Être ou ne pas être aimé

Cupidon et la St-Valentin sont dans l’air en février.  Chocolats en forme de cœurs, restos, bonbons roses, la pub nous le met en rouge et en doré : l’amour est là!  C’est du moins ce que l’on nous fait croire.  On nous le provoque et tente de nous le faire avaler avec un grand A.

Loin de l’image du bébé ailé que nous inocule la publicité, le phénomène amoureux se construit et se détruit à la fois.  Nous sommes engagés dans un cycle de mort qui nous fait croire à l’amour.  On ne peut s’en passer, mais l’avoir, nous fait souvent tant souffrir.  Il est la source de guerres, de meurtres, mais également d’exploits et de manifestations de courage légendaire.

L’amour a été tellement galvaudé de son sens que désormais, elle ne compte plus que sur elle-même pour exister.  L’amour centré sur soi!  Un amour bien chétif, dont les attentes, fondées sur sa propre réputation, ne cessent de décevoir.  En fait, on cherche à le subir alors que la réalité est tout autre.

La Bible nous affirme que « Dieu est amour » —1 Jean 4.8.   Allons donc à la source et voyons ce que nous dit Sa parole à ce propos?

L’expérience amoureuse

Aimer n’est pas une force intérieure qui nous saisit et nous transporte telle la vision romantique inoculée au siècle dernier.  Ce n’est pas non plus une flèche au cœur, une inclinaison hors de nous-mêmes, dont nous sommes les victimes et qui nous contraint furieusement à l’attirance et à la folie.

L’amour ne se définit pas par ses effets.  Ce que nous appelons amour est souvent associé aux impressions physiologiques que nous avons devant un phénomène.  Cœur qui bat, chaleur, papillons dans la poitrine, un peu gaga, un peu confus.  Un phénomène qui s’estompe généralement assez rapidement, et tout est alors à recommencer.  On devient accroc à l’émotion, on recherche l’expérience à répétition.  Dans cette confusion, plusieurs iront d’expérience en expérience, d’une conquête à l’autre, en alternant jusqu’à épuisement puis jusqu’au désespoir.  Aimer n’est pas une émotion, sujette aux aléas des stimulations.  Passion, désir et amour ne font pas bon ménage.  Nous ne pouvons pas être atteints par l’amour pas plus qu’être frappés par Cupidon.

Une volonté de la pensée

Selon Dieu, aimer, c’est vouloir aimer.  Loin d’être passif, aimer est une action.  Un élan du cœur qui se traduit en gestes, en paroles. L’amour est toujours un impératif dans la Parole de Dieu.  Aime Dieu, aime ton prochain, aimez-vous les uns les autres.

« Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. » — Deutéronome 6.5

Nous n’avons pas à attendre d’y être enclin ou d’y avoir le goût et l’envie.  L’amour selon Dieu est un acte décisionnel et non émotionnel.  Une pleine bouchée que je croque dans l’action.  Loin d’un sentiment qui se teinte par osmose au contact d’un autre, la responsabilité d’aimer me revient.  Je n’ai pas à attendre que l’on m’aime pour passer à l’action.

Il n’y a pas de moments favorables ni de conjonctures convenables pour aimer.  Tout commence dans ma solitude, avec la volonté d’aimer Dieu. Puis,  par extension, voire par révélation, je décide d’aimer mon prochain.

Aimer est un fantasme, un rêve éveillé.

Le rêve éveillé 

Aimer est un fantasme, un rêve éveillé.  À la source de notre nature profonde, nous espérons tous être aimés, de notre rupture de la chute, chacun désire viscéralement l’amour.  Aussi profond que le trou béant qu’a laissé la séparation d’avec Dieu, le bonheur est devenu une quête permanente et l’autre – celui ou celle qui se trouve à côté de moi, devient la source la plus accessible pour y puiser.  Cette soif devient dépendance de l’autre, de son amour, et l’on s’y accroche avec l’espoir de combler le vide.  Les conséquences sont funestes : nous devenons peu à peu de véritables vampires recherchant la vie au travers ce qui est déjà mort.

La recette d’amour de Dieu commence par nous-mêmes.  Puiser à même cette soif que nous avons d’être aimé, et inverser la flèche!  Lorsque nous aimons, nous appliquons autour de nous ce que l’on aimerait subir.  Plutôt que de ramener à moi, je vise l’autre.  Chacun aime être victime de l’amour.  Nous avons tous rêvé et soupiré à être aimé.  Aimer, c’est transformer le narcisse en parfum de bonne odeur.  Aimer comme j’aimerais être aimé, aimer comme moi-même, et faire subir aux autres ce que j’aimerais obtenir.  Paroles encourageantes, service opportun, présence chaleureuse.  Le vrai visage de l’amour va au-delà des chocolats!

« Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes. »  — Matthieu 7.12

Un acte divin

D’un angle purement humain, la chair est incapable d’aimer.  Morte et desséchée, elle ne peut donner la vie.  Les stigmates de la chute nous handicapent au point qu’il est totalement impossible pour un humain d’aimer jusqu’à y être comblé par le bonheur.  Nous sommes condamnés à errer d’une flaque corrompue à une autre pour tenter d’y puiser l’espoir.  Nous sommes tous des citernes crevassées qui cherchent à se combler au travers d’autres citernes aussi mal en point que nous.

Seule la source même de l’amour (Dieu EST amour), peut m’amener à aimer.  Pour ce faire, nous devons tous revivre et naître de nouveau.  Ce n’est pas l’obligation ni la nécessité qui m’amènera alors à aimer, mais Dieu lui-même.  La métanoïa intérieure. Lorsque je sais qu’il m’aime, et réalise que Son amour est suffisant pour étancher ma propre soif, je n’ai plus alors à aspirer celle de l’autre.  Je n’ai plus à puiser horizontalement ma soif d’amour, mais, connecté à la source d’eau vive, je deviens l’arroseur arrosé, la citerne percée qui se transforme en pomme d’arrosoir pour rafraîchir le monde.

« Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres ; car l’amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. »
—1 Jean 4.7

Un seul Dieu, mais lequel?

La divinité existe, il y a bel et bien un dieu et il est unique!  C’est que nous avons démontré dans les précédents articles.  Mais lequel donc est le bon?  Notre planète est le théâtre d’une compétition féroce pour le monopole de la religion.  Dans cette série sur l’existence de Dieu, je vous amène dans une enquête sur la vérité.  Pourquoi je crois que le christianisme est la seule religion valable?  C’est ce que je développe au cours de cette suite d’articles.

Sortons donc loupes et calepins et enquêtons!

Pour découvrir la véritable religion, les indices sont nombreux et subtils.  Traces et empreintes foisonnent, mais doivent être prises une à une, puis analysés avec un recul suffisant pour ne pas nuire aux conclusions.  Sur quelles bases évaluer la divinité?  Comment la dénicher et la confirmer?  Dans cette recherche, nous sommes comme des explorateurs qui tentent de prouver que la terre existe.  Nous la voyons a quelques centimètres de nous, ce qui nous l’occulte et nous la révèle à la fois.

Il y a  d’abord la documentation.  Les écrits qui rassemblent l’être et le savoir du dieu en question.  Puis, à même ses propres propos, comparer ce qu’il est avec ce qu’il dit être.  Sur la base de ce que nous avons vu dans nos précédents articles, si nous ignorons les grandes philosophies, qui ne sont pas de témoignages divins en soi, il nous reste à comparer l’hindouisme, l’islam, le judaïsme et le christianisme.   Sur ce lot, trois se réclament du même Dieu monothéiste!  C’est en soi une piste à prendre en considération et comme le livre de base qu’est l’Ancien Testament reste le même pour les trois, cela simplifie les recherches.

Mono ou Poly?

Pour l’Hindouisme, le monde est un amalgame de divinités.  Près de 330 millions pour être exact.  Nous savons déjà que le divin s’exprime d’une manière unique.

Malgré sa complexité et son histoire, force est d’admettre que l’Hindouisme n’est qu’un animisme organisé et structuré. Lorsque nous lisons les textes sacrés (Les Upanishad), nous y voyons une cosmogonie et une organisation du monde, mais rien qui pourrait appuyer et prouver hors de tout doute que Brahma, Vishnou, Shiva, Krishna ou les autres ne soient réels, sinon dans la foi de ses pratiquants. Il ne nous reste que le Judaïsme, Le christianisme et l’islam.  Nous progressons par élimination.  Les suspects ne sont plus qu’au nombre de trois.

Mais qui dit vrai!

Le commun de ces trois grandes religions est qu’elles sont justement monothéistes et révélées à même une source commune : les écrits que l’on retrouve dans l’Ancien Testament de la Bible. Chacune proclame la paternité exclusive, ou plutôt se réclament toutes du même Dieu révélé à Abraham il y a près de 4000 ans.  Puis, les témoins se contredisent.

Le christianisme se proclame l’accomplissement du judaïsme.  Jésus, juif, annoncé par Dieu au travers des intermédiaires choisis (les prophètes) serait ce Dieu qui, se faisant homme, vient délivrer l’humanité de la condamnation qui pèse sur elle.  Le livre sacré des chrétiens sont les écrits retrouvés dans ce que l’on appelle le Nouveau Testament, qui sont à leurs yeux, complémentaires à ceux des Juifs.

Ces derniers nient ce fait, et les musulmans en rejettent les fondements.  L’Islam, au travers son livre sacré qu’est le Coran, 600 ans plus tard, réclame une rectification majeure de l’histoire des deux autres, en donnant à Mahomet le statut de révélation finale et absolue.  Selon eux, des erreurs volontaires auraient été insérées dans les livres sacrés des deux autres afin de mettre le peuple arabe (les musulmans) sur la voie des prévenus.  Les juifs et les chrétiens de leurs côtés rejettent évidemment cette version des faits.  L’impasse dure et semble hermétique.  Le polygraphe sera nécessaire, j’en ai bien peur!

Ainsi, le monothéisme est exclusivement Juif jusqu’à Jésus, complété par celui-ci, puis corrigé par Mahomet.   Qui a raison entre les trois?  Comme chacune diverge majoritairement dans leurs témoignages, l’interrogatoire sera serré.

Un enjeu éternel

L’enjeu est important, et fondamental : la vérité et le salut.  Nous avons vu que Dieu existe, qu’il n’y en a qu’un seul.  C’est la vérité.

Toutes trois se réclament de ce Dieu individuel.  Dont la personnalité propre est réelle et accessible.  Toutes les trois se disent être la révélation exclusive de Dieu pour les hommes.  Toutes les trois disposent ce Dieu de créateur comme celui qui jugera tous les êtres humains et s’attribuent une révélation unique.  Les trois concordent donc vers ce point : L’humanité est perdue et séparée de Dieu.  Il y aura un jugement, une fin des temps et une condamnation éternelle.  Et chacune dispose d’un moyen exclusif d’éviter cette condamnation.  C’est le Salut.

Pour y parvenir, le judaïsme propose une série d’actions ciblées en conformité avec les règles que Dieu donna à Moïse.  Par nos actions et notre obéissance, chacun tente de contrebalancer le mal qu’il fait et annuler ainsi le jugement divin.  L’Islam, par l’obéissance stricte au Coran et une soumission totale à Dieu (Allah) propose une initiative potentielle de salut.  Au jugement, les œuvres des musulmans seront mises dans une balance et ceux qui auront fait plus de bien que de mal iront au paradis.  Ni l’une ni l’autre n’a d’assurance absolue quant au sort éternel de l’humanité.  Autant pour le judaïsme que pour l’Islam, le jugement à venir est un inconnu qui dépend presque du hasard et des bonnes grâces de Dieu.  Le christianisme est, pour sa part, différent des deux autres.  Il se démarque en proposant une solution unique, permanente et définitive au problème de la justice divine.  Il introduit une notion personnelle de Dieu, et une assurance devant ce jugement.  Il engage chaque individu à une liberté personnelle face à ce fait.

Qui dit vrai entre ces trois religions?  Est-il possible d’y voir clair?

Nous verrons dans un prochain article que le christianisme affirme et confirme le monothéisme par des preuves historiques et archéologiques.

Un bon témoignage

Les apparences sont souvent trompeuses.  Du moins dit-on.  Dès l’enfance, nous apprenons à cacher qui nous sommes vraiment et laissons apparaître au travers la fenêtre qui nous voulons être perçu.  Dès la chute, ce fut la cachette avec Dieu, puis entre Adam et Ève, et depuis, la comédie tragique se poursuit.  Le théâtre de la vie comprend maintenant près de 6 milliards d’acteurs. Avoir un bon témoignage sur cette scène, est-ce ajouter un masque à ceux qui y sont déjà superposés?

Face à Dieu : L’obéissance

Désirer plaire à Dieu n’est pas une hypocrisie en face du monde.  Ce n’est que l’expression de sentiments légitimes envers un Dieu que l’on aime.  Lorsque l’on aime, on ne cherche surtout pas à déplaire.  On ajuste ses goûts, ses choix, ses aspirations avec l’être aimé.

Nombreux sont les cyniques modernes qui ne peuvent concevoir qu’une personne puisse avoir de l’amour pour Dieu.  Pourtant, elle existe. Ils croient que pour ces amoureux de Dieu, l’obligation et la dévotion sont supérieures à l’affection.  L’obéissance devient un masque à l’oppression et la religion un nuage de fumée d’opium pour les faibles.  Pourtant, nombre de folies ont été faites au nom de l’amour.  Les poètes le chantent, les artistes le sculptent, le peignent, le photographient.  J’aime ma femme, et lui plaire n’est certainement pas de l’obéissance. C’est le fruit de ma volonté, le désir de mon cœur.

« Mais, puisque celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite » —1 Pierre 1.15

Garder un bon témoignage face à Dieu n’est en fait que l’expression de l’amour que je lui porte. Mon comportement s’ajuste naturellement avec ses désirs, car je l’aime.  Rien d’hypocrite ou de sournois.  Je ne modifie pas mon comportement pour qu’il m’aime, mais bien parce qu’il m’aime.  Toute la nuance de l’amour.  Puisqu’il m’a aimé le premier et me l’a si grandement démontré sur la croix, je me suis laissé séduire et gagné par Lui.  Maintenant, mon désir est de le connaître et le faire connaître afin de le partager.

Face aux autres : L’amour

D’autres voient dans la quête d’un bon comportement social une preuve de l’hypocrisie humaine.  Une perte de liberté individuelle, un caillou dans la botte de l’émancipation.  La tombée du supposé masque de la complaisance devient un moyen de faire tout ce que l’on veut, peu importe les conséquences.  Mes droits, mes privilèges et mes envies deviennent la priorité.

« Ne nous jugeons donc plus les uns les autres mais pensez plutôt à ne rien faire, qui soit pour votre frère une pierre d’achoppement ou une occasion de chute. » — Romains 14.13

Dans une vie en société, la liberté individuelle se termine là où commence celle de l’autre.

Dans une vie en société, la liberté individuelle se termine là où commence celle de l’autre.  Sans le respect de cette règle, il y a inévitablement usure des relations, conflits et rupture, et, sur une grande échelle, on y retrouve guerres et violence.  La paix entre les hommes n’est rien d’autre que l’équilibre fragile entre le pouvoir de chacun, négociants dans le couloir du compromis.   Il y a alors toute l’apparence d’un perdant en celui qui garde le masque de la tolérance.   Une reddition volontaire dont la justification silencieuse est la peur des répercussions.  C’est cette perception de paix imposée qui donne le ton amer à ce que l’on appelle « Le bon témoignage ».    Sauf si…

Sauf si l’amour est la motivation qui me pousse à ne pas offenser l’autre.  Si mon désir de bonheur déborde de moi et m’oublie un instant.  Si je choisis de restreindre volontairement ma liberté, et décide de ne pas dire, faire ou même prétendre à ce qui pourrait blesser ou écorcher l’autre.  Avoir l’intention avouée de créer un environnement qui exprimera le bonheur de mon prochain. Et, sublime action : Oublier un instant mon amour propre, et trouver ma joie à rendre l’autre heureux… c’est l’amour.

Lorsque j’aime mon prochain, je deviens sensible.  Je ne cherche pas mon intérêt personnel, mais plutôt le sien.  Si je sais que telle parole, telle action ou telle attitude sera perçue ou vécue négativement,  et même si j’anticipe qu’elle le sera, je choisis de restreindre ma liberté, par amour.  Est-ce du théâtre, de l’hypocrisie? Réduire tous les amoureux à des acteurs de vaudeville est assez simpliste. Ce n’est ni tragique ni comique, c’est la vie avec la dimension de l’amour.  Le témoignage ne devient alors plus une restriction, mais une occasion.  Celle du bonheur, et l’occasion de la paix, de l’unité dans la communauté.

Face à moi : La conscience

J’entends la foule qui s’exclame : mais alors, c’est impossible!  On ne peut faire plaisir à tout le monde!  C’est l’équivalent de porter autant de masques qu’il y a de gens sur la planète!

C’est vrai que nous ne pouvons agir en fonction des qu’en-dira-t-on.  C’est ici que l’amour sincère venant d’une conscience pure me dictera la ligne à tracer.  Ne pas laisser la crainte des hommes me dicter mes actions ou mes paroles, mais seulement celle de Dieu qui s’exprimera dans un amour pour ceux qui m’entourent.

« C’est pourquoi je m’efforce d’avoir constamment une conscience sans reproche devant Dieu et devant les hommes. » — Actes 24.16

La vérité dans l’amour

Le bon témoignage, c’est des actions et des paroles qui ne terniront pas la gloire de Dieu, parce que je l’aime.  J’éviterai d’agir de telle sorte que le monde puisse croire que Dieu soit moins saint que saint. Et parce que j’aime Dieu, j’aimerai également ceux pour qui il est mort.    Je dirai et ferai en sorte de ne pas devenir une source de chute, de médisance ou de calomnie à l’égard de ma vocation.   « Car le royaume de Dieu, ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit. » Romains 14.17

Es-tu un bon témoignage?

Les petits commencements

Bienvenue en 2014!  Cette année va peut-être vous surprendre!  Elle sera composée de 365 jours de défis inattendus, le tout consommé en bouchées de 24 heures… pas une minute de moins ni de plus.  Certains diront que l’année a passé vite, d’autres que le temps semblait élastique et visqueux.  Tout est une question de perception, personne ne peut avaler plus d’une seconde à la fois.

Nous sommes à une époque de restauration rapide, de services éclair, où nous avons tout ce que nous désirons à l’instant même.  Les télé-réalités nous exposent des vedettes instantanées, telles des étoiles filantes qui nous éblouissent le temps d’une première page.  Même l’amour ne dure plus que le temps d’un coup de foudre.  Nous ne voulons plus attendre.  Nous voulons des résultats rapides, nous voulons le top, et nous le voulons tout de suite.  Une insatisfaction permanente est ce qui caractérise notre génération.  Un chrétien demandait même à Dieu de forger sa patience… et tout de suite!  Comment s’assurer d’avancer efficacement avec Dieu?

Le top du top

Il y a un fossé entre le top de Dieu et le nôtre.  Nous désirons la notoriété, la reconnaissance, même la célébrité sans oser se l’avouer.  Pour d’autres, ce sera le rang social, le salaire élevé, la réalisation approuvée par les pairs.  Pour atteindre les sommets de la réalisation humaine, nous escaladerons la montagne jusqu’à en manquer d’oxygène.  Notre monde est caractérisé par une ambition centrée sur le faire… alors que Dieu, lui, vise l’humilité et l’être. Le sommet pour Dieu est d’arriver à la stature de Jésus-Christ.  Rien à voir avec la première page du Times.  L’homme de l’année, voté par Dieu, c’est l’inconnu invisible qui s’est donné à tous sans rien recevoir. Celui qui ne cherche qu’à faire briller Jésus-Christ.

« Et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous. »  -Marc 10.44

Un monde sépare nos aspirations charnelles à celles de Dieu.  LE monde.  Ce monde est ennemi de l’Évangile de Christ et il est la source même des aspirations de notre chair, une montagne plus haute que l’Everest que seule la foi peut déplacer.  Nous devons être vigilants et cibler encore plus haut, ne pas nous contenter des succès illusoires qui ne dureront qu’un souffle sur terre.  Nous nous rassasions avec peu, alors que nous sommes destinés à la gloire, une gloire accessible ici et aujourd’hui.  À force de viser aussi bas, nous devenons comme des nobles qui se nourriraient au dépotoir, on s’y habitue, on finit même par se délecter de l’infect.

Pour avancer efficacement, réalisons que nous sommes destinés à beaucoup plus, beaucoup mieux, bien plus haut.  Viser l’Évangile de la grâce, c’est viser le ciel par l’humilité, viser la perfection par la stature de Jésus-Christ et laisser Dieu nous élever au temps convenable.

De la surface au cœur

Dans un monde centré sur la performance, ce qui compte, ce sont les apparences.  La surface peut facilement prendre les couleurs de la piété, alors que le cœur renie ce qui en fait la force.

« Car j’aime la miséricorde et non les sacrifices, et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes ». – Osée 6.6

L’illusion du faussaire est de faire croire que son tableau est le véritable.  Après avoir examiné la Joconde en profondeur, les experts nous ont dévoilé une succession de couches, de retouches et de coups de pinceau invisibles au premier cou d’oeil.  Un réseau complexe de corrections quelques fois majeures, mais également subtiles.  À l’image de la croissance chrétienne.  Il ne s’agit pas simplement de reproduire l’image de Christ, mais sa stature.  Cette stature qui s’applique sur cette toile rebelle qu’est notre chair.  Il désire la conquérir, l’enrober, la revêtir.

Pour atteindre les sommets et avancer efficacement, creusons dans les profondeurs tortueuses de notre cœur. Un apprêt est nécessaire : la conversion, puis c’est le travail de l’artiste divin qui prend le temps pour colorer, former, effacer, corriger : La profondeur prend du temps, le temps de l’abandon et de la foi.  Il n’y a pas de raccourcis.

Donne-moi

« Prudence est mère de sûreté » dit le proverbe.  Nous mettons de côté, accumulons pour les mauvais jours, tentons de prévoir et souscrivons à toute sorte de plans protecteurs.  Assurances, régimes de retraite, garanties prolongées.  Mais franchement, que peut-on véritablement contrôler?

« Mais Dieu lui dit : Insensé ! Cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ce que tu as préparé, pour qui sera-ce ? » – Luc 12.20

Par prudence, nous refusons de donner.  Nous croyons être de bons économes, nous calculons et tentons tant bien que mal de cerner les prévisions, de les exécuter et même de les forcer.  Mais, en fait, pour que le Seigneur fasse le travail, il exige que nous lui donnions tout, absolument tout, y compris nos cinq pains et deux poissons. Par notre entêtement à retenir, contrôler et manœuvrer, nous devenons notre propre frein.  La ligne est ténue entre la prudence et la confiance.  Par excès de prudence nous risquons de ne plus faire confiance, et alors c’est nous qui en payons le prix de la croissance.

La vie chrétienne n’est pas un sprint effréné, mais un marathon.

La vie chrétienne n’est pas un sprint effréné, mais un marathon.  Une course de fond qui dure toute la vie et se termine dans l’éternité.  Plusieurs font de faux départs, d’autres abandonnent en plein parcours, certains encore terminent sur les genoux.  Pour avancer efficacement, offrons-lui tout ce que nous avons, et même nos espadrilles, car c’est Lui qui marche au travers nous.

En ce début d’année, courons sur le chemin étroit : vers la stature de Christ.  Viser haut avec Dieu, c’est chercher la profondeur qui résulte du temps passé avec le potier et sa parole. Tout lui donner pour que LUI  fasse fructifier nos efforts.  Moins spectaculaire peut-être, mais chaque pas est alors assuré par le Seigneur, et Dieu ne méprise pas ces petits commencements, lorsqu’ils sont amorcés en Lui.

Ma tente, ce temple

Nous sommes tous des randonneurs de la vie.  On a souvent cette impression, avec notre corps, qu’il est comme une mince tente.  Il nous est imposé, il n’a pas été conçu pour résister aux aléas de la vie sur terre.  Grippes, virus, bactéries, chocs, traumatismes, maladies … la palette des incidents qui détériorent cet abri fragile est presque infinie.  Et même en ayant la meilleure santé possible, il vieillit et finit invariablement par dépérir jusqu’à en mourir.

En face de l’inévitable, plusieurs angoissent dans le sentier.  Dès le premier malaise, il y a Google. Recherche de symptômes et experts en médecine improvisée.  Tels des Davy Croquette de l’auscultation, on navigue entre troubles et symptômes pour arriver invariablement au rapide de l’inquiétude, puis à la cascade de l’angoisse.  La chute qui conduit à l’hypocondrie est abrupte.

Des heures, des jours, puis le calme revient.  Notre conscience réalise que nous nous sommes improvisés (encore une fois) malades imaginaires.  On peut en rire ou en pleurer, mais ce refus de la souffrance et ce désir du parfait amène toujours un goût âcre dans la bouche.  Comme lorsque l’on retrouve son chemin après avoir refusé de suivre les indications de la piste. Un soulagement tricoté de culpabilité.

Comment passer à travers les bobos et les boubous?  Les chapitres quatre et cinq de la deuxième épître aux Corinthiens contiennent un remède universel.  Un guide dans le sentier de la souffrance.

Mon corps, cette tente

En effet, du camping sous la tente, c’est inconfortable… Mais lorsque tout ce que nous avons pour nous protéger des intempéries est cette mince toile, nous n’avons d’autres choix que de s’y faire.

« Nous savons, en effet, que si notre habitation terrestre, qui n’est qu’une tente, est détruite, nous avons dans le ciel un édifice qui est l’œuvre de Dieu, une habitation éternelle qui n’est pas faite par la main de l’homme. »  -2 Corinthiens 5:1

Cette tente qui est notre corps, ce vase de terre cuite, si fragile et si vulnérable, est tout ce que nous avons pour naviguer durant les quelques années qui nous sont allouées dans ce monde déchu.  David s’exclamait : « Je te loue que je suis une créature si merveilleuse ». La peur est souvent le refus de la réalité et le corps que nous avons, quant à lui, est destiné à dépérir, mourir et pourrir.  Point à la ligne.  Dieu est très à l’aise avec ce concept.  Bien qu’il transformera notre corps à notre résurrection, pour l’instant, toute sa puissance s’exprime dans cette faiblesse et c’est CE qui LE glorifie.  Notre faiblesse devient l’expression de Sa gloire.

Carpe diem!

Comme nous devons faire face à une si grande fragilité, les chrétiens savent plus que tous combien le temps est court.  D’un côté, il y a cette réalité de notre vulnérabilité, puis de l’autre, il y a celle de notre Seigneur qui a promis de revenir d’un instant à l’autre pour nous prendre.  Saisissons donc le jour, l’instant présent à fond. Chaque moment est peut-être le dernier dont nous disposons.

« En effet, nous qui sommes dans cette tente, nous gémissons, accablés, parce que nous voulons non pas nous dévêtir, mais au contraire nous revêtir, afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie. » -2 Corinthiens 5:4

La philosophie populaire a une expression : YOLO,  « You Only Live Once » — On ne vit qu’une fois!  Les existentialistes ont vu ce fait d’un œil plutôt défaitiste… Nous, chrétiens, devrions être les plus heureux des individus. Le secret du bonheur est de jouir avec une pleine suffisance de toute la provision divine, dans un présent continu.  A quoi sert de s’inquiéter si Dieu est avec moi dans cette misérable tente.  Il a souverainement décidé d’en faire un temple à Sa gloire.

Mon corps, ce temple

Rien de pire qu’un randonneur sans carte.  Même avec le meilleur matériel, tente, sac, et toute la panoplie, il n’est qu’un touriste, ou pire, un touriste perdu en forêt.  Sans carte, les dangers constants, les précipices, les animaux sauvages auront tôt ou tard raison de sa ténacité.

« C’est aussi pour cela que nous nous efforçons de lui être agréables, soit que nous vivions dans ce corps, soit que nous le quittions. »  -2 Corinthiens 5:9

Remettre un sens au temps qui passe.  Faisons fi de nos faiblesses, sachant que cette tente cache un temple.

Dieu nous a sauvés, non pour nous-mêmes, mais pour exposer au monde toute la puissance de l’évangile.  Un trésor dans des vases d’argile, un temple dans une tente.  Ne nous laissons donc pas aveugler par les apparences, devant le miroir, nous ne voyons que le reflet de la mort.  Ce voile qui nous cache notre véritable édifice, cette habitation du St-Esprit.

Ainsi nous regardons non pas à ce qui est visible, mais à ce qui est invisible, car les réalités visibles sont passagères et les invisibles sont éternelles.  -2 Corinthiens 4:18

Un Noël Joyeux!

Chaque année, c’est la même chose.  Sitôt l’Halloween terminée, le lendemain même, les décorations de Noël s’installent sur les tablettes des magasins.  Lumières, boules éclatantes, sapins et toute sorte d’extravagances.  Puis, le temps des fêtes nous rappelle que l’affection s’emballe, se décore et se coiffe d’un gros chou.  On le place sous le sapin puis le jeu est ouvert.  Dissimulé. Sous le papier multicolore, on espère la joie et l’appréciation.  Par souci de culpabilité, on remet la faute au gros bonhomme rouge.

Pendant presque deux mois, chaque fois que nous nous risquons dans un commerce, c’est l’appel de l’amour.  Avec la complicité de la publicité omniprésente, elle s’offre à nos yeux, cherche notre culpabilité et veut surtout se frayer un chemin vers notre portefeuille.  Rien à l’intérieur? Peu importe, des préposés bien postés dans les grands magasins nous offrent une solution facile, à crédit.  Chaque foyer québécois dépensera cette année près de 700$ dans l’espoir de combler bien des boites vides d’amour.  La moitié à crédit.

Le père Noël, tel que nous le connaissons, est en fait une simple projection de ce temps de consommation qui nous égare si loin de la source même de la fête.  Rouge de fausse joie, avec un rire forcé, obèse et ne faisant que passer.  Une malheureuse usurpation, un déguisement qui s’additionne à ceux de l’Halloween.  Cette année, les crèches sont en pénurie.  Non pas en rupture de stock, mais sur commande seulement.  Plus personne ne s’en procure.  Pour dire à quel point nous sommes perdus.

J’oubliais l’esprit festif. Les « partys » de bureau où chacun se doit d’être à son meilleur :  Robes à paillettes, escarpins escarpés, et la nouvelle mode, le nœud papillon porté à-la-barbillon .  Au menu : nourriture à faire pâlir le tiers monde et excès d’alcool qui a fait de l’organisme nez-rouge un succès national.

On nous chante que Noël c’est la famille avant tout.  Du moins à la télé, dans les innombrables films-familles aux scénarios clonés.  Avec les foyers éclatés, le temps des fêtes est plutôt un exercice complexe d’ajustement d’agendas entre trois, quatre et jusqu’à six familles différentes, additionné à la tentative de faire plaisir à tous.  Nombreux sont ceux qui appréhendent cette période de l’année.  Une nausée les envahit dès novembre et soulagée janvier venu.

Je déteste CE Noël.

En fait, Noël est ce que nous en ferons.  Personne ne nous oblige à suivre le courant populaire.

Retour aux sources

J’aime le Noël rempli de mystère, où les couleurs, les sapins et les guirlandes me rappellent que ce moment de l’année est unique.  La crèche les lumières scintillantes me signalent qu’il y a 2000 ans, Jésus est né.  C’est son anniversaire, le moment unique dans l’histoire ou Dieu se fit homme. Une période feutrée qui inspire le respect.  La neige aidant, le blanc omniprésent, les pas qui craquent dehors, tout cela m’amènent à l’intérieur de moi-même : Dieu m’aime tellement qu’il s’est fait homme pour me sauver. Il y a de quoi méditer!

Retour à la simplicité

J’aime le Noël sans le brouhaha et la cohue des magasins, cette aliénation incompréhensible qui emplit l’atmosphère du temps des fêtes.  C’est bien de suivre la tradition et s’échanger des cadeaux, mais c’est mieux si on lui donne un sens! Je m’oblige à demeurer sobre, je n’achète pas l’affection et ne tente pas de soutirer des émerveillements devant ce que j’offrirai.  Fini les innombrables présents, plutôt une parcimonie qui oriente.   Je n’achète pas l’amour, je la donne, je l’emballe et je constate qu’en effet, il y a plus de plaisir à donner qu’à recevoir.  Chez nous, à Noël, nous faisons un gâteau pour souligner l’événement, nous chantons même « Joyeux anniversaire » pour Jésus.  Puis nous discutons sur ce que nous donnerons à Jésus cette année.  Transformer la consommation en sanctification.  Après tout, c’est sa fête, ne pas lui donner la première place ou pire, ne pas l’inviter est une insulte aux bonnes manières!

Retour à la joie

J’aime le Noël sans tristesse et sans déception.  Sans complication, ni gueule de bois.  Un Noël de trêve devant tout ce qui fait la guerre à l’âme, un drapeau blanc en main, une reddition au rythme actuel.  Noël a perdu son ange au sommet du sapin. Les cadeaux ont envahi la crèche, puis l’ont fait disparaître.  Derrière une consommation compulsive  et des excès irrationnels se cache pourtant un vide profond.  Chacun fuit ce qui pourrait le combler, alors qu’en réalité, la véritable fête est celle de l’humanité qui s’évite une condamnation assurée grâce à l’immense amour d’un Dieu qui s’est fait homme. Lorsque l’on dirige nos regards vers le Seigneur, tout reprend son véritable sens, et pour Noël, rien n’empêche de remettre la joie au menu.

Pour Noël, je reçois en cadeau tout l’amour de Dieu, et en retour, je lui dis :

Bonne fête Seigneur, reçois mon cœur, il est à toi.

Un plan de retraite?

Chacun prépare sa retraite, investit dans des REER, planifie l’après-travail.  Les loisirs, les voyages ont une prépondérance lorsque ce n’est pas une deuxième vie à la maison. Tout ce temps qui dort dans le futur est là, prêt à être utilisé dès maintenant.  De nos jours, l’espérance moyenne de vie est de 81 ans au Canada… et la retraite à 65.  Dix ans plus tôt pour les chanceux qui ont un plan liberté 55!  Cela donne une pause de plus de vingt ans!

Dès la quarantaine, le fameux démon du midi attrape bien des hommes.  La prise de conscience d’une demi-vie est lourde.  Les bobos arrivent au galop, « On a plus vingt ans », dit-on avec un peu de dépit. L’urgence s’installe: qu’est-ce que j’ai fait de ma vie?  Le retour des rêves d’ados, l’achat d’une grosse moto, certains vont même s’amouracher d’une petite jeunesse.  Le taux de divorce est roi à cette période.  Une crise existentielle et réelle fauche les quarantenaires.

Quand nous étions jeunes, les moyens nous manquaient.  Maintenant, c’est le temps qui fuit comme l’eau dans un panier percé. C’est le moment d’un arrêt sur image.  Je constate les dommages du temps, l’érosion physique, les sillons laissés par les blessures, le moral quelquefois en charpie.  On se retrouve souvent bien seul face à nous-mêmes.  Comme si nous étions devant un vide creusé à même notre passé.

Avez-vous songé préparer votre retraite spirituelle?

Je vois toute cette génération de baby-boomers dans l’église arriver à la retraite, et je constate que peu d’entre eux considèrent un ministère, même partiel, comme une alternative à leurs fins de vie.  Ils n’ont pas planifié leur retraite spirituelle.   Eux qui souvent devraient être des colonnes, des anciens, des références et des modèles dans l’église, ont été tellement pris par le travail et la course du temps perdu qu’ils en ont oublié l’essentiel : ce qui est éternel.

On a tous cette fâcheuse tendance à vivre dans un présent absolu.  Chaque seconde, chaque minute, puis chaque heure à la fois.  Les enfants, les paiements, les engagements nous submergent et nous font oublier, oublier le véritable sens de la vie, la vraie raison de notre présence sur la terre.

Pourquoi une retraite spirituelle?

Étranger et voyageurs.
Parce que notre véritable demeure est avec le Seigneur.  Peu importe ce que je deviens, ce que je possède, le succès que j’obtiens… tout finira devant Dieu qui mettra en lumière l’utile de l’agréable.  Aussi bien me préparer maintenant et viser plus haut que ce que je vois.

Investir là où ça compte.
Parce qu’au bout du compte, tout ce qui reste est ce qui a une portée éternelle.  C’est-à-dire l’âme humaine et par le fait même, son église. Les seuls endroits où je puisse investir et voir mes dividendes immédiatement sont dans ma vie spirituelle et dans l’église de Jésus-Christ.  Tout le reste est temporaire, accessoire et illusoire.

Que Dieu les envoie.
Parce que la moisson est grande, véritablement grande.  Quelques milliards de  personnes qui ne connaissent pas le Seigneur, et nous, ici, au cœur de l’action.  Le Seigneur nous a exhortés de prier le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson (Luc 10.2)… chacun peut en faire partie.  Ce rôle d’ouvrier n’est pas réservé qu’à une poignée de professionnel ou d’élus.

Quand devrais-je commencer à investir?

Maintenant! 

Peu importe l’âge, chacun peut considérer une vie excitante, remplie de défis trépidants et dont les bénéfices sont éternels… et de surcroit, en coopération avec ce que Dieu a de plus précieux sur la terre : son Église.

Par où commencer?
Où puis-je être utile pour le Seigneur?
Comment puis-je contribuer à l’avancement du Royaume de Dieu?

Le premier pas est de plonger là ou Dieu lui-même travaille.  Au travers mon église locale.  Simple!  Demander aux pasteurs en poste de nous  diriger dans ce projet de vie qui fera une différence énorme pour notre avenir, et celui de ceux qui nous entourent.

C’est de loin le meilleur projet de retraite que l’on puisse imaginer.

Novembre: Le mois des morts

Le mois de novembre a de toujours été associé à la mort.  Il s’ouvre avec l’Halloween, débute avec la Toussaint, est farci de légendes et de résidus de cultes en faveur des morts et même le jour du Souvenir y est inclus!

De toutes les époques, la mort a été un moment central de remise en question sur le sens de la vie.  On se questionne sur ce qui se passe après, sur la justice, sur notre propre brièveté puis soudain, un sentiment nous envahit.  Une impuissance, mêlée de peur.  Une crainte viscérale.  Pas de deuil possible pour la mort elle-même.  Elle est universelle, nous y passerons tous un jour.

Devant elle, même les chrétiens garnis de tous les espoirs l’abordent avec appréhension. Elle angoisse malgré le fait que nous sommes nés programmés pour lui résister.  Et ce n’est pas seulement un simple instinct de survie, c’est la pensée de l’éternité décrite dans l’Ecclésiaste (3.15).  C’est irrationnel!  Nous savons que nous irons avec Dieu, et même dans la plus grande assurance, la mort demeure une menace.  C’est l’ennemi ultime, le dernier à plier l’échine, l’aiguillon qui nous laboure l’imaginaire, comme le disait Paul :

O mort, où est ta victoire ? O mort, où est ton aiguillon ? -1 Corinthiens 15.55.

En général, devant elle, nous avons trois options : l’ignorer, l’apprivoiser ou encore l’affronter.

L’ignorer.

Ignorer la mort équivaut à ignorer un éléphant dans une salle de bain placardée de miroirs!   La peur nous fait souvent tourner le regard.  Mais, peu importe où il se pose, je ne peux l’éviter.  Si je ferme les yeux, c’est alors toute ma vie qui en est affectée. La mort fait désormais partie de la vie!  Même Jésus dut la subir!  Ne reste plus que le fameux « mangeons et buvons, car demain nous mourrons ».

Pascal disait : « La seule chose qui nous console de nos misères est le divertissement, et cependant c’est la plus grande de nos misères. Car c’est cela qui nous empêche principalement de penser à nous… Le divertissement nous amuse et nous fait arriver insensiblement à la mort » (Pensées).

Notre société fuit la mort pour mieux jouir de la vie.  Un engourdissement, un étourdissement afin de ne pas voir et tenter d’éviter l’inévitable.  Même le mort est embaumé, ciré comme s’il ne faisait que dormir. On en a fait une industrie. On se réconforte alors en se disant qu’il est mieux maintenant, ou encore qu’il reviendra bien un jour… autant de théories que chacun sait ne tenir qu’a un fil.

Ignorer la mort est un acte suicidaire. C’est le suicide de la raison.  Occulter la réalité afin de tenter le confort et le bien-être. C’est un bien malheureux manque de jugement.

L’apprivoiser.

Peut-on négocier avec la mort?  La mort n’est pas un animal de compagnie!  Peu importe qui je suis et où je me trouve, elle m’attend implacablement et, à moins que Jésus ne revienne, la tendance est que tous devraient inévitablement y passer.  On ne peut la mettre en laisse…

On a humanisé la mort, lui a donné un squelette comme corps, habillé d’une cape noir, parodiant le cavalier de l’apocalypse. La faux à la main, prête à trancher tout ce qui dépasse le temps! Mais en fait, elle n’a aucune personnalité.  La mort n’est simplement que le constat d’un fait : les conséquences du péché qui dégénèrent notre corps jusqu’à ce que cessent ses fonctions vitales.  Les circonstances qui l’entourent peuvent nous effrayer.  Souffrance, agonie, tourment, personne ne veut souffrir.  Mourir n’a rien de sympathique.   Loin de s’en faire une amie, tout ce que l’on peut faire, c’est de comprendre sa source et en tirer des leçons.

Tenter de l’apprivoiser est l’équivalent anthropomorphique d’un Dieu barbu perché sur un trône dans les nuages.  Presque sympathique, mais complètement chimérique. Un rêve éveillé dont le réveil sera plus que brutal.

L’affronter

C’est probablement la meilleure chose à faire devant elle.  Non pas comme un héros qui sort l’épée tentant de l’éliminer.  Cela, Jésus l’a déjà fait!  Mais comme une occasion.

La mort est l’occasion de juger et d’apprécier de la vie à sa réelle valeur.  Fragile, éphémère, unique et précieuse.  La seule fenêtre dont dispose l’homme pour se réconcilier avec son créateur, puis le glorifier parmi ses semblables. Savoir mourir c’est savoir que la vie est précieuse et unique pour y inclure ce pourquoi j’existe.  Notre angoisse devant la mort devient une balance pour faire le tri entre l’utile et le superflu, les désirs et les besoins.  La mort est un stimulant incroyable d’accomplir l’impossible malgré le « deadline » inévitable.

La mort rend heureux!  Elle nous permet d’apprécier chaque seconde, chaque individu, chaque objet, chaque opportunité comme le potentiel dernier avant de rejoindre Dieu.  Elle nous arrête que pour mieux avancer comme le disait le philosophe Henry David Thoreau :

« Je veux vivre intensément et sucer la moelle de la vie.  Et ne pas, quand je viendrai à mourir, découvrir que je n’aurai pas vécu. »

Église locale ou bocal?

Plusieurs voient en l’église un groupe contraignant qui tente le contrôle des âmes et la conquête du monde. Une clique hermétique qui asservit plutôt que de servir.  Un bocal renfrogné, tourné vers lui-même et avec une seule ouverture sur le dessus!

Pour être comme un poisson dans l’eau avec l’église, et bien y respirer, il y  a trois bulles à saisir!

Bulle 1
L’église est l’initiative de Dieu.  Comme pour le mariage, ou la raison d’être est « qu’il n’est pas bon que l’homme soit seul », l’église tire son origine de cette phrase toute simple prononcée par Jésus : « Je bâtirai mon Église ».  Penser vivre la vie chrétienne hors de l’église est comparable à un poisson qui voudrait vivre hors de l’eau.  Être chrétien et être l’église sont, dans la pensée de Dieu, la même et unique chose.  Il promet d’y être présent, et a créé l’église pour que ses enfants en fassent partie.  Tenter de vivre la vie chrétienne hors de l’église est une erreur fatale.  On arrive à survivre un temps, mais à la longue, on se dessèche, puis on brûle.

Bulle 2
L’église répond à une réalité toute simple : nous n’avons pas été créés pour être seuls.  Ce n’est pas bon!  Même Karl Marx, qui était athée, constate que l’homme est un animal social.  L’origine du mot « Église » ecclésia, nous ramène en fait, à une assemblée, un groupe de personnes.  Comme pour un banc de poissons, son efficacité vient de la proximité de ses membres.   Si une personne réellement née de nouveau sort du banc, il devient rapidement une proie facile.  Les requins, les pêcheurs, les courants subtils sont autant de danger qui guette le chrétien solitaire.  Les déplacements et l’effet d’entraînement sont de loin plus stimulants ensemble.  L’encouragement, l’entraide, la protection et la direction sont l’adage qui permet à tous les poissons de nager avec liberté.

Bulle 3
Le bocal est local.  Changer constamment de groupe, chaque semaine où selon mes préférences va contre le courant du banc.  Pour nager dans les profondeurs de relations concrètes, on doit avoir des frottements constants.  Certes, il y a les arêtes qui quelques fois piquent et nous sortent de notre récif confortable; mais n’oublions pas que le but au final, est d’exposer ensemble Christ au reste de l’océan.  Et la seule manière efficace de se laisser transformer volontairement, c’est de construire des rapports qui nous confronterons à nous-mêmes et provoquerons les transformations intérieures que le Seigneur veut faire.

L’église est loin d’un bocal contraignant!  Malgré ce que certains ont tenté d’en faire, c’est un banc dynamique qui favorise la transformation vers Jésus-Christ.  C’est un bocal aux dimensions locales, qui navigue là où Dieu l’a ensemencée. C’est la puissance même de la profondeur des relations horizontales, entre nous et verticales, avec Dieu.

Reste plus qu’à y plonger sans réserve!

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