  Voir plusieurs années, pour les plus coriaces.  Le but est de laisser agir le lait et transformer les fibres endurcies du cœur en un véritable filet mignon tendre et succulent.

Pour améliorer la saveur et rendre la viande encore plus tendre, prendre des épices choisies.  Joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur et maîtrise de soi;  saupoudrer généreusement.  Saisir plusieurs cœurs puis les déposer tous dans le même autocuiseur.  Élever la température progressivement jusqu’à la pression désirée. Cela provoquera une réaction unique qui mettra à l’épreuve les cœurs choisis et garantira le succès du plat.  Attendre quelques heures et laisser reposer.  Enlevez le couvercle et sentez l’odeur de Christ qui émane du plat.  Délicieux!

Le moyen le plus efficace de goûter ce plat est de le manger en commun.  Autour d’une table entre convives du même chef.  En église, pendant une prédiction, la parole rehausse le cœur vers le communautaire.  Elle y donne un goût d’amour d’adoration et de joie unique impossible à recréer artificiellement.  Cependant, dans ce type de chaudron qu’est l’église, le cœur doit être apprêté et disposé à recevoir la parole qui l’arrosera.  Le goûteur doit faire un certain effort de retenue afin de laisser agir le lait de la parole.  Le résultat cependant en vaut la peine, puisque le cœur prend alors toute la saveur du divin chef.

Les accompagnements

Le cœur apprêté au lait spirituel est succulent nappée d’une sauce d’amour ou encore avec les hors-d’œuvre de bonnes actions.  Lorsqu’il est à point, en fait, c’est lui qui donne de la saveur aux accompagnements.  Lorsque plusieurs cœurs attendris au lait spirituel sont disposés dans la même assiette, le résultat est impressionnant!  Ses effluves délicieux remplissent toute la maison et même la région ou il est servi.  (2 Cor 2:14)

D’une façon surprenante, trop de lait risque de faire enfler le cœur et le rendre sans saveur.  Celui-ci ne peut qu’absorber une quantité limitée à la fois.  Sinon, il le rejette tout simplement et la cuisson, alors, est néfaste pour lui.  Le lait peut surir également s’il est en contact avec certaines bactéries colériques ou des herbes amères.  De même, le noyer sous les épices et les condiments du bien paraître est néfaste et font disparaître toute saveur originale.  Cela laisse même un arrière-goût désagréable.  La réserve est essentielle ici.  Ce plat se sert chaud et sans artifice.  Simplement et avec bonhomie.

Contrairement à la croyance populaire, ce qui transforme ce lait en nourriture solide n’est pas le chef ou le sous-chef, mais bien le cœur qui est mis à contribution.  Peu importe la quantité de lait ou encore l’endroit où il est versé, il imprégnera le cœur qui en est arrosé seulement à la condition ou celui-ci est disposé.  Le choix du cœur est donc essentiel.  Malheureusement, une personne non avertie risque de croire que le lait ne fait pas son travail en raison de celui qui le verse, alors que la cause est plus profonde. (Jac 1:25)

Conservation

Par sa constitution et ses fibres musculaires particulières, le cœur est une chair dure, et même lorsqu’il est attendri par le lait de la parole,  il s’endurcit rapidement s’il n’est pas conservé adéquatement.  Il est donc essentiel de la garder au chaud et dans son jus.  (Jer 1:9) Le lait doit y être toujours présent et en quantité suffisante.  Régulièrement, servir avec les autres cœurs dans la même assiette afin de laisser les saveurs se mélanger.

Si par mégarde il est retiré trop longtemps et perd sa tendreté, répéter les étapes de cuisson. En effet, l’amertume de certaines herbes peut l’affecter, alors un nettoyage en profondeur est nécessaire et retour à la casserole! (Heb 5:12-13)

Bon appétit!

Naître et mourir au Québec

Si tu projettes faire partie des âmes aventureuses qui tenteront cette année de voir le jour au Québec, j’aimerais t’exposer ce qui t’attend : ton séjour ne sera probablement pas de tout repos.

Avant même d’arriver à bon port, les risques d’accident sont énormes.  Chez nous, pour plusieurs, concevoir est un loisir éphémère riche en émotions fortes d’un soir.  Peu importe le partenaire, l’important est l’attirance et la connexion sexuelles.  Rencontre fortuite avec une saveur d’amour, refusant l’engagement à la fois par ignorance, par manque d’expérience et d’exemples probants.   Un refus global enfanté de parents narcissiques qui croyaient que tout donner sauf du temps pouvait combler le cœur.  Ils ont légué un héritage boiteux à toute une génération dysfonctionnelle et au relationnel douteux. La dernière chose désirée dans le présent est un enfant.  Ils y penseront plus tard.

Si par chance tu réussis à t’implanter et à survivre au premier test, c’est pour la plupart du temps en raison de la volonté. Rendu à un certain âge, la nostalgie gagne le terrain de la solitude et la perspective devient insoutenable.  D’ailleurs, à l’aurore de la quarantaine, plusieurs désirent un enfant.  Si par malheur un défaut de conception, une maladie génétique ou peu importe le désagrément ressenti, une fois sur quatre, la décision sera implacable : le verdict abortif et définitif mettra fin à tes jours.  Console-toi, tu ne seras pas seul du voyage, puisque 30 000 âmes québécoises t’accompagneront cette année.    Toute une génération jetable qui n’aura jamais vu le jour.  Depuis sa légalisation, c’est presque 500 000 enfants qui ont pris le chemin du dépotoir humain.

Neuf mois d’attente et te voici au poste hospitalier, rien à déclarer, nu comme un ver. Rapidement, papa et maman devront travailler et te reléguer au centre de la petite enfance.  Tu t’y feras de bons amis.  Peut-être que tu auras un peu de nostalgie lorsque tu entreverras tes parents, tu t’habitueras.  Généralement, tu ne les verras que deux heures par jour; travail oblige. Chaque année, à ton anniversaire et à Noël, attends-toi à devenir la vedette.  Des tonnes de présents subtilement emballés, puis le retrait aussi violent qu’à l’arrivée.  C’est leur façon de se déculpabiliser.  Puis la routine quotidienne exposera un chemin pavé de bonnes intentions.

Ici, au moins, on n’a pas de guerre ni de tremblements de terre!

Ton parcours se poursuivra à l’école primaire, secondaire, puis chez les grands, au collège.  Peut-être iras-tu à l’université?  Le but est de t’instruire et de t’éduquer.  Notre État te prendra en charge dès tes premiers jours, t’enseignera les chiffres, les lettres, l’éthique, la culture et la religion.  J’oubliais le sexe également.  Tes parents?  Pas le temps, pas l’énergie et pas la volonté.  On préférera reléguer ton éducation aux professionnels.

J’espère que tu aimes les voyages.  Car pour la grande majorité des enfants, c’est pendant ton secondaire qu’une rupture majeure se produira.  Tes parents vont se laisser.  L’incompatibilité diront-ils.  Comme tu ne les connaîtras pas beaucoup, le choc sera limité, mais le désagrément énorme.  Tu seras pris dans un étau entre eux deux.  Une semaine chez lui, une autre chez elle.  Ça t’amènera à devenir cynique et détaché.  La désillusion des relations sera subtile et tu te réfugieras probablement derrière un écran à espérer l’inconnu.  Pour plusieurs de ta génération, les antidépresseurs étoufferont tes pleurs, si ce n’est les compulsions et les dépendances à outrance qui te guideront dans un sentier sans lueurs d’espoir.

La vie est une grande roue qui tourne où il est difficile d’innover lorsque les outils fournis sont inadéquats.  Maintenant que tu as l’âge et la liberté, tu vas rencontrer le sexe opposé, t’y sentir attiré.  Ton vide intérieur sera béant.  Tu auras tenté tant bien que mal de le combler, mais la nausée existentielle sera toujours présente.  « Peut-être que l’autre me comblera? ».  Les hormones et la nature feront le reste.  Au final c’est l’attirance qui compte, c’est l’exemple que l’on te léguera.  Et si un accident arrivait, il y a la clinique gratuite pour tous où tu pourras alors engrosser les statistiques de la génération invisible et sacrifiée.  T’inquiète, dès tes 14 ans, tes parents n’en sauront rien. Ou peut-être t’aura-t-on convaincu que le genre n’a aucune importance.  Les bis-gais ont la cote ces temps-ci.  Liberté, fraternité et égalité, disait la révolution.

Dans ton parcours adulte, tu te découvriras des passions, y travailleras et apporteras à notre société le meilleur de toi-même.  Plus des deux tiers de tes gains retourneront à l’État pour des services où les principaux bénéficiaires seront des fonctionnaires.  Tu te diras alors, sarcastiquement, mais quand même avec déception : « Au moins on n’a pas de guerres, ni de tremblements de terre ».   A ce rythme la retraite sonnera sans que tu n’aies eu le temps de crier gare!  Le temps passe vite sur terre, lorsque la destination est inconnue.

La dernière étape de ton voyage risque fort de t’étonner : on t’offrira de mourir dans la dignité.  Façon rectifiée de libérer l’état d’un fardeau financier.  En fin de vie, on t’offrira de quitter le pays, de retourner d’où tu viens… du moins c’est ce que l’on tentera de te faire croire afin de rendre digeste le rejet.  Si tu souffres, tu pourras être assisté, et si tu es inapte ou impotent, on le fera pour toi.  Billet retour gratuit et sans obligation, l’eugénisme aseptisé : un nouveau genre de sélection naturelle.  La roue tourne, c’est probablement ce que l’on appelle le cycle de la vie!

Oui je sais, je suis cynique et à la limite du sarcasme, c’est parce que mon Québec est malade. Depuis qu’il a rejeté ses valeurs et les a remplacées par des chartes et des principes, il nage dans le marasme intellectuel du fonctionnariat.  Je te recommande de chercher plus haut, plus grand et plus profond que la poussière que l’on te lancera aux yeux.  Dès la conscience, recherche un livre : La Bible.  Puis une personne : Jésus.  A eux deux, ils pourront t’apporter l’espoir, le sens et le réconfort dont tu auras besoin tout le long de ton voyage.

Oui!  Le Québec est un lieu où il fait bon vivre… Ici, au moins, on n’a pas de guerre ni de tremblements de terre!

Un bon témoignage

Les apparences sont souvent trompeuses.  Du moins dit-on.  Dès l’enfance, nous apprenons à cacher qui nous sommes vraiment et laissons apparaître au travers la fenêtre qui nous voulons être perçu.  Dès la chute, ce fut la cachette avec Dieu, puis entre Adam et Ève, et depuis, la comédie tragique se poursuit.  Le théâtre de la vie comprend maintenant près de 6 milliards d’acteurs. Avoir un bon témoignage sur cette scène, est-ce ajouter un masque à ceux qui y sont déjà superposés?

Face à Dieu : L’obéissance

Désirer plaire à Dieu n’est pas une hypocrisie en face du monde.  Ce n’est que l’expression de sentiments légitimes envers un Dieu que l’on aime.  Lorsque l’on aime, on ne cherche surtout pas à déplaire.  On ajuste ses goûts, ses choix, ses aspirations avec l’être aimé.

Nombreux sont les cyniques modernes qui ne peuvent concevoir qu’une personne puisse avoir de l’amour pour Dieu.  Pourtant, elle existe. Ils croient que pour ces amoureux de Dieu, l’obligation et la dévotion sont supérieures à l’affection.  L’obéissance devient un masque à l’oppression et la religion un nuage de fumée d’opium pour les faibles.  Pourtant, nombre de folies ont été faites au nom de l’amour.  Les poètes le chantent, les artistes le sculptent, le peignent, le photographient.  J’aime ma femme, et lui plaire n’est certainement pas de l’obéissance. C’est le fruit de ma volonté, le désir de mon cœur.

« Mais, puisque celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite » —1 Pierre 1.15

Garder un bon témoignage face à Dieu n’est en fait que l’expression de l’amour que je lui porte. Mon comportement s’ajuste naturellement avec ses désirs, car je l’aime.  Rien d’hypocrite ou de sournois.  Je ne modifie pas mon comportement pour qu’il m’aime, mais bien parce qu’il m’aime.  Toute la nuance de l’amour.  Puisqu’il m’a aimé le premier et me l’a si grandement démontré sur la croix, je me suis laissé séduire et gagné par Lui.  Maintenant, mon désir est de le connaître et le faire connaître afin de le partager.

Face aux autres : L’amour

D’autres voient dans la quête d’un bon comportement social une preuve de l’hypocrisie humaine.  Une perte de liberté individuelle, un caillou dans la botte de l’émancipation.  La tombée du supposé masque de la complaisance devient un moyen de faire tout ce que l’on veut, peu importe les conséquences.  Mes droits, mes privilèges et mes envies deviennent la priorité.

« Ne nous jugeons donc plus les uns les autres mais pensez plutôt à ne rien faire, qui soit pour votre frère une pierre d’achoppement ou une occasion de chute. » — Romains 14.13

Dans une vie en société, la liberté individuelle se termine là où commence celle de l’autre.

Dans une vie en société, la liberté individuelle se termine là où commence celle de l’autre.  Sans le respect de cette règle, il y a inévitablement usure des relations, conflits et rupture, et, sur une grande échelle, on y retrouve guerres et violence.  La paix entre les hommes n’est rien d’autre que l’équilibre fragile entre le pouvoir de chacun, négociants dans le couloir du compromis.   Il y a alors toute l’apparence d’un perdant en celui qui garde le masque de la tolérance.   Une reddition volontaire dont la justification silencieuse est la peur des répercussions.  C’est cette perception de paix imposée qui donne le ton amer à ce que l’on appelle « Le bon témoignage ».    Sauf si…

Sauf si l’amour est la motivation qui me pousse à ne pas offenser l’autre.  Si mon désir de bonheur déborde de moi et m’oublie un instant.  Si je choisis de restreindre volontairement ma liberté, et décide de ne pas dire, faire ou même prétendre à ce qui pourrait blesser ou écorcher l’autre.  Avoir l’intention avouée de créer un environnement qui exprimera le bonheur de mon prochain. Et, sublime action : Oublier un instant mon amour propre, et trouver ma joie à rendre l’autre heureux… c’est l’amour.

Lorsque j’aime mon prochain, je deviens sensible.  Je ne cherche pas mon intérêt personnel, mais plutôt le sien.  Si je sais que telle parole, telle action ou telle attitude sera perçue ou vécue négativement,  et même si j’anticipe qu’elle le sera, je choisis de restreindre ma liberté, par amour.  Est-ce du théâtre, de l’hypocrisie? Réduire tous les amoureux à des acteurs de vaudeville est assez simpliste. Ce n’est ni tragique ni comique, c’est la vie avec la dimension de l’amour.  Le témoignage ne devient alors plus une restriction, mais une occasion.  Celle du bonheur, et l’occasion de la paix, de l’unité dans la communauté.

Face à moi : La conscience

J’entends la foule qui s’exclame : mais alors, c’est impossible!  On ne peut faire plaisir à tout le monde!  C’est l’équivalent de porter autant de masques qu’il y a de gens sur la planète!

C’est vrai que nous ne pouvons agir en fonction des qu’en-dira-t-on.  C’est ici que l’amour sincère venant d’une conscience pure me dictera la ligne à tracer.  Ne pas laisser la crainte des hommes me dicter mes actions ou mes paroles, mais seulement celle de Dieu qui s’exprimera dans un amour pour ceux qui m’entourent.

« C’est pourquoi je m’efforce d’avoir constamment une conscience sans reproche devant Dieu et devant les hommes. » — Actes 24.16

La vérité dans l’amour

Le bon témoignage, c’est des actions et des paroles qui ne terniront pas la gloire de Dieu, parce que je l’aime.  J’éviterai d’agir de telle sorte que le monde puisse croire que Dieu soit moins saint que saint. Et parce que j’aime Dieu, j’aimerai également ceux pour qui il est mort.    Je dirai et ferai en sorte de ne pas devenir une source de chute, de médisance ou de calomnie à l’égard de ma vocation.   « Car le royaume de Dieu, ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit. » Romains 14.17

Es-tu un bon témoignage?

Les petits commencements

Bienvenue en 2014!  Cette année va peut-être vous surprendre!  Elle sera composée de 365 jours de défis inattendus, le tout consommé en bouchées de 24 heures… pas une minute de moins ni de plus.  Certains diront que l’année a passé vite, d’autres que le temps semblait élastique et visqueux.  Tout est une question de perception, personne ne peut avaler plus d’une seconde à la fois.

Nous sommes à une époque de restauration rapide, de services éclair, où nous avons tout ce que nous désirons à l’instant même.  Les télé-réalités nous exposent des vedettes instantanées, telles des étoiles filantes qui nous éblouissent le temps d’une première page.  Même l’amour ne dure plus que le temps d’un coup de foudre.  Nous ne voulons plus attendre.  Nous voulons des résultats rapides, nous voulons le top, et nous le voulons tout de suite.  Une insatisfaction permanente est ce qui caractérise notre génération.  Un chrétien demandait même à Dieu de forger sa patience… et tout de suite!  Comment s’assurer d’avancer efficacement avec Dieu?

Le top du top

Il y a un fossé entre le top de Dieu et le nôtre.  Nous désirons la notoriété, la reconnaissance, même la célébrité sans oser se l’avouer.  Pour d’autres, ce sera le rang social, le salaire élevé, la réalisation approuvée par les pairs.  Pour atteindre les sommets de la réalisation humaine, nous escaladerons la montagne jusqu’à en manquer d’oxygène.  Notre monde est caractérisé par une ambition centrée sur le faire… alors que Dieu, lui, vise l’humilité et l’être. Le sommet pour Dieu est d’arriver à la stature de Jésus-Christ.  Rien à voir avec la première page du Times.  L’homme de l’année, voté par Dieu, c’est l’inconnu invisible qui s’est donné à tous sans rien recevoir. Celui qui ne cherche qu’à faire briller Jésus-Christ.

« Et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous. »  -Marc 10.44

Un monde sépare nos aspirations charnelles à celles de Dieu.  LE monde.  Ce monde est ennemi de l’Évangile de Christ et il est la source même des aspirations de notre chair, une montagne plus haute que l’Everest que seule la foi peut déplacer.  Nous devons être vigilants et cibler encore plus haut, ne pas nous contenter des succès illusoires qui ne dureront qu’un souffle sur terre.  Nous nous rassasions avec peu, alors que nous sommes destinés à la gloire, une gloire accessible ici et aujourd’hui.  À force de viser aussi bas, nous devenons comme des nobles qui se nourriraient au dépotoir, on s’y habitue, on finit même par se délecter de l’infect.

Pour avancer efficacement, réalisons que nous sommes destinés à beaucoup plus, beaucoup mieux, bien plus haut.  Viser l’Évangile de la grâce, c’est viser le ciel par l’humilité, viser la perfection par la stature de Jésus-Christ et laisser Dieu nous élever au temps convenable.

De la surface au cœur

Dans un monde centré sur la performance, ce qui compte, ce sont les apparences.  La surface peut facilement prendre les couleurs de la piété, alors que le cœur renie ce qui en fait la force.

« Car j’aime la miséricorde et non les sacrifices, et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes ». – Osée 6.6

L’illusion du faussaire est de faire croire que son tableau est le véritable.  Après avoir examiné la Joconde en profondeur, les experts nous ont dévoilé une succession de couches, de retouches et de coups de pinceau invisibles au premier cou d’oeil.  Un réseau complexe de corrections quelques fois majeures, mais également subtiles.  À l’image de la croissance chrétienne.  Il ne s’agit pas simplement de reproduire l’image de Christ, mais sa stature.  Cette stature qui s’applique sur cette toile rebelle qu’est notre chair.  Il désire la conquérir, l’enrober, la revêtir.

Pour atteindre les sommets et avancer efficacement, creusons dans les profondeurs tortueuses de notre cœur. Un apprêt est nécessaire : la conversion, puis c’est le travail de l’artiste divin qui prend le temps pour colorer, former, effacer, corriger : La profondeur prend du temps, le temps de l’abandon et de la foi.  Il n’y a pas de raccourcis.

Donne-moi

« Prudence est mère de sûreté » dit le proverbe.  Nous mettons de côté, accumulons pour les mauvais jours, tentons de prévoir et souscrivons à toute sorte de plans protecteurs.  Assurances, régimes de retraite, garanties prolongées.  Mais franchement, que peut-on véritablement contrôler?

« Mais Dieu lui dit : Insensé ! Cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ce que tu as préparé, pour qui sera-ce ? » – Luc 12.20

Par prudence, nous refusons de donner.  Nous croyons être de bons économes, nous calculons et tentons tant bien que mal de cerner les prévisions, de les exécuter et même de les forcer.  Mais, en fait, pour que le Seigneur fasse le travail, il exige que nous lui donnions tout, absolument tout, y compris nos cinq pains et deux poissons. Par notre entêtement à retenir, contrôler et manœuvrer, nous devenons notre propre frein.  La ligne est ténue entre la prudence et la confiance.  Par excès de prudence nous risquons de ne plus faire confiance, et alors c’est nous qui en payons le prix de la croissance.

La vie chrétienne n’est pas un sprint effréné, mais un marathon.

La vie chrétienne n’est pas un sprint effréné, mais un marathon.  Une course de fond qui dure toute la vie et se termine dans l’éternité.  Plusieurs font de faux départs, d’autres abandonnent en plein parcours, certains encore terminent sur les genoux.  Pour avancer efficacement, offrons-lui tout ce que nous avons, et même nos espadrilles, car c’est Lui qui marche au travers nous.

En ce début d’année, courons sur le chemin étroit : vers la stature de Christ.  Viser haut avec Dieu, c’est chercher la profondeur qui résulte du temps passé avec le potier et sa parole. Tout lui donner pour que LUI  fasse fructifier nos efforts.  Moins spectaculaire peut-être, mais chaque pas est alors assuré par le Seigneur, et Dieu ne méprise pas ces petits commencements, lorsqu’ils sont amorcés en Lui.

Ma tente, ce temple

Nous sommes tous des randonneurs de la vie.  On a souvent cette impression, avec notre corps, qu’il est comme une mince tente.  Il nous est imposé, il n’a pas été conçu pour résister aux aléas de la vie sur terre.  Grippes, virus, bactéries, chocs, traumatismes, maladies … la palette des incidents qui détériorent cet abri fragile est presque infinie.  Et même en ayant la meilleure santé possible, il vieillit et finit invariablement par dépérir jusqu’à en mourir.

En face de l’inévitable, plusieurs angoissent dans le sentier.  Dès le premier malaise, il y a Google. Recherche de symptômes et experts en médecine improvisée.  Tels des Davy Croquette de l’auscultation, on navigue entre troubles et symptômes pour arriver invariablement au rapide de l’inquiétude, puis à la cascade de l’angoisse.  La chute qui conduit à l’hypocondrie est abrupte.

Des heures, des jours, puis le calme revient.  Notre conscience réalise que nous nous sommes improvisés (encore une fois) malades imaginaires.  On peut en rire ou en pleurer, mais ce refus de la souffrance et ce désir du parfait amène toujours un goût âcre dans la bouche.  Comme lorsque l’on retrouve son chemin après avoir refusé de suivre les indications de la piste. Un soulagement tricoté de culpabilité.

Comment passer à travers les bobos et les boubous?  Les chapitres quatre et cinq de la deuxième épître aux Corinthiens contiennent un remède universel.  Un guide dans le sentier de la souffrance.

Mon corps, cette tente

En effet, du camping sous la tente, c’est inconfortable… Mais lorsque tout ce que nous avons pour nous protéger des intempéries est cette mince toile, nous n’avons d’autres choix que de s’y faire.

« Nous savons, en effet, que si notre habitation terrestre, qui n’est qu’une tente, est détruite, nous avons dans le ciel un édifice qui est l’œuvre de Dieu, une habitation éternelle qui n’est pas faite par la main de l’homme. »  -2 Corinthiens 5:1

Cette tente qui est notre corps, ce vase de terre cuite, si fragile et si vulnérable, est tout ce que nous avons pour naviguer durant les quelques années qui nous sont allouées dans ce monde déchu.  David s’exclamait : « Je te loue que je suis une créature si merveilleuse ». La peur est souvent le refus de la réalité et le corps que nous avons, quant à lui, est destiné à dépérir, mourir et pourrir.  Point à la ligne.  Dieu est très à l’aise avec ce concept.  Bien qu’il transformera notre corps à notre résurrection, pour l’instant, toute sa puissance s’exprime dans cette faiblesse et c’est CE qui LE glorifie.  Notre faiblesse devient l’expression de Sa gloire.

Carpe diem!

Comme nous devons faire face à une si grande fragilité, les chrétiens savent plus que tous combien le temps est court.  D’un côté, il y a cette réalité de notre vulnérabilité, puis de l’autre, il y a celle de notre Seigneur qui a promis de revenir d’un instant à l’autre pour nous prendre.  Saisissons donc le jour, l’instant présent à fond. Chaque moment est peut-être le dernier dont nous disposons.

« En effet, nous qui sommes dans cette tente, nous gémissons, accablés, parce que nous voulons non pas nous dévêtir, mais au contraire nous revêtir, afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie. » -2 Corinthiens 5:4

La philosophie populaire a une expression : YOLO,  « You Only Live Once » — On ne vit qu’une fois!  Les existentialistes ont vu ce fait d’un œil plutôt défaitiste… Nous, chrétiens, devrions être les plus heureux des individus. Le secret du bonheur est de jouir avec une pleine suffisance de toute la provision divine, dans un présent continu.  A quoi sert de s’inquiéter si Dieu est avec moi dans cette misérable tente.  Il a souverainement décidé d’en faire un temple à Sa gloire.

Mon corps, ce temple

Rien de pire qu’un randonneur sans carte.  Même avec le meilleur matériel, tente, sac, et toute la panoplie, il n’est qu’un touriste, ou pire, un touriste perdu en forêt.  Sans carte, les dangers constants, les précipices, les animaux sauvages auront tôt ou tard raison de sa ténacité.

« C’est aussi pour cela que nous nous efforçons de lui être agréables, soit que nous vivions dans ce corps, soit que nous le quittions. »  -2 Corinthiens 5:9

Remettre un sens au temps qui passe.  Faisons fi de nos faiblesses, sachant que cette tente cache un temple.

Dieu nous a sauvés, non pour nous-mêmes, mais pour exposer au monde toute la puissance de l’évangile.  Un trésor dans des vases d’argile, un temple dans une tente.  Ne nous laissons donc pas aveugler par les apparences, devant le miroir, nous ne voyons que le reflet de la mort.  Ce voile qui nous cache notre véritable édifice, cette habitation du St-Esprit.

Ainsi nous regardons non pas à ce qui est visible, mais à ce qui est invisible, car les réalités visibles sont passagères et les invisibles sont éternelles.  -2 Corinthiens 4:18

Quoi de neuf pasteur?

Que du vieux!  Dis-je par automatisme, oui par manque de temps.  Parfois par dépit ou encore par découragement.  Comment résumer notre vie ou seulement l’année qui vient de passer en quelques virgules?  J’aimerais vous partager ce qu’il y a de neuf dans le vieux et ce que l’année a apporté en préparation de celle qui vient : de nombreux défis à l’horizon.

« Et, sans parler d’autre chose, je suis assiégé chaque jour par les soucis que me donnent toutes les Églises. »
-2 Corinthiens 11:28

Le Roi c’est moi!

Un premier défi est celui de l’individualisme en pleine ascension, gonflant les égos jusqu’à un mépris presque généralisé de toute autorité.  Pas facile pour la tâche pastorale.  La conséquence est éloquente : « c’est ton opinion! », « Dieu n’a pas d’affaire dans ma vie privée », ou encore le direct « ce n’est pas de tes affaires »… pas toujours aussi hardie, mais toujours claire.  Puis la menace et l’exécution : Le transfert d’église, ou pire, la défection.  Plusieurs chrétiens désirent une assemblée, mais peu acceptent le berger qui vient avec.

Docteur Web.

Il y a ensuite la montée des moyens massifs de communication qui ont créé une classe de pseudo-docteurs.  S’improvisant comme des spécialistes de la Parole à partir de miettes théologiques recyclées, ils s’en font un pain très goûteux, mais sans réelle substance nutritive.  Sans méthode, sans herméneutique, sans pédagogie et sans théologie, ils débattent de questions bibliques en restant sourds à tout ce qui n’est pas de leurs avis.  La vérité devient relative.

Je négocie régulièrement, si ce n’est quotidiennement, avec des chrétiens troublés d’articles ramassés à la volée sur YouTube ou un site douteux, lorsque ce n’est pas carrément de faux docteurs qui, comme j’aime le dire, sont des « travailleurs autonomes ».    Le Seigneur les a appelés personnellement (et  unilatéralement), puis, sur cette conviction, ils ont démarré leurs propres églises.  Ces faux ouvriers viennent ajouter à la confusion grandissante, et perdent les esprits bien intentionnés.  Des années peuvent être nécessaires pour ramener un cœur égaré vers la saine doctrine.  Devant ces croyants qui arrivent à l’église presque effondrés, les pasteurs deviennent comme le contacteur Mike Holmes*, tentant de construire à partir de matériaux inadéquats, et sur des fondations toutes justes bonnes à être démolies.  Quel défi chirurgical!  Et chaque année, il s’approfondit.

Plusieurs chrétiens désirent une assemblée, mais peu acceptent le berger qui vient avec.

L’église pantoufle.

Probablement le plus grand défi que j’ai observé en 2013.  L’église migre vers l’internet et les réseaux sociaux, diluant la communion fraternelle.  Il y a déjà plusieurs assemblées web.  Chant karaoké, sermons diffusés, offrandes PayPal et le croyant en pyjama sous la couette!  Alors que la force de l’église est la proximité et les relations serrées, cette séduction est un défi grandissant dès aujourd’hui et dans les prochaines années.  Ajouté aux problèmes d’individualisme, de relation avec l’autorité et de quête du moi intégral, cette tendance fait la joie des cœurs brisés, des blessés et des écorchés qui ne veulent plus que l’apparence de l’église.

Nous perdons alors le sens profond de la communauté chrétienne, celui d’être un élément de transformation individuelle.  La proximité les uns avec les autres, non sans accroc il faut l’admettre, nous enseigne comment aimer véritablement. « Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi aiment ceux qui les aiment. » – Luc 6:32.  Le résultat est inévitable : Le monde ne saura plus reconnaître qui est SON disciple.  Il perdra le seul repère qui pointe véritablement vers le ciel.

La classe des SS

Quand j’étais plus jeune, on parlait des SS comme des « Super-Spirituels ».  Il y avait une joie mêlée d’honneur à désirer la sanctification, l’église et Dieu lui-même.  Toute une génération de pasteurs québécois est issue de cette cuvée des années soixante-dix.  Un nouveau défi guette maintenant ceux qui ont faim et soif de justice : le mépris.  Plutôt que d’être considérés comme des héros de la foi nouveau genre, ils sont maintenant dérangeants, ils créent des malaises, ils confrontent. Ils sont à toutes les réunions de l’église, proactifs, dénoncent l’acédie et passent pour des activistes.

C’est une classe en perte de vitesse et dont le parcours buissonnier est de plus en plus visible.  La sainteté n’est plus à la mode, ce qui fait la force de l’évangile n’a plus la cote.  Il y a une recherche de piété, mais un refus de ce qui en fait la force.  Un christianisme d’apparence dont les symptômes sont une frontière de plus en plus diffuse avec le monde et des chrétiens de moins en moins dérangeants.

Est-ce que ça va bien Pasteur?

Absolument!  Christ a promis qu’il bâtirait son église, et je suis pleinement convaincu qu’il le fait.  Cette année, nous avons été témoins d’efforts sans précédent d’unité interdénominationnelle, d’appels à la prière généralisée et de chrétiens assoiffés recherchant la sainteté.  C’est encourageant mais pas suffisant, compte tenu d’une laïcité conquérante.  Espérons un grand réveil au Québec, car nous pouvons discerner que notre ennemi tente de démolir ce que Christ construit : Son Église.

Pour cette nouvelle année qui débute, prions que l’amour les uns pour les autres augmente.  Un amour plus profond, plus sincère, dirigé vers l’autre et sans trébucher dans les fleurs du tapis.  Que chacun connecte à fond dans une église fondée sur l’Évangile de la grâce et s’y donne à plein,  que l’on fasse confiance aux pasteurs que le St-Esprit y a établis et que l’on ait une reconnaissance de l’église pour ce qu’elle est :

« … la famille de Dieu, qui est l’Église du Dieu vivant, la colonne et l’appui de la vérité. »  -1 Timothée 3:15

Bonne année 2014!

 

*Mike Holmes est la vedette d’une émission télévisée de rénovation de maison.

Les vrais héros

Tellement à la page et combien convoité, le leadership est devenu le nouvel Eldorado du développement personnel.  Des centaines de livres , des sites internet, des vidéos et des conférences s’y consacrent,  c’est « La total »!  Réaction probable au marasme politique, où le piètre exemple que nous donnent nos élus ne font que stimuler le rêve de héros.

Nous voudrions un héros qui nous inspire, qui nous entraîne à nous dépasser.  Qui nous amène là où nous savons devoir être, quelquefois même malgré nous. Quelqu’un qui nous fait rêver de perfection, d’accomplissement et de satisfaction.  Un surhomme qui exulte l’idéal et fait pâlir la gloire des héros passés.  Et l’église ne fait pas exception à la vague.

L’antiquité était pleine de ces demi-dieux : Hercule, Thésée, Persée ont ébloui les anciens récits avec leurs exploits.  De nos jours, nous avons les Avengers, Spiderman et Batman.  Ils combattent tous le mal tout en nous divertissant… Puis on revient du cinéma, avec un vide désagréable qui ne fait qu’assouvir notre faim du héros idéal.

Chez les évangéliques, nous avons aussi nos géants.  Je lisais cet été une série de biographies  et j’étais surpris de voir Charles Spurgeon et Billy Graham sans ride ni défaut. Que des hauts faits sans taches qui ne font que nous reléguer au rang de spectateur.  En les lisant, je me suis dit : « Je ne serai jamais à la hauteur de toute façon ».  La tendance au rêve a pris le dessus.  On a idéalisé le simple homme en l’élevant au rang de dieu.  C’est un piège qui m’oblige une pause.  Sommes-nous si en  attente du héros que nous le sculptons à même nos espoirs? Peu importe l’homme de Dieu, il est avant tout un homme.  L’idéaliser risque seulement de l’abaisser à l’idole.  Je suis certains que ces hommes auraient un certain malaise à se lire d’aussi haut.

« Elie était un homme de la même nature que nous : il pria avec instance pour qu’il ne pleuve point, et il ne tomba point de pluie sur la terre pendant trois ans et six mois. » Jacques 5:17

Un gouffre se creuse de plus en plus entre le modèle espéré et le monde réel : l’idéal chimérique et celui que nous apporte la Bible.  On demande à nos leaders d’être ces héros mythiques qui n’ont rien à voir avec le concret et le réel.

Le pasteur moderne se doit de nos jours d’être un homme instruit, sympathique, charismatique, éloquent, compétent, brillant, confiant et surtout… pas trop dérangeant! Tout le contraire de l’exemple du héros par excellence : Jésus-Christ.

« Car je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait. » Jean 13:15.

Viser petit

Le héros-leader à la sauce du Seigneur est un laveur de pied, un humble serviteur, un amoureux de Christ et de Ses brebis, un homme banal qui n’attire pas le regard, qui ne cherche pas à se faire valoir.  Loin du proactif moderne, il se fait une joie de laisser Dieu faire le travail, car il sait qu’alors seul LUI sera glorifié.  Déconnecté des projecteurs, le leader « à-la-Jésus » cherche la dernière place, écoute avant de parler, parle peu, et même pas du tout. Il a compris, en suivant son modèle, que c’est quand il est petit, faible, pauvre et misérable qui est utilisable pour la mission dont il est appelée. Nous sommes loin d’Ironman!

Pour un pain de vie

Viser petit ne signifie pourtant pas qu’il soit né pour un petit pain.  Le véritable héros chrétien n’est pas un laissé-pour-contre.  Il sait s’affirmer.  Il dénonce et prend la part du faible, il est le porte-parole de ceux qui sont contrits et malheureux.  À l’image de son maître, Jésus, il a le courage de chasser les vendeurs, de réfuter les contradicteurs,  de prendre fermement position pour la vérité parce que son amour pour Dieu le consume.  Contrairement aux Avengers, il ne règle pas ses comptes à grands coups de marteau magique ou en devenant vert de rage… mais avec la douceur de l’amour qui est répandu dans son cœur.  Il ne fait pas dans la politique, dans le BCBG ou la rectitude.  Une seule tunique, pas de cravates extravagantes et surtout, une crainte de Dieu débordant celles des hommes.

Un cœur, non une armure.

Bien souvent, tout comme Israël qui voulait un roi, nous aspirons à ce héros qui nous conduira.  Nous voulons faire comme les autres peuples qui nous entourent. Nous incorporons les modèles inspirés de la société et cherchons ce héros, quitte à diluer et colorer nos propres géants, afin de les teindre pour qu’ils s’harmonisent au courant actuel.

Nous cherchons une armure flamboyante qui en jettera, mais Dieu lui, regarde au cœur.

Nous sommes tous des héros potentiels que le Seigneur veut utiliser. Il nous a équipé entièrement pour cela… avec son Esprit qui agit puissamment en nous.

Mais un homme fidèle, qui le trouvera? C’est peut-être toi?

Un plan de retraite?

Chacun prépare sa retraite, investit dans des REER, planifie l’après-travail.  Les loisirs, les voyages ont une prépondérance lorsque ce n’est pas une deuxième vie à la maison. Tout ce temps qui dort dans le futur est là, prêt à être utilisé dès maintenant.  De nos jours, l’espérance moyenne de vie est de 81 ans au Canada… et la retraite à 65.  Dix ans plus tôt pour les chanceux qui ont un plan liberté 55!  Cela donne une pause de plus de vingt ans!

Dès la quarantaine, le fameux démon du midi attrape bien des hommes.  La prise de conscience d’une demi-vie est lourde.  Les bobos arrivent au galop, « On a plus vingt ans », dit-on avec un peu de dépit. L’urgence s’installe: qu’est-ce que j’ai fait de ma vie?  Le retour des rêves d’ados, l’achat d’une grosse moto, certains vont même s’amouracher d’une petite jeunesse.  Le taux de divorce est roi à cette période.  Une crise existentielle et réelle fauche les quarantenaires.

Quand nous étions jeunes, les moyens nous manquaient.  Maintenant, c’est le temps qui fuit comme l’eau dans un panier percé. C’est le moment d’un arrêt sur image.  Je constate les dommages du temps, l’érosion physique, les sillons laissés par les blessures, le moral quelquefois en charpie.  On se retrouve souvent bien seul face à nous-mêmes.  Comme si nous étions devant un vide creusé à même notre passé.

Avez-vous songé préparer votre retraite spirituelle?

Je vois toute cette génération de baby-boomers dans l’église arriver à la retraite, et je constate que peu d’entre eux considèrent un ministère, même partiel, comme une alternative à leurs fins de vie.  Ils n’ont pas planifié leur retraite spirituelle.   Eux qui souvent devraient être des colonnes, des anciens, des références et des modèles dans l’église, ont été tellement pris par le travail et la course du temps perdu qu’ils en ont oublié l’essentiel : ce qui est éternel.

On a tous cette fâcheuse tendance à vivre dans un présent absolu.  Chaque seconde, chaque minute, puis chaque heure à la fois.  Les enfants, les paiements, les engagements nous submergent et nous font oublier, oublier le véritable sens de la vie, la vraie raison de notre présence sur la terre.

Pourquoi une retraite spirituelle?

Étranger et voyageurs.
Parce que notre véritable demeure est avec le Seigneur.  Peu importe ce que je deviens, ce que je possède, le succès que j’obtiens… tout finira devant Dieu qui mettra en lumière l’utile de l’agréable.  Aussi bien me préparer maintenant et viser plus haut que ce que je vois.

Investir là où ça compte.
Parce qu’au bout du compte, tout ce qui reste est ce qui a une portée éternelle.  C’est-à-dire l’âme humaine et par le fait même, son église. Les seuls endroits où je puisse investir et voir mes dividendes immédiatement sont dans ma vie spirituelle et dans l’église de Jésus-Christ.  Tout le reste est temporaire, accessoire et illusoire.

Que Dieu les envoie.
Parce que la moisson est grande, véritablement grande.  Quelques milliards de  personnes qui ne connaissent pas le Seigneur, et nous, ici, au cœur de l’action.  Le Seigneur nous a exhortés de prier le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson (Luc 10.2)… chacun peut en faire partie.  Ce rôle d’ouvrier n’est pas réservé qu’à une poignée de professionnel ou d’élus.

Quand devrais-je commencer à investir?

Maintenant! 

Peu importe l’âge, chacun peut considérer une vie excitante, remplie de défis trépidants et dont les bénéfices sont éternels… et de surcroit, en coopération avec ce que Dieu a de plus précieux sur la terre : son Église.

Par où commencer?
Où puis-je être utile pour le Seigneur?
Comment puis-je contribuer à l’avancement du Royaume de Dieu?

Le premier pas est de plonger là ou Dieu lui-même travaille.  Au travers mon église locale.  Simple!  Demander aux pasteurs en poste de nous  diriger dans ce projet de vie qui fera une différence énorme pour notre avenir, et celui de ceux qui nous entourent.

C’est de loin le meilleur projet de retraite que l’on puisse imaginer.

De Twitter à Twit!

Notre société nord-américaine est en déficit d’attention! Et ce n’est pas le Ritalin qui va nous aider…  La télé nous a habitués à nous concentrer pas plus de trente minutes à la fois. Le tout clairsemé de pauses publicitaires.  Twitter nous amène à élaborer nos communications à coups de 140 caractères.  Facebook nous habitue à un contenu relationnel simpliste et parfois totalement aliénant. Presque du voyeurisme. Le tout noyé dans un monde de divertissement sans précédent dans l’histoire.  Au delà de 900 chaînes de télé, jeux vidéo, musique continue… tout est en place pour que la pensée soit asséchée et vidée de son essence.

Les longues soirées passées devant les multiples écrans sont loin des cafés de discussion, des réunions autour de la table de la cuisine, des sorties culturelles.  Nous sommes ancrés dans la facilité.  Une facilité qui nous fait dériver vers la médiocrité.  En Europe, plusieurs croient que Sartre est le dernier grand penseur philosophe, dans le monde chrétien, on parle de Schaeffer ou CS Lewis.

Un vide de 50 ans, où la pensée est en souffrance.  Beaucoup d’analyses, des formules et des recettes.  Des réflexions plus ou moins légères et superficielles.  Beaucoup de polémiques sociales, ou les humoristes sont devenus les nouveaux philosophes.  Cyniques modernes, mais rien à voir avec Kierkegaard, Descartes, Pascal et les autres.

Nos chrétiens ne lisent plus, ou à peine la Bible.  Presque 85% des évangéliques n’ont pas lu la bible d’un couvert à l’autre.  Quoique chacun sait à quel point sa foi devrait y être basée, et combien vital et essentiel est LE livre.  La prière est reléguée après les temps libres et peu nombreux, car tout est empli de vide télévisuel et de contenu internet insipide. La communion fraternelle est réduite à quelques réunions formelles où les masques cachent le malaise du manque d’habitude.  Plus facile de texter que de converser.

50 ans, c’est plus qu’une génération!  Une génération qui mise sur la facilité pour accomplir un mandat exigeant et une sanctification qui l’est encore plus.  Abrutir une société est le meilleur moyen de l’asservir.  L’église actuelle en Amérique du Nord ne passerait pas le test devant Spurgeon, Luther, Calvin ou Edward.  S’ils revenaient et visitaient nos églises, ils auraient probablement la nausée, à force de voir le compromis et la médiocrité qui y règnent.  Certes, il y a eu des moments difficiles par le passé, l’église a eu à faire face à des vagues de libéralisme, de fausses doctrines et même d’alcoolisme!  Mais de nos jours, la nuance est si subtile, a été si progressive, et est si globale qu’elle ne se fait pratiquement pas sentir même parmi le clergé évangélique.  Et lorsqu’un désagréable prédicateur ose mettre l’éclairage sur la couleur actuelle, il ne fait pas long feu.  Il est aussitôt mis au rang des casse-pieds.

« Prenez garde à vous-mêmes, de crainte que vos cœurs ne s’appesantissent par les excès du manger et du boire, et par les soucis de la vie, et que ce jour ne vienne sur vous à l’improviste » – Luc 21:34

Je ne suis pas un nostalgique ni ce genre de pasteur qui exhorte sa communauté à mettre les téléviseurs aux vidanges!  Mais, toutes ces minutes grugées par les divertissements électroniques finissent par former des heures puis des semaines… Qui comme le pain blanc est vide de contenu réel.  Bien qu’additionné de vitamines, il reste essentiellement composé d’air, de vent et il demeure totalement inutile.

Imaginons un instant une vie sans télé à la carte et multichaine, sans internet, sans cellulaire, sans texto, sans iPod, iPad et iPhone.  Certains ressentent l’angoisse simplement en y pensant!  Tous ces médias, qui devaient en théorie nous rapprocher, nous informer et nous divertir ont fini par nous éloigner, nous endormir et nous asservir.  Finalement, c’est l’intelligence même qui est en péril.

Passer de Twitter à Twit est simple, il suffit de se laisser enfumer par l’écran.  Il est temps de se réveiller avant que ce sommeil ne se transforme en coma!

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