Quand j’ai le Spleen

« Aie pitié de moi, Eternel, je suis dans la détresse, le chagrin me ronge les yeux, l’âme et le corps entier.»  -Psaumes 31 :10

Baudelaire en parlait comme un esprit qui le hantait sporadiquement.  Une plaie qui frappe sans prévenir.  Une sorte d’hypocondrie de l’âme qui se manifeste dans une déprime, un ennuie sans cause et quelquefois même, jusqu’à un dégoût de la vie.

L’anxiété, le découragement, la dépression ont souvent ceci en commun.  Elle nous enlève le goût.  Le goût de tout, et même de Dieu.  Nous le sentons éloigné, distant.  La joie s’assombrit et nous avons l’impression qu’une sangsue spirituelle nous vide de toute notre essence.  Intuitivement, nous avons cette étrange impression que nous sommes fautifs de notre état, et comme au jardin, notre réflexe est de nous cacher.

C’est ici que tout se joue!

J’expérimente moi-même ce Spleen sporadique depuis ma jeunesse.  Quelque chose de génétique de mère à grand-père jusqu’à Adam probablement!   Mettre un nom sur un bobo n’explique pas tout et responsabiliser qui que ce soit ne ferait de moi qu’une victime et me paralyserait.  Au travers les attaques de paniques, les nuits blanches et la culpabilité incessante d’un chrétien combattant contre son ombre, je me désespérais de ne pas avoir la victoire.  Après tout, je suis pasteur.   Je devrais vaincre et être un surhomme!   Sans parler des regards inquisiteurs.

Les années ont finalement eu la victoire et mon entêtement à résister à l’envahisseur dans toute la grâce divine a eu un effet majestueux sur ma vie.  Il arrive encore, à l’occasion, qu’il se terre, tapi sous les découragements, les épreuves et les pourquoi de la vie.  Mais désormais, j’ai un rendez-vous avec la joie!

Mon anti-Spleen peut se résumer à six pratiques que j’ai expérimentées.  C’est la piste d’un chrétien partageant sa vie avec le spleen, une piste qui me sort à tout coup du marais du découragement, de la déprime, de l’anxiété et des inquiétudes submersives.

Première pratique : Qui suis-je?

Découvrir, redécouvrir ou prendre conscience de mon identité en Jésus.  Explorer cette nouvelle créature que je suis en Lui, et croquer à plein dans l’Évangile véritable a été une libération qui a enchainé toute une série de réflexion jusqu’à briser ces chaînes que je m’étais créées.  Des auteurs comme John Piper, Neil Anderson et JD Greear m’on donné le cap de ma véritable identité et l’arrêt des mensonges sur ce que Dieu me perçoit.

Deuxième pratique : Sa parole

Lire, relire jusqu’à ce que l’éponge de mon âme en soit saturée.  Particulièrement lorsque l’envie n’y est pas.  Comme un gym spirituel, pour renforcir les muscles je dois tout simplement y aller et m’y mettre.  Ça semble sec et banal… mais la clé ici est dans l’attente de ses promesses.  Chaque fois que j’ouvre le Livre, je me répète une simple phrase : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute ».  C’est un rendez-vous avec mon papa d’amour qui a toujours les bras grands ouverts vers moi. Peu importe mes envies, ma culpabilité ou mon appétit, je me gave.

Troisième pratique :  Apprivoiser le silence

« Il est bon d’attendre en silence Le secours de l’Éternel. » – Lamentations 3:26 

Notre vie trépidante nous fait redouter le néant.  La voix et le souffle de Dieu se révèlent pourtant dans la douceur du silence.  Dans le lieu secret.  Notre âme régénérée est souvent intoxiquée de nos désirs et nos attentes.  La voix de Dieu même au travers de sa Parole peut sembler lointaine et son secours hors d’atteinte.  C’est à ce moment que je me dis… Attends.  Combien de temps?  Le temps qu’il faudra.  Une heure, une journée, une semaine. Peut-être plus.   J’ai eu personnellement de nombreux déserts spirituels.  Les sentiers du coteau et les expéditions dans le bois me chatouillent alors le silence.  Ce n’est qu’avec le recul que je réalise tout le travail que Dieu fait dans mon cœur.  À mon insu, ou plutôt, derrière la croûte marécageuse de mon cœur.   Notre foi est mise à l’épreuve dans le terreau de la patience.

[quote]Notre foi est mise à l’épreuve dans le terreau de la patience.[/quote]

Quatrième pratique : La gratitude

Les bénédictions de Dieu sont comme les minutes dans une journée, elles passent souvent sans même que l’on s’en rende compte. Prendre le temps d’écrire un journal des bénédictions, un recueil des actions de grâce, une liste des mercis!  Certains prennent un pot Masson et les empilent en boulettes à l’intérieur.  Le simple regard d’un pot bien rempli de ces témoins de la grâce divine est parfois suffisant pour ramener l’arc-en-ciel dans un ciel orageux.

Cinquième pratique : Louer!

Oui, louer par nos chants, avec ou sans talent!  La louange est cet élan d’un cœur d’adorateur qui désire exprimer à son papa les cris de son fond. La louange, tout comme la prière et le jeûne ont une facette mystérieuse, spirituelle et expérientielle. On le vit plus qu’on le dit, et louer mon Seigneur a quelque chose à la fois de libérateur et qui me donne une plénitude spirituelle.  D’ailleurs c’est ce qui est dit dans la bible: être rempli de l’Esprit s’exprime par le chant!  (Eph. 5 :18-19) Quand j’ai le blues, je chante, que ça me tente ou pas.  Et l’effet bénéfique se fait sentir à tout coup!

Sixième pratique : Lâcher-prises

Plus un style de vie qu’une pratique, laisser à Dieu ce qui appartient à Dieu, et accomplir ce qui me revient avec sa grâce.  Briser les inquiétudes à grands coups de prière et faire taire l’anxiété avec sa Parole.  Une vie ne suffira pas pour y parvenir parfaitement, mais chaque cheveu que j’abandonne à Dieu en est un que je n’ai plus besoin de compter.

Certes il y a des maladies profondes qui nécessitent des médications particulières, et la santé mentale et psychiatrique n’est pas à banaliser.  Mais notre Seigneur désire notre joie.  Une joie qui vient d’une paix profonde et qui tire sa source de lui-même.  Une joie au-delà de toute connaissance.  Une joie qui s’expérimente et qui libère de nos chaines!

« L’Esprit du Seigneur, l’Éternel, est sur moi, Car l’Éternel m’a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux ; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, Pour proclamer aux captifs la liberté, Et aux prisonniers la délivrance » – Esaïe 61:1

Le plan de Dieu?

« Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » – Jean 17:3

Dieu a un plan pour toi.  Dieu a un plan pour moi, pour elle et pour lui.  Il a un plan individualisé, adapté et formaté pour chacun de nous.  Une histoire à la carte où je suis le héros de chacune des pages.  Ou je réalise les exploits de la foi tel un Marvel Chrétien qui serait pratiquement doté de super pouvoir.

Je suis désolé de crever ta bulle, mais croire à ce genre de bobard, c’est un beau rêve, un fantasme, j’irais même jusqu’à dire que c’est l’équivalent de la porno pour chrétien, ou encore, d’un roman Harlequin spiritualisé!

Allons-y par étape…

OUI!  Dieu a un plan. Dieu a un projet de sauvetage et de réconciliation pour l’humanité.  La Bible nous le présente étape par étape, chapitre par chapitre pour en arriver au super héros lui-même en s’incarnant au travers Jésus et en devenant le sauveur du monde.

Le plan de Dieu, comme nous aimons le nommer, est un plan global, un plan intégral pour tous les hommes.  Un plan pour Dieu et par Dieu.  Un plan ou le centre, le cœur, le but et la finalité sont Dieu lui-même.  Uniquement et totalement pour sa gloire à Lui.  Sa gloire individuelle.

C’est simple!  Dieu est au cœur de son propre plan et pour sa propre gloire.

Dans notre société individualiste, égocentriste et narcissique, imaginer qu’autre chose que le moi soit au centre des intentions de Dieu tiens presque de l’outrage!  Imaginer l’idée d’un Dieu qui ramène tout à lui, et uniquement pour que LUI seul brille nous échappe quelquefois.  Nous projetons sur Dieu l’image de notre propre personne, et nous lui attribuons nos propres faiblesses.  Nous l’accusons alors d’être arrogant, prétentieux, et ridiculement narcissique voir même injuste.   Comme ces petits enfants que ne supportent pas d’être contrarié et de se faire dicter quoi que ce soi-même par les parents.

Quand nous pensons de cette façon, nous faisons de Dieu un homme.  Rien de plus. Un simple dieu, petit D, remisé au rang des Thor, Zeus ou autres habitants du Parthénon imaginaire.  Dieu devient une idole de plus.  Rien d’impressionnant.

Mais voilà!

[quote]Dieu a un plan d’amour pour créer une génération de bonheur. [/quote]

Dieu n’était en aucun moment dans l’obligation de créer l’humanité.  Et absolument rien ne l’obligeait à élaborer quelque plan que ce soit pour la sauver par la suite.  Son plan est un plan d’amour, de pur altruisme.  Il est Dieu, il le sait, il sait aussi qu’il nous a créés et que le seul moyen qui existe, dans tout l’univers et au travers tous les âges, pour que nous soyons heureux, est d’être un avec Lui.  La vie éternelle, c’est de LE connaître, LUI, comme un Adam qui connaît Ève et devient une seule chair avec elle.  Cette connaissance qui dépasse l’académique est fusionnelle et relationnelle.  Une connaissance qui exige la volonté de la foi et qui conduit vers une expérience de Dieu.  Dès le jour un de la création il en était ainsi.

Un plan d’amour pour créer une génération de bonheur.  Des hommes et des femmes épanouis et heureux vivant leurs pleins potentiels dans une relation d’intimité fusionnelle avec Dieu.

Du rêve à la réalité.

Le plan de Dieu n’est pas un JE, mais un NOUS.  Le plan, post-Eden est de ramener l’humanité à connaître Dieu. L’amener à réaliser le mur qui le sépare de la source de bonheur.  Le plan de Dieu après la Pentecôte, c’est l’église.  Rien de plus, rien de moins.  La communauté des fusionnés avec Dieu.  Et pour gage, le Saint-Esprit, Dieu lui-même vient en nous, nous connaître!

« Il s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les bonnes œuvres. » – Tite 2:14

Dieu n’a pas un plan spécifiquement pour toi comme le héros d’un temps nouveau.  Le héros, c’est Jésus.  Dieu a un plan dans lequel, chacun s’insère comme des pierres vivantes, douées et équipées par Lui, habitées par son Esprit pour accomplir Sa mission propre.  Être son petit morceau du plan global.  Rien ne gravite autour de moi individuellement, mais tout tourne autour de Lui!

En fait, plus nous disparaissons derrière Lui, plus nous nous accomplissons dans ce plan.  C’est un plan à contre-courant de tout ce qui est véhiculé de nos jours. Il est le fomenteur, l’exécuteur et le véhicule du plan pour que nous puissions en jouir pleinement.  C’est un cadeau, une grâce.

Et le fruit de ce plan?  L’amour, la joie et la paix en fleuve d’eau vive qui coule au travers chacun de nous.

OUI… Dieu a un plan pour toi:  Que tu sautes dans le sien.

Qu’est-ce que tu attends?!

Et si on ralentissait?

« En vain vous levez-vous matin, vous couchez-vous tard, Et mangez-vous le pain de douleur ; Il en donne autant à ses bien-aimés pendant leur sommeil. »  – Psaumes 127:2

Je vous partage une simple réflexion après avoir lu le livre « Éloge de la lenteur » de l’auteur Karl Honoré.

J’étais sur l’autoroute, tranquille à rouler, tout à coups, un bolide me dépasse sur la droite sûrement à 140!  Je le voyais zigzaguer entre les automobiles et se croire au volant d’une formule 1.  L’ironie, c’est que quelques kilomètres plus loin, j’étais juste derrière lui!   Tant de risques pour si peu de résultats!

Nous sommes à une époque où la vitesse est un gage d’efficacité.  Tout le monde est pressé.  Nous nous usons jusqu’au burnout, puis la culpabilité nous lorgne.  J’aurais dû être plus efficace.  La faiblesse moderne est dans celui qui n’est pas capable de suivre le rythme.

L’organisation, l’accumulation des données sont le nerf de la guerre ajoutons à cela une société de performance et de consommation nous avons un cocktail digne des pires films de science-fiction.  Sommes-nous en train de devenir des cyborgs.

Moi-même, lorsque je ne fais rien durant un après-midi, je sens la culpabilité et la dévalorisation.  Comme si mon identité était attachée à ce que je fais et non à ce que je suis.

Depuis l’industrialisation, les machines nous ont inspiré un rythme accéléré et nous avons tenté tant bien que mal de suivre le courant.  L’arrivée des ordinateurs et de l’intelligence artificielle nous met une pression supplémentaire.  Et aujourd’hui, nous sommes arrivés à une bascule ou le seuil de maladies mentales, de névrose et de troubles psychologiques de toute sorte n’a jamais été aussi grand.  Les prescriptions d’antidépresseur sont à leur sommet, et comme si l’aveuglement volontaire n’était pas suffisant, nous allons bientôt passer à la thérapie génique, afin de nous contraindre à l’adaptation.

Pas assez rapides et productif?

Mon amie Marie bouffe à une vitesse que je qualifierais de « tortuesque »… En comparaison avec elle j’engloutis littéralement!   Elle a à peine pris trois bouchées que j’enchaîne avec mon dessert… et je ne blague pas.  Mais au fond, c’est son rythme qui est le bon!  Elle prend le temps de bien savourer chaque bouchée, laisse le temps à son système d’enregistrer la satiété.  Elle profite au maximum du présent qui passe et savoure son repas avec joie.  Elle emmagasine des souvenirs et des plaisirs dans son album secret.

Et si c’était ça la vie.

Chacun démarre avec 1440 minutes par jour.  C’est une justice universelle, personne n’en a plus.  Tout est dans ce que nous en faisons.  Si à cela nous décidons de dormir un peu, le capital baisse considérablement.  On ne peut pas courir après le temps tout comme on ne peut pas revenir dans le passé.  Le temps passe, c’est tout, comme une rivière devant nous.  Tout ce qui compte est ce que l’on fait de ces petites fuites de soixante secondes.

[quote]Nous avons laissé derrière nous une partie de notre âme dans ce départ hâtif vers le succès instantané.[/quote]

Je crois que nous avons dérapé dans notre ivresse de la productivité.  Cet engouement à réaliser des choses utiles et pratiques nous a créé une véritable dépendance, et nous poursuivons frénétiquement notre parcours, sans nous arrêter.  Jusqu’à épuisement.  Et je ne remets pas en question l’utilité ou le bien-fondé des choses que nous faisons.  Plutôt le fait que nous avons laissé derrière nous une partie de notre âme dans ce départ hâtif vers le succès instantané.

Et nous cherchons à combler ce vide existentiel avec tout ce que cette société a à nous offrir.  Réseaux sociaux, divertissement, jeux et film sont tous des moyens que nous nous donnons pour mettre notre « switch a off! »  Nous oublions que la société dans laquelle nous vivions n’est en fait qu’un miroir de nous-mêmes, à notre image de productivité et de consommation.  Elle ne peut que nous enfoncer plus profondément dans la frénésie.

Slow down… you move to fast!

Simon et Garfunkel chantaient ce refrain il y a déjà une cinquantaine d’années, et il résonne encore comme d’actualité. Ralentir le rythme, c’est une question d’hygiène spirituelle et psychologique pas seulement de vitesse ou de productivité.

À l’image des sœurs Marthe et Marie (Luc 10) il y a une prise de conscience à faire.  Réaliser que la vie est plus que ce que nous en faisons, mais plutôt elle devient ce nous sommes.  Le bonheur n’est pas une destination, mais une façon de voyager. (dicton populaire)  Au fond, c’est ce que nous cherchons tous au travers cette frénésie : être heureux.

C’est à ce moment crucial que je me pose la question: à quelle moelle je décide d’extraire mon bonheur?

Ralentir, ce n’est pas arrêter!  Nous devons tous travailler, nous occuper de nos tâches domestiques, de notre hygiène personnelle et dormir.  Ralentir, c’est choisir ce qui passera en premier.  Puis, face à certaines obligations, fixer ma limite de vitesse et à quels carrefours je mettrai mes arrêts obligatoires.

Le verset du départ commence avec : Si l’Éternel ne construit la maison, ceux qui travaillent le font en vain.  Ralentir comme il se doit, serais de remettre Jésus au centre de mon agenda et greffer toute mes activités autour de Lui.  Utopique?  Certainement pas.  Si c’est vrai que sans Lui je ne peux rien faire, qu’en Lui j’ai la vie, le mouvement et l’être, à plus forte raison le fait de prendre du temps avec Lui m’évitera bien des détours douloureux.  Et si c’était réellement lui la source du véritable bonheur, je perdrais mon temps à m’activer et battre l’air pour trouver le bonheur ailleurs qu’à la source…

Je crois que nous avons perdu la notion de contemplation de notre Dieu.  Même nos prières sont productives.  Les silences peu nombreux et le temps compté.  L’arrêt obligatoire est devenu relatif et la notion de sabbat est un concept rétrograde.  Pourtant, pour ma part, les plus grandes décisions et les victoires les plus glorieuses l’ont été dans Sa présence.  Souvent dans ces soupirs inexprimables où, dans les sentiers d’une forêt voisine, j’ai pris le temps d’aller à la rencontre de mon Dieu.  Il est peut-être temps que je reprenne Son rythme.

J’aime mon église!

Lorsque j’ai rencontré Jésus, je ne l’avais pas vraiment remarquée.  Il faut dire qu’elle était dissimulée derrière les éclairages et la musique.  Mon œil n’était pas vraiment exercé à la percevoir.  L’exubérance de ceux qui m’ont mis en contact avec Lui criaient plus fort et déplaçait tellement d’émotion qu’elle, discrète et fragile est passée inaperçue.

J’ai alors commencé à la rencontrer sur une base plus régulière, la voir et échanger quelques mots, ne dit-on pas que derrière chaque grand homme, il y a une grande dame ?  Je la trouvais agréable, mais souvent, difficile à saisir.  Plus attiré par ses accents et ses vêtements qu’à elle directement, son enrobage cachait un je ne sais quoi de mystérieux.  Elle m’apportait un certain réconfort et une certaine sécurité, mais au bout du compte, je dois avouer que je ne comprenais pas encore tout le lien qui existait entre elle et Jésus. Quelques fois, je le confesse, je me demandais ce qu’il faisait avec elle!  Elle pouvait être dure, et en même temps si tendre.  Elle pouvait même être blessante, du moins pour ce qui me frappait les yeux, et en même temps, je me sentais attiré par elle.  Une relation amour-amère s’installait progressivement.

Puis la crise inévitable est arrivée, c’était prévisible qu’un jour ou l’autre nous tomberions en confrontation.  Je m’en souviens encore comme si c’était hier. C’est alors que tout a basculé.

J’ai tout simplement décidé de ne plus la revoir.  Me saisir seulement de Christ et laisser de côté sa fiancée.  J’ai cru, bien candidement, que je pourrais l’avoir pour moi tout seul.  C’était ne rien comprendre au projet que Dieu avait pour moi, pour nous, pour tous!  Mon orgueil bien pétri dans mon égoïsme a tenté une révolution.  J’ai cru un instant que j’étais l’église alors que ma réalité était à des lustres de la vérité. Une rébellion qui a duré presque quatre ans.  Jusqu’à ce que le Seigneur, dans toute sa grâce, a attendu, les bras tendus, puis est intervenu.

 

Une voix presque éteinte soufflait à mon esprit : « Mais qu’est-ce que tu fais de mon église ? »

 

C’était un soir, j’écoutais la télévision, j’ai cru faire une attaque cardiaque.  L’ambulance, l’hôpital, le diagnostic : péricardite sévère.  Immobilisé dans un lit j’ai du réviser mes activités. Puis, dans sa bonté, le Seigneur a attiré mon regard vers ce passage de sa Parole :

« Mais, si je tarde, tu sauras comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’Église du Dieu vivant, la colonne et l’appui de la vérité. »  -1 Timothée 3:15

Une voix presque éteinte soufflait à mon esprit : « Mais qu’est-ce que tu fais de mon église ? »

Un raz de marée de lumières et d’émotions m’ont alors envahie, Son église m’est alors apparue non plus comme une bande de croyants tentant de plaire a leur Dieu, mais comme LE précieux de Dieu.  Sa famille, la Seule.  Son assemblée, LA seule qui vaille la peine de s’y arrêter.  L’unique colonne, l’appui d’une vérité fragile et confiée à des imparfaits comme moi afin d’exposer à l’univers en entier toute la grandeur et la sagesse de Dieu… Si elle est encore en vie, c’est un miracle en soi.

Je suis tombé en amour avec elle!

J’ai été lent à comprendre que de la juger en fonction des vêtements qu’elle portait était comme mépriser la chenille en raison du papillon. Oublier que je fais partie de cette imperfection qui expose encore plus la perfection de Dieu. Je suis l’église, et Christ est l’église.   Mépriser, ne serait-ce que légèrement le plus insignifiant membre de son corps équivaut a toucher malignement la prunelle de l’œil du lion.  Ce n’est pas un acte de courage, ou cavalier, mais pure folie que de porter un jugement irréfléchi sur la fiancée de Jésus.

J’ai décidé de l’aimer, car, en fait, aimer l’église, c’est m’aimer moi-même, c’est aimer Jésus et c’est aimer le Père.  Volontairement, je détourne mes pensées des fautes individuelles afin de les diriger vers un point de fuite beaucoup plus glorieux : La nouvelle Jérusalem.  Je sais, maintenant que j’en suis.  Je fais partie prenante de sa fiancée, de son épouse.  Je suis un membre qui participe à la blancheur de l’ensemble.  Cela ne signifie pas la tolérance, mais plutôt la résilience.  Je n’accepte pas le mal ou le péché, mais je décide, de devenir un agent de transformation envers mon frère ou ma sœur afin qu’ensemble nous devenions cette épouse, glorieuses qui se présentera devant son amoureux aux noces qui arrivent.

J’ai décidé de la chérir, d’aligner mes passions et mon obsession avec celle de Jésus.  Son église est ce qui est de plus merveilleux ici et maintenant.  Bien au-delà des erreurs de chacune de ses parties, nous croissons ensemble vers une unité qui s’appelle Christ.  Et l’amour qui nous habite est le gage que nous somme ses disciples.  J’ai décidé de tourner mes regards sur l’église éternelle qui est ici aujourd’hui.

Comme le dit si bien ce chant (Grâce infinie)

Quand nous aurons pendant mille ans,
Célébré ses louanges,

Nous pourrons comme au commencement,

Lui offrir nos hommages.

Pourquoi donc attendre dans l’éternité ce que nous pouvons faire maintenant, et le glorifier au milieu de notre génération afin de présenter aux hommes ce que nous sommes : la fiancée précieuse de Jésus.

Mourir de joie!

« (…) je ne considère pas ma vie comme précieuse, pourvu que j’accomplisse avec joie ma course et le ministère que le Seigneur Jésus m’a confié : annoncer la bonne nouvelle de la grâce de Dieu ».  – Actes 20 :24 

On dit que le bonheur n’est pas une destination, mais une façon de voyager.  L’apôtre Paul nous en fait par ces mots la démonstration avec éclat.  Il sait sans l’ombre d’un doute que des persécutions l’attendent, que la vie ne sera pas de tout repos.  Il est même convaincu qu’il l’exposera et que la rencontre avec la mort sera violente.

L’Histoire lui donne raison : Paul connut la torture, et fut décapité… Si l’on me racontait ma propre histoire et qu’aux dernières pages, à la toute fin de ma vie, l’on me dit qu’elle se terminera dans la douleur, et au terme d’une vile exécution, est-ce que je choisirais la joie ?  Pour l’apôtre, la question ne semble pas se poser.  Tout ce qui compte, pour lui, c’est d’accomplir sa course avec joie.  Plus important que l’issue, la façon de vivre est le présent qui nous relie à l’éternité et expose notre foi véritable.

Joie et plaisirs

La difficulté à discerner la joie véritable est de la confondre et la noyer avec les plaisirs.  Ces derniers apportent une jouissance passagère et instable, qui peut être intense, mais qui connaît invariablement une fin et un déclin. L’explosion des sens, le coup de foudre jettent une poudre effervescente aux yeux spirituels, mais conduisent à un cul-de-sac.  L’essence du plaisir sur la route de la vie équivaudrait à alimenter une automobile avec de la dynamite… intense, peut-être efficace pour un temps, mais totalement destructrice.

Les plaisirs procurent une certaine joie, mais celle-ci se résorbe rapidement et s’ensuit une dépression, un vide qui aspire l’être vers la recherche de nouveaux plaisirs. Ce cycle sans fin se termine à la mort et la satisfaction superficielle qu’il procure nous amène à rechercher soit le déni et l’acceptation de petits riens, comme des touches divines, soit la recherche d’une source de joie durable et profonde.

Ce qui pilote mes plaisirs dévoilera inévitablement le type de joie qui m’enveloppe.

Un choix de vie

De la même façon que John Piper l’expose presque deux mille ans plus tard dans son ouvrage : Prendre plaisir en Dieu, Paul a choisi sa source de joie : Dieu lui-même et Dieu seul.  La mort n’est pour lui qu’une étape de transition obligée pour aller à la rencontre de Celui qui est sa joie.  Une perspective simple, et non simpliste ou Jésus est au centre de toute ma recherche de joie.  Le but et l’aboutissement de celle-ci.  David s’exprimait de même :

« Je ferai de toi le sujet de ma joie et de mon allégresse, Je chanterai ton nom, Dieu Très-Haut ! » -Psaumes 9 :3.

Les chrétiens sont les humains les plus joyeux qui existent.  Du moins, ils devraient l’être, puisqu’ils sont rachetés, sanctifiés, régénérés, adoptés. L’Évangile offre à tous les ingrédients nécessaires à la joie.  Il ne tient qu’à nous de les saisir et de les lier au cœur de notre foi afin qu’ils éblouissent un monde obscur où le désenchantement est bien souvent le lot de chacun.

Ce qui pilote mes plaisirs dévoilera inévitablement le type de joie qui m’enveloppe.

 

La joie est volatile, lorsqu’elle puise sa source en ce monde (1 Jean 2:15, 16), elle devient comme un parfum qui lentement disparaît sitôt vaporisé.  Elle se doit alors d’être constamment rafraîchie par de nouvelles jouissances éphémères.  Si par contre, sa source est Jésus, elle prend une profondeur et une saveur éternelle par l’effet de l’Esprit et des promesses de Dieu (Jean 17:13).  Nous sommes par notre nature pécheresse, des êtres oublieux, dont la tendance intrinsèque est de voir la coupe à demi vide alors qu’en réalité, elle déborde.   Nous cherchons naturellement à combler les désirs de la chair, quitte à subir la déception répétée d’une joie intermittente.

Un regard dirigé en haut

La joie véritable est proportionnelle à ma soif de Dieu et de ma perception spirituelle.  À force d’insatisfaction terrestre et de supplications , il nous révèle nos biens véritables et durables (Eph 1:18. Nous les avons déjà, mais leur présence, enfumée par les désirs humains, devient floue et intangible.  La joie authentique naît du concret qui dépasse toute connaissance, lorsque nous saisissons toute les dimensions de l’amour de Dieu a notre égard.  Une joie, encore une fois, qui tire sa source de la prière, mais également de la communion avec l’Église (Eph 3:18,19).

Saisir Christ, c’est saisir la joie.  C’était le but de la course de Paul.  Il avait été saisi par Jésus, et désormais, il considérait tout comme de la boue afin de gagner la joie profonde et éternelle (Phili 3:7-14). Il avait goûté cette joie, et désormais, il n’acceptait aucuns compromis, aucun succédané, aucune imitation.  Lorsqu’une personne goûte la joie de Christ, celle-ci laisse une telle impression que tous les plaisirs du monde prennent une saveur fade et amère.

Il pouvait ainsi dire, sans hésitation, devant la souffrance à venir, que tout ce qui compte est de poursuivre sa course accompagnée de joie, cette joie trouvée en Jésus seul.

Une mission plus grande que la vision

Il y a une joie par-dessus la joie.  Celle de savoir que nous faisons partie d’une chaîne de joie qui se répercute jusque dans le ciel.  Chaque fois qu’une âme est sauvée, la joie inonde le ciel et se fraie un chemin au milieu des anges devant Dieu (Luc 15:10).  C’est notre motivation d’endurer le monde présent, en vue d’un meilleur.  Nous pouvons, en ce moment même, devenir participants et sources de joie dans le ciel… « pourvu que j’accomplisse avec joie ma course et le ministère que le Seigneur Jésus m’a confié : annoncer la bonne nouvelle de la grâce de Dieu ». 

La source, la motivation et la raison de la joie parfaite ont un même affuent : L’Évangile de Jésus-Christ.

L’arrogance humaine

« Ne te presse pas d’ouvrir la bouche, et que ton cœur ne se hâte pas d’exprimer une parole devant Dieu ; car Dieu est au ciel, et toi sur la terre : que tes paroles soient donc peu nombreuses. »  – Ecclésiaste 5.1

Dernièrement, une chaine scientifique très sérieuse diffusait un reportage sur l’éventualité de voir des extraterrestres prendre contact avec nous, humains, ici, sur la terre.  En résumé, plusieurs savants nous  apprenaient que, si des  extraterrestres intelligents arrivaient à nous contacter, nous devrions nous préparer à l’éventualité qu’ils soient hostiles. Après tout, nous ne savons rien de ces éventuels visiteurs.

Un paradoxe

L’être humain est un paradoxe sur deux pattes!  Sans aucune preuve,  et nourris que de spéculations, nous restons prudents devant une hypothèse sans aucun fondement solide.  Pourtant, lorsqu’il s’agit de formuler qu’un Dieu, Créateur ou non, puisse exister, nous rejetons la supposition comme une chimère impossible.  Sans discussion et sans appel, comme si la non-existence de Dieu était l’hypothèse la plus profondément ancrée.  Malgré cela, même selon les dires de scientifiques aussi réputés que Steven Hawking, l’existence de Dieu EST une probabilité et une hypothèse parmi tant d’autres, qui pourtant a pu être plus profondément fondée que celles d’une existence extraterrestre intelligente

Tout comme pour une intelligence extraterrestre, s’il y avait la plus petite probabilité qu’une divinité quelconque existe, le simple bon sens exigerait la prudence!

 

Nous disons chercher la vérité, mais en fait, notre curiosité ne cherche qu’à  appuyer notre propre conception de l’univers.

 

Une curiosité

Dans sa quête de savoir, l’homme fait usage de deux poids et deux mesures  lorsqu’il est question de Dieu.  L’homme est toujours prêt à considérer toute hypothèse, voire celle du néant, comme probable, sauf en face de celle de Dieu.  Sa soif de connaissance rencontre une cloison hermétique devant l’existence de Dieu, comme s’il désirait voir Dieu disparaître de son champ de vision.  Lorsqu’il se pose la question de l’existence de Dieu, c’est pour tergiverser et lui porter des intentions quasi humaines.  Si Dieu existe, pourquoi le mal, pourquoi la souffrance, tant de pourquoi et de questions!  L’arrogance humaine n’a d’égale que son ignorance. Imagine que  ne pas croire réglera le problème.

Aucun être soit disant sensé n’oserait s’aventurer en terre inconnue sans avoir au préalable évalué ses chances de survie.  Les dangers et les risques encourus méritent d’être considérés, il en va de notre propre existence.  L’intelligence et l’instinct qui font la gloire de l’homme deviennent tout à coup caducs lorsque la question de l’existence de Dieu se pose.

Et à peine son existence est-elle prise en considération, qu’il il devient la cause de tous les maux. L’homme pose des questions, interroge Dieu, le met au défi et même à l’épreuve.  Le poing se lève, la hardiesse et le torse se bombent, face à ce Dieu considéré comme chimérique, voire imaginaire.

La curiosité humaine s’arrête aux frontières de ses propres limites.  Nous disons chercher la vérité, mais en fait, notre curiosité ne cherche qu’à  appuyer notre propre conception de l’univers.

Le grand SI

Plaçons-nous un instant dans un monde où aucune preuve de divinité ne soit à notre portée.  Il n’en demeure pas moins que la simple éventualité qu’elle existe devrait être en soi une hypothèse à considérer.  Et si Dieu existe…  Si un être supérieur subsiste, nous devrions au moins être prudents!  Qui sait et qui connaît ses intentions?  Si une divinité telle que chacun la conçoit, constituée en elle-même d’une puissance supérieure, d’une intelligence au-dessus de celle du genre humain et des capacités inconnues des simples mortels avait l’ombre d’une chance d’exister, la réserve serait de mise. C’est la base de la conservation.  Pourtant ce n’est pas ce que l’on observe. C’est le grand paradoxe de l’arrogance humaine.

Le véritable problème n’est pas d’ignorer l’existence de Dieu, mais de faire comme s’il n’existait pas.  Un déni volontaire qui va à l’encontre même du simple bon sens, voire de toute démarche scientifique.  L’homme refuse même la possibilité, le SI est rejeté de facto. Étrange pour un être se disant intelligent et à la pointe de la civilisation, de la pensée et des connaissances.

Ce paradoxe n’est en fait qu’une illusion.  Il ressemble beaucoup plus à un déni et qu’a une recherche loyale de la vérité.

La tromperie

L’irrationnel a rendez-vous avec la pensée humaine lorsque Dieu est inséré dans la perspective existentielle.  Le rejet global et direct devient presque automatique et malheureusement, il en résulte un refus systématique et sans fondement.  Comme un animal traqué se retrouvant face à un rival, l’homme préfère mettre des œillères plutôt que de voir la réalité telle qu’elle est ,  si le Dieu de la Bible existe véritablement, nous devrions le reconnaître comme tel et tout simplement l’adorer.

La négation de l’existence de Dieu conduit à l’hypothèse de son existence.  L’acharnement de l’homme dans le déni amène  et  révèle un homme en crise d’identité, refusant toute compétition à son aspiration au risque d’être annihilé lui-même dans son rejet d’un créateur potentiel.

Une réconciliation

Le point de réconciliation est l’Évangile.  Jésus se disant homme est un tournant historique sérieux pour tous chercheurs prudents de la vérité.  Il nous révèle un Dieu loin d’être hostile, prêt à aimer jusqu’à la mort.  Un Dieu devant qui tous auront un jour à rendre compte de leur existence.  Tout chercheur avisé devrait entreprendre son investigation au moment de l’histoire marqué d’une croix.

S’enfoncer la tête dans le sable de l’ignorance et faire comme si, ne changeront en rien la vérité. Dieu lui-même lançant le défi :

« Arrêtez, et sachez que je suis Dieu : Je domine sur les nations, je domine sur la terre. »
– Psaumes 4.11

Les enfants de Müller

« Élie était un homme de la même nature que nous : il pria avec instance pour qu’il ne pleuve point, et il ne tomba point de pluie sur la terre pendant trois ans et six mois. »- Jacques 5.17

En pleine époque victorienne, un homme a su effacer les effets de la révolution industrielle et les avancées technologiques en s’en remettant tout simplement à Dieu. À cette époque où la pauvreté extrême touchait la quasi-totalité de la population, le cœur compatissant de Georges Müller a démontré avec force que la prière était efficace. Voyons quelques étapes de la vie de ce géant de la foi.

Débuts difficiles

Né dans le royaume de Prusse en 1805, d’une famille incroyante, le petit Georges fut destiné très tôt par son père à devenir ministre du culte dans l’Église d’État. Ainsi, étant fonctionnaire son avenir sera assuré, pensait-il. À l’adolescence, étudiant la théologie, il vivait une vie désordonnée, s’adonnant au jeu, à l’alcool et au vol.  Jusqu’à la rencontre qui transforma sa vie. Invité par un ami, il fréquenta une réunion de prières ou la ferveur et l’intensité le touchèrent profondément. Le contact avec ce niveau de piété inconnu de lui jusqu’alors le bouleversa au point qu’ il mit sa vie en règle avec le Seigneur et se destina à être missionnaire afin de le servir.

Missionnaire en Angleterre

Âgé de 24 ans, il arrive à Londres et tombe gravement malade et près de mourir. Il fut remis sur pied par la grâce de Dieu, et cette « résurrection » eut l’effet profond d’une transformation autant de sa foi que de sa consécration. En convalescence dans le sud, à Teignmouth il entreprit un ministère pastoral, absolument convaincu que Dieu pourvoirait à tous ses besoins. Trois ans plus tard, en 1832, il déménagea au nord, à Bristol.

Un cœur pour les enfants

Il commença très tôt à s’impliquer auprès des enfants, tout d’abord en fondant l’Institution des Connaissances bibliques pour la Maison et pour l’étranger, désirant fournir aux enfants une éducation adéquate et biblique. En 1835, cinq écoles étaient fonctionnelles et autogérées uniquement par des dons. À Bristol, devant la pauvreté dont les enfants étaient victimes, il commença à accueillir des orphelins chez lui, afin de leur fournir un petit déjeuner et une heure et demie d’éducation chaque matin. Au début, cinq, puis trente… jusqu’à 130 enfants en cinq ans furent hébergés par les Müller.

Un principe de foi

Nourrir, héberger et habiller tous ces enfants avait un coût. Selon sa propre conviction, il se refusa de demander de l’aide extérieure. Il avait la profonde conviction que Dieu pourvoirait. Il se basa sur un premier principe de foi qu’il tint résolument toute sa vie : « Je demande à Dieu seul, et Lui pourvoira en m’accordant ce dont j’ai besoin ».  De 1835 à 1850, il prit en charge plus de 300 enfants, au point que la résidence de Bristol ne suffisait plus à contenir tout ce monde. Une deuxième maison fut construite. 20 ans plus tard, plus de 1 500 enfants étaient accueillis, répartis dans cinq maisons. Georges Müller n’a jamais demandé de soutien et ne s’est jamais endetté. Seule la prière fervente fut à l’ origine de cette œuvre grandiose.

Presque 20 000 orphelins furent pris en charge. L’éducation prodiguée à ces enfants fut de si bonne qualité que les usines et les mines environnantes avaient du mal à recruter des travailleurs !

L’adoption céleste

À 70 ans, âge où plusieurs songent à la retraite, Georges Müller amorça une tournée mondiale de prédications qui le conduisit en Amérique, en Europe et au Moyen-Orient. Des milliers d’âmes furent sauvées et adoptées par le Père céleste au travers la prédication de cet homme de Dieu.

Dans cette période aussi, son soutien fut assuré par les dons de personnes dont le St-Esprit avait touché le cœur en réponse aux prières. Il avait cette assurance que s’il demandait avec la certitude d’être dans la volonté du Seigneur, celui-ci répondrait à ses prières… et il le faisait.

 

J’essaie de garder mon cœur dans une condition telle qu’il n’ait pas de volonté propre. Sur dix problèmes, neuf sont déjà résolus lorsque notre cœur est prêt à faire la volonté du Seigneur

 

La méthode Müller

Cet homme de foi, dont l’amour des enfants et des âmes a su exposer au monde une foi extraordinaire, avait une approche très simple de la prière selon son propre témoignage :

«  J’essaie de garder mon cœur dans une condition telle qu’il n’ait pas de volonté propre. Sur dix problèmes, neuf sont déjà résolus lorsque notre cœur est prêt à faire la volonté du Seigneur. Lorsque nous arrivons à ce point, nous sommes très près de savoir quelle est sa volonté.

Lorsque mon cœur est prêt à faire la volonté du Seigneur, je ne remets pas l’issue au sentiment seul ni à la simple impression. Je cherche la volonté de l’Esprit de Dieu au moyen de sa Parole ou en accord avec sa Parole

Ensuite, j’étudie les circonstances providentielles. Celles-ci, avec la Parole de Dieu et son Esprit, indiquent clairement la volonté du Seigneur. Je demande à Dieu par la prière de me révéler sa volonté.

Ainsi, après avoir prié Dieu, étudié la Parole et réfléchi à son contenu, je parviens à la meilleure solution possible. Si je suis toujours en paix, après deux ou trois demandes de plus, je continue dans cette direction. Pour les petites choses comme pour les grandes, j’ai toujours trouvé cette méthode très efficace ».

Georges Müller retrouva son Seigneur en 1898. Il était âgé de 93 ans. Durant la Seconde Guerre mondiale, les journaux de Bristol publièrent l’article suivant : « L’orphelinat de George Müller, à Bristol, demeure l’une des merveilles du monde. Depuis sa fondation en 1836, le chiffre des contributions que Dieu lui a accordées uniquement en réponse aux prières atteint plus de 18 millions d’Euros et le nombre des orphelins recueillis s’élève à près de 20’000. Bien que les vitres de près de quatre cents fenêtres aient été récemment brisées par les bombes, aucun enfant, aucun membre du personnel n’a été blessé ».

La fondation Müller se retrouve ici  : http://www.mullers.org/

Les pattes d’oie

Me voici quinquagénaire! Le demi-siècle bien sonné. Les années commencent a tracer leurs sillons dans mon visage et la neige éternelle transparaitre au sommet. Je vieillis. J’entends des amis du même âge soupirer, déprimés, s’exprimer comme une fatalité devant l’inévitable décrépitude du véhicule. On ne fait plus tout ce que l’on désire! Certes, je commence à ressentir la tente s’user. Les morceaux s’ajustent moins bien. Les bobos sont souvent plus rigoureux.

Pourtant j’aime vieillir. J’aime m’aventurer dans les dédales de la vie, ne sachant ce que le prochain corridor me réservera. J’aime savoir que je n’ai pas les réponses à tout, et que j’ai encore tout à apprendre. J’aime aussi constater que j’ai avancé, réalisé le chemin parcouru. Il y a une fierté mêlée d’accomplissements à savoir que je me suis rendu maintenant.

J’aime me voir dans le miroir, les pattes d’oies et les cheveux blancs témoignant le passage du temps et me rappelant ce que je suis… mortel, de passage et un simple accessoire dans le calendrier éternel. J’aime me savoir vulnérable, sans les ressources, sans les réponses. Ça me rappelle que j’existe et que je vis encore sur terre.

J’aime exister ici-bas, avec ma foi fragile et mon Dieu, mon rocher sur lequel je peux m’appuyer. Le sol du présent est si marécageux que je peux comprendre mes amis, en désarrois, sentir leur vie s’enfoncer dans le sable mouvant du sablier. Un aller simple vers la terre, vers la poussière d’on nous avons été créés. Il y a de quoi déprimer! Je les comprends, et je partage souvent ce sentiment d’incertitude, lorsque la lumière s’obscurcit et que le labyrinthe m’aspire dans ses dédales. C’est à ce moment précis que je réalise toute la chance que j’ai d’être accompagné.

La vie est une aventure plus grande que l’homme.  Les zones d’ombres, les carrefours obscurs, les embuches et les sombres vallées peuvent facilement nous faire voir la vieillesse comme une fatalité néfaste conduisant vers une décomposition prématurée. Une attente inévitable vers le point de non-retour ou les vers nous boufferons six pied sous terre, et dont on a souvent l’impression… qu’ils prennent de l’avance!

J’aime ma vie avec Dieu inclus. La vie n’a qu’un sens d’entretien si Dieu n’en fait pas partie. L’on entretient son corps pour masquer les effets du temps, on entretient ses proches pour tenter de semer un peu de bonheur, on entretient la planète en croyant laisser un héritage après notre propre mort. Mais au bout, le sens que nous lui donnons n’est que de faire un beau ménage afin que quoi? Que la vie soit plus belle? C’est de se contenter que de la surface, masquer les rides en espérant que le temps arrangera les choses. Le temps sur terre est implacable, et ne fait qu’obéir à ceux qui en font partie. NOUS, imparfait, égoïstes et trop occupé à vieillir. Le temps prend la couleur de ceux qui le marquent.

J’aime savoir que j’ai cinquante ans, qu’aujourd’hui est la première journée du reste de ma vie. Que toutes ces années (peu nombreuse) auront servi, je l’espère, à m’orienter et aider les autres dans le labyrinthe. Il y a une trentaine d’années, j’y ai rencontré LE guide. Avec lui, les vallées ne sont pas nécessairement plus faciles, mais elles sont plus agréables. Le chemin n’est pas toujours clair, mais je suis en sécurité. Je n’ai pas toujours une vision limpide de l’arrivée, mais je sais qu’à chaque pas, il est là, avec moi.

J’aime vieillir, car chaque jour j’apprends à connaître de plus en plus et de mieux en mieux mon guide : Jésus.   Sans lui, vieillir serait insoutenable. Vieillir seul, c’est de ressentir l’effet du temps qui nous bouscule et nous fait trébucher.  C’est négocier seul avec ses angoisses et amorcer un décompte fatal dont la tombe, inévitable, ne laisse que le souvenir d’une belle pierre ou il est inscrit : « A un père aimant ». Mais avec Lui, la vie devient une aventure dont l’issue n’est certainement pas une ultime fin, mais un éternel commencement.

Malgré les peurs, les nuages, les peines, il y a la joie et la paix.  Savoir qu’aujourd’hui est une croquée additionnelle d’éternité.  Savoir que demain, si je me réveille, j’aurai devant moi une nouvelle journée ou je pourrai encore refléter une lumière, une lueur dans ce monde trop sombre pour ne pas désirer y vieillir.

Qu’ai-je à craindre puisque je survivrai à ma mort.

Le consommateur de la foi

C’est le temps de Noël et comme toutes les années, plusieurs d’entre nous se laisseront entraîner par l’effervescence et le raz de marée de la consommation. Noël est le temps des présents bien intentionnés. Le désir d’emballer le plaisir se répercute même dans notre façon d’être chrétien.

Depuis la fin du siècle dernier nous sommes habitués à un rythme de vie qui déteint sur nos traditions, même les traditions spirituelles. La foi est souvent perçue comme un article que l’on déballe et que l’on consomme. Le prix chèrement payé par Jésus-Christ en est réduit à un solde, voire à un christianisme bien emballé. Certains en arrivent même à consommer l’Église, la Bible, les relations et même la foi.

« Ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi, qui, en vue de la joie qui lui était réservée, a souffert la croix, méprisé l’ignominie, et s’est assis à la droite du trône de Dieu. » — Hébreux 12.2

Comment donc reconnaître lorsque nous abandonnons le consommateur de la foi? Quelle est la différence entre consommer la foi et faire confiance au consommateur de la foi?

La grosseur du cadeau

Un premier indice d’un cœur qui consomme la foi, est la recherche de grandeur. Enfants, nous étions impressionnés par les dimensions de la boîte emballée sous le sapin.   Nous sommes souvent comme ces gamins, le soir de Noël, l’œil frappé par cette montagne emballée et souvent reluisante. Chacun, à tour de rôle, s’approche et tente de voir si son nom y est inscrit… s’il a reçu la bénédiction du jour! Une déception à peine masquée nous envahit lorsque nous ne sommes pas « l’élu ». Puis c’est la recherche de notre cadeau et la comparaison : plus ou moins gros, plus ou moins lourd, plus ou moins brillant.

Lorsque nous consommons la foi, nous agissons de la même façon. Nous associons ce que nous avons et obtenons puis transformons la bénédiction en consommation. Nous confondons l’avoir et l’être. Dès que notre foi est en compétition, la joie disparaît et fait place à une déception, puis à la convoitise et finalement à la jalousie et aux déchirements. La bénédiction du voisin devient plus attrayante que la mienne. Nous oublions que le cadeau n’est pas ce que nous recevons, mais bien celui qui nous le donne. Christ est le don de Dieu pour nous. Tout le reste n’est qu’accessoire.

Celui qui consomme la foi a tendance à croire que l’amour de Dieu envers lui se mesure et peut se mettre en boîte. Et plus cette « boîte » est grosse, plus il se croit aimé et apprécié. Le consommateur de la foi quant à lui nous dit : je t’aime! Et ce que tu as est suffisant pour être heureux aujourd’hui.

La grâce à crédit

Profiter maintenant et payer plus tard! Un second indice de la consommation est cet engouement à désirer la grâce sans en payer le prix. La foi bon marché n’existe tout simplement pas.

Nous regardons la nuée de témoins et aimerions être immédiatement comme eux. Vivre la patience sans connaître la souffrance, goûter l’intimité de Dieu sans passer par le lieu secret, être imbibé de la Parole sans y plonger. S’il a plu à Dieu de briser son Fils par la souffrance, combien nous, si imparfaits et en constant besoin de perfectionnement, devons-nous nous attendre à payer le prix d’un si grand cadeau. (Es 53:10)

La foi consommée cherchera le chemin de la facilité, mais le consommateur de la foi nous dit : Voici le chemin étroit.

Un shopping compulsif

J’ai souvent remarqué cette compulsion à désirer tout le lot et la panoplie sans même en avoir besoin. Cette sécurité que nous procure l’impression d’être bien entourés par la technologie, les accessoires de toute sorte, nous amène à acheter même ce dont nous n’ avons pas réellement besoin… et nous nous retrouvons avec un lot d’articles souvent inutiles qui terminent leurs vies dans la remise avant même d’avoir été déballés.

La grâce de Dieu s’offre à l’usage et au besoin. « Ma grâce te suffit », disait le Seigneur à Paul. Désirer augmenter notre courage, notre foi et même notre compassion simplement pour les posséder et sans les utiliser ne sert qu’à mesurer notre insécurité et révèle une mauvaise compréhension de ce que nous sommes. Nous avons tout pleinement en Lui! Christ en nous, la gloire en action au travers nos actions. Sa grâce et ses dons suffisent pour accomplir ce que le Seigneur me demande ici et aujourd’hui, sans rien ajouter.

La foi consommée désire ce qu’elle possède déjà sans même l’utiliser, mais le consommateur de la foi nous appel : Viens, sort de la barque (Matt 14:29).

Attiré par l’emballage

L’homme regarde ce qui frappe les yeux (1 Sam 16:7). Le chou gigantesque, le bel emballage, le bling-bling, les paillettes, la carte musicale par-dessus l’empilage des ornements, le tout pour tenter de faire paraître et apprécier un article que nous savons bien éphémère.

Nous nous laissons si facilement berner par l’apparence! Le faux semblant, les belles paroles spirituelles, les bonnes actions sans fondement, la piété sans la puissance (2 Tim 3:5), bref un emballage religieux et tout ce qu’il y a de brillant, afin de laisser croire que l’intérieur est étincelant et surtout qu’il n’est pas vide.

La foi consommée se concentre sur un emballage éclectique qui en jette! Le consommateur de la foi quant à lui vise le cœur.

Le chef et consommateur de notre foi EST le cadeau de Dieu pour chacun de nous. Pour Noël, offrons-nous donc la simplicité volontaire d’un présent actuel : Christ en nous désirant que nous nous offrions nous-mêmes a ceux qui nous entourent. Sans faux semblants, et en gardant la foi d’un enfant satisfait d’être l’objet don le plus grand .

« Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, Et la domination reposera sur son épaule ; On l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. » — Esaïe 9.5

La Parole vivante

Au premier abord d’une bible, le commun des mortels se sent immédiatement intimidé. LE livre énigmatique parmi tous. Le livre interdit par certains, et dont tous les yeux désirent y plonger les regards une fois dans une vie. Une aura de mystère plane au-dessus de ces pages qui débutent avec un récit étonnant de la création et se termine dans le fracas étourdissant de la fin de l’univers. Certains plus mystiques croient qu’un code secret y est inséré et qu’un système compliqué et pyramidal de connaissance progressive est la seule issue pour craquer les mystères du livre sacré.

En fait, l’encre et le papier ne peuvent rendre justice à toute sa profondeur. Nous avions recensé en 2006 que la bible était traduite en plus de 2400 langues dans le monde. Dans chacune de ces langues, la Parole de Dieu arrive à s’exprimer et transformer ceux qui y plongent les regards, et ce, dans leurs propres langages! Moins compliqué qu’une gnose et plus engageant qu’un journal, la Bible exprime effectivement une voix, celle de Dieu. Ne dit-on pas qu’elle est « La Parole de Dieu ».  Comment la bible peut passer d’un livre populaire à la Parole de Dieu?

La conversion enlève le voile

Lorsqu’un cœur se convertit au Seigneur, la lumière est rétablie et le texte prend un tout nouveau jour. Il s’illumine pour le lecteur (2 Cor 3:16). C’est dire que pour le même texte, la même traduction, les mêmes pages imprimées, une part de ses lecteurs restera dans l’obscurité et lira les mots, mais ne les comprendra pas. Seule la conversion enrichit le texte au-delà de l’imprimée visible.

La Bible en tant que livre est un support au plus profond des mystères : Dieu désire parler aux hommes. Sa parole écrite est un message clair pour tous ceux qui désirent y rencontrer l’auteur. Celui qui tente d’y trouver la gloire, la puissance ou simplement la connaissance se butera au créateur lui-même. Une herméneutique hermétique qui se dévoilera uniquement sur la confession d’un cœur qui désire véritablement rencontre Dieu.

Le St-Esprit éclaire le texte

Le texte biblique est différent de tout ce qui a été écrit dans l’histoire de l’humanité. Il est inspiré (2 Tim 3:16) Dieu lui-même l’anime indépendamment de la traduction et du papier. Plus qu’une simple influence, l’Auteur (Dieu) s’exprime réellement au travers les humains qui l’ont mis sur papier.

Ouvrir la Bible c’est plonger dans une lecture à deux niveaux. Celle des yeux, où je me penche sur un texte écrit et traduit. Puis celle du cœur, ou je m’épanche dans une parole spirituelle, mais non moins tangible. Avec les yeux, nous comprenons le sens des mots, la direction des idées, la boussole de l’instruction. Avec le cœur, je saisis les paroles et pensées de Dieu. (Act 16:14) La Bible est un livre sous influence, comme si j’ouvrais les pages de Narnia et que CS Lewis lui-même me parlait, m’influençait, dans le secret de mon âme. Dieu, par son Esprit, illumine les yeux de mon cœur afin que je saisisse la vérité et que j’entende sa voix. Une vérité incompréhensible pour le cœur qui ne s’est pas donné au Seigneur, mais quotidienne pour celui qui a accepté la grâce de Dieu pour sa vie.

 

Ouvrir la Bible c’est plonger dans une lecture à deux niveaux.

 

Mon attitude teinte la lumière

Quand j’ouvre ce livre, j’amorce une conversation. Je laisse mon créateur me parler, me révéler un peu plus de sa personne, et par le fait même, de la mienne. Sa Parole éclaire, révèle et divise. « Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur. » —. Hébreux 4.12

Elle est indépendante, elle s’autoproclame inspirée et vivante, elle se dit elle-même juge et lumière. Elle est unique non seulement par sa hardiesse, mais également par ses prétentions. La lumière qui y émane sera invariablement teintée par mon attitude. Si je remets en doute constamment ce que j’y vois, ou encore, si je l’éteins sitôt lue, cette lumière risque fort d’être bien ténébreuses (Luc 11:35). L’attitude et la déférence sont de mises lorsque je tourne ce couvert, ce n’est pas un banal journal. Je l’ouvre, car je sais que Dieu désire me parler et éclairer mon cœur, mon sentier, ma vie (Luc 8:18).

Mon obéissance donne la puissance

Le plus merveilleux est que cette Parole vivante exprime sa puissance dans notre propre obéissance. Elle éclaire et va même éblouir l’observateur. Par notre témoignage, nous confirmons tout ce qu’elle affirme. Nous exprimons ce qu’elle révèle, nous reflétons l’éclairage qu’elle donne et allumons la lampe que nous sommes afin d’éclairer ce monde.

Par notre obéissance en cette Parole, nous devenons des pyromanes spirituels par lequel Dieu désire embraser l’univers qui nous entoure. Un Phare dans l’obscurité ou nous vivons (Phil 2:15). Nous devenons la bougie vivant qui démontre au monde la véracité de cette parole transformatrice. Nous sommes, l’Église, la sagesse infiniment variée de Dieu.

D’un couvert

Dès qu’il est ouvert, ce livre a la capacité d’illuminer le cœur et la vie du lecteur. Loin d’être à mot couvert, la Parole de Dieu désire se faire entendre, mais pour se faire, le cœur du lecteur doit se transformer en auditeur et passer des yeux au cœur afin de laisser Dieu non seulement l’instruire, mais l’élever et révéler son âme.

Nous devons tenir compte de cette réalité lorsque nous ouvrons la Parole en compagnie d’un ami ou d’un frère. Elle ne laisse personne indifférent et elle a la capacité d’éclairer quiconque désire la lumière. Voilée pour certains, obscure pour d’autres, transformatrice pour ceux qui veulent y rencontrer l’auteur de l’Univers qui s’y révèle au-delà de l’encre et du papier.

« Ainsi en est-il de ma parole, qui sort de ma bouche : elle ne retourne point à moi sans effet, sans avoir exécuté ma volonté et accompli mes desseins. » — Esaïe 55.11

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