Quand j’ai le Spleen

« Aie pitié de moi, Eternel, je suis dans la détresse, le chagrin me ronge les yeux, l’âme et le corps entier.»  -Psaumes 31 :10

Baudelaire en parlait comme un esprit qui le hantait sporadiquement.  Une plaie qui frappe sans prévenir.  Une sorte d’hypocondrie de l’âme qui se manifeste dans une déprime, un ennuie sans cause et quelquefois même, jusqu’à un dégoût de la vie.

L’anxiété, le découragement, la dépression ont souvent ceci en commun.  Elle nous enlève le goût.  Le goût de tout, et même de Dieu.  Nous le sentons éloigné, distant.  La joie s’assombrit et nous avons l’impression qu’une sangsue spirituelle nous vide de toute notre essence.  Intuitivement, nous avons cette étrange impression que nous sommes fautifs de notre état, et comme au jardin, notre réflexe est de nous cacher.

C’est ici que tout se joue!

J’expérimente moi-même ce Spleen sporadique depuis ma jeunesse.  Quelque chose de génétique de mère à grand-père jusqu’à Adam probablement!   Mettre un nom sur un bobo n’explique pas tout et responsabiliser qui que ce soit ne ferait de moi qu’une victime et me paralyserait.  Au travers les attaques de paniques, les nuits blanches et la culpabilité incessante d’un chrétien combattant contre son ombre, je me désespérais de ne pas avoir la victoire.  Après tout, je suis pasteur.   Je devrais vaincre et être un surhomme!   Sans parler des regards inquisiteurs.

Les années ont finalement eu la victoire et mon entêtement à résister à l’envahisseur dans toute la grâce divine a eu un effet majestueux sur ma vie.  Il arrive encore, à l’occasion, qu’il se terre, tapi sous les découragements, les épreuves et les pourquoi de la vie.  Mais désormais, j’ai un rendez-vous avec la joie!

Mon anti-Spleen peut se résumer à six pratiques que j’ai expérimentées.  C’est la piste d’un chrétien partageant sa vie avec le spleen, une piste qui me sort à tout coup du marais du découragement, de la déprime, de l’anxiété et des inquiétudes submersives.

Première pratique : Qui suis-je?

Découvrir, redécouvrir ou prendre conscience de mon identité en Jésus.  Explorer cette nouvelle créature que je suis en Lui, et croquer à plein dans l’Évangile véritable a été une libération qui a enchainé toute une série de réflexion jusqu’à briser ces chaînes que je m’étais créées.  Des auteurs comme John Piper, Neil Anderson et JD Greear m’on donné le cap de ma véritable identité et l’arrêt des mensonges sur ce que Dieu me perçoit.

Deuxième pratique : Sa parole

Lire, relire jusqu’à ce que l’éponge de mon âme en soit saturée.  Particulièrement lorsque l’envie n’y est pas.  Comme un gym spirituel, pour renforcir les muscles je dois tout simplement y aller et m’y mettre.  Ça semble sec et banal… mais la clé ici est dans l’attente de ses promesses.  Chaque fois que j’ouvre le Livre, je me répète une simple phrase : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute ».  C’est un rendez-vous avec mon papa d’amour qui a toujours les bras grands ouverts vers moi. Peu importe mes envies, ma culpabilité ou mon appétit, je me gave.

Troisième pratique :  Apprivoiser le silence

« Il est bon d’attendre en silence Le secours de l’Éternel. » – Lamentations 3:26 

Notre vie trépidante nous fait redouter le néant.  La voix et le souffle de Dieu se révèlent pourtant dans la douceur du silence.  Dans le lieu secret.  Notre âme régénérée est souvent intoxiquée de nos désirs et nos attentes.  La voix de Dieu même au travers de sa Parole peut sembler lointaine et son secours hors d’atteinte.  C’est à ce moment que je me dis… Attends.  Combien de temps?  Le temps qu’il faudra.  Une heure, une journée, une semaine. Peut-être plus.   J’ai eu personnellement de nombreux déserts spirituels.  Les sentiers du coteau et les expéditions dans le bois me chatouillent alors le silence.  Ce n’est qu’avec le recul que je réalise tout le travail que Dieu fait dans mon cœur.  À mon insu, ou plutôt, derrière la croûte marécageuse de mon cœur.   Notre foi est mise à l’épreuve dans le terreau de la patience.

[quote]Notre foi est mise à l’épreuve dans le terreau de la patience.[/quote]

Quatrième pratique : La gratitude

Les bénédictions de Dieu sont comme les minutes dans une journée, elles passent souvent sans même que l’on s’en rende compte. Prendre le temps d’écrire un journal des bénédictions, un recueil des actions de grâce, une liste des mercis!  Certains prennent un pot Masson et les empilent en boulettes à l’intérieur.  Le simple regard d’un pot bien rempli de ces témoins de la grâce divine est parfois suffisant pour ramener l’arc-en-ciel dans un ciel orageux.

Cinquième pratique : Louer!

Oui, louer par nos chants, avec ou sans talent!  La louange est cet élan d’un cœur d’adorateur qui désire exprimer à son papa les cris de son fond. La louange, tout comme la prière et le jeûne ont une facette mystérieuse, spirituelle et expérientielle. On le vit plus qu’on le dit, et louer mon Seigneur a quelque chose à la fois de libérateur et qui me donne une plénitude spirituelle.  D’ailleurs c’est ce qui est dit dans la bible: être rempli de l’Esprit s’exprime par le chant!  (Eph. 5 :18-19) Quand j’ai le blues, je chante, que ça me tente ou pas.  Et l’effet bénéfique se fait sentir à tout coup!

Sixième pratique : Lâcher-prises

Plus un style de vie qu’une pratique, laisser à Dieu ce qui appartient à Dieu, et accomplir ce qui me revient avec sa grâce.  Briser les inquiétudes à grands coups de prière et faire taire l’anxiété avec sa Parole.  Une vie ne suffira pas pour y parvenir parfaitement, mais chaque cheveu que j’abandonne à Dieu en est un que je n’ai plus besoin de compter.

Certes il y a des maladies profondes qui nécessitent des médications particulières, et la santé mentale et psychiatrique n’est pas à banaliser.  Mais notre Seigneur désire notre joie.  Une joie qui vient d’une paix profonde et qui tire sa source de lui-même.  Une joie au-delà de toute connaissance.  Une joie qui s’expérimente et qui libère de nos chaines!

« L’Esprit du Seigneur, l’Éternel, est sur moi, Car l’Éternel m’a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux ; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, Pour proclamer aux captifs la liberté, Et aux prisonniers la délivrance » – Esaïe 61:1

Il y a mieux qu’un disciple!

« … La connaissance enfle, mais l’amour édifie. » -1 Corinthiens 8.1 

J’ai toujours aimé cette phrase percutante de l’apôtre Paul.  Il s’agit d’une image remplie de paradoxes.

D’un côté, nous avons les adeptes de la connaissance.  Connaissance des règles établies, de ce que Dieu exige et demande dans sa Parole, la Bible.  Ceux qui ont cette connaissance sont des experts de cette Parole.  La cite, la répètent, la connaissent et s’y imprègnent afin de bien connaître ce que Dieu veut ou non.  L’image que Paul nous donne pour qualifier cette connaissance, c’est qu’elle enfle!  Le mot utilisé originalement est: gonflé.  Comme un ballon qui prend de la place dans une pièce, mais qui, en fait, est vide au-dedans.  Comme un décor de cinéma dont on ne se préoccupe que de la façade pour le plaisir des spectateurs.

À l’autre extrémité, il y a les adhérents de l’amour.  Un amour qui comme le dit l’apôtre ici, édifie. C’est-à-dire, qui construit.  Un amour solide, qui remplit la personne qui le vit.  Un amour dirigé vers Dieu et le prochain, qui sort tout simplement du paradoxe.  Un amour qui ne cherche pas tant la raison, mais simplement l’être!

Dans notre conception du christianisme, et appuyé sur la parole de Jésus qui nous envoie aux extrémités de la terre pour y faire des disciples (Mat 28 :19), nous avons mis le disciple au-dessus de tout ce qui peut se faire dans le moule chrétien.  Un converti arrivé est un disciple accompli.  Point à la ligne!  Un disciple n’est-il pas un élève qui suit un maître?

Mais voilà le hic!  On peut très bien être un disciple, connaître tout le conseil de Dieu et n’avoir de relation avec Lui qu’au travers son enseignement.  Être des diplômés de la foi sans couleurs et sans saveurs.  Déverser des versets à profusions et des réponses à toutes questions, mais avoir un cœur sec et vide à l’intérieur.  Gonflé à bloc par la gratification de la connaissance et du bien paraître.  Celle de bien faire les choses et avoir l’impression, par-dessus le marché, que Dieu nous approuve .

C’est exactement ce que Jésus reproche aux docteurs et scribes de son époque.  Les disciples du courant officielle.  Ces religieux qui connaissaient souvent par cœur les premiers livres de la Bible, qui les récitaient jour et nuit, qui les étampaient sur leur front et qui les gravaient sur les murs de leurs maisons, connaissaient la Parole.  Et pourtant, lorsqu’elle s’est manifestée a eux en chair et en os, cette même parole incarnée leur dit :

« Ce peuple m’honore des lèvres, Mais son cœur est éloigné de moi. » – Matthieu 15.8

Être disciple n’est pas suffisant.   Suivre Jésus n’est pas suffisant.  En effet, Judas n’était-il pas un disciple?

Être disciple peut même devenir un piège de condescendance, une fosse que l’on creuse soi-même en croyant que nous nous protégeons, alors que nous devenons nos propres fossoyeurs.

Il y a plus, et il y a mieux.  Le christianisme n’est pas une religion de la tête, mais du cœur.  Un émerveillement puissant de l’amour de Dieu manifesté au travers Jésus-Christ.  Une réponse corps, âme et esprit a cet amour.  Une reddition inconditionnelle devant la croix et une joie débordante devant la grâce qui nous touche maintenant au travers Lui.

Avant même de parler de disciple, Jésus nous demande d’être des adorateurs.

[quote]En effet, nous pouvons très bien être un disciple et ne jamais adorer celui qui nous enseigne.  Invariablement, tout adorateur deviendra disciple de celui qu’il adore.[/quote]

Il nous demande d’être avec lui, tout simplement.  Il nous réclame le cœur.  Il désire que nous soyons des adorateurs amoureux.  Le mettre sur notre trône intérieur et être en véritable pâmoison devant Lui.  Comme ces amoureux qui se découvrent et dont même les silences expriment la puissance de leur amour.   Jésus n’a rien à faire des simples disciples…

En effet, nous pouvons très bien être un disciple et ne jamais adorer celui qui nous enseigne.  Invariablement, tout adorateur deviendra disciple de celui qu’il adore.

L’adorateur de Jésus, c’est celui qui se délecte à la source de Dieu lui-même.  Celui qui découvre une manne infinie qui le laisse sans cesse affamé.  Être adorateur, c’est un élan du cœur qui fait de Jésus l’unique source de son contentement.  Comme Piper le dit si bien, nous devenons des hédonistes chrétiens.  Nous nous réjouissons en Lui et notre appétit de Lui ne fait que grandir devant son amour infini.  Et c’est là, à la source de cet insatiable faim, que l’on découvre le disciple véritable.  Sa Parole devient un puits, une source, un océan qui me parle avec la voix de celui qui m’aime, et que j’aime.

Être un adorateur avant d’être un disciple, c’est un apprentissage fusionnel.  C’est l’école du cœur.   Il m’aime, je l’aime et je désire le connaître toujours plus.  Sa parole transcende les pages imprimées et chuchote directement à mon cœur.  J’apprends ce qu’il est et j’aime ce qu’il aime.  Mon obéissance n’est plus une bête soumission, mais une joyeuse excursion avec celui qui m’accompagne tous les jours.

Et si je manque à ma résolution?  Plutôt que de me morfondre en contrition et en culpabilité, je saisis la main que j’aime et je me relève.  Je me plonge dans ses bras, me réconforte au son de sa parole et me laisse tout simplement aimer par celui qui est mort pour moi, et dont rien ne pourra jamais me séparer (Ro 8:39).

Il y a mieux qu’un disciple, oh! Que oui!  Un adorateur en esprit et en vérité (Jn 4:23).  Lorsque nous décidons de devenir des adorateurs, tout le christianisme prend son sens et passe du noir et blanc à la couleur!  D’une religion à une relation!  Et toute notre vie de chrétien se teinte de cette révolution d’amour.  C’est dans cet élan du cœur que la louange tire sa source et son sens.  Que les œuvres se transforment an actes de compassions et que l’amour de mon prochain devient un canal de Son amour.

La connaissance est une bonne chose, mais si elle n’est pas poussée par une adoration véritable, elle n’est qu’un métal qui bourdonne, une cymbale fêlée qui dérange, de belles actions, de belles paroles sans la saveur, la couleur et l’odeur de Christ (1 Cor 13:1).   Un gros ballon bien rempli de nous-mêmes.

Devenons des adorateurs, et nous serons des disciples véritables.

Les dimensions de l’amour

« Pour être capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l’amour de Christ, et de connaître cet amour qui surpasse toute connaissance, afin que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu ».  -Eph 3:18, 19

Comment peut-on aimer véritablement?  Est-ce possible humainement parlant?

À force de réflexion et de lecture biblique, j’arrive à un constat désolant : l’homme ne peut aimer vraiment sans l’intervention de Dieu. Nous sommes fondamentalement égoïstes, aucun ne sait faire le bien (Romain 3:11-18). Nous tentons constamment de ramener tout à nous et toutes nos œuvres ne révèlent que notre désir inaltérable de reconnaissance et d’être adorés (Ps 14:3).  Même le meilleur gars, celui qui a la plus belle réputation d’entraide cache un être assoiffé de retour vers soi. C’est le prix à payer d’une race dont le dieu est devenu soi-même dans un monde déchu.

Devenir chrétien ne règle pas le problème de la chair.  Bien au contraire, il l’expose et le met en relief comme jamais.  Pris au piège entre ce que la Bible nous demande (1 Jean 3:16) et ce que nous avons envie de faire, nous tentons bien des raccourcis et terminons souvent dans un formalisme religieux ou un découragement profond.  Nous rationalisons l’interprétation de ces passages pour nous réconforter dans un christianisme dilué et terne.  Au final, cet amour que nous avons les uns pour les autres pâlit devant les actions faites par les gens et les organismes qui nous entourent. (Luc 16:8)

Le torrent d’amour

J’aime marcher dans les sentiers près de chez moi.  Le contact avec la nature, la forêt et toutes les splendeurs de la création s’exposent et reflètent toute la gloire de Dieu.  J’aime particulièrement le coteau, tout près de mon église. Ce qui me fascine est la profonde gorge créée par un tout petit ruisseau, d’à peine un mètre de large, qui a réussi à se creuser un sillon profond d’une cinquantaine de mètres. Du haut de la colline, le spectacle est impressionnant et majestueux.

L’effet du petit courant d’eau a réussi à façonner tout son environnement en circulant sans arrêt, en érodant la colline pour en faire un spectacle à couper le souffle. Plus bas dans le sentier, il y a le marais. Lorsqu’il fait chaud, une puanteur s’y dégage.  Une eau stagnante, confinée en elle-même, ne peut que devenir insipide et impropre à la consommation.

L’analogie avec l’amour est simple. C’est la différence entre le ruisseau et le marais. Aimer comme Jésus n’est pas un projet ni un but à atteindre. On ne le fixe pas dans un plan de vie ou dans une fenêtre de loisir, lorsque le temps et les éléments sont favorables. Ce n’est rien de moins qu’un miracle qui suit le courant de nos vies. Tenter de mettre l’amour en bouteille pour mieux la distribuer est absolument impossible.

Inévitablement, nous redirigeons tout acte de bonté vers nous. C’est le boomerang naturel de tous les humains.  Nous sommes tous comme des aspirateurs assoiffés d’amour tentant de se connecter les uns sur les autres.  C’est un projet sans fin et impossible qui se termine bien souvent par de la déception et des frustrations. La solution biblique est à la fois simple et violente : devenir le fleuve de l’amour de Dieu.

 

Nous sommes tous comme des aspirateurs assoiffés d’amour tentant de se connecter les uns sur les autres. 

 

Dans l’église

L’amour est un fleuve, fruit de l’esprit qui habite en nous. En effet, Dieu est amour et Christ est en nous.  La source devient donc infinie et d’une puissance inimaginable. La capacité d’amour que nous avons est égale à celle de celui qui nous habite!

Jésus demande de nous aimer les uns les autres afin que le monde sache que nous sommes ses disciples. Aimer les frères et les sœurs, comme Christ nous a aimés, jusqu’à être prêt à mourir les uns pour les autres, c’est le premier acte d’évangélisation. L’exposition ardente que Jésus est véritablement vivant au travers nous, un échantillon à contrecourant envers notre société.

Comprendre avec tous les saints, c’est saisir l’amour de Christ en ouvrant grand le robinet et laissant le courant vivre au travers nous. Laisser cet amour, qui est prêt à être déversé, arroser ceux qui nous entourent. Refuser le courant, c’est fermer la valve et se condamner à la stagnation, un marais spirituel qui rapidement se contamine de lui-même.

Dans la prière

Jamais le Seigneur ne nous demande de faire sans nous équiper. Et comme l’amour est en lui-même, et que cette source est en nous-mêmes, la solution est dans la compréhension de sa personne. Le passage est clair : cet amour surpasse toute connaissance. On peut bien lire sur le sujet, mais la véritable solution pour aimer véritablement commence dans une relation avec Jésus.

Comprendre quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l’amour de Christ, et de connaître cet amour qui surpasse toute connaissance, dans un but incroyable d’être rempli de toute la plénitude de Dieu. Cette connaissance est en fait une osmose, une intimité qui se vit dans le temps, en relation avec Jésus, dans un désir de l’exprimer au travers Sa propre chair, l’église. Voir dans l’église l’aboutissement de l’amour de Christ et désirer l’aimer comme Christ l’aime. Puis puiser à la source dans la relation, dans une satisfaction unique  John Piper appelle cela prendre plaisir en Dieu.

Dans l’humilité

Pour aimer comme Jésus aime, nous devons tout d’abord réaliser que rien en nous ne peut y parvenir.  Seule la présence du Dieu d’amour en nous par la conversion peut amorcer l’amour véritable. Puis, comprendre l’incompréhensible : cet amour n’est pas rationnel, il est relationnel.  Il ne s’apprend pas dans les livres, mais dans la proximité et le désir. Il s’apprend dans le désir d’aimer ceux que Dieu aime : l’Église. Puis, dans le désir en Dieu seul : prendre le temps de puiser en lui, la source de cet amour. Décider d’ouvrir la valve par l’intérieur et le laisser vivre en nous. Cela n’est possible qu’en nous laissant éblouir par sa personne en prenant le temps de le contempler, de l’adorer et nous laisser immerger par les dimensions de son amour.

Le poison sucré

« Veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu ; à ce qu’aucune racine d’amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n’en soient infectés » – Hébreux 12.15

J’ai lu l’histoire d’un homme, amateur de champignons, dont la passion l’amena tragiquement à la mort.  Il avait confondu dans sa récolte une espèce commune avec une autre mortellement toxique.  Apparemment qu’en bouche, le délice était complet, mais le résultat fut pourtant fatal.  Dans la forêt des mots, l’amertume est ce genre de poison qui nous amène inévitablement vers la mort…  Et non seulement la nôtre, car lorsqu’elle est laissée à son naturel, elle peut devenir une infection vénéneuse et transmissible, tel un rhume, par simple voie orale.  Le contact avec les paroles d’une personne infectée peut faire basculer les perceptions et la réalité du clair à l’obscur et transformer une forêt enchantée en un cauchemar éveillé.

Le goût sucré

L’amertume est cette disposition du cœur à entretenir du ressentiment, un rappel plus ou moins répétitif d’une offense, d’une injustice ou d’un certain regret.  Je repasse le film de la blessure, puis j’y ajoute mon propre scénario.  J’y greffe ensuite mon adaptation, jusqu’à y repasser un film d’horreur où les victimes deviennent les offenseurs, ou les faits, révisés par ma propre justice, réécrivent la vérité et me plongent dans une réalité virtuelle où je deviens le héros amer de l’histoire sans vainqueur réel, sans fin. Je me rejoue en boucle, et souvent même d’une façon obsessive, les quelques minutes où j’ai été victime du drame.

 

J’y recherche le sucre de l’illusion dans l’espoir d’une justice consommée rapidement.

 

C’est la cueillette empoisonnée et de surcroît, volontaire.  Je crois me délecter aux sources même de la ciguë.  J’y recherche le sucre de l’illusion dans l’espoir d’une justice consommée rapidement. Et pour tout dire, il y a une certaine satisfaction dans l’amertume.  Tel un psychotrope elle déforme la réalité et l’embellit.  Le temps qu’elle passe en bouche laisse des sensations illusoires qui satisfont le désir d’autosatisfaction.  Le temps d’un instant, on est presque ravi d’une joie trompeuse, d’une assurance que la situation, la personne, les événements, souches de mon amertume, tourneront à mon avantage personnel et qu’enfin je connaîtrai la paix de l’autojustification.

Le goût empoisonné

Plutôt que de trouver un délice pour l’âme, l’amertume nous laisse un goût… amer.  Une amertume qui vient d’une source corrompue :  le cœur humain.  Dans ses profondeurs, nous y trouvons une faune agressive et sans merci pour nos semblables.  Les abysses du cœur sont remplis de mauvaises pensées, de mauvaises intentions et de mauvais sentiments.  Malgré toutes les bonnes intentions que nous lui prêtons, et malgré le constat que certains font de sa pureté enfantine, il n’en demeure pas moins un lieu obscur où règnent la rapine et les épines.  C’est du moins ce que la Parole de Dieu en dit.  Le cœur interprète et aveugle, il décolore et rend insipide les meilleures actions.  Il détériore la vérité pour ne faire qu’un semblant de réalité, la mienne, la seule valable.

De cette source qui puise ses pensées à même le péché, chacun est responsable de boire ou non.  Le péché tapi dans le sous-bois de notre être ne demande qu’à détruire tous ceux qui osent s’opposer à notre propre justice et à notre amour propre.  L’amertume répond à notre besoin de protection, de valorisation et d’acceptation.  Mais la source falsifiée par le péché transforme ces besoins justifiés en désirs idolâtres au point de ternir et désirer détruire ceux qui nous entourent.  Nous y arrivons une pensée à la fois, puis la fermentation fait son effet, la pression siffle par une parole qui terni l’autre, et finalement en actions qui éclatent avec plus ou moins de force.

Un cancer de l’âme

Un sage chinois a dit : désirer se venger, c’est prendre un poison en espérant voir l’autre mourir. L’amertume, c’est le cancer de l’âme.  C’est la bactérie qui transforme un aliment sain en un poison mortel.  Tel le botulisme, elle paralyse les sens et finit par atteindre toutes les fonctions vitales, jusqu’à arrêter de respirer. C’est la mort de l’âme.  Pour un régénéré, c’est la zombification d’un vivant se comportant comme un mort.

L’amertume gruge lentement, à petit feu, étape par étape, mot par mot et pensée après pensée, dirigée vers l’obsession du rétablissement de la justice, jusqu’à l’aveuglement spirituel. Et par surcroît, l’amertume se transmet.  Elle se propage au travers des paroles, par le simple fait de déformer la réalité envers une oreille crédule. Nous falsifions par nos propos savoureux, teintés de médisance et saupoudrés d’une pincée de calomnie, nous inoculons notre amertume au fond du cœur d’une tierce personne.  Nous influençons sa réalité pour lui faire accepter la nôtre.  Et nous avons ce sentiment d’avoir un allié, une victoire, un semblant de justice alors que c’est notre propre condamnation que nous signons. L’amertume a ses rejetons, et infecte son entourage, elle a ses racines et brise les fondations souvent solides, par une séduction naturelle qui entraîne tous ses adeptes vers le tréfonds du mensonge.

Un antidote

Le seul antidote efficace pour contrer ce poison est la puissance régénératrice de l’Évangile.  Si je subis un tort ou une injustice quelconque, l’œuvre de Christ me ramène invariablement à la justice véritable. Le miroir de la croix me reflète le visage de mon péché, et la véritable nature de ce que je suis : offenseur et agresseur devant Dieu.

Le regard que j’ai envers les torts que je subis, peu importe leurs justifications, doit passer premièrement au travers de la lunette de ma propre condition.  Puis admirer toute la grâce que Dieu exerce à mon égard. Son amour inconditionnel, et toute la provision d’amour, d’acceptation et de patience qu’il manifeste envers moi.  La grâce nous élève et nous fait passer de vengeur à rédempteur.  Puis  je prendrai une décision qui transformera toutes mes relations : agir envers mon prochain de la même façon que Dieu le fait envers moi.

Mourir de joie!

« (…) je ne considère pas ma vie comme précieuse, pourvu que j’accomplisse avec joie ma course et le ministère que le Seigneur Jésus m’a confié : annoncer la bonne nouvelle de la grâce de Dieu ».  – Actes 20 :24 

On dit que le bonheur n’est pas une destination, mais une façon de voyager.  L’apôtre Paul nous en fait par ces mots la démonstration avec éclat.  Il sait sans l’ombre d’un doute que des persécutions l’attendent, que la vie ne sera pas de tout repos.  Il est même convaincu qu’il l’exposera et que la rencontre avec la mort sera violente.

L’Histoire lui donne raison : Paul connut la torture, et fut décapité… Si l’on me racontait ma propre histoire et qu’aux dernières pages, à la toute fin de ma vie, l’on me dit qu’elle se terminera dans la douleur, et au terme d’une vile exécution, est-ce que je choisirais la joie ?  Pour l’apôtre, la question ne semble pas se poser.  Tout ce qui compte, pour lui, c’est d’accomplir sa course avec joie.  Plus important que l’issue, la façon de vivre est le présent qui nous relie à l’éternité et expose notre foi véritable.

Joie et plaisirs

La difficulté à discerner la joie véritable est de la confondre et la noyer avec les plaisirs.  Ces derniers apportent une jouissance passagère et instable, qui peut être intense, mais qui connaît invariablement une fin et un déclin. L’explosion des sens, le coup de foudre jettent une poudre effervescente aux yeux spirituels, mais conduisent à un cul-de-sac.  L’essence du plaisir sur la route de la vie équivaudrait à alimenter une automobile avec de la dynamite… intense, peut-être efficace pour un temps, mais totalement destructrice.

Les plaisirs procurent une certaine joie, mais celle-ci se résorbe rapidement et s’ensuit une dépression, un vide qui aspire l’être vers la recherche de nouveaux plaisirs. Ce cycle sans fin se termine à la mort et la satisfaction superficielle qu’il procure nous amène à rechercher soit le déni et l’acceptation de petits riens, comme des touches divines, soit la recherche d’une source de joie durable et profonde.

Ce qui pilote mes plaisirs dévoilera inévitablement le type de joie qui m’enveloppe.

Un choix de vie

De la même façon que John Piper l’expose presque deux mille ans plus tard dans son ouvrage : Prendre plaisir en Dieu, Paul a choisi sa source de joie : Dieu lui-même et Dieu seul.  La mort n’est pour lui qu’une étape de transition obligée pour aller à la rencontre de Celui qui est sa joie.  Une perspective simple, et non simpliste ou Jésus est au centre de toute ma recherche de joie.  Le but et l’aboutissement de celle-ci.  David s’exprimait de même :

« Je ferai de toi le sujet de ma joie et de mon allégresse, Je chanterai ton nom, Dieu Très-Haut ! » -Psaumes 9 :3.

Les chrétiens sont les humains les plus joyeux qui existent.  Du moins, ils devraient l’être, puisqu’ils sont rachetés, sanctifiés, régénérés, adoptés. L’Évangile offre à tous les ingrédients nécessaires à la joie.  Il ne tient qu’à nous de les saisir et de les lier au cœur de notre foi afin qu’ils éblouissent un monde obscur où le désenchantement est bien souvent le lot de chacun.

Ce qui pilote mes plaisirs dévoilera inévitablement le type de joie qui m’enveloppe.

 

La joie est volatile, lorsqu’elle puise sa source en ce monde (1 Jean 2:15, 16), elle devient comme un parfum qui lentement disparaît sitôt vaporisé.  Elle se doit alors d’être constamment rafraîchie par de nouvelles jouissances éphémères.  Si par contre, sa source est Jésus, elle prend une profondeur et une saveur éternelle par l’effet de l’Esprit et des promesses de Dieu (Jean 17:13).  Nous sommes par notre nature pécheresse, des êtres oublieux, dont la tendance intrinsèque est de voir la coupe à demi vide alors qu’en réalité, elle déborde.   Nous cherchons naturellement à combler les désirs de la chair, quitte à subir la déception répétée d’une joie intermittente.

Un regard dirigé en haut

La joie véritable est proportionnelle à ma soif de Dieu et de ma perception spirituelle.  À force d’insatisfaction terrestre et de supplications , il nous révèle nos biens véritables et durables (Eph 1:18. Nous les avons déjà, mais leur présence, enfumée par les désirs humains, devient floue et intangible.  La joie authentique naît du concret qui dépasse toute connaissance, lorsque nous saisissons toute les dimensions de l’amour de Dieu a notre égard.  Une joie, encore une fois, qui tire sa source de la prière, mais également de la communion avec l’Église (Eph 3:18,19).

Saisir Christ, c’est saisir la joie.  C’était le but de la course de Paul.  Il avait été saisi par Jésus, et désormais, il considérait tout comme de la boue afin de gagner la joie profonde et éternelle (Phili 3:7-14). Il avait goûté cette joie, et désormais, il n’acceptait aucuns compromis, aucun succédané, aucune imitation.  Lorsqu’une personne goûte la joie de Christ, celle-ci laisse une telle impression que tous les plaisirs du monde prennent une saveur fade et amère.

Il pouvait ainsi dire, sans hésitation, devant la souffrance à venir, que tout ce qui compte est de poursuivre sa course accompagnée de joie, cette joie trouvée en Jésus seul.

Une mission plus grande que la vision

Il y a une joie par-dessus la joie.  Celle de savoir que nous faisons partie d’une chaîne de joie qui se répercute jusque dans le ciel.  Chaque fois qu’une âme est sauvée, la joie inonde le ciel et se fraie un chemin au milieu des anges devant Dieu (Luc 15:10).  C’est notre motivation d’endurer le monde présent, en vue d’un meilleur.  Nous pouvons, en ce moment même, devenir participants et sources de joie dans le ciel… « pourvu que j’accomplisse avec joie ma course et le ministère que le Seigneur Jésus m’a confié : annoncer la bonne nouvelle de la grâce de Dieu ». 

La source, la motivation et la raison de la joie parfaite ont un même affuent : L’Évangile de Jésus-Christ.

7 facettes d’un mariage qui dure

Je célèbre aujourd’hui mon vingt-sixième anniversaire de mariage.  Honnêtement, ça m’a paru très court.  Nous avons eu des épreuves, des moments intenses, de grandes joies et de profondes déceptions, la vie s’est chargée de quelques rides et cheveux blancs supplémentaires, mais l’amour que nous avons l’un pour l’autre n’a cessé de croître depuis ce jour où nous avons dit OUI.

Je suis personnellement un enfant du divorce.  Je l’ai connu à seize ans, et ma confiance en l’institution était plutôt mitigée.  J’ai plongé dans l’aventure maritale avec des convictions ne provenant pas de mon expérience personnelle, mais de la Parole de Dieu, et jamais je n’ai été déçu.  Lorsque mes amis chrétiens ou non me demandent comment nous avons pu durer et vivre amoureux encore et encore, la réponse et toute simple : C’est grâce à Dieu!

Voici donc quelques principes bibliques pour un mariage qui dure et augmente en intensité!  Sept facettes pour un mariage qui dure.

« Maris, que chacun aime sa femme, comme Christ a aimé l’Église, et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant et en la lavant par l’eau de la parole, pour faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable ».  – Éphésiens 5.25-27

Facette 1 : En Christ

Christ est au centre de notre couple.  Il est la troisième personne de notre trinité conjugale.  Nous nous sommes rencontrés dans une église et avions chacun de notre côté une relation vivante avec Jésus.  Nous avons mis en commun ce que Jésus nous avait donné.  Notre relation personnelle avec Dieu et l’église a été dès le début le foyer et le terreau de notre amour.  Si cela n’avait pas été le cas, nous n’aurions simplement jamais envisagé de relation.

Facette 2 : L’amour

Nous avons décidé volontairement de nous aimer.  Prenant la définition biblique de l’amour (1 Cor 13:1-7) comme un standard, nous avons fait de l’autre l’objet de notre pratique.  Le pardon, le service, les petites attentions, nous traitons l’autre comme si nous avions affaire a Jésus lui-même.  Le respect profond, le langage respectueux et une profonde déférence mutuelle sont à la base d’un amour sincère et profond.

Facette 3 : La continuité

Notre mariage n’est pas un « en attendant ».  La séparation, le divorce ou toute autre allusion à un fossé dans notre relation ont simplement été bannis de notre dictionnaire.  À l’exemple de Christ qui aime une fois pour toutes, nous avons décidé de nous aimer jusqu’à ce que la mort physique nous sépare.

« C’est ainsi que le mari doit aimer sa femme comme son propre corps. Celui qui aime sa femme s’aime lui-même.  Car jamais personne n’a haï sa propre chair, mais il la nourrit et en prend soin, comme Christ le fait pour l’Église,  parce que nous sommes membres de son corps ».  –Éphésiens 5.28-30

Facette 4 : Une seule chaire

Tout ce que je désire, je le fais pour l’autre, c’est la fameuse règle d’or.  Si je fais la vaisselle, j’épargne à mon épouse une tâche.  Ainsi, je tente constamment d’être créatif dans mon amour, non pour espérer recevoir un gain quelconque, mais pour la joie que me procure le plaisir de la voir heureuse.  Lorsque l’intention de chacun est dirigée vers l’autre, les besoins sont comblés dans la joie et une douce harmonie règne au sein de la famille.

Facette 5 : Comme Christ

Nous avons rapidement constaté que notre couple était également un phare de l’amour de Christ, un échantillon que nous présentons au monde, aux amis, aux frères.  Notre famille est un témoignage en soi.  Nous nous affichons comme chrétien et dès ce moment, la lampe est mise au milieu de la pièce.  Les observateurs sont a l’affut et nous sommes remplis de joie chaque fois que nous pouvons exprimer l’amour de Dieu au travers notre couple, nous savons que nous glorifions Christ.

« C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair.  Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport à Christ et à l’Église.  Du reste, que chacun de vous aime sa femme comme lui-même, et que la femme respecte son mari ».  – Éphésiens 5.31-33

Facette 6 : L’attachement

Une autre facette est celle de l’attachement réciproque dans le détachement parental.  À notre mariage, nous sommes devenus une entité distincte de nos parents respectifs et avons toujours agi comme tel. Le cordon a bel et bien été coupé et notre famille est autonome et unique. Nous croyons que désormais Dieu nous donnera notre lot d’épreuves et de défis en proportion de ce que nous pouvons prendre.

Facette 7 : La spiritualité

Christ, sa parole et son église sont au cœur de notre vie de famille.  Nous prions ensemble, nous partageons ce que nous lisons dans sa Parole.  L’église n’est pas un ajout ou une plus-value à notre famille, nous sommes l’église, composée de nombreuse famille comme la nôtre dans une interdépendance, nous mettons au service des autres les dons que Dieu nous a donnés.  Ainsi, chacun de nous servons, et avons notre place dans la famille de Dieu et nous croyons que nous connaissons ainsi, avec tous les saints, toutes les dimensions de l’amour de Christ.  (Eph 3:18)

 

Je n’ai jamais rencontré une femme qui ne fasse confiance à un homme qui est prêt à mourir pour elle!

 

Dans la confusion sociale grandissante entre genres, rôle et responsabilités au sein du couple, nous avons toujours appuyé notre relation sur la Parole de Dieu et pris chacun nos responsabilités réciproques.  La soumission n’est jamais pénible si l’amour règne et Christ est le modèle suprême autant pour l’homme que la femme.  Je n’ai jamais rencontré une femme qui ne fasse confiance à un homme qui est prêt à mourir pour elle! (Eph 5:25)

OUI, il y a un certain mystère, également dans le couple.  Les deux font une seule chair, et pourtant si distincts, l’incompréhension peut facilement détourner les yeux de l’essentiel : Jésus, la croix et l’Évangile.  Lorsqu’ils sont au cœur du couple, ils assurent la gloire de Dieu au coeur de notre génération.

La grâce suffisante

Dernièrement, lorsque j’ai vu ces 21 chrétiens se faire décapiter et exprimer leur foi en Jésus-Christ dans le martyre, je me suis dit spontanément : « Si j’étais à leur place, je ne crois pas que j’aurais le courage nécessaire. »  Et pourtant ces frères, véritables héros modernes de la foi, sont fait de la même poussière et ressentent les mêmes peurs que chacun de nous.  Ils demandent que nous priions pour eux afin qu’ils aient le courage d’aimer et de pardonner.  Tous les chrétiens sur cette terre sont nus devant Dieu.  Certains se cachent derrière leur peur et les autres se revêtissent de la grâce abondante de notre Seigneur.  Comment passer de l’un à l’autre?

Ici et maintenant

Le courage de Dieu s’exprime dans l’usage.  Tout comme il est inutile de prendre tous les repas d’une semaine en même temps, il est totalement inutile de demander aujourd’hui la grâce pour ce qui se passera demain.

« Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter. » -1 Corinthiens 10.13

Le Seigneur nous démontre avec force qu’il donne constamment la grâce de passer au travers de toutes les épreuves et de tous les malheurs.  Une épreuve à la fois, un jour qui suffit à la peine quotidienne, où les inquiétudes, bien qu’humaines, peuvent être noyées par la grâce et exposer toute la gloire d’un Dieu providentiel.  S’Il le promet, il tiendra ses promesses, c’est assuré.

La grâce de Dieu s’exprime au fur et à la mesure de nos besoins quotidiens, à quoi bon nous donner la force et le courage des martyrs si nous n’en avons pas besoin.  Dieu ne gaspille rien et surtout pas sa grâce.  Elle est toujours suffisante aujourd’hui, ici et maintenant.

Avec foi

Si j’avais le couteau appuyé sur la gorge, au moment tragique d’offrir ma vie comme un martyr moderne, la grâce de Dieu pourvoirait inévitablement.  Il me fortifierait, me donnerait le courage et chasserait toute frayeur et épouvante. La foi est cette ferme assurance que Dieu procurera le nécessaire.  Un fruit conséquence d’une présence, celle du St-Esprit en moi.

« Car je vous donnerai des paroles et une sagesse telles que vos adversaires ne pourront leur résister ou les contredire. »  – Luc 21.15

C’est une réponse dynamique aux promesses que seul Dieu peut tenir.  La foi est la source et le résultat d’une vie possédée par le St-Esprit.  Elle est aussi la puissance irrésistible des croyants devant l’impossible, qui, à la toute dernière minute, plongent dans un vide préparé et dont la main de celui qui l’a orchestré est toujours positionnée au-dessus et en dessous de son enfant.

 

La grâce de Dieu s’exprime au fur et à la mesure de nos besoins quotidiens, à quoi bon nous donner la force et le courage des martyrs si nous n’en avons pas besoin. 

 

Sans limites

Tous les humains depuis Adam vivent la peur, l’inquiétude et l’anxiété.  C’est l’humain dans sa plus simple expression.  « J’ai eu peur »-Gen 3:10.   Ce qui met à nu notre inquiétude est en fait la balance de la réalité face à nos capacités.  Comme chrétien, nous nous percevons tels que nous sommes, et croyons que nos capacités limitées, nos moyens restreints et notre force bien chétive sont les seules sources de puissance mises à notre disposition.  C’est le regard fixé sur le moi sans considérer celui qui habite avec puissance en nous.  Sa provision est infinie, tout comme sa grâce.  Croire que Christ en nous est la source même de la sagesse, de la puissance et du courage, de la même manière que ce même Esprit le fit pour Moïse, Élie, Paul et tous ces héros de la foi.

Sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu ; -2 Pierre 1.3

En fait, les limites de la grâce de Dieu ne sont pas fixées par mes peurs, ni même par l’ampleur relative de l’épreuve se trouvant en face de moi.  Les limites sont infinies et sont déversées au fur et à mesure du besoin présent et ce, dans un seul but…

Pour sa gloire

Sa grâce ne nous rend héros que dans la mesure où c’est Dieu qui agit au travers nous. Notre superpouvoir est en Lui et en rien d’autre.  C’est alors que Dieu est glorifié. Le problème n’est pas que la gloire de Dieu soit inexistante.  À l’état brut, elle emplit le ciel et est manifestée au travers toute la création.   Le problème est que les créatures que Dieu a créées pour sa propre gloire tentent de s’attribuer pour elles-mêmes la gloire qui appartient à Dieu seul.  Le Seigneur désire glorifier son nom et non démontrer que l’homme peut être courageux. Le simple fait d’exister ou de respirer est un miroir grossissant de la gloire de Dieu.  Une gloire prise pour acquise et ramenée à soi.

« En effet, quelle gloire y a-t-il à supporter de mauvais traitements pour avoir commis des fautes ? Mais si vous supportez la souffrance lorsque vous faites ce qui est bien, c’est une grâce devant Dieu. »  -1 Pierre 2.20

Lorsqu’un homme, faible comme tous les hommes, décide volontairement de se soumettre au Seigneur de sa vie en désirant rendre gloire a Jésus-Christ même au travers d’une mort violente, il crucifie son humanité pour laisser toute la place à Dieu afin que Dieu seul soit mis en avant.  S’il le pouvait, il disparaîtrait pour que la seule chose visible et éblouissante ne soit que la gloire de Dieu.

L’Évangile c’est la gloire de Dieu personnifiée entièrement au travers de notre modèle : Jésus-Christ.  Lorsque je lis ces témoignages de martyrs modernes glorifiant Dieu, je sais que le Seigneur dans sa fidélité pourvoira, en son temps, à ma propre provision de grâce, afin qu’au travers de la souffrance, je puisse mettre en relief la gloire de Dieu et partager avec tous ces héros une part de joie céleste indescriptible.

Le pouvoir du Like

Personne n’est indifférent aux compliments. Nous les aimons, ils nous remontent le moral et nous encouragent. Une tape dans le dos est un geste anodin qui nous donne le message que notre travail est apprécié et nous incite à poursuivre dans la même direction.

Le besoin de valorisation est une quête humaine qui remonte au jardin lorsque nous avons perdu notre identité en Dieu. Nous nous sommes cachés et avons perdu depuis ce jour la reconnaissance. La simple vue de notre nudité nous a amenés à nous dissimuler et la honte nous poursuit depuis. (Genèse 3:10) Une soif constante qui s’exprime souvent en dépendance est devenue presque maladive avec la communauté Facebook. Le fameux « Like » que nous cliquons à tout vent n’est pas si anodin qu’il n’y parait. Même la multinationale utilise désormais des algorithmes afin de profiler ses usagers en fonctions des cliques et likes que tout a chacun font.

En quête d’une oasis réconfortante, nous confondons la poussière et l’eau. Nous avons soif de reconnaissance et d’acceptation et nous contentons de miettes sèches laissées sur un mur, souvent par des étrangers. C’est se contenter de peu pour étancher une soif que seul Dieu peut vraiment combler de son eau vive.

D’un autre côté, apposer le sceau de l’approbation sur tout ce que me semble correct ou agréable est un piège qui risque de transformer le fleuve émanent du St-Esprit en citerne percée et boueuse.

Il y a une réflexion à faire dans nos habitudes d’aimer.   Tout chrétien a besoin de prendre conscience de l’impact de ce qu’il aime et également ses attentes face aux approbations virtuelles sur ce qu’il publie.

To like or not to like!

Ce que je like révèle véritablement mes gouts, ou du moins laisse une trace, des gouttes claires sur ce que j’approuve, sur ce que je crois moral ou correct. La Bible nous exhorte à être vigilants et prudents sur ce que nous approuvons.(Éphésiens 5 :4) Une photo douteuse, une expression équivoque, un propos offensant ou une blague qui n’est moralement pas à la hauteur de notre vocation, lorsqu’elles sont liker deviennent des partenaires auxquels je m’associe, et par le fait même, auquel j’associe Jésus lui-même. (1 Cor. 3:16)

Rappelons-nous que tout ce que nous approuvons sur Facebook est public et sous l’éclairage commun. Tous voient, tous savent et tous jugent ce que j’aime. Ainsi, par mes likes je peux exprimer de quel type d’eau j’arrose les témoins de mon sillage sur le réseau social.

Le besoin de lumière

Dans ce village qu’est Facebook, les éléments que nous affichons sont sciemment mis aux vus et sus de tous. L’intention est clairement définie, l’offre est affichée avec un but : être aperçu, lu ou entendu. Facebook est une microsociété avec les mêmes attentes et règles que la vie quotidienne. Lorsque je lance un « Bonjour », je m’attends à un retour de l’autre. De la même manière, lorsqu’une publication est affichée, puisque tous savent que tous voient, il se créé une attente. En effet, l’homme est un être créé pour vivre en société. Nous désirons et aspirons aux interactions de nos semblables. De la même façon, le simple fait de cliquer sur le petit pouce exprime quelque chose d’éloquent. Quand je like je lance un message : j’approuve ce que j’ai vu. Je dis par un simple clic que j’aime ton commentaire, j’aime ta photo, je m’associe à toi, je reconnais que tu existes. Et chacun est au fait de cette évidence. Il y a donc une forme d’échange d’appréciation au travers ce simple fait. Une façon simple de dire à l’autre : « J’aime ». Le risque est lorsque le « J’aime » est perçu comme un « Je t’aime ».

 

Facebook n’est qu’un outil de socialisation et non une source de valorisation.

 

L’égo valorisé

Une étude récente soulignait que Facebook pouvait contribuer à la dépression. En effet, lorsque ce média devient ma principale source de valorisation et d’appréciation, une forme subtile d’idolâtrie se tapit à la porte de notre cœur. La source d’eau vive est relayé à une simple citerne virtuelle.

Quand je publie une photo ou une réflexion et que j’attends frénétiquement les like il devient évident qu’un détournement est en cours et la dépression qui s’en suit s’exprime souvent par une tristesse voir une colère. Signe que la satisfaction que l’on en retire n’est que passagère et partielle. Je compare : une autre en a eu plus que moi. Je deviens paranoïaque : Mon ami est en ligne et n’a pas liker mon commentaire. Ma soif est désormais attirée par le mirage de cette oasis imaginaire.

À la source de l’eau vive.

Les grands envoient les petits chercher de l’eau, et les petits vont aux citernes, ne trouvent point d’eau, et retournent avec leurs vases vides ; confus et honteux, ils se couvrent la tête. _ Jérémie 14.3

Comment éviter le piège du mirage lorsque nous publions sur Facebook?

  1. Puiser ma valeur est en Christ seul. La source de ma valeur propre est Celui même qui me donne la vie, le mouvement et l’être. Pourquoi rechercher ailleurs une eau que seul Dieu peut donner en abondance? (Actes 17:28).
  2. Garder mon intimité pour moi seul. Ainsi, je ne serai pas atteint intimement si un commentaire inattendu est perçu, ou encore si personne ne like mon intervention. Le but des publications est de transmettre de l’information et non de semer des éponges d’amour! (Proverbes 5:16)
  3. Viser de plaire a Dieu seul. Je comprends que tous n’ont pas le temps de lire ou aimer mes commentaires. Rien de personnel puisqu’en bout de compte, ce qui importe c’est Dieu, et comme celui-ci m’a prouvé sans l’ombre d’un doute son amour, pourquoi la rechercher ailleurs? (Proverbes 29:5)

Facebook n’est qu’un outil de socialisation et non une source de valorisation. Avec ce constat à l’esprit, je peux désormais publier d’une façon équilibrée et devenir un reflet véritable de la grâce de Dieu, même sur le réseau social. N’oubliez pas de liker ce billet…

Dix merci!

Quoi de plus désagréable que de se lever du mauvais pied? Une mauvaise nuit, une journée accaparante qui nous attend, un conflit non résolut… autant de raisons que nous mettons dans le plat dans lequel nous y mettons les oreilles. Se lever du pied gauche dis-t-on! L’expérience, appuyé par de nombreuses recherches dévoilent l’importance des première pensées de la journée.   Dès que mon œil s’ouvre et que je prends conscience de la réalité, qu’est-ce que je me dis? Quel est mon discours intérieur? Il risque bien de teinter toute la journée qui suivra. Ces premières réflexions deviennent la toile de fond pour les heures qui suivront. C’est la palette de couleur avec laquelle nous teinterons notre vie en cette journée.

Pourquoi ne pas commencer chaque journée dans la reconnaissance et les actions de grâce? Dès l’œil mi-clos, me conditionner à la grâce en action. Dis merci! Un exercice pratique est de trouver une dizaine de raisons de remercier Dieu pour la journée qui se présente devant moi.

Voici quelques pistes d’indices pour que nos journées de 2015 deviennent des réservoirs d’action de grâce.

« Rendez grâces en toutes choses, car c’est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ. » —1 Thessaloniciens 5.18

Dieu

Dieu est la première source d’actions de grâce : La personne même de Dieu. Sa grandeur, sa sagesses, sa justice, son amour. Son omniprésence, son omnipuissance son omnipotence. Tous ses attributs sont autant de source de réflexion profonde ou puiser de puissants encouragements. Ne pas se contenter d’un simple « Merci Seigneur pour ton amour », mais y plonger les regards et réaliser ses dimensions.

Prendre le temps de goûter la présence du Seigneur, qu’Il est là, présentement, à mes côté. La tête sur l’oreiller, je m’éveille sous son regard. L’ange de l’Éternel ne campe-t-il pas près de ceux qui le craignent? (Ps 34:8) Rien ne lui échappe, je suis entre bonne main et personne ne pourra m’y ravir.

Pour m’y aider, la Parole même de Dieu peut diriger mes pensées, des livres inspirants tel « connaître Dieu », « Prendre plaisir en Dieu » et de nombreux guide de méditation peuvent nous accompagner dans cette quête de Dieu. Rien de tel que le réveil en compagnie de celui qui me dit :

« Ne crains rien, car je suis avec toi ; Ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu ; Je te fortifie, je viens à ton secours, Je te soutiens de ma droite triomphante. » — Esaïe 41.10

 

Commencer la journée en dirigeant mes regards sur tout ce que Dieu a fait en moi, pour moi et la richesse insondable de son appel est un antidote au mécontentement.

 

La grâce

Une autre source intarissable d’encouragement et d’action de grâce, est tout simplement ce que je suis, mon espérance en Lui. La Parole de Dieu me dit que je suis une nouvelle création, j’ai tout en Lui, que mon espérance est infinie par sa grâce.

Commencer la journée en dirigeant mes regards sur tout ce que Dieu a fait en moi, pour moi et la richesse insondable de son appel est un antidote au mécontentement. (Eph 1:18)  Comment ne pas être comblé lorsque nous considérons tout ce que Dieu nous offre dans sa grâce? Sa présence, ses dons, l’église, l’éternité qui débute ici et maintenant. Devant mes courbatures, je me souviens que nous avons une demeure au ciel, que ce corps revêtira l’incorruptibilité. En face d’une journée morose, je réalise toute la joie qui s’attache à mon appel. Le soleil est toujours présent dans un cœur chrétien. Si même une armée se campait contre moi, qu’aurais-je à craindre. « Toute choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu » —Romain 8:28. Même devant ma chair qui tombe si souvent, je me souvent qu’aucune tentation n’est au-delà de mes forces (1 Cor 10:13).

Ici encore, la préparation est de mise, rendre mes pensées captives à l’obéissance envers Christ et apprendre ces promesses si chères au cœur qui recherche cet encouragement divin. Un bon départ est la série de versets à apprendre édité par les Navigateurs. Les réviser et les repasser dès le réveil, c’est mettre les lunettes de la Parole de Dieu pour voir le monde avec les couleurs du Seigneur.

Le présent

Une troisième source d’action de grâce, réside dans la contemplation du présent. Vivre aujourd’hui est un cadeau que Dieu nous offre. Le simple fait de se réveiller ce matin est une occasion que le Seigneur nous donne afin que nous le glorifiions en ce monde. Notre course n’est pas terminée, j’ai encore l’occasion de glorifier Dieu, dans mes actions, dans mes paroles.

En sachant qui Il est, et que je suis son doulos, quel maître attentionné il est et combien le monde a besoin de Lui. C’est une grâce, un honneur, une joie incommensurable de savoir que j’ai une raison d’être et de me lever de mon lit. Prendre mon café, mon petit déjeuner, côtoyer mes collègues de travail devient une mission.

« Je fais tout à cause de l’Evangile, afin d’y avoir part. »  —1 Corinthiens 9.23

Le moment le plus important de ma vie est aujourd’hui et maintenant, pourquoi le gaspiller avec des pensées indignent de la vocation qui m’est présentée. C’est une façon de penser, de voir le monde et de considérer la perspective de ma vie personnelle comme un élément d’un plan qui me dépasse et sous le contrôle de mon Seigneur…. Pourvue que j’accomplisse ma course avec joie (Actes 20:24)

Un exercice quotidien

Les diététistes disent que le petit déjeuner est le repas le plus important de la journée. Ce avec quoi nous nourrissons notre âme l’est tout autant, puisque de lui viennent les sources de la vie. David s’exerçait tout le matin, Jésus avant le lever du soleil. Quelques minutes, pour s’y exercer et démarrer la journée du bon pied. Une simple préparation, une volonté de voir la vie telle que Dieu la voit. Ramener à mon esprit ces versets encourageants gravés dans mon cœur dès le réveil, me lever en prenant conscience de SA présence. Aujourd’hui, j’ai une mission… ce matin, je dis merci!

Un chrétien en vacances

Sur l’autoroute de la vie, le travail est une valeur essentielle pour certains. Les proverbes ne font pas bonne presse aux paresseux. J’entends souvent dire : Dieu et le diable ne prennent pas de vacances… alors nous aussi, nous ne devrions pas en prendre non plus. Nous roulons à fond de train et souvent, avant même d’arriver à une aire de repos, nous nous retrouvons en panne sèche ou avec un véhicule en bien piètre état.

Dieu s’est bien reposé le septième jour! (Gen 2:2) Au retour de leurs ministères, les disciples ont bien été contraints d’aller à l’écart après leurs succès d’évangélisation (Marc 6:31). Le repos n’est pas une malédiction destinée exclusivement pour les fainéants et les lâches. C’est un état voulu par Dieu et dont il est même le précurseur.

Pour une grande partie d’entre nous, l’été est synonyme de vacances. Nous allons prendre quelques jours, voire quelques semaines de congés, partir au loin pour certains et même dans le sud, là où la température et les plages sont plus clémentes.

Comment donc amorcer notre itinéraire estival et préparer des vacances qui nous seront bénéfiques : corps, âme et esprit?

Le véhicule (le corps)

Nous avons tendance à surévaluer notre moyen de transport. Notre corps est un véhicule résistant, mais pourtant fragile et complexe. La pression constante, les remorquages à répétition et le kilométrage émotif réduisent nos performances. Un arrêt n’est certainement pas un luxe, mais plutôt une nécessité. Il nous amène gentiment à réaliser que nous ne sommes que des hommes! Rien de plus.

Lorsque nous sommes chrétiens, nous avons la gloire de voyager avec Dieu. Christ en nous! (Eph 2:22) Quelle gloire immense de savoir que notre créateur-concepteur est au volant! Si du moins nous avons l’humilité de le laisser conduire… D’ailleurs, lui-même devait se reposer lorsqu’il était sur terre, bien en chair. Les millions de cellules qui composent notre bolide ont besoin de carburant et de repos. Surtout de repos. Nombreux utilisent leurs vacances pour surmultiplier leurs activités. Pourquoi ne pas appliquer la suggestion du fabricant? Un jour semaine de congé, ne rien faire sinon se reposer. Difficile lorsque l’on carbure au super! Commençons donc cette semaine de vacances en étant en… vacances. Prendre une journée à ne rien faire! Et honnêtement, rien ne sert de courir! Comme le disait un grand sage :

« Pour tous ceux qui vivent il y a de l’espérance ; et même un chien vivant vaut mieux qu’un lion mort. » — Ecclésiaste 9.4

Le GPS (l’âme)

Pour espérer se rendre quelque part, on doit avoir une carte fiable et une boussole précise. Le God Posisionning System (GPS) est ce qui se fait de mieux en fait de transport céleste sur la terre! Les vacances sont un temps d’arrêt pour se recentrer sur notre guide, et ce dernier ne peut que nous donner une étoile de plus au répertoire divin. S’arrêter, considérer et contempler le Seigneur de l’univers sont un essentiel lors de vacances dignes de ce nom (Ps 46:10). Le quotidien tumultueux et le rythme effréné que nous vivons nous font bien souvent oublier les réalités spirituelles qui nous entourent.

Prendre le temps de prendre le temps. Expérimenter la contemplation en allant faire une promenade en nature et disposer notre cœur à la reconnaissance de toute la grandeur de Dieu. En profiter pour se donner le défi de lire un livre dans la Bible, le Nouveau Testament en entier ou encore toute la Bible. Exercer mon écoute spirituelle à travers la prière. Utiliser une partie de ces vacances pour reprogrammer mon GPS interne et se poser les véritables questions : Qui siège sur le côté conducteur de ma vie? Quel genre d’automobiliste de la vie suis-je? : Chauffard? Ayant la rage au volant? N’utilisant mon automobile que pour mes besoins personnels? Qu’est-ce qui m’empêche de tout donner à mon Sauveur?

Prendre le temps de prendre le temps!

 

La mise au point (l’esprit)

Il est bon, avant de partir en voyage, de faire faire une bonne révision. Pour ce faire, habituellement, nous devons enlever la clé du contact, le temps de faire les révisions nécessaires! Pour tout voyage, le moment des décisions se prend avant le départ. Où allons-nous loger? Qui allons-nous voir? Qu’est-ce que nous allons visiter? L’arrêt devient alors nécessaire afin de décider des véritables enjeux. Sinon, nous risquons fort de ne transformer nos vacances qu’en continuum de la vie quotidienne, ou encore, en une spirale qui nous ramène indéfiniment a notre point de départ. Des vacances qui n’ont que le nom et dont la force de repos est vide.

Pourquoi ne pas profiter de ce vent d’air frais pour se déconnecter des réseaux sociaux, de la télévision et de l’internet? Plus intime : utiliser mon congé pour amorcer un programme d’entraînement de la langue! Fini les pensées négatives et destructrices, des paroles qui ne procurent aucune grâce. Plus familiale : Décider de m’oublier et passer du temps pour découvrir mes enfants ou pour conquérir mon épouse! Il s’agit simplement d’être créatif et d’examiner où sont les véritables besoins… Une préparation qui peut devenir un préambule et transformer nos vacances en véritables oasis rafraîchissantes.

Un retour sans détour

Prendre des vacances est un privilège et un moment idéal pour recharger nos batteries spirituelles, émotives et donner du repos à notre être tout entier. Dans un environnement axé sur la performance et le bien-être individuel, chacun a besoin de ce temps de ressourcement avec lui-même, avec sa famille et avec et son Dieu.

Lorsque nous passerons la douane de l’été et que l’on nous demandera « Qu’avez-vous à déclarer? », nous pourrons dire avec conviction : La joie, la paix et une année renouvelée en Lui.

Et pourquoi ne pas en faire une routine?

Pourquoi ne pas revenir à la base des commandements du créateur et prendre une journée par semaine pour nous recentrer sur notre Seigneur, notre communauté, notre famille et déconnecter du brouhaha quotidien. Réapprendre à respirer en profondeur et goûter le moment présent. Le seul moment qui nous lie vraiment à l’éternité.

Bonnes vacances!

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