J’ai peur!

« Il répondit : J’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu peur, parce que je suis nu, et je me suis caché. » — Genèse 3 : 10

Plus de 600 fois les hommes ont peur dans la bible. Probablement autant à chaque jour pour le commun des mortels. Peur d’arriver en retard, peur de ne pas recevoir une promotion, peur, car un automobiliste a failli nous emboutir, peur de ne pas avoir de quoi payer, peur de ne pas être à la hauteur, peur d’avoir peur… Et le Seigneur répond à la peur par la douceur, par des mots tels que : prend courage, ne t’effraie point, ne craint point, fortifie-toi, je suis avec toi. Dieu est bien conscient de nos peurs et nos frayeurs. Ici-bas, c’est la zone! Les menaces et les incidents peuvent devenir rapidement des sources d’inquiétude, d’anxiété et de stress intense. Comment se sortir de la spirale de la peur?

Un problème universel

La peur est le propre de l’univers qui nous entoure. C’est presque le moteur de la nature. C’est ce qui fait avancer et ce qui fait reculer. Tout comme la loi de l’apesanteur, elle est là, invisible, sans éblouir et pourtant bien réelle. Nous la ressentons, nous la vivons chaque jour. Elle nous influence, elle teinte nos choix et est l’assise nécessaire pour maintenir l’ordre. Les tribunaux sont d’ailleurs fondés sur la peur du châtiment, même le courage est perçu comme la victoire sur la peur. C’est elle qui paralyse ou donne l’élan nécessaire.

Certes, les peurs ne sont pas toutes égales. Il y a les petites peurs, les frousses banales qui peuvent même exciter, comme dans un manège. Elles stimulent et animent. Il y a les peurs, plus sérieuses, qui menacent notre vie : réflexes, protection et instinct de survie pourtant nécessaires au maintien du quotidien. Il y a la peur incontrôlée, celle qui peut se muter en anxiété et sombrer dans la panique, une peur irrationnelle devant une perspective que nous jugeons menaçante. Elle peut même se généraliser et devenir un style de vie par des obsessions et des compulsions. Une vie de peur qui peut conduire même au suicide. Que dire des dépressions ou tout l’être tombe dans le néant et dont les portes de l’espoir ne sont fermées qu’en raison d’une peur fondée sur l’expérience personnelle ternie par l’effroi.

L’origine de la peur

« J’ai eu peur, parce que je suis nu » lança Adam (Gen 3:10).  La Bible nous expose clairement la source universelle de toutes les peurs, la mère des frayeurs : l’homme a dramatiquement décidé de s’appuyer sur ses propres capacités pour gérer une vie hors du plan que Dieu avait prévu pour lui. Devenir comme Dieu (Gen 3:5) n’a rien à voir avec le rêve de devenir Dieu. C’est une ambition impossible ou les capacités n’arrivent pas à la hauteur des prétentions.

La peur est née de ce constat d’impuissance entre ce que je suis et ce que je désire être. Elle est un refus d’accepter la réalité et dévoile la tentative de vivre un rêve utopique : celui d’être comme Dieu. (Eze 28:2). La chute a créé la peur et la peur s’est installée comme une règle, un premier sentiment qui est devenu un mode de vie. La peur, c’est l’homme qui fuit sa véritable identité et qui refuse celle que Dieu a pour lui. Avoir peur, c’est se voir tel que nous sommes: Nu. Sans ressources, sans forces, sans espoir et sans justice. J’ai peur, car je réaliser que je suis impuissant devant mon projet d’être comme Dieu et de contrôler tant bien que mal ma propre vie à ma façon et selon ma propre volonté.

Avoir peur, c’est se voir tel que nous sommes!


Créé pour craindre

Nous ne sommes pourtant pas si loin d’une résolution de la peur. En fait, le problème est à même la ressource, car Dieu nous a créés pour craindre.

Il nous a créés pour craindre son nom. La peur est une bonne chose lorsqu’elle est dirigée vers les bonnes ressources. Elle inspire alors le respect et la prudence, empêche de trébucher et encourage le dépassement. Lorsque la crainte prend sa source en Dieu, elle devient le début de la sagesse (Prov 9:10), la véritable vie pratique selon Dieu.

La crainte n’a rien de négatif. Contrairement à la peur qui révèle l’impuissance, la crainte inspire le respect. Crainte et peur se rejoignent au carrefour de l’inconnue et provoquent un même sentiment d’incertitude. Nous pouvons craindre Dieu et en avoir peur, mais lorsque nous le connaissons véritablement, cette peur se transforme en amour et la crainte devient alors une profonde déférence.

À la chute de l’homme, la peur s’est imposée, et a remplacé la crainte de Dieu. Désormais, nous vivons dans une confusion ou la peur a usurpé la crainte.

Un choix courageux

Le véritable courage n’est pas d’annihiler la peur, ni même de la surmonter. Le courage est un constat, celui d’admettre mon incapacité à contrôler quoi que ce soit malgré mes aspirations. Celui d’admettre mes faiblesses et mes limites. Le courage c’est de m’en remettre à celui qui était, à l’origine, le pourvoyeur, le protecteur et le Seigneur. Une reddition complète et totale envers celui en qui nous avons toutes les raisons de faire confiance.

L’amour parfait bannit la peur (1 Jn 4:18), un amour dirigé vers celui que nous devons craindre. L’amour rend aveugle dit-on. En effet, l’amour confiant en Dieu ramène la confiance absolue en celui qui peut absolument nous aimer, et il l’a prouvé d’une façon totale sur la croix.

Dans le jardin, les yeux de l’un et de l’autre s’ouvrirent pour aveugler un cœur qui désormais s’est renfermé dans la peur. J’ai peur lorsque j’ouvre les yeux et vois un monde plus grand que nature, désormais menaçant et hostile. Ma peur s’estompe lorsque les yeux de mon cœur s’éclairent (Eph 1:18) et que j’entends la voie du Seigneur:

« C’est moi ; n’ayez pas peur ! » — Jean 6 : 20

La rentrée des classes

Avec la rentrée des classes, les matières telles que les mathématiques, le français, l’histoire et la géographie peuvent rapidement devenir le cauchemar des étudiants. L’assiduité et la discipline sont essentielles à une réussite scolaire et, dans tous les cas, le talent inné et une mémoire d’éléphant ne suffisent malheureusement pas au succès.

Pour l’étude de la Bible, la tendance serait de croire que la même approche fera des miracles… mais il n’en est rien. Connaître toute la Bible, même par cœur, ne garantit pas l’intelligence et encore moins la sagesse spirituelle. L’approche du Livre est différente, délicate et demande une préparation adéquate. Sinon, l’effet bénéfique de la connaissance ne se fera pas sentir, ou pire, l’étudiant oubliera l’amour et la grâce qui sont le cœur même du message biblique.

Comment donc réussir sa rentrée scolaire et biblique? En suivant simplement ces quelques conseils venus tout droit de Samuel, enfant et novice à l‘époque où la Parole de Dieu, vivante et bien réelle, s’adressa à lui :

« L’Éternel vint et se présenta, et il appela comme les autres fois : Samuel, Samuel ! Et Samuel répondit : Parle, car ton serviteur écoute. »   —1 Samuel 3.10

Parle

L’attente en ouvrant ce Livre est différente des livres d’histoire ou de philosophie. On n’y parle pas que de Dieu, c’est Dieu qui nous parle. Une perspective distincte et surtout, une attente claire et draconienne : J’ouvre la Parole vivante de Dieu!

En fait, Dieu ne cesse de communiquer. Que ce soit au travers de la nature, par l’influence du Saint Esprit, par le témoignage de ses enfants, mais dans sa Parole, le sens et l’effet des mots y sont incomparables et directs. Ils touchent le cœur, comme lorsque l’on a le professeur droit devant soi. Ce professeur désire ardemment nous communiquer sa grâce et le témoignage criant, qu’est sa Parole, qui nous interpelle et ne laisse personne indifférent.

« Toute l’Écriture est inspirée de Dieu, utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice » —2 Timothée 3.16.

De la première à la dernière lettres, la source des mots et son essence viennent de Dieu lui-même. Chaque fois que j’ouvre la Bible, je peux être certain d’une chose : Dieu parle… c’est chaque fois la rentrée des classes.

Car

Un mécanisme de cause à effet est nécessaire pour que les paroles du Maître trouvent un terrain propice et puissent y porter le fruit désiré.   Il y a une intention nécessaire lorsque j’ouvre la Bible. Tout comme l’intention d’apprendre lorsque j’entre en classe, je dois avoir la certitude que Dieu parlera et avoir le désir qu’il le fasse.

On peut venir en classe pour les amis ou à contrecœur et sans intention. Les résultats seront proportionnels au désir d’apprendre. La motivation est une clé essentielle dans le processus d’apprentissage.

Lorsque j’ouvre la Parole de Dieu, je m’assois et prépare mon cœur, plus que tout autre chose afin de recevoir l’instruction et rencontrer un Maître au-delà de tous les maîtres qui ont existé. Bien au-delà de Platon, Pasteur, Galilée et tous les autres, je m’exclame : « Parle! » Et me prépare… « Car! ». Car je suis conscient de ce qui se passe ici, maintenant. Dieu va me parler, je le désire, et je prends le risque de découvrir un chemin qui peut-être me surprendra, me corrigera, me convaincra, m’instruira et me conduira dans le sentier de sa justice.

Ton serviteur

L’attitude en ouvrant le Livre est primordiale. Comprendre qui parle est bien, mais je dois également réaliser qui je suis en face de Dieu : un serviteur. C’est le complément, l’annexe nécessaire à l’examen du ministère divin. Le choix volontaire de servir le Maître. Si mon attitude n’est pas profondément teintée d’humilité, l’effet de la Parole pourra être comparable à celle de l’eau sur les plumes d’un canard! L’auditeur retourne alors à son état naturel dont Jacques fait mention dans son épître.

« Car, si quelqu’un écoute la parole et ne la met pas en pratique, il est semblable à un homme qui regarde dans un miroir son visage naturel, » — Jacques 1.23

L’humilité de considérer que la Parole nous pousse à l’action et au changement doit faire partie de notre attitude. Nous l’approchons avec une réalité bien en tête : j’ai besoin d’apprendre, j’ai besoin de savoir, j’ai besoin de vivre, et tout cela de la façon dont seul Dieu peut m’instruire.

Écoute

C’est pourquoi je dois disposer mon cœur à l’écoute, être attentif à la voix de Dieu. Dans notre société du repas rapide, de la communication instantanée et des relations virtuelles, l’écoute est devenue un exercice bien peu naturel. Le luxe de la concentration est devenu difficile.   Téléphone d’une main, conversation d’une oreille et les yeux rivés sur le téléviseur. Ce n’est pas parce que l’on fait partiellement deux ou trois choses que  l’on en réalise une complète!

Pour écouter activement et attentivement, on doit mettre de côté toutes distractions, faire un effort mental pour ouvrir nos oreilles ET notre cœur. Prendre le temps d’arrêter et de réaliser qui me parle, puis écouter. Simplement écouter. L’esprit vagabond et les inattentions auront vite fait de réduire la communication. Le silence peut devenir menaçant de nos jours… Ouvrir la Parole de Dieu exige un effort, celui d’une écoute active et d’un désir d’introspection qui conduiront à des actions.

Parle, car j’écoute!

Le livre de Dieu, c’est également sa Parole : la Bible. C’est le début des classes et pour bien commencer le cours normal du cursus céleste, l’ouvrir, écouter et avoir la bonne attitude est essentiel.

À l’usage, ce n’est pas un A ou un B que l’on obtient. En effet, l’examen quotidien git dans la pratique et dans l’expression du fruit que laissera cette lecture : un fruit de justice qui donnera de la saveur où que nous soyons. Il s’agit d’un travail en profondeur, dans les méandres de notre cœur, où nous laissons l’Esprit de Dieu nous éclairer de l’intérieur. C’est l’école de la vie, celle selon Dieu. Et tout débute avec un seul Livre, une seule attitude, une seule phrase : parle, car ton serviteur écoute!

Notre fierté nationale

Les mois d’été sont chargés de fêtes nationales. Le Canada, La France, la Suisse et les États-Unis, pour ne nommer que ceux-ci, ont inspiré de nombreux peuples contemporains à vivre la liberté, la fraternité et l’égalité entre les hommes. Il existe cependant une nationalité de loin supérieure et qui transcende toutes les frontières et le temps.

« Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers, ni des gens du dehors ; mais vous êtes concitoyens des saints, gens de la maison de Dieu. » – Éphésiens 2: 19

Un gouvernement fort!

La nationalité chrétienne, sous l’étendard de la croix, est l’ultime appartenance. Notre chef n’est pas un élu banal tiré d’un peuple imparfait, il n’est pas non plus mêlé à des malversations politiques qui viennent ternir une gloire en devenir. Notre chef est le Seigneur des Seigneurs, le roi des rois. Celui qui domine sur tous les puissants dont le trône est au ciel. Il fait tout ce qu’il veut. C’est Lui, c’est Jésus-Christ.

Notre société est en quête de politiciens intègres qui tiennent leurs promesses, qui sont honnêtes au parlement comme dans la vie. Le nôtre nous a prouvé sa passion et sa puissance en ressuscitant d’entre les morts. Il nous prouve son amour en mourant pour nous sur la croix. Il nous annonce sa justice en venant juger les vivants et les morts. Plusieurs groupes d’extrémistes sont prêts à souffrir pour leurs convictions ou leurs gouvernements. Pour nous, nous le suivons et l’aimons, car c’est LUI qui nous a aimés le premier.

Le triumvirat

Nous ne sommes pas dirigés par un dictateur solitaire et assoiffé de pouvoir. Même si notre gouvernement domine la terre! En fait, ce n’est que justice, puisque c’est lui le créateur de l’univers. Loin de la dictature : Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu l’Esprit, unis, indéfectibles, incorruptibles, dignes d’honneur et de louanges, gouverne et sauve le monde. Par un plan habilement mené du Père, loin des promesses politiques habituelles, il est venu en ce monde comme un vrai homme pour se faire un peuple : L’Église, la maison de Dieu, l’appui et la colonne de la vérité unie dans l’Esprit. Être chrétien, c’est acquérir une citoyenneté céleste. Pas seulement sur papier, mais dans notre essence, dans tout notre être. Notre Prince ne se contente pas de nous inclure dans sa constitution, il nous amène dans les lieux célestes et nous transforme en une nouvelle création. Celle de notre nature céleste.

« Vous, au contraire, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière » -1 Pierre 2: 9

Un nouveau départ

Comme pour tous ces immigrants qui franchissaient le port de New York en ayant la vision de la     statue qui promet la liberté. La croix, bien haut dressée, attire nos regards vers une nouvelle vie, une liberté et une raison d’être révolutionnaire. Tu peux repartir à zéro. Pardonnés, rachetés, extirpés à notre ancienne citoyenneté et notre ancien roi, nous avons la liberté véritable. La liberté de choisir le bien et de vivre pleinement heureux. A notre naturalisation, il ne nous donne pas seulement 2 $ et deux billets de tramway et nous disant « Que Dieu vous bénisse ». Il vient lui-même habiter en nous pour nous aimer et nous montrer le chemin. Nous sommes plus que des ressortissants, nous sommes devenus ses enfants pour lequel nous crions « Papa! ». Aucun pays n’offre cette joie, Dieu nous bénit au-delà de toute espérance.

La Bastille intérieure

Les Français ont acquis leur révolution par la chute du roi, l’abolition de l’asservissement et en scandant la liberté, l’égalité et la fraternité. Pour nous, le sang précieux de Jésus nous assure la délivrance. Nous avons désormais le choix d’offrir notre être en entier pour la cause. « J’ai été crucifié avec Christ ».

Le roi est mort. L’imposteur qui régnait en amateur sur mon cœur et qui m’éloignait du véritable bonheur est crucifié sur la croix avec Jésus. Vive le Roi! Devant l’amour déployé, je tiens désormais toutes pensées captives et offre à mon Seigneur ma vie… Nous avons l’égalité, car devant Dieu, tous ont péché, mais tous également sont gratuitement justifiés en Jésus. L’Église est désormais notre véritable nation. Notre fraternité profonde c’est l’Église, où notre Roi, notre Seigneur, est également notre Père.

« Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. » – Galates 3: 28

Le cri de la citoyenneté

La terre n’est plus qu’un lieu temporaire ou notre véritable cité nous fait soupirer. Cette maison n’est qu’une misérable tente en comparaison de la glorieuse espérance qui s’attache à notre appel. Désormais, nous lançons l’invitation à tous les peuples : se tourner vers le ciel et devenir citoyen. Au Moyen-Âge, il suffisait d’entrer dans une église et crier l’asile pour être à l’abri du vengeur. L’église, la véritable, est l’avant-poste, la lumière, le phare qui invite les hommes de toutes nations à se tourner vers la croix et se laisser attirer.

«Nous faisons donc les fonctions d’ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous ; nous vous en supplions au nom de Christ : Soyez réconciliés avec Dieu ! » -2 Corinthiens 5: 20

Les fêtes nationales nous rappellent que bien que les cartes soient tracées par des hommes, que les nations soient en paix ou en guerre, le véritable enjeu est bien au-delà de la politique. Chaque être humain, peu importe sa nationalité, sa langue ou sa religion, est égale devant Dieu : pêcheur, perdu, et en besoin d’un sauveur.

Nous sommes des citoyens des cieux en terre étrangère. Des ambassadeurs en mission de paix. Des représentants de l’amour de Dieu dans un monde déchu.

« afin que vous soyez irréprochables et purs, des enfants de Dieu irréprochables au milieu d’une génération perverse et corrompue, parmi laquelle vous brillez comme des flambeaux dans le monde » – Philippiens 2: 15

Debout citoyens, annonçons le Royaume!

Un chrétien en vacances

Sur l’autoroute de la vie, le travail est une valeur essentielle pour certains. Les proverbes ne font pas bonne presse aux paresseux. J’entends souvent dire : Dieu et le diable ne prennent pas de vacances… alors nous aussi, nous ne devrions pas en prendre non plus. Nous roulons à fond de train et souvent, avant même d’arriver à une aire de repos, nous nous retrouvons en panne sèche ou avec un véhicule en bien piètre état.

Dieu s’est bien reposé le septième jour! (Gen 2:2) Au retour de leurs ministères, les disciples ont bien été contraints d’aller à l’écart après leurs succès d’évangélisation (Marc 6:31). Le repos n’est pas une malédiction destinée exclusivement pour les fainéants et les lâches. C’est un état voulu par Dieu et dont il est même le précurseur.

Pour une grande partie d’entre nous, l’été est synonyme de vacances. Nous allons prendre quelques jours, voire quelques semaines de congés, partir au loin pour certains et même dans le sud, là où la température et les plages sont plus clémentes.

Comment donc amorcer notre itinéraire estival et préparer des vacances qui nous seront bénéfiques : corps, âme et esprit?

Le véhicule (le corps)

Nous avons tendance à surévaluer notre moyen de transport. Notre corps est un véhicule résistant, mais pourtant fragile et complexe. La pression constante, les remorquages à répétition et le kilométrage émotif réduisent nos performances. Un arrêt n’est certainement pas un luxe, mais plutôt une nécessité. Il nous amène gentiment à réaliser que nous ne sommes que des hommes! Rien de plus.

Lorsque nous sommes chrétiens, nous avons la gloire de voyager avec Dieu. Christ en nous! (Eph 2:22) Quelle gloire immense de savoir que notre créateur-concepteur est au volant! Si du moins nous avons l’humilité de le laisser conduire… D’ailleurs, lui-même devait se reposer lorsqu’il était sur terre, bien en chair. Les millions de cellules qui composent notre bolide ont besoin de carburant et de repos. Surtout de repos. Nombreux utilisent leurs vacances pour surmultiplier leurs activités. Pourquoi ne pas appliquer la suggestion du fabricant? Un jour semaine de congé, ne rien faire sinon se reposer. Difficile lorsque l’on carbure au super! Commençons donc cette semaine de vacances en étant en… vacances. Prendre une journée à ne rien faire! Et honnêtement, rien ne sert de courir! Comme le disait un grand sage :

« Pour tous ceux qui vivent il y a de l’espérance ; et même un chien vivant vaut mieux qu’un lion mort. » — Ecclésiaste 9.4

Le GPS (l’âme)

Pour espérer se rendre quelque part, on doit avoir une carte fiable et une boussole précise. Le God Posisionning System (GPS) est ce qui se fait de mieux en fait de transport céleste sur la terre! Les vacances sont un temps d’arrêt pour se recentrer sur notre guide, et ce dernier ne peut que nous donner une étoile de plus au répertoire divin. S’arrêter, considérer et contempler le Seigneur de l’univers sont un essentiel lors de vacances dignes de ce nom (Ps 46:10). Le quotidien tumultueux et le rythme effréné que nous vivons nous font bien souvent oublier les réalités spirituelles qui nous entourent.

Prendre le temps de prendre le temps. Expérimenter la contemplation en allant faire une promenade en nature et disposer notre cœur à la reconnaissance de toute la grandeur de Dieu. En profiter pour se donner le défi de lire un livre dans la Bible, le Nouveau Testament en entier ou encore toute la Bible. Exercer mon écoute spirituelle à travers la prière. Utiliser une partie de ces vacances pour reprogrammer mon GPS interne et se poser les véritables questions : Qui siège sur le côté conducteur de ma vie? Quel genre d’automobiliste de la vie suis-je? : Chauffard? Ayant la rage au volant? N’utilisant mon automobile que pour mes besoins personnels? Qu’est-ce qui m’empêche de tout donner à mon Sauveur?

Prendre le temps de prendre le temps!

 

La mise au point (l’esprit)

Il est bon, avant de partir en voyage, de faire faire une bonne révision. Pour ce faire, habituellement, nous devons enlever la clé du contact, le temps de faire les révisions nécessaires! Pour tout voyage, le moment des décisions se prend avant le départ. Où allons-nous loger? Qui allons-nous voir? Qu’est-ce que nous allons visiter? L’arrêt devient alors nécessaire afin de décider des véritables enjeux. Sinon, nous risquons fort de ne transformer nos vacances qu’en continuum de la vie quotidienne, ou encore, en une spirale qui nous ramène indéfiniment a notre point de départ. Des vacances qui n’ont que le nom et dont la force de repos est vide.

Pourquoi ne pas profiter de ce vent d’air frais pour se déconnecter des réseaux sociaux, de la télévision et de l’internet? Plus intime : utiliser mon congé pour amorcer un programme d’entraînement de la langue! Fini les pensées négatives et destructrices, des paroles qui ne procurent aucune grâce. Plus familiale : Décider de m’oublier et passer du temps pour découvrir mes enfants ou pour conquérir mon épouse! Il s’agit simplement d’être créatif et d’examiner où sont les véritables besoins… Une préparation qui peut devenir un préambule et transformer nos vacances en véritables oasis rafraîchissantes.

Un retour sans détour

Prendre des vacances est un privilège et un moment idéal pour recharger nos batteries spirituelles, émotives et donner du repos à notre être tout entier. Dans un environnement axé sur la performance et le bien-être individuel, chacun a besoin de ce temps de ressourcement avec lui-même, avec sa famille et avec et son Dieu.

Lorsque nous passerons la douane de l’été et que l’on nous demandera « Qu’avez-vous à déclarer? », nous pourrons dire avec conviction : La joie, la paix et une année renouvelée en Lui.

Et pourquoi ne pas en faire une routine?

Pourquoi ne pas revenir à la base des commandements du créateur et prendre une journée par semaine pour nous recentrer sur notre Seigneur, notre communauté, notre famille et déconnecter du brouhaha quotidien. Réapprendre à respirer en profondeur et goûter le moment présent. Le seul moment qui nous lie vraiment à l’éternité.

Bonnes vacances!

L’éveil d’un réveil

L’été, la vie se renouvelle et s’ensoleille. Les oiseaux font leur nid, la vie semble reprendre. Une toute nouvelle vigueur nous gagne ici, au Canada. Après un hiver rude et froid, nous remettons le nez dehors, nous jouissons à nouveau de la nature.

Dans le monde occidental pourtant, un automne – voire un hiver -s’installe. Alors que plusieurs pays connaissent leur printemps de l’Évangile, nous sentons les lourds effets de la stagnation spirituelle. Plusieurs prient pour un nouveau réveil, un renouveau et une pluie de rayons ensoleillés venant du ciel. Nous languissons depuis des décennies. L’hiver s’est bien installé et son froid mordant se fait cruellement sentir.

Contrairement au cycle des saisons, cette léthargie est le résultat d’un choix, et c’est volontairement que nous pourrons en sortir. L’Évangile est un printemps continu, un soleil intense, une moisson ininterrompue. C’est ce que le St-Esprit désire produire en chacun de nous. Tous les réveils de l’Histoire, en commençant par Jérusalem, ont commencé chez les croyants : le feu intérieur s’est répandu en un message salvateur, la conviction s’est étendue au travers de la prédication du message… et les âmes sont venues à Christ.

Comment passer d’un hiver à un printemps spirituel?

« Mais ce que j’ai contre toi, c’est que tu as abandonné ton premier amour. » – Apocalypse 2.4

Constater que je dors

Le premier pas d’un réveil est la prise de conscience du sommeil. Évidemment, l’hibernation est un état végétatif dont il est difficile de prendre conscience lorsque nous y sommes. Voici quelques indices d’un sommeil : insensibilité à la misère d’autrui, insensibilité à la Parole de Dieu, insensibilité à mon propre péché. Lorsque nous dormons, les mondes extérieur et intérieur sont engourdis. La conscience est à son point le plus bas, une mince feuille de raison sépare alors le sommeil du coma!

Sortir du rêve

Notre partie du monde voit fleurir un christianisme « estival ». Les persécutions sont au minimum, la vie du croyant est rarement en danger en raison de sa foi. Même si nous créons dans une bulle ouatée et christianisée, nous ne pouvons assurer la conversion, même de nos enfants. On peut facilement rêver que tout va bien aller même sur le sentier de l’hiver. Ne dit-on pas que l’enfer est pavé de bonnes intentions? Nous répétons ce songe des exploits du passé, et nous nous confortons dans ce que d’autres ont accompli. Même dans le sommeil, Dieu nous fait la grâce de nous alerter, il nous incombe alors de parler même ensommeillés: « Réveille-moi Seigneur! ».

« Je sais que tu as de la persévérance, que tu as souffert à cause de mon nom, et que tu ne t’es point lassé. » – Apocalypse 2.3

Ouvrir mes yeux

Dans le jardin, lors de la chute, les yeux s’ouvrirent… mais le paradoxe, c’est que les yeux du cœur se sont fermés. La course à la justice personnelle, la quête de facilité et des droits individuels nous font perdre de vue le sens véritable de notre présence sur terre : semer l’Évangile.

Sortir du confort et abandonner sa vie entre les mains de Dieu a quelque chose de très désagréable pour l’homme naturel, mais c’est le culte raisonnable (Romains 12 :1). Personne n’ouvrira les yeux à ma place, même pas Dieu! Au mieux, il éclairera les yeux de notre cœur pour que nous saisissions toute la provision divine associée au salut. C’est le rêve éveillé! La grâce agissante de Dieu à travers moi. Plus la peine de rêver, il suffit de s’émerveiller de la grâce du Seigneur, et de voir toute la grandeur de son salut et toute la richesse qui s’attache à son appel.

« Qu’il illumine les yeux de votre cœur, pour que vous sachiez quelle est l’espérance qui s’attache à son appel, quelle est la richesse de la gloire de son héritage qu’il réserve aux saints, » – Éphésiens 1.18

Me lever

Probablement l’étape la plus difficile, surtout si je dors depuis longtemps. L’hiver spirituel nous plonge dans une hypothermie généralisée qui affecte notre jugement et tous nos mouvements.

Nous restons les yeux mi-clos, bien étendu sous la couette à rêvasser sans pourtant encore bouger, le cœur rempli de résolutions et de décisions. La solution divine est pourtant simple, naturelle et logique… « Repens-toi ». Décide-toi, détache-toi, prends un élan définitif. Les nuages d’automne, la pluie, le froid, la neige et les tempêtes ne sont en fait que le fruit de mes propres prévisions. La rancune, l’amertume, les désirs inassouvis ne sont que le résultat du regard qui se fixe sur le chemin plutôt que sur la destination. (Heb 12:1-2)

Il y a tant à vivre et si peu de temps devant nous!

Avancer, marcher, courir

Le printemps, puis l’été, c’est le retour aux activités, les semis, le labourage et la renaissance de la vie. On remet le nez dehors, on goûte de nouveau aux rayons du soleil. Le réveil spirituel selon Dieu inclut un retour vers les premières d’amour. Engageons-nous de tout notre cœur – par obligation, c’est inutile – dans le sentier de la justice où Dieu a préparé les œuvres afin que nous les pratiquions.   La seule source de joie est la grâce, la reconnaissance et l’éveil des sens spirituels qui nous font réaliser que Dieu nous aime, c’est pourquoi nous l’aimons, et nous agissons.

« Souviens-toi donc d’où tu es tombé, repens-toi, et pratique tes premières œuvres » – Apocalypse 2.5

De l’hiver au printemps, puis l’été!

Il y a tant à vivre et si peu de temps devant nous! Le temps, l’érosion, le vent et les tempêtes font virer le printemps et l’été à l’automne, puis la routine et la vision défaillante le font passer graduellement à l’hiver. Chaque seconde compte dans l’existence unique que Dieu nous donne, et son plan pour chacun de nous est un printemps éternel! Quel privilège incroyable et pourtant bien réel que Dieu nous accorde ici et maintenant. Porter du fruit qui fleurira jusque dans l’éternité est le seul sens à notre vie

C’est l’heure… debout, levons-nous!

Notre religion nationale

C’est la finale de l’Est et les Canadiens de Montréal y sont! Le fil de presse est totalement occulté par cette nouvelle. Peu importe ce qui se passe au Nigéria ou en Ukraine, l’important, c’est de savoir où et quand viendra la victoire. Les superstitions abondent : on fait brûler des lampions, Ginette la nouvelle prophétesse et sa voix miraculeuse soufflent l’espoir, la sainte flanelle tatouée sur le cœur et en fanion emplit la ville! Même le sauveur prend des titres de « Jesus-Price ». Plusieurs millions d’adeptes sur le Net, et des centaines de milliers rassemblés autour du téléviseur, à faire déborder le centre Bell même lorsque nos héros jouent à Boston ou à New York… Même la plus méga des mégas Church ne pourrait rêver à mieux!

La quête d’identité

Chaque fois que je regarde une joute de hockey, et que le Canadien gagne, un sentiment de fierté m’envahit. Même si je suis à des milliers d’années lumière de la réalité des gars qui jouent sur la glace, et même si je n’ai jamais joué, sauf dans le peewee M (Médiocre), je dois constater que la victoire est enivrante. Nous avons tous besoin de fierté, car, en fait, nous associer à des vainqueurs nous fait paraître plus grands. Je me souviens des centaines de cartes de hockey que mon garçon a collectionnées, les noms, les surnoms, les statistiques et les exploits. Nous transcendons la glace et celui qui joue, c’est moi, projeté en Subban, Price ou Gallagher!

La quête de héros

Les athlètes professionnels sont les nouveaux héros. Les demi-dieux de l’Olympe qui nourrissaient les espoirs de la Grèce antique. Adieu Hercules, bienvenue PK ou Carey. On porte leurs chandails, arbore leur numéro, collectionne leurs effigies sur carte. Certains vont même jusqu’à appeler leurs petits du nom inspirant de Toe-Blake. Certaines tribus cannibales consomment le cerveau de leur victime afin de s’approprier leurs vertus courageuses. De nos jours, nous consommons leur image afin que, s’il est possible, nous en soyons inspirés.

La transcendance est un besoin et non un luxe, et si nous ne le trouvons pas dans la famille, dans la politique ou dans la religion, nous nous rabattons dans ce qui est à portée de rêve. Nous retirons le chandail des plus valeureux, puis nous les canonisons en bannière. Le mythe naît et chacun se l’arrache. Lorsque nous nous arrêtons, à l’entracte et réalisons la distance qui existe entre la glace et les gradins, il est triste de constater les valeurs populaires réduites à un fantasme.

La quête de victoire

Nous l’appelons la sainte flanelle! Les bannières de victoires arborées bien haut au centre Bell nous rappellent les hauts lieux de nos glorieux. Chacun espère un jour au pèlerinage vers le temple. Les plus aisés dans le rouge, et les ordinaires dans la zone Molson! Le destin m’a choyé, et mon fils a gagné, il y a quelques années, une paire de billets zone Famille… dans le « pit » en haut, presque au ciel!

L’ambiance y est presque indescriptible. 21 273 fidèles rassemblés au cœur du plus grand lieu de culte au hockey du monde! Tous les joueurs de la LNH sont d’accord, certains même refusent de venir jouer ici : l’atmosphère y est intransigeante. Le niveau, l’intensité et l’adoration y sont si élevés que, lorsque nos héros répondent à nos prières, les chants, les cris et les olé fusent de toute part et coupent l’air.   Malheur à eux si l’espoir s’envole. Dès le retrait de l’ange gardien, un silence de mort envahit le temple. Les prières montent et descendent, puis la déception brutale. Ils ont perdu, nous avons perdu la foi!… Jusqu’au prochain match.

La quête de communauté

Les familles éclatées, les jobs incertains, les couples dispersés, les amitiés facebookées. Le Canadien nous rassemble, le temps de trois périodes, nous sommes unis autour d’un seul but : gagner. L’ennemi, le mal, est en face, armure jaune et noir, rouge et bleu. Peu importe. Nous analysons les performances, devenons coachs d’une clameur. Nous vivons au diapason de quelques millions de Québécois qui aspirent et désirent tous la même chose.

La grande messe, comme on l’appelle, se répète semaine après semaine, puis l’été, c’est le vide. La saison estivale devient pour plusieurs une retraite. Chacun y va de ses prophéties, puis la saison recommence et l’espoir renaît. Le hockey est rassembleur. On en parle, on le regarde, on en profite pour renouer, et même se réconcilier autour de la télé.

Et la foi?

L’espoir, la confiance, le combat implacable entre le bien et le mal, les modèles vivants, les buts de dernières minutes, les mentors inspirants, les victoires spectaculaires, les défaites qui transforment, les prolongations enlevantes… Nous avons tous ces exploits et bien plus dans un livre stimulant : La Bible.

Jouer pour une équipe gagnante, marquer des buts victorieux, faire partie d’une joute plus grande que nous-mêmes, devenir la première étoile, jouer aux côtés de légendes, poursuivre la tradition des plus grands, et non seulement marquer dans le but, mais poursuivre le véritable! Le but de la vie. L’église victorieuse, plus qu’un club, et mieux qu’une organisation. Elle est un organisme vivant ou chaque joueur est un membre essentiel. Aimé par son coach et inspiré par son Esprit.

« Tous ceux qui combattent s’imposent toute espèce d’abstinences, et ils le font pour obtenir une couronne corruptible ; mais nous, faisons-le pour une couronne incorruptible. » —1Co 9.25

Le hockey dans tout cela? Tout est une question de priorités. Si un match, une équipe ou un joueur prend le dessus sur Dieu, il devient une idole. Elle peut être subtile : Absence des réunions, détournement de fonds, perte de temps et vol d’intensité. Tout ce qui taxe mon engagement et mon engouement ne peut que m’affaiblir comme chrétien. C’est une question d’équilibre.

Au risque d’être injurié d’anathème, « C’est juste du hockey »! Un bon spectacle, rien de plus, rien de moins. Rien pour me faire déroger de mes priorités profondes.

Je suis Chrétien, Jésus tatoué dans le cœur, Go Christ Go!!

Le pasteur pasteurisé

Comment stériliser un pasteur et l’éteindre au ministère de l’Évangile? Simple, tout comme on fait pour pasteuriser le fromage, il s’agit simplement d’augmenter la chaleur et la pression puis laisser mijoter lentement… jusqu’à la pasteurisation totale. Au terme du procédé, soit le lait aura viré au sûr, soit le résultat deviendra un produit uniformisé, aseptisé, au goût sans surprise. Une saveur politisée qui plaît à tous, mais qui ne transforme rien. Le pasteur pasteurisé deviendra plus blanc que blanc. Plus Jésus que Jésus lui-même. Il s’uniformisera au goût de tous et prendra la couleur de chacun. Un pain blanc enrichi et bien gonflé qui ne prend la saveur que de ce que l’on y met.

Est-ce le pasteur que nous recherchons? La rectitude et la langue de bois bien taillée n’ont jamais été le propre des prophètes du passé, encore moins des pasteurs d’aujourd’hui.

Voici sept façons efficaces de pasteuriser un fromage pastoral.

Confondre le fromage et le lait

Une bonne façon de faire tourner un pasteur est de l’élever continuellement au rang de divin berger. Soit en ayant envers lui des attentes inatteignables dignes de Jésus seul, ou pire, l’aduler comme si ses pas laissaient la trace du Seigneur lui-même. D’un côté, chacun doit reconnaître que le pasteur n’est qu’une brebis parmi les brebis avec une fonction et des dons différents, un berger qui a besoin du Berger et de la direction de celui-ci comme toutes les brebis. Occulter un pasteur sous des espoirs irréalistes risque de provoquer son découragement. De l’autre côté, l’idolâtrer amène abruptement sur le terrain à pâte molle de l’orgueil, et on finit réellement par se croire investi de superpouvoirs!

Nous ne sommes rien de moins et rien de plus que des humains, des chrétiens, des disciples du Seigneur des compagnons d’œuvres qui sont doués et appelés par le St-Esprit à paître l’église de Christ.

Les bactéries sont essentielles

En tant que pasteurs, nous sommes des leaders qui avons souvent besoin de latitude, de réflexion et même d’essai-erreurs. Pour faire un bon fromage, les bactéries sont essentielles. Dieu a prévu nous former tous par la souffrance et les échecs. Empêcher un pasteur à l’erreur, c’est lui refuser la sanctification. Ici, je ne parle pas de péchés, mais bien d’erreurs humaines souvent relayées, malheureusement, au rang des mauvaises intentions.

La relation dans la prière, l’introspection et l’humilité sont essentielles pour fermenter un bon pasteur. De l’autre côté de l’emballage, l’église devient le terroir de prédilection qui donnera au berger une saveur locale de plus en plus recherchée. Empêcher le pasteur à la croissance, c’est décider que sa maturation est définitive… Plusieurs églises sont devenues avec les années des « cimetières » pastoraux en raison de l’intransigeance devant ceux qui y sont appelés.

Contester constamment sa nature

On oublie facilement que nos pasteurs sont réellement appelés par le St-Esprit (Act 20:28), et qu’ils auront même à rendre compte des âmes qui leurs sont échus en partage (Heb 13:17) L’irrévérence risque de conduire le troupeau à la négligence et banaliser l’appel précieux. Au final, le pasteur s’éteint, cesse de contester et s’homogénéise avec les contestataires, ou plus simplement, il quitte le terroir pour une autre église. Plusieurs boucs bien intentionnés contestent sans arrêt l’autorité que Dieu a donnée aux pasteurs, et de nombreux cris, de nombreuses larmes et de nombreux épuisements sont dus aux controverses souvent gratuites de quelques personnes.

Prendre le cheddar pour du brie

Dans notre ère de communication instantanée, une belle façon d’arracher la saveur à votre pasteur est de constamment le comparer aux prédicateurs de l’heure : Driscoll, Piper, MacArthur… Tous d’excellents ouvriers, mais placés par la tête dans des troupeaux spécifiques : ailleurs. Celui que Dieu met dans mon troupeau est celui qu’il me faut! Constamment le déconstruire pour qu’il ressemble à tel ou tel autre plus vert de la chaire du voisin n’est qu’un effet pervers de la consommation qui atteint maintenant le niveau de l’église.

Le syndrome de l’imposteur et le sentiment de ne jamais être à la hauteur conduisent invariablement vers l’insécurité ou, pire, le similiclonage puis un goût déformé, inadapté au troupeau… laissons-les donc être ce que Dieu leur demande d’être, et si tu crois sincèrement que ton pasteur devrait être comme Mark Driscoll, rien ne t’empêche de partir pour Seattle!

Me nourrir que de fromage!

Une façon subtile de se pasteuriser, c’est de s’appuyer seulement sur le pasteur pour toute sa croissance. Le pasteur est un élément de la direction de Dieu pour ma vie, mais la principale, c’est le St-Esprit. Dieu utilise les pasteurs, mais toujours en fonction de ma réceptivité. L’élément central de transformation, c’est ma volonté. Malheureusement, des brebis assoiffées de fromage ne se contentent que d’une source de transformation et se tarissent rapidement. Rien ne peut remplacer ton culte personnel, ta méditation personnelle et ta relation personnelle avec les autres brebis. La pasteurisation inversée qui est alors exercée te rend toi-même caduque et empêche le Seigneur de faire un travail global et en profondeur sur ta vie. La pression qu’exercent ces sangsues spirituelles a vidé plus d’un pasteur par le passé.

Ne chercher que le petit lait

La médiocrité et les compromis nous affectent beaucoup plus que vous ne pouvez le croire. Nous sommes impliqués émotivement et spirituellement dans votre vie et avons vraiment à cœur votre santé et vos progrès. Lorsqu’un pasteur voit le manque d’engagement et de consécration dans le troupeau, il risque de sombrer dans le négativisme et le découragement. Avec l’usure et le temps, il se détache et perd sa fougue. Voir le verre de lait à moitié vide est le piège irréaliste des attentes fondé sur les ambitions et tous les pasteurs y sont à risque. Il n’y a rien de plus encourageant que de diriger une église engagée.

Ne pas prier pour lui et sa famille

Finalement, prier pour le pasteur que Dieu a mis sur ma route afin de paître le troupeau dont je fais partie, est un indice du rang qu’il a dans mes priorités.

Rien de tel qu’un pasteur au lait cru, frais sorti du terroir divin. Ayant une base de lait de brebis, il se mélange au troupeau. Sans perdre sa saveur, bien au contraire, il transmet une bonne odeur de Christ autour de lui.

« Aux uns, une odeur de mort, donnant la mort ; aux autres, une odeur de vie, donnant la vie. » —2 Corinthiens 2.16

La croix de chocolat

Pâques est à nos portes! Friandises, chocolats, cocos, chasse au trésor et festival des dentistes! Perdue dans cette profusion de sucreries, notre société a oublié le sens profond de cette fête : une résurrection précédée d’une crucifixion, une libération précédée d’une condamnation, une abondance précédée de souffrances.

La croix précède le tombeau. Elle est inévitable. Sans cette souffrance, il est impossible de connaître la nouvelle naissance. Aujourd’hui, Pâques est enfouie sous les douceurs sucrées et chocolatées, mais la croix, elle, n’est pas faite de chocolat. Elle est faite de bois, de sang et de douleurs. Pourtant elle peut éclater en une effervescence de saveur. La grâce que le Seigneur offre est un fondant pour l’âme! Mais pour y goûter, il y a au préalable la douleur. Pour déguster le chocolat, il faut briser la tablette.

Briser la chair

Notre nature profonde, la chair, est trop souvent pralinée artificiellement et sous-estimée. Nous l’excusons, la justifions et l’adoucissons en deçà de ce qu’elle est véritablement. Nous sommes nés avec elle, normal que nous n’en soupçonnions l’amertume. Cependant, la Parole de Dieu est directe et dure à son propos : aucune saveur ne peut s’en dégager sans émettre une odeur de mort. Elle et l’Esprit de Dieu n’ont rien en commun (Gal 5:17). Lorsque la chair rencontre la croix, les clous sont au rendez-vous. Si la crucifixion n’a pas le dernier mot, aucun espoir n’est possible.

Lorsque l’apôtre Paul dit « Je suis crucifié avec Christ » (Gal 2:20), il ne dit pas que Dieu veut nous dénaturer, mais plutôt nous transformer à l’image de son fils. Il ne veut pas substituer notre tempérament ou notre personnalité, mais nous convertir à la source même. Christ qui vit en nous : l’espérance et la gloire de tout chrétien. Comme pour le chocolat, plusieurs essences, saveurs, additions et recettes en font varier les nuances, mais à la base, il a fallu briser et moudre le cacao, puis le chauffer et le fusionner. Pour qu’un instrument de mort comme la croix gagne en saveur, la chair doit elle-même être brisée, moulue, chauffée et dépouillée.   Chacun désire l’intensité du St-Esprit, mais cette saveur unique n’est possible que dans la mort : celle de la chair crucifiée sur la croix.

« Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. »   — Galates 5 : 24

 

Pour déguster le chocolat, il faut d’abord briser la tablette…

Briser la mort

L’homme a une peur viscérale de la mort. Pour l’homme naturel, c’est la fin de toute chose… pour l’homme spirituel, c’est le renouveau et le moulage de la foi et l’espoir. Si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le Royaume de Dieu (Jn 3:3)! Si le grain de blé ne meurt, il ne porte pas de fruit (Jn 12:24). Pour un chrétien, cette peur irrationnelle lui fait retenir les arômes destinés à être partagés, elle s’accroche à des réflexes encore vivants d’une nature morte que nous avions. Apprivoiser la vie, c’est s’abandonner à la mort, une mort à nous-mêmes (Col 3:20).

Le courage d’être chrétien c’est de réaliser que la mort n’est qu’une escale. Un tournant décisif et obligé afin de porter du fruit. Cette mort ne se produit pas dans le cercueil, mais bien sur la croix. C’est une mort décisionnelle, une crucifixion factuelle (Ro 5:14). La peur de mourir au confort, à la sécurité, et au statu quo sont d’autant d’enrobages qui retiennent hermétique tout le bouquet que Dieu désire émettre au travers nous. Pour donner de la saveur, il faut sortir de l’emballage. Une vie sans enrobage et sans faux semblant, un goût original et sans additifs : celui de l’évangile. Pour libérer toutes les effluences, le seul chemin possible est la croix. La croix, c’est la mort à une vie banale et insipide.

« Celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n’est pas digne de moi. » — Matthieu 10 : 38

Briser la vie

Pour le chocolat, sortir de l’emballage signifie l’inévitable : s’offrir à être croqué, se laisser briser, ingérer et digérer. Il n’existe que pour cela! C’est, en fait, le but de sa vie. Son ultime mission est d’apporter ce goût de douceur à celui qui le prendra. Pour que la croix apporte une saveur de ciel, elle doit passer par la résignation au sacrifice et à la souffrance. Même notre Seigneur n’y a pas échappé, lui qui était pourtant sans péché (2 Tim 3:12).

De nombreux évangiles de paraffine tentent d’imiter la plénitude du véritable, mais une seule saveur est la réelle. Celle d’une vie consacrée entièrement à l’avancement du Royaume de Dieu. Celle d’un abandon complet où celui qui en est habité offre son corps comme un sacrifice saint et agréable (Ro 12:1). D’une apparence contradictoire, c’est dans cet abandon et ce prêt-à-souffrir que se trouve la véritable richesse et la saveur originale. C’est lorsque l’on croque dans la croix que l’on discerne la différence. Lorsque les épines, le soleil et les clous se pointent, la véritable saveur de Christ transcende la souffrance et révèle la richesse de l’Évangile.

« Il a plu à l’Éternel de le briser par la souffrance …  Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, Il verra une postérité et prolongera ses jours ; Et l’œuvre de l’Éternel prospérera entre ses mains. » — Esaïe 53.10

Pâques, c’est la résurrection du Christ, la vie renouvelée, l’espoir d’une vie de plénitude, mais le tombeau vide pointe implacablement vers la croix. L’évangile prêche la souffrance. Une souffrance libératrice et nécessaire pour connaître la véritable vie en Christ.

Une vie chrétienne sans souffrance est un chocolat sans cacao, sans saveur et sans intérêt. Non, la croix n’est pas en chocolat, mais la saveur qu’elle produit, lorsque la chair y est crucifiée, en est une de vie, d’espoir et de douceur au palais de quiconque y croque. Pour Pâques, offrons-nous nous-mêmes comme la saveur que Dieu veut donner à un monde perdu sans Lui.

Du lait ou du steak?

Pour notre chronique culinaire, nous allons cocoter aujourd’hui le plat le plus nourrissant qui soit!  À base de lait spirituel, nous allons mijoter un steak nutritif agrémenté de tous les nutriments pour que notre âme croisse pour le salut.

La base de notre recette est le lait, mais pas n’importe lequel.

« Désirez, comme des enfants nouveau-nés, le lait spirituel et pur, afin que par lui vous croissiez pour le salut, »
-1 Pierre 2.2 

 Les ingrédients

Ce lait particulier est constitué essentiellement de Parole de Dieu.  Elle se retrouve dans toutes les bonnes Bibles, est gratuite et abordable.  Elle a un gout de miel, doux et à la foi amère.  (Ez 3:3, Ps 119:103, Apoc 10:9).  Afin de tirer toutes les nuances et saveurs de cette Parole, elle doit préalablement être infusée généreusement dans la prière. En effet, seul le chef en personne peut faire ressortir le goût et les effluves particuliers de cet ingrédient spirituel. (Jn 6:63).

Nous avons également besoin d’un cœur.  Pour que la recette soit réussie, il doit nécessairement être honnête et bon.  (Luc 8:15)  C’est celui qui est le plus tendre et surtout assoiffé prêt à boire le lait  et se laisser imbiber dans toutes ses fibres jusqu’à prendre la saveur de celui-ci.

Les étapes

Pour préparer le cœur, il s’agit simplement de le saupoudrer de graine.  Celle de l’évangile base de la Parole.  Lorsque le cœur est prêt, ouvrir la Parole au passage approprié puis laisser agir lentement, à la mijoteuse idéalement.  Cette étape est cruciale.  Attendre trop risque de faire tourner le lait en acédie.  De l’autre côté, précipiter la cuisson annulera toute la profondeur et les nuances subtiles des saveurs de sagesse et surtout ce goût de fruit de l’Esprit si caractéristique d’un cœur bien apprêté.  C’est ici l’expérience et le doigté du chef.  Lorsqu’il y a une odeur d’humilité qui émane de la marmite, c’est signe que la recette est sur la bonne voie.

Dépendant du cœur utilisé, le braisé peut prendre de quelques semaines à plusieurs mois.  Voir plusieurs années, pour les plus coriaces.  Le but est de laisser agir le lait et transformer les fibres endurcies du cœur en un véritable filet mignon tendre et succulent.

Pour améliorer la saveur et rendre la viande encore plus tendre, prendre des épices choisies.  Joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur et maîtrise de soi;  saupoudrer généreusement.  Saisir plusieurs cœurs puis les déposer tous dans le même autocuiseur.  Élever la température progressivement jusqu’à la pression désirée. Cela provoquera une réaction unique qui mettra à l’épreuve les cœurs choisis et garantira le succès du plat.  Attendre quelques heures et laisser reposer.  Enlevez le couvercle et sentez l’odeur de Christ qui émane du plat.  Délicieux!

Le moyen le plus efficace de goûter ce plat est de le manger en commun.  Autour d’une table entre convives du même chef.  En église, pendant une prédiction, la parole rehausse le cœur vers le communautaire.  Elle y donne un goût d’amour d’adoration et de joie unique impossible à recréer artificiellement.  Cependant, dans ce type de chaudron qu’est l’église, le cœur doit être apprêté et disposé à recevoir la parole qui l’arrosera.  Le goûteur doit faire un certain effort de retenue afin de laisser agir le lait de la parole.  Le résultat cependant en vaut la peine, puisque le cœur prend alors toute la saveur du divin chef.

Les accompagnements

Le cœur apprêté au lait spirituel est succulent nappée d’une sauce d’amour ou encore avec les hors-d’œuvre de bonnes actions.  Lorsqu’il est à point, en fait, c’est lui qui donne de la saveur aux accompagnements.  Lorsque plusieurs cœurs attendris au lait spirituel sont disposés dans la même assiette, le résultat est impressionnant!  Ses effluves délicieux remplissent toute la maison et même la région ou il est servi.  (2 Cor 2:14)

D’une façon surprenante, trop de lait risque de faire enfler le cœur et le rendre sans saveur.  Celui-ci ne peut qu’absorber une quantité limitée à la fois.  Sinon, il le rejette tout simplement et la cuisson, alors, est néfaste pour lui.  Le lait peut surir également s’il est en contact avec certaines bactéries colériques ou des herbes amères.  De même, le noyer sous les épices et les condiments du bien paraître est néfaste et font disparaître toute saveur originale.  Cela laisse même un arrière-goût désagréable.  La réserve est essentielle ici.  Ce plat se sert chaud et sans artifice.  Simplement et avec bonhomie.

Contrairement à la croyance populaire, ce qui transforme ce lait en nourriture solide n’est pas le chef ou le sous-chef, mais bien le cœur qui est mis à contribution.  Peu importe la quantité de lait ou encore l’endroit où il est versé, il imprégnera le cœur qui en est arrosé seulement à la condition ou celui-ci est disposé.  Le choix du cœur est donc essentiel.  Malheureusement, une personne non avertie risque de croire que le lait ne fait pas son travail en raison de celui qui le verse, alors que la cause est plus profonde. (Jac 1:25)

Conservation

Par sa constitution et ses fibres musculaires particulières, le cœur est une chair dure, et même lorsqu’il est attendri par le lait de la parole,  il s’endurcit rapidement s’il n’est pas conservé adéquatement.  Il est donc essentiel de la garder au chaud et dans son jus.  (Jer 1:9) Le lait doit y être toujours présent et en quantité suffisante.  Régulièrement, servir avec les autres cœurs dans la même assiette afin de laisser les saveurs se mélanger.

Si par mégarde il est retiré trop longtemps et perd sa tendreté, répéter les étapes de cuisson. En effet, l’amertume de certaines herbes peut l’affecter, alors un nettoyage en profondeur est nécessaire et retour à la casserole! (Heb 5:12-13)

Bon appétit!

Souffrir pour être beau

Dehors, c’est la jungle!  Les prédateurs sont nombreux, et nous, faibles proies vulnérables, sommes à la merci du moindre assaut.  Personne ne veut souffrir.  Une chanson populaire clamait : « Tout le monde veut aller au ciel, mais personne ne veut mourir! ».  Nous sommes instinctivement réfractaires à la souffrance, elle nous fait peur, nous angoisse.  La seule anticipation que l’on va souffrir nous fait souvent perdre nos moyens…. Et pourtant, elle fait bien partie de la vie!

Nous naissons dans les pleurs.  Notre sentier est jonché de chutes, de blessures et de meurtrissures du corps et de l’âme et nous mourrons souvent en expirant ce qui ressemble plus à un râle qu’à un dernier souffle de délivrance.  Même celui qui tente d’y échapper finit par angoisser de souffrance tellement ses tentatives de contrôle sont vaines.  Quitter la piste, c’est s’aventurer dans la brousse obscure.  Les pauvres souffrent de la faim, les riches de solitude, les marginaux et les despotes souffrent tous chacun leur tour.  La souffrance est universelle et personne n’y échappe.

Un plan parfait

Pourtant, le plan d’origine du créateur n’incluait aucune souffrance.  Même que, lorsque l’homme fut créé, plutôt que de qualifier ce moment de « bon »,  il l’éleva au rang du « très bon » (Gen 1:31).  Mais cette félicité était conditionnelle : celle de maintenir l’équilibre entre Dieu et nous.  Un équilibre relationnel fondé sur la confiance et l’amour, et nous avions la liberté d’y adhérer ou non.  Nous avons préféré l’autogestion du bonheur, nous avons semé la graine de la souffrance, et le jardin est devenu une jungle.

Nous avons décidé de nous improviser guides de la justice, défricher ce qui serait désormais le bien et le mal.  La rébellion de l’homme a bouleversé le monde!  Même la nature souffre d’une souffrance indescriptible (Ro 8:22). Depuis, chacun de nous percevons que quelque chose ne va pas.  Souffrir n’est pas normal, nous le savons, nous le ressentons… et nous le vivons intensément. Même la souffrance d’un coup de marteau sur le pouce nous surprend.  L’obscurité que nous avons provoquée nous empêche de voir la réalité : nous sommes les auteurs de notre propre souffrance.

Une fuite inutile

Dans ce monde hostile, nous fuyons sans arrêt.  La tête bien ensablée, nous tentons de contrôler notre environnement afin de faire disparaître cette souffrance.  Nous contrôlons nos relations, nos finances, notre alimentation… jusqu’à nous rendre malades.  Nous nous réfugions dans une douillette retraite, climatisée, chauffée, confortable avec écran géant pour nous lobotomiser de la réalité.  Elle est toujours là.  Elle nous guette, nous traque comme un prédateur prêt à bondir.  Nous savons bien, en notre for intérieur, que même si nous construisions une tour qui nous élèverait jusqu’au ciel, elle y serait déjà.  Elle fait partie de nous, elle nous colle à la peau.  Nous en sommes la source et la conséquence, notre esprit tordu arrive même à enfanter cette souffrance là où elle n’était pas.  Dieu ne nous a pas créés pour la souffrance, et pourtant nous souffrons.  C’est la rançon d’une vie sans Dieu.

Que ce soit par une toute petite bactérie qui t’envahit, par un gros gaillard qui t’assaille, par une parole tranchant ton amour propre ou simplement par la peur de souffrir, elle est tapie, et bondie sur nous au moment le moins opportun… Mais y a-t-il un moment opportun pour souffrir?  Toute fuite est inutile.  Comme cette chèvre attachée au pieu et qui sert d’appât au tigre, nous sommes attachés à la vie, et cette vie est composée essentiellement de souffrance.  Fuir la souffrance, c’est fuir la vie!

Fuir la souffrance, c’est fuir la vie!

La souffrance, mon amie?

Comment se sortir du sentier battu sans s’enfoncer dans l’obscurité de la jungle?

La première chose est de se réconcilier avec Dieu.  Cela n’enlèvera pas la souffrance, mais la rendra tolérable, digestible, même si elle n’est pas comestible.  Puis, à la lumière de sa Parole, cesser de fixer les regards sur la forêt et voir qu’il y a un ciel radieux, là-haut.  La conversion apporte à l’homme LE guide par excellence pour apprendre à vivre sur terre avec cette souffrance. (Jn 16:13).

Avec Jésus comme guide de brousse, la souffrance devient une occasion.  L’intensité reste toujours là, nécessaire, compte tenu de ma nature profonde.  Mais la perception et l’espérance que nous transmet le Seigneur transforment la souffrance en résilience.

Comme ma tendance est de faire randonnée seul, la souffrance devient une occasion de me rapprocher de Lui.  Combien la solitude devient lourde lorsque nous souffrons.  Savoir que nous avons un consolateur à nos côtés, en nous, qui nous guide, nous encourage et éclaire notre sentier est réconfortant et tellement rassurant.

 « Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » – Matthieu 28.20

La souffrance agit comme un creuset qui permet de séparer les impuretés de l’or véritable.  Chauffée à la source d’elle-même, l’âme humaine se révèle et expose sa véritable nature. L’âme régénérée exulte dans la souffrance; comme un catalyseur qui excite la réaction désirée. C’est dans la souffrance que l’on sépare le blé de l’ivraie. (Luc 8:13)

Souffrir avec toute la dignité dont Christ a ouvert le chemin ne peut que glorifier Dieu.  Dans ce monde où tout tend à éviter une telle souffrance, le courage et l’abnégation d’un chrétien souffrant trouvent une seule source : Dieu lui-même agissant à travers lui, donnant force et courage de passer à travers. (Es 53:10).

Une vie dans un monde de souffrance peut paraître interminable, à moins d’avoir l’espoir de l’éternité.  Avec Jésus, à la fois comme modèle, comme guide et comme compagnon, notre parcours ici-bas n’en devient pas plus facile, mais le sens que Dieu nous en donne et les exemples si nombreux que nous avons nous stimulent à persévérer et à courir dans cette jungle difficile et obscure et à inviter le plus grand nombre à rejoindre le véritable guide, celui qui nous attend au-delà de la brousse dans la clairière de l’éternité.

« Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus ; il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. » – Apocalypse 21.4

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