Les dimensions de l’amour

« Pour être capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l’amour de Christ, et de connaître cet amour qui surpasse toute connaissance, afin que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu ».  -Eph 3:18, 19

Comment peut-on aimer véritablement?  Est-ce possible humainement parlant?

À force de réflexion et de lecture biblique, j’arrive à un constat désolant : l’homme ne peut aimer vraiment sans l’intervention de Dieu. Nous sommes fondamentalement égoïstes, aucun ne sait faire le bien (Romain 3:11-18). Nous tentons constamment de ramener tout à nous et toutes nos œuvres ne révèlent que notre désir inaltérable de reconnaissance et d’être adorés (Ps 14:3).  Même le meilleur gars, celui qui a la plus belle réputation d’entraide cache un être assoiffé de retour vers soi. C’est le prix à payer d’une race dont le dieu est devenu soi-même dans un monde déchu.

Devenir chrétien ne règle pas le problème de la chair.  Bien au contraire, il l’expose et le met en relief comme jamais.  Pris au piège entre ce que la Bible nous demande (1 Jean 3:16) et ce que nous avons envie de faire, nous tentons bien des raccourcis et terminons souvent dans un formalisme religieux ou un découragement profond.  Nous rationalisons l’interprétation de ces passages pour nous réconforter dans un christianisme dilué et terne.  Au final, cet amour que nous avons les uns pour les autres pâlit devant les actions faites par les gens et les organismes qui nous entourent. (Luc 16:8)

Le torrent d’amour

J’aime marcher dans les sentiers près de chez moi.  Le contact avec la nature, la forêt et toutes les splendeurs de la création s’exposent et reflètent toute la gloire de Dieu.  J’aime particulièrement le coteau, tout près de mon église. Ce qui me fascine est la profonde gorge créée par un tout petit ruisseau, d’à peine un mètre de large, qui a réussi à se creuser un sillon profond d’une cinquantaine de mètres. Du haut de la colline, le spectacle est impressionnant et majestueux.

L’effet du petit courant d’eau a réussi à façonner tout son environnement en circulant sans arrêt, en érodant la colline pour en faire un spectacle à couper le souffle. Plus bas dans le sentier, il y a le marais. Lorsqu’il fait chaud, une puanteur s’y dégage.  Une eau stagnante, confinée en elle-même, ne peut que devenir insipide et impropre à la consommation.

L’analogie avec l’amour est simple. C’est la différence entre le ruisseau et le marais. Aimer comme Jésus n’est pas un projet ni un but à atteindre. On ne le fixe pas dans un plan de vie ou dans une fenêtre de loisir, lorsque le temps et les éléments sont favorables. Ce n’est rien de moins qu’un miracle qui suit le courant de nos vies. Tenter de mettre l’amour en bouteille pour mieux la distribuer est absolument impossible.

Inévitablement, nous redirigeons tout acte de bonté vers nous. C’est le boomerang naturel de tous les humains.  Nous sommes tous comme des aspirateurs assoiffés d’amour tentant de se connecter les uns sur les autres.  C’est un projet sans fin et impossible qui se termine bien souvent par de la déception et des frustrations. La solution biblique est à la fois simple et violente : devenir le fleuve de l’amour de Dieu.

 

Nous sommes tous comme des aspirateurs assoiffés d’amour tentant de se connecter les uns sur les autres. 

 

Dans l’église

L’amour est un fleuve, fruit de l’esprit qui habite en nous. En effet, Dieu est amour et Christ est en nous.  La source devient donc infinie et d’une puissance inimaginable. La capacité d’amour que nous avons est égale à celle de celui qui nous habite!

Jésus demande de nous aimer les uns les autres afin que le monde sache que nous sommes ses disciples. Aimer les frères et les sœurs, comme Christ nous a aimés, jusqu’à être prêt à mourir les uns pour les autres, c’est le premier acte d’évangélisation. L’exposition ardente que Jésus est véritablement vivant au travers nous, un échantillon à contrecourant envers notre société.

Comprendre avec tous les saints, c’est saisir l’amour de Christ en ouvrant grand le robinet et laissant le courant vivre au travers nous. Laisser cet amour, qui est prêt à être déversé, arroser ceux qui nous entourent. Refuser le courant, c’est fermer la valve et se condamner à la stagnation, un marais spirituel qui rapidement se contamine de lui-même.

Dans la prière

Jamais le Seigneur ne nous demande de faire sans nous équiper. Et comme l’amour est en lui-même, et que cette source est en nous-mêmes, la solution est dans la compréhension de sa personne. Le passage est clair : cet amour surpasse toute connaissance. On peut bien lire sur le sujet, mais la véritable solution pour aimer véritablement commence dans une relation avec Jésus.

Comprendre quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l’amour de Christ, et de connaître cet amour qui surpasse toute connaissance, dans un but incroyable d’être rempli de toute la plénitude de Dieu. Cette connaissance est en fait une osmose, une intimité qui se vit dans le temps, en relation avec Jésus, dans un désir de l’exprimer au travers Sa propre chair, l’église. Voir dans l’église l’aboutissement de l’amour de Christ et désirer l’aimer comme Christ l’aime. Puis puiser à la source dans la relation, dans une satisfaction unique  John Piper appelle cela prendre plaisir en Dieu.

Dans l’humilité

Pour aimer comme Jésus aime, nous devons tout d’abord réaliser que rien en nous ne peut y parvenir.  Seule la présence du Dieu d’amour en nous par la conversion peut amorcer l’amour véritable. Puis, comprendre l’incompréhensible : cet amour n’est pas rationnel, il est relationnel.  Il ne s’apprend pas dans les livres, mais dans la proximité et le désir. Il s’apprend dans le désir d’aimer ceux que Dieu aime : l’Église. Puis, dans le désir en Dieu seul : prendre le temps de puiser en lui, la source de cet amour. Décider d’ouvrir la valve par l’intérieur et le laisser vivre en nous. Cela n’est possible qu’en nous laissant éblouir par sa personne en prenant le temps de le contempler, de l’adorer et nous laisser immerger par les dimensions de son amour.

Un dimanche ordinaire

Venir à l’église pour plusieurs fait partie d’une habitude comme faire de l’exercice, bien manger et vivre sainement.  Tous ces dimanches se ressemblent et se suivent invariablement dans une routine sécurisante.  Dimanche dernier ne faisait aucune exception.

La célébration débute à onze heures le matin, et les premiers arrivés, vers dix heures, sont là pour prier afin que le service soit à la hauteur de notre Sauveur.  Les placeurs arrivent un peu plus tard et s’assurent que tout est en place afin que rien ne vienne déranger le déroulement, que tous soient à l’aise avec le chauffage, la climatisation, le confort des chaises.  Les techniciens et musiciens sont déjà là, peaufinant les derniers morceaux qui feront de ce service un élan d’adoration.  Comme à tout les dimanches, nous désirons de tout notre cœur accompagner la congrégation vers le ciel.

Onze heures tapantes, le diacre préposé aux annonces monte sur la scène : « Bienvenue à votre église, une belle famille vivante pour Dieu!  Notre équipe de louange va nous accompagner maintenant dans l’adoration ».

La musique nous élève, le dirigeant est particulièrement en forme ce matin.  Très inspirant.  Les musiciens sont excellents, ils ont bien pratiqué, ça parait!  C’est tellement édifiant de pouvoir commencer notre célébration dans la louange.  Nous avons presque l’impression de toucher le ciel.

Onze heures trente, des voyous à l’extérieur font probablement éclater des pétards.  En grappe, les fidèles tournent les regards vers la porte, derrière eux.  Les claquements répétitifs se rapprochent rapidement.  Quelque chose semble frapper la porte mi-close.  Plusieurs coups en fait.  Comme si on lançait des cailloux sur le bâtiment.  Brutalement, la porte s’ouvre et un jeune homme apparait.  Un fusil à la main, tout vêtu de noir, il est seul et commence à arroser les fidèles d’une pluie de projectiles.  La musique se tait. Des cris, de la frayeur et une paralysie totale, le tout noyée dans l’horreur.

Après avoir visé le groupe, l’homme passe systématiquement les rangées en commençant par la dernière et s’avançant vers la chair.  Il exécute méthodiquement d’une balle dans la tête chaque personne.  Hommes, femmes, enfants.  Aucune distinction.  La scène est filmée.  Vingt-six de la cinquantaine de personnes présentent vont mourir ce matin.

Puis l’homme repart comme il est arrivé, en coup de vent, dérangé par les sirènes retentissantes.  On le retrouvera un peu plus tard décédé dans son automobile.

Rien d’ordinaire

Cet homme n’avait rien à voir avec l’état islamique, c’est ce que plusieurs auraient espéré.  Le méchant aurait été plus facilement identifiable et condamnable, mais en fait, nous ne savons que peu de chose sur l’homme en noir, sinon qu’il est athée en avait lourd contre Dieu et l’église.  Un jeune homme blanc qui avait un compte Facebook comme tout le monde.  Ce gars était le voisin d’en face, le gars dans la ville d’à côté.  Rien ne laissait présager ce qui allait se passer dans cette petite église anonyme du Texas dimanche passé, un groupe de croyants tranquilles, sans importance et presque insignifiant, mis sur la sellette et sur le fil de presse bien malgré eux.

Un retour

Une chose troublante est de voir l’événement banalisé même par plusieurs chrétiens.  Nous sommes tellement saturés d’actes violents.  Notre conscience est engourdie et détachée de l’horreur.  Nous la créons, la regardons, comme un spectacle, comme un nouvel épisode d’une série sanglante dont les acteurs ne sont pas vraiment réels.  Jusqu’à ce que l’homme en noir fasse irruption dans notre univers.

Cette réalité était pourtant celle des chrétiens des premiers siècles.  C’est la réalité présente des pays où le christianisme est persécuté.  C’est la réalité de près de la moitié des états de la planète.  Chaque fois que des chrétiens s’y rassemblent, la possibilité est bien réelle qu’un homme ou une troupe débarque pour une exécution de masse.

Ça peut aussi arriver de notre côté de l’Atlantique, à l’occasion, sans prévenir, sans raison.

Que penser?

Je ne risquerai pas de pourquoi.  Dieu seul sait, et je ne créerai pas de polémique sociale non plus.  les leçons valent mieux que les raisons.

Le chef de police de la localité a exprimé une grande vérité : devant l’absurdité et le drame de voir des gens que l’on aime mourir aussi brutalement, profitons de l’instant présent pour exprimer à ceux qui nous entourent combien nous les aimons.

Jésus ne nous a jamais promis la sécurité ni le confort.  Nous l’avons créé et nous nous y sommes habitués.  Nous mortifier dans la culpabilité de notre insensibilité et notre amour de la facilité ne règlera rien, sinon peut-être une petite prise de conscience.  Une conscience influençable, et qui s’engourdit si facilement.

 

Devant l’absurdité et le drame de voir des gens que l’on aime mourir aussi brutalement, profitons de l’instant présent pour exprimer a ceux qui nous entourent combien nous les aimons.

 

Dimanche prochain

Ce dimanche qui vient est un autre dimanche ordinaire.  Le seul moment de la semaine, pour plusieurs, où notre foi est partagée dans un même lieu.  Prenons conscience que tout cet environnement, la musique, la prédication, les chaises confortables, le chauffage et toute la boîte bien fabriquée n’ont qu’un seul but : nous faciliter la tâche afin que nous exprimions ce que Christ a fait pour nous.  N’oublions pas que la première exécution du christianisme, c’est Lui qui l’a subi par amour pour nous, afin qu’à l’amour que nous avons les uns pour les autres, le monde sache que nous sommes ses disciples.

La véritable épreuve, le véritable test d’une église, n’est pas quand l’homme en noir apparait.  C’est dans cette myriade de dimanches ordinaires où nous avons l’occasion de vivre la foi comme Jésus sur la croix, en exprimant le pardon et en étant prêts à donner notre vie pour nos frères et sœurs.

Dimanche prochain est un autre dimanche ordinaire.  Il nous appartient d’en faire un dimanche extraordinaire.

La réforme intérieure

Cette semaine nous, célébrions le 500e anniversaire de la réforme, ou plutôt, du moment ou Martin Luther placarda ses 95 thèses, sur la porte de l’église du château de Wittenberg.   Il dénonçait particulièrement le mercantilisme du ciel au travers les indulgences. L’instigateur le fit au terme d’une profonde recherche d’espérance : comment être certain de mon salut?

La réforme est depuis devenue une bannière dans notre vocabulaire, réforme de la santé, réforme scolaire, réforme chez les forces de l’ordre, réforme de l’état… tout y passe et a besoin de réforme! Signe que quelque chose ne va pas et a besoin d’être revisité pour en changer son fonctionnement.

Une réforme individuelle

En fait, nous avons tous besoin d’être réformés.  Il est facile de regarder à l’extérieur et y voir tout ce qui ne fonctionne pas comme il devrait.  Se regarder en face est autre chose.  Y voir ce qui ne va pas et amorcer un plan de changement est courageux, et même parfois téméraire.  Il faut beaucoup d’humilité et de volonté.

La réforme protestante a débuté par la réforme d’un seul homme qui s’est allumé dans son intérieur : j’ai besoin de réformer ma certitude!  Je ne peux pas être sauvé par les œuvres des indulgences, car lorsque je lis la Parole de Dieu j’y vois une voie diamétralement opposée.

« Parce qu’en lui est révélée la justice de Dieu par la foi et pour la foi, selon qu’il est écrit : Le juste vivra par la foi ». – Romains 1:17

Tout a commencé par un individu qui a été touché individuellement.  La véritable réforme commence au cœur, dans l’intimité, avec moi seul en face d’un problème et d’un désir.  Le problème de l’homme pécheur et le désir d’un Dieu sauveur.  Si la réforme protestante ne nous touche pas violemment de l’intérieur premièrement, elle est inutile.  Elle devient une simple rénovation et perd sa puissance de réformation.   Elle n’est qu’une couche de peinture appliquée sur un mur contaminé par la moisissure.

 

  Si la réforme protestante ne nous touche pas violemment de l’intérieur premièrement, elle est inutile.

 

Une réforme spirituelle

Il y a 500 ans, la réforme a touché les royaumes, les structures et la politique de l’époque.  L’Europe s’est scindée en deux, protestants d’un côté et catholiques de l’autre.  Facile de forger des formes à la réforme.  On structure, dicte et politique.  Tout comme dans notre vie.  La réforme peut être personnelle, mais pour y voir toute la puissance restauratrice elle doit tout d’abord être spirituelle.

On ne réforme pas une religion ou une façon de faire.  La réforme n’est pas une reconstruction des institutions, mais un changement en profondeur du cœur.  Non pas dans ses habitudes séculières, mais dans son approche de Dieu.  Sa vision spirituelle va au-delà même du dépoussiérage ou de la simple modernisation.  C’est une nouvelle naissance spirituelle qui fait de la réforme protestante une révolution profonde.

Ce n’est pas qu’une redécouverte, puisque ce que l’on y trouve est totalement nouveau, entièrement réformé et inexploré… Exprimé par les cinq Solas : seule la Parole de Dieu, seule la foi en Dieu, seule la grâce de Dieu, seule la gloire de Dieu et seulement Jésus.  La réforme nous amène au plus profond de notre cœur pour y découvrir la noirceur totale et le besoin total de salut.  Ce constat terrorisait Luther.  La frayeur de se savoir perdu, sans Dieu ni sauveur a excité sa faim de Dieu et c’est au travers la Parole de Dieu qu’il a découvert la grâce de Dieu par la foi en Jésus pour Sa gloire.

Une réforme perpétuelle

Parce que la cause de la réforme est toujours vivante, elle ne se conclut pas avec l’affichage des thèses.  500 ans d’histoire de réforme ne se résument pas à une discussion sur les indulgences.  Ce qui fait la force de la réforme est sa perpétualité.  La réforme a un début, non pas celui de 1517, mais celui de ma rencontre avec Jésus, actuel, présent dans ma vie.  Le jour où il placarde sur mon cœur la vérité de son sacrifice au travers sa parole! La réforme n’a pas de fin ni d’aboutissement, sinon Dieu lui-même.

La réforme est un élan perpétuel de mon cœur.  Un ajustement constant qui pointe vers une direction et non une carte qui me fixe un chemin tout tracé.  Elle est une boussole qui dirige vers le haut.  Parce que mon cœur est continuellement en guerre contre Dieu, je dois le réformer quotidiennement, constamment car je désire naviguer vers Lui.

La réforme se manifeste une fois dans une vie puis s’entretient au quotidien, sans relâche.  C’est l’affaire des cœurs avant les institutions.

500 ans de réforme intérieure

Ce qui éblouit le monde avec la réforme protestante n’est pas tant la discussion à propos des indulgences que le parcours de transformations qu’il a inauguré.  Des millions de personnes ont réformé leurs cœurs au travers la Parole de Dieu et le Salut en Jésus Seul.  C’est 500 ans de réformes intérieures qui marquent l’histoire ce 31 octobre.  Un retour à la véritable bonne nouvelle, le véritable évangile.

La péremption du pasteur

Est-ce que le leadership a une date d’expiration?  Comme pour les aliments courants, devrait-on y mettre une date en précisant : meilleur avant?   Est-ce que le temps peut altérer les propriétés fondamentales d’un leader pasteur?

La réponse risque de surprendre.

Il n’y a pas de date fixe ou un âge limite.  En effet, tout dépend de la conservation et des ingrédients.  Nous pouvons avoir des ingrédients fantastiques favorisants un leadership fort, mais mijoté dans une cuisine insalubre ou conservée négligemment, le risque alors de rancir voire faire pourrir l’intérieur du leader est plus que probable.

Voici donc cinq ingrédients de bases pour tout bon leadership qui favorisent, mais n’assurent pas le succès pastoral. Le temps s’occupera de bonifier ou de faire tourner même les meilleurs.

Premier ingrédient : Le caractère

Le caractère est un ingrédient fondamental à tout leader.  Jeune, il est souvent sec ou épicé.  Des arômes vifs et intenses avec un bagage personnel qui créera un caractère unique à chacun.  C’est le point de départ de tous les leaders.  Nous les acceptons, car nous les aimons, leurs qualités de leadership s’expriment au travers leurs manières d’être et de réagir… c’est leur caractère.

Pour tous, l’orgueil est un ingrédient plus ou moins évident, quoique toujours présent, il devrait normalement s’estomper avec le temps.   En effet, ce que chacun fait avec les expériences du quotidien, la façon dont mijote les réactions, donneront de la profondeur, ou de l’amertume, et ce, à un rythme rapide, mais, plus souvent lent, presque imperceptible pour ceux qui les côtoient.  Pour équilibrer ce problème, la sauce doit être brassée avec la croix.  Le miroir des souffrances de Christ estompe l’amertume.  Le leader qui ne revient pas quotidiennement au pied de la croix se condamne au risque de l’aigreur en fin de course.

 

Le temps s’occupera de bonifier ou de faire tourner même les meilleurs.

 

Deuxième ingrédient : La compétence

Chacun a son bagage de réalisations, d’études, de curriculum et d’expérience toujours pertinente j’en suis convaincu.  Jeune, le leader se camoufle souvent derrière elles afin de pallier son manque de vécu et dissimuler son insécurité.  Avec le temps, les réalisations se multiplient, l’assurance grandit, le leader se gonfle.  C’est un combat inévitable : croire que par moi-même je puisse réaliser quoi que ce soit.

De nombreux leaders ont laissé le soufflé se gonfler au point de s’emplir d’air et de rien d’autre.  Un contenu décevant qui ne satisfait que celui qui le regarde.  Je sais tout, j’ai déjà vu et entendu, finissent par boucher les yeux et les oreilles des meilleurs leaders. Les compétences et l’expérience sont de bonnes choses, à condition de laisser Christ travailler au travers nous.  Il n’y a qu’une façon de dégonfler le ballon : la couronne d’épines.  Être prêt à souffrir, même injustement, malgré toute la connaissance et la préparation que me procurent mes compétences.

Troisième ingrédient : La capacité

Jeunes, nous sommes vifs, actifs et vigoureux.  Avec le temps, les réflexes s’estompent, l’oubli nous rejoint et la force s’affaiblit.  Une étude récente révèle que le cerveau change avec les années sans nécessairement se dégrader, il se transforme.  Frétillant et intempestif au départ, il devient plus stable émotionnellement avec le temps, capable de traiter des problèmes complexes moins rapidement, mais avec une plus grande profondeur, avec plus de perspective.   Plusieurs obstinés refusent d’accepter ce fait.

On revient au vieil adage : si jeunesse savait, si vieillesse pouvait!  Malheureusement, plusieurs jeunes leaders se privent de la richesse de vieux cerveaux misant uniquement sur la performance.  En contrepartie, de nombreux leaders en déclins refusent d’admettre leurs limites.  Le résultat est une tendance vers un leadership fade, dont la saveur persistante des ministères devient uniforme, sans ce mélange des générations qui enrichit invariablement le tout.  Un regard honnête est nécessaire afin de réaliser ce que Jésus désire faire au travers nous.  Un travail conjoint où chacun met au service de l’église ses saveurs propres.

Quatrième ingrédient : La compatibilité

Il y a des ingrédients qui se combinent avec tout, comme le sel, et d’autres qui sont pratiquement incompatibles, comme tenter de mélanger de l’huile dans l’eau.  La compatibilité du leader est un autre ingrédient essentiel à tout leadership.  Le travail d’équipe est indispensable pour avancer ensemble.

À force d’embuches pour les plus vieux, ou d’impatience pour les plus jeunes, il résulte un désir de voir des résultats rapides et d’avancer seul.  Souvent terré sous une volonté de faire le bien de la bonne façon… la nôtre!  Au risque de terminer avec une saveur âcre, sec et inconsommable.   Le leader solitaire qui se laisse croire que sa saveur est si exceptionnelle qu’elle ne peut se mêler à aucune autre se condamne à une illusion, et ce, à la portée de tous les âges du leadership.

Tout comme l’huile et l’eau, un émulsifiant est nécessaire pour permettre le mélange.  Un jaune d’œuf, fouetter vigoureusement et nous avons une délicieuse mayonnaise.  Pour ce faire, chacun doit accepter de mourir à sa saveur propre et se laisser transformer vers celle de Christ au travers l’église.

Cinquième ingrédient : le cœur

Qu’est-ce qui fait qu’un leader se bonifie avec l’âge?  Un cœur disposé à laisser le regarde de Dieu le scruter en profondeur.

« Sonde-moi, ô, Dieu, et connais mon cœur ! Éprouve-moi, et connais mes pensées ! Regarde si je suis sur une mauvaise voie, Et conduis-moi sur la voie de l’éternité ! »   -–­Psaumes 139. 23, 24

Une introspection essentielle, avec humilité, dans tout le réalisme de l’acceptation de mes limites propres et de mes capacités présentes.  Le désir non de construire l’église, mais d’être l’Église, dans cette compréhension unique, qu’elle se compose d’une multitude d’ingrédients hétéroclites, dont seul Jésus peut donner la saveur et l’odeur de Christ.

Est-ce que le leadership a une date d’expiration?  Absolument pas!   Si l’agent de conservation est le regard de l’Esprit au travers sa parole et que le leader est prêt à se laisser cuisiner par Christ, aucun âge ne devrait limiter le ministère… Et même si toute nous capacités étaient réduites à néant, cloué comme une crêpe dans le fond d’un lit, il nous restera toujours la prière pour continuer notre service…  Ce qui n’est pas rien!

L’Écho du ciel!

La semaine passée, je suis allé au concert.  Comme des centaines de personnes ce soir-là.  Comme des milliers de personnes, voir des millions cette année.  Rien de surprenant, c’est le quotidien banal de la plupart d’entre nous.   Et pourtant, quelle soirée!  Ce n’était pas tant les notes de musique, la technique des instrumentistes, ou encore le chef exceptionnel.  C’est la musique, juste la musique!

La musique, c’est le propre de l’humain, personne d’autre sur la terre ne joue de musique.  Certains singes tapotent au hasard, des oiseaux gazouillent pour avertir, mas rien ne se compare à la musique.  C’est un élan de l’intérieur dont personne ne se lasse.  C’est l’expression de nos émotions transformées en son, et distribuées à tous dans un langage compris de tous.  L’art, c’est l’alphabet des sens.  Un langage universel qui se comprend entre nous au travers le monde entier.  La musique, c’est l’air de nos sentiments.  Nous respirons par elle.

 

L’art, c’est l’alphabet des sens.

 

La musique inonde nos sens, elle nous envahit et nous enrobe, nous transporte dans un monde parallèle. Écoutez un film sans musique et vous comprendrez combien la musique ajoute et précise, combien elle enveloppe avec une texture unique impossible à reproduire même avec les meilleurs acteurs.

La musique envoûte et nous fait décrocher de la réalité et du présent.  Un instant d’éternité que nous vivons et qui nous transporte a la source même des intentions de Dieu :  Sa gloire!  Dieu brille au travers la musique, pourvu que nous le percevions.  La musique est un écho du ciel, un écho lointain que nous recherchons sans cesse.  Un Graal et une quête sans relâche on notre cœur intérieur cherche une connexion perdue et dont la musique tend la main.

La musique est un souvenir, un résidu d’un lointain passé ou corps, âme et Esprit étaient en harmonie avec le créateur.  Ou la musique exprimait le débordement de joie de Le connaître. D’être un avec Lui.  Un écho lointain.  Une pâle reproduction que nous nous acharnons à recréer dans l’espoir d’y retrouver une goutte d’éternité.

La musique enivre et nous fait perdre pied.  Elle fait tourner la tête et accompagne dans la joie et la tristesse, révélant tour à tour nos états d’âme.  Chacun a sa chanson qui lui rappelle un moment joyeux ou triste.  Elle nous accroche en bas alors qu’elle devait nous transporter plus haut.  Elle accroche, et nous en sommes dépendants.   Plus on nous en donne, plus nous en voulons.  Nous sommes tous des accros!  Dépendant de musique.  Une musique pourtant déconnectée de sa source, une pâle copie de l’œuvre originale.

Lorsque j’écoutais l’oratorio Elijah de Mendelssohn, mardi passé, je vivais l’interprétation de sa vie, les sentiments, le désespoir et les victoires telles que l’auteur les a imaginés. Et c’était magnifique, majestueux.  Tout le chœur St-Laurent et l’orchestre de chambre de McGill, ont accompli leur travail avec brio.  J’ai oublié qu’ils étaient là!  Pourtant si nombreux, la musique jouée sans anicroche transcendait ce qui se passait sur scène et m’amenait dans l’univers de l’œuvre.

Souvent je me demande ce qu’aurait l’air la musique de l’auteur des auteurs, l’Artiste divin, le Seigneur!  Être en connexion directe avec ses émotions, avec ses pensées puis les ressentir comme l’œuvre que j’ai entendue.  Une musique en direct, sans l’interprétation de notre chair.   La seule façon d’y arriver, c’est de diriger la musique.  La diriger vers le haut et l’offrir à Dieu comme un sacrifice.  Révélant toutes nos limites, et tout notre désir de découvrir la partition en entier.

« Ne vous enivrez pas de vin, c’est de la débauche. Soyez, au contraire, remplis de l’Esprit ; entretenez-vous par des psaumes, par des hymnes, et par des cantiques spirituels, chantant et célébrant de tout votre cœur les louanges du Seigneur »  – Éphésiens 5 : 18, 19

Et je chante alors à Dieu, vers Dieu, des cantiques que je connais, je prends ma guitare et je loue.  Peu importe la qualité ou l’interprétation, je ne fais pas un spectacle, je connecte, mon âme, mes émotions et me laisse immerger par la présence de Dieu.

Et lorsque j’écoute un oratorio, ou toute autre musique, je recherche l’écho de la voix divine.

La fin du monde!

Depuis quelques mois, les événements internationaux semblent captiver l’attention voir entretenir la peur et la paranoïa.  Guerre en Syrie, menaces nucléaires en Corée du Nord, regain des hostilités en Ukraine, attentat en Allemagne, chez mes amis chrétiens, plusieurs y vont allègrement sur les réseaux sociaux pour exhiber jusqu’aux sites conspirationnistes les plus virulents.

C’est la fin du monde, et le décompte est lancé!

Mais de quoi a-t-on peur?  D’autant plus que cette panique subite n’est pas digne de l’espérance qui nous habite.   Jésus nous avait averti que la vie ici-bas ne serait pas de tout repos.  Même au point que tout n’irait pas en s’améliorant.  (Luc 21:9) L’histoire de l’humanité c’est l’histoire des conflits et des guerres, depuis Caïn qui tua son frère, et ce, jusqu’au dernier conflit illustré à la une du journal.  La fin du monde, nous l’avons vécue à la chute.  Le monde tel qu’il était destiné est mort cette journée-là!  Nous attendons maintenant le rétablissement et le retour de Jésus.  Nous devrions être les personnes les plus joyeusement en paix sur cette planète. La manière dont nous réagissons et même inondons les réseaux sociaux, reflètera ce qui habite notre cœur.  Non que nous nous réjouissions du malheur.  Non que nous sommes insensibles à la misère qui nous entoure, mais parce que nous avons rencontré celui qui donne la vie.

Certains répondront qu’ils sont un nouveau genre de sentinelle, avertissant le monde du danger imminent.  Les sentinelles de l’ère Facebook, utilisant les moyens électroniques pour diffuser un sérieux avertissement au monde virtuel.  Cependant, noyés dans un océan d’information, où presque la moitié du verre s’avère être des canulars ou des histoires douteuses, nous devons être prudents quant à nos sources, et surtout au message que nous désirons laisser derrière nous. Je préfère être calomnié pour une histoire vraie que pour une fabulation bien ficelée.  Le monde n’a pas besoin d’épouvantails supplémentaires, d’autres s’en chargent déjà avec brio.  Le monde a besoin d’espoir et de réconfort.  Dieu nous l’a confirmé il y a deux mille ans lorsqu’il est venu lui-même nous montrer la voie.

Gardons notre calme, Dieu est en contrôle et notre paix peut être contagieuse.  Plutôt que de lancer des cris d’alarme, lançons des cris d’espoirs.  Regardons autour de nous et soyons attentifs aux victimes de la fin.  Un enfant qui se meurt, une famille qui perd tout, un couple qui divorce, et nous, témoins de ces malheurs nous pouvons apporter un peu de joie et de bonheur au cœur d’un monde qui se détruit perpétuellement.  Une main tendue aux démunis, aux malheureux.  Un mot de réconfort et d’encouragement à celui qui est rejeté ou mis de côté.  Tous ces gestes ont beaucoup plus d’impact éternel et s’accordent parfaitement avec notre raison d’être ici.

Nous sommes des porteurs de bonne nouvelle, pas de mauvaises!

« L’herbe sèche, la fleur tombe ; mais la parole de notre Dieu subsiste éternellement. »

 – Esaïe 40:8

Reconnaître un Leader «cheap»

Il y a des leaders charismatiques, d’autres qui sont attachants, d’autres enfin qui nous inspirent et nous pousse au dépassement.  Mais de toutes les époques et cultures, il y a toujours eu des leaders antipathiques qui abusent de leurs pouvoirs, des personnes placées sous leur autorité.

Autant dans l’Église que dans le monde, le leadership peut être anémique et ceux qui arrachent le pouvoir, peuvent en fin de compte ne révéler qu’une imitation d’un véritable dirigeant, une qualité de leader douteuse et dont les fruits ne glorifient absolument pas Dieu.  Des mercenaires qui arrachent le pouvoir afin de mener à terme une ambition personnelle et construire un royaume bien charnel.

Les dommages que provoquent ces usurpateurs peuvent être dramatiques.  Des disciples blessés, des personnes abusées spirituellement, des défections de masses et des divisions à profusions sont trop souvent l’héritage de ces mercenaires.

Comment les reconnaître ?  Voici le survol d’une dizaine d’indices d’un leader « cheap »!

Il désire à être servi plutôt que de servir

Les nuances sont subtiles, mais bien présentes.  Sous des apparences de service, il cherche un gain quelconque ou le principal bénéficiaire est l’égo, le confort ou la reconnaissance.  Il accepte des cadeaux, se dilue dans le compromis et cherche à combler son propre réservoir avant celui de l’autre et de l’église.

Il cherche le confort plutôt que la souffrance

Non qu’ils ne souffrent pas vraiment, mais font le choix de leur souffrance, ne cherchant pas a pallier a celui de Jésus, mais de prendre la part qui sera la moins difficile.  On peut souffrir et souffrir en vain.  Puis avoir l’impression même de devenir martyr.  Choisir un fauteuil bancal peut ressembler à de la souffrance, mais ce que Dieu demande à son leadership, ce n’est rien de moins que la croix.  La porter, et la vivre au quotidien.

Il aspire à être aimé plutôt qu’aimer

Être leader, c’est parfois faire le choix difficile de dire la vérité dans l’amour, au prix du risque.  Donner aux brebis tout ce qu’ils demandent n’est pas le leadership comme Jésus le conçoit, parfois, la vérité est difficile à appliquer ou dire, et pourtant salutaire. Faire des compromis au profit d’un éclat personnel et au détriment de la Parole de l’Évangile n’est pas du leadership, c’est de la lâcheté.

Il pointe vers lui plutôt que vers Jésus

Un autre indice d’un leader anémique est sa capacité à pointer vers lui-même et non vers Jésus.  Il s’attribue tout le mérite, se croyant indispensable.  Contrairement au serviteur inutile de l’évangile, notre leadercheap ramène tout constamment à lui.  Il cherche les honneurs et devenir l’étoile du jour. Les conséquences sont pénibles pour ceux qui ont à le subir : il devient en soi une source de démotivation et un tueur d’initiatives.

Il essaie de diriger plutôt que de conduire

Un patron et un leader sont deux choses bien différentes.  Le patron cherche à bonifier une organisation, lors que le leader chrétien amène ses congénères vers le dépassement de soi et dans une vision du monde connectée à l’Évangile. Le leadercheap indiquera le chemin à suivre afin que tous s’y engagent… sans nécessairement s’y aventurer à son tour.  Il lie de lourds fardeaux et ne remue pas le petit doigt.

 

Un patron et un leader sont deux choses bien différentes.  Le patron cherche à bonifier une organisation, lors que le leader chrétien amène ses congénères vers le dépassement de soi et dans une vision du monde connectée à l’Évangile.

 

Il contraint plutôt que de libérer

On a tous notre petite idée de la volonté de Dieu.  Le leadercheap sait ce qui est bien pour chacun au point de contraindre et forcer, voire obéir à sa propre volonté.  Plutôt que de voir l’Évangile comme une puissance libératrice, il l’utilise pour culpabiliser et manipuler les disciples à devenir dociles et obéissant.  Il discipline et oblige sous le prétexte d’une religion de pureté alors que la véritable liberté est dans l’évangile de la grâce.

Il désire le gain plutôt que le don

Diriger c’est se donner.  Une vocation ou le salaire réel est la joie d’être co-ouvrier avec Christ. Si toutes les heures de ministère étaient facturables, peu d’églises pourraient supporter leurs ouvriers.  Le leadercheap de son côté, tentera de monnayer son engagement, cherchant le plus offrant au détriment de la place même que Christ a pour lui.  Le pastorat devient un choix de carrière et les conditions de travail un prérequis pour accepter un ministère.

Il construit son royaume plutôt que celui de Dieu

Un autre indice d’un leadercheap est son aptitude à construire un édifice personnel centré sur sa propre personne.  Son image est plus omniprésente que l’Omniprésent.  C’est SON église, SON troupeau et SON pâturage.  Toute l’église est centrée via un simili culte de la personnalité.  Si la figure emblématique qu’il représente tombe, c’est tout le troupeau qui est en déroute.

Il veut s’élever plutôt que de s’abaisser

On le discerne au travers les petites choses, non par sa présence, mais bien par son absence, par son absence des petites gens, de ce qu’il considère n’avoir aucune importance. Une arrogance méprisante qui se discerne au travers une attitude de Je-Sais-Tout, et de tri instantané ce qu’il considère avoir de l’importance. Un leader véritable s’abaisse, à l’image de Jésus vers nous.

Désire la position plutôt que le service

Les fonctionnaires de Dieu, bien ancrés dans leurs bureaux exerce un pouvoir organisationnel centré sur les programmes, les structures et les organigrammes plutôt que vers les personnes. Les titres et les diplômes prennent le dessus sur le facteur humain, au point qu’aucun des douze n’aurait probablement été à la hauteur de leurs exigences.

Une mise en garde

« Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtement de brebis, mais au-dedans ce sont des loups ravisseurs. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons ? »  – Matthieu 7 : 15, 16

Le leader n’est pas appelé à être Jésus, mais il y tend il y aspire, il vise la communauté et cherche a élever Jésus au travers Son église et ce, par l’Évangile.

Les loups sont inévitables, les leaders « cheap », bon marché et sans saveurs véritables, le Seigneur nous a mis en garde, nous devons être vigilants afin de ne pas nous laisser séduire.  Nous les reconnaissons a l’usage, avec le temps, la fermentation inévitablement nous révèle un vrai leader selon le cœur de Dieu et celui qui cherche a accomplir que ses propres désirs.

La mort tombée du ciel

Durant le sommet du G7, le président Obama en a profité pour visiter le parc mémorial pour la paix d’Hiroshima. 71 ans plus tard, la radioactivité tend à retomber.  Du bout des lèvres le président américain a exprimé que la décision de LA bombe était tragique, mais qu’en temps de guerre, un président a souvent des choix difficiles à faire, en qualifiant l’événement de la « mort qui est tombée du ciel »1.

L’image est saisissante.

À l’instar des chevaliers de l’apocalypse, l’épée à la main, semant la destruction, la mort et le malheur.  Une vision de la fin des temps bien actuelle où nous avons vu ce bombardier reluisant, presque beau, viser la petite ville et retourner le plus rapidement possible à sa piste d’atterrissage, laissant derrière lui la destruction totale et des dizaines de milliers de morts.   Une ville grouillante, rasée en une fraction de seconde, stigmatisant toute une planète et ce, pour toujours.  Hiroshima fait partie de ces événements historiques dont le nom se mêle à la honte.

La mort tombée du ciel, comme si l’événement était sous la gouverne des dieux, Mars en l’occurrence, dieu de la guerre, profitant des faiblesses humaines pour nous tourner les uns contre les autres et faire en sorte que l’on s’entretuent.  Nous, victimes des lubies imprévisibles d’une divinité capricieuse et hargneuse.

Quelques historiens doutent de la pertinence de cette première bombe nucléaire, mais le choix de la seconde, elle, sur Nagasaki quelques jours plus tard, ne laisse aucun doute.  Elle exprime quelque chose de beaucoup plus profond : la victoire durant une guerre se gagne par la pression du sang.  Une pression à froid qui éclate dans une coupe de colère à peine masquée.  La guerre est ainsi, depuis que l’homme est homme, depuis Caïn contre Abel puis tous les autres meurtriers, justifiés par une paix illusoire.

En fait, la mort ne vient pas du ciel, mais du Cœur de l’homme.  C’est la réalité profonde des guerres et Hiroshima n’y fait pas exception.  Remettre la responsabilité a un affreux bombardier, à un président d’état aseptisé ou un coup du destin, c’est dépersonnaliser, presque blanchir des actes effroyables et horribles qui n’expriment au fond que ce qui empli le cœur humain.

L’histoire de l’homme, c’est l’histoire des guerres, disait un autre guerrier, et croire que la mort descend du ciel c’est croire que l’homme peut s’en laver les mains.

Le leader et le temps de Dieu

« Mais Jésus leur répondit : Mon Père agit jusqu’à présent ; moi aussi, j’agis. » – Jean 5.17

Dans son livre « L’église une passion, une vision », Rick Warren parle des vagues de l’Esprit.  Il compare les leaders a des surfeurs qui se doivent de prendre les vagues que Dieu leur amène, et ce, au bon moment.  En regardant des reportages sur l’art du Surf, j’étais fasciné de voir jusqu’à quel point l’instant précis où l’on doit ramer jusqu’à la vague, puis chevaucher la planche au bon moment était important.  Savoir prendre la vague à temps peut qualifier ou disqualifier le surfer.  Pour le leader chrétien, l’art du quand est aussi important que celui du quoi et du comment.

De nombreux leaders se sont empêtrés dans de nombreux tourments en précipitant leurs pas et en prenant des décisions trop hâtives.  D’autre ont passés à côté d’opportunités et manqués la vague en hésitant à outrance.   Ce qui définit un bon leader est celui qui prend les bonnes décisions ; mais ce qui définit un leader exceptionnel sera celui qui prendra ces décisions au bon moment.  Comment arriver à discerner le temps de Dieu dans les décisions que nous devons prendre ?  Voyons quelques pistes dont tout leader doit tenir compte afin de discerner le bon moment de l’action.

La perspective

Si on veut surfer avec Dieu, on doit commencer sur les genoux !  Apprendre à comprendre la perspective éternelle de Dieu.  Les heures en compagnie du Roi éternel ne sont pas des minutes perdues, mais investies dans la seule et unique stratégie qui en vaille la peine.  Le temps de Dieu n’est pas notre temps.  Il n’est pas soumis au stresse de la performance ni des risques inhérents aux mortels.  Pour Dieu, la mort n’est qu’une étape vers une éternité présente.  Le leader charnel sera bousculé par le temps et les échéances en croyant que tout le travail repose sur la petite fenêtre de son vivant.  Le leader spirituel quant à lui prend le recul nécessaire afin de voir les événements et l’histoire comme un plan déroulant où chaque décision est le fruit des décisions individuelles, mais dont l’issue ultime sera l’accomplissement du plan divin.  Cette perspective n’est possible qu’aux pieds du maître.

Le processus

Un mentor m’a donné un précieux conseil il y a plusieurs années : chez les leaders chrétiens, ce n’est pas autant le but qui est un problème, que le processus. Fais attention comment tu te rends à ton but.  En effet, pour la grande majorité des leaders chrétiens, ce n’est pas les intentions, ni même la vision qui fait défaut, mais le chemin pour s’y rendre.  L’enthousiasme et la hâte de voir la volonté de Dieu se réaliser nous font oublier que le plan de Dieu ce sont des individus : son Église.  Le chemin préconisé par le Seigneur pour y arriver est l’Évangile, le moyen utilisé est l’amour au travers la grâce de ce même Évangile.

La tentation peut être grande et même échapper à notre conscience d’utiliser les gens comme des pierres vivantes afin d’accomplir ce que nous croyons être Son plan.  Nous ne jouons pas aux échecs !  Paître le troupeau de Dieu exige du temps, de la compréhension, de la douceur, de la circonspection et beaucoup de délicatesse. D’ailleurs, Jésus n’a-t-il pas dit :

« Et quiconque donnera seulement un verre d’eau froide à l’un de ces petits parce qu’il est mon disciple, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense. » – Matthieu 10.42

Dans notre hâte, soyons prudents, hâte-toi lentement !  Le temps de Dieu passe par son Église et son église ce sont des personnes de la même valeur que Jésus.

 

Dans notre hâte, soyons prudents, hâte-toi lentement ! 

 

Le but ultime

Bien plus que de faire des choses, Dieu désire transformer notre caractère et sanctifier l’église.  Nous sommes souvent embourbés dans les structures et les programmes, et ils sont nécessaires afin d’amener l’église dans la voie de l’évangile, mais ils ne sont pas le but en soi.  Ils sont le squelette utile pour la transformation des croyants en vue de l’œuvre du ministère.  Visiter les malades, prendre soin des brebis faibles, encourager celles qui sont découragées est plus utile au Royaume que de nombreuse réunion d’administration.

Je désire être clair ici : je crois que la structure et l’organisation dans l’église ont une place essentielle, mais pas au prix de la négligence.  Négliger les croyants, c’est négliger l’église et par conséquent le véritable plan et but ultime.  Construire des programmes est relativement rapide et donne une impression d’efficacité.  Prendre le temps de construire dans l’âme exige beaucoup de patience et nous expose à des résultats souvent imprévisibles.

Le temps de Dieu s’étire au travers la croissance des croyants vers la stature parfaite de Christ.  Tout le reste n’est qu’accessoire.  À nous de faire le bon choix dans nos priorités.

Leader n’est pas accomplir

Nous sommes leaders, des outils entre les mains d’un Dieu souverain.  Des serviteurs engagés dans un agenda qui n’est pas le nôtre.  Des esclaves qui ne pourront jamais aller au-delà de ce que le maître demande.  Nous sommes des serviteurs inutiles, car celui qui accomplit, ce n’est pas nous, mais Dieu.  Nous nous inquiétons et sommes rapidement anxieux lorsque les événements ne vont pas dans la direction prévue, nous avons l’impression de perdre notre temps, alors que le temps appartient à Dieu.  En fait, nous ne sommes pas les bâtisseurs de l’église, mais les serviteurs.  Un dicton dit : nous devons porter l’église sur notre cœur et non sur nos épaules.   Le temps de Dieu se déroule au travers le plan de Dieu… non le nôtre !

Et si…

Le temps de Dieu était sur… des milliers d’années.

Nous ne sommes que des surfeurs à relais avec une infime partie de la course à exécuter afin d’avancer vers la nouvelle Jérusalem.  Le temps devient bien relatif dans un agenda éternel !  Lorsque le leader comprend ce principe, il réalise que l’important, ce n’est pas l’activité, ni même le temps qu’il prend, mais ceux qui surfent avec lui, afin que le plus grand nombre traverse la vague !

La censure, c’est sûr

La nouvelle de la semaine, c’est l’indignation de Mike Ward devant la censure que lui a fait subir les avocats de la compagnie d’assurance du gala des Oliviers, où il devait présenter un numéro1. Jusqu’aux collègues humoristes qui s’en sont mêlés, avec les masques ornés du X digne des victimes d’états totalitaires.  C’était une belle solidarité.  Maintenant, Mike Ward songe à boycotter la compagnie persécutrice2.

Je vous avoue sincèrement que je comprends profondément ces sentiments d’indignation devant une injustice si flagrante.  Se faire rabrouer et interdire de dire ce que l’on croit juste, se faire rabaisser, et même humilier en raison de ses opinions, je l’ai vécu plus d’une fois comme chrétien. Parfois en famille, d’autre fois à l’école. Pointé du doigt, mis à l’index, ridiculisé et injurié.  Je sais que je ne suis pas le seul, et je ne parle pas d’un obscur christianisme intégriste des extrémités de la terre.  Je suis un chrétien assez timide, qui pourtant n’a pas honte de ses opinions.  Un chrétien au Québec, terre de l’acceptation des opinions, de la liberté de religion et des humoristes persécutés.

Je comprends ce goût amer et suret de la censure qui nous éclabousse subitement, souvent lorsque l’on croit vraiment bien faire.  Mais nous, nous n’avons pas l’espace médiatique pour faire valoir nos droits.  En fait, les médias sont plutôt une source de sure qu’une plateforme d’expression pour les quelques milliers de chrétiens qui habitent le Québec.  Mais je ne veux surtout pas transférer le martyre, chacun son combat.

Lorsque j’ai vu par la suite tous ces humoristes masqués s’indigner cette fois-ci contre un des leurs, Martin Matte qui a osé faire une remarque acerbe sur la vie privée d’Éric Savail3, a un autre collègue humoriste à ses heures, j’ai alors senti une réelle confusion.  Deux poids, deux mesures. L’arroseur arrosé tolère mal le goût suret de la douche froide. Oubliant la veille, ils en appelaient… à la censure !

Il y a une incohérence…

Il faut dire que le Seigneur des humoristes n’a pas été la victime d’une censure, jusqu’à en être crucifié pour le faire taire.

Lorsque ton modèle est lui-même une victime de la censure, ça aide à supporter celle-ci avec dignité, prier pour ceux qui nous ridiculisent et tendre l’autre joue en sachant qu’il y a bel et bien une justice en ce monde.  Et la vie continue.  Nous n’arrêterons pas de parler, et ils n’arrêteront pas de blaguer…  Et c’est sûr !

1 2 3 4 10